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mercredi 10 février 2021

L’Europe et les vaccins anti-Covid : Ursula Van der Leyen est contente ! Et le gouvernement français aussi !

 Le fiasco C : la guerre au Royaume-Uni ?

Le laboratoire anglo-suédois qui devait initialement livrer 80 millions de doses aux pays européens d'ici la fin mars a revu ses objectifs à la baisse suite à des retards de production dans ses usines européennes. Ajoutant fiasco sur fiasco, Ursula Von der Leyen a envisagé d’activer une clause d’urgence pour contrôler l’exportation de vaccins entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, ce qui revenait à recréer la frontière et remettre en question la clause du backstop  que l‘on avait tant eu de mal à négocier lors du Brexit ! Sidération des Commissaires, même le placide Barnier, du Parlement, des Etats, surtout l’Irlande avant un rapide retour en arrière. Même l’Allemagne commence à critiquer Ursula : le ministre de l’Economie, Olaf Scholz, et le ministre-président de Bavière, Markus Söder, ont  accusé la Commission d’avoir signé beaucoup trop tard ces contrats et d’être à l’origine de la pénurie

En fait, la Commission Européenne s’est vanté d'avoir pris le temps de négocier au plus bas les prix des vaccins - d'autres Etats ont signé avant pour un prix plus élevé (par exemple Israel, UK). Maintenant la Commission Européenne veut être livrée en premier, avant les contrats signés des mois plus tôt par d'autres Etats qui ont privilégié l'urgence de la livraison plutôt que la négociation des prix. L'UE a mal géré la négociation avec les labos et refuse de l'admettre.

Commentaire du PDG d’Astra Zeneca, le français Pascal Sorlot :

« L’ Europe, contrairement au Royaume-Uni a-t- elle signé le contrat trop tard ? Je ne vais pas porter de jugement à ce sujet. Mais je ne peux que vous dire les faits et les faits sont que nous avons essentiellement signé un accord avec le Royaume-Uni trois mois avant que nous l’avions avec l’Europe. Maintenant, cela peut être en partie facilement expliqué. Lorsque nous avons conclu l’accord avec Oxford, ils avaient déjà travaillé avec le gouvernement britannique à ce sujet. Ils avaient donc une longueur d’avance. Nous avons pu prendre assez rapidement la chaîne d’approvisionnement du Royaume-Uni et l’améliorer. Nous avons dû modifier le procédé, parce qu’Oxford nous a donné un process impropre à la fabrication à grande échelle…. Nous avons donc dû  le modifier pour rendre possible la production de milliards de doses à un coût raisonnable et à une vitesse raisonnable. Nous avons fait tout cela en quelques mois alors qu’habituellement, il faut plutôt des années »

« L’accord britannique a été conclu en juin, trois mois avant l’accord Européen. Comme vous pouvez l’imaginer, le gouvernement britannique a déclaré que la production de la chaîne d’approvisionnement du Royaume-Uni irait d’abord au Royaume-Uni. Fondamentalement, c’est comme ça. Dans l’accord de l’UE, il est mentionné que les sites de fabrication au Royaume-Uni étaient une option pour livrer l’Europe, mais seulement plus tard… Mais le contrat avec le Royaume-Uni a été signé en premier et le Royaume-Uni, bien sûr, a dit « vous nous fournissez d’abord », et c’est assez juste. Ce vaccin a été développé avec le gouvernement britannique, Oxford et avec nous aussi. Dès que possible, nous aiderons l’UE »

https://www.repubblica.it/cronaca/2021/01/26/news/interview_pascal_soriot_ceo_astrazeneca_coronavirus_covid_vaccines-284349628/

Le fiasco Moderna : même schéma : « il n'y a eu aucune aide pour construire l'appareil industriel »…

Passons maintenant à Moderna, mais c’est exactement le même schéma

Moderna (le nom s'écrivait à l'origine  ModeRNA) a été fondée en 20107 à Cambridge, dans le Massachusetts à partir d’un incubateur. La technologie-phare de l'entreprise consiste à utiliser un ARN pour déclencher les processus naturels du corps et induire la production de protéines d’intérêt thérapeutique à l'intérieur même des cellules humaines. Dans la cas du vaccin contre le Covid 19 (le mRNA-127), c’est la production d’anticorps, mais le concept a été identifié comme une technologie de rupture, potentiellement révolutionnaire et d’applications très larges : vaccins et traitements immunitaires passifs contre les maladies virales, maladies rares, immuno-oncologie ( vaccins personnalisés contre le cancer, etc.), fibrose cystique…Dès 2013, la DARPA (Agence des projets de recherche avancée de la Défense américaine) accorde à Moderna une subvention d'une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie anti-ARNm afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques.

Les fondateurs de la société Moderna Therapeutics comprennent Noubar Afeyan de Flagship Pioneering Kenneth R. Chien de l'université Harvard et de l'Institut Karolinska ; Robert S. Langer du Massachusetts Institute of Technology (MIT)… Le français Stéphane Bancel a été recruté en tant que Directeur général en 2011 (il était alors Directeur général de BioMérieux).

Commentaire de Stéphane Bancel sur l’attitude européenne : Le PDG de Moderna, invité de LCI ce mardi, s'en est pris à l'immobilisme de l'Union européenne dans l'accompagnement financier du processus de recherche pour développer un vaccin : « Malheureusement, bien qu'on ait eu des discussions très tôt avec certains pays européens, il n'y a eu aucune aide pour construire l'appareil industriel… l'U.E. et ses pays membres ont tardé à débloquer des financements pour favoriser la mise en place de structures de production…Le gouvernement américain a pris des risques très tôt pour nous aider, au contraire de ceux des pays européens…C'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi la production est plus rapide aux États-Unis qu'en Europe »

Commentaire : où est la vision stratégique analogue en Europe, quelle efficacité, quelle réactivité ? Les dirigeants de l’UE sont-ils à ce point ignorant des rélaités industrielles que de ne pas comprendre l’importance de la production ?

https://www.lci.fr/sante/video-vaccin-anti-covid-19-le-tacle-du-pdg-de-moderna-a-l-union-europeenne-interview-de-stephane-bancel-sur-lci-2176633.html



Le fiasco Valneva : même schéma : l’Angleterre a pré acheté grès tôt et proposé une aide pour la fabrication, la France réfléchit

Valneva SE est une société de biotechnologies française, basée à Saint-Herblain dans la banlieue ouest de Nantes. Elle est née du groupe Grimaud, spécialisé dans la génétique aviaire, qui avait souhaité développer une activité de biotechnologies utilisant des cellules de canards pour produire des vaccins vétérinaires. (1999  Vivalis, PDG Franck Grimaud). Celui-ci a ensuite acheté en 2009 pour 133 millions d’euros la société autrichienne Intercell qui développait des vaccins contre l'encéphalite japonaise (approuvé en Europe, Amérique et Australie) et contre l'hépatite C (en essais cliniques phase II au moment de la fusion), puis Crucell Sweden (vaccin contre le choléra)

Valneva a lancé en 2015  une augmentation de capital de 45 millions d'euros, dont 25 millions devraient être souscrits par le Fonds stratégique d'investissemen trransformé une participation de 10% de BPI France. En 2019, Valneva renforce sa trésorerie pour continuer à développer ses candidats-vaccins et finalise une augmentation de capital de 50 M€, par voie de placement privé - 81 % ont été souscris par des investisseurs américains spécialisés dans la santé, dont le nom n’a pas été communiqué. Le solde, soit 19 %, a été apporté par deux de ses actionnaires historiques, à savoir MVM Life Science Partners et le spécialiste de la sélection génétique Groupe Grimaud, dont les participations respectives s’établissent désormais à 7,3 % et à 15,1 %. Bpifrance, également présent au capital de longue date, a en revanche choisi de passer son tour.

Remarque : Donc, une société issue d’une recherche privée française et, pour rester dans l’euphémisme, assez peu aidée….

Valneva développe un vaccin contre la maladie de Lyme ainsi qu'un vaccin à injection unique contre le chikungunya. Contre le Covid-19, la société développe le vaccin VLA2001 qui est le principal vaccin européen à base de virus inactivé.

Ce vaccin sera d’abord livré au Royaume-Uni. Pour une raison simple : Londres a financé les essais cliniques et l'extension d'une usine en Ecosse. L'Union européenne, et donc la France, ne seront servies qu'en 2022. Il a fait l'objet d'une pré-commande de 60 millions de doses du gouvernement britannique, le prix étant de 470 millions d'euros, puis en janvier 2021,  une commande ferme britannique de 100 millions de doses est passée. L’ Europe espère 100 millions de doses, probablement après 2022.

"Ça me fait mal de voir cette pépite, qu'on connaît bien dans la région des Pays de la Loire, partir de France et aller au Royaume-Uni", a déploré Christelle Morançais, présidente LR de la région Pays de  Loire. (pour l’instant, le siège social reste en France.


Le fiasco Xenothera : le premier traitement français contre le Covid, mais la France ne sera pas la première à en profiter

Créée en 2014, Xenothera développe de médicaments biologiques innovants dans le domaine de l’immunologie, en particulier des greffes d’organes,  dans le cancer et dans les infections. Son traitement contre le Covid, le XAV-19 est basé sur des anticorps de porcs  humanisés (Anticorps polyclonaux Glyco-Humanisés)  et serait efficace contre les variants britanniques, sud-africains, brésiliens, danois et écossais.

Odile Duvaux,, PDG de Xenothera : « Nous avons fait connaître notre projet en mars dernier aux pouvoirs publics avec comme seule réponse des encouragements. Xenothera a donc lancé un appel aux dons pour obtenir 100.000 euros ». L'Etat français n'a pas encore annoncé de précommandes, quand l'Allemagne a déboursé 400 millions d'euros fin janvier auprès de laboratoires américains. Plusieurs pays sont sur le point de signer avec le labo nantais, pour lancer la production à grande échelle. Et Mme Duvaux attend désormais un signe du ministère de la Santé. L’entreprise aurait donné 15 jours au gouvernement pour se décider »

Même topo, même inefficience donc pour les anticorps et les vaccins



Les critiques de Moncef Slaoui, immunologue, responsable de la stratégie vaccinale des États-Unis. Pas de Manhattan Project 2 en Europe !

Le Manhattan Project 2, c’est ainsi que l’administration Trump avait appelé l’effort consacré à la recherche de vaccin anti-covid, symbole de sa détermination à agir efficacement et vite. Pourtant opposant à Trump, M. Moncef Slaoui a été rapidement recruté :  « Un congressman m’a demandé si je pensais qu’on pouvait développer un vaccin en un an, j’ai dit oui, il m’a répondu “hé bien désolé mais tu vas recevoir un coup de fil de l’administration Trump, ils voudraient que tu les rejoignes pour le Manhattan Project 2”

Comment explique-t-il le retard accumulé côté européen ? "D’après ce que j’ai pu voir, l’Europe est restée à l’écart du fait d’encourager les vaccins, de participer activement à leur développement et à leurs tests. L’Europe a agi au niveau de l’achat des vaccins, pas de la recherche et du développement. Le résultat, c’est qu’elle n’est pas au premier plan en termes d’accès aux doses de vaccin, c’est pour ça que le taux de vaccination est plus bas. Il y a des leçons à en tirer…

Il y a aussi un problème de prise de risque financière, qui a fait que les gouvernements n’ont pas mis les financements qu’il faut derrière les projets", regrette-t-il. "Ici, aux États-Unis, j’avais carte blanche : on a dépensé 14 milliards très vite, maintenant c’est probablement encore plus, sans doute 20 milliards. Mais quand on pense au coût économique du confinement, qui était chaque jour de 23 milliards de dollars… À côté, nos 14 milliards c’était rien du tout."

Ajoutons que pour le Pr Slaoui, la lutte anti-virale dont être considérée comme aussi importante que l’effort militaire : il faut de toute urgence financer la lutte contre les pandémies, par exemple en utilisant une partie du budget de la Défense. « Tous les pays ont des armées “au cas où”, or les virus sont des ennemis particulièrement adaptés à nous échapper

 « https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-08-fevrier-2021

Face à l’accumulation de fiasco, il va falloir vraiment faire autrement !

Que ce soit au niveau français ou européen, il n’ y a eu aucune mobilisation, aucune stratégie, aucune réactivité pour la recherche et le développement de vaccins ou de traitements anti-Covid.  Visiblement, dans les sphéres dirigeantes des pays européens, on n’avait aucune idée de ce que nécessite la recherche, ni aucune notion industrielle de ce que nécessite le développement, le fait de passer de la recherche à la production et aucune stratégie d’ampleur pour aider la recherche et encore moins  pour faciliter  le développement n’a été mise en place. Pas de Manhattan project anti-Covid en France ou en Europe. Comme l’a dit le PR Slaoui, l’Europe s’est contentée de négocier au plus bas les prix des vaccins, quitte à s’étonner ensuite d’y avoir accès plus tardivement, une fois que les pays inventeurs et producteurs se seront servis.

L’Angleterre a elle agi de façon différente et beaucoup plus astucieuse. La triste vérité est que les dirigeants de l’Europe Continentale n’ont plus aucune idée de ce qu’est  la recherche, ni de ce qu’est l’industrie. Ce sont juste des épiciers bas de plafonds capables et encore de négocier des prix (Pardon pour les épiciers), des acheteurs à tableur excel à la place du cerveau.

Mais les médicaments qui ne sont ni inventés, ni produits en Europe, il faudra s’en passer ou les payer très cher. Que ce soit dans le domaine du médicament ou dans d’autres, il faut complètement changer de politique.

Que l’on regarde le nombre de scientifiques ou d’ingénieurs dans les instances dirigeantes Chinoises, US, Russes, il y a peut-être là aussi une explication à ce que l’Europe se  retrouve absente et dépendante sur un sujet aussi primordial que la santé et la lutte contre les épidémies. Et bien d’autres…

Pour terminer, tout de même un succès partiel  : BioNtech et Pfizer

Un vrai succès fantastique, un vaccin développé en un an,  technique  nouvelle en médecine humaine ( quelques vaccins , des difficultés technologiques certaines, mais un succès partiel, car ce n’est qu’en s’alliant avec une firme américaine ( et une chinoise) pour le développement que BioNtech a pu mettre au point son vaccin. Une invention faite en Europe, mais où  se fera la principale création de valeur ? 

Une longue expérience et beaucoup de temps :  BioNTech est fondée en 2008 sur la base de nombreuses années de travail de recherche par Uğur Şahin, Christoph Huber et Özlem Türeci. Uğur Şahin et Özlem Türeci sont deux médecins et chercheurs d'origine turque qui avaient créés précédemment, en 2001, Ganymed Pharmaceuticals, une société développant des anticorps dans le cadre de la lutte contre le cancer, avec, déjà, le concours de Christoph Huber, oncologue, immunologue, chercheur et professeur (à l'université Johannes-Gutenberg de Mayence. Depuis sa fondation, BioNTech s'appuie sur un conseil consultatif scientifique dirigé par Rolf M. Zinkernagel et Hans Hengartner. Rolf Zinkernagel est professeur émérite à l'université de Zurich et ancien directeur de l'Institut d'immunologie expérimentale de Zurich. En 1996, il a reçu le prix Nobel pour sa découverte de la façon dont le système immunitaire reconnaît les cellules infectées par un virus.

 Financement : Andreas et Thomas Strüngmann , avec un capital de départ d'environ 180 millions de dollars US ont participé à la fondation de BioNtech. Andreas et Thomas Strüngmann sont deux scientifiques, frères jumeaux, nés en 1950, qui ont fait fortune en 2005, en vendant leur entreprise de génériques Hexal, au groupe pharmaceutique suisse Novartis pour plusieurs milliards d’euros et depuis agissent en tant que business angle dans le domaine des biotechs.

En août 2019, BioNTech avait levé un capital de 1,3 milliard de dollars américains par le biais de placements privés d'actions et de collaborations. Les actionnaires de BioNTech comprennent la famille Strüngmann (actionnaire majoritaire), Fidelity Management, Invus Group, Janus Henderson Investors, MIG Funds, Redmile Group, Salvia et plusieurs autres sociétés d'investissements européennes.

En septembre 2019, BioNTech signe un accord avec la Fondation Bill-et-Melinda-Gates (BMGF) pour développer des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose. L'objectif est d'identifier et de développer de manière préclinique des vaccins et des immunothérapies candidats pour la prévention des infections par le VIH et la tuberculose et pour la rémission durable de la maladie du VIH sans thérapie antirétrovirale. En décembre 2019, la Banque européenne d'investissement et BioNTech annoncent que l'entreprise recevra un financement de 50 millions d'euros dans le cadre de la politique d'investissement pour l'Europe. En juin 2020, BioNTech reçoit 222 millions d'euros par le biais d'un placement privé d'actions ordinaires et d'obligations convertibles obligatoires auprès du fonds souverain Temasek de Singapour et d'autres investisseurs. À cette date, la société compte plus de 1 300 employés.

BioNtech possède trois spécialités fortes : les vecteurs viraux, pout les thérapies géniques ; les thérapies cellulaires ; la préparation et la stabilisation des ARN messager pour l’immunothérapie ( à l’origine, l’immunoncologie - vaccins anti-cancer).

L’aventure du  tozinaméran :

Les vaccins ARN ne sont pas une nouveauté totale. Il existe déjà au moins un vaccin vétérinaire sur le marché, contre le grippe porcine, depuis 2018,   mais les essais faits chez l'homme pour la prévention du sida, de la grippe, du paludisme ou de la dengue n'ont jamais encore permis d’obtenir des vaccins efficaces. Dans le domaine de l’immuno oncologie, des résultats prometteurs ont été obtenus par BioNtech chez l’animal contre le mélanome, qui restent à confirmer chez l’homme

Pour une bonne revue : L’aventure scientifique des vaccins à ARN messager, Marc Gozlan, blog Le Mode, 14 décembre 2020

https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/12/14/laventure-scientifique-des-vaccins-a-arn-messager/#:~:text=Ces%20vaccins%20sont%20constitu%C3%A9s%20d,contact%20avec%20l'agent%20infectieux.

Dès janvier 2020, percevant l'impact possible de la Covid-19, la société mobilise une quarantaine de personnes utilisant le savoir-faire acquis. Un partenariat est mis en place avec Pfizer sur la base du brevet élaboré par BioNTech. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais, en annonçant en novembre 2020 que ce candidat vaccin est « efficace à 90 % »

Les conditions de réussite : Le projet est baptisé « vitesse de la lumière », il bénéficie d’une mobilisation du Mittelstand allemand ( par exemple, la verrerie Schott et ses verres borosilicatés spéciaux résistant aux basses températures,  nécessaires pour conserver et distribuer le vaccin, Binder et ses congélateurs…) . BioNTech a développé les premières versions du vaccin. Elle s'est ensuite associée à Pfizer pour  poursuivre le développement, soutenir la logistique, monter les cadres financiers, organiser et superviser les essais cliniques, ainsi que fabriquer pour le marché mondial à quelques exceptions. Pour la Chine, Fosun Pharmaceutical a acquis une licence de BioNTech et a investi dans cette dernière et est chargée de la distribution et de la fabrication des vaccins pour le marché chinois, BioNTech est responsable de la distribution en Allemagne et en Turquie.

 Le 2 décembre 2020,  le Royaume-Uni devient le premier pays occidental à octroyer une autorisation d'urgence au vaccin BioNTech-Pfizer. D'autres pays suivent : les États-Unis, l'Arabie saoudite, Singapour. L’Allemagne s’impatiente, et sous sa pression, l’EMA ( agence du médicament européen) agrée le vaccin le 21 décembre.

Le vendredi 15 janvier,  Pfizer-BioNTech a annoncé qu’il ne fournirait pas aux Vingt-Sept les quantités qu’il s’était engagé à leur livrer chaque semaine. Le laboratoire a invoqué la nécessité de faire des travaux dans son usine belge de Puurs, afin d’en augmenter la capacité de production et a annoncé « des fluctuations dans les calendriers de commandes et de livraisons ». L’ annonce a exaspéré plusieurs pays européens, d’autant que le vaccin Pfizer-BioNTech nécessite deux injections à quatre semaines d’intervalle, et qu’ils craignent désormais de ne pas toujours être en mesure de procéder au rappel. Le gouvernement allemand a déploré « une communication inattendue et de très court terme » et demandé à la Commission européenne, qui a négocié les commandes de vaccins au nom des Vingt-Sept, des garanties de « clarté et sécurité ».


Et le CRIIGEN, évidemment !

En ce qui concerne la France, mentionnons que en septembre 2020, le CRIIGEN (association anti-OGM fondée par Corinne Lepage et Jean-Marie Pelt) fait état, dans un rapport signé par le président de son conseil scientifique Christian Vélot, de risques plus élevés d'immunotoxicité, de génotoxicité par mutagénèse et d'apparition de nouveaux virus par recombinaison génétique causés par de tels vaccins. Le rapport préconise en conclusion de suivre en la matière un principe de précaution ….

« Le risque que l’organisme d’une personne vaccinée soit le siège d’une recombinaison virale défavorable est infime. Mais le nombre considérable des vaccinés dans le monde – par centaines de millions ou davantage – fait qu’il est très probable que cela arrive quelque part, et qu’un virus bien plus virulent se dissémine dans les populations, vaccinées ou non… En l’absence de médicaments efficaces, on ne sortira de ces contradictions qu’avec l’arrivée de vaccins « classiques » à virus inactivés ou protéines recombinantes. »

« ces candidats vaccins nécessitent une évaluation sanitaire et environnementale approfondie incompatible avec l’urgence, qu’il s’agisse de celle résultant de la pression des autorités décisionnelles et sanitaires ou celle des profits des industries pharmaceutiques embarquées dans cette course au vaccin. Dans sa note de cadrage du 23 juillet 2020 sur la stratégie vaccinale contre la Covid-19, la Haute Autorité de Santé (HAS) déclare : « Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, l’enjeu est donc de concevoir un vaccin le plus efficace et le plus sûr possible en un temps record ». Cette allégation est un non-sens et une aberration de la part d’une autorité telle que la HAS »

Commentaire : Bon, ce n’est peut-être pas la cause du fiasco français sur les vaccins anti-covid (Valneva mis à part), mais ça aide pas !

https://criigen.org/rapport-dexpertise-sur-les-vaccins-genetiquement-modifie/

jeudi 7 mai 2020

Didier Raoult : Pourquoi il doit finir devant un tribunal et pourquoi il faut arrêter les essais HCQ


Un gros problème de méthode

Bon, je vais pas ici reprendre l’ensemble de la littérature suscitée par l’ahurissant et criminel, et interminable  pêtage de plomb du Pr Didier Raoult, envoyant balader toute saine méthode et éthique scientifique, passant en mode gourou sur une communication inqualifiable etc. Seulement le principal !

En ce qui concerne les critiques purement médicales, vous pouvez-vous reporter au fil remarquable twitter de @medicus et de ses contributeurs, commentateurs et ami,  très pédagogiques, très clair (comme quoi, on peut faire de la pédagogie avec twitter, même s’il y faut un thread complet) ; par exemple,

On peut- il faut aussi – lire l’article remarquable, courageux et synthétique de Damien Barraud , Médecin réanimateur en unité Covid-19 au CHR de Metz-Thionville, venu, malgré les menaces de procès du grand gourou, lui river son clou dans La Marseillaise :


Extraits : « il ne mâche pas ses mots concernant le professeur Didier Raoult, dont il estime que sa communication gêne le travail des médecins face à l’épidémie de coronavirus. "Très tôt, dès le début de l'arrivée des patients et de la communication de l'IHU, certains médecins conventionnels demandent de prescrire cela. On a dû (mettre en place une politique), faire des réunions et perdre du temps sur quelque chose qui n'aurait pas dû arriver car à cette heure il n'y a pour l'heure aucune preuve tangible d'une quelconque efficacité pour avoir un effet bénéfique chez les malades en général…

Il y a eu également des conséquences pour nos rapports aux malades et aux familles, qui nous ont demandé parfois de manière très véhémente de prescrire de l'hydroxychloroquine, en nous menaçant de procès si nous ne le faisons pas. Entre le stress et la pression, cette polémique a généré une ambiance pesante, dont nous nous serions bien passés tant le climat était déjà difficile. Enfin, cela entrave la bonne marche de la recherche, certains patients refusant de recevoir d’autres traitements. Mais la pression a été telle que le gouvernement a du lâcher la bride lorsqu'un bâteleur annonce sur la place publique qu'il dispose d'un traitement miracle, et que ce serait "l'infection respiratoire la plus facile à traiter".

Le décret gouvernemental concernant la prescription de l'hydroxychloroquine est le témoin de cette prise d‘otage. Dans un fonctionnement normal, la communauté scientifique auraît dû s’élever et mettre fin à tout cela. En 2017, un rapport du haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES), a pointé de graves dysonctionnements au sein de l'IHU Méditerranée infection, suffisants pour entraîner en 2018 la perte de labellisation INSERM et CNRS. Dès 2006, des faits d’inconduite scientifique ont été mis au jour, et entrainé une interdiction transitoire de publication scientifique par l’American Society of Microbiology, et de nombreux commentaires sur le site PubPeer par des scientifiques du monde entier. Concernant la publication de sa première étude sur son traitement contre la Covid19, il n'y a probablement pas eu de reviewing, l'éditeur en chef de ce journal étant le bras droit de Raoult. Lorsque l'étude a été publiée dans Pubpeer, beaucoup de scientifiques ont pointé les anomalies de ce travail. Et l'équipe de Didier Raoult ne répond pas à ces questions. L’International Society of Antimicrobial Chemotherapy, société savante à laquelle appartient le journal scientifique ayant publié ce travail, a même pris ses distances cette semaine, en émettant une note exprimant la mauvaise qualité de cette publication qui n’aurait pas dû être publiée

Dans son dernier papier, il inclut 2 enfants de dix ans, ce qui est une entorse éthique grave, parmi d‘autres. En plus d'être une faillite scientifique, ces travaux sont une faillite éthique. Si la recherche clinique est réglementée, s'il existe des règles méthodologiques qui ont été élaborées avec le temps, ça n’est pas pour rien, mais pour produire de la meilleure science. Sa manière de communiquer va à l’encontre du code de déontologie médicale, qui prévoit que le médecin doit faire preuve de prudence, de ne faire état que de données confirmées, et pas de publicité..

Que pensez-vous de la prise à témoin de l'opinion publique sur les réseaux par le professeur Raoult ?

C'est une sorte de braquage scientifique. Quand on communique très vite comme étant un sauveur, on prend tout le monde en otage : le gouvernement et les citoyens. Son argument d'autorité et d'expertise cherche à asseoir un appui populaire, au détriment de celui de ses pairs. C'est du populisme médical. On dit et on donne aux gens apeurés ce qu’ils ont envie d’entendre et de recevoir : un test et une pilule. La médecine n'est pas un barnum à la télé..

Que regrettez-vous dans cette polémique ?

Tout. Tout le déroulement de ce cirque dont nous n’avions pas besoin dans cette periode si difficile. Et je regrette que les médias entretiennent cela plutôt que d’être apaisants. Il faudrait que les médias soient dans un mouvement éducatif, afin d‘élever les gens, leur apprendre a critiquer, prendre du recul, pour ne pas tomber dans la premère croyance. Des journalistes ne jouent pas ce rôle en la matière. Lancer des sondages, demander son avis à tout le monde sur un plateau, est irresponsable. Du coup les gens, en grand stress dans cette période, se raccrochent au premier qui leur donne de l'espoir. Ce n'est pas déontologique. Plus la période est grave, plus nous nous devons, nous tous, médecins, chercheurs, soignants, comme journalistes, de garder la tête froide et de travailler de manière rigoureuse. »

Bon, rien à ajouter, Merci Monsieur !

Une communication (propagande) de type sectaire, anti-scientifique, populiste

Ou comment d’excellents esprits (Michel Onfray) ou de moins bons (beaucoup dont Laurent Mucchielli) ont pu se laisser piéger par la rhétorique de Raoult…en raison de leur manque de formation scientifique de base tout simplement.
Et aussi de leur ignorance de l‘histoire même récente des sciences, car toute l‘histoire Raoult et Chloroquine est en fait un remake presque exact de Philippe Even et cyclosporine, à propos du Sida. Même grand mandarin disjonctant, même hystérie impliquant les pouvoirs publics, même rhétorique populiste, anti-élite, anti-méthode, anti-industrie pharmaceutique

 Sur Raoult et media, excellent et très fouillé texte d’ Odile Fillod

Extraits : « Le directeur de recherche en sociologie Laurent Mucchielli a publié sur son blog un texte dénonçant la médiocrité médiatique et les intérêts pharmaceutiques se cachant selon lui « derrière la polémique Raoult ». Ce texte ayant participé à la désinformation et au complotisme délétères provoqués par les déclarations de Didier Raoult, pâtissant d’un fort biais de confirmation et d’une absence de vérification des informations, m’a d’autant moins laissée indifférente que j’y suis citée. Ma réponse à cette mise en cause me donne l’occasion d’exposer les faits qui sont au cœur de ce qu’il convient plutôt d’appeler l’affaire Raoult….
« [Q]uel dramatique temps perdu pour les malades ! », s’exclame Laurent Mucchielli dans un billet intitulé « Derrière la polémique Raoult, médiocrité médiatique et intérêts pharmaceutiques », publié le 29 mars 2020 sur son blog hébergé par Médiapart. Car il sait, quant à lui, que « les médicaments contenant cette molécule (l’hydroxychloroquine) […] peuvent être efficaces à certains stades de l’infection (au début) et chez au moins une partie des malades ». Selon lui, « nous n’avons rien d’autre à proposer aux malades » – car comme on le sait, les médecins regardent les bras ballants les malades dépérir, au point qu’on se demande bien pourquoi on les envoie à l’hôpital –, et il n’y a « donc pas à hésiter une seconde, il faut autoriser tous les médecins à s’en servir ». Puisque Laurent Mucchielli ne milite pas pour qu’on supprime tout encadrement par l’Etat de l’administration de n’importe quoi à n’importe qui, c’est qu’il sait en outre que les bénéfices d’une telle libéralisation de cet usage de l’hydroxychloroquine excèderaient ses effets néfastes.

Et d’où lui viennent ces savoirs ? C’est simple : « c’est ce qu’une équipe de spécialistes de réputation mondiale crie à qui veut l’entendre depuis plusieurs semaines ». Selon Laurent Mucchielli, Didier Raoult et son équipe s’époumoneraient donc en vain depuis des semaines alors qu’ils ont à l’évidence raison – c’est si évident que même lui le voit, et pourtant il n’est « pas infectiologue ni microbiologiste », précise-t-il. Didier Raoult défendrait donc ce qui relève à la fois de l’évidence et de la plus élémentaire humanité – faire ce qui peut facilement être mis en œuvre pour sauver des vies –, et pourtant d’innombrables observateur-ices expert-es et à leur suite les autorités de santé concernées[, l’académie nationale de médecine et celle de pharmacie[, diverses sociétés savantes, les expert-es consulté-es par le gouvernement, et même Sanofi, qui commercialise cette molécule en France, ont jugé douteux le caractère favorable du rapport bénéfices/risques de l’administration d’hydroxychloroquine aux personnes infectées par le Covid-19 et recommandé d’attendre les résultats d’essais cliniques bien menés. Comment est-ce possible ?

Le problème lorsqu’on ne connaît rien à un sujet et que les opinions de diverses « autorités » divergent, c’est qu’il n’est pas aisé de savoir quoi penser. Notez bien qu’on n’est pas obligé d’avoir un avis, et encore moins de l’exprimer publiquement. On peut être lucide sur son incompétence et se taire. On peut aussi faire l’effort de vérifier les allégations des un-es et des autres qui sont à sa portée (en l’occurrence, pas mal de vérifications étaient rapides à faire et à la portée de n’importe qui), voire essayer d’acquérir les connaissances permettant de se faire par soi-même une opinion directement fondée sur les données scientifiques disponibles – c’est ce type de démarche que j’essaie d’accompagner sur le présent blog. Mais le directeur de recherche en sociologie est au-dessus de cela : il a la science infuse, et une explication à délivrer.

Je ne suis pas complotiste, mais…

Ce n’est pas un complot qui fait que Didier Raoult n’est pas écouté, non : « je n’ai rien d’un complotiste », affirme Laurent Mucchielli. Néanmoins, il estime que les « querelles d’experts » à ce sujet « cachent non seulement quelques probables rivalités égotiques […], mais probablement aussi des enjeux financiers pour l’industrie pharmaceutique et des conflits d’intérêts chez nombre de ces savants. Et ceci n’est pas une surprise ». Certes, j’imagine que ce n’est pas une surprise pour lui de trouver la confirmation de ses préjugés dans le texte « longuement étayé » qu’il publie parce que lesdits préjugés y sont exposés.

J’imagine qu’il doit être reposant de vivre installé dans une bulle informationnelle dont on ne questionne ni la pertinence ni la qualité des sources, de croire y voir clair lorsqu’on remplace la recherche, la vérification et l’analyse rigoureuses des faits par la superposition à une image de ceux-ci de la grille d’analyse qu’on s’est forgée, et d’être rempli de certitudes toutes faites ou construites par des raisonnements circulaires. Ces façons de « s’informer », de « penser » et ultimement de se positionner dans le débat public sont répandues, et on peut hélas les rencontrer y compris dans le milieu académique. Ce n’est pas la première fois que je le constate, et assurément pas la dernière. »

Et la très remarquable Odile Fillod de rappeler la chronologie de l’affaire et les points saillants de la crasse incompétence et de la malhonnêteté de Raoult :
Le consensus scientifique censé étayer les affirmations tonitruantes de Didier Raoult - Quid des « publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine » ? - Les quinze essais chinois recensés dans l’article à l’origine du scoop de Raoult du 25 février.- Inconduite scientifique et autres mauvaises pratiques de recherche - Citations biaisées ou trompeuses ; - Exclusion sélective, interprétation frauduleuse et autres pratiques douteuses - L’invention de l’effet certain de la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine- Violation de protocole lié à l’expérimentation humaine- Communication trompeuse scandaleuse- Irrespect de la déontologie médicale

Bravo Madame, rien à ajouter, c’est factuel, clair précis, pédagogique, sans concession mais faut-il le dire avec une certaine stupeur et un certain accablement  parfaitement exact et bien qualifié  et sur tout. Et au-delà des faits, une réflexion intéressante, à poursuivre certainement. Merci Madame, par ces temps de délire, ce fut réconfortant de vous lire !

Un rappel succinct et violent  des faits et une conclusion

1) - La Chloroquine et l’hydroxychloroquine avaient dejà été étudiés par les Chinois, qui avaient conclu, contrairement à ce que proclame Raoult à un manque de preuve d’efficacité. Et abandonnés.

2) - Raoult a effectué trois études, dont la dernière sur 1000 patients qui ne sont absolument pas exploitables, ne montrent rien et ne peuvent rien monter parce qu’il travaille tout simplement comme un porc et un porc assassin qui met en danger ses patients pour rien.
Des patients disparaissent sans explication, passent d’une étude à l‘autre, pas de groupe comparateur,  c‘est du grand n’importe quoi, purement et simplement scandaleux, de la merde intégrale.

3) - C’est tellement n’importe quoi que même le journal qui a publié la première étude, alors que les premiers reviewers étaient des proches de Raoult s’est désavoué, et d’une manière assez brutale. "

the article does not meet the Society’s expected standard, especially relating to the lack of better explanations of the inclusion criteria and the triage of patients to ensure patient safety


4) - C’est tellement n’importe quoi qu’il n’y a pas de groupe contrôle. Or, pourtant un précédent avec la choloroquine aurait dû alerter : à La Réunion lors de l’épidémie de Chikungunya en 2005-2006, la chloroquine a été utilisée pour traiter le virus, car elle avait eu de bons résultats en laboratoire (essai in vitro).
Lorsqu’elle a été administrée à des vrais malades (essai in vivo), non seulement la chloroquine n’a montré aucune amélioration, mais en plus elle a entraîné des complications chroniques plus fréquentes que chez ceux qui n’avaient pas reçu le traitement...!
Eh oui, parfois, il vaut mieux être dans le groupe placébo (ou témoin, s’il n’y a pas de vrai placébo)

5) C’est encore plus tellement n‘importe quoi que la première des premières choses, lorsqu’on veut tester une hypothèse comme celle de la chloroquine c’est quand même de vérifier les propriétés pharmacocinétiques (la concentration de la molécules dans le sang ou organes spécifiques après administration) et de vérifier que les doses administrés peuvent avoir l’effet attendu. Et alors là, ça m’a scotché, et réellement montré à quel point ce type était un clown, Raoult ne l’a même pas vérifié.
Et quand quelqu’un s’y est collé…

 « Des mauvais résultats qui dès le début étaient prévisibles au regard de la pharmacocinétique, cette discipline qui étudie l’évolution des concentrations du médicament dans l’organisme. « La raison est simple. Les doses qu’il faudrait utiliser pour atteindre l’efficacité supposée de l’hydroxychloroquine sont tellement énormes, qu’elle tuerait les patients à coup sûr », indique le professeur Mathieu Molimard spécialisé en pneumologie et en pharmacologie, chef de service de Pharmacologie Médicale du CHU de Bordeaux….
Les différentes études in vitro montrent que l’EC50 de l’hydroxychloroquine varie d’environ 1 micro Molaire (µM) à 13 µM, soit converti en microgramme/litre (µg/l), 335 µg/l à 4355 µg/l*. En tenant compte d’un « volume de distribution » de 40.000 litres (volume pharmacocinétique dans lequel semble se diluer l’hydroxychloroquine si on mesure l’effet d’une dose sur l’évolution de la concentration dans le plasma), il faudrait théoriquement au minimum 67 comprimés de Plaquenil dosé à 200 mg soit 13.400 mg, pour avoir une concentration dans le plasma et la salive (les virus se trouvant dans les postillons) comparable à celle minimale nécessaire in vitro (1µM). « Or, la posologie habituelle, est de 1 à 2 comprimés par jour voire 2 à 3 maximum dans le traitement du lupus, soit 600 mg.
On ne peut pas arriver à donner une telle dose même sur une semaine. Dans le traitement du Covid-19, un essai mené en Chine est monté à 1000 mg par jour. A 2000 mg c’est la mort assurée », s’empresse de rappeler Mathieu Molimard.
En plus, une telle dose de 67 comprimés serait non seulement mortelle, mais certainement insuffisante pour avoir un effet in vivo contre le virus…. Dans le cadre d’un traitement efficace, l’objectif est plutôt d’atteindre l’EC90 donc des concentrations d’au moins 10 µM. Il faudrait donc encore augmenter la dose. A combien de comprimés ? Ce n’est plus la peine de calculer, tant le chiffre est déjà invraisemblable. Donc en résumé, il faudrait entre 60 et 800 comprimés de Plaquenil pour atteindre seulement la moitié de l’efficacité de ce médicament. Or, une dose de 10 comprimés est déjà mortelle !
Merci M. Molinard, vous êtes courageux d’avoir fait face à la meute déchainées des adeptes fascinés par le gourou !!!

6) Séparément la chlroquine et l’Azythromycine ont déjà des effets très dangereux et parfois mortels sur le rythme cardiaque. Ensemble, l’association est interdite !
Le 26 mars, le gouvernement a autorisé le traitement par hydroxychloroquine des patients atteints par le Covid-19. Depuis, 54 cas de troubles cardiaques, dont 4 mortels, ont été recensés en France chez des malades prenant ce traitement. Ils ne seraient que « la partie emergée de l’iceberg ».
Une étude soumise au plus grand journal médical au monde New England Journal of Medicine retrouve une aggravation des malades sous Hydroxychloroquine par rapport aux non traités. Le centre de pharmacovigilance de Nice alerte sur les effets indésirables graves de l'hydroxychloroquine


Mais ça, c’est à Nice ! Parce que, à Marseille, rien , nib de nib, aucun effet indésirable signalé ! Ca, c’est du localisme ! Commentaire@medicus: « Pas un seul effet indésirable. Alors que la collecte des effets indésirables est une obligation et que même avec des placebos on trouve des effets indésirables. Combien d’article du code de santé publique l’équipe de Raoult va dégommer ? »

7) un comportement de délinquant.
Inclure des enfants de 10 ans couvert pas le critère d’exclusion = 3 ans de prison, 45keurs d’amende Et même s’ils font partie du groupe témoin, c’est interdit !!!!)
- Maquiller une étude interventionnelle en observationnelle pour ne pas demander l’autorisation de l'ASM :1 an de prison et 15keurs d’amende
- Le consentement des patients et de leurs proches, c’est pas facultatif ! Ah mais pardon, c’était pas interventionnel, juste observationnel etc….
Il existe au moins deux cas, au Brésil et aux USA où Raoult a trouvé des disciples qui ont agi de la même façon. Sanction immédiate : privés de leur poset, en attendant en=unjugement.

« Medicus sam., mai 02, 2020 : Aux Etats-Unis, les essais sauvages sont poursuivies immédiatement par le Ministère de la Justice. Alors qu'en France, on envoie Emmanuel Macron pour féliciter les responsables de l'essai d'avoir commis des faits qualifiables de délit pénal ! »

La place de Raoult est maintenant devant un tribunal, et il doit être débarqué immédiatement de ses fonctions.

On résume : 1) une molécule faiblement active in vitro, comme elle l'est sur des dizaines de cibles... et comme qes milliers d'autres le sont in vitro ; Une pharmacocinétique, pas faite par Raoult hein, qui montre qu'il s' en faut de plus de 40 pour que la concentration active puisse être atteinte in vivo ; 3)Une toxicité avérée et potentialisée avec l'AZ et donc déjà de multiples études (Chine, US, Suède…) dont aucune, absolument  ne montre un effet clair ... à chaque fois, bruit de fonds

Et le problème c’est que avec l’hystérie qu’il a créé, Raoult exige maintenat que l’on démontre, non pas que le chloroquine est active dans telle ou telle condition raisonnable, mais  que l’on démontre son  inactivité. C’est d’une perversité et d’une stupidité rare.

Alors, on en sait suffisamment, En fait l'urgence est d'arrêter les essais Chloroquine qui constituent une perte de chance scandaleuse pour les patients, de débarquer Raoult de ses responsabilités et de l'envoyer devant un tribunal. Pendant ce temps, à Marseille...déjà de multiples études dt aucune ne montre un effet... a chaque fois, bruit de fonds 4)Une toxicité avérée et potentialisee avec l'AZ 1)une molécule faiblement active in vitro, comme elle l'est sur des dizaines de cibles... et comme des milliers d'autres 2)Une pharmacocinétique, pas faite par Raoult hein, qui montre qu'il s' en faut d'environ 40 pour que la concentration active puisse être atteinte in vivo1)une molécule faiblement active in vitro, comme elle l'est sur des dizaines de cibles... et comme des milliers d'autres 2)Une pharmacocinétique, pas faite par Raoult hein, qui montre qu'il s' en faut d'environ 40 pour que la concentration active puisse être atteinte in vivo1)une molécule faiblement active in vitro, comme elle l'est sur des dizaines de cibles... et comme des milliers d'autres 2)Une pharmacocinétique, pas faite par Raoult hein, qui montre qu'il s' en faut d'environ 40 pour que la concentration active puisse être atteinte in vivoet l'urgence est maintenant d'arrêter les essais Hydroxychloroquine qui n’ont aucun rationnel, et qui constituent une perte de chance scandaleuse pour les patients, et non seulement une perte de chance, mais un risque certain . Et, encore une fois, de débarquer Raoult de ses responsabilités et de l'envoyer devant un tribunal.

Pendant ce temps, à Marseille même, mais pas seulement, d'autres mènent de vraies études, avec un rationnel solide...
Par exemple Eric Vivier ou l'anti Raoult, pour un essai avec un vrai rationnel sur un anticorps anti inflammatoire très spécifique (avdoralimab). Une vraie étude, bien interventionnelle, ansm compatible, randomisée…

"Les auteurs de l’étude vont donc mener des tests randomisés sur 108 sujets âgés de 18 à 80 ans"


Et là où Raoult devient vraiment haïssable, c’est que le buzz, la désinformations, les mensonges, sa propagande de gourou passé complètement à l’ouest gênent le recrutement de telles études

Bon, tines, pour terminer sur le prophète Raoult :




dimanche 26 avril 2020

Les ENR (Renouvelables électriques) , le COVID et une certaine indécence



1) L’indécence des margoulins des ENR par temps de Covid-  1) l’AREHN

On commence par la demande de syndicats professionnels des ENR, tels l’A.N.O.D.E de rompre les contrats ARENH, demande d’abord à la CRE (Commission de Regulation de l’Electricité), qui les a envoyé bouler, puis en référé au Conseil d’Etat (requête en référé déposée par des concurrents d'EDF « visant à obtenir la suspension de contrats d'approvisionnement en électricité nucléaire à un prix préalablement fixé pour tenir compte de chute de la demande à la suite des mesures de confinement liées à la crise sanitaires. »faisant suite à l’avis de la CRE qui avait déjà indiqué » qu'elle n'était pas favorable au déclenchement de la clause de force majeure. »
Sur l’ARENH, il y a déjà pas mal de choses sur ce blog cf. par exemple

Donc je rappelle brièvement : l’ARENH permet aux fournisseurs alternatifs d’acheter à bas prix de l’électricité nucléaire d‘EDF lorsque le prix marché de l’électricité est élevée et de se tourner vers d’autres sources lorsque ce n’est pas le cas. Comme les temps changent, et rapidement ! En janvier encore, les prix de marché étaient élevés, les concurrents d'EDF se ruaient  sur l'ARENH, il n’y en avait pas assez pour tous et ils trouvaient le système tellement profitable qu’ils engageaient une intense action de lobbying pour augmenter le plafond de l’ARENH, voire le déplafonner totalement. Et maintenant, retournement COVID, la consommation baisse l’électricité est surabondante et les concurrents (concurrents qui rappelons-le, produisent très peu) d’EDF veulent se dégager des contratARENH.

C’est tellement fort de café que même un syndicat habituellement assez calme, comme la CFE-CGC s’est un peu excité dans un communiqué de presse - et ce sont eux qui ont parlé d’indécence :

« En pleine crise, la concurrence frise l’indécence totale ! (09/04/2020) ».

Extraits :

« Alors que  la CRE  a rejeté fin mars la demande d’activation de  la clause de  force majeure des achats d’électricité à l’AReNH, les fournisseurs alternatifs sur le marché français de  l’électricité dont,  entre  autres, ENI, Vattenfall, ekWateur et  Endesa, viennent, via leurs deux associations ANODE et AFIEG, d’attaquer cette  décision devant le Conseil d’État.

En confirmant une  politique de dividendes plus que  généreuse au moment où Bruno LE MAIRE appelle les entreprises françaises à faire preuve de responsabilité, le groupe Total ne semble pas faire face au  moindre souci de  trésorerie. Pourtant, il n’a pas hésité à s’associer à cette  action des fournisseurs alternatifs.

Il faut rappeler  que  ces fournisseurs  alternatifs se comportent comme de  véritables passagers clandestins du  système électrique : ils vivent de  la subvention que  constitue l’ARENH,  sans prendre le moindre risque et sans investir le moindre centime dans le système électrique français et donc pour la sécurité énergétique des Français.

La collectivité nationale n’a pas à protéger la concurrence de la « main invisible du marché ».
Cet épisode est une nouvelle preuve que l’AReNH est un dispositif régulatoire mortifère qui revient à imposer au service public de subventionner la concurrence. Aussi la CFE Énergies soutient la position responsable défendue par la CRE qui refuse les effets d’aubaine.

En effet, EDF n’a pas vocation à être l’assureur de ses concurrents contre la volatilité des marchés (baisse des prix avec  épisodes de prix négatifs, du fait de la baisse de la demande d’électricité et de l’effondrement des prix du pétrole) alors que ni EDF ni le Gouvernement ne songent à remettre en cause les contrats d’obligation d’achat dont bénéficient les énergies renouvelables malgré la faiblesse des prix de marché.

Par  conséquent, cette  demande de la concurrence à vivre sans fin aux crochets de la collectivité et à être protégée du marché est indécente. Pire, au moment où les énergéticiens français et leurs salariés sont pleinement mobilisés pour  assurer la sécurité d’approvisionnement en  énergie du pays, la CFE  Énergies ne  peut  que dénoncer cette volonté des fournisseurs alternatifs de  se soustraire à leurs responsabilités et de profiter de la crise actuelle pour préserver leurs marges. »

Ajoutons que les pauvres concurrents d’EDF qui ont demandé la suspension des contrats ARENH sont notamment Total, Eni, Vattenfall, Butagaz…Et aussi Enercoop lié à Greenpeace (pour être juste, Enercoop ne demande pas à bénéficier de l’ARENH, mais c’est quand même assez farce de les retrouver via l’A.N.O.D.E aux côtés de Total

2) L’indécence des margoulins des ENR par temps de Covid- 2) les prix garantis et la priorité d’accès au réseau

Une autre réaction salutaire et roborative, c’est la lettre d’un polytechnicien au PDG de NEOEN, qui a beaucoup circulé sur le net :

Elle constitue une réponse à une tribune dans les Echos, dans laquelle NEOEN affirmait que « grâce à nos contrats de long terme on a du chiffre d’affaires qui rentre malgré la crise » ou ailleurs : « Notre activité est désormais très compétitive sur la plan économique »  (Syndicat des Energies Renouvelables)

Extraits : « Aujourd’hui, tu nous vends ta production électrique 80 €/ MWh »

« Patron de la société cotée NEOEN, opérateur d’énergie qui parsème nos campagnes d’éoliennes, le 26 mars, 10ième jour du confinement national, tu t’es fendu d’un entretien dans le journal « Les Echos ».
Échange de bons procédés sans doute, il s’agit de quelques lignes de publicité rédactionnelle pour ce journal qui doit absolument remplir ces colonnes, en ces temps de sinistrose avec des articles porteurs d’espoir … Si c’est effectivement ce que recherchait le journal, penses-tu sincèrement avoir atteint l’objectif ? 
Je te cite : « grâce à nos contrats de long terme qui fixent le prix de vente de l’électricité produite dans nos centrales pour 10 ou 15,20 ou 25 ans, on a du chiffre d’affaires qui rentre malgré la crise… ». 
L’économie mondiale est littéralement à l’arrêt ; chaque mois de confinement provoque une contraction de 3 à 4% des PIB ; tu nous expliques que, quoiqu’il arrive, le chiffre d’affaires de ta société est préservé. Cela laisse rêveur, sur quelle planète es-tu ?
Penses–tu vraiment redonner de l’espoir aux lecteurs de ce quotidien ou ton message s’adresse t'il à d’autres cibles ?...
 
Aujourd’hui, tu nous vends ta production électrique 80 €/ MWh. Dans le même temps, le prix de marché du MWh – indicateur avancé de l’activité économique- s’est effondré passant de 40 €/MWh (octobre 2019) à 20 €/MWh ; il va rester probablement scotché à ces niveaux.

De sorte que la subvention dont bénéficie ton produit - ce produit que le client est obligé d’acheter même s’il n’en a pas besoin - est passée de 40 €/MWh (80 € -40 €) à 60 €/MWh (80 €-20 €) : + 50% en quelques mois ! Penses-tu que la situation puisse perdurer ? Crois-tu sincèrement que cette subvention pour un produit inutile, parce que non- pilotable, sera assurée pour 10, 15, 20, 25 ans, comme tu nous l’expliques dans ton interview ?      
Les 2 mois de confinement de la population mondiale se traduiront par une contraction de 7 à 8 % du PIB mondial annuel.  La sortie de crise se traduira par une révision drastique de la politique des États ; ils devront se réveiller de la léthargie mortifère dans laquelle les avaient plongés les écologistes anti-nucléaires, les technocrates inconséquents et les financiers peu scrupuleux. »
Pour de nombreux ménages, la sortie de crise devra se traduire par un retour aux fondamentaux : se nourrir, se déplacer, se vêtir, pourvoir aux besoins élémentaires des siens ; l’énergie fait effectivement partie des besoins vitaux. 
Les milliards de subvention accordés à ton secteur d‘activité en pure perte par la communauté nationale exsangue devront être réaffectés et c’est tant mieux. 
Tu te rappelles la devise de notre École : Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire… »

« PS : Par arrêté en février 2020, la préfète de Charente vient, hélas, de t’autoriser à ériger un site éolien de 15MW à Courcôme. C’est un projet de 20 millions d’euros de matériels importés ; pour le mener à bien, tu as constitué une société (Eoliennes Courcôme) au capital de 5.000 euros ; 5.000 euros risqués face à 20 m€ investis en matériels importés, cela en dit long sur l’effet de levier financier que tu vas rechercher.

Et comme d’habitude, tu dois tabler sur un chiffre d’affaires cumulé sur les 20 ans d’une cinquantaine de millions d’euros subventionné à plus de 70%.

On ne sait pas si les associations de défense de l’environnement arriveront à bloquer ce projet en Cour d’Appel mais le meilleur espoir réside maintenant dans une révision enfin de la politique énergétique qui se fera jour en sortie de crise. »

3) Quelques données complémentaires ; très cher soutien aux trop chères ENR

Sources : Rapport de la CRE sur le soutient aux énergies renouvelables, Sauvons Le Climat

Le coût total du soutien à la production d’électricité renouvelable représente 5 315 M€, 68 % de l’ensemble des charges de service public de l’énergie  au titre de 2019. Ce montant augmente Le coût total du soutien à la production d’électricité renouvelable représente 5 315 M€, 68 % de l’ensemble des charges de service public de l’énergie au titre de 2019. Ce montant augmente...Le coût total du soutien à la production d’électricité renouvelable représente 5 315 M€, 68 % de l’ensemble des charges de service public de l’énergie au titre de 2019. Ce montant augmente...Le coût total du soutien à la production d’électricité renouvelable représente 5 315 M€, 68 % de l’ensemble des charges de service public de l’énergie au titre de 2019. Ce montant augmente...de 5 % par rapport à la prévision actualisée pour l’année 2018 (5 047 M€) et de 16 % par rapport aux charges constatées au titre de l’année 2017 (4 596 M€).

Autrement dit, à la louche,  un demi EPR par an pour une énergie intermittente non pilotable!

Selon Sauvons le climat : On peut calculer des €/MWh en divisant le soutien public aux ENR par l’électricité  qu’elles produisent.
Coût du soutien ENR en 2019 / prod ENR en 2019 : 5312/55.6 = 95 €/MWh !!
On inclut PV, éolien, bioénergies.
Si on sépare techno par techno, le PV culmine à 2544/11.6 = 219 €/MWh !

Et pour compléter, on peut aller voir l’excellent site Paye ton vent qui, semaine après semaine fait le point sur ce que nous coûtent les rentables ENR



4) Covid et ENR : le danger de l’effondrement du réseau

En dehors même des considérations économiques, la crise actuelle doit aussi être l’occasion de revenir sur les très réels risques de black out, d’effondrement du réseau que fait courir le développement des ENR à un point dangereux (Sup 30%). Que se passerait-il si en plus du Covid, les hôpitaux devaient subir des coupures de courant (comme en Australie du Sud), les réseaux informatiques s’évanouir, nos appartement être privés d’électricité ?
Ce serait l’effondrement total et des millions de morts. Donc lutter contre les profiteurs des ENR, leurs méga profits, leur cynisme et leurs mensonges, préserver pour la France, développer pour l’Europe la part du nucléaire énergie bas carbone, pilotable et économique, devient clairement aussi une priorité sanitaire !

C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé récemment Fatih Birol, Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui attirait notamment l’attention sur le risque accru de blackout en période de faible consommation, telle que celle entraînée par les mesures de confinement. Pour la raison que la part d’énergies intermittentes est augmentée du fait de leur priorité sur le réseau et qu’on peut d’autant moins compter sur la flexibilité de la consommation industrielle pour rétablir l’équilibre que cette consommation est réduite. 

Fatih Birol a rappelé la dépendance croissante de nos sociétés à l’électricité et les conséquences d’une rupture d’approvisionnement au cours d’une crise telle qu’aujourd’hui : les moyens pilotables restent indispensables  pour satisfaire la consommation en l’absence de vent et de soleil alors que les productions intermittentes liées aux conditions météorologiques ruinent leur modèle économique. Il considère également qu’une situation telle que celle d’aujourd’hui est l’occasion d’observer les conséquences de l’augmentation prévue de la part des énergies renouvelables (EnR) puisque cette part est désormais induite par la baisse de consommation et la priorité des EnR sur le réseau.  Enfin, Fatih Birol dénonce le risque de multiplication de tout petits producteurs d’EnR, notamment des particuliers qui ne disposent pas d’un niveau suffisant de cybersécurité.


 Et ce n’est pas paroles en l’air ! Le 23 avril 2020, en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à 49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation
Commentaire désinvolte du très politique pésident du réesau, François Brottes : c’est « une sorte de nouveau sport » consistant à « éviter les surtensions » en raison du risque d'écroulement"…."Cette situation a amené quelques surprises car on n'avait jamais connu une telle profondeur".

Voilà le résultat de votre politique pro ENR, Mme Borne : une menace de coupure générale du réseau en plein Covid. Cette politique était absurde climatiquement, économiquement, socialement, écologiquement, elle est maintenant tout simplement criminelle.

Pour vous, ça va finir en Haute Cour de Justice ou équivalent, comme Mme Georgina Dufois !

Sur cette question :
Cf. Covid 19 et le risque de black-out électrique, Jean Pierre Riou

Sur le danger de black out induit par les ENR, nombreuxbillets sur ce blog, notamment :

Alors Mme Borne, ceci que vous proclamez triomphalement est indécent :

« Face à la crise #COVID19, nous soutenons la filière des énergies renouvelables électriques
 Délais supplémentaires pour les chantiers en cours.
Tarifs d’achat maintenus pour les petits projets photovoltaïques.
288 lauréats à des appels d’offre.