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vendredi 17 avril 2026

PIEBÎEM ( Préserver l'Identité Environnementale de la Bretagne Sud et des îles contre l'Eolien en mer) a besoin de vous !

 Urgent ! Pour empêcher le projet éolien Bretagne sud, PIEBÎEM a besoin de votre aide ! 

 Avec le projet de zone éolienne Bretagne sud (une quarantaine d'éoliennes de plus de trois cents mètres à 19 km de Belle-Île et moins de trente de Quiberon et Groix), nous sommes face à un projet unique par la sévérité de ses atteintes à un patrimoine paysager exceptionnel : aiguilles de Port Coton peintes par Monet, Pointe des Poulains, l'Apothicairerie, Port Donnant, Fort Sarah Bernhardt ;

Nous sommes face à un projet qui place une zone industrielle éolienne face à des sites mégalithiques exceptionnels, enfin reconnus par l'Unesco. N'y-a-t-il pas une contradiction ?

Nous sommes face à un projet unique par la sévérité de ses atteintes aux fonds marins d'une richesse exceptionnelle - c'est une conséquence du choix d'éoliennes flottantes - bancs de coraux des mers froides, habitats uniques et exceptionnels par leur densité et leur beauté et protégés, bancs de maërl, herbiers de zostère et leurs richesses extraordinaires en terme de nourriceries de poissons, crustacés, pennatules et leurs terriers de langoustine (45 millions estimés dans la zone), et les vasières à haploops, nourriceries exceptionnelles – les densités les plus élevées au monde…etc.

Nous sommes face à un projet en forte proximité de quatre zones Natura 2000 et de deux réserves ornithologiques que fréquentent plus de 250 espèces différentes dont beaucoup figurent sur la liste rouge de l'UICN et certaines sont en très grand danger ( Puffin des Anglais, Puffin des Baléares, Mouette tridactyle, Océanite tempête, Eider à duvet ...)

Nous sommes face à un projet qui décimera oiseaux, cétacés, poissons, chauve-souris- les 59 autorisations de destruction d'espèce protégées de Saint-Brieuc seront largement dépassées. Et ceci sans prendre en compte l'effet cumulatif avec les sones éoliennes avoisinantes.

Au surplus, nous sommes face à un projet insoutenable économiquement et socialement, électriquement inepte car mettant en cause la stabilité du réseau électrique et la sécurité d'alimentation comme le montre l'effondrement total des réseaux espagnols et portugais le 28 avril 2025.

Nous pouvons encore arrêter cette folie, mais nous avons besoin de moyens !

Ce projet Bretagne Sud n'a encore reçu aucune des autorisations environnementales nécessaires , ni pour l'atterrage, ni pour la première partie du parc (250 MW, 13 éoliennes attribuée à Pennavel pour une décision finale d'investissement en 2029 . Les premiers actes attaquables en justice (autorisation environnementale du raccordement, autorisation d'occupation du domaine public... vont arriver courant 2026

Pour nous aider sans adhérer à l'association, lien vers notre cagnotte https://www.leetchi.com/fr/c/bretagne-sud-halte-a-leolien-en-mer-1146445?utm_source=email&utm_medium=social_sharing

Pour adhérer : lien vers hello asso https://www.helloasso.com/associations/preserver-l-identite-environnementale-de-la-bretagne-sud-et-des-iles-contre-l-eolien-en-mer/adhesions/bulletin-d-adhesion-de-l-association-piebiem

mercredi 3 juillet 2024

ÉCLAIRER L’AVENIR : L’ELECTRICITE AUX HORIZONS 2035 ET 2050 : rapport de la Commission Senatoriale Prix de l'Electricite

 ÉCLAIRER L’AVENIR : L’ELECTRICITE AUX HORIZONS 2035 ET 2050 : rapport de la Commission Senatoriale Prix de l'Electricité

Extraits : 

Europe et neutralité technologique : "Les textes européens qui vont l’encontre du principe de neutralité technologique sont contraires aux traités et doivent être révisés. Ainsi faut-il faire évoluer certaines législations adoptées dans le cadre du paquet « Fit for 55 ».

La commission d’enquête appelle à mettre fin à toute discrimination de l’énergie nucléaire au sein de l’UE. Cette énergie est la seule qui permette de décarboner massivement. Si le nucléaire n’est plus aussi tabou qu’auparavant à Bruxelles et si des progrès ont été faits depuis 2022 notamment dans le cadre de la réforme du marché européen de l’électricité, la neutralité technologique doit encore s’imposer dans certains domaines : les projets nucléaires doivent être éligibles aux programmes de financement de l’UE en matière d'énergie et bénéficier des prêts de la Banque européenne d’investissement. La création de projets importants d'intérêt commun européen (PIIEC) dans le domaine du nucléaire doit aussi se concrétiser rapidement."

Besoin d'une programmation énergétique : "La commission d’enquête réaffirme que la France a besoin d’une vision à long terme, fondée sur des bases scientifiques solides et non idéologiques, pour construire l’avenir de sa souveraineté énergétique et industrielle. L’énergie est un secteur où prévaut le temps long, la France doit donc se doter, dans les meilleurs délais, d’une programmation énergétique pluridécennale, qui pourrait ensuite être déclinée dans la PPE précisant objectifs et moyens sur 5 ans.

Réforme du marché européen : "Sur l’insistance d’un certain nombre d’États membres, en particulier la France, la Commission européenne a présenté, au début de l’année 2023, une réforme du marché européen de l’électricité, qui a été adoptée en décembre 2023. Cette réforme doit contribuer au développement d’un marché de long terme, favorable aux investissements dans la production d’électricité décarbonée et plus protecteur des consommateurs. Afin d’encourager la formation de signaux de prix de long terme sur les marchés, il est proposé aux États membres de déployer deux outils de financement, les Power Purchase Agreements (PPA), et les contrats pour différence bidirectionnels (CfD), lesquels peuvent couvrir l’ensemble des énergies bas-carbone, y compris le nucléaire."

Prévision de la consommation : devrait augmenter avec de fortes incertitudes : "Depuis les années 2000, la consommation électrique stagne et a même reculé ces dernières années, comme le souligne le graphique suivant. Cette tendance s’inscrit dans une demande globale d’énergie en berne, comme chez nos voisins européens."

Sans prétendre prédire l’avenir, mais après un examen rigoureux des différentes projections, la commission d’enquête estime que le scenario le plus raisonnable et plausible est celui d’un niveau de consommation électrique entre 580 et 615 TWh à l’horizon 2035 et environ 700 TWh à l’horizon 2050. Ce choix suppose néanmoins la nécessité d’un basculement massif des usages vers l’électricité...Ce scenario suppose aussi le renforcement des gains d’efficacité énergétique, dont le potentiel est de 100 TWH à l’horizon 2035, mais aussi des efforts de sobriété qui doit faire l’objet d’un plan national ambitieux

Cout des filières électriques : un rappel bienvenu : "Les méthodes utilisées pour comparer le coût des filières électriques souffre d’une lacune majeure. Elles ne prennent pas en compte les « coûts systèmes », c’est-à-dire les coûts supplémentaires induits par chacune des filières pour le système électrique dans son ensemble (réseaux, flexibilités, besoins de moyens de production de secours, etc.). En prenant en compte ces « coûts systèmes », plus les scénarios de mix électriques comportent une part significative d’éolien et de photovoltaïque, plus le coût de production moyen du système est élevé ... Les enjeux d’adaptation des réseaux d’acheminement sont trop souvent négligés. Or, Enedis et RTE prévoient 200 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2040. S’ils sont en partie déterminés par les renouvellements liés au réseau de transport vieillissant, ces investissements sont également portés par l’électrification des usages et par le développement de nouvelles capacités de production éoliennes et photovoltaïques"

Une relance ambitieuse et durable de la filière nucléaire est incontournable : "la compétitivité économique des scénarios de relance ambitieuse de la production nucléaire est solidement étayée mais elle nécessite des modalités de financement adaptées permettant de réduire au maximum le coût de financement des projets."

"La prolongation du parc nucléaire en exploitation jusqu’à 60 ans est un enjeu crucial à l’horizon 2035. L’intérêt économique de cette prolongation ne fait aucun doute"

"à l’horizon 2035, le scénario de mix de production retenu par la commission, composé à 60 % par la filière nucléaire, permettrait de couvrir l’augmentation attendue de la consommation avec une marge suffisante susceptible de contribuer à la sécurité d’approvisionnement et de maintenir un solde exportateur"

l’horizon 2050, prolonger les centrales actuelles au-delà de 60 ans et construire 14 nouveaux réacteurs. Il est nécessaire de prolonger au-delà de 60 ans, dans le respect strict des normes de sûreté, un maximum de réacteurs du parc nucléaire actuel...

La commission d’enquête juge également incontournable la construction dans des conditions économiques optimisées d’un nouveau parc nucléaire de 14 réacteurs. Pour se prémunir des mésaventures passées, et alors que l’estimation du coût de construction des 6 premiers réacteurs a déjà été réévalué de 30 % au printemps 2024, aucun effort ne doit être ménagé pour assurer la maîtrise industrielle du projet...la commission d’enquête recommande de concevoir un modèle économique sécurisant permettant de réduire le prix de l’électricité qui sera délivrée par les nouveaux réacteurs. Ce modèle de financement impliquera une participation publique ainsi que des rémunérations garanties à EDF pendant les phases de construction et d’exploitation."

En fonction de différentes hypothèses liées, d’une part, au nombre de réacteurs qui pourront être prolongés au-delà de 60 ans1 et, d’autre part, au calendrier de déploiement du programme de nouveau nucléaire, le mix de production national résultant des scénarios étudiés par la commission d’enquête produirait entre 700 et 850 TWh en 2050. Entre 52 % à 61 % seraient assurés par des moyens nucléaires.

Garder des capacités gaz: "Pour garantir la sécurité d’approvisionnement nationale, la commission d’enquête estime indispensable de maintenir les capacités de production thermiques actuelles. Par ailleurs, compte-tenu de l’insuffisance maturité des filières thermiques décarbonées, et si la construction de nouvelles centrales fonctionnant au gaz naturel ne doit être qu’une solution de dernier recours en cas de risque avéré pesant sur notre sécurité d’approvisionnement, la commission d’enquête considère qu’il serait imprudent de se priver de cette possibilité."

Energies renouvelables et éolien en mer  : "Un déploiement raisonnable et équilibré de ces énergies renouvelables doit ainsi guider la décision publique" "La commission d’enquête considère que l’éolien en mer constitue un pari risqué, compte tenu des coûts réels de ces technologies, de leurs difficultés d’acceptabilité et de la faible maturité technique de l’éolien flottant. Les objectifs très ambitieux qui ont été affichés par le discours de Belfort ne pourront du reste pas être tenus."

Hydraulique : "Le développement de l’énergie hydraulique, énergie maîtrisée, rentable et décarbonée dépend aujourd’hui de la résolution du conflit, qui dure depuis plus de quinze ans, avec la Commission européenne concernant le régime juridique des concessions hydroélectriques" "C’est pourquoi *la Commission demande la création d’une commission composée de représentants de l’État, de représentants d’EDF et autres concessionnaires et des acteurs de la filière, d’experts notamment en droit et de parlementaires afin d’étudier les solutions qui pourraient être présentées à la Commission européenne.

Une vraie régulation du prix de l'électricité : "La commission d’enquête constate que, malgré les enjeux considérables qu’il sous-tend pour l’ensemble du système électrique et en dépit des promesses gouvernementales, « l’accord » conclu entre l’État et EDF officialisé en novembre 2023 a été négocié dans la plus grande opacité, ne protège ni EDF ni les consommateurs et organise la décorrélation structurelle des coûts de production et des prix de l’électricité en exposant totalement ces derniers aux aléas des marchés de gros. 

Simple feuille volante non signée, cet accord n’a aucune valeur juridique et l’affichage d’un prix moyen de 70 euros, souvent présenté comme un engagement, ne constitue en fait qu’un simple indicateur sans portée réelle, un pari risqué sur l’évolution des prix de marchés à termes. Un passé récent a pourtant montré à quel point il était imprudent de fonder le prix de l’électricité sur les fluctuations des marchés de gros. En exposant les consommateurs aux aléas du marché, en les privant de toute visibilité et en décorrélant de façon structurelle les prix des coûts de production, le dispositif retenu par le Gouvernement est tout sauf protecteur pour les consommateurs et compromet les perspectives de réindustrialisation du pays. Par ailleurs, puisqu’il ne prévoit aucune garantie de prix de vente, il expose dangereusement EDF à une situation de prix bas prolongés sur les marchés de gros

Diminuer la fiscalité pour réduire le prix de l'électricité : "Si elle exclut une baisse indifférenciée de la TVA, la commission d’enquête propose trois mesures visant à réduire sensiblement la fiscalité sur l’électricité : 1) Une accise sur l’électricité différenciée en fonction des volumes consommés ; 2)  une réduction ciblée de la TVA appliquée à une consommation électrique de base. Le taux de TVA serait ainsi réduit à 5,5 % pour les volumes de consommation annuels situés sous les seuils de : 4,5 MWh pour un foyer qui n’est pas chauffé à l’électricité ; 6 MWh pour un foyer chauffé à l’électricité. 3) La substitution d’une dotation budgétaire à la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) qui finance le Régime spécial des industries électriques et gazières (RSIEG), dont le financement n’a pas à reposer sur les consommateurs d’électricité

En prenant comme référence les tarifs d’électricité moyens observés en 2024 la conjonction de ces deux ensembles de dispositifs permettrait des baisses de prix structurelles équivalentes à près de 7 000 euros sur la facture annuelle d’un boulanger qui consomme en moyenne 99 MWh par an  ; plus de 600 euros sur la facture annuelle d’un ménage qui consomme en moyenne 6 MWh par an.



samedi 30 mars 2024

L’éolien en mer, c’est du gazolien et c’est pas bon pour le climat !

 PIEBÎEM a insisté à plusieurs reprises sur l’inutilité, voire la nuisibilité climatique du développement de l’éolien en mer en raison de la nécessité d’un back-up fossile, en général gazier, pour compenser l’intermittence et la variabilité de cette source d’électricité. Nous souhaitons développer ce point qui est passé sous silence, voire contesté par les partisans de l’éolien. La conclusion, basée sur des exemples étrangers et l’analyse de la situation française :  plus nous développons d’éolien, plus nous aurons besoin de centrales à gaz pour assurer la sécurité d’alimentation que nous mettrons en péril. Le développement massif de l’éolien n’est pas bon pour le climat, il est l’assurance…que nous ne pourrons jamais nous passer de gaz, et de gaz dit naturel, le biogaz étant limité par les ressources agricoles et la compétition avec les ressources alimentaires.

1.    L’avertissement de Jean-Marc Jancovici

« En 2009, j’étais présent à la COP 15 à Copenhague. Le dimanche, il n’y avait pas de réunion de négociations, j’en ai profité pour assister par curiosité à un colloque organisé par les gaziers… Tous les dirigeants défilaient à la tribune pour dire l’éolien c’est génial…parce qu’il y a besoin de gaz pour compenser son intermittence » (Le Monde sans fin).

Dans les estimations d’ordre de grandeur, Jancovici parlait d’un GW de back-up gazier pour un GW d’éolien installé. Si nous reconnaissons que cette estimation est quelque peu approximative, on peut toutefois pour un ordre de grandeur, se baser sur les facteurs de charges. Si l’on prend un facteur de charge de 40% éolien à compléter par du gaz, le taux d’émission de CO2 est d’environ 300g CO2/KWh donc bien davantage que le mix électrique français (le nucléaire étant à 5 CO2/KWh environ).

1.    L’actualité gazolienne - les exemples étrangers, Royaume-Uni et Allemagne

Pour mieux comprendre ce qui nous attend, les exemples étrangers qui nous ont précédé dans le développement important de l’éolien en général et de l’éolien en mer en particulier sont riches d’information.

2. a - Royaume-Uni, mars 2023 : Le Royaume-Uni annonce la construction de nouvelles centrales à gaz

Le gouvernement de Rishi Sunak a annoncé en mars 2023 vouloir construire de nouvelles centrales à gaz pour s'assurer de ne pas manquer d'électricité à l'avenir. Londres s'engage « à soutenir la construction de nouvelles centrales électriques à gaz afin de maintenir une source d'énergie sûre et fiable pour les jours où les conditions météorologiques ne permettent pas d'alimenter » les éoliennes ou les centrales solaires, fait valoir le gouvernement dans un communiqué. Le gouvernement ne doit pas jouer avec la sécurité énergétique a fait valoir le premier ministre ! [1]

2. b - Allemagne, mars 2023 :  la Cour des Comptes Allemandes inquiète pour la sécurité d’alimentation et demande davantage de centrales à gaz

Si un exemple étranger s’avère particulièrement instructif sur la voix à ne pas suivre, celle de l’investissement massif dans les ENR, c’est bien celui de l’Allemagne.  En 2023, l’Allemagne a émis 360g de CO2 par kWh produit, la France 32g soit 11 fois moins (pour une moyenne de l’Union européenne à 260g environ). Et pourtant, l’Allemagne, après avoir investi plus de 1000 milliards d’euros, dispose fin 2023 d’une capacité totale d’ENRi 3,6 fois plus grande que la France….

La Cour fédérale des comptes Allemande dans son rapport de mars 2024[2] sur la transition énergétique rappelle cette vérité physique banale selon laquelle « l’approvisionnement en énergies renouvelables variables nécessite un effort particulier, car, contrairement aux centrales conventionnelles, elles sont soumises à des variations journalières et saisonnières ainsi qu’aux conditions météorologiques. Elles ne fournissent pas de puissance garantie (photovoltaïque) ou seulement dans une faible mesure (éolien) »


Par ailleurs, elle s’inquiète sur le fait que les dix centrales électriques au gaz prévues ne suffiront pas à garantir la sécurité d’approvisionnement. La Cour des Comptes se montre aussi extrêmement sévère envers le régulateur (l’équivalent de RTE). Elle estime que :

« Les hypothèses utilisées pour évaluer la sécurité d’approvisionnement sont irréalistes car le régulateur se base sur un « best case » improbable. Les auditeurs reprochent au Ministère Fédéral de l’Économie et au régulateur (l’Agence Fédérale des Réseaux) de faire preuve d’une irresponsabilité sans précédent…le ministère accepterait que les risques pour la sécurité d’approvisionnement ne soient pas détectés à temps ».

Enfin, la Cour des Comptes critique le fait que :

« Le ministère ne tienne pas compte d’autres coûts considérables liés à la transition énergétique. Il s’agit par exemple des coûts de distribution de l’électricité (y compris le développement des réseaux et les services système) et la construction de moyens pilotables supplémentaires. Il en résulte, en dehors du public spécialisé, une image erronée des coûts réels de la transformation énergétique. »

Ces critiques, la Cour des Comptes françaises pourra bientôt les reprendre… à son compte si nous continuons dans la même voix de promotion des renouvelables (et particulièrement des 45 GW d’éolien en mer).

1.    La France aussi aura besoin de gaz si elle persiste à développer les ENR

3. a - Le pavé dans la mare de France Stratégie

France Stratégie dans son rapport de janvier 2021[1] sur la sécurité d’alimentation à l’horizon 2030 a jeté un beau pavé dans la mare. L’agence constate que la fermeture programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030. Ce seront plus de 110 GW de puissance pilotable qui seront retirés du réseau européen : 23 GW de nucléaire (13 GW en France, 10 GW en Allemagne), 70 GW de charbon/lignite (40 GW en Allemagne). Allemagne et France représentent les 2/3 de ces déclassements, le reste Belgique, Italie Espagne...

« Dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes.

La France, l’Allemagne et la Belgique présentent les plus forts déficits de puissance pilotable. Pour l’ensemble des 7 pays européens étudiés,  si aucun moyen pilotable autre que ceux déjà prévus n’est ajouté au réseau pendant cette période et si les objectifs de développement d’ENR sont respectés, les marges passent de +34 GW en 2020, à +16 GW en 2025 puis deviennent négatives à -7,5 GW en 2030 et -10 GW en 2035... En France, sous les mêmes conditions, ces marges deviennent négatives à environ -5 GW et -9 GW. « Notre pays devrait alors compter sur les importations, sachant qu’au niveau européen les marges sont également négatives, qu’il ne sera pas toujours possible... de compter sur les importations pour boucler l’équilibre offre-demande, et, faut-il le rappeler, que tous les pays ne pourront pas importer en même temps 100 % de leur capacité d’interconnexion ».

3.b - PNC : la France aura besoin de gaz pour gérer l’intermittence des ENR

PNC (Patrimoine Nucléaire et Climat) a de son côté alerté l’opinion publique par une tribune dans la presse[2] et par une étude poussée des conséquences du développement massif des ENR et de leur intermittence.

Coécrite par Bernard Accoyer, Jean-Pierre Chevènement et François Goulard, la tribune libre de PNC est particulièrement claire : « Pour éviter ruine ou black-out, nous allons hélas devoir construire des centrales à gaz » :

« Pour avoir délibérément sous-estimé l'évolution de sa consommation et avoir décidé en dix ans la fermeture de plus de 10 GWe de capacité de production électrique, la France se trouve aujourd'hui face à un « mur énergétique », selon l'expression de la ministre en charge de la transition énergétique, qu'il s'agisse du court, moyen ou long terme. La situation est grave, car nous manquons de moyens de production pilotables, et les conséquences industrielles, économiques, sociales et politiques, déjà lourdes, ne peuvent que s'aggraver…

Réseau de Transport d'Électricité (RTE) en première ligne, mais aussi la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) comme la Direction Générale de l'Énergie et du Climat (DGEC) restent obstinément dans le déni face aux besoins en électricité pilotable, encore plus considérables avec un objectif Net zéro. Feignant d'ignorer le besoin crucial à court terme de capacités de production pilotables, les autorités engagent notre pays dans une course effrénée au développement d'une seule production d'électricité non pilotable, éolienne et solaire, qui participe peu à l'équilibre et à la stabilité du réseau et qui a une faible probabilité d'être disponible aux heures de pointe de consommation….

La relance de la filière nucléaire, essentielle et réclamée dans le rapport d'Escatha-Billon d'il y a 5 ans, ne pourra raisonnablement pas répondre à ces besoins avant 2035-2040. D'ici cette échéance, l'exécutif sera contraint de reconstituer des moyens de production de pointe, pilotables, pour faire face à l'augmentation continue de la consommation électrique induite par l'électrification des usages ».

Par ailleurs, PNC explique que cette décision n’est pas catastrophique parce que ces centrales de pointe, dont le coût d'investissement est modéré, ne seront appelées qu'en cas de nécessité lors des pointes de consommation et pour compenser l'indisponibilité de l'éolien et du solaire. Leurs émissions de gaz à effet de serre seraient donc modestes et largement compensées par les économies globales d'émissions obtenues grâce à l'électrification de notre économie et de notre patrimoine industriel.



3. c - L’impossible défi de l’intermittence : « l’impact quotidien sur le fonctionnement des capacités pilotables ne sera pas gérable »

PNC dans une étude extrêmement fouillée[1], dénonce la légèreté de la présentation faite de la gestion de l’intermittence par RTE : une simple extrapolation à 2035 des productions actuelles aux capacités indiquées (122 GWe intermittents) montre la difficulté de la tâche, sauf à modifier très profondément les  conditions d’acceptation de ces productions sur les réseaux (des écrêtements massifs  seront indispensables, ce qui changera la rentabilité de ces sources et les règles de  marché).

Il est aisé, sur la base des données RTE téléchargeables sur le site Eco2mix, d’extrapoler les productions intermittentes en 2035. Ainsi :

En conditions hivernales, la fluctuation de puissance sur une journée pourra atteindre une cinquantaine de GWe et on pourra avoir sur des périodes de 2 à 3 semaines des taux de charge extrêmement faibles, oscillant entre 3 et 10 % seulement de la capacité installée. L’importance des déficits de puissance dépasse de loin les projections, optimistes, d’efficacité et de flexibilité de RTE !

-          En conditions estivales, les fluctuations de puissance des intermittentes varieront de 2 à 57 GWe avec des écarts matin et soir de 40 à 50 GWe, leur apport étant souvent proche de la puissance appelée en milieu de journée, mais très faible la nuit (de 2 à  10 GWe malgré 118 GWe installés). L’écart entre la consommation et la production évoluera chaque nuit entre 35 et 54 GWe.


L’impact quotidien sur le fonctionnement des capacités pilotables ne sera pas gérable, bien au-delà de ce qu’on pourra attendre de leur suivi de charge et des flexibilités ou effacements.

Par exemple, en été, l’analyse des variations de puissance horaire des capacités intermittentes montre qu’elles atteindront 10 à 14 GWe en une heure, deux fois par  jour à la hausse puis à la baisse, alors que la consommation est faible.

Conclusion de PNC :

 

« C’est toute l’organisation de l’accès au marché de l’électricité des moyens intermittents (qui devraient supporter les inconvénients de leur variabilité) et des moyens pilotables  (dont l’économie doit être impérativement préservée) qui devra être profondément  repensée, et ceci dès les prochaines années. » 

 

 

3. d - Intermittence et modulation du nucléaire : le nucléaire ne pourra pas assumer, ce sera du gaz !

Contrairement à un argument martelé par le lobby ENR, les ENR et le nucléaire ne font pas la paire, au-delà d'un certain pourcentage d'ENR, ils sont même tout simplement économiquement et techniquement incompatibles.

Et ce sera encore bien plus le cas avec 45 GW d'éolien en mer !

Dans la situation actuelle, les ENR sont inutiles au système électrique français : elles ne fournissent aucune puissance garantie pour le passage des pointes électriques et leurs excédents de production ne peuvent se substituer aux centrales thermiques dont la part dans la production électrique totale de 7% est techniquement quasi incompressible. Très flexibles et très réactives, les centrales thermiques servent toute l’année pour ajuster finement, à tout moment, la production à la consommation et, pour le reste, à fournir les derniers MWh lors des pointes hivernales. Au final, l’excès des ENR se substitue largement à la production nucléaire sans aucun bénéfice climatique ou économique, bien au contraire.

D’ailleurs, « du fait de l’interconnexion des réseaux européens, les énergies renouvelables produites en France viennent donc remplacer le plus souvent la production des centrales au charbon situées dans d’autres pays comme la Pologne ou l’Allemagne ».[1] Les éoliennes et leurs inconvénients sont en France, les bénéfices, lorsqu’ils existent, sont en Allemagne, laquelle mène une politique énergétique complètement irresponsable (arrêt du nucléaire, maintien du charbon, forte augmentation du gaz et des dépendances associées). Et encore cet “avantage” européen est-il destine à disparaître avec la poursuite du développement massif de l’éolien offshore en Europe du nord, où il est plus productif et plus éloigné des côtes.

Dans le futur, le développement massif des ENR, en particulier l’éolien offshore avec sa variabilité particulièrement importante, aura pour effet de rendre impossible et extrêmement ruineuse la modulation nucléaire. Le nucléaire est fait pour fournir une base, pas pour moduler comme un fou !

RTE, dans un groupe de travail sur les analyses de sécurité d'approvisionnement-(28 juin 2023) affirmait avec quelque cynisme : « EDF modulait ses réacteurs pour gérer son carburant, il modulera pour le suivi de charge des ENR ».

Sauf que les conséquences ne sont pas les mêmes, justes opposées. EDF modulant sa production nucléaire pour optimiser son carburant nucléaire, cela lui permettait notamment de mieux programmer les arrêts de tranche et d’assurer la sécurité d’alimentation en tenant compte aussi des contraintes et opportunités économiques ; EDF faisant du suivi de charge des ENR, c’est en fait les ENR qui imposent à EDF des externalités négatives alors que lesdites ENR ( plus exactement énergies variables intermittentes) sont incapables d’assurer une production de base relativement pilotable comme le nucléaire.

Ces aspects de modulation contrainte par les ENR ont été traitées extensivement par M. Jean-Jacques Nieuviaert, ancien Chef économiste de Union Française de l'Electricité[2] :

“Le développement accéléré et simultané des EnR non pilotables et du nucléaire va forcément entrainer un accroissement de la modulation, et dans certains cas (été, week-end) cela pourrait même conduire à exiger l’arrêt complet du parc nucléaire…

Cet accroissement risque de rendre inatteignable un objectif d’extension de la durée de vie des réacteurs à 80 ans du fait d’une usure prématurée, et il comporte donc le risque d’exposer le pays, non plus à un besoin de sobriété, mais carrément à une pénurie d’électricité…

Une modulation amplifiée est synonyme de hausse des coûts et de pertes massives de revenus pour EDF, ce qui est contradictoire avec les efforts attendus du groupe en termes de développement du nucléaire.”

L’article met aussi en avant une augmentation des « fortuits » de 25% en moyenne et des dégâts possibles sur la structure des cœurs (érosion, déséquilibre bore-lithium, fuite), le vieillissement du circuit primaire, notamment si le standard de deux mouvements par jour était dépassé...

La conclusion est que l’augmentation massive des ENR, avec notamment les 45GW d’éolien en mer, nécessitera, pour assurer la sécurité d’alimentation, un suivi de charge avec de telles variations que seules les centrales à gaz de dernière génération pourront l’accomplir. Ce back-up gaz important dégradera considérablement l’intérêt climatique et le bilan carbone de l’éolien (qui tournera autour de 300g CO2/KWh), dégradera aussi les aspects économiques et d’indépendance géostratégique du système électrique français. L’éolien, c’est du gazolien, et développer massivement l’éolien en mer est en fait l’assurance survie à long terme du gaz, ce pourquoi, comme le remarquait Jean-Marc Jancovici, il est si populaire chez les industriels du secteur. 

De manière générale, ces choix énergétiques qu’il nous faut faire engageront plusieurs centaines de milliards d’euros (plus d’un millier de milliards !)  et auront un impact majeur sur notre souveraineté électrique et aussi sur notre pouvoir d’achat futur et sur la viabilité de notre industrie. Ils nous concernent tous. Il est capital qu’ils soient faits non par idéologie ou par mimétisme, mais à l’examen de données factuelles et, en particulier, en tenant compte des enseignements que peuvent apporter la politique énergétique d’autres pays.  C’est ce que les Français doivent exiger de ces débats- et ce n’est pas ce qui se passe !



[1] RTE, bilan électrique 2019, p. 57

[2] La modulation nucléaire : un risque majeur, 09.02.2023, https://www.lemondedelenergie.com/[1] PNC France : un bilan prévisionnel 2035 de RTE préoccupant malgré la reconnaissance du rôle du nucléaire, 30 / 09 / 2023


[1] https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2021-na-99-approvisionnement-electricite-janvier.pdf


[1] https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-royaume-uni-annonce-la-construction-de-nouvelles-centrales-au-gaz-20240312


mardi 26 mars 2024

Premier Parc éolien offshore norvégien : intoxication et vérité éolienne dans la presse française !

 L’intoxication, c’est dans les Echos, la vérité c’est dans les agences financières étrangères

Pour les Echos : tout va bien !  : La Norvége confirme son parc éolien en mer… La Norvège a rassuré lundi sur le bon déroulement de son appel d’offres pour un premier parc éolien en mer de 1,5 GW maximum. Les enchères sont en cours,, a déclaré le ministère de l’énergie alors que les faibles prix actuels de l’électricité faisaient craindre un désintérêt des opérateurs éoliens »

Donc tout va bien !

Lien article https://investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/la-norvege-lance-un-appel-doffres-pour-son-parc-eolien-offshore-commercial-2083343

L’avis de Reuters est un peu différent !

Reuters : Soerlige Nordjoe II se trouve à proximité de la frontière norvégienne avec le Danemark en mer du Nord et à environ 200 km des côtes norvégiennes. L’offre proposée inclut une aide de l’Etat plafonnée à un total de 23 milliards de couronnes norvégiennes (2 milliards d’euros)

Cin1q groupes se sont préqualifiés en février, mais la société allemande EnBW a depuis confirmé qu’elle n’y participerait pas, citant l’obligation pour le promoteur de construire et posséder le connecteur de courant continu à haute tension et la limitation de l’aide de l’Etat.

Les quatre autres candidats sont les norvégiens Equinor et Aker Offshore Wind en partenariat avec Statkraft, l’allemand RWE et le britannique BP-Alors que Shell et d’autres ont soulevé des questions sur la rentabilité du projet, les quatre autres candidats interrogés par Reuters ont refusé de dire s’ils feraient  une offre.

 Le secteur de l’éolien en mer est confronté à des augmentations de coûts liées à la hausse des taux d’intérêts et à des goulets d’étranglements dans la chaine d’approvisionnement
. De grands ,noms comme Orsted, Vatenfall, Total Energies et Iberdrola ont renoncé à participer à la vente aux enchères - ! »

Avis : l’information sur l‘éolien en mer est sérieusement biaisée par certains média français - !

https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-la-norvege-lance-un-appel-d-offres-pour-son-parc-eolien-offshore-commercial-1110183.html



mercredi 6 mars 2024

Eolien en Mer et coût du réseau : l’avertissement de la CRE à RTE !

 Le dernier atelier du débat façades maritimes de la CNDP portait sur l’atterrage et sur les réseaux, avec des présentations quelques peu biaisées de RTE qui, en l’occurrence, n’est pas un représentant impartial de l’Etat et de l’intérêt général mais un maître d’ouvrage comme les autres Alors PIEBÎEM rappelle l‘avertissement récent de la CRE (Commission de Régulation de l’Electricité) spécifiquement sur l’éolien en mer

« Les dépenses prévisionnelles pour 2024 pour le développement du réseau en mer s’élèvent à 258,3 M€, en baisse de 22 % par rapport au programme révisé de l’année 2023. Cette baisse s’explique par l’achèvement prochain des projets de l’AO 1 (parcs de Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire), dont les raccordements ont été mis à disposition des clients. Près de 70 % des dépenses de l’année 2024 sont portées par les projets de l’AO 2 (parcs de Yeu-Noirmoutier et Dieppe – Le Tréport).

Le poste comprend également les études pour les projets des AO 3 à 8. RTE est en cours de passation des commandes pour les matériels des raccordements des AO 4 à 8 (postes et câbles).

Les résultats de ces appels d’offres ne sont pas encore connus, mais RTE constate de fortes tensions sur l’approvisionnement de ces composants, notamment pour les matériels à courant continu. Des tensions sur ces marchés spécialisés avaient notamment déjà été notées pour les passations des commandes des projets d’interconnexion Celtic et Golfe de Gascogne en 2023 et pourraient encore s’accentuer en raison de l’accroissement de la demande internationale.

 Plusieurs gestionnaires de réseau de transport européens ont fait état d’un besoin de sécurisation des approvisionnements pour ce type de matériels. Dans ces conditions, les coûts prévisionnels des raccordements des parcs éoliens en mer devraient être supérieurs aux niveaux anticipés.

RTE prépare actuellement la stratégie de contractualisation pour le raccordement des parcs éoliens en mer qui pourraient être décidés pour la prochaine décennie, en cohérence avec les objectifs affichés par le gouvernement au sein du Pacte éolien en mer (18 GW en service d’ici 2035). La CRE estime pertinent que RTE prépare de manière anticipée cette stratégie de contractualisation, en tirant le retour d’expérience des commandes en cours. La CRE considère également important que la programmation du futur programme éolien en mer, en particulier son cadencement par zones, intègre les contraintes liées au raccordement.

Rappelons enfin que Agnès Pannier-Runacher avait expliqué que  « les 100 milliards d’investissement dans le réseau ne sont pas pour le nucléaire, mais pour connecter les dizaines de milliers d’installations renouvelables que nous déployons »

Source : https://www.vie-publique.fr/discours/290546-bruno-le-maire-agnes-pannier-runacher-12072023-reacteurs-nucleaires

NB En fait, c’est 100 milliards pour RTE et 100 milliards pour Enedis !

Document de la CRE téléchargeable cf PIEBÏEM https://piebiem.webnode.fr/l/eolien-en-mer-et-cout-du-reseau-%3a-l%e2%80%99avertissement-de-la-cre-a-rte-%21/





mardi 5 mars 2024

Débat Façade, Eolien en Mer : Ce que le SER et France « Renouvelable » nous préparent

 Dans le cadre du débat Façade CNDP ( La Mer_enDebat), Le SER (Syndicat  des Energies Renouvelables) et France Renouvelable ( ex-France Energie Eolienne qui n’ose plus dire son nom ) viennent de présenter leur quatre scenarios pour le développement de l’éolien en mer. Ces scenarios sont accssibles sur le Les trois premiers scenarios sont des scenarios d’étude           maximisant trois enjeux différents et plus ou moins exclusifs :  1) minimisation des coûts pour la collectivité;  2) Hors zone de protection réglementaire privilégiant la localisation des capacités en dehors de toute zone de protection de  l’environnement            ; 3) planification des parcs “très loin des côtes”

Chaque scénario ne tient compte que d’un seul enjeu, afin d’en montrer les conséquences sur  la répartition spatiale des capacités mais aussi d’en pointer les limites. Selon France  Renouvelables et le SER, cette approche montre que la répartition des 45 GW annoncés par le gouvernement à horizon 2050  est possible mais implique des conséquences fortes sur  d’autres enjeux, comme des déséquilibres dans la répartition entre les façades maritimes,  ainsi qu’en matière de coûts pour le système électrique, ou encore de retombées industrielles  et de cohabitation des usages.

 Un quatrième scénario de synthèse, dit “Équilibre”, complète la proposition du SER et constitue donc à date sa proposition favorite.

Preuve est ainsi faite qu’il est impossible de concilier l’éloignement des côtes (donc les atteintes paysagères et la minimisation des conflits d’intérêt, la protection réglementaire de la  vie marine et de sa biodiversité et un coût acceptable donnant ainsi raison au CNPN dans son autosaisine de 2021 : « L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre »

A PIEBÎEM, nous sommes attachés  à la vision de la mer libre, de cet infini horizontal, et à son accés, à la préservation du littoral de ses paysages, de sa biodiversité – ce programme éolien de 45GW annihilerait cent ans d’efoorts de protection du littoral. Nous sommes aussi attachés à la rationalité scientifique et technique, et pour une transition énergétique soutenable économiquement et socialement. 

Nous  rappellons donc notre  opposition à un programme éolien insensé qui verrait s’installer une soixantaine de zones éoliennes marines équivalent à celle de Saint-Nazaire-Guérande le long des côtes bretonnes ( et 90 pour la France), d’intérêt climatique nul dans le contexte français, dangereux pour la sécurité d‘alimentation électrique, économiquement et socialement insoutenable, avec des promesses fallacieuses d’emploi et de fortes dépendances étrangères, mettant en péril des activités comme la pêche côtière artisanale et ravageur pour nos paysages littoraux et leur  biodiversité unique.

Lien vers le document du SER https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2024-02/MED-actu-SER-29022024.pdf

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1) Scénario dit « Minimisation des coûts pour la collectivité » : plus d’éolien posé, tous les littoraux sacrifiés, surtout la Manche !

Ce scénario vise à limiter le coût final de l’électricité pour la collectivité en minimisant les coûts de construction et d’exploitation des parcs et de leur raccordement. Pour cela, la filière a donc privilégié les zones proches des côtes présentant les meilleurs gisements de vent. La technologie de l’éolien posé est aujourd’hui et à moyen terme moins coûteuse que l’éolien flottant, car plus mature. Dans ce scénario, l’éolien posé est donc privilégié avec pour conséquence des parcs plus proches des côtes en Atlantique, et un nombre accru de parcs en Manche !




MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario compétitif, en privilégiant fortement le posé, conduit à une concentration plus élevée de parcs en Manche (11 parcs). Il présente des enjeux de co-visibilité pour la façade, de même que des enjeux d’interaction avec les co-usagers de l’espace maritime (pêche, tourisme) et la biodiversité locale, en raison de la concentration de parcs.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario propose une implantation équilibrée de 5 parcs éoliens flottants en Nord Bretagne et 6 parcs éoliens posés en Atlantique.

SUD ATLANTIQUE Le scénario, en privilégiant le posé, conduit à implanter 5 parcs éoliens posés sur la façade, au large des côtes vendéennes et de la Charente-Maritime.

MÉDITERRANÉE Dans ce scénario, 6 parcs éoliens flottants sont envisagés, dont 5 au-delà de 12 milles nautiques

2) Scénario dit « Hors zones de protection réglementaire de l’environnement », NAMO sacrifié, 14 parcs éoliens flottants au-delà de 12 milles nautiques pour la façade NAMO !

Ce scénario propose une implantation des parcs excluant toute implantation en zone réglementaire de protection de l’environnement à savoir : les sites Natura 2000 (zones de protection spéciale (ZPS) et sites classés au titre de la directive Habitats) et les Parcs naturels marins. Il convient ici de rappeler que ces zones réglementaires de protection de l’environnement ne sont pas incompatibles avec le développement de projets éoliens en mer. L’exclusion de toute zone réglementairement protégée, mais également des zones d’exclusion réglementaires et des servitudes militaires et aériennes, conduit à privilégier une implantation des parcs au-delà de 12 milles nautiques (>22 km) des côtes.

MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario conduit à privilégier l’implantation dans la façade de parcs éoliens posés (9) par rapport aux parcs éoliens flottants (0). Les zones à fort potentiel éolien sont valorisées. Les sites Natura 2000 et sites classés par les directives « Habitats – Faune – Flore » et « Oiseaux » sont évitées, de même que le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario conduit à une concentration importante de parcs éoliens flottants sur la façade NAMO, avec 14 parcs éoliens flottants au-delà de 12 Milles nautiques , dont 10 entre le large de Belle-Île et le large de la Vendée. Cette concentration présente des enjeux d’effets cumulés pour la façade et ne permet pas d’optimiser les gisements de vent à l’échelle du territoire (effet de sillage). Enfin, les infrastructures limitées du réseau électrique présentent des difficultés techniques de raccordement à court terme.

Bref c’est étrange : qu’on m‘explique comment un scénario protection maximale conduit à une telle concentration de parcs sur la façade NAMO, avec ses corridors de migrations intercontinentales d’oiseaux et de cétacés !

SUD ATLANTIQUE Ce scénario conduit à une concentration de parcs éoliens flottants sur la façade Sud-Atlantique, notamment au large de la Charente-Maritime avec 10 parcs éoliens flottants envisagés au large des îles de Ré et d’Oléron. Cette concentration présente des risques d’effets cumulés pour la façade.

MÉDITERRANÉE Ce scénario exclut toute implantation de parcs éoliens en Méditerranée, l’ensemble de la zone étant classée au titre de l’environnement ou de servitudes aériennes et militaires. Au-delà des 20 à 24 milles nautiques

3) Scénario  «Très loin des côtes » propose une implantation des parcs excluant toute implantation de parc éolien en mer à moins de 20 milles nautiques (37 km env.). Cette hypothèse vise à minimiser la co-visibilité de l’éolien en mer avec le littoral métropolitain et à éviter les usages côtiers

MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario conduit au développement de 4 parcs éoliens posés et 4 parcs éoliens flottants, à volumes équilibrés vis-à-vis des autres façades. Toutefois, le rail inter DST (Dispositif de séparation du trafic) transManche présente des contraintes réglementaires fortes pour le développement des parcs éoliens au-delà des 12 milles nautiques.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario conduit à implanter 9 parcs éoliens flottants sur la façade, majoritairement au large des Pays de la Loire. En raison de la limite que présente le couloir maritime inter DST dans la Manche au-delà des 20 milles nautiques, ce scénario limite le développement de parcs au large du nord de la Bretagne.

SUD ATLANTIQUE Ce scénario conduit à une concentration de parcs éoliens flottants sur la façade Sud-Atlantique, avec 13 parcs éoliens flottants envisagés. Cette concentration présente des risques d’effets cumulés pour la façade et les co-usagers de l’espace maritime (secteur de la pêche, biodiversité, etc.)

 MÉDITERRANÉE Ce scénario prévoit un développement très modéré de l’éolien en mer sur la façade méditerranéenne avec l’implantation de 3 parcs éoliens flottants au-delà de 12 milles nautiques au large des côtes d’Améthyste et camarguaise.

4)Scenario équilibre ! Celui qui sacrifie tout pour rien !

Les commentaires sont ceux du SER ; pour notre part, nous laissons chacun, enfin confronté à des propositions concrètes,  méditer sur ce tsunami éolien et les désastres inutiles qu’il entraîne : c’est tout simplement l’annihilation de cent ans d’efforts de protection du littoral et la transformation généralisée de nos côtes en zones industrielles.

« Les trois scenarios « minimisation des coûts pour la collectivité », « Hors zones de protection réglementaire de l’environnement » et « Très loin des côtes » démontrent qu’il convient d’adopter une démarche plus équilibrée de planification à l’échelle nationale, en adoptant une approche multi-enjeux. Pour ce faire, la filière a construit un scénario dit « Équilibre », qui propose une implantation possible des parcs privilégiant un déploiement mixte des scénarios précédents. Ce scénario n’est pas unique et ne représente pas, à ce stade, la proposition définitive de la filière éolienne en mer dans le cadre du débat public en cours. 



Façade Mer du Nord


Façade NAMO


« Ce scénario propose d’implanter 8 nouveaux parcs éoliens dont 1 seul parc posé au large de la Bretagne et des Pays de la Loire et à des distances majoritairement supérieures à 20 milles nautiques (>37 km) afin de minimiser la visibilité depuis la côte. »

Façade Sud Atlantique 



« Ce scénario propose de développer 4 nouveaux parcs éoliens sur la façade à plus de 20 milles nautiques (>37 km), dont 3 parcs éoliens flottants. Le Parc naturel marin de la Gironde est évité et la visibilité depuis la côte est réduite. »

Façade Méditerranée


« 5 nouveaux parcs éoliens flottants sont implantés en Méditerranée à plus de 12 milles nautiques selon ce scénario, et ce afin de valoriser les zones présentant le meilleur potentiel éolien sur la façade. La visibilité depuis la côte est réduite. »