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dimanche 5 avril 2020

Ravages dans nos campagnes : après les margoulins de l’éolien, les arnaqueurs des méthaniseurs (3)


Résumé des épisodes précédents

Après les deux blogs précédents


décrivant comment le fameux gaz vert des méthaniseurs a une forte odeur de pourriture, au sens propre comme au sens figuré,  que son bilan carbone est plutôt incertain si l’on considère l’ensemble du cycle, et carrément négatif en cas de fuite, assez fréquentes selon même les expériences allemandes, que ces installations sont dangereuses, polluantes et peu contrôlées, et que les objectifs annoncés et promus par l’Ademe sont tout simplement délirants.

Parvenir à 10 % de gaz « renouvelables » dans les consommations de gaz naturel à l’horizon 2030  impliquerait la mise en service d’environ 5784 méthaniseurs, soit plus de dix fois plus qu’actuellement et surtout impliquerait de consacrer  plus de 18 000 km2 - soit la superficie de trois départements français - à des cultures servant uniquement à alimenter les méthaniseurs, au détriment de cultures pour l’alimentation ! Et qu’enfin, les projets de méthaniseurs sont de plus en plus gros, et donc dangereux, et favorisent l’agriculture industrielle et la spéculation sur les terres agricoles au détriment d’une agriculture plus biologique…

Ce billet ci reprend un article de l’excellent bastamag intitulé :

 

Produire de l’énergie plutôt que nourrir : comment le lobby du gaz « vert » transforme l’agriculture française


« Subventions publiques, législation favorable, tarif de rachat garanti, l’État français est entré tête baissée dans la course à la méthanisation, encouragé par le lobbying très actif des entreprises gazières. Mais cette activité profite d’abord aux gros élevages et pourrait modifier demain le visage de l’agriculture. Produire de l’énergie ou de l’alimentation... Faudra-t-il bientôt choisir ? »

Les désillusions d’un écologiste breton / défis écologiques, méthaniseurs monstres et  pompes à subventions.

« Il a d’abord cru à la méthanisation, avant de déchanter. René Louail, ancien conseiller régional écologiste en Bretagne, défend dès le début des années 2000 un projet du nom de Géotexia. Celui-ci est porté par une trentaine d’éleveurs soucieux de transformer le lisier en « Un fiasco total alors que 17 millions d’euros ont été investis dans ce projet », déplore t-il aujourd’hui.

L’usine, surdimensionnée, condamnée en 2013 puis en 2015 à des amendes de 50 000 et 40 000 euros pour pollution, a été constamment en déficit structurel. L’unité, aujourd’hui en redressement judiciaire, pourrait être rachetée par un fonds de pension américain. Face à ce constat, René Louail plaide pour qu’un bilan économique, financier et environnemental de la méthanisation agricole soit réalisé et publié, redoutant une « fuite en avant coûteuse et irréversible pour d’autres projets ».
Sa crainte se fonde sur le « plan biogaz » récemment adopté par la région Bretagne, qui vise à construire des centaines de méthaniseurs d’ici 2025.  Invité régulièrement par des collectifs de riverains opposés à des projets, René Louail constate que « la méthanisation agricole en Bretagne est utilisée dans la majorité des cas comme une "pompe" à subventions pour soutenir l’agriculture industrielle en crise structurelle ».
S’il y a bien « quelques réalisations vertueuses », il voit surtout défiler des dossiers pour des méthaniseurs adossés à des élevages industriels allant jusqu’à 40 000 cochons. « Ces exploitations incorporent dans leur méthaniseur du maïs subventionné par la Politique agricole commune, et bénéficient aussi du tarif de rachat d’énergie. Elles sont payées deux fois ! On garantit ainsi la pérennité d’élevages à bout de souffle. »

Selon René Louail, cette démesure des projets de méthanisation encourage les grandes exploitations à reprendre toutes les terres disponibles. « Personne ne peut les concurrencer. On assiste à la deuxième révolution silencieuse de l’agriculture, qui balaie complètement l’agriculture paysanne », alerte-t-il . La France compte un peu plus de 800 unités en service, dont beaucoup de montages à la ferme. « Ces derniers sont en majorité de petites unités de méthanisation, en dessous de 10 000 tonnes de matières entrantes par an », observe Daniel Chateigner, membre du « collectif scientifique national méthanisation raisonnée » . Ces « petites » unités fonctionnent en général avec les propres « déchets » de la ferme, avec parfois quelques intrants extérieurs, en partenariat avec l’industrie agroalimentaire par exemple. Mais « ça se complique avec les grosses unités, faussement appelées "agricoles collectives", où l’on injecte 40 000, voir 50 000 tonnes d’intrants par an. C’est pourtant celles-ci que le gouvernement veut développer. »

Seuls les grands projets de méthaniseurs peuvent en effet bénéficier de l’offre de prêt mise en place par l’État, qui peut aller jusqu’à un demi-million d’euros ! . « Cela exclut d’office les projets que notre association soutient, dont l’investissement se chiffre entre 3000 et 150 000 euros » observe l’Ardear Occitanie (association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural) qui s’emploie à développer de petites unités de méthanisation à l’échelle des fermes. « Quand on rencontre l’Ademe avec un petit projet de méthaniseur pour montrer que l’on peut faire des choses simples, avec un plus écologique et économique, les portes se ferment » déplore Joël, paysan en Ariège….. »

Les folies de l’Ademe et du Ministère de la Transition écologique

« Passer à une échelle plus large suppose de développer des méthaniseurs de grande taille », confirme un document du ministère de la Transition écologique et solidaire. Une loi adoptée en 2015 fixe un objectif national de 10 % de gaz « renouvelables » dans les consommations de gaz naturel à l’horizon 2030. Selon les calculs de Daniel Chateigner, 10% de méthanisation de gaz impliquerait de consacrer la superficie de trois départements français - plus de 18 000 km2 - à des cultures servant uniquement à alimenter les méthaniseurs !

Une étude de l’Ademe, conduite en collaboration avec GrDF (Gaz Réseau Distribution France) et GRTGaz projette même de remplacer tout le gaz naturel importé par du biogaz d’ici 2050 . « Il n’y a pas assez de surface agricole en France pour faire tout ça », réagit Daniel Chateigner. « Soit ces prévisions sont fondées sur des calculs erronés, soit on dissimule le projet de transformer très profondément l’agriculture française en la détournant de sa vocation alimentaire au profit d’une agriculture majoritairement énergétique. » (Daniel Chateigner, M. Daniel Chateigner, professeur des Universités, est membre du Collectif Scientifique National Méthanisation Raisonnée (CSNM))

Les importations d’aliments pour le bétail pourraient également être amenées à augmenter pour nourrir les méthaniseurs, redoute René Louail. Les méthaniseurs doivent en effet être alimentés tous les jours, même lorsque les animaux sont dans les prés – ce qui implique moins d’effluents. « À quoi ça sert de produire de l’énergie pour nourrir des méthaniseurs evrc du  soja qui traverse le monde ? », interroge-t-il. « C’est insupportable qu’on n’ait pas de débat en France sur l’utilisation des terres agricoles. »

Un lobby gazier très très actif

GrDF, filiale à 100 % d’Engie, joue un rôle prééminent dans cet engouement pour le biogaz. Pour le comprendre, direction les Hauts-de-France, où la course à la construction de méthaniseurs bat son plein. La région annonce multiplier par quinze sa production de biogaz d’ici 2030. Elle compte aujourd’hui moins de 100 unités de méthanisation, mais annonce sous dix ans « plusieurs milliers d’installations agricoles et des millions de tonnes d’intrants ».

L’installation de 1000 méthaniseurs en Hauts-de-France supposerait déjà d’en positionner un tous les cinq kilomètres ! Le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) adopté en janvier 2019 souligne que « les impacts environnementaux peuvent être nombreux et significatifs ». Une annexe précise que « cet objectif repose sur les "dires d’experts" de GrDF » et pourrait être revu à la baisse…

 C’est un aveu », estime André Murawski, conseiller régional apparenté au groupe des Indépendants. « En clair, ce sont les gaziers qui ont fait la politique de la Région des Hauts-de-France en matière de méthanisation. » Le site de la Haute autorité à la transparence de la vie publique confirme un lobbying très actif de GrDF en la matière. L’entreprise a consacré entre 500 000 et 700 000 euros, entre juillet 2017 et décembre 2018, pour défendre le développement des gaz verts, en particulier la méthanisation agricole.
Parmi les types d’actions figurent l’organisation de « discussions informelles » ou la transmission de « suggestions afin d’influencer la rédaction d’une décision publique ». Derrière GrDF, c’est toute la filière gaz qui pousse dans le même sens : Engie et sa filiale GRTgaz, les lobbies Coénove, association professionnelle du secteur, et France gaz renouvelables. »

Un lobbying local très efficace, mais aussi national- vers les méthaniseurs géants

Un décret a été signé par Nicola Hulot, juste avant son départ du gouvernement  qui relève de 30 à 100 tonnes de matières traitées par jour le seuil des installations classées. « Désormais, seules les unités au-dessus de 100 tonnes par jour de matières entrantes relèvent du régime d’autorisation en installation classée et doivent faire l’objet d’une enquête publique et administrative, souligne  Daniel Chateigner. Avant, faire accepter un projet au-dessus de 30 tonnes d’intrants par jour était plus difficile ».
100 tonnes par jour, soit plus de 36 000 tonnes par an« Le gouvernement met le curseur très haut, alors même que les projets à la ferme sont plutôt entre 5000 et 10 000 tonnes annuelles », observe Daniel Chateigner. Ce relèvement de seuil favorise donc les grandes unités de méthanisation. Selon les calculs du chercheur, le prix moyen d’un méthaniseur en France est passé de 1 ou 2 millions d’euros, à 5 à 10 millions aujourd’hui.
« Nicolas Hulot a été en permanence soumis à des pressions terribles. En relevant le seuil à 100 tonnes, tous les méthaniseurs passent comme une lettre à la poste », confirme René Louail. « Il est évident que ce relèvement de seuil des installations classées s’est fait à la demande d’industriels pour faire en sorte d’être le moins dérangé dans le développement d’importants méthaniseurs », appuie le sénateur écologiste Joël Labbé. »

Remarque : Il ne sera pas beaucoup pardonné à Nicolas Hulot, qui n’a jamais compris ce qu’il faisait.
Ainsi, après  les margoulins de l’éolien, ce sont les arnaqueurs des méthaniseurs qui parcourent les campagnes et les couloirs des ministères et se font entendre. Et imposent des méthaniseurs de plus en plus gros, de plus en plus dangereux et polluants, et qui remettent en cause les activité agricoles nécessaires à la nourriture de la population française, en particulier bios…

Une nouvelle gabegie économique au nom des ENR et du greenwashing du gaz !

« 760 000 euros de subventions publiques par emploi » . Le soutien sans faille de l’État à la filière méthanisation se traduit non seulement dans la réglementation, mais aussi par des aides financières. Outre des aides de l’Ademe – qui représentent jusqu’à 20 % de l’investissement –, des subventions régionales ou départementales peuvent s’ajouter. Une SARL en Ille-et-Vilaine, par exemple, a investi 2,4 millions d’euros dans son unité de méthanisation. Elle a bénéficié de 470 000 euros de subventions publiques dont 300 000 euros de l’Ademe, 120 000 euros de la région Bretagne et 50 000 euros du département d’Ille-et-vilaine  ! « On est à environ 760 000 euros de subventions par emploi direct », estime Daniel Chateigner qui s’appuie sur la base de données de son collectif. « C’est du délire ! Nos impôts financent la construction de méthaniseurs qui vont devenir la propriété privée d’agriculteurs ou de grands groupes. »

Interrogé sur ces chiffres, ni le ministère de l’Agriculture, ni le ministère de la Transition écologique et solidaire n’ont donné suite à nos demandes. L’Ademe nous a répondu qu’ils ne disposaient pas de données disponibles à ce jour, alors même qu’il s’agit de dizaines de millions d’euros de fonds publics.

« Les citoyens et habitants d’une commune devraient avoir une transparence complète sur les tenants et aboutissants des projets, et ce n’est jamais le cas », observe Jean-Marc Thomas, paysan dans les Côtes d’Armor, département où le projet de méthaniseur situé sur la commune de Plouha fait l’objet de vives tensions entre agriculteurs et riverains. Raccorder une unité de méthanisation au réseau de gaz existant peut aussi être coûteux, car il faut parfois des kilomètres de raccordement. « Le coût est de 100 000 euros du kilomètre. Qui paie ? Quelles subventions publiques ? », interroge t-il. Aucune des autorités publiques sollicitées n’a donné suite à nos demandes d’éclaircissement. »

A cela s’ajoute, comme pour l’éolien, un tarif de rachat garanti par l’État très élévé

Un tarif d’achat de l’électricité ou du gaz produit, garanti au minimum sur quinze ans, a également été mis en place, dans un contexte où Engie et Total Direct Energie figurent parmi les rares entreprises à fournir du gaz « vert » en France. « Un contrat est signé entre le porteur de projet et GrDF (ou l’une de ses filiales) avec un prix de rachat trois fois supérieur au prix du gaz pour le consommateur lambda », poursuit Jean-Marc Thomas. « Combien de temps l’État va-t-il pouvoir garantir ce prix de rachat ? »…

« Alors que le gouvernement se montre aujourd’hui incapable de garantir un prix de revient sur les aliments produits par les agriculteurs, il sécurise l’activité agricole sur une activité annexe, à savoir la production d’énergie. « S’il faut entrer dans des projets non agricoles pour continuer à vivre sur sa ferme, cela signifie que l’on renonce à rémunérer les productions alimentaires. C’est inquiétant », alertait un paysan dès 2013, lors d’un colloque sur la méthanisation agricole. Sept ans après, René Louail confirme cette inquiétude. « Je ne suis pas contre la méthanisation, mais pas pour celle qui fait des ravages. Il nous reste la pression de celles et ceux qui veulent une autre agriculture. »

Sophie Chapelle et Simon Gouin. Merci à BastaMag, souvent très pertinent sur les questions énergétiques ;

Des méthaniseurs,de plus en plus gros,  polluants et dangereux, à la performance en gaz à effet de serre au mieux incertaine, au pire catastrophiques ( fuites même légères, oxydes d’azotes des digestats), un plan Biogaz délirant qui met en danger la sécurité alimentaire française ( et le Covid devrait nous inciter à s’en préoccuper davantage et à la considérer comme un bien essentiel et précieux)  et la qualité de sa productions, des subventions délirantes à une néoagricultureindustrielle et au lobby gazier….au prétexte d’un gaz vert !

Le plan Biogaz, c’est stop ! Maintenant !


jeudi 2 avril 2020

Ravages dans nos campagnes : après les margoulins de l’éolien, les arnaqueurs des méthaniseurs (1)


Et tout aussi inutiles que les éoliennes ! Là aussi, le lobby du gaz pousse à fond de façon à justifier qu’en injectant un peu de gaz  dans leurs tuyaux ils font du gaz vert ? La grosse différence est que cette fois, ils ont quand même Greenpeace et une partie des Verts  contre eux.

Des méthaniseurs pour pouvoir polluer plus !

Ben tiens justement, on peut commencer par un communiqué de Greenpeace : (: https://twitter.com/greenpeacefr/status/1230210007406391297?s=09)

La Bretagne est exposée chaque année aux algues vertes, conséquences de l'élevage industriel.  Mais les industriels s'entêtent et prônent une diversification des activités agricoles, poussant les exploitations à s'agrandir davantage. Destructeur non-sens.

A Lamballe, un méthaniseur encourage l’élevage de cochons en dépit des algues vertes !

Deux projets d’extension de porcheries dans cette région fortement touchée par les marées vertes font craindre une pollution accrue des sols et de l’eau ; dans l’air clair et froid d’un matin d’hiver, en contrebas d’un vallon boisé où se faufile le Gouessant avant que la petite rivière ne rejoigne les belles plages d’Hillion, dans les Côtes-d’Armor, André Ollivro piétine la vase de l’estuaire…C’est précisément à cet endroit, au fond de la baie de Saint-Brieuc, qu’un joggeur a trouvé la mort en septembre 2016 et que les cadavres de trente-six sangliers ont été ramassés durant l’été 2011. Et l’intoxication simultanée de deux chiens sur une plage voisine a semé l’émoi en juillet 2008.

En Bretagne, des décennies d’épandage massif de déjections issues des élevages hors sol des porcs et des poules ont laissé des traces. Spécialement à Hillion, où l’on a ramassé près de 10 000 tonnes d’ulves durant l’été 2019. Record battu.

Pourtant, comme si rien ne pouvait enrayer cette concentration, deux nouvelles extensions de porcherie sont en préparation dans la commune littorale de 4 200 habitants. L’exploitation Le Corguillé veut faire passer ses 1 276 emplacements actuels pour truies et cochons à engraisser à 2 482 ; l’exploitation La Roche-Martin voudrait s’agrandir de 2 602 à 2 882 places.

Donc le fameux méthaniseur qui fournit du gaz tout vert n’est qu’un prétexte pour obtenir des autorisations d’agrandissement d’exploitations concentrées et polluantes, et une tolérance pour  polluer plus.


Méthaniseurs et plan Biogaz  : la Bretagne, région sacrifiée ( comme les Hauts de Seine pour les éoliennes)

Tiens, pour continuer sur la Bretagne, le témoignage intéressant et assez poignant d’un élu écologiste, extrait de https://www.bastamag.net/methanisation-lobby-gaz-vert-biogaz-agriculture-energetique-alimentaire

« Il a d’abord cru à la méthanisation, avant de déchanter. René Louail, ancien conseiller régional écologiste en Bretagne, défend dès le début des années 2000 un projet du nom de Géotexia. Celui-ci est porté par une trentaine d’éleveurs soucieux de transformer le lisier en biogaz (nous vous en avions parlé dans ce reportage). « Un fiasco total alors que 17 millions d’euros ont été investis dans ce projet »
L’usine, surdimensionnée, condamnée en 2013 puis en 2015 à des amendes de 50 000 et 40 000 euros pour pollution, a été constamment en déficit structurel. L’unité, aujourd’hui en redressement judiciaire, pourrait être rachetée par un fonds de pension américain. Face à ce constat, René Louail plaide pour qu’un bilan économique, financier et environnemental de la méthanisation agricole soit réalisé et publié, redoutant une « fuite en avant coûteuse et irréversible pour d’autres projets ».

Sa crainte se fonde sur le « plan biogaz » récemment adopté par la région Bretagne, qui vise à construire des centaines de méthaniseurs d’ici 2025.

Invité régulièrement par des collectifs de riverains opposés à des projets, René Louail constate que « la méthanisation agricole en Bretagne est utilisée dans la majorité des cas comme une "pompe" à subventions pour soutenir l’agriculture industrielle en crise structurelle ».
S’il y a bien « quelques réalisations vertueuses », il voit surtout défiler des dossiers pour des méthaniseurs adossés à des élevages industriels allant jusqu’à 40 000 cochons. « Ces exploitations incorporent dans leur méthaniseur du maïs subventionné par la Politique agricole commune, et bénéficient aussi du tarif de rachat d’énergie. Elles sont payées deux fois ! On garantit ainsi la pérennité d’élevages à bout de souffle. »

Et l’État subventionne surtout les grands projets de méthaniseurs »

Ponlat, où comment après les margoulins de l’éolien, les arnaqueurs des méthaniseurs écument les campagnes


“Le projet METHA 31210 concernant la construction d’un méthaniseur à la limite des communes de Ponlat et Franquevielle, mobilise une population en colère. Colère et peur sont intimement mêlées.
METHA 31210 impactera essentiellement les villages de Fanquevielle, Les Tourreilles, Loudet, Spéhis, Clarac et Ponlat Taillebourg. Les odeurs ne s’arrêtent pas à la frontière de ces communes et arroseront, selon les vents et leur puissance, d’autres villages. En plus des odeurs, pollution des cours d’eau, risque d’explosions, etc…

Nous ne sommes pas contre les agriculteurs », martèlent de concert Jean-Loup Gormand et Virginie Nicolas, maire de Franquevielle. « Ils souffrent, ils ont besoin d’aide, mais ces projets de méthaniseurs sont des leurres pour eux. On leur fait miroiter des retombées financières, ce n’est pas le cas car les investissements sont très importants."

Dans la salle, deux soutiens du projet METHA 31210, mais aucun des deux n’a souhaité prendre la parole. "Nous avons voulu voir le projet, mais c’est l’omerta la plus totale. Rien n’est divulgué", affirme le secrétaire de l’association.
On apprend ainsi que la Région, le PETR et la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges sont favorables au projet et qu’il pourrait se construire quatre méthaniseurs en Comminges, subventionnés.

Jean-Loup Gormand insiste sur l’urgence de la mobilisation et des actions. Car il faut savoir qu’un tel projet ne requiert pas de permis de construire mais une simple déclaration en préfecture…

Questions / Réponses : A la fin de l’exposé, de nombreuses questions et des témoignages. Le public apprend qu’à Gramat dans le Lot, un méthaniseur rend la vie impossible aux riverains "qui ne peuvent plus manger dehors. Qui veulent vendre, mais les agences ne se déplacent même plus. »

Remarque : ben oui, grâce à un décret du pauvre Nicolas Hulot ( Pardonnez-lui, mais pas trop, il n’a jamais su ce qu’il faisait !) , le régime d’autorisation a été modifié et pour la méthanisation de la  matière végétale brute,  le seuil du régime d’autorisation passe de 60 à 100 tonnes/jour

Open bar pour des méthaniseurs géants, encore plus puants et polluants !

Et on termine par la pétition très argumentée du Collectif National Vigilance Méthanisation :

Méthanisation : DANGERS réels pour les populations et la nature (CNVM)


Extraits :
 « Depuis des années les médias, élus, énergéticiens, services de l'Etat, porteurs de projet, nous présentent la version « papier glacé » genre lisse et propre,  de la méthanisation .  « Un cercle vertueux et une économie circulaire » nous annoncent les documents édités par l’Etat (ADEME).

Le CNVM, Collectif National Vigilance Méthanisation, avec plus de 50 associations et collectifs adhérents sur toute la France peut témoigner que la version « papier glacé » n’a rien à voir avec la réalité terrain.

Cette pétition est la sonnette d’alarme que tire le CNVM  et qu’il vous invite à signer, nombreux, pour qu’enfin le gouvernement prenne la mesure de la gravité de la situation qu’il installe, et dont il sera responsable.

Une vingtaine de scientifiques indépendants, toutes spécialités confondues, se sont intéressés de près à la méthanisation et ont rendu des conclusions très intéressantes (ils se sont réunis en Collectif Scientifique National pour une Méthanisation raisonnée).

La réalité terrain de la méthanisation, telle qu’autorisée  aujourd’hui, c’est :

- mise en danger puis disparition de la biodiversité (abeilles mellifères et autres insectes, faune) due aux émanations d’ammoniac et autres gaz  autour des unités de méthanisation, des zones de stockage de digestats et lors des épandages. GES, (gaz à effet de serre), particules fines et NOx, tant décriés, sont là avec tous leurs effets nocifs.

- aucun contrôle de la composition réelle des digestats (déchets de déchets),  épandus sur les terres nourricières et de leur innocuité. En effet, rares sont les digestats entièrement d’origine agricole. En fonction des intrants autorisés les analyses suivantes devraient être obligatoires : œstrogènes, antibiotiques, bactéries antibio-résistantes, biocides,pesticides, micro-plastiques, iode, perturbateurs endocriniens, auxiliaires technologiques etc. Une hygiénisation à 71° est insuffisante pour détruite toutes les bactéries, virus et toxines.

- danger sanitaire pour les animaux sauvages : épandage de digestats sur cultures ou prairies sans enfouissement dans le sol.

- disparition de la biodiversité du sol : Ph trop élevé du digestat liquide (solution ammoniacale), matière insuffisamment décomposable du digestat solide (C/N <2). Bilan des épandages de digestats : décroissance du Carbone Organique des sols (COS), moins de micro et macro organismes (disparition des organismes vivants du sol,  de sa flore et de sa faune, vers de terre, collemboles et autres),  terres infertilisées à long terme.

- pollution de la ressource en eau,  due à la partie liquide du digestat qui est hyper volatile et très lessivable. Pour les eaux souterraines, infiltration des digestats liquides dans les nappes phréatiques et pour les eaux de surface, ruissellement, lequel  entraîne la multiplication des algues vertes sur les côtes.

- pollution de l’air, danger pour la santé des populations riveraines des zones d’épandages (digestats liquides chargés en gaz et extrêmement volatiles), des zones de stockage ou de méthanisation, en raison des émanations de gaz ( CH4, CO2, H2S, NH3), dont certains promoteurs de particules fines, etc.  Aujourd'hui beaucoup de riverains sur tout le territoire, se plaignent et s’inquiètent d’irritations des voies respiratoires dont les mauvaises odeurs sont annonciatrices. Danger pour les plus faibles : enfants, personnes âgées, malades (insuffisants respiratoires, allergiques...).


- de plus, sous couvert de Transition Énergétique, c’est notre souveraineté alimentaire qui est mise en danger pour une souveraineté énergétique improbable. Une PPE à 10 %, la moyenne basse de l’ADEME, c’est l’équivalent de la surface totale de 6 départements français moyens, sans maisons, routes, forêts, fleuves, etc  qui servirait seulement à remplir le ventre des méthaniseurs.

- enfin, la croissance de grosses structures industrielles sous le faux prétexte "agricole" va à l'inverse de la pérennisation des agriculteurs bio, permaculteurs, petits et jeunes agriculteurs.

Nous demandons que des scientifiques du CSNM et des présidents du CNVM soient reçus par les ministres du gouvernement Macron en charge de : la Santé, l'Agriculture et l'Alimentation, la Transition énergétique, la Recherche et l'Innovation, tous concernés par le sujet.  Les membres des CSNM et CNVM pourront ainsi présenter suite à  leurs recherches,  leurs calculs, et leur expérience terrain,  les pollutions graves et les risques de santé publique imputables à la méthanisation.

Nous demandons que ces pollutions et risques, importants tant pour la nature: environnement et biodiversité, faune et flore, que pour les populations, soient pris en compte, afin de redéfinir le cadre des installations d’unités de méthanisation,  leur fonctionnement et l’usage de leurs déchets.

Le principe de précaution l'impose, nos politiques sont élus pour le faire respecter et la vie saine de nos enfants en dépend. »

Remarques :

1)  une fois de plus, l’Ademe est sévèrement et justement mise en cause pour des dossiers et des études complètement bidons, voire stupides. Cette agence gouvernementale n’a rien de scientifique, il faut le savoir, c’est purement et simplement une officine de propagande des ultra verts. Cf.aussi https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/02/les-clowneries-de-lademe.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/fake-science-fake-news-et-energies.html

2) Il est urgent de demander une commission d’enquête parlementaire sur la méthanisation, comme il en y a eu une sur les éoliennes et la photovoltaïque (Commission  dirigée par Julien Aubert, qui a fait un excellent travail).


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