Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est énergie renouvelable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est énergie renouvelable. Afficher tous les articles

samedi 28 septembre 2019

Fake science, fake news et énergies renouvelables. L’Ademe à la manœuvre


Les énergies renouvelables sont un des domaines favoris des fake sciences, des fake news, et des manipulations très intéressées, comme celles des margoulins de l’éolien souvent épinglés sur ce blog.

Quelques exemples récents tirés de divers tweet, dont deux concernent une agence gouvernementale déjà mentionnée, qui a été transformée en office de basse propagande des énergies nouvelles, l’Ademe, qui confirment sa vocation de clown dont les scientifiques qui y travaillent devraient avoir honte – pour leurs méfaits précédents
cf

Et aussi son copain allemand, le DIW, déjà épinglé,

Or, on ne pourra baser aucune politique énergétique raisonnable sur de la Fake science et la manipulation malhonnête des chiffres. D’où nécessité sans cesse de debunker. Merci à tous ceux qui le font incessamment sur les réseaux.

Or, on ne pourra baser aucune politique énergétique raisonnable sur de la Fake science et la manipulation malhonnête des chiffres. D’où nécessité sans cesse de debunker. Un grand merci à tous ceux qui s'y collent....

La grosse truanderie de l’ADEME sur les émissions de carbone du nucléaire. Une erreur typographique ?

D'après un récent sondage, environ deux tiers des Français estiment que le nucléaire contribue au réchauffement climatique. Est-ce étonnant? Les détracteurs de l'atome le chargent de tant de maux, avec un tel fanatisme qui confine parfois à la terreur intellectuelle, qu'un aspect bénéfique devient incongru.
Comment-en serait-il autrement quand le très officiel projet de Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) pour évaluer les émissions du nucléaire français propose deux valeurs contradictoires, et toutes les deux fausses ? L'une provient du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental  sur l'Evolution du Climat) et conduit à une émission de 12 g de CO2 par kWh électrique nucléaire. L'autre moins favorable à l'atome, est de 66 g de CO2 par kWh !!! Elle émane de l'ADEME (Agence de Maîtrise de l'Energie) qui la tire d'une  étude de 2008, faisant la synthèse d'une vingtaine de publications.

En tout état de cause, les deux chiffres actuels indiqués dans la PPE, 12 et 66 g par kWh nucléaire sont incompatibles, dénotent une  lacune d'information et ont provoqué des demandes d'éclaircissement. La réponse à la question posée par le Sénateur Longuet vaut son pesant de n’importe quoi :

« Le chiffre de 66 g par kWh "relève d'une erreur typographique" et "sera corrigée dans la version finale de la PPE" qui "présentera deux valeurs : "12g CO2/kWh d'après le GIEC et 6gCO2/kWh d'après la base carbone de l'ADEME".

Une simple erreur typographique ? Eh ben, dans un document de cette importance pour informer les citoyens, c’est ballot.

En fait c’est sans doute plus grave : Commentaire de l’excellent Lionel Taccoen : « Certes le simple tremblement intempestif d'un doigt peut transformer 6 g en 66 g dans un document officiel. Mais des esprits malveillants, se souvenant du peu d'enthousiasme de l'ADEME pour le nucléaire, penseront que cette Agence a mangé son chapeau et a dû enterrer son étude favorite, mal lue et un peu ancienne, lui permettant d'affecter 66 g de CO2 par kWh nucléaire français. » (Lionel Taccoen, Géopolitique de l'Electricité. (http://www.geopolitique-electricite.com)

Bon, enfin, on y est, l’Ademe admet donc 6g. de CO2 par kWh nucléaire. Espérons que l’ « erreur » de l’Ademe ne se reproduira pas, et que ce seront les vrais chiffres qui seront communiqués au panel de citoyens chargé de dégager un avis sur la fiscalité et la transition énergétique.

Dans une autre réponse, cette fois donnée sur le site du débat public de la PPE, le ministère de l’environnement donne des chiffres plus précis et explique la différence avec la valeur des premiers rapports du GIEC : 

« A Monsieur Mezeix: Suivant le GIEC, L'énergie nucléaire, au niveau mondial émet en moyenne 12 g de CO2 par kWh...mais au niveau français EDF (cité par l'ADEME...) et le CEA...s'accordent sur un niveau d'émissions moyennes ...de 5 à 6 g" car les émissions indirectes dues aux "transports de marchandises et déchets radioactifs et infrastructures" sont plus "faibles en France que dans les autres régions du monde".
La réponse du ministère présente les émissions du nucléaire et des renouvelables : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire, 10 g pour l'éolien, 32 g pour le solaire. Aucun chiffre pour l'hydraulique n'est mentionné. Sont ajoutées les émissions de CO2  correspondant à un kWh utilisant la combustion du charbon :  1050 g, du fioul : 778 g, et du gaz : 443 g.

Eh ben voilà, on y est. Accord entre le ministère et les experts !
Et entre parenthèses, vous voyez que quand on est obligé de suppléer à l‘intermittence de l’éolien par du gaz, c’est pas bon, pas bon du tout poutrle climat.

Maintenant, si la moyenne mondiale du GIEC (12 g de CO2 par kWh) est inadaptée au cas français, pourquoi sera-t-elle maintenue dans la PPE? Energies renouvelables et nucléaire n'émettent pas de gaz à effet de serre lors de la production d'électricité. Ils provoquent de faibles émissions indirectes lors de la construction, la maintenance et le démantèlement des installations. Pour le nucléaire, il convient d'ajouter le cycle du combustible. Ces émissions  indirectes varient largement suivant le contexte énergétique des pays et la technologie choisie.

Cf.Lionel Taccoen, Géopolitique de l'Electricité. (http://www.geopolitique-electricite.com), Géopolitique de l'Electricité-Point d'information-Nucléaire français et climat: la fin de la confusion?

Gros mensonge de l’Ademe sur l’éolien et les émissions évités ou diminuées ?

Bon allez, pendant qu’on est sur eux, on continue. A partir du très intéressant fil tweeter de Tanguy@Yugnat95 (https://twitter.com/hashtag/energie_est_notre_avenir_economisons_la?src=hash)
Critiquant cette affirmation de l’Ademe : que la filière éolienne avait permis entre 2002 et 2015 d’éviter l'émission en France de 500 à 600g CO2eq par kWh produit.

C’est d’emblée assez surprenant car en France, grâce à la filière nucléaire et hydro, l’électricité est déjà peu carbonée (voire ci-dessus) et l’on ne voit pas que l’éolien (qui, au surplus, en raison de son intermittence, doit être associé au gaz) puisse permettre une telle économie.  Entre 2005 et 2018, les émissions ont oscillé entre 28 et 46 Mt CO2eq/an (45 et 85 gCO2eq/kWh) (en analyse de cycle de vie).

La critique de Tanguy@Yugnat95 repose sur la méthode même de l’étude de l’Ademe sur deux aspects : 1) la méthode pour construire un mix de référence (= sans prod éolienne)  ; 2)  le bilan du calcul des émissions évitées. Et surtout sur les hypothèses simplificatrices : 1) L’éolien ne se substitue pas à l’hydraulique ; l’éolien ne se substitue pas au nucléaire ; 3) L’éolien n’est pas exporté.

Pour les détails reportez-vous sur le thread et la discussion assez riche. Mais en gros l’éolien se substitue bel et bien parfois au nucléaire et à l’hydraulique, et donc dans ce cas, l’éolien ne permet pas d’éviter des émissions de CO2, bien au contraire. (d’ailleurs la substitution de l’éolien à une partie du nucléaire est l’un des objectifs revendiqués de la PPE, un objectif absurde purement idéologique anticlimatique et antiécologique…). 
Enfin, il arrive que l’éolien produise quand on n’en a pas besoin, donc on l’exporte, sauf que, comme l’Europe produit en gros de l’éolien tout le monde en même temps, 1) on l’exporte d’abord pour rien, nada, et même en payant nos voisins pour le prendre et 2) il ne se substitue alors à rien donc augmente, même marginalement des émissions supplémentaires.

Enfin, la conclusion de l’étude vaut son pesant, encore une fois, de n’importe quoi : «  L’énergie éolienne permet d 'éviter de l’ordre de 500 à 600g de CO2 par chaque kw produit (non, ça dépend à quoi il se substitue, et surtout pas s’il est amené à se substituer de plus en plus au nucléaire)… L’éolen contribue donc de manière significative à la réduction des émissions de GES du secteur électrique et donc à l’effort de la France dans en matière de lutte contre le changement climatique »

Donc l’Ademe mélange joyeusement émissions évitées et réduction. Or, comme l’explique Tanguy@Yugnat95, «  une réduction est absolue et un évitement est relatif, il compare deux alternatives mais ne dit rien sur les émissions qui peuvent très bien augmenter ou diminuer. Exemples: vous n’avez pas de voiture, vous en choisissez une légère au lieu du SUV auquel vous rêviez, vous avez évité des émissions mais vos émissions ont augmenté.

Les éoliennes ne réduisent les émissions de carbone que si elles se substituent utilement à une production plus carbonées…sinon elles augmentent les émissions. Pour tester ses fameux calculs, l’Ademe pourrait d’ailleurs se demander pourquoi malgré ses 29 000 éoliennes, malgré un soutien total pour les énergies renouvelables qui a atteint 680 milliards d'euros, l’Allemagne n’a pas diminué d’un iota ses émissions de carbone.

Conclusion : en se choisissant  ad hoc un mix de référence très carboné qui serait remplacé par les éoliennes, l’Ademe arrive à démontrer ce qu’elle veut, et ses chiffres faux deviendront carrément faux et mensongers à mesure que l’éolien se substituera au nucléaire. Conclusion de Tanguy@Yugnat95 : « Outre les hypothèses optimistes, l’étude NE démontre en RIEN que la filière éolienne “contribue de manière significative à la réduction des émissions de GES [...] et [à la] lutte contre le changement climatique” en France.

Pas mieux !

Les calculs bizarres de the Energy Watch Group and LUT University : délirant !

« La nouvelle étude du Groupe Energy Watch et de l'Université LUT est la première du genre à esquisser un scénario de 1,5°C avec un système mondial d'énergie renouvelable 100 % , rentable et multisectoriel et riche en technologie qui ne s'appuie pas sur des technologies d'émissions de CO2 négatives. L'étude de modélisation scientifique simule une transition énergétique globale totale dans les secteurs de l'électricité, de la chaleur, des transports et du dessalement d'ici 2050. Il est basé sur quatre ans et demi de recherche et d'analyse de la collecte de données…Cela prouve que la transition vers une énergie 100% renouvelable est économiquement compétitive par rapport au système fossile et nucléaire actuel, et pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le système énergétique à zéro avant même 2050. »

Ou, bon, cela prouve surtout qu’on peut raconter n’importe quoi

Constatons d’abord que pour arriver à ce mirifique résultat, Energy Watch Group and LUT Univ… dézinguent tout simplement l’energiewende allemande qui fait la part belle à l’éolien avec les conséquences que l’on sait ( pas une centrale à charbon supprimée, pas une émission de CO2 en moins, et ceci pour un coût pharamineux de plus de 600 milliards) et se repose quasi-entièrement sur le solaire :

« La production mondiale d'énergie primaire dans le système d'énergie 100% renouvelable sera composée du mélange suivant de sources d'énergie : énergie solaire (69%), énergie éolienne (18%), hydroélectricité (3%), bioénergie (6%) géothermie (2 %) ».
On est ben d’accord, le soleil c’est super et ça nous envoie beaucoup d’énergie. Sauf que personne n’a la moindre idée sur la façon  de la capter, de la stocker et de l’utiliser en quantité et en puissance nécessaire pour que le fameux scenario tout renouvelable puisse acquérir la moindre crédibilité ; et il s’en faut de plusieurs ordres de grandeur.

Commentaire : « L'étude fait tout simplement l’impasse sur… les besoins en occupation du sol ! Mais honnêtement, les auteurs fournissent les données nécessaires pour les calculer. Pour l'Allemagne, cela nous indique que 64 % de 1771 GW et 1133 GW PV devront être construits et nous savons par la référence fournie (51)  que ce type de Photovoltaïque est à une densité de 75 MW/km2. 1133 GW / 75 MW/km2 - 15113 km2 , soit plus de 6 % de la superficie de l'Allemagne. Aïe ! »
Et c’est pas tout !

« La plupart des gens considéreraient déjà cela comme irréalisable, mais en outre quelque 300 GW de photovoltaïque sur les toits" doivent être installés bien qu'il n'y ait que de l'espace que pour 161 GW selon cette étude allemande: https://mediatum.ub.tum.de/doc/969497/969497.pdf ...
Et c’est pas tout : « Si nous prenons les chiffres pour l'éolien terrestre, c'est 13% du sol allemand !!! Ca semble déjà fou, mais la réalité est encore pire parce que nos chers écolos supposent un facteur de capacité de 37%, ce qu’on n’a jamais vu ( les chiffres actuels sont plutôt autour de 20%). En en tenant compte, on tourne à un quart (25%) des terres de l'Allemagne.

Un « scenario » tout renouvelable qui passe tout simplement sous silence que pour la simple production, il supposerait une occupation de 31% du sol allemand ?? C’est comment dire, un peu amateuriste !
(pour plus de détails, vor Julius‏ @JayJayJuleson, New Study: Global Energy System based on 100% Renewable Energy)

Tiens, pour s’amuser, un scénario entièrement éolien : «  le taux de consommation énergétique primaire de l’Allemagne est de 1.28 W/m2. Alors, si on se base sur une puissance éolienne de 0.5We/m2 (moyenne aux USA), couvrir d’éoliennes la totalité du sol allemand ne permettrait que d’assurer 60% des besoins ! (2100 TWh par an) Si, par miracle, toutes les éoliennes allemandes se comportaient comme les meilleurs 10% américaines (0.8We/m2), ce ne serait toujours que 80% !

Bon, on peut raffiner sur les détails, mais ça donne quand même un ordre de grandeur !




jeudi 15 août 2019

Trop d’ENR, black out assuré!


Le vendredi noir londonien -9 août 2019

Allez, un peu de Schadenfreude !   

Vendredi 9 août, 16 h 16. Le gestionnaire du système électrique britannique communique fièrement : Ce matin, la part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, peut-on lire sur le compte Twitter du National Grid. Entre le soleil et le vent qui caractérisent la météo du jour, les énergies renouvelables assurent près des deux tiers de la production, précise l’hebdomadaire The Spectator.

Une demi-heure plus tard : black-out. Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante !
Près d’un million de britanniques ont été privés de courant. King’s Cross à Londres, l’une des gares les plus fréquentées de Grande-Bretagne, a dû être évacuée, provoquant une véritable marée humaine en surface, pendant que des milliers de navetteurs se sont retrouvés coincés dans des trains bloqués. La panne a également affecté la circulation routière, mettant hors services des feux de signalisation à Londres, ainsi que très brièvement l’aéroport de Newcastle et, plus dramatique, l’hôpital d’ Ipswich, dont les générateurs de secours n’ont pas fonctionné, forçant les chirurgiens à terminer en catastrophe des opérations à la lueur de téléphones portables. Environ 300 000 personnes ont été touchées à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre, selon UK Power Networks, et 500 000 autres dans les Midlands, le sud-ouest de l’Angleterre et le Pays de Galles, d’après Western Power Distribution. Dans le Yorkshire et le nord-est de l’Angleterre, ce sont 110 000 personnes qui ont été privées d’électricité, a indiqué Northern Powergrid, tandis qu’au moins 26 000 l’ont été dans le nord-ouest, d’après Electricity North West.

Donc, un vrai black out systémique provoqué par l’arrêt brutal simultané de deux installations, une centrale à gaz dans le Bedfordshire et une installation éolienne off-shore de la Mer du Nord.

Droit dans ses bottes, le National Grid (l’équivalent de notre RTE) a affirmé que « le système avait vraiment bien fonctionné », et que ce black out résultait d’une situation exceptionnelle due à la météo, ce qui a suscité l’ironie mais surtout la colère des Anglais.

Et il y a de quoi, car le National Grid se moque vraiment d’eux. D’abord, en période de fort vent, il n’ y a rien d’extraordinaire à ce qu’une ferme éolienne déclare forfait, ces petites bêtes étant extrêmement sensibles à la vitesse du vent, pas assez, ça fonctionne pas, trop, ça doit être débranché, sinon ça grille. Ensuite, et surtout , au cours du dernier trimestre, National grid avait déjà connu trois alertes majeures. La fréquence normale du réseau est de 50Hz et l’effondrement du  9 août s’est produit lorsque la fréquence est tombé à 48,88 Hz. Or, déjà en juin, après que la centrale à gaz de West Burton se soit arrêtée, la fréquence était tombée au seuol de décrochage de 49.5 Hz.  Autres incidents récents : le 9 mai, la fréquence de la grille est tombée à 49,55 Hz et le 11 juillet à 49,58 Hz.

Le black out du 9 août n’avait donc rien d’inattendu, le miracle aurait été qu’il ne se produise pas. Et des experts ont prévenu que les Anglais doivent s’attendre à ce que des incidents analogues se reproduisent de plus en plus souvent, la raison en étant la trop grande proportion de renouvelables, qui, par nature, ne sont pas pilotables, telles le solaire et surtout l’éolien (énergies dites fatales).
Au moins les Anglais peuvent-ils se dirent qu’à plus moyen terme, le problème sera réglé par la construction des EPR d’Hinkley Point, puisque eux ont eu le courage et le bon sens de faire construire de nouveaux réacteurs nucléaire. Un peu tardivement, apparemment, mais c’est mieux que d’autres…

Le ait qu’il est impossible de faire fonctionner un réseau électrique avec un pourcentage trop important de renouvelables non pilotables, assez évident, a pourtant été aussi démontré par l’Australie du Sud.

Australie-la foudre s'abat sur les énergies renouvelables

C’est ce titre assez drôle qu’ont utilisé nombre de journaux pour relater des événements qui ne le sont pas du tout, des pannes gravissimes à répétition qui ont provoqué un effondrement du réseau en Australie du Sud. Pas une fois, pas deux fois, trois fois !
L'Australie du Sud (capitale Adélaïde, 1,6 million d'habitants) a connu un premier  black-out général le 1er novembre 2015, suite à une panne de vent.  Le 30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne ; suite à un violent orage, la totalité des habitants d'Australie-Méridionale ont été privés d'électricité pendant plusieurs heures. Une nouvelle panne de vent a frappé l'Australie du Sud le premier décembre 2017 vers 22H et  200,000 foyers ont vu leur fourniture électrique coupée. Outre les dangers que cela représente, le coût de ces pannes est gigantesque ; ainsi, lors d’un incident en octobre 2016, les consommateurs d'électricité d'Australie du Sud ont été assommés par un surcoût de 4,5 millions de dollars pour une seule journée, pour stabiliser le réseau.

Pourquoi ? L'Australie du Sud est un des champions mondiaux des énergies renouvelables. Cet état dépend pour 45% de l'éolien, dont la production dispose d'une priorité et est subventionnée. Le reste de la production était assuré par des centrales classiques (charbon, fuel, gaz). Comme elles ne fonctionnent plus assez, elles ne sont plus rentables et ferment. Malheureusement, il semble difficile d'assurer la stabilité du système électrique avec des sources dont la production n'est pas contrôlable et au stade de plus de 40% d’énergie renouvelable, c’est mission impossible.

The Australian  (9octobre 2017) qualifiait le développement des éoliennes et panneaux photovoltaïques est la  « plus grande escroquerie mondiale ».

De fait le  bilan de ces énergies renouvelables à plus de 40% pour la fourniture d’électricité est catstrophique sur tous les plans : écologique, économique, social.

-  des régions entières plongées dans le noir à plusieurs reprises.  La stabilisation du réseau électrique est devenue un cauchemar.
- Le prix de l'électricité facturé aux particuliers a quadruplé et les consommateurs pauvres ne peuvent plus payer leurs factures. Les consommateurs d’énergie d'Australie du Sud avaient la dette moyenne d’électricité la plus élevée du pays. Ils étaient plus susceptibles qu'ailleurs en Australie d’être sur un programme d'aide aux nécessiteux et plus susceptibles d’avoir leur électricité coupée pour cause de non paiement.
- Les emplois verts ne sont pas au rendez-vous. Le nombre d’Australiens du Sud employées dans le secteur des énergies renouvelables a chuté ces dernières années. Le secteur de l'énergie solaire est le principal contributeur à cette baisse, après un pic à 2010 personnes employées en 2011-12 puis une chute à 470 l'an dernier. Les emplois créés le sont principalement en Chine, ou baissent lorsque les subventions diminuent.

Résultat des courses : une réaction du gouvernement face à l’opinion publique qui s’indigne : Et donc, l’Australie a relancé ses centrales à charbon, pour pouvoir équilibrer son réseau !!!!! et tant pis pour le climat. Ou les énergies renouvelables, ou le climat, il faut choisir !


Et avis aux dirigeants politiques :  Elections fédérales du  18 mai 2019. La coalition du Parti Libéral au pouvoir de Tony Morrisson était donnée perdante par tous les sondages qui prédisaient une large victoire du Travailliste Bill Shorten… qui a  finalement perdu.
La raison : Bill Shorten ambitionnait de faire de l’île une « superpuissance des énergies renouvelables… Les Australiens ont compris

Conclusion pour la France : En hiver, et maintenant en été, les pointes de consommations se font de plus en plus importantes et proches de la limite de production. Fermer Fessenheim, sur des critères, non pas de sécurité, mais politiques et démagogiques est déjà une gigantesque, périlleuse et coûteuse erreur, mais sur laquelle il parait maintenant difficile de revenir ! Alors, il faut construire 2,4,6 EPR ! 

Maintenant !




dimanche 24 mars 2019

A quoi servent les energies renouvelables ?


Voilà ; On a expliqué sur ce blog dans de multiples billets à quels point l’éolien et le solaire, en ce qui concerne la production d’électricité étaient néfastes pour le climat, ( grâce à son nucléaire, la France est championne des pays développés pour la décarbonation de l’électricité), néfaste pour l’économie ( bizarrement, malgré les manipulations de l’Ademe pour affirmer que les renouvelables sont moins chères que le nucléaire, le prix de l’électricité augmente à proportion de l’introduction d’énergies renouvelables dans le mix électrique), néfastes pour la sécurité d’approvisionnement  ( vitale), néfastes pour la santé, néfastes pour le niveau de vie, néfastes pour l’indépendance nationale.  Cf. notamment


Et voilà que parait un texte de Michel Gay, parfaitement synthétique et argumenté.
Et nécessaire, plus même :  des cadres d’Enedis commencent à craquer devant les demandes absurdes de clients ou de copropriétés demandant une autonomie énergétique totale, des déraccordements du réseau, des garanties d’une électricité non nucléaire…et se font injurier et traiter de menteurs et  de vendus lorsqu’ils rappellent simplement la réalité…


« Arrêtez de gaspiller nos sous ! »s’égosillait un Gilet jaune. « À quoi ça sert de produire de l’électricité avec de ruineux panneaux solaires et des éoliennes ? »
En voilà une bonne question… que nos élus oublient de plus en plus de se poser : les énergies renouvelables, notamment les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, à quoi ça sert ?

Les énergies renouvelables serviraient-elles à : Produire notre électricité ?

NON ! La France en produit suffisamment et elle exporte même ses nombreux excédents vers les pays voisins (plus de 2 milliards d’euros net en 2018).

Diminuer les rejets de gaz à effet de serre ?

NON ! La production française d’électricité n’émet pas de gaz à effet de serre (à 95 %, record des pays industrialisés). Il est difficile de faire mieux. Ses émissions moyennes de CO2  sont d’environ 50 g de CO2 par kWh, soit 10 fois moins que l’Allemagne. L’intermittence des renouvelables augmente ces émissions à cause du soutien obligatoire de centrales thermiques à gaz et à charbon, comme en Allemagne.

Accroître la sécurité d’approvisionnement ?

NON ! Leur disponibilité aléatoire dépendant du vent et du soleil ne permet pas de compter sur les renouvelables car l’électricité n’est pas stockable à l’échelle d’un pays. Il faudrait donc en importer (d’où un gros problème si nos voisins sont dans la même situation météorologique?)

Réduire le coût de l’électricité ? 

NON ! Le courant (acheté prioritairement et obligatoirement aux producteurs) est payé deux à quatre fois plus cher que le mix EDF. Ce coût est compensé par une ponction appelée « contribution au service public de l’électricité » (CSPE) sur notre facture EDF. Ce prélèvement représentera près de 8 milliards d’euroscette année. Le cumul déjà prévu par la Cour des comptes atteindra 121 milliards d’euros (!).
Le prix de l’électricité et maintenant du carburant explose au détriment du pouvoir d’achat des Français et de l’industrie nationale. Seuls quelques affairistes profitent de ce système immoral.

Produire une électricité de proximité ?

NON ! Des milliers de pylônes et de transformateurs électriques supplémentaires ainsi que 4 000 km de lignes à haute tension sont nécessaires pour renforcer le réseau. Ce dernier doit accueillir des dizaines de milliers de points de production aléatoire par bouffées qui le déséquilibrent avec des risques grandissants de black-out.

Le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques serait-il :
bon pour notre balance des paiements ?
NON ! Et c’est même catastrophique. La quasi-totalité du matériel est importée, principalement d’Allemagne, du Danemark, et de Chine.

Bon pour l’environnement et la planète ?

NON ! Des milliers de socles de béton armé pesant chacun 1 500 tonnes sont enterrés à perpétuité dans nos champs sous les éoliennes. Les parcs naturels, les forêts, les zones protégées et les lieux de mémoire sont violés. La faune aviaire (aigles, buses,…) est hachée par les pales tournant jusqu’à plus 300 km/h, entraînant une atteinte catastrophique à la biodiversité.
Les paysages sont dégradés et des moins-values allant jusqu’à 40 % sont estimées pour les maisons individuelles dans un rayon de plusieurs kilomètres.
Et qui recyclera les futures montagnes de déchets des éoliennes et des panneaux photovoltaïques ?

Les promoteurs cachent le coût du démantèlement futur des éoliennes. Provisionné officiellement à 50 000 euros par éolienne, ce coût est en réalité de plus de 400 000 euros. En cas de défaillance (probable) de l’exploitant, le propriétaire du terrain devra payer la différence, soit plus que le revenu engrangé pendant les 20 ans de son bail. À défaut, ce sera la collectivité (commune ou communauté de communes) qui paiera (donc encore lecontribuable). Mais le socle, lui, restera à perpétuité.

Bon pour l’emploi ?

NON ! Les panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine et les éoliennes à l’étranger. La main d’œuvre, généralement importée car moins chère, se déplace au gré des chantiers de montage. Même les centres de contrôle des éoliennes en France sont souvent situés en Allemagne, voire au Canada

Au contraire, le renchérissement du coût de l’électricité par les énergies renouvelables détruit de l’emploi dans l’industrie en France et appauvrit les ménages.

Pourquoi donc attribuer des subventions si, comme l’affirment leurs promoteurs, cette électricité est moins chère que les autres moyens de production ? Le vent et le soleil seraient même gratuits… mais pas l’électricité produite qui n’est pas compétitive!

Bon pour la santé ?

NON ! Voir les conclusions alarmantes de l’Académie de médecine sur la santé et sur les gênes occasionnées par les éoliennes dans ses rapports du 01 juillet 2003, du 14 mars 2006 et du 9 mai 2017. Cette Académie recommande notamment de ne pas installer d’éolienne à moins de 1 500 m des habitations et de diminuer sensiblement le bruit.
Mais qui s’en rappelle et, surtout, qui s’en soucie ?

Bon pour le tourisme ?

NON ! Les touristes désertent les zones décorées d’éoliennes. Seule la menace par l’UNESCO de retirer son « classement au patrimoine mondial » pour le Mont-Saint Michel a fait reculer le lobby éolien.

Mais alors, à quoi ça sert ?

Ça sert à enrichir un écolo business ("les margoulins de l'éolien") grâce aux subventions publiques particulièrement rémunératrices financées par les consommateurs d’électricité. Des ONG, des groupes de pression et des partis verts bien introduits dans les médias veulent faire croire depuis plus de 15 ans que seuls le vent et le soleil produiraient une électricité propre, soi-disant verte, alors que cette électricité est polluante et intermittente. Des affairistes privés et parfois occultes dissimulent les vastes problèmes à venir sous couvert d’écologie.
Ça sert à faire croire que les énergies renouvelables seraient complémentaires du nucléaire ou bien, encore plus aberrant, qu’elles pourraient le remplacer. Nous serions « en retard sur l’Allemagne »alors que la France a débuté sa transition énergétique il y a 40 ans avec le développement de l’énergie nucléaire qui n’émet ni particules ni gaz à effet de serre, et dont la gestion des déchets ne pose plus de problèmes techniques.

Les énergies renouvelables ne servent donc… à rien, sinon à ruiner le performant système électrique actuel et les Français. Et c’est peut-être un objectif pour certains décroissants.

Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, notamment, sont censés apporter une solution pour réussir la transition énergétique dont l’objectif affiché est de diminuer la consommation d’énergie fossile et les émissions de gaz à effet de serre. En réalité, ces sources intermittentes d’énergies sont nuisibles pour les Français et représentent (hors hydraulique) une épouvantable erreur stratégique qui prospère sur des mensonges pour faire croire à la nécessité de remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables…

Les ruineuses énergies renouvelables constituent un prétexte mensonger pour détruire le nucléaire. La collectivité aurait pu gagner une centaine de milliards d’euros si elle ne les avait pas installées, et la planète ne s’en porterait pas plus mal, et même mieux !

À croire que pour vivre heureux, il faudrait ponctionner toujours plus de taxes et d’impôts sur les citoyens (tondre les moutons) pour enrichir quelques profiteurs qui surfent sur une vague verte illusoire.
De plus, le gouvernement va devoir entériner au printemps prochain la hausse du tarif réglementé du gaz reportée depuis janvier 2019 pour cause de Gilets jaunes, et évaluée à 5,9 % par la CRE.

Vivons heureux, vivons taxés ! La raison l’emportera-t-elle enfin bientôt ?

Merci, Monsieur Gay



samedi 25 août 2018

Grandes manœuvres autour du service public de l’électricité ou comment le lobby libéral désinforme


Les tarifs réglementés validés par le Conseil d’Etat :


Le 18 mai 2018, le Conseil d’Etat français validait le principe des tarifs réglementés de l’électricité. Ces tarifs étaient attaqués par Engie et d’autres fournisseurs d’électricité au motif qu’ils allaient à l’encontre des Directives européennes sur la libéralisation du marché de l’électricité et la libre concurrence. Les raisons invoquées par le Conseil d4Eta sont les suivantes :

Le Conseil d’Etat « estime que l’entrave que constitue la réglementation des prix de vente de l’électricité est justifiée, dans un contexte de forte volatilité et s’agissant d’une énergie non substituable constituant un bien de première nécessité, par la poursuite de l’objectif de garantir aux consommateurs un prix de l’électricité plus stable que les prix de marché. Ce seul objectif suffisant à justifier une entrave à la concurrence au regard du droit de l’Union européenne ». Le Conseil d’État « juge ensuite que cet objectif de stabilité des prix ne pourrait être atteint par une intervention étatique moins contraignante qu’une régulation générale du prix de vente au détail de l’électricité. La forte volatilité qui caractérise le marché de l’électricité est en effet due à des facteurs multiples et difficiles à anticiper, et elle est susceptible de se répercuter à tout moment sur les prix du marché de détail. En outre, les offres à prix fixe sur deux ou trois ans qui sont proposées aux consommateurs sont le plus souvent indexées sur les tarifs réglementés, qui permettent d’offrir une visibilité de long terme. Dans ces conditions, la suppression des tarifs réglementés risquerait d’entraîner une volatilité des prix qui ne pourrait être encadrée de manière appropriée par des mesures temporaires.

Autrement dit, il s‘agit, concernant un bien essentiel non substituable, de protéger les consommateurs contre des offres de margoulins proposant de l’électricité pas chère lorsqu’on en a pas besoin, et des prix qui s’envolent…lorsque vous en avez vraiment besoin.

Merci au Conseil d’Etat qui ne nous avait pas habitué à contrer ainsi  la doxa libérale et européenne.

Les fédérations syndicales de l’énergie, toutes unies, CFE-CGC et même CFDT compris, CGT, FO ont salué cet arrêt et rappelé la nécessité « de tirer les leçons de 20 années d'ouverture des marchés de l'énergie, bien de première nécessité ». Et ils ont appelé à la plus grande vigilance vis-à-vis du paquet énergie propre que la Commission Européenne veut imposer : « Il est nécessaire que le paquet "énergie propre" actuellement en discussion "ne perde pas de vue les questions de service public, de long terme, de sécurité énergétique et d'intérêt général qui sont trop souvent occultées par les logiques de concurrence et de marché ».

Le gros mensonge statistique : prix de l’électricité et coût du nucléaire

Cet arrêt du Conseil d’Etat a rendu fou furieux les idéologues de la libéralisation et ceux qui voudraient bien démanteler les services publics pour leur plus grand intérêt. Et ils se sont lancés dans le gros mensonge, le mensonge statistique.
Ainsi, la plupart des media ont en août fait des gros titres sur « le prix de l’électricité pour les ménages français est plus élevé que dans quinze pays de l'Union Européenne ». Mensonge ! Manipulation !

En fait, ce sont les familles de seize pays de l'UE, et non quinze, payent leur kWh moins chère qu'en France. Il s'agit pour la plupart des pays de l'Est européen additionnés de la Grèce. Les factures d'électricité conviennent à un niveau de vie nettement plus bas que chez nous. Une augmentation du prix du courant, il y a quelques années en Bulgarie a provoqué des émeutes et la chute du gouvernement.
Ces seize pays représentent moins de 140 millions d'habitants sur les 510 millions  de l'UE. Presque les 3/4 des Européens payent donc  leur courant plus cher qu'en France.
En particulier, l'Allemagne est désormais  le pays de l'Union Européenne où le kWh pour les ménages est le plus cher.: 30,48 centimes d'euros  (le double du prix français !!!) suivi par le Danemark (30,10).
 L'Allemagne,  le Danemark et l'Australie du Sud, ont les prix les plus élevés de l'électricité au monde, pour les nations avancées. Les parts des renouvelables intermittents (solaire et éolien) y sont aussi les plus élevées. Comme dit le média financier Forbes « Pourquoi les renouvelables si bon marché donnent-elles de l'électricité si chère? »

Ce qui nous conduit à la deuxième manipulation : l’attaque contre le nucléaire, cœur de la production française et du service public de l’électricité

En 2017, les ménages français  payaient leur kWh de 16 à 17% moins cher que la moyenne européenne. Mais en 2010, ils le payaient 31% moins cher. Que s'est-il passé ? Les taxes ont bondi, surtout du fait des aides aux renouvelables et représentent désormais 35% des factures. L'acheminement (transport et distribution, 30% des factures) a augmenté aussi. Désormais près du tiers  des investissements du transport sont dus, comme le dit excellemment notre Réseau de Transport d'Electricité (RTE) "à l'adaptation à la transition énergétique", bref en grande partie liée aux renouvelables.

Il est exact que la France perd progressivement ses prix attractifs dus au nucléaire. La raison n'est pas une perte de compétitivité de ce dernier, mais les aides aux renouvelables.

Et voilà brillamment démontré comment les media manipulent l’information.

Et cela s’explique très bien ; c’est que, au moins en Europe, même les libéraux les plus fous ne proposent pas de privatiser la production nucléaire, qui devient un vrai caillou dans leurs gros sabots ; d’où cette curieuse alliance des lobby libéraux et des bigots rétrogrades écolo et ces campagnes de presse incessantes.

Merci à Lionel Taccoen et à la Lettre "Géopolitique de l'Electricité" d’où est repris ce décodage indispensable. (sur www.geopolitique-electricite.com)

Résultat de recherche d'images pour "EPR"

dimanche 20 mai 2018

Energies renouvelables : le rapport décoiffant de la Cour des Comptes 2018


Déjà il y a cinq ans, la Cour des comptes  fustigeait le caractère « difficilement atteignable » des objectifs de la France en matière d'implantation d'éoliennes, panneaux solaires et autres dispositifs de production d'énergie verte, ainsi que le « montant très élevé des engagements financiers consentis par l'État ». Cinq ans après, le constat a empiré et ils fustigent une politique qui reste incohérente, inefficace et extrêmement coûteuse et  réclame enfin une stratégie énergétique cohérente.

Energies renouvelables : De l’argent qui a coulé à flot pour un résultat nul

Pour la seule année 2016, la Cour des comptes estime la somme des dépenses publiques consacrée aux énergies renouvelables à 5,3 milliards d'euros. En 2023, si l'effort se poursuit, cette somme pourrait atteindre 7,5 milliards. Cette facture s'explique par un soutien financier massif de l’Etat très mal calibré. Surtout avant 2011, il a mis en place des aides, comme des tarifs garantis de rachat de l'électricité ou des subventions pour des résultats dont le moins qu’on puisse dire est qui ne sont pas à la hauteur, dénonce la Cour des comptes :

l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique.

Plusieurs appels d'offres pour des éoliennes implantées en mer sont remis en cause par le gouvernement actuel, tant les conditions tarifaires étaient avantageuses. L'éolien offshore est l'archétype de ces dysfonctionnements. Aux tarifs accordés en 2012 et 2014, les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!! Alors que les parcs ne verront pas le jour avant 2020 ou 2021, ces tarifs (de 190 euros/MWh en moyenne) apparaissent aujourd'hui exorbitants

Aller, on compare au nucléaire pour s’amuser ? Eh ben, solaire plus éolien, c’est davantage sur cette période que le grand carénage (50 à75 milliards). Mais le nucléaire, lui, produit 80% de l’électricité et, en fait, ne devrait pas diminuer beaucoup (et rester largement au-dessus de 50%)

Et tiens, une autre donnée pour s’amuser : l’équivalent en photovoltaïque de la production d’électricité d’une centrale nucléaire de 1 300 MW nécessiterait une surface au sol de l’ordre de 68 km2 . la superficie de la commune de Nantes !!!!

Une politique incohérente….

L’incohérence, c’est la très démagogique et imbécile décision de descendre à 50% de nucléaire. La Cours des Comptes confrme une évidence : « Ce dernier objectif [la baisse du nucléaire] n'est pas compatible avec la trajectoire d'augmentation des capacités d'énergies renouvelables. » En clair : on n'arrivera pas à réduire si rapidement la part du nucléaire en si peu de temps, parce que les capacités hydrauliques, éoliennes ou solaires ne seront pas suffisantes. D'où la leçon administrée par la Cour des comptes : « Il conviendrait donc de définir une stratégie énergétique cohérente »...En effet !

Bien plus, la diminution du nucléaire serait négative pour les engagements climatiques français. Pour atteindre l’objectif de 50 % de nucléaire d’ici 2025, la France devrait fermer 23 à 27 réacteurs nucléaires et,serait obligée de recourir à des centrales à charbon et à des centrales au gaz pour assurer sa sécurité d’approvisionnement, ce qui conduirait à une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Ce serait une folie pure, économique et écologique, et, souligne la Cour, « les acteurs du monde de l’énergie – même au sein des administrations intéressées – sont nombreux à ne pas avoir cru dans les objectifs et la trajectoire définis par la PPE (Programmation de la Politique Energétique) En effet !

Qui n’a pas permis de faire émerger des champions nationaux

Malgré les milliards déversés, la Cour des Comptes constate que faute d’avoir établi une stratégie claire et des dispositifs de soutien stables et cohérents, le tissu industriel français ait peu profité du développement des Energies Renouvelables et que la France ne soit pas parvenue à se doter de champions européens dans ce secteur. La France ne compte aujourd’hui aucun ensemblier d’éoliennes terrestres et a perdu ses champions sur l’éolien, partis chez Siemens ou chez General Electric ; et pour le solaire, ce sont les Chinois qui grâce à une politique industrielle volontariste et rationnelle et à leurs terres rares ont tout emporté ! Quelques petit innovateurs subsistent :  Compte-R (chaudière biomasse de grande puissance), Poma70 (éoliennes terrestres renforcées ou adaptées aux plafonds aéronautiques bas), DualSun (panneaux solaires hybrides), Photowatt (fabrication intégrée de modules photovoltaïques)…

Autres incohérences : emploi et coûts réels

Emplois : La Cour fustige également le flou considérables des prévisions  ( déjà démenties par le flop  industriel décrit ci-dessus) et même du suivi des emplois créés par les Energies Renouvelables ; l’ADEME estimait le nombre d’emplois directs liés aux marchés des EnR hors biocarburants sur le territoire national en 2016 à 79 000, en hausse de 30 % par rapport à l’année 2006…mais seuls 15 % (12 000) peuvent ainsi être considérés comme des emplois industriels. Face à cela, on ne met jamais en balance le nombre d’emplois industriels bien payés qui seront détruits dans le nucléaire (220 000 emplois directs et indirects)

Coûts : la Cour signale que pour l’instant les coûts d’adaptation du réseau à l’arrivée des énerges renouvelables n’est jamais mentionné, ni pris en compte.  L’Ademe l’estime de 13 à 18 €/MWh pour 30% d’eénergies renouvelable- ce qui double le coût de l’acheminement  et représente de 15 à 20% d’augmentation automatique et inévitable !
De même, les solutions d’autoconsommation ont aujourd’hui une attractivité financière qui repose en partie sur l’absence de paiement du tarif d’utilisation du réseau.

Enfin, il y a tout de même une incohérence fondamentale à vouloir réduire le poids du nucléaire tout en expliquant que c’est une énergie qui, du fait de sa compétitivité, perturbe la concurrence….

Des problèmes différents selon les pays :

La Cour des comptes met en cause également la cohérence des aides de l'Etat, concentrées pour l'essentiel (4,4 milliards d'euros) sur les EnR électriques, alors que 567 millions seulement vont vers les EnR thermiques, qui représentent pourtant 60% de la production nationale… Plus de la moitié de l’énergie consommée en France l’est sous forme de chaleur (50,6 %), devant l’électricité (34,2 %) et les transports (13,2 %). D4autre part La prépondérance de l’énergie de source nucléaire en France conduit en effet à ce que l’électricité française produite soit décarbonée à 98 % et que les émissions de gaz à effet de serre françaises du fait de la production électrtique soient donc limitées comparativement aux autres pays de l’UE.

En France, pour lutter contre la pollution, contre le réchauffement climatique et pour faire des économies, ce n’est pas à la production électrique qu’il faut s’intéresser, mais au thermique et au transport ! En Allemagne et en Angleterre, c’est le contraire !

L’exemple suédois est souvent mis en avant, mais si les Energies Renouvelables ont atteint en Suéde  en 2016 près de 54 % de la consommation énergique finale de la Suède.c(est parce que celle-ci dispose d’une énergie renouvelable pilotable et stockable, c’est l’énergie hydroélectrique qui représente  47 % de l’électricité produite en Suède.  Et  contrairement à beaucoup de pays européens, ce n’est pas grâce à la multiplication de dispositifs de soutien que la Suède est parvenue à développer massivement sa production d’énergies renouvelables mais, dès 1991, via une taxe carbone élevée (120 €/tCO2)

Recommandations de la Cour des Comptes :

Afin d’éclairer les décisions publiques prises à l’avenir, la Cour considère désormais indispensable de calculer et révéler le coût complet du mix énergétique programmé et les soutiens publics induits, et d’asseoir les décisions de programmation énergétique sur ces informations. En effet- et de le comparer au nucléaire !

La Cour formule en outre les recommandations suivantes : accroître les moyens du fonds chaleur pour atteindre les objectifs de développement fixés aux EnR thermiques ; définir une stratégie énergétique cohérente entre les objectifs de production d’énergies renouvelables (EnR) électriques et le nucléaire dans le mix ; - clarifier les objectifs industriels français associés au développement futur des EnR.