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vendredi 8 décembre 2023

Relocaliser en décarbonant grâce à l'énergie nucléaire

 w.fondapol.org/etud/relocaliser-en-decarbonant-grace-a-lenergie-nucleaire/

Remarquable article de Valérie Faudon de la SFEN ( janvier 2021) :

Extraits

Le nucléaire est en France un outil de souveraineté permettant de résister aux chocs énergétiques, un facteur de compétitivité-coût favorisant l’attractivité internationale du pays pour les industriels et un vecteur de compétences, terreau d’une possible réindustrialisation au cœur des territoires. Finalement, la filière nucléaire française est un opérateur clé de la décarbonation en France et présente des atouts certains, non seulement parce que l’empreinte carbone des produits et services est amenée à devenir un nouveau facteur de compétitivité mais aussi parce qu’elle permet à notre pays de se placer dans la course au carburant vert (l’hydrogène) et de se positionner dans les secteurs de demain gros consommateurs d’électricité, tels celui des data centers.

Avec son électricité décarbonée nucléaire et renouvelable, la France dispose d’un avantage compétitif exceptionnel pour produire de l’hydrogène bas carbone moins cher sur son propre sol

Le nucléaire, en tant qu’énergie bas carbone et en tant que troisième secteur industriel français, est source d’avantages comparatifs clés sur lesquels le pays peut s’appuyer dans ses stratégies de relocalisation et de réindustrialisation.

1)Le nucléaire a permis de répondre au premier choc pétrolier


2)La France doit se préparer à de nouveaux chocs énergétiques


3) Le socle nucléaire français doit être sécurisé sur le long terme

Dans les années qui viennent, la sécurité d’approvisionnement française pourra être assurée par la rénovation et la prolongation des réacteurs nucléaires existants pour cinquante ou soixante ans d’exploitation… Au-delà, à l’horizon 2040, la France peut être confrontée à un important « effet-falaise » lié au calendrier historique extrêmement rapide de construction des réacteurs dans les années 1980.

Face aux enjeux et dans le contexte d’incertitude actuel, il est nécessaire d’anticiper le renouvellement du parc nucléaire en préparant la mise en service de nouveaux moyens de production nucléaires dès le début de la décennie 2030. Ne pas prendre la décision de renouveler le parc nucléaire en temps et en heure peut exposer notre pays à des risques très importants. Ainsi, en Belgique, début octobre 2020, le nouveau gouvernement a confirmé, dans un accord de coalition avec le parti écologiste, la fermeture de ses centrales nucléaires pour 2025, alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’électricité du pays. Le gestionnaire du réseau a souligné le risque que le pays ne puisse alors s’approvisionner chez ses voisins, comme la France ou l’Allemagne, qui n’auront pas nécessairement la capacité excédentaire disponible au moment elle en aura besoin. Alors que les seuls moyens de remplacement susceptibles d’être construits rapidement ne pourront être que des centrales à gaz, très émettrices de CO2, on voit que la fermeture du parc nucléaire représenterait une régression à la fois en matière de sécurité d’approvisionnement et en matière climatique.

4)Un facteur de compétitivité

La production et la distribution d’électricité sont, d’une manière générale, l’une des infrastructures clés d’une économie. C’est un facteur différenciant pour attirer les investisseurs étrangers : une étude de 2017, réalisée dans 81 pays, a ainsi montré que la disponibilité de l’électricité était le premier facteur en termes d’impact pour attirer les investisseurs, devant la liberté économique.

Les principaux clients : il s’agit des plus gros sites industriels français regroupant la quasi- totalité des électro-intensifs des secteurs historiques (sidérurgie, métaux non ferreux, chimie lourde, papier, automobile ou encore transport ferroviaire)

5)La France est internationalement reconnue pour la qualité de son électricité

Aujourd’hui, grâce à son parc nucléaire, son parc hydroélectrique et son réseau de transport d’électricité, la France bénéficie d’une excellente réputation internationale. Selon le Choiseul Energy Index : « En termes de qualité, de disponibilité et d’accès à l’électricité, la France arrive en tête du classement, ex æquo avec la Corée du Sud. Cela s’explique notamment en raison d’un parc nucléaire important. » Par qualité de la fourniture d’électricité, on entend en général deux facteurs : la continuité de l’alimentation électrique et la qualité de l’onde de tension (absence de perturbations sur la tension et la fréquence)

6) Les prix de l’électricité industrielle en France sont parmi les plus bas

Malgré des progrès très importants en termes d’efficacité énergétique, les industriels restent de grands consommateurs d’électricité. Pour certains, la question du prix de l’électricité comme facteur de production est même un point clé de leur compétitivité, donc de leur décision d’investir, ou de rester en France. Aujourd’hui, la France fait partie des pays d’Europe où le prix de l’électricité industrielle est le plus bas, avec les pays scandinaves, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Slovénie.

Ces industries se sont développées en s’appuyant sur le parc hydroélectrique et nucléaire, qui garantissait une électricité avec des prix à la fois prédictibles et bon marché…Ainsi, le site Aluminium Dunkerque, implanté historiquement par le groupe Pechiney dans les Hauts-de-France, sur le site même de la centrale nucléaire de Gravelines, n’a jamais fait l’objet d’une délocalisation, et il est aujourd’hui le plus grand producteur européen d’aluminium primaire

7) Un vecteur de compétences : Avec le nucléaire, la France dispose d’une filière de haute technologie encore complète

La filière nucléaire est la troisième filière industrielle française, derrière l’aéronautique et l’automobile, avec plus de 3.000 entreprises, dont 63,8% de PME et 12,5% d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) ; elle représente 6,7% de l’emploi industriel en France avec plus de 220.000 emplois (directs et indirects) : Les activités du secteur nucléaire ont un effet d’entraînement important sur le reste de l’économie : une étude récente estime que, d’ici à 2050, en Europe, chaque euro issu des taxes payées par l’industrie nucléaire générera 2,50 euros de recettes publiques




8) Un opérateur clé de la décarbonation

Grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, la France dispose d’un mix décarboné à plus de 90%, soit une des électricités les moins carbonées du monde. Les émissions moyennes de CO2 en France sont inférieures à 50 g/kWh, bien en dessous de celles des pays voisins (environ 400 g/kWh pour l’Allemagne et 260 g/kWh pour l’Italie, par exemple) 54. Alors que la neutralité carbone devient un impératif pour les entreprises, la France dispose, avec son électricité décarbonée, d’un nouveau facteur d’attractivité essentiel.



Une étude de Deloitte pour l’Uniden  sur plusieurs secteurs (acier, aluminium, ciment, papier, PVC, sucre et verre plat) montre que le décrochage français de 1995 à 2015 dans ces industries s’est traduit non seulement par une perte de 13.000 emplois, mais aussi par une augmentation de 50% de l’empreinte carbone associées à ces productions substituées. L’Uniden parle d’un effet « double peine » et met en valeur que la localisation industrielle est à la fois une donnée économique et environnementale : ces deux dimensions ne sont plus autonomes. La même étude présente un scénario de reconquête industrielle dans ces secteurs, avec la création de 9.600 emplois et une baisse des émissions de 5 millions de tonnes de CO2 équivalent, avec une contribution positive de toutes les filières.

 9)Un atout pour le développement de l’industrie 4.0

La transformation numérique de l’industrie est reconnue comme l’un des leviers pour changer le modèle industriel et économique de nombreux secteurs. Dans l’industrie 4.0, les nouvelles technologies de l’information (robotique, impression 3D, big data…) permettront, selon Olivier Scalabre, directeur associé au bureau de Paris du Boston Consulting Group, le développement de « petites usines dites intelligentes, automatisées, capables d’une grande flexibilité dans la production et situées au plus près des clients ou consommateurs

10) Un avantage dans la course au nouveau carburant vert : l’hydrogène bas carbone

Aujourd’hui, de nombreuses institutions estiment que l’hydrogène bas carbone pourrait jouer un rôle important pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. À court terme, il s’agira de décarboner l’hydrogène utilisé actuellement dans l’industrie, produit à base d’énergies fossiles très émettrices de CO2.

Surtout, il pourra être un vecteur de décarbonation pour d’autres usages existants, difficiles à décarboner par l’électricité, comme le transport lourd (de manière très complémentaire aux solutions électriques). À terme, certains voient le vecteur hydrogène contribuer à des solutions de stockage intersaisonnier dans des mix électriques comportant une part importante d’énergies renouvelables variable

Le fonctionnement en période d’excédent (prix bas de l’électricité) conduit à des facteurs de charge faibles pour les électrolyseurs et nécessite de déployer rapidement une très grande capacité d’électrolyseurs, au point de poser une question de faisabilité. Ce fonctionnement constitue donc un enjeu important pour l’aval de la chaîne qui doit trouver les solutions afin d’assurer la continuité de son approvisionnement en dehors des périodes de production (le stockage, par exemple).

La solution avec électricité en base permet d’atteindre des facteurs de charge significatifs pour les électrolyseurs (entre 3.000 et 6.000 heures/an). Elle permet ainsi de répartir les électrolyseurs près des lieux de consommation industrielle, Du fait de la disponibilité de l’électricité sur tout le territoire. Il est de cette façon possible d’économiser sur la chaîne logistique associée à l’hydrogène vaporeformé. Enfin, elle offre des possibilités de services systèmes (effacement) lors des périodes de tension.

vendredi 20 décembre 2019

Même avec Tchernobyl, le nucléaire est la plus sûre des énergies (1)


Le nucléaire est la plus sûre des énergies
 Oui , et pour commencer direct, ceci :



L'expérience acquise depuis plus d'un demi-siècle permet d'évaluer la probabilité d'accident mortel par kWh et de la comparer à celles des autres énergies : même en prenant en compte les évaluations les plus pessimistes sur les morts liées à Tchernobyl et Fukushima ainsi qu'aux mines d'uranium :

La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh
100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.),
36 000 pour le pétrole,
4.000 pour le gaz naturel,
1 400 pour l'hydroélectricité,
440 décès pour le solaire photovoltaïque
150 décès pour l'éolien

Commentaire : Eh oui, si les déchets nucléaires, on peut les stocker dans des piscines en attendant le recyclage dans Astrid et l’enfouissement géologique profond avec Cigeo, les déchets du charbon, du gaz et du pétrole, ils finissent dans vos poumons…où ils ne font pas de bien, mais alors pas du tout. Quant à l’hydraulique, il a été marqué par des catastrophes majeures ( Morvi ; 15.000 morts ; Banquiao : 170.000 morts ; en France, Malpasset, 423 morts)

Ce chiffrage a fait l’objet d’une discussion et d’une confirmation poussées dans un thread de Kopecz https://twitter.com/Kopecz93/status/1168100595607199744?s=19 .

Les chiffres du charbon, du pétrole, du gaz naturel ne souffrent pas de contestations. Pour l’hydraulique, on pourrait choisir ppourquoi pas d’enlever les évènements extrêmes de Banqiao. (Chine 1975...) mais situé autour de 170000. Si on s'intéresse à une gestion plus... sérieuse de l'hydroélectricité, on obtient tout de suite beaucoup moins: 5 morts pour 1000 TWh produits (soit environ 2 ans de consommation électrique française) en ce qui concerne l'hydroélectricité US. Mais, à ce moment là, on pourrait aussi enlever Tchernobyl du nucléaire, et ne s’intéresser qu’ à une gestion…plus sérieuse du nucléaire ; ainsi, pour les USA seuls, donc sans Tchernobyl: 0.1 morts pour 1000 TWh.

On reste largement en dessous de toutes les autres énergies, et cela s‘explique par le dénominateur, la quantité énorme d’énergie générée par le nucléaire. Ainsi, comment le solaire et l'éolien peuvent atteindre plusieurs centaines de morts pour 1000 TWh, soit 2 à 4 fois plus que le nucléaire ( et  plusieurs milliers de fois plus que le nucléaire sans Tchernobyl !) ?

Hé bien c'est très simple: le solaire et éolien tuent très peu aussi... Mais produisent aussi beaucoup, beaucoup moins que le nucléaire ! Prenons le solaire par exemple: 440 morts pour 1000 TWh. On arrive donne donc à 440*0.1 = 44 morts minimum. La production solaire est tellement faible que même 1 seul mort aurait conduit à 10 morts pour 1000 TWh,
Bien entendu on peut faire pareil avec l'éolien. On est autour de 425 TWh au 1er janvier 2012. Soit, à raison de 150 morts/1000TWh, 64 victimes. Un montant qui s'atteint rapidement. Ah oui, car les margoulins de l’éolien maltraitent autant leurs employés qu’’ils mentent sur leurs activités. Un exemple ecossais, où l’on voit que les immigrés du sud de l’Europe, mal formés à ce métier et exercent des tâches hors de leurs qualification paient un lourd tribut.

Windfarm worker plunges to his death from turbine near Glasgow just weeks after tragedy at Ayrshire facility. The Spaniard's death at the windfarm in East Renfrewshire comes just two weeks after a Portuguese man was killed at a turbine in Ayrshire.

Et on va essayer d’un peu expliquer … encore une fois….Tellement de gens qui ne veulent pas comprendre, que ça dérange dans leurs opinions et leur fake science, tellement de mensonges, par intérêt ( gaziers, pétroliers) ou par idéologie (écolos bigots). En se focalisant sur Tchernobyl.


J’ai déjà abordé ce problèmes sur mon blog, cf. par exemple :

On pourra aussi utilement se reporte aux très remarquables videos du Réveilleur :
Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima... Les morts du nucléaire - Énergie#9, https://www.youtube.com/watch?v=utyT8Z4qEaA
[Résumé] Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima... Les morts du nucléaire - Énergie#9

Et aux rapports des agences spécialisées des Nations Unies (UNSCEAR, OMS), notamment :
Rapport de synthèse du Forum de Tchernobyl.

Ainsi qu’à ce thread twitter de Kopecz : https://twitter.com/Kopecz93/status/1168100595607199744?s=19

La radiotoxicité est un phénomène très bien connu !

L'unité utilisée pour mesurer l'activité d'une source radioactive est le Becquerel, qui mesure le nombre de désintégrations radioactives par seconde. Pour donner un exemple : le corps humain a une activité d’environ 8000 Bq. L’eau tritiée dénoncée par les écolos bigots idiots de l’Acro cet été 2019 était à 10 Bq/L…Une banane, chère à tous ceux qui l’utilise comme unité de rayonnement pour fixer les idées, c’est bananes atteint 130 becquerels par kg

Le Gray est l’unité de la dose de rayonnement absorbé par unité de masse : il représente l’énergie transmisse à un bloc de matière par une source de rayonnements ionisants (1 joule d’énergie absorbée par 1 kilogramme de matière)

Et pour en arriver à la toxicité, il faut encore une conversion en facteur de dose pour en arriver au Sievert. C’est l’unité qui permet d’évaluer l’impact du rayonnement sur la matière vivante. Ainsi peut-on comparer l’effet d’une même dose délivrée par des rayonnements de nature différente à l'organisme entier, des organes ou des tissus qui n’ont pas la même sensibilité aux rayonnements.
De 0 à 100 mSv, aucun effet sur la santé n’est observable. De 100 à 800 mSV on observe des effets dit stochastiques (augmentation de la probabilité d’occurrence d’un cancer qui croit de manière proportionnelle à la dose) ;
De 800 à 8000 mSv on observe des effets déterministes (c'est-à-dire,certains) commençant par des nausées et étant mortel à 8000 mSV (la DL50, dose à laquelle 50% de la population exposée meurt est de 4500 mSv). Les effets des irradiations aigues sont bien connus : Les tissus les plus radiosensibles sont les cellules de l’appareil digestif, des organes reproducteurs, de la moelle osseuse (formation des cellules sanguines ), le cristallin, la peau. Une irradiation cutanée localisée peut entraîner par exemple, selon les doses, un érythème, une ulcération ou une nécrose.
En cas d’irradiation globale du corps humain, le pronostic vital est lié à l’importance de l’atteinte des tissus (moelle osseuse, tube digestif, système nerveux central).

Quelques ordres de grandeur annuelles pour fixer les idées  :

Dose reçue en dormant à côté d’un être humain pendant 8 heures chaque nuit : 0.20 mSv
Dose reçue des rayonnements cosmiques au niveau de la mer: 0.24 mSv
Dose moyenne en France d’exposition naturelle au radon : 1.4 mSv
Exposition médicale moyenne en France : 1.6 mSv
Radioactivité des zones granitiques de Bretagne : 5 mSv
Personnel des vols New York-Tokyo: 9 mSv
Dose limite d’exposition pour les travailleurs du nucléaire : 20 mSv
Radioactivité naturelle au Kerala en Inde : 70 mSv
Dose en fumant 20 cigarettes par jour: 50 mSv

Au fait, ça va sans dire, mais encore mieux en le disant : radioactivité naturelle ou radioactivité artificielle, kif,kif : c’est seulement la dose qui fait le poison

Irradiation et cancers :

Une irradiation de 200 mSv entraine un risque supplémentaire de 1% de mortalité par cancer.
Egalement pour fixer les idées, parmi les 86 500 survivants de Hiroshima et Nagasaki, médicalement suivi depuis 40 ans, 7827 sont morts de cancer. Pour une population témoin de 86 500 japonais non soumise à radiation on attend statistiquement environ 7400 morts par cancer. L’excès est ici significatif mais ne représente que 421 cas supplémentaires sur 40 ans sur 86.000. Ce donc n’est pas l’hécatombe que la plupart imagine….

Aucun effet héréditaire radio-induit n’est observé parmi les descendant des populations survivantes d’ Hiroshima et Nagasaki, ni sur les liquidateursde Tchernobyl.

Pour terminer sur ces données fondamentales, cette remarque de l’Unscear : Après 100 ans d’études, les scientifiques en savent plus sur les effets sanitaires de la radioactivité que de la plupart des agents physiques et chimiques utilisés dans l’industrie ou l’agriculture !

Tchernobyl hors Tchernobyl : France et Finlande

Commençons par le plus facile : non le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté à la frontière, ainsi que ne l’a jamais dit le Pr Pellerin, mais ce qu’il a dit exactement était et reste vrai : « l’augmentation de radioactivité est enregistrée sur l’ensemble du territoire sans aucun danger pour la santé. »
De fait, il y a eu des retombées parfaitement mesurables compte tenue de la sensibilité des moyens de détection ;  es activités surfaciques de quelques 100 à 10 000 Becquerels par m2 conduisent à des irradiation négligeables pour la population française ; les concentrations de 137Cs dans l'air ont atteint environ 1 Bq/m3 dans l'Est de la France ; L'enfant le plus exposé à l'Iode 131 aurait reçu une dose à lathyroïde inferieure à 16 mSv (<< 100 mSv)

En conséquence, huit pays européens , dont la France, la ont avancé recommandation explicite de ne prendre aucune mesure. En particulier, aucune étude, aucune enquête épidémiologique n’a mis en évidence, en France, des cancers de la thyroïde ou autres pathologies thyroïdiennes qui pourraient être attribués au nuage de Tchernobyl. Que ce soir sur le territoire métropolitain ou en Corse !

Ces estimations sont corroborées par l’étude finlandaise de A. Kurittio et al. (2006) portant sur 1 300 000 jeunes Finlandais âgés de 0 à 20 ans au moment de l’accident. Cette enquête, très approfondie, ne montre aucune augmentation des cancers de la thyroïde chez les individus les plus exposés au nuage par rapport aux individus les moins exposés. La conclusion, évidente, est que la contamination due à l’accident de Tchernobyl n’a pas eu de conséquence sur la santé de la population finlandaise. Ce constat est particulièrement significatif lorsqu’on sait que la Finlande a eu son territoire nettement plus atteint que la France par les retombées de l’accident.


Augmentation des cancers de la thyroïde une réalité…autre. Pour être complet, il est bien constaté une augmentation des cancers thyroïdiens depuis le début des années 1970, soit plus de 10 ans avant Tchernobyl, et sans accélération depuis. Cette augmentation est à l’œuvre partout dans le monde, dans les pays industrialisés, y compris ceux qui n’ont pas été touchés par le nuage de Tchernobyl, comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie. Elle affecte les adultes et non pas les enfants (ceux qui avaient entre 0 et 15 ans au moment de l’accident). C’est exactement le contraire que l’on constaterait si Tchernobyl était en cause, car la thyroïde des enfants est beaucoup plus sensible à la radioactivité que celle des adultes. Elle n’est pas plus marquée dans l’est de la France, région la plus touchée par les retombées de Tchernobyl que dans le reste du pays.  En fait l’augmentation statistique des cancers de la thyroïde constatée en France participe d’un phénomène mondial qui tient de toute évidence aux progrès du dépistage et notamment à l’essor de l’échographie Doppler. D’une manière plus générale, les spécialistes estiment que l’évolution des pratiques de diagnostic et de traitement des maladies de la thyroïde conduisent à mettre à jour des cancers que l’on ne décelait pas auparavant, d’où une assez spectaculaire augmentation statistique.
De tous les pays d’Europe occidentale, il n’y a qu’en France que se rencontre cette tendance quasi obsessionnelle d’attribuer à Tchernobyl tout cancer de la thyroïde apparu après le 30 avril 1986 !



Tchernobyl autour de Tchernobyl

L’accident qui s'est produit le 26 avril 1986 à la centrale nucléaire de Tchernobyl est l'accident le plus grave que l'industrie nucléaire ait jamais connu ( cf  Three Miles Island (1979) : 0 victimes, Fukushima (2011) : 1 mort d’épuisement). Il est le seul qui, face à une suite d’erreurs opératoires et surtout avec un design vraiment peu satisfaisant de la centrale ait conduit à une explosion avec forte émission de matières radioactives.
L'accident de Tchernobyl a causé presque instantanément de graves irradiations. Sur les 600 travailleurs présents sur le site le matin du 26 avril 1986, 134 ont reçu de fortes doses (de 0,8 à 16 Gy) et été atteints du syndrome d'irradiation aiguë. Parmi eux, 28 sont décédés les trois premiers mois, et 19 autres sont décédés entre 1987 et 2004 de causes multiples qui n'étaient pas nécessairement liées à la radioexposition. En outre, selon le rapport de l'UNSCEAR pour 2008, la majorité des 530 000 personnes enregistrées qui ont participé aux opérations d'assainissement ont reçu des doses comprises entre 0,02 Gy et 0,5 Gy entre 1986 et 1990.
Les 87  patients qui ont survécu au syndrome d'irradiation aiguë ont mis des années pour se rétablir complètement. Nombre d'entre eux ont développé des cataractes radio-induites au cours des premières années suivant l'accident.
Les doses efficaces moyennes reçues par les personnes les plus exposées ont été évaluées à environ 120 mSv pour les 530 000 liquidateurs, 30 mSv pour les 115 000 personnes évacuées et 9 mSv pour les résidents des zones contaminées pendant les 20 premières années suivant l'accident. (À titre de comparaison, la dose reçue lors d'un examen tomodensitométrique est en moyenne de 9 mSv et la dose annuelle de rayonnement naturel est de 2,4 mSv).

Une étude menée sur les liquidateurs de Thernobyl (10.000 Baltes, 40.000 Belarus, 51.000 Russes) n’a mise en évidence que 115 cas de cancers de la thyroide. En ce qui concerne les personnes les plus exposées (>150mgy), le groupe d’experts mentionne un doublement de leucémies ; pour le liquidateur russes suivis, cela représente 35 cas)

Contaminations environnementales : Pendant les vingt ans qui ont suivi Tchernobyl, l’accent a été mis sur la recherche de liens entre l'exposition aux radionucléides libérés par l'accident et d'éventuels effets différés, en particulier les cancers de la thyroïde chez les enfants. Les doses reçues les premiers mois qui ont suivi l'accident ont été élevées chez les enfants et les adolescents qui vivaient au Bélarus, en Ukraine et dans les régions de Russie les plus affectées, et ont bu du lait présentant de fortes concentrations d'iode radioactif. Jusqu'en 2005, on a recensé plus de 6 000 cas de cancer de la thyroïde dans ce groupe. Comme maintenant bien établi par de multiples exemples en tous pays,  les campagnes de détection des cancers de la thyroïde multiplient environ par 3 son incidence ; concernant néanmoins des cancers chez des enfants jeunes, le taux basal est est très faible. Le nombre de cas de cancers de la thyroïde dus à Tcahrnobyl se situe donc entre 2000 et 6000. Ces cancers se soignent heureusement bien et la mortalité n’est que de 1%, donc entre 20 et 60 morts. Par ailleurs, les études menées ont mis en évidence l’effet bénéfique dans ce cas de la prise d’iode (antistrumine en Russie, médicament développé pour lutter contre le goître), qui diminue de 70% le risque de cancer.

Mis à part cette augmentation, il n'existait, 20 ans après l'accident, aucune preuve d'un impact majeur d'une exposition aux rayonnements sur la santé publique. Il n'existe aucune preuve scientifique d'une augmentation de l'incidence globale des cancers ou des taux de mortalité, ni des troubles bénins associés à une radioexposition. L'incidence des leucémies dans la population, l'une des principales sources de préoccupation en raison du temps de latence plus court que pour les cancers solides, ne semble pas avoir augmenté. Il n'existe pas non plus de preuve d'autres troubles bénins associés à une radioexposition Si les personnes les plus exposées ont aussi un risque plus élevé de souffrir des effets induits par l'irradiation, la grande majorité de la population ne devrait pas craindre de conséquences graves pour sa santé. Ceci est cohérent avec le niveau des irradiations relevées ; selon le groupe d’experts, dans les populations les plus exposées (hors liquidateurs), le maximum d’effets attendus sur la morbidité serait une augmentation de 1 à 1.5 % indétectable sur le bruit de fonds.

Le bilan constaté de Tchernobyl se monte donc à moins de  150 morts. Les prévisions finales de l’OMS sont de 4.000 à 5.000 morts en 2050. Les tendances actuellement constatées sont bien en-dessous. Cela s’explique par le choix par l’OMS d’un modèle surestimant largement les probabilités, dit linéaire sans seuil alors que, en particulier pour les faibles doses, il n’est pas du tout adapté t l’on sait maintenant que des modèles avec seuil, ou quadratiques sont mieux adaptés. A faible irradiation, il existe même un effet bénéfique prouvé (homéosis)

(N.B.Appliquer la Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) en dessous de 100 mSv, c'est un peu comme affirmer que si un individu boit 10 litres de vin et meurt, alors si 100 individus boivent 10 cl, l'un d'entre eux va mourir.)



Contrairement à ce que l’on croit généralement, le bilan de Tchernobyl a fait l’objet d’études nationales et internationales nombreuses et précises et des cohortes impressionnantes de personnes concernées ont été suivies. Les estimations finales sont cohérentes avec les irradiations subies et la très bonne connaissance de la radio toxicité. Les estimations supérieures ne s’appuient sur aucune donnée validée, sur aucune connaissance scientifique sérieuse, sur aucun précédent, en particulier celui beaucoup plus violent, d’Hiroshima.

Dernier point : lorsqu’on parle de radiotoxicité et de Tchernobyl, Fukushima ou autres, il serait bon  dans les media, il serait bon d’inviter des médecins spécialistes ( il n’en manque pas) plutôt que des militants anti nucléaires

jeudi 3 octobre 2019

Politique énergétique : nucléaire ou effondrement ?


L’EIA américaine (Energy Information Administration) a publié le 24 septembre son International Energy Outlook(1) dans lequel elle présente ses prévisions énergétiques mondiales d’ici à 2050.

Une hausse de 70% de la demande dans les pays en voie de développement

Selon le scénario de référence de l’EIA, la consommation mondiale d’énergie primaire pourrait augmenter de 46,9% entre 2018 et 2050. Plus de la moitié de cette demande supplémentaire pourrait provenir des pays asiatiques en voie de développement (hors OCDE(2)) : la consommation énergétique de ce « groupe incluant la Chine et l’Inde » pourrait doubler d’ici le milieu du XXIe siècle selon l’EIA.

La hausse très forte de la demande envisagée dans l'ensemble des pays « hors OCDE » (+ 70% entre 2018 et 2050) s'explique par « une forte croissance économique, un accès accru à l’énergie et une croissance démographique rapide ». Dans les pays de l’OCDE, la consommation d’énergie pourrait toutefois également croître d’ici le milieu du siècle (+ 15%), cette hausse étant bien plus modérée que dans les pays en voie de développement en raison de « la plus faible croissance économique et démographique et des progrès en matière d’efficacité énergétique ».

Le vecteur électrique occupera une place importante dans la hausse de la consommation mondiale d'énergie, notamment dans le secteur résidentiel des pays en voie de développement (avec la hausse de la population et l’amélioration des conditions de vie). La production d'électricité - injectée sur les réseaux - pourrait ainsi croître au niveau mondial de 79% entre 2018 et 2050 (+ 2,3% par an en moyenne dans les pays hors OCDE, + 1% par an dans les pays de l’OCDE) selon le scénario de référence de l'EIA.

Toutes les sources d’énergie davantage consommées en 2050

Selon le scénario de référence de l’EIA, la demande mondiale va augmenter pour toutes les sources d’énergie, y compris fossiles (même si les énergies renouvelables devraient connaître la plus forte croissance sur la période). En 2050, les énergies fossiles pourraient encore compter pour 69% de la consommation mondiale d'énergie primaire, contre 80% en 2018 d'après les estimations de l'EIA.

Le charbon, fréquemment montré du doigt pour les fortes émissions de CO2 associées à sa combustion, pourrait voir sa consommation mondiale « décliner jusqu’à la décennie 2030 » (avec une transition vers le gaz et les énergies renouvelables dans le secteur électrique) mais à nouveau augmenter dans les années 2040 pour satisfaire des besoins industriels mais aussi de production d'électricité dans les pays asiatiques hors Chine.
Selon l’EIA, les émissions mondiales de CO2 relatives à l’énergie pourraient ainsi augmenter de 0,6% par an en moyenne entre 2018 et 2050 (contre + 1,8% en moyenne entre 1990 et 2018), bien loin des ambitions affichées pour lutter contre le réchauffement climatique. Si les progrès d’efficacité énergétique et le remplacement partiel du charbon par des filières moins carbonées dans le secteur électrique pourrait avoir un effet positif à court terme, l’EIA souligne le fort impact sur ces émissions de la croissance démographique et économique à plus long terme.

La part du pétrole et des autres hydrocarbures liquides pourrait encore compter pour 27% de la consommation mondiale d’énergie primaire en 2050, contre 32% en 2018 selon le scénario de référence de l'EIA. (cf. ©Connaissance des Énergies, d'après EIA)

Commentaire : Le scénario de l’EIA a le mérite de relativiser ce qui se passe dans nos pays, et il montre la nécessité d’une action au niveau mondial. L’augmentation démographique et la volonté de développement économique et social des pays hors OCDE va continuer à augmenter la demandé d’énergie de 47% jusqu’en 2050, et cela va concerner toutes les sources d’énergie. Non seulement la consommation de charbon ne vas pas diminuer, mais elle va augmente ! essentiellement à cause des pays asiatiques hors Chine. Non seulement les émissions de CO2 ne vont pas diminuer, mais elles vont continuer à augmenter ( pas bon pour le climat !).

C’est donc la catastrophe climatique, écologique, économique et sociale qui s’annonce, illustrée par les courbes diaboliques ci-joint. Avec tout de même un espoir, un seul espoir. Une montée en puissance  immédiate et important de la seule énergie décarbonée, abondante et économique, le nucléaire !





Et ce n’est pas tout ! Un danger d’effondrement ?

L'OCDE estime les impacts annuels du réchauffement climatique sur le PIB mondial entre 1 et 3,3 % en 2060 en l'absence d'actions supplémentaires sur la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre[1]- et, parmi les prévisions des économistes, c’est l’une des plus modérées. Qu’on n’imagine pas qu’un tel prélèvement conduira à une décroissance harmonieuse et joyeuse. Par exemple, la réforme des régimes de retraite en France constitue un point chaud social- or les scénarios élaborés par le COR (Conseil d'orientation des retraites) parient sur une croissance annuelle du PIB comprise entre 1,1 et 1,9 % d'ici à 2070.  Ca fait une sacrée différence !

Et il y a encore plus à craindre ! Des spécialistes de la transition énergétique comme MM. Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean (Fondation Hulot, Carbone 4, Shift Project) font valoir  que le PIB ignore tout simplement les consommations de stocks naturels, que nous avons déjà passé le pic de production de pétrole et probablement celui du gaz, et que les pétrolez et gaz non conventionnels s’épuisent à une vitesse inattendue, elle aussi non conventionnelle.

En fait, le réchauffement climatique risque bien de n’être que l’un, et pas le plus important, des graves problèmes auxquels nous aurons à faire face et il se combinera avec la problématique mise il y a déjà longtemps en avant par le club de Rome, celle des limites de la croissance. La moyenne mondiale annuelle de la consommation d’énergie primaire[ était en 2014 de 22 000 kWh soit 1,89 Tep par personne, ce que M. Jancovici traduit souvent en disant que nous disposons chacun de l’équivalent de 200 esclaves énergétiques. Toutes nos civilisations sont basées sur notre pouvoir de transformation du monde qu’est l’énergie.
Nous n’avons d’autre choix que de réussir la transition énergétique, et celle-ci doit permettre d‘obtenir une énergie abondante et décarbonée dans des conditions économiquement et socialement justes.

Sans le nucléaire, nous n’y arriveront pas …Et ce serait un effondrement sans précédent. En gros, ou nous vivrons avec un développement exponentiel et international du nucléaire civil (et la France, avec la Chine, la Russie les USA), personne n’est de trop, peut y jouer un rôle important et bénéfique, ou nous mourrons dans les convulsions et peut-être avec le nucléaire militaire. Au choix.



[1] OCDE, les conséquences économiques du changement climatique, editions OCDE, 2016

vendredi 8 février 2019

L’Europe de l’énergie… encore un échec !


Transition énergétique et charbon : l’Allemagne nous enfume !

Ah oui, et au sens figuré et, au sens propre.

Résumé des faits : La commission allemande sur la sortie du charbon a proposé un plan censé permettre à l’Allemagne de se débarrasser de cette source d’énergie, la pire pour le climat et la pollution….  en 2038 !!!

En 2018, le charbon (lignite- le pire du pire en matière de pollution- et houille réunis) a compté pour près de 38% de la production allemande d’électricité. L’Allemagne est le pays de l’Unuion Européenne qui consomme le plus de charbon (71 mtep par an) – contre 48.7 pour la Pologne …et 9.1 pour la France. L’Allemagne s’est même permis ces dernières années d’ouvrir de nouvelles mines  (cf ll)a mine géante de charbon de Garzweiler, voir mon blog du 14 juillet 2018 Raisons de détester l’Eurokom 8 : A la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne). Malin, comme ça les Allemands pourront afficher une baisse plus rapide leur charbon….

En fait, les Allemands, en matière de transition énergétique, ont remplacé le nucléaire…par du gaz et du charbon. ( ben oui, on a beau mettre du solaire et de l’éoline, de toute façon, il faut les compléter par des énergies pilotables.  Et ça se voit : France : 5.80 tonnes CO2 par habitant, Allemagne : 8.8 tonnes CO2 par habitant. Ça se voit et ça se respire aussi, lors des épisodes de pollution à répétition….Et merde pour la pollution et merde pour le climat

Voyons le plan allemand : L’Allemagne prévoit donc d’abandonner le nucléaire d’ici 2022 et, peut-être, le charbon en 2038. Cela suppose qu’en l’absence de vent et de soleil, l’approvisionnement électrique sera assuré par du gaz naturel et du stockage d’électricité.

L’Allemagne pourra-t-elle accroître ses importations de gaz, alors qu’en Europe les réserves de cette ressource fossile s’épuisent et que la production décline?  En tout état de cause, cela suppose une dépendance de plus en plus étrite vis-à-vis de la Russie.  Concernant le stockage d’électricité, aucune technologie n’est actuellement mature à grande échelle et cela implique d’importantes pertes énergétiques, à compenser par une surproduction conséquente.

Sachant que le climat est en jeu (donc l’avenir de la planète et, incidemment, le nôtre), le pari allemand est plus que risqué. S’il fonctionne, l’Allemagne aura mis très longtemps à sortir du charbon, émis beaucoup de gaz à effet de serre, et restera dépendante du gaz naturel (ressource fossile et russe). S’il échoue, ce qui semble probable, tant ce plan fait peu de cas de la physique la plus élémentaire,  l’Allemagne continuera à brûler du charbon et nous en paierons tous l’addition.

Il est vrai que compte-tenu de sa durée, ses auteurs ne seront plus en poste au moment d’en dresser le bilan… dans 19 ans. Bravo pour l’irresponsabilité !


Allemagne 19 ans, Royaume-Uni 4 ans !

Et là où l’Allemagne nous enfume encore en plus, pour ne pas dire se fiche de nous, c’est sur la durée de sa sortie du charbon 19 ans !!!  Prenins l’exemple du Royaume-Uni : en résumé, alors que l’Allemagne prévoit de sortir de ses 38% de charbon en 19 ans, le Royaume-Uni a presque fini de le faire en 4 ans…

Comment ont-ils fait ? Au Royaume-Uni, l’électricité provenait, en 2013, à 37% du charbon. Quatre ans plus tard, en 2017, cette part était tombée à 6,7 %. Ce repli impressionnant s’explique par l’instauration en 2013 d’un prix plancher de 18£ par tonne de carbone émise. Cela signifie qu’indépendamment des fluctuations du marché européen des quotas d’émission de CO2, les énergéticiens britanniques savaient qu’ils paieraient au minimum 18£/tonne de CO2, et que ce prix minimal augmenterait avec le temps. Cette mesure a ôté au charbon sa compétitivité économique. Il a ainsi été remplacé par du gaz naturel, également une source d’énergie fossile, mais qui émet deux fois moins de CO2 par unité d’énergie produite, une diminution de la consommation électrique et des énergies renouvelables (éoliennes principalement).

L’extraction de gaz au Royaume-Uni s’effondrant depuis le passage de leur pic de production en 2000, le recours à cette source d’énergie pour remplacer rapidement le charbon est transitoire. À plus long terme, le gaz devrait être remplacé par de l’énergie nucléaire (bas carbone), renouvelable (éolienne) et des importations d’électricité depuis le continent. De fait, l’Angleterre a un ambitieux programme de construction de nouveaux nucléaire, comportant au moins deux EPR.

Donc la recette : la volonté de sortir du charbon rapidement par la fixation d’un prix véritablement incitatif du CO2, du gaz, du nucléaire, et, à plus long terme, du nouveau nucléaire.

L’Allemagne fait exactement le contraire : sortie en priorité du charbon, puis du nucléaire. Petit calcul :  combien l’Allemagne aurait pu éviter d’émissions de CO2 en décidant de sortir en priorité du charbon plutôt que du nucléaire.

En 2010, avant le début des fermetures de réacteurs, l’Allemagne a produit 133 TWh d’électricité d’origine nucléaire sur l’année. En 2018, après avoir fermé plus de la moitié de ses capacités, elle en a produit 72,1 TWh. Sur son cycle de vie (exploitation, infrastructures, chaîne d’approvisionnement…) le nucléaire émet 12 gCO2éq/kWh et le charbon environ 1000 gCO2éq/kWh.

Ainsi eut-elle fait le choix de sortir du charbon plutôt que du nucléaire, l’Allemagne aurait pu aujourd’hui éviter chaque année l’émission de 60,2 millions de tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre. Lorsqu’elle sera complètement sortie du nucléaire en 2022, cette valeur s’élèvera à 131 MtCO2éq/an (soit environ 14% de la totalité des émissions domestiques allemandes, tous secteurs confondus: électricité, transports, chauffage, industrie, agriculture…).
Une proposition plus sage aurait donc été de geler la sortie du nucléaire (voire de décider la construction de nouvelles centrales) et de sortir le plus vite possible du charbon puis du gaz.

Mais l’Allemagne se fiche de tout, du climat, de la pollution de l’Europe, du monde, sauf des intérêts électoraux des politiciens allemands

Pour plus de précision, cvf. (Maxence Cordiez, https://twitter.com/maxcordiez?lang=frLe plan de sortie du charbon en Allemagne est-il réaliste)

La « plaque de cuivre » n‘est pas pour demain. Le quasi black out du 10 janvier

La « plaque de cuivre », c’est le fantasme d’une interconnexion parfaite des réseaux électriques européens… sachant que les distances et les pertes sont quand même assez fixées par les lois élémentaires de la physique.

Eh ben, c’est pas pour demain, et à vrai dire la fragilité du réseau européen devient inquiétante. Si ça continue, les autorités nationales exigeront bientôt un retour à davantage d’autonomie, des protections et des déconnexions.

Donc, jeudi 10 janvier, à 21h02 précisément (il faisait pourtant pas un froid polaire !) RTE a demandé aux industriels « électrointensifs » les aciéries, les raffineries, les cimenteries, de réduire immédiatement leur consommation. Sinon, il aurait fallu demander aux Français d’économiser l’électricité ou planifier une baisse générale de tension générale. Au pire, c’est-à-dire en cas de risque de black-out, on passerait au plan d’urgence, à savoir des coupures massives avec des régions entières plongées à tour de rôle dans le noir…

Plus de 1500 Megawatt ont été ainsi économisés,  ce qui correspond à l'équivalent de la production de deux réacteurs de Fessenheim. Cette interruption a duré de 20 à 45 minutes selon les entreprises, de quoi sécuriser le réseau. C'est la première fois que ce levier d'urgence est activé depuis sa création il y a 4 ans.

Que s‘est-il passé ? la fréquence du système électrique français et européen (les réseaux sont interconnectés) est passée très en dessous de 50 Hz, Or, quand la fréquence s'écarte trop de ce niveau, le système électrique pourrait connaître des coupures importantes, voire un black out ».

Pourquoi ? Ben, le pire est peut-être que l’on ne sait pas, et que, un mois après, on ne sait toujours pas. À l'origine, un problème dans nos importations. En clair : l'un de nos voisins n'a pas fourni ce qu'il s'était engagé à fournir. À 21 heures, la France importait de l'électricité à l'Allemagne et à la Belgique. Mais il n'est pas sûr que le problème vienne de chez eux, car le réseau européen est entièrement connecté. Les réseaux d'électricité européens sont interdépendants et un manque de production dans un pays, même temporaire, peut se traduire par une coupure chez ses voisins.

Une enquête a été ouverte pour identifier les raisons de cet événement, menée auprès du Réseau européen qui regroupe 41 gestionnaires européens de réseau d'énergie. L’hypothèse actuelle ? Le gestionnaire français du réseau électrique explique notamment cette baisse de fréquence par des problèmes récurrents entre le Kosovo et la Serbie (Eh oui, le Kosovo a le pouvoir de mettre à genou le réseau électrique européen !) et par « un problème technique sur les moyens de mesure du gestionnaire allemand sur l'interconnexion entre l'Allemagne et l'Autriche » ( ça devient une habitude, en Allemagne, de truander toutes leurs mesures ?)

Plutôt inquiétant, non ?

Pour rappel, en décembre 1978, l’hiver était particulièrement rigoureux, et une grande partie du nord de la France a été privée d’électricité pendant des heures: trains, métros, ascenseurs, tout s’était arrêté. Exactement comme à New York, un an auparavant, qui a connu deux jours de cauchemar avec des scènes de panique et de pillages. Chez nous, les pannes les plus graves ont eu lieu fin 1999 avec la tempête qui a détruit des milliers de pylônes et en novembre 2006. L’arrêt d’une ligne à haute tension dans le nord de l’Allemagne avait alors fait s’écrouler le réseau européen comme un château de carte, privant 15 millions de personnes de courant.

Eh bien, la politique européenne de l’énergie est un tel fiasco, un tel concours d’absurdité et de démagogie que nous risquons bientôt de nouveaux épisodes de ce type à l’échelle continentale…

Première leçon : le système électrique est fragile - et RTE a mis le réseau français sous surveillance jusqu’à la fin février.. Deuxième leçon : pour assurer l’alimentation de l’ouest de la France, il faut pour l’instant maintenir en activité la centrale à charbon de Cordemais, près de Nantes eh oui, on en est là. Troisième leçon : on a besoin de plus d’électricité pilotable, et il est assez affolant d’entendre les différents pays européens afficher des objectifs démagogiques et irréalistes de production d’électricité solaire ou éolienne… tout en expliquant, qu’en cas de problème, ils importeront de leurs voisins. Mais de qui exactement ? Il faut à la France rapidement 2,4, 6 EPR, à l’Europe 12, 14, 16 nouveaux EPR.


Pas de décarbonation, pas de lutte contre le dérèglement climatique, pas de sureté d’approvisionnement sans le nouveau nucléaire, sans les EPR !