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vendredi 10 janvier 2020

Petits problèmes avec l’éolien -4 : grandeurs physiques et difficultés intrinsèques- à l’attention d’Elisabeth Borne


Marjolaine Meynier Millefert, (LREM), rapporteur de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables et la transition énergétique présidée par le député Julien Aubert (2019):

« Quand on a 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation et finalement la transition écologique en France, je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti en fait.… »

Quelques bases de physiques à l’attention d’Elisabeth Borne et de son scenario 100%ENR

L’éolien, c’est moins bon que le nucléaire pour le taux de CO2 

La construction d’une éolienne nécessite des travaux de génie civil important ainsi que des quantités de matériaux non-négligeables. En terme de cycle de vie, le Ministère de la Transition Energétique donne les chiffres suivants par kWh: 6g nucléaire, 10g éolien, 32 g solaire, 443g gaz,  solaire (32g), gaz (443g), fioul (778g) et charbon (1050g). Les éoliennes ne sont en aucun cas nettement moins émettrices de gaz à effet de serre que les barrages et les centrales nucléaires le long de leur cycle de vie (les panneaux solaires aussi d’ailleurs). Pire, en utilisant des facteurs de charge réels, mesurés sur le terrain, et non les statistiques douteuses fournies par les fabricants d’éoliennes eux-mêmes, on obtient des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre supérieurs aux centrales nucléaires.

Et il y a la face cachée, tellement évident, mais non-dite. Compte-tenu de l’intermittence (facteur de charge) de l’éolien, on vous vend quelque chose dont il manque les 3/4 pour que ça marche correctement…Donc de l’éolien, c’est en fait ¼ d’éolien et ¾ de gaz , et là c‘est beaucoup moins favorable : 6g/kW.h contre 330g/kw.h

Malgré leur rentabilité pathétique, on pourrait cependant s’accrocher à l’idée de développer l’éolien en France pour des raisons écologiques si seulement l’énergie éolienne pouvait nous débarrasser de nos centrales au charbon et au gaz. Seulement voilà, c’est tout le contraire ! Parce que l’existence même de centrales au gaz et au charbon en France ne s’explique que pour des raisons de lissage de la production électrique et qu’au contraire l’éolien est tellement intermittent… qu’il faut davantage de centrales pilotables (gaz ou charbon..) pour compenser son intermittence…Ce que font les Allemands, et ce qui explique qu’après 700 millions d’euros…ils émettent toujours autant de CO2.

L’éolien n’est pas du tout écologique

A cause de sa densité d’ énergie ridicule : Pour remplacer une centrale telle celle de Fessenheim (puissance nominale 1800 MW et coefficient de production de 90%), il faut donc 4000 éoliennes. Pour des éoliennes qui mesurent maintenant près de 180-200mètre en bout de pales, supposons-les espacées de 300mètres, ce qui est un minimum.
Donc, pour remplacer une seule centrale nucléaire, et pas la plus moderne, et pas la plus puissante, avec des éoliennes de 2 MW, il faudra les aligner de Nice à Perpignan (2 x 475 km) sur deux rangées tout le long de la côte méditérannéenne + le tour de Corse (325 km), soit 1350 km, ou encore de Gênes en Italie jusqu'à la pointe sud de l'Espagne…
A cause de sa consommation en matériaux : Une étude du Department of Energy  donne 800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, et 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien, soit un facteur 10 pour le béton et 11 pour l’acier, à l’avantage, très marqué, du nucléaire. Un ordre de grandeur calculé par Tristan Kamin pour l’EPR, centrale nucléaire optimisée du point de vue de la production et de la sécurité donne 8 fois moins de béton et 20 fois moins d’acier pour l’EPR que l’éolien.
*

Tiens, parlons aussi des socles de béton. Dans le cas d’une grande éolienne, ils peuvent faire jusqu’à 20 mètres de profondeur et représenter 3 000 tonnes de béton armé. Leur présence est un enjeu environnemental, parce qu’ils  permettent à plusieurs niveaux de la nappe phréatique, normalement séparés, de se mélanger. Le code allemand du bâtiment prévoit leur démolition complète. Mais cela n’est pratiquement jamais le cas ( les exploitants margoulins préfèrent faire faillite avant !) en raison des coûts de centaines de milliers d’euros reliés à cette mesure. Une pratique plus courante, et officiellement tolérée, serait…le grattage sur 1 mètre, puis de les recouvrir de terre. Mais cela n’aide pas les aquifères….Et l’agriculteur à qui on a fait miroiter les richesses ruisselant des éoliennes, quand il se trouvera à devoir financer l’enlèvement du monstre, ou vivre à perpétuité avec ses tonnes de béton dans un sol devenu inutilisable…Il va faire quoi ?

Contrairement à ce que certains prétendent, on sait parfaitement démanteler des centrales nucléaires ( 6 réacteurs démantelés aux USA, plus d’une centaine en cours de démantèlement dans le monde) De éoliennes, ben pas trop ! .En Californie, ce sont déjà plus de quatorze mille éoliennes rouillées,abandonnées dans des paysages de désolation et d’abandon.

Nul ne sait quoi faire des pales, habituellement composées d’un mélange de fibre de verre et de fibre de carbone, liées à l’aide de résine de polyester ;  impossible de séparer et recycler ces matières (qui pourraient s’accumuler au rythme de 16 000 tonnes par année à partir de 2021 en Allemagne), impossible de les brûler, les résidus obstruent les filtres des incinérateurs…

A cause de sa consommation en métaux rares : « Le monde s’est organisé entre  ceux qui sont sales et ceux qui font semblant d’être propres »….il faut purifier huit tonnes et demie de roche pour produire un kilo de vanadium, seize tonnes pour un kilo de cérium, cinquante tonnes pour un kilo de gallium …«Une mine, c’est un véritable choc visuel, un derrick à côté ce n’est rien. Nous avons pu approcher des mines en Chine et des lacs de rejets d'effluents toxiques d'usines de raffinage en Mongolie. C’est l’enfer de Dante. Tout est pollué là-bas, les sols, les airs, les nappes phréatiques. Les eaux chargées en métaux lourds sont déversées dans des lacs artificiels qui débordent régulièrement et polluent les fleuves, tels que le Fleuve jaune. » (Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares)

L’éolien n’est pas compatible avec la stabilité du réseau électrique.  40% d’éolien, c’est la certitude d’effondrements massifs du réseau, ce qui s’est produit en Australie du Sud qui a dû en catastrophe relancer ses centrales à charbon. Un black out à Londres s’est aussi produit…mais l’Angleterre, qui a beaucoup investi sur l’éolien et est quasiment sorti du charbon en ce qui concerne la production électrique relance le nucléaire. L’éolien allemand menace la stabilité du réseau européen, donc français (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/01/petits-problemes-avec-leolien-1-leurope.htlm). Non seulement on ne vas pas vers une intégration croissante des réseau européeens, mais vers un fractionnement, les voisins de l’Allemagne devant se protéger des débordements de l’éolien allemand.

La course au gigantisme des éoliennes ne masque pas pour autant les problèmes d’intermittence de l’éolien. Le 14 mars 2019 à 14 heures 30, il a couvert 18 % de la consommation française d’électricité avec 12 323 MW, un record. Mais le 5 décembre à 12 heures, la production n’était que de 691 MW, soit moins de 1 % des besoins, obligeant la France à recourir aux importations.
Et on fait quoi avec ça ?
L’éolien coûte cher !

Nucléaire historique :33-40€/MWh ,Photovoltaïque : 62-99€/MWh,Eolien : 60-65€/MWh ,Eolien marin : 200-220/MWh, EPR:+110€/MWh
Mais auxquels il faut ajouter les subventions publiques : Nucléaire : 25€/MWh , Eolien: 476 €/MWh, Photovoltaïque :+500 €/MWh.
Petit rappel : coûts actuels de l’électricité  (cf. rapport de la Cour des Comptes, https://www.contrepoints.org/2019/10/24/356359-parc-nucleaire-francais-le-veritable-cout-de-production;

Eh oui, l’éolien coûte cher, et comme c’est une énergie très peu concentrée et les frais de construction de réseau et de raccordement sont astronomiques. Je reviendrais plus spécifiquement sur le cas de l’éolien off shore où cette question est encore plus cruciale ( et qui est encore bien plus une aberration économique). Mentionnons tout de suite que les margoulins de l’éolien ont réussi à refiler es coûts de raccordement au réseau sur le gestionnaire de réseau, donc sur le contribuable, au contraire de ce qui se fait pour toutes les autres énergies.


Sans compter l’imposture qu’il y a à comparer une énegie pilotable à une énergie intermittente (cf. Les coûts lisses de l'électricité, Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics.
« Les défenseurs du recours aux énergies renouvelables pour produire de l'électricité avancent comme argument leur coût de production du MWh. Mais c'est oublier que l'unité vraiment pertinente n'est pas le MWh produit, mais le MWh livré en un lieu donné à une date donnée…

Pour bien expliquer, un petit diagramme de JMJ (Jancovici, carbone 4)



Bonne lecture Elisabeth Borne, puisse-t-elle vous déborner !
Bon, on les construit quand ces EPR ?



jeudi 12 septembre 2019

Brice Lalonde se paie la PPE (Programmation pluriannuelle de l’Energie)


Tous les écologistes ne se valent pas, et tous ne sont pas adversaires du nucléaire. Brice Lalonde, 73 ans et toujours actif (cf son association Equilibre des Energies) continue à se passionner pour les problèmes écologiques, et singulièrement de la transition énergétique, et à diffuser  une opinion éclairée et souvent assez technique. Bref, un très bon vulgarisateur déjà de ces enjeux parfois complexes et au-delà, une partie prenante un citoyen un peu plus concerné que les autres. Sur le problème de la réglementation thermique des bâtiments et l’action des géants gazers , voir par exemple

Sur son site Equilibre des Energies (https://www.equilibredesenergies.org/), Brice Lalonde se paie assez gentiment mais fermement la PPE (Programmation pluriannuelle de l’Energie), effectivement un chiffon de papier complètement irréaliste et démagogue. Extraits :

7 objectifs, c’est un peu beaucoup ! 

« Je suggère ici de rectifier quelques erreurs de la politique française qui a eu la fâcheuse tendance d’empiler des objectifs qui pour certains ne servent pas la lutte contre le changement climatique. En étudiant les différentes lois et réglementations, on constate que la politique énergétique française poursuit 7 objectifs : la réduction de la consommation d’énergie primaire, la réduction du nucléaire, l’augmentation de l’énergie éolienne, l’augmentation de la part du gaz dans les bâtiments, la réduction de la consommation d’énergie finale, la réduction des émissions et la réduction de la consommation des énergies fossiles.

Or sur ces sept objectifs, seuls les trois derniers concourent à la lutte contre le changement climatique, les quatre autres l’accentuent ! »

Commentaire : Pas mieux pour montrer l‘absurdité du machin.

« L’électricité est le pétrole de demain !

Il ne fait pas de doute aux agences et instituts internationaux de l’énergie, dans leurs scénarios de lutte contre le changement climatique, que l’électricité est le vecteur privilégié de la transition et que sa part devra représenter au tournant du siècle au moins la moitié des usages finaux de l’énergie. Pourquoi ? Parce que les émissions carbonées de l’énergie sont le principal responsable du changement climatique, que l’électricité peut être produite de façon décarbonée, qu’elle est abondante et qu’elle est apte à remplacer efficacement et proprement les hydrocarbures fossiles dans la plupart des besoins énergétiques des transports, des bâtiments et de l’industrie.

Omniprésente dans les pays développés, totalement fongible d’un voltage, d’une fréquence, d’une forme à l’autre, l’électricité accompagne les progrès de l’électronique et de la digitalisation, offrant toujours plus de services pour moins de kilowattheures consommés. »
Reste qu’il faut la produire de façon la plus  décarbonée. possible

« Pourquoi s’attaquer au nucléaire ?

« Grâce à son électricité décarbonée, la France est l’une des nations développées qui émettent le moins de CO2 par habitant. Dans de nombreux pays les défenseurs du climat appellent leurs autorités à suivre l’exemple français, lequel  se caractérise, pour dire crûment les choses, par le recours à l’énergie nucléaire.  Le nucléaire, en dépit de ses imperfections, est donc un allié du climat. Mais son dénigrement incessant a fini par créer une doxa antinucléaire entretenue par le manque de courage des politiques, dont les écologistes eux-mêmes. C’est donc pour satisfaire à une idée reçue, selon laquelle l’écologie condamnerait le nucléaire, que la politique française de l’énergie prescrit d’en réduire la part dans la production électrique. On sait les difficultés de mise en œuvre de cette décision, ce n’est pas ici le lieu d’en parler. Ce qu’il faut retenir c’est que réduire la part du nucléaire n’est pas une priorité climatique.

La contrepartie de la baisse du nucléaire est l’augmentation des énergies renouvelables électriques. Ainsi 150 éoliennes terrestres de 6 MW représentent en théorie la puissance installée d’une centrale nucléaire de 900 MW. Mais il faut que le vent souffle, car le talon d’Achille des renouvelables est l’intermittence. C’est pourquoi RTE raisonne en « puissance garantie » suggérant qu’il faut en réalité plus de 800 éoliennes pour offrir la puissance garantie assurée par une centrale nucléaire, donc plus de 12 000 pour remplacer les quinze réacteurs qu’il est prévu de fermer. En l’absence de vent, si les quinze centrales nucléaires que les éoliennes ont remplacées sont arrêtées, comment produira-t-on de l’électricité ?  Les nucléoclastes proposent des turbines à gaz, censées être plus souples que des centrales nucléaires. Mais installer des turbines à gaz qui émettent du CO2, est-ce lutter contre le dérèglement climatique ? Non bien sûr.

Accroître sans cesse la place des renouvelables est un objectif en soi, ce n’est pas une priorité climatique. »

Commentaire : Non seulement, ce n’est pas une priorité climatique, mais c’est même une priorité anticlimatique !  (Pour les calculs, moi, j’ai plutôt un coefficient de production d'une éolienne (2 MW)  est de 20%, soit une production réelle de 0,4 MW/an (moyenne sur l'année), ce qui donne pour remplacer une centrale telle celle de Fessenheim (puissance nominale 1800 MW et coefficient de production de 90%),  4000 éoliennes donc plus de 60.000 pour les quinze réacteurs que la PPE prévoit de fermer. Vous voyez le problème ? On les met où ? Prace qu’en plus, il faut quand même un peu les espacer.

« Les énergies renouvelables ne sont pas la panacée climatique

C’est en réalité une autre idée reçue que les énergies renouvelables sont bonnes de toute façon et qu’en augmenter la part est toujours bénéfique. D’où une surenchère européenne pour en installer davantage. Mais les énergies renouvelables qui, en France, combattent le changement climatique sont celles qui réduisent la part des combustibles fossiles en produisant de la chaleur : le solaire thermique, la géothermie, le bois, la biomasse, les déchets combustibles, le gaz vert, et, bien sûr, les pompes à chaleur. Les renouvelables électriques, qui sont toujours citées, combattent d’abord l’électricité nucléaire, déjà décarbonée. Dans les pays où l’électricité est produite à partir du charbon, les renouvelables électriques réduisent certes le recours au charbon, mais leur intermittence réclame le maintien de moyens fossiles importants. Ainsi depuis dix ans l’Allemagne n’a quasiment pas réduit ses émissions de gaz à effet de serre. Bref, davantage de renouvelables ne veut pas systématiquement dire moins de CO2. »

« Trop d’objectifs introduisent la confusion et finissent par se contrecarrer.

Combattre le dérèglement climatique, c’est réduire les émissions de CO2 du charbon, du pétrole et du gaz naturel. C’est donc réduire la part des combustibles fossiles, ce qui a l’avantage de diminuer la dépense nationale consentie pour les importer, autant que les pollutions provoquées par leur combustion. Combattre le changement climatique, c’est donc accroître la part de l’électricité jusqu’à représenter 50% des usages finaux en 2050.
Tous les objectifs de la politique de l’énergie doivent être mis au service de l’objectif principal, la lutte contre le changement climatique. Sinon, nous serons les citoyens navrés d’un pays qui s’attarde à vouloir diminuer la consommation d’énergie primaire, augmenter la part du gaz, réduire celle du nucléaire, multiplier le nombre d’éoliennes, mais qui refuse de s’attaquer de front au changement climatique. »

« Pourtant l’industrie nucléaire, émettant très peu de CO2, est une alliée du climat, elle est nationale, et il n’y a pas d’autre moyen de valoriser l’uranium. Pourtant l’électricité est reconnue comme le vecteur de la double transition énergétique et numérique, permettant d’associer véhicules, logements et réseaux. »


Merci M. Lalonde, vous apportez la preuve, avec bien d’autres,  qu’un écologiste sincère et scientifiquement informé, donnant la priorité au combat contre le dérèglement climatique ne peut qu’être un partisan de l’énergie nucléaire.


lundi 25 mars 2019

Electricité : la grande escroquerie de l’éolien

Sur des sujets souvent abordés sur ce blog, une remarquable interview de
Tristan Kamin sur Atlantico : (
https://www.atlantico.fr/decryptage/3568576/electricite--le-record-de-production-par-les-eoliennes-battu-le-14-mars-est-un-faux-espoir-tristan-kamin)

Electricité : le record de production par les éoliennes battu le 14 mars est un faux espoir.

Le 14 mars dernier, le parc éolien français aurait atteint un record en produisant 18% de la consommation nationale, selon RTE, ce qui serait le résultats des vents forts constatés ce jour.

Atlantico : Comment cette production historique des éoliennes s'est-elle "imbriquée" à la production nucléaire ? 

Tristan Kamin : Le système électrique français fonctionne suivant un « ordre de mérite » dans lequel les moyens de production sont prioritaires ou non selon leur « coût marginal ». En très simplifié, plus le coût de combustible est faible, plus un moyen de production est prioritaire. Donc le solaire, l’éolien et l’hydraulique « au fil de l’eau » (0 coût de combustible) sont prioritaires sur le nucléaire, lui-même prioritaire sur le gaz, prioritaire sur le charbon… Avec tout un tas de nuance et d’exceptions, évidemment.

Mais les principes sont là ; et quand le vent s’est montré généreux alors que la consommation n’était pas particulièrement élevée, une fois les exportations au maximum de ce que le marché européen voulait bien, une fois les centrales à gaz réduites à leur minimum de production, une fois les vannes des barrages fermées au maximum… Le parc nucléaire a dû baisser sa production pour « faire de la place » à tous ces mégawatts d’électricité d’origine éolienne.
Certains réacteurs ont été totalement arrêtés (c’est l’occasion d’anticiper des opérations de maintenance), d’autres ont simplement réduit leur puissance, parfois très fortement : jusqu’à un tiers de la puissance nominale.
L’imbrication est donc, en apparence, très simple : l’éolien s’impose, le nucléaire s’efface.

Il faut noter que cette capacité du parc nucléaire à varier en puissance sur de grandes amplitudes et dans des délais courts est une particularité française, justifiée en raison de la place dominante du nucléaire dans notre système électrique. Dans d’autres pays où le nucléaire est minoritaire, sa production est, autant que possible, maintenue à pleine puissance. Et ce sont les autres moyens de production pilotables (hydroélectricité, charbon, gaz) qui assurent la régulation en fonction de la demande et de la production non pilotable.

En considérant que les vents forts ont touché une grande partie de l'Europe, quels en ont été les effets comparatifs selon les pays, en fonction de leurs différents modes de production d'électricité ? ? 

À la nuance près du nucléaire évoquée ci-dessus, ça s’est passé exactement de la même manière partout en Europe occidentale. On réduit la production au charbon, puis au gaz (ou l’inverse), puis hydraulique, tout en cherchant à exporter au maximum pour éviter d’avoir à arrêter des centrales électriques. Le sud de l’Europe était toutefois moins concerné, c’est surtout l’Europe du Nord qui était fortement balayée par les vents, et en particulier, évidemment, l’Allemagne et son immense parc éolien (d’une capacité nominale de 59 gigawatts, quasiment équivalente à notre parc nucléaire et ses 63 GW).
Donc de la France au Danemark, en passant par l’Allemagne et le Benelux, tout le monde s’est retrouvé à devoir choisir entre brider ou arrêter des centrales à charbon, gaz ou nucléaire, exiger des producteurs éoliens qu’ils cessent d’injecter leur production électrique sur le réseau et devoir les dédommager, ou encore casser les prix sur le marché pour exporter. La solution étant évidemment une équation avec ces trois termes.

Et, au-delà du suivi de charge réalisé par le nucléaire français ou le charbon allemand, une autre conséquence marquante est l’effondrement des prix de marché en Europe du Nord. Avec des prix qui se rapprochent souvent de 0 € par mégawattheure tout au long de la semaine, les producteurs (notamment allemands) font le choix de « donner » leur production électrique aux pays voisins, plutôt que de réduire leur production.

Poussé à l’extrême, ce scénario conduit à atteindre des prix négatifs lorsque la consommation électrique devient vraiment basse, le week-end, par exemple. Ainsi, toute la journée de dimanche 17 Mars (jusqu’en début de soirée), l’Allemagne s’est retrouvée à payer ses voisins pour la soulager de sa production électrique et notamment éolienne. Ce fut aussi le cas par exemple pour la France, l’Autriche ou l’Espagne, avec des prix négatifs mais moins bas qu’en Allemagne.
Les grands gagnants ont probablement été les italiens et les britanniques, très gros importateurs d’électricité, qui ont eu le plaisir d’être, pour une fois, payés pour importer.

Quelles sont les enseignements à tirer de cette situation concernant le nucléaire français ? 

Du positif, et du négatif. Le positif, c’est que le nucléaire a montré sa grande souplesse pour s’adapter aux variations de production éolienne. Le parc nucléaire français n’est pas un gros bloc inerte qui déverse aveuglément ses kilowattheures sur le réseau sans se soucier du reste. Techniquement, donc, nucléaire et éolien ne sont pas incompatibles et sont même capables d’une certaine complémentarité. Celle-ci est bienvenue, au regard des trajectoires actuelles prônées par les gouvernements successifs pour notre système électrique.

Le négatif, c’est que cet événement venteux a fini par prendre fin, avec une production éolienne en France divisée par 6 entre dimanche 17 et mardi 19, d’environ 9 GW à 1,5. Et notre système électrique a apprécié que le parc nucléaire soit capable de remonter en puissance, d’environ 33 GW au plus bas dimanche à 48 GW mardi (nota : il a fallu compenser la baisse de la production éolienne mais aussi la remontée de la consommation au sortir du week-end).
Donc ce qu’on peut en retenir, c’est que l’éolien ne nous rend pas moins dépendant de notre parc nucléaire, pas plus qu’il ne libère nos voisins de leurs parcs de centrales à charbon ou à gaz : quand le vent tombe, il faut autre chose pour prendre le relais. Et, de préférence, une « autre chose » bas-carbone, comme le nucléaire et l’hydraulique, si l’on intègre la question climatique dans l’équation.

Au final, cette période de faste éolien aura marginalement et temporairement réduit notre consommation de gaz, et réduit, tout aussi temporairement, notre production nucléaire, sans que cela ne présente d’intérêt environnemental ni économique significatif. En termes négatif, la balance est peut-être même dans le mauvais sens : notre parc nucléaire est moins rentable s’il produit moins, on exporte à prix négatifs, on subventionne la production éolienne abondante

En bref, ces événements tendent à fermer la question « Nucléaire et éolien peuvent-ils cohabiter ? », la réponse étant manifestement positive. Par contre, ils ouvrent un peu plus la question de savoir s’il est pertinent de les forcer à cohabiter, et dans quelles proportions.

En effet !  Voir aussi sur ce blog :

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/04/loi-de-transition-energetique-quelques.html

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dimanche 24 mars 2019

A quoi servent les energies renouvelables ?


Voilà ; On a expliqué sur ce blog dans de multiples billets à quels point l’éolien et le solaire, en ce qui concerne la production d’électricité étaient néfastes pour le climat, ( grâce à son nucléaire, la France est championne des pays développés pour la décarbonation de l’électricité), néfaste pour l’économie ( bizarrement, malgré les manipulations de l’Ademe pour affirmer que les renouvelables sont moins chères que le nucléaire, le prix de l’électricité augmente à proportion de l’introduction d’énergies renouvelables dans le mix électrique), néfastes pour la sécurité d’approvisionnement  ( vitale), néfastes pour la santé, néfastes pour le niveau de vie, néfastes pour l’indépendance nationale.  Cf. notamment


Et voilà que parait un texte de Michel Gay, parfaitement synthétique et argumenté.
Et nécessaire, plus même :  des cadres d’Enedis commencent à craquer devant les demandes absurdes de clients ou de copropriétés demandant une autonomie énergétique totale, des déraccordements du réseau, des garanties d’une électricité non nucléaire…et se font injurier et traiter de menteurs et  de vendus lorsqu’ils rappellent simplement la réalité…


« Arrêtez de gaspiller nos sous ! »s’égosillait un Gilet jaune. « À quoi ça sert de produire de l’électricité avec de ruineux panneaux solaires et des éoliennes ? »
En voilà une bonne question… que nos élus oublient de plus en plus de se poser : les énergies renouvelables, notamment les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, à quoi ça sert ?

Les énergies renouvelables serviraient-elles à : Produire notre électricité ?

NON ! La France en produit suffisamment et elle exporte même ses nombreux excédents vers les pays voisins (plus de 2 milliards d’euros net en 2018).

Diminuer les rejets de gaz à effet de serre ?

NON ! La production française d’électricité n’émet pas de gaz à effet de serre (à 95 %, record des pays industrialisés). Il est difficile de faire mieux. Ses émissions moyennes de CO2  sont d’environ 50 g de CO2 par kWh, soit 10 fois moins que l’Allemagne. L’intermittence des renouvelables augmente ces émissions à cause du soutien obligatoire de centrales thermiques à gaz et à charbon, comme en Allemagne.

Accroître la sécurité d’approvisionnement ?

NON ! Leur disponibilité aléatoire dépendant du vent et du soleil ne permet pas de compter sur les renouvelables car l’électricité n’est pas stockable à l’échelle d’un pays. Il faudrait donc en importer (d’où un gros problème si nos voisins sont dans la même situation météorologique?)

Réduire le coût de l’électricité ? 

NON ! Le courant (acheté prioritairement et obligatoirement aux producteurs) est payé deux à quatre fois plus cher que le mix EDF. Ce coût est compensé par une ponction appelée « contribution au service public de l’électricité » (CSPE) sur notre facture EDF. Ce prélèvement représentera près de 8 milliards d’euroscette année. Le cumul déjà prévu par la Cour des comptes atteindra 121 milliards d’euros (!).
Le prix de l’électricité et maintenant du carburant explose au détriment du pouvoir d’achat des Français et de l’industrie nationale. Seuls quelques affairistes profitent de ce système immoral.

Produire une électricité de proximité ?

NON ! Des milliers de pylônes et de transformateurs électriques supplémentaires ainsi que 4 000 km de lignes à haute tension sont nécessaires pour renforcer le réseau. Ce dernier doit accueillir des dizaines de milliers de points de production aléatoire par bouffées qui le déséquilibrent avec des risques grandissants de black-out.

Le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques serait-il :
bon pour notre balance des paiements ?
NON ! Et c’est même catastrophique. La quasi-totalité du matériel est importée, principalement d’Allemagne, du Danemark, et de Chine.

Bon pour l’environnement et la planète ?

NON ! Des milliers de socles de béton armé pesant chacun 1 500 tonnes sont enterrés à perpétuité dans nos champs sous les éoliennes. Les parcs naturels, les forêts, les zones protégées et les lieux de mémoire sont violés. La faune aviaire (aigles, buses,…) est hachée par les pales tournant jusqu’à plus 300 km/h, entraînant une atteinte catastrophique à la biodiversité.
Les paysages sont dégradés et des moins-values allant jusqu’à 40 % sont estimées pour les maisons individuelles dans un rayon de plusieurs kilomètres.
Et qui recyclera les futures montagnes de déchets des éoliennes et des panneaux photovoltaïques ?

Les promoteurs cachent le coût du démantèlement futur des éoliennes. Provisionné officiellement à 50 000 euros par éolienne, ce coût est en réalité de plus de 400 000 euros. En cas de défaillance (probable) de l’exploitant, le propriétaire du terrain devra payer la différence, soit plus que le revenu engrangé pendant les 20 ans de son bail. À défaut, ce sera la collectivité (commune ou communauté de communes) qui paiera (donc encore lecontribuable). Mais le socle, lui, restera à perpétuité.

Bon pour l’emploi ?

NON ! Les panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine et les éoliennes à l’étranger. La main d’œuvre, généralement importée car moins chère, se déplace au gré des chantiers de montage. Même les centres de contrôle des éoliennes en France sont souvent situés en Allemagne, voire au Canada

Au contraire, le renchérissement du coût de l’électricité par les énergies renouvelables détruit de l’emploi dans l’industrie en France et appauvrit les ménages.

Pourquoi donc attribuer des subventions si, comme l’affirment leurs promoteurs, cette électricité est moins chère que les autres moyens de production ? Le vent et le soleil seraient même gratuits… mais pas l’électricité produite qui n’est pas compétitive!

Bon pour la santé ?

NON ! Voir les conclusions alarmantes de l’Académie de médecine sur la santé et sur les gênes occasionnées par les éoliennes dans ses rapports du 01 juillet 2003, du 14 mars 2006 et du 9 mai 2017. Cette Académie recommande notamment de ne pas installer d’éolienne à moins de 1 500 m des habitations et de diminuer sensiblement le bruit.
Mais qui s’en rappelle et, surtout, qui s’en soucie ?

Bon pour le tourisme ?

NON ! Les touristes désertent les zones décorées d’éoliennes. Seule la menace par l’UNESCO de retirer son « classement au patrimoine mondial » pour le Mont-Saint Michel a fait reculer le lobby éolien.

Mais alors, à quoi ça sert ?

Ça sert à enrichir un écolo business ("les margoulins de l'éolien") grâce aux subventions publiques particulièrement rémunératrices financées par les consommateurs d’électricité. Des ONG, des groupes de pression et des partis verts bien introduits dans les médias veulent faire croire depuis plus de 15 ans que seuls le vent et le soleil produiraient une électricité propre, soi-disant verte, alors que cette électricité est polluante et intermittente. Des affairistes privés et parfois occultes dissimulent les vastes problèmes à venir sous couvert d’écologie.
Ça sert à faire croire que les énergies renouvelables seraient complémentaires du nucléaire ou bien, encore plus aberrant, qu’elles pourraient le remplacer. Nous serions « en retard sur l’Allemagne »alors que la France a débuté sa transition énergétique il y a 40 ans avec le développement de l’énergie nucléaire qui n’émet ni particules ni gaz à effet de serre, et dont la gestion des déchets ne pose plus de problèmes techniques.

Les énergies renouvelables ne servent donc… à rien, sinon à ruiner le performant système électrique actuel et les Français. Et c’est peut-être un objectif pour certains décroissants.

Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, notamment, sont censés apporter une solution pour réussir la transition énergétique dont l’objectif affiché est de diminuer la consommation d’énergie fossile et les émissions de gaz à effet de serre. En réalité, ces sources intermittentes d’énergies sont nuisibles pour les Français et représentent (hors hydraulique) une épouvantable erreur stratégique qui prospère sur des mensonges pour faire croire à la nécessité de remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables…

Les ruineuses énergies renouvelables constituent un prétexte mensonger pour détruire le nucléaire. La collectivité aurait pu gagner une centaine de milliards d’euros si elle ne les avait pas installées, et la planète ne s’en porterait pas plus mal, et même mieux !

À croire que pour vivre heureux, il faudrait ponctionner toujours plus de taxes et d’impôts sur les citoyens (tondre les moutons) pour enrichir quelques profiteurs qui surfent sur une vague verte illusoire.
De plus, le gouvernement va devoir entériner au printemps prochain la hausse du tarif réglementé du gaz reportée depuis janvier 2019 pour cause de Gilets jaunes, et évaluée à 5,9 % par la CRE.

Vivons heureux, vivons taxés ! La raison l’emportera-t-elle enfin bientôt ?

Merci, Monsieur Gay



mercredi 20 février 2019

Les clowneries de l’Ademe


Donc, la dernière clownerie de l’Ademe  (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), c’est son évaluation de l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060 publiée en décembre 2018. Elle recommande en substance d’arrêter les centrales existantes avant leur fin de vie, les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes (multiplication par plus de dix des puissances installées actuelles), et développer une économie de l’hydrogène avec les surplus d’électricité des périodes favorablement ventées et ensoleillées.
En gros, mettez des éoliennes et des panneaux photovoltaïques partout et vous aurez un jus pas cher. Et surtout moins cher qu’avec du nucléaire. Et David Marchal, Directeur adjoint « Productions et énergies durables » assène : «la place très prépondérante des ENR dans le système électrique français est sans appel (…) et le nucléaire de nouvelle génération (type EPR) n’apparaît pas compétitif». Tel que . Et largement repris par la presse, on s’en doute.

Sauf que c’est du complet bullshit, une pure honte, une opération de propagande digne de la Pravda ou de la Propaganda Staffel. Et que s’il y avait une loi sur les fake news, il faudrait d ’urgence l’appliquer à la direction de l’Ademe.


Commentaire de l’Académie des technologies : « L’Académie des technologies, comme elle l’a déjà écrit, s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Elle considère que la réussite de cette politique suppose des hypothèses réalistes. C’est pourquoi elle estime que les conclusions de l’étude de l’ADEME doivent être prises avec une très grande prudence. Elles ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique »

En langage d’académicien, c’est assez saignant. Et les explications ne le sont pas moins :

1. « L’approche de l’ADEME se concentre sur le secteur Electrique. Cependant les hypothèses qu’elle prend impactent les autres secteurs énergétiques et particulièrement le Gaz. Il existe des interactions entre ces secteurs ; par exemple, l’ADEME propose le développement d’importantes quantités de biogaz, notamment à partir d’hydrogène produit par électrolyse. Cependant on peut douter que cette stratégie soit compatible avec les contraintes propres au stockage et au transport de l’Hydrogène dans le secteur Gaz ».

C’est gentiment dit. On pourrait dire autrement. L’électricité pour produire l’hydrogène par  électrolyse de l’hydrogène, elle vient d’où ? du biogaz ? Et les shadocks pompaient, pompaient…

2. L’ADEME envisage une quasi-stagnation de la demande d’électricité jusqu’en 2060, malgré de nouveaux usages. Cette hypothèse est plus basse que celle retenue par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) du Ministère de l’Environnement. Sur une aussi longue période, la prise en compte d’une croissance, ne serait-ce que de 1% par an, modifierait radicalement les résultats.
(Commentaire ; le rapport sur l’intelligence artificielle de Villani envisage un doublement de la consommation électrique. Lancer une recherche sur un moteur de recherche consomme autant qu'une ampoule basse consommation de 12 watts, allumée pendant une heure ! L’envoi  d’un mail consomme enre 4 et 50g de CO2, en cas de pièce jointe importante !)

Faudra que l’Ademe m’explique, surtout si en plus on remplace les diesel par des voitures électriques !

3. Malgré ces hypothèses basses sur la demande, les trajectoires de l’ADEME n’assurent pas la neutralité Carbone en 2050 – ce qui est pourtant un objectif gouvernemental - ni même en 2060. A cet horizon, les trajectoires de l’ADEME requièrent des importations significatives d’électricité, pour pallier les aléas du soleil et du vent. Mais les pays limitrophes seront soumis à des conditions météorologiques analogues, et ils ne seront pas en mesure de garantir les besoins français d’électricité… surtout ceux qui auront renoncé au nucléaire.

4. Les coûts induits sur le secteur Gaz par le Mix électrique envisagé ne sont pas présentés. L’ADEME fonde à tort ses conclusions sur la seule économie de l’Electricité, sans prendre en compte les nécessaires investissements et d’exploitation du secteur Gaz.

(et ajoute-t-on ne prend pas en compte ce qu’induit le fait de dépendre fortement de fournisseurs gaziers come la Russie ou l’Algérie, en terme de souveraineté et de marge de manœuvre !)

5. De nombreuses hypothèses économiques retenues par l’ADEME paraissent très discutables. Ainsi, le facteur de charge de la production éolienne terrestre adopté par l’ADEME est sensiblement supérieur au facteur de charge actuel ; cependant l’ADEME admet que les futurs sites seront moins bons que les sites présents, ce qui est inévitable.
Les installations de production d’hydrogène auront des facteurs de charge faibles, et les rendements attendus des processus de conversion (électrolyse d’électricité excédentaire, transport, stockage d’hydrogène, production d’électricité à partir de l’hydrogène) se heurtent à des limites physiques ; ils sont, in fine, très faibles.

Mais l’Ademe a visiblement décidé d’ignorer les bases de la physique, ou de les révolutionner !

6. Certaines perspectives d’évolution des coûts d’investissement des énergies renouvelables sont surestimées par l’ADEME ; par exemple des baisses encore très significatives de l’éolien terrestre – technologie mature – sont peu probables.

7. La valeur économique de l’électricité. Il est bizarre que dans toutes les autres simulations, sauf celle de l’Ademe, les ENR intermittentes ( solaire et éolien) ne parviennent pas à évincer le nucléaire. Bien plus, partout, on observe une corrélation négative avec le coût de l’électricité- plus il y a d’ENR variable dans le mix électrique, plus l’électricité est chère. C’est quand même bizarre !
Explication : l’Ademe néglige complètement la valeur réelle économique de l’électricité. Lorsque les ENR variables tournent à plein régime, et que le besoin d’électricité est faible, la valeur de l’électricité produite est très faible…Il est arrivé même qu’elle soit négative ; le 1er janvier 2018 ,en France ! EDF était obligé de payer pour que des clients achètent  le courant que les éoliennes produisaient à plein tube  – alors que toute le monde était sous la couette et que personne n’en avait besoin !
A l’inverse un moyen de production pilotable (comme le nucléaire…) qui permet  de répondre à la demande lorsqu’elle s’exprime … vous permet vendre votre électricité  très chere, en présence d’une forte demande et de l’absence de compétiteur renouvelable….
Bref, après avoir ignoré les lois élémentaires de la physique, l’Ademe s’assoit sur celles de l’économie ! Des clowns, vous dis-je !
9. Le communiqué de presse annonçant cette étude affirme dans son premier paragraphe que « le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif ». Cependant cette affirmation est contredite par l’étude présentée, comme cette note le démontre.  Ni l’étude, ni le communiqué de presse, ne relèvent une des importantes conclusions de l’étude elle-même : seul un renouvellement partiel du parc nucléaire permettrait la neutralité Carbone en 2050, qui est un objectif gouvernemental nécessaire pour contenir l’augmentation de température de l’atmosphère terrestre en-deçà de 1,5°C.

En ce qui concerne le nucléaire, historique, là, c’est carrément drôle : l’ Ademe recommande de fermer les réacteurs nucléaires actuels plus vite… car leur trop bas coût de production d’électricité gène le déploiement des ENR non pilotables, handicapées par ce concurrent trop efficace !!
Après s’être assis sur les lois de la physique, puis sur celles de l’économie, l’Ademe se fiche visiblement du prix que les consommateurs paient leur électricité. Ils aiment voir du monde dans les rond points ?
10. L’ADEME ne semble pas prendre en compte de manière réaliste deux difficultés d’un système électrique fondé sur une proportion importante d’énergies intermittentes : la garantie du synchronisme – clef de la stabilité du réseau - et l’ajustement aux variations rapides et fréquentes de la charge.

En fait, l’Ademe s’appuie sur des hypothèses qu’on peut qualifier d’ «héroïques» sur nombre d’éléments du système électrique. Par exemple, presque toutes les consommations sont supposées être asservies à la variabilité des productions des éoliennes et des installations photovoltaïques développées à grande échelle. Toutes les consommations d’eau chaude sanitaire, 75% du chauffage électrique, 38 à 56% des produits blancs (électroménager…), 50% des usages industriels (!), 80% des recharges des véhicules électriques sont « effaçables » selon ces hypothèses ! Cela conduirait à une puissance effaçable de 60 GW ! Alors que RTE et la société spécialisée E.Cube estiment le potentiel de demande pilotable grâce aux smart grids à 9,3 GW, et celui pilotable dans l’industrie de 4,5 à 6,5 GW ! Ca, c’est de l’héroïsme !
Cela veut dire en fait que particuliers et industriels seront priés d’utiliser l’énergie quand elle est produite et non quand ils en ont besoin ! Big Brother décidera quand on pourra consommer de l’électricité. Tiens, et si c’était ça le vrai intérêt du compteur Linky, qui permet au gestionnaire de vous effacer du réseau quand il veut ? Ca va pas aider à l’acceptabilité sociale des Linky ni calmer les résistances qui se manifestent déjà….
Ensuite, l’Ademe fait l’hypothèse d’un triplement des interconnexions (de 12 à 36 GW) avec des systèmes étrangers lesquels évoluent comme par magie pour servir les besoins français tant en exportations qu’en importations.  Nos voisins se dotent de capacités de stockage énormes, et leurs productions sont miraculeusement là en cas de besoin et pas là lorsque nous pouvons exporter. C’est assez arbitraire ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est plutôt l’inverse qui semble se produire, au vu des plans de transition de nos voisin ; ils comptent visiblement sur le nucléaire français pour les fournir  lors des pics de demande ou d’effondrement des énergie renouvelables non pilotables…
Comment dire ? Cela pourrait être drôle s’il ne s‘agissait pas d’énergie, c’est-à-dire la source de toute vie, et plus encore civilisée ! Là, c’est tragique, et plus encore si gouvernement et media (qui ont un grand rôle à jouer) accordent la moindre crédibilité à l Ademe et à son directeur. En tout état de cause, une mesure immédiate s’impose : l’équiper d’un gros nez rouge et de  pantoufles de 55. Comme ça, on saura qui parle !
Il y a au sein de l’Ademe un certain nombre de scientifiques et d’ingénieurs, dont je n’ose pas imaginer l’état mental. Il leur reviendra sans doute assez rapidement de choisir entre leur conscience et leur honneur professionnel, et le rôle qu’on leur fait jouer.
Bibliographie : Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060, Commentaires d’une étude ADEME publiée le 10 décembre 2018, Synthèse de l’avis de l’Académie des technologies ; Dominique Finon, directeur de recherche émérite au Cnrs, économiste (avec l’aide de Sylvestre Huet pour la rédaction). http://huet.blog.lemonde.fr/2019/01/31/le-plan-tout-renouvelable-de-lademe-conteste/