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samedi 20 mai 2023

Nucléaire : et quelques hirondelles de plus, Italie et Danemark !

 L’Italie se tourne vers l’énergie nucléaire pour compléter son bouquet énergétique

Investir dans le nucléaire est nécessaire pour que l’Italie poursuive ses objectifs énergétiques et assurerait le respect du principe de la souveraineté énergétique européenne, a déclaré Luca Toccalini, député de la Lega (ID), alors que l’accord de coalition exprime l’intention des partis d’investir dans le nucléaire.

Outre les investissements dans les énergies renouvelables et les partenariats conclus avec les pays d’Afrique du Nord pour l’approvisionnement en gaz, l’Italie souhaite inclure l’énergie nucléaire dans son bouquet énergétique.

« En plus d’être propre et sûr, l’investissement dans l’énergie nucléaire est extrêmement nécessaire pour poursuivre les objectifs stratégiques de la souveraineté énergétique italienne, mais aussi européenne », a déclaré Luca Toccalini du parti populiste Lega (ID) à EURACTIV.

Les partis au gouvernement — le parti post-fasciste Fratelli d’Italia (ECR), Lega (ID) et le parti conservateur Forza Italia (EPP) — avaient déjà exprimé leur intention de revenir à l’investissement dans l’énergie nucléaire dans le programme électoral avec lequel ils ont remporté les élections générales en septembre 2022.

Cette stratégie est également partagée par des partis du centre tels que Italia Viva de l’ex-Premier ministre Matteo Renzi et Azione de l’ex-ministre de l’Économie Carlo Calenda, qui forment ensemble la coalition du « troisième pôle ».

Il y a quelques jours, la Chambre des députés a approuvé la motion de la majorité sur les initiatives énergétiques dans le contexte de la réalisation des objectifs de neutralité climatique, avec une référence particulière à l’énergie nucléaire.

La motion engage le gouvernement à accélérer le processus de décarbonisation de l’Italie et à évaluer l’opportunité d’inclure l’énergie nucléaire dans le mix énergétique national « en tant que source alternative et propre de production d’énergie ».

« L’énergie nucléaire de quatrième génération est aussi sûre que propre », a déclaré Gilberto Pichetto Fratin, ministre de I’Environnement et de la Sécurité énergétique.

« Nous allons maintenant en discuter avec nos partenaires européens et examiner, avec le plus grand soin, comment l’inclure dans le bouquet énergétique national pour les prochaines décennies, afin d’atteindre, également avec la contribution de l’énergie nucléaire, les objectifs de décarbonisation fixés par l’Union européenne, jusqu’à l’objectif final de la neutralité climatique en 2050 »,

Malgré les rapports par ailleurs tendus entre l’Italie et la France, cette dernière a déjà manifesté son intérêt en faveur d’une coopération sur le dossier. En visite officielle à Rome, le 3 mars, le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, avait évoqué de telles perspectives à des fins industrielles, avec son homologue Adolfo Urso. « C’est la première fois depuis des décennies que le mot “nucléaire” est prononcé dans une déclaration franco-italienne »

 Le 6 mars, l’électricien français EDF officialisait une lettre d’intention signée avec l’italien Ansaldo, développeur de composants et prestataire de services.



Danemark et nucléaire : vers une consultation publique 

Ces deux dernières années, le soutien à l’énergie nucléaire a énormément augmenté dans la plupart des pays européens. Le Danemark ne fait pas exception !

Les derniers sondages d’opinion de Megafon A/S Consulting and Research montrent que 49% de la population danoise voterait oui à l’énergie nucléaire au Danemark ! Seulement 32% voteraient non, et les 19% restants ne se prononcent pas ! 

Les membres du parlement danois ont discuté d’une proposition concernant la création par le gouvernement d’une commission indépendante chargée d’examiner si l’énergie nucléaire devrait faire partie du système énergétique danois!

Étonnamment, le parti écologiste danois @alternativet et le Parti social-libéral @radikale ont soutenu la proposition dans le but d’acquérir davantage de connaissances sur l’énergie nucléaire au Danemark.

Comme prévu, les partis libéraux et de droite ont également soutenu l’organisation d’une consultation @LiberalAlliance, @KonservativeDK, @NyeBorgerlige et  @DanskDf1995

Seuls deux partis @Enhedslisten ( Alliance rouge et verte ) et @Sfpolitik ( Parti populaire socialiste) refusent de considérer l’énergie nucléaire comme une source d’énergie verte. Tous les autres partis ont clairement indiqué soutenir le nucléaire en Europe et , sur la base des arguments du  GIEC, acceptent l’idée  selon laquelle nous avons besoin du nucléaire pour atteindre les objectifs de Paris.

Il n’y a pas eu de vote formel, mais les différents partis ont clairement exprimé leur position et ont recommandé d’établir une consultation publique, au cours de laquelle différents experts et organisations pourront présenter leurs connaissances et opinions sur le sujet, de préférence à un débat parlementaire.


lundi 1 juillet 2019

Tritium dans la Loire : information et désinformation


Degré de racolage modéré  à fort?

Le 20 juin 2019, la Nouvelle République titrait en très, très gros : Alerte sur les rejets de tritium dans la Loire et la Vienne.

Quelques réactions : « C’est bien la preuve que lorsque les autorités publiques nous disent que tout est parfaitement maîtrisé en matière de sécurité nucléaire, c’est faux. » Charles Fournier, vice-président de la région Centre-Val de Loire délégué à la transition écologique. « Plusieurs associations antinucléaires demandent une enquête après avoir relevé, en janvier 2019, un taux anormalement élevé de tritium dans les eaux de la Loire, au niveau de Saumur (Maine-et-Loire). Ils dénoncent, mardi 18 juin, une « contamination » radioactive « anormalement élevée » en aval de cinq centrales nucléaires. » (Nouvelle République).

« En France, les militants antinucléaires se disent inquiets, et pour cause. Des prélèvements effectués dans la Loire en janvier dernier ont affiché un taux de tritium largement supérieur à ce qui est normalement observé : 310 becquerels par litre au lieu de 20 becquerels en moyenne. » (Euronews).

« Le collectif Loire Vienne Zéro Nucléaire et l’Acro alertent les autorités et demandent une enquête pour déterminer l’origine de cette valeur exceptionnelle », ajoutent les associations. La présence de tritium (hydrogène radioactif) y « est quasi systématique aussi bien dans le fleuve que dans les eaux de consommation. En janvier 2019, la concentration dans l’eau de la Loire a atteint 310 Bq/L » (Magcentre)

« Créée en 1986, au lendemain de l’accident nucléaire de la centrale de Tchernobyl, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), basée dans le Calvados, a annoncé, ce mardi 18 juin, le résultat d’un prélèvement étonnant effectué en Loire près de Saumur (Maine-et-Loire). Inquiétant même, selon Guillaume Rougier, chargé d’étude au sein de son association agréée par l’Autorité de sûreté nucléaire, qui est en charge des centrales en France. » (Ouest-France).

 « Des risques pour les consommateurs : Beaucoup de communes du bassin de la Loire pompent leur eau de consommation dans le fleuve, notamment dans le Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique. C'est pour cela que les chercheurs ont relevé des taux élevés de tritium dans l'eau courante.On retrouve encore du tritium dans l'eau du robinet à Nantes.Les doses observées dépassent rarement les 100 Bq/L, considérés par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) comme "un seuil qui, lorsqu'il est dépassé, entraîne une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l'eau Malgré tout, elles sont ingérées quotidiennement par les habitants de ces communes. Cela pourrait leur causer des problèmes de santé, notamment des cancers. Mais l'ACRO reste prudente. "On ne tient pas non plus à créer un mouvement qui inciterait tout le monde à acheter de l'eau en bouteille", précise Guillaume Rougier. » (France-Bleu)

Donc une couverture presse extrêmement large, avec même une reprise dans le 20H de TF1, dans une tonalité racoleuse de moyenne intensité (en général titres bien inquiétants, mais dans le corps de l’article, les informations de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire)  sont souvent correctement reprises. Si on ajoute à cela le fait que par un hasard malencontreux, c’est juste à ce moment qu’ appliquant la modification du règlement faisant passer de 10 à 20 km la zone de sécurité autour des centrales, la Préfecture a fait distribuer des dizaine de milliers de pastille d’iode, il y avait place pour une psychose majeure. Il y a tout de même eu quelques courriers angoissés à propos de la boisson ou des baignades dans la Loire.

Tonalité racoleuse modérée, oui mais la multiplication de ces titres angoissants (même si le corps de l’article la corrige souvent) crée quand même un climat de peur et de désinformation qui impressionne ceux qui n’ont pas les connaissances scientifiques et techniques spécialisées qui permettent de remettre l’information dans son contexte, et qui, titre après titre, journal après journal, facilite le travail des  trafiquants de peur. La presse et ses déontologues devraient y réfléchir sérieusement.

Tiens, au fait, le député Mathieu Orphelin a demandé une enquête…qui aura de toute façon lieu.

Et quand même : « La présence quasi systématique de tritium dans les eaux en aval des centrales nucléaires nous inquiète. Les consommateurs devraient avoir droit à une eau non contaminée », mardi 18 juin 2019, Collectif Loire Vienne Zéro Nucléaire.

Décidément, un peu de démago,  les écolos n’y échappent pas !

Les faits : 15 millièmes de dose-équivalent-banane par litre.

Les faits : le rapport de l'ACRO, qui a servi de source aux annonces depuis hier, concerne des mesures réalisées entre décembre 2017 et mai 2019. On court donc sur 18 mois de données, sur toute cette période, sur la Vienne et la Loire (deux cours d'eau, 5 centrales, 14 réacteurs), ils ont eu UNE mesure dépassant 60 Bq/L, atteignant 310 Bq/L

Donc, ça va plutôt bien, à l’exception d’une mesure qu’il faut comprendre.

Et qu’il faut aussi relativiser ….


« Pour le tritium, l’Union Européenne  fixe en effet une référence de qualité de 100 Bq/L. De quoi légitimer les inquiétudes du collectif ? Les choses ne sont peut-être pas aussi simples. Car il est bon de rappeler que ce niveau d'alerte ne correspond en aucun cas à une limite sanitaire. Il s'agit simplement d'un niveau à partir duquel il est bon de commencer à se poser des questions. Le niveau habituel ne dépassant pas les quelques becquerels par litre, voire quelques dizaines de becquerels par litre en aval des centrales nucléaires qui produisent du tritium au cœur de leurs réacteurs. »

« Rappelons d'abord que le tritium est un isotope radioactif de l'hydrogène. Il n'émet pas de rayons gamma, mais un rayonnement bêta - soit un électron - de très faible énergie : moins de 6 keV en moyenne. Son parcours dans la matière se limite donc à quelques microns seulement.
La demi-vie est d'environ 12 ans. Et il a tendance à se combiner à l'oxygène pour former de l'eau tritiée (3H2O). De quoi faciliter sa pénétration dans les organismes. Mais aussi... son élimination. Sa période biologique n'est que d'environ 10 jours et il est finalement assez rare qu'un noyau de tritium se désintègre durant son parcours dans un organisme. Ainsi la radiotoxicité du tritium reste très faible. D'ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé fixe le seuil de potabilité de l'eau à quasiment 10.000 Bq/L ! »

« Les facteurs de dose permettent d’évaluer la radiotoxicité d’un élément. Pour l’eau tritiée, le facteur de dose pour un adulte est de l’ordre de 6 picosieverts par becquerel (pSv/Bq). Un chiffre à comparer à celui du potassium 40, par exemple. Son facteur de dose est d’environ 2 nanosieverts par becquerel (nSv/Bq), ce qui en fait un élément de l’ordre de 1.000 fois plus radiotoxique que l’eau tritiée.
Notez par ailleurs que la radioactivité d’une banane due au potassium 40 est d’environ 20 Bq, soit l’équivalent de 20.000 Bq d’eau tritiée, en termes de radiotoxicité. »

« Ainsi pour qu’une eau tritiée mesurée disons à 500 Bq/L provoque sur un adulte les mêmes « dommages » qu’une seule banane, il faudrait en boire quelque… 40 litres ! »

Donc finalement, c'est une confirmation d'une situation parfaitement normale sur tout 2018 et le premier semestre 2019, à l'exception d'une mesure plus élevée en janvier dernier, qui interroge. Rien de plus.« S’agit-il d’un incident particulier sur lequel nous serions tombés, s’interroge Jean-Yves Busson de SdN Maine-et-Loire ? L’autre possibilité serait que nous serions tombés sur un lâcher régulier qui n’avait pas encore été dilué. »

Sur tous ces sujets, cf aussi les tweet de Tristan Kamin, par exemple :

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mercredi 26 juin 2019

Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou (2) !


Ou l’ARENH expliqué à vos enfants (enfin, on essaie)


L’aberration de l’ARENH : EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché.

Ce dispositif permet aux concurrents d’EDF d’acheter, à prix fixe, une partie de l’électricité nucléaire produite par l’opérateur historique dans une limite de 100 Twh par an, au total (soit un quart de la production nucléaire). C’est de toute façon tout bénef et sans risque pour les « concurrents » . Lorsque les éoliennes crachent, ils vendent de l’éolien- si ça intéresse quelqu’un. Si le prix de marché spot  passe au-dessus du prix ARENH ((42€/MWh) fortement subventionné, qui couvre à peine le coût de production d’EDF, eh bien les « concurrents » vendent du nucléaire plus cher qu’ils ne l’achètent à EDF ( et parfois, en prétendant que c’est de l’énergie verte !).Et ils peuvent le faire à chaque instant, sans délai, comme arrêter à tout instant. Jackpot !

Ce qui a fait dire au PDG d’EDF :  « Des concurrents, j’en ai, mais des concurrents qui produisent, j’en cherche » ! L’ Arenh  a été qualifiée de « vrai péril » et de « principal handicap » d'EDF, un dispositif qui revient à ce que des investissements publics subventionnent des acteurs privés dont certains disposent de moyens considérables, empêche EDF de profiter du produit de son travail et n'incite pas ses concurrents à construire de production nouvelle à leurs risques ».

A ses yeux, prolonger ce dispositif au-delà de 2025 ne serait « pas défendable » et serait même « inconvenant ». Et d'en appeler à une régulation équitable et durable qui « permette aux Français de bénéficier du nucléaire dont ils sont les propriétaires indirects au travers de l'entreprise publique EDF, qu'ils soient ou non clients d'EDF ».

L'économiste Elie Cohen estime pour sa part qu'avec ce dispositif « EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché. Elle renonce à une partie de sa rente sans compensation quand les prix de gros faiblissent alors qu'elle doit assurer seule les coûts des exigences grandissantes de sûreté ».
Et bien, que croyez-vous qu’il arrivera ?

Les « fournisseurs non producteurs » concurrents d’EDF sont si content (évidemment !) de l’ARENH qu’ils ont demandé à la fois une augmentation du plafond autorisé et le maintien du prix de vente actuel à 42 €/MWh. Pourquoi se gêner ?

Augmentation du plafond ! Bingo !  : Malgré les critiques de la CRE, Les députés de La République en Marche ont présenté, le 1er juin, un amendement  visant à rehausser le plafond de l’ARENH à 150 TWh dans le cadre du projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Cette augmentation est souhaitée de longue date par les fournisseurs alternatifs et François de Rugy s’est lui aussi prononcé en faveur d’une hausse.

Maintien du bas tarif ! Et rebingo ! De Rugy : « Je vous le dis franchement, on ne satisfera pas» la demande de @EDFofficiel de hausse de 42 à 52 €/MWh du prix Arenh. La Commission européenne ne nous y autorisera pas, c'est très décalé avec la réalité»

Donc EDF perdra de l’argent en vendant de l’électricité à ses concurrents pour qu’ils puissent la concurrencer (puisque, plus les renouvelables augmentent, plus les coûts pour EDF augmentent. Et c’est le consommateur qui paie plus cher pour que, grace à la concurrence, des margoulins puissent piller EDF pour les vendre moins cher. Quelqu’un a compris ?

De Rugy, symbole de l’affairisme écolo et complice des margoulins des éoliennes

Article très intéressant et révélateur du Canard Enchaîné du Mercredi 19,juin : « Loi Energie Climat, des amendements d’un désintéressement total ». Extraits :
 « Alors que le projet de loi Energie- Climat doit bientôt être discuté par les députés, certains viennent de recevoir un document étonnant. Il s’agit d’un ensemble d’amendements livrés clés en main , aimablement préparés par une filiale de Total… Pas moins de huit amendements : des bouts de loi fournis avec l’indispensable exposé des motifs, le tout frappé du logo du groupe pétrolier

Ce lobbying aussi discret qu’une nappe de pétrole ne semble pas avoir effrayé tout le monde ; Pour preuve l’amendement CE590 présenté par deux députés La République en Marche Ce texte reprend l’une des principales revendications de la liasse pétrolière permettre aux concurrents d’EDF, dont Total, de racheter deux fois plus d’ »électricité d’origine nucléaire.

EDF est en effet tenu de vendre 25% de son électricité à ses concurrents au prix fort avantageux de 42 eur. le mégawatt.h. tarif fixé en 2012. Sauf que , en 2018, le coût du megawatt heure s’est envolé ( plus de 61 euros cet automne ( NB : si vous voulez comprendre pourquoi, voir le blog précédent, ou l’explication du mystère selon lequel, plus il y a d’éolien « pas cher » dans le mix électrique, plus son prix est élevé). Les rivaux d’EDF se sont donc rués sur son électricité nucléaire pas chère. Et leur demande a largement excédé le plafond annuel autorisé de 25%. … Tandis qu »un amendement gouvernemental en tient pour le relever de 50%... »

« Au fait, qui est l’auteur du document envoyé aux députés ? Un certain Antoine Alibert, chargé des affaires institutionnelles de Direct Energie.. Et où travaillait-il avant ? Auprès de la députée Europe Ecologie Les Verts Eva Sas dont il était le collaborateur parlementaire ! »

L’escroquerie de l’électricité verte

Tiens , un autre amendement déposé par des députés qui ne savent plus où ils habitent

« « l’ARENH a été établi pour permettre aux fournisseurs alternatifs d’électricité d’accéder à la production nucléaire d’EDF. L’électricité achetée par ce biais l’est à un tarif particulièrement avantageux et bien inférieur à celui du marché de l’électricité.
Ceci est contraire au principe économique des offres vertes par lequel un fournisseur achète au prix de marché de l’électricité issue de sources renouvelables, et achète en parallèle sur un autre marché la garantie d’origine liée à cette même production.

Commentaire : bravo, bien vu !

En effet, le recours à l’ARENH peut permettre un approvisionnement à un coût inférieur à celui du marché et contribue davantage au financement de la production nucléaire qu’au développement de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable, et ce contrairement à l’attente des consommateurs. »

Commentaire : tout faux ! Car enfin, c’est pas  EDF qui demande le maintien de l’ARENH !. EDF propriété des Français est pillée en étant forcée d’approvisionner à bas prix ses concurrents prétendument verts.

ARENH : réactions syndicales

Les syndicats, décrédibilisés par Macron et ses libéraux boys  comme partenaires et parties prenantes représentatives, connaissent bien le dossier et ont quelques petites choses à dire :

FO : la sécurité d’approvisionnement en danger :

En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF, sans obtenir satisfaction compte tenu du plafonnement légal, ils n’ont obtenu que 75 % de l’électricité demandée à 42 €…. En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, l’AFOC avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement

L’actualité nous donne raison. En effet, le nucléaire nécessite d’énormes investissements et s’amortit sur le long terme. Le retour sur investissement est donc fort long. Or, la grande majorité des opérateurs alternatifs n’utilisent pas les marges qu’ils réalisent pour investir dans les moyens de production parce que ce qui prime à leurs yeux c’est la rentabilité financière à court terme.
Et pourtant, ces opérateurs alternatifs ont bénéficié de l’Arenh, payé par les consommateurs depuis 10 ans sans faire aucun investissement dans la production !

CGT : Quand il faut l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité pour permettre aux fournisseurs alternatifs de faire plus de profits pour rémunérer leurs actionnaires !!!

On se retrouve avec un vrai paradoxe ! La commission européenne et les fournisseurs alternatifs d’électricité qui ont toujours vanté la concurrence « libre et non faussée » prétextant qu’elle ferait baisser les prix ont aujourd’hui besoin d’une augmentation des tarifs réglementés (fixés par les pouvoirs publics). En effet, l’augmentation tarifaire du kWh sur le marché n’est plus rentable et ampute leurs profits.

La concurrence au niveau de la production n’existe pas en réalité. Aucun fournisseur n’a construit de nouveaux moyens de production pour venir concurrencer les producteurs historiques. Toutes se sont jetées dans le marché juteux des énergies renouvelables fortement subventionnées dont la facture estimée par la Cour des comptes s’élève à 121 milliards directement prélevés sur la facture des consommateurs. Ces entreprises privées ne font que revendre de l’électricité qu’elles achètent soit à EDF jusqu’à 100 TWh maximum à un tarif en dessous des coûts de production (l’ARENH) mise en place par la loi NOME ou sur une bourse du marché de gros qui, jusque-là était en dessous du prix de l’ARENH.

Aujourd’hui, le manque d’investissement dans des moyens de production en Europe ou en France conduit à une hausse du prix du marché de gros, à plus de 56 €/MWh. Les fournisseurs alternatifs qui, jusque-là, achetaient l’essentiel de leur électricité sur ce marché, car moins chère que l’ARENH (42 €/MWh) sont pris au piège.

CFE-CGC : l’ARENH met EDF en grande difficulté

L’Alliance CFE UNSA Énergies a exprimé, une nouvelle fois, que l’urgence résidait non pas dans un meccano capitalistique précipité mais bel et bien dans une nouvelle régulation de l’AReNH, équitable, et ce, avant toute réflexion sur une adaptation de l’organisation de l’entreprise. La Direction a aussi stigmatisé un niveau de prix de l’AReNH décorrélé du coût de production et qui ne permet aucun investissement dans la maintenance du parc de production, les réseaux ou la transition énergétique. Là également, la Direction reprend un diagnostic posé depuis longtemps par l’Alliance CFE UNSA Énergies et sa revendication d’une impérieuse révision en profondeur del’AReNH. Le Groupe doit en effet investir 15 milliards d’euros par an jusqu’en 2022 sans en avoir véritablement les moyens.

Autrement dit, la CFE-CGC et les syndicats en général réclamnte une baisse du plafond de l’ARENH et une hausse de son prix. Soit le contraire de ce que fait M. De Rugy, apparemment très dévoué à ses amis affairistes écolos et qui fait tout pour qu’ils puissent continuer à piller EDF et le patrimoine des Français.


mardi 28 mai 2019

EnergieWende : un modèle à ne pas suivre. Et la leçon australienne

Energiewende : « tout est en train de dérailler »

"Travail bâclé in Germany". Voilà à peu près ce que signifie le titre de couverture du tout dernier numéro du Spiegel, le plus puissant hebdomadaire allemand. En arrière-plan, on voit une forêt d’éoliennes cassées et de pylônes électriques déconnectés. Une image qui en dit long sur la conscience qu’a aujourd’hui l’opinion allemande de l’échec de l’"Energiewende", ce basculement énergétique décidé par notre voisin au début du millénaire et radicalement accéléré en 2011 après la décision d’Angel Merckel de sortir du nucléaire. Dès 2018, l’Allemagne avait dû admettre que ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre ne seraient pas tenus dans les délais annoncés –elle avait même ouvert de nouvelles mines de charbon... Aujourd’hui, les experts sont en mesure de dresser un bilan des huit premières années de la transition accélérée voulue par Berlin, et il est à peu près désastreux. "Tout le projet est en train de dérailler", écrit le Spiegel.

Et ce n’est pas exagéré : L’Allemagne a investi depuis 2010 plus de 30 milliards par an dans le bastringue et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 –pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros (oui, 3.000 milliards!) les investissements requis d’ici à 2050, si l’Allemagne persiste dans son intention d’accroissement de la part du solaire et de l’éolien dans son mix énergétique. Des sommes faramineuses. Or, le résultat est spécialement déprimant: malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009. L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes et elle accueille des milliers de km2 de panneaux solaires. Mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. En outre, là où elles sont connectées, ces installations ne couvrent les besoins que de manière intermittente (pas de solaire la nuit, pas de vent quand il ne souffle pas…) ce qui requiert, en complément et faute que le stockage soit rentable ou même possible, des capacités complémentaires souvent fossiles (affreux charbon et horrible lignite en tête). Une bérézina.


Sortie du charbon en Allemagne : objectif 2038. Près de 20 ans pour sortir du charbon

En Allemagne, la commission « croissance, changement structurel et emploi » a remis son rapport définitif( le 26 janvier. Elle y propose que la production d’électricité à partir du charbon soit arrêtée d’ici à fin 2038  Explications.

En 2018, le charbon (lignite et houille réunis) a compté pour près de 38% de la production allemande d’électricité. Selon la commission mise en place en juin 2018 par Angela Merkel pour préciser les contours d’une « sortie du charbon », il est possible pour l’Allemagne de se passer de ce combustible à l’horizon 2038.
La commission y propose, dans un premier temps, de réduire d’ici à fin 2022 de plus de 12,5 GW la puissance totale du parc allemand de centrales à charbon (qui avoisine actuellement 42,6 GW). Entre 2023 et fin 2030, les arrêts de centrales au charbon devraient se poursuivre à un niveau assez similaire (portant ainsi à près de 17 GW la puissance cumulée du parc charbon à fin 2030).

La commission indique que sa feuille de route devra faire l’objet d’examens réguliers (en 2023, 2026 et 2029) par des experts indépendants afin de tenir compte des évolutions du système électrique et en particulier des conséquences de la sortie du nucléaire prévue à l’horizon 2022 (cette énergie comptait encore pour 13,3% de la production électrique allemande en 2018).

Le gouvernement devrait suivre ces différentes recommandations (qui n’ont pas de caractère contraignant NB le charbon et le lignite allemand, ça peut donc durer encore plus, plus longtemps….) issues d’un compromis entre les différentes parties prenantes. Pour compenser la sortie du charbon et du nucléaire, l’Allemagne parie sur un développement massif des énergies renouvelables : le pays s’est fixé pour objectif de produire 65% de son électricité à partir de ces filières en 2030 (contre environ 40% en 2018).

Quel coût pour la « transition » ?

Au cours des 20 prochaines années, au moins 40 milliards d’euros d’aides fédérales sont envisagées pour accompagner la sortie du charbon dans les régions charbonnières (est et ouest de l’Allemagne). Des négociations vont avoir lieu avec les exploitants de centrales (« plus les centrales seront arrêtées tardivement, plus la compensation sera faible »). Aux premiers rangs de ces exploitants figure RWE qui juge pour sa part « raisonnable de réexaminer en 2032 » (tiens, tiens, y-a-bon lignite) la date de sortie du charbon.
La commission appelle par ailleurs à préserver les consommateurs allemands (entreprises et ménages) de la hausse des prix de l’électricité associée à une sortie « accélérée » du charbon. Elle estime à ce titre qu’« une subvention d’au moins 2 milliards d’euros par an est nécessaire pour compenser cette augmentation ». Les ménages allemands sont d’ores et déjà les Européens qui paient leur électricité le plus cher après le Danemark : 0,30 €/kWh au 1er semestre 2018 selon les dernières données d’Eurostat, soit 70% de plus qu’en France.

Tiens, tiens, ça a peut-être à voir avec le fait que la part des renouvelables dans le mix électrique outre-rhin a approximativement doublé depuis le début des années 2010, et qu’en plus le coût associé aux réseaux électriques est particulièrement élevé, notamment en raison du raccordement onéreux des parcs éoliens offshore.

 La sortie du charbon en Allemagne sera donc difficile et coûteuse, reconnaît la commission, mais nécessaire en vue de réduire les émissions allemandes de gaz à effet de serre. L’an dernier, le gouvernement avait reconnu son incapacité à atteindre l'objectif de 40% de réduction des émissions nationales d’ici à 2020 (par rapport à 1990)…

Ben oui, ils ont même pas commencé à diminuer. Non seulement, mais ces dernières années ils ont continué à ouvrir à tire larigo des mines de charbon et de lignite, tant que c’était encore autorisé. Donc, forcément, ça leur prendra encore plus de temps à sortir du charbon ( on va quand même pas les fermer tout de suite celles qui viennent d’ouvrir….)

A partir d’une situation similaire, le Royaume-Uni est sorti de la production électrique à partoir du charbon en quatre ans. Donc c’est possible… à condition de mettre en place une taxe carbone et d’investir dans le nucléaire. (cf.) https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/02/leurope-de-lenergie-encore-un-echec.html

Bilan : avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne ne baisse pas ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France et ceux-ci payent pourtant leur électricité 70%  plus cher qu’en France. Face à cette catastrophe, l’Allemagne continue et retarde indéfiniment sa sortie du charbon. Et fuck the climate

Disons le, avec son Energiewende si renouvelable, si applaudie par les écologistes irresponsables ( ils ne le sont pas tous), avec ses si plébiscités,, si populaires, si présentés comme modèles Grunen tout verts, l’Allemagne continue dans sa spécialité historique, le crime contre l’humanité

Tiens, une leçon pour nos politiciens, qu’ils comprendront peut-être…

Australie : Transition énergétique : mieux qu’un long discours, une élection…


J’avais dans un blog précédent (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/01/electricite-vers-le-grand-noir-le.html) exposé comment l’Australie du sud ( un des Etats Australiens), parti dans un délire écolo-affairiste, avait décidé de devenir un champion de l’éolien et du solaire ( et pourtant ils sont pas défavorisés dans ces domaines..).
Ayant eu la très mauvaise idée de dépasser les 40% d’éolien, ils ont récolté ce qu’ils sont semé, c’est-à-dire des effondrements systémiques du réseau une fois, deux fois, trois fois, des black out total, plus de jus, plus rien, même dans les hopitaux.

A cela s’est ajouté un quadruplement du prix de l'électricité facturé aux particuliers et des consommateurs pauvres ne pouvant plus payer leurs factures….

Alors, ils ont fait quoi ? Ben, relancé le charbon !

Et puis vote il y a eu, élections fédérales le 18 mai 2019. La coalition du Parti Libéral au pouvoir de Tony Morrisson était donnée perdante par tous les sondages qui prédisaient une large victoire du Travailliste Bill Shorten… qui a  finalement perdu.

La raison : Bill Shorten ambitionnait de faire de l’île une « superpuissance des énergies renouvelables..

 »…A la vue de l’expérience sudiste, les électeurs ont bien compris et bien choisi : ils ont rejeté une ruineuse politique climatique fondée sur des énergies éoliennes et photovoltaïques entraînant une hausse du prix de l’électricité et des coupures de courant et cette raison semble bien le principal facteur expliquant le retournement inattendu (par les sondages) des électeurs.
Déjà, le 9 octobre 2017, le journal The Australian qualifiait le développement des éoliennes et panneaux photovoltaïques de « plus grande escroquerie mondiale ».

Allez, on résiste pas au plaisir : Morrison, Centre droit, 76 députés ; Shorten, Centre Gauche, 67 députés ;  Di Natale , Verts, 1 député


Après une expérience douloureuse, il y en a qui ont compris …



jeudi 28 mars 2019

Le Glyphosate et les procès de sorcière (1)


Bienvenue dans un monde sans glyphosate- intoxications au Datura

Le 9 mars 2019, des haricots verts très fins vendus par la chaîne d’hypermarchés Leclerc ont fait l’objet d’un rappel. Deux jours plus tard, c’est au tour de Carrefour, de Cuisine de France et D’aucy, de rappeler des haricots verts très fins surgelés. Il est alors recommandé aux personnes qui auraient acheté ces lots de produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente. Quelques semaines auparavant, le 1er février, la marque de plats préparés en livraison à domicile ‘Comme J’aime’ avait procédé au rappel de porc à la provençale et ses haricots plats.  La raison de ces rappels de produits achetés dans le commerce ou livrés à domicile ? Le fait qu’ils soient tous suspectés d’être contaminés au Datura, une plante herbacée renfermant des substances toxiques. 
En janvier 2019, 35 personnes avaient été hospitalisées dans l’unité de toxicologie clinique du CHU de Martinique. Parmi elles, 25 ont été intoxiquées au Datura. Elles ont présenté des troubles digestifs, des hallucinations et des signes cardiovasculaires, selon la Cire Antilles (Cellule d’Intervention en Région de Santé publique France). Elles avaient consommé de la farine de sarrasin complète bio, produite en Alsace. Parmi les patients intoxiqués, on note une famille de sept personnes, dont un enfant de 4 ans.
En novembre 2018, le signalement de deux personnes présentant des signes de « syndrome anticholinergique » (dont une dilatation des pupilles) a été le point de départ  d’une alerte liée à la consommation de farine de sarrasin, contaminée par la Datura. Ces cas concernaient des personnes intoxiquées trois jours plus tôt lors d’un repas. Elles avaient mangé des crêpes maison préparées avec un paquet de farine bio, acheté en grande surface. La recherche de cas similaires avait par la suite permis d’identifier une seconde intoxication collective. Celle-ci concernait quatre personnes ayant également présenté des signes anticholinergiques après avoir consommé des crêpes maison confectionnées avec un paquet farine de la même marque et provenant du même fournisseur. Il avait été également acheté en grande surface, mais dans une région différente.
En décembre 2018, 11 cas présentant en commun un « syndrome sec » (comportant une sécheresse buccale et des muqueuses) ont été détectés. Quatre cas supplémentaires ont par la suite été rapidement identifiés. Là encore, il s’agissait d’une intoxication à la farine de sarrasin, qui a donné lieu à une alerte. Quatre jours plus tard, un nouveau signal permettait de détecter six nouveaux cas d’intoxication par la même farine, achetée dans un autre magasin.
Ces faits inquiétants ne sont cependant pas surprenants. En effet, pouvant atteindre la même hauteur que le sarrasin, le datura, dont la maturité se situe vers la fin du mois d’août, libère pour chaque plante au moins 100 graines par fruit, qui peut ensuite contaminer 10 000 graines de sarrasin. Ce qui explique que la détection visuelle ne suffit pas pour garantir un produit sain. Autre motif d’inquiétude, le datura est en pleine expansion en France. « De par le respect de ses procédures, la culture de type biologique du sarrasin expose la farine qui en est produite à une contamination par les alcaloïdes de datura, l’atropine et la scopolamine », note le Dr Baert, qui précise que « l’absence, dans la filière biologique, de traitement sélectif de la culture de sarrasin, conduit du fait de la dimension des graines, à l’inefficacité du tamisage en moulin »
Par ailleurs, on peut lire sur le site internet du ministère de l’agriculture que la Direction générale de l’alimentation (DGAL) procède habituellement à des contrôles chez les agriculteurs sur « tout le territoire national » et que « tous les types de production sont concernés ». Ces contrôles sont complétés par ceux réalisés par la DGCCRF lors de la distribution de ces produits.
En juillet 2018, des pieds de Datura avaient été repérés dans des parcelles de maïs en Poitou-Charentes. Les conditions climatiques de ce printemps avaient été très favorables au développement de cette herbe, très invasive, estimait le semencier suisse Syngenta. Selon ce dernier, l’élimination de ces parcelles contaminés était jugée incontournable.
Durant l’été 2017, les centres antipoisons avaient alerté l’ANSES de la survenue de plusieurs cas d’intoxication sévère par Datura, avec recrudescence de cas principalement en région Nouvelle-Aquitaine. Interrogés, les patients intoxiqués avaient déclaré avoir trouvé la plante en zone urbaine, à proximité immédiate de leur lieu d’habitation. Et l’ANSES de faire remarquer qu’une loi interdit à partir du 1er janvier 2017 « aux personnes publiques d’utiliser/faire utiliser des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, forêts, promenades et voiries accessibles ou ouverts au public ». Il y a deux ans, suite à ce signalement, une information avait été transmise par la Direction générale de la santé (DGS) au ministère de l’intérieur « pour demander aux municipalités de procéder à l’arrachage des datura, surtout dans les lieux fréquentés  par les jeunes publics.
Datura stramonium est une une solanacée qui mesure à maturité de 30 cm à 1 mètre de haut. Ses feuilles sont vert sombre, dentelées. Cette plante ubiquitaire fleurit de juillet à octobre et produit de grandes fleurs blanches en forme de trompette. Toutes les parties de la plante sont toxiques car elles contiennent des substances (alcaloïdes) qui s’opposent à l’action d’un neurotransmetteur, l’acétylcholine. Ces composés sont l’atropine, la scopolamine, la hyoscyamine. Cette herbe peut contaminer certaines récoltes et être à l’origine d’intoxications alimentaires aigües. En France, entre 1999 et 2015, 1186 cas d’intoxication par Datura ont été dénombrés, dont deux cas mortels.
Ce sont les graines de Datura qui renferment les concentrations les plus élevées en alcaloïdes toxiques. Chez l’adulte, on estime que la dose toxique est de 10 à 12 grammes de graines, chez l’enfant de 2 à 5 grammes de graines. La concentration d’atropine varie selon la saison. Elle est maximale en été. Les médecins parlent de « syndrome anticholinergique » pour décrire l’ensemble des symptômes liés au blocage des récepteurs de l’acétylcholine par les alcaloïdes contenus dans la Datura. Les premiers symptômes, qui apparaissent environ 30 minutes après l’ingestion de Datura stramonium, sont une mydriase bilatérale (dilatation des pupilles), une importante dilatation des vaisseaux cutanés (la personne devient rouge), une sécheresse de la peau et de la bouche, une élévation de la température corporelle (hyperthermie), une tachycardie, une hypertension artérielle pouvant aller jusqu’à une détresse circulatoire et respiratoire.
Bienvenu dans un monde sans glyphosate, où les rendements agricoles diminueront de 20% , où les prix des produits bio augmenteront de 40% ( eh ben, le datura, il faudra se l’arracher à la main, ça résiste salement cette bestiole,  ou perdre les récoltes…), et tout ça pour une nourriture peut-être bio, mais beaucoup plus dangereuse. Un monde où nous verrons à nouveau des intoxications massives dont nous avons même perdu la mémoire.
Et tout cela grâce à une propagande écolo fanatique, incroyablement rétrograde, scientifiquement inepte- voir blogs suivants, une propagande de bobos écolos citadins ignares ou de personnes idéologiquement opposées aux OGM… Merci Stéphane Foucart, le datura vous remercie bien
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