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vendredi 26 août 2022

Sea Shepherd se bat contre l’éolien en mer

 


A Saint-Brieuc, à Lorient, la campagne des Vents de la colère est lancée !

A Saint-Brieuc, Sea Shepherd se retrouve aux côtés des pêcheurs pour lutter contre la zone industrielle éolienne : « Nous avons commencé à aborder le sujet de l’éolien, il y a seulement quelques mois. En creusant, on s’est rendu compte qu’on est face à un enjeu majeur. Tel qu’il est conçu en France, il va y avoir un impact catastrophique sur le littoral et la vie marine. Nous faisons les efforts nécessaires dus à l’urgence d’agir. En baie de Saint-Brieuc, c’est maintenant ou jamais. »

« On aimerait un moratoire sur les projets éoliens. Que l’on se pose, qu’on revoie toute la copie, et qu’on exclue d’emblée certains sites de ces projets industriels, comme ici en baie de Saint-Brieuc. »

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/parc-eolien-en-baie-de-saint-brieuc/pour-sea-sheperd-lutter-contre-l-eolien-en-baie-de-saint-brieuc-c-est-maintenant-ou-jamais-952ec532-0015-11ec-89f6-98e781273c08

Et à Lorient, Sea Shepherd a commencé à lutter contre le parc Bretagne Sud, 60 éoliennes de 260 m de haut entre les iles de Groix et Belle Ile, au large de Lorient. D’abord 20 éoliennes sur 50 km² à 15 km de Belle-Île, 20 km de Groix, puis 40 sur 100 km2 plus au large.

« Dans le cadre de la campagne "Les Vents de la Colère" lancée en Aout 2021, nous tiendrons un stand d'information et de sensibilisation du grand public sur les projets industriels d'usines éoliennes en mer et les ambitions françaises en la matière.

https://ms-my.facebook.com/events/1164043134157114

Les vents de la colère ! La campagne de Sea Shepherd contre l’éolien en mer

https://newsletters.seashepherd.fr/images/septembre_2021/PROJET_FRANCAIS_D_USINES_EOLIENNES_EN_MER_-_UNE_BOMBE_A_RETARDEMENT_ECOLOGIQUE.pd 

1) Les raisons d’un engagement : une menace imminente d’une ampleur telle qu’elle hypothèque l’avenir de la vie marine côtière

La France est le deuxième plus grand espace maritime mondial. Seul pays présent sur tous les océans de la planète, elle a en matière de protection de la biodiversité marine une responsabilité planétaire qui devrait l’inciter à être exemplaire

S’estimant en retard dans la course à l’armement éolien maritime, le gouvernement français a accordé à des promoteurs éoliens et des fonds de pension étrangers les plus beaux sites naturels de son littoral et a autorisé des projets d’usines dont l’impact va être colossal, impossible à compenser et irréversible pour la biodiversité marine, première régulatrice du climat, première productrice d’oxygène et premier puits de carbone de la planète. Le sujet des usines éoliennes en mer et plus globalement des EMR est particulièrement complexe et constitue un enjeu majeur pour l’avenir de l’océan.

Sea Shepherd se mobilise tardivement sur le sujet car il n’est pas dans notre champ d’action habituel et nécessite un important investissement humain et financier afin d’en acquérir une maîtrise suffisante et pour lancer en urgence les actions nécessaires en mer, sur le terrain juridique et médiatique. Si notre mobilisation sur ce sujet paraît de prime abord surprenante aux yeux de certains, Sea Shepherd est une ONG de défense de l’océan et face à une menace imminente d’une ampleur telle qu’elle hypothèque l’avenir de la vie marine côtière, notre engagement nous paraît d’une nécessité évidente. Malgré quelques vents contraires et quelques incompréhensions parmi certains de nos sympathisants, nous remplissons ici notre contrat moral avec nos donateurs et nos équipes, mais surtout avec l’océan. Ce dossier qui sera amené à s’étoffer dans le temps a pour but de mieux expliquer les raisons de notre mobilisation.

2) La lutte contre le changement climatique ne peut se faire en sacrifiant la biodiversité

Notons que l’on cherche souvent à comparer la France avec les autres pays d’Europe qui ont déjà développé l’éolien offshore. Mais la France, dont les 3 façades maritimes représentent un enjeu fondamental pour la survie des oiseaux et mammifères marins en Europe, est à la traine et n’a pas pris les mesures mises en place dans d’autres pays, pourtant d’importance moindre pour la biodiversité, afin de s’assurer que ses ambitions énergétiques ne mettent pas en péril les populations marines.

C’est particulièrement inquiétant, car la politique gouvernementale est irresponsable et indigne de notre rang de grande puissance maritime mondiale qui voudrait que nous montrions l’exemple. Nous ne sommes pas à la hauteur des responsabilités qui nous incombent et les conséquences vont être cataclysmiques : elles vont s’étendre bien au-delà de nos frontières et nous devrons en répondre devant les générations futures.

Il est urgent d’établir un moratoire sur tous ces projets mortifères pour leur imposer les limites nécessaires, car la lutte contre le changement climatique ne peut pas se faire au détriment de la protection de la biodiversité. L’opinion publique doit s’emparer de ce dossier avec à sa disposition, des informations complètes et transparentes, seul moyen pour elle de prendre la mesure des enjeux et de se faire un avis éclairé. Ce dossier tente modestement de contribuer à cet objectif;"

3) L’avis du CNPN : le développement des EMR (Energies Marines Renouvelables) a jusqu'ici échoué à intégrer développement économique, transition énergétique et préservation de l'environnement dans une démarche vertueuse

Voir aussi sur ce blog https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html

 « Les impacts potentiels sur la biodiversité représentés par  le développement de l’éolien offshore en France (…) peuvent être très importants sur la biodiversité marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière »

« Par facilité technique et financière, tous les parcs français actuellement décidés l’ont été dans la zone des12 miles, entre 10 à 20 km des côtes, alors que la moyenne en Europe est de 41 km. Pour atténuer l’impact sur les oiseaux marins et les chauves-souris, il faut absolument s’éloigner de la zone des 12 miles, sans être trop au large non plus pour ne pas impacter les cétacés.» (autosaisine CNPN,page 46/69)

« La démarche ERC doit être faite en amont alors que la France l’applique in fine lorsqu’on ne peut plus revenir sur le choix de la zone. La transgression de ce principe de non installation de parcs éoliens en zones NATURA 2000 par la France (à notre connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en Allemagne) et d’absence d’étude d’incidence préalable au niveau des macro-zones, contredisent toutes les positions ministérielles antérieures au ministère Ségolène Royal. Trois projets de parcs sont en infraction à ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône (face à la Camargue) et le projet d’Oléron. (auto-SaisineduCNPN,p.22)

« On ne peut pas compenser la perte d’habitat causée par la disparition des zones d’alimentation pour les oiseaux locaux (nicheurs ou hivernants) et encore moins pour les migrateurs provenant de l’Europe entière.» (auto-saisine,cnpn page 47)

« La compensation est quasi impossible en milieu marin, sauf à proposer comme actuellement des mesurettes doublonnant des suivis de populations sur terre qui sont d’ailleurs de l’accompagnement et non de la compensation, il faut privilégier le E d’ERC dans le choix des emplacements des macro-zones» (auto-saisineCNPN,page70)

« Contrairement à certains pays européens où la biodiversité est prise en compte en amont dans le choix des localisations de parcs, comme l’Allemagne, ce n’est pas le cas jusqu’à présent en France où ce choix s’est fait en fonction des contraintes socio-économiques ou militaires, la réduction des impacts sur la biodiversité n’est pas la priorité des promoteurs éoliens et ces derniers s’abritent derrière un intérêt public majeur de lutte contre le réchauffement climatique, sans que l’on sache d'ailleurs la contribution réelle de l'éolien en mer à celui-ci, compte tenu de l’intermittence et du nécessaire complément par d’autres sources d’énergie notamment du gaz fortement émetteur de gaz à effet de serre». Auto-SaisineCNPN,page69.

 « Les études d’impact ne sont pas indépendantes car financées, relues et commentées par le développeur éolien lui-même (avant le dépôt auprès de l’Administration). Pour une vraie indépendance, les bureaux d’études devraient plutôt relever d’un service de l’État » (Employée d’un bureau d’études travaillant entre autres pour le secteur éolien)

« À ce  jour, les politiques de réduction de gaz à effet de serre et de protection de la biodiversité semblent se mener indépendamment les unes des autres. C’est la cata, nos décideurs n'entendent rien. On est gouverné par des fous. » (Déclaration de l’un des auteurs du rapport du CNPN à Médiapart)

3) Un très fort risque pour les oiseaux



«Les impacts sur les oiseaux rapportés dans la littérature concernent jusqu’à présent de petites éoliennes de moins de 2 MW de puissance et de moins de 100 ou 150 m de hauteur en bout de pales… Nous n’avons aucune expérience de l’impact des éoliennes de 8 MW en cours de pose en France ni a fortiori des éoliennes monstrueuses de 14 ou 15 GW atteignant 260 m de hauteur voire davantage. » Auto-saisine CNPN, page 36. »

 « L’objectif de la Commission Européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes offshore en 2050 dont 7100 pour la France semble clairement incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins dont la dynamique de population est liée à un taux de mortalité très faible des adultes.».. .« Une augmentation de 5 % de mortalité est jugée incompatible à terme avec la survie des espèces d’oiseaux marins (Dierschke et al. 2003), voire même 1 % pour les espèces vulnérables ou en déclin » (Auto-saisine CNPN,page 40)

« On ne peut pas compenser la perte d’habitat causée par la disparition des zones d’alimentation pour les oiseaux locaux (nicheurs ou hivernants) et encore moins pour les migrateurs provenant de l’Europe entière.» (auto-saisine,cnpn page 47)




4) Le bruit, une menace négligée : danger imminent pout les dauphins

Eh oui, le milieu sous-marin est un très bon conducteur des ondes sonores, dont certaines peuvent facilement se propager sur des centaines de km.

« La surveillance de l’impact du bruit sous-marin continu généré par les turbines en fonctionnement sont des exemples de domaines (...) dont nous ne pouvons pas encore rendre compte. Les effets à long terme sur les populations de poissons et la manière dont les changements de comportement observés affectent la condition, le succès de la reproduction et la survie des animaux, ne sont pas encore connus.» (auto-saisineCNPN,page34)

Le bruit d'origine anthropique est une menace pour les baleines et les dauphins dont la survie dépend de leur audition. Sont également impactés, les poissons, les crustacés et les calamars. La pollution sonore augmente le stress des cétacés et impacte leurs capacités à : - Communiquer - Se reproduire - Se déplacer - Se nourrir & chasser - Échapper aux prédations

 « Une population sédentaire de grands dauphins, unique, la plus importante d’Europe, proche du chantier de Saint-Brieuc, sans possibilité de fuite, pris entre la côte et des projets EMR qui l’encerclent.»(GECC, GECC (Groupe d’Études des Cétacés du Cotentin)

5) Des dérogations trop facilement accordées

(et ça va pas s’arranger avec le projet de loi d’ accélération des ENR)

« Selon le code de l’environnement, afin d’obtenir une dérogation de destruction d’espèces protégées, trois conditions incontournables sont à respecter : – Le projet doit se fonder une raison impérative d’intérêt public majeur – Il n’existe pas de solution alternative de moindre impact – La dérogation ne nuit pas au maintien de l’état de conservation des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle

Or, par exemple  à Saint t-Brieuc,  la demande de dérogation inclut le Puffin des Baléares, une espèce en danger critique d’extinction. Pourtant, la Directive communautaire et la jurisprudence interdisent le recours à des mesures de compensation pour des espèces en danger critique d’extinction

Et Iberdrola (Ailes Marines ) a obtenu l’appui de la LPO  5ligue de Protection des Oiseaux) ! comme le montre cette lettre publiée sur le site de Sea-Shepherd : 


Conclusion de Sea Shepherd : « Au prétexte de lutter contre le changement climatique, les promoteurs de l’industrie éolienne en mer se voient accorder des passe-droits qui seraient refusés à n’importe quelle autre industrie

Le positionnement de Sea Shepherd dans ce dossier a surpris beaucoup de monde, y compris parmi ses propres sympathisants. L’image vertueuse des usines éoliennes est fortement ancrée dans l’imaginaire collectif et a contrario, l’image catastrophique du nucléaire empêche tout débat rationnel. Le simple fait de soulever des problèmes liés au développement anarchique des éoliennes vous vaut souvent d’être catalogué de « pro nucléaire ». Or, si les dangers du nucléaire sont bien connus, ceux de l’éolien en revanche sont passés sous silence…force est de constater que les grosses associations nationales qui ont les moyens financiers et la visibilité nécessaires pour peser dans le débat et être le porte-voix des alertes scientifiques, sont soit aux abonnés absents soit de fervents défenseurs des projets en cours, aussi destructeurs du vivant soient-ils

« Au prétexte de lutter contre le changement climatique, les promoteurs de l’industrie éolienne en mer se voient accorder des passe-droits qui seraient refusés à n’importe quelle autre industrie. Ils agissent comme un véritable rouleau compresseur autorisé à détruire le littoral et l’État, en les soutenant, se rend coupable d’un écocide. Nous ne gagnerons pas cette course contre la montre pour enrayer le changement climatique si nous sacrifions la biodiversité au passage. Ce qui s’amorce avec les EMR en France est un crime contre la Nature  et contre les générations futures. »

Lamya Essemlali Présidente deSea ShepherdFrance



samedi 20 août 2022

L’éolien off shore : 1) une équation économique incertaine, une technologie non mature, un coût très élevé de l’électricité pour une décarbonation très peu efficace, voire contestable.

Résumé : Coût  extrêmement  élevé, technologie non mature,  forte dépendance en matériaux stratégiques, occupation extravagante de l’espace maritime, des projets à risque aggravé et des problèmes en séries. L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent. En conséquence, la seule urgence qui s’impose est celle d’un moratoire

1) « S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! « 

 Jean Marc Jancovici, ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Témoignage devant la Commission Aubert, 16 mai 2019

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »

« Les conditions de l’éolien en mer expliquent des coûts particulièrement élevés. Une éolienne en mer doit résister non seulement au vent (ça il vaut mieux !) mais aussi aux vagues, à la corrosion du sel, et donc il faut utiliser plus de matériaux et plus de traitements à puissance installée égale, sans parler du support immergé.»

« A cause de ces raisons, et aussi de la zone d’implantation, la construction en mer augmente la dépense en carburant par rapport à la construction à terre, et augmente aussi la dépense en carburant pour la maintenance.» 

 «  Il résulte de ces « surcoûts » à la construction que l’éolien off-shore, malgré un taux de charge augmenté (Vesta annonce de 30% à 50%, ce qui soit dit en passant correspond peut-être au cas du Danemark mais pas au cas de la France, où les meilleurs sites dépassent tout juste 35% de facteur de charge), fournit certes une énergie plus importante par éolienne installée, mais avec un « contenu en carbone par kWh » qui reste à peu près identique. Les éoliennes soient off-shore ou à terre, elles produisent toujours de l’électricité intermittente. De ce fait, dès qu’il y a 1 MW d’éolien installé quelque part, il faut obligatoirement, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, installer un peu moins de 1 MW « d’autre chose » ailleurs. Installer 24 GW d’éolien suppose donc d’avoir « ailleurs » pas loin de 20 GW de puissance de pointe provenant d’une autre source pour pallier les variations du vent, et au surplus cette « autre source » devra fonctionner 70% à 80% du temps pendant que l’éolien assurera sur 20% à 30% du temps. »

2) L’éolien flottant, c’est cher !

La Cour des Comptes estimait en 2018 (Rapport sur le coût des ENR)  que les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !»

Le Président Macron a annoncé le 20 juin 2018 que, après négociations avec les promoteurs, leur coût a été ramené de 40 Md€ à 25 Md€

Un miracle qui laisse songeur sur les méthodes …Sauf que, changement : les raccordements des éoliennes off-shore au réseau d’électricité seront à la charge de RTE, alors que ces opérations coûteuses sont normalement à la charge du producteur.  Ce qui arrange bien les producteurs,  d’autant que ces coûts de raccordements sont assez peu prédictibles, et que la France a des systèmes côtiers plus compliqués que les sites peu profonds et sableux de la Mer du Nord et de la Baltique. ..

Selon l’Ademe, le coût de production de l’électricité éolienne en mer est estimé entre 123 € et 227 € le MWh pour des machines posées et entre 165 € et 364 € le MWh pour l’éolien flottant (Étude « Coûts des énergies renouvelables en France », Ademe, janvier 2017)

La CRE donne en 2022 les premiers Megawatt offshore ( plutôt posé donc)  à 178,2  €/

Rappelons que l’Arenh ( côut estimé du nucléaire historique) était de 42 et  passera à 49.5 €/MWh en janvier 2023.

La zone éolienne  de Groix & Belle-Île bénéficiera d’un tarif d’achat de 240 €/MWh de la totalité de sa production (même si elle est inutile et ne vaut rien, voire si cela se produit régulièrement en Allemagne a une valeur négative) sur vingt ans.

Se basant sur des courbes d’institutions internationales, l’Ademe estime que le coût va fortement diminuer.

C’est en fait très peu probable en raison du renchérissement des matières premières dont les éoliennes sont très gourmandes. Ainsi, le Department of Energy US  donne 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien (sans précision) contre  800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, soit  en gros un facteur 10 pour le béton et  pour l’acier… à l’avantage, très marqué, du nucléaire.

Et si l’on considère les métaux critiques, c’est encore pire :l’éolien off shore tout particulièrement nous expose à des dépendances fortes pour le cuivre, le cobalt, certians métaux rares (néodyme, dysprosium…). L’intensité cuivre de l’éolien off shore, avec en plus toutes les connections nécessaires constitue un véritable risque économique et géostratégique  (et un scandale écologique) pour un métal très demandé dans toutes les techniques  nécessaires à la transition énergétiques et dont la production risque fort de ne pouvoir suivre la demande.


Cela signifie donc d’une part, que les ENR nous entrainent dans une nouvelle dépendance géostratégique qui peut devenir  équivalente voire pire que celle du pétrole ; et d’autre part, qu’ils sont extrêmement sensible à des hausses de prix, avec là aussi une forte dépendance étrangère :

« Le PDG d'un grand groupe de développement d’éolien terrestre se plaint que son entreprise a déjà abandonné deux projets éoliens (30 MW) attribués en 2018 car « la rentabilité initialement prévue n’est plus là » et a placé 60 MW « sous cloche » depuis l’automne…

Il nous faudrait un complément de rémunération à EUR 87-90/MWh pour que ces projets soient rentables », a-t-il affirmé, alors que les appels d’offres éoliens et solaires se situent dans les EUR 60-80/MWh…. Jusqu'à 13 GW de capacité solaire (5-6 GW) et éolienne (6-7 GW) sont menacés à cause de « la hausse des coûts des matériaux de construction (…), leurs coûts réels n’étant plus couverts par le prix d’achat garanti par l’État », a récemment dit le ministère de la Transition énergétique. »

https://www.montelnews.com/fr/news/1342348/la-hausse-des-cots-de-30-40-freine-la-croissance-des-enr, 11 Aug 2022

3) Une technologie qui n’est pas mature : « « Les assureurs considèrent les projets d’Energies Maritimes Renouvelables »comme des projets à « risques aggravés »

Si les prix sont élevés, c’est que la technologie de l’éolien flottant n’est pas considérée comme mature. Et c’est d’ailleurs une remarque reprise dans tous les débats publics organisés par la CNDP sur les projets d’éoliens flottant : pourquoi ne pas commencer par des parcs test comme c’était prévu à Groix (Eolfi) ou en Méditerranée plutôt que de se lancer d’emblée dans des zones industrielles d’ampleur sans véritables précédents ?

Comité de prospective de la CRE,  Rapport sur les énergies marines, juin 2021

« L’éolien en mer flottant est en pleine expansion, mais pose encore certaines questions. Le premier parc d’éoliennes flottantes en mer, le projet Hywind, a été inauguré en Ecosse en 2017 par les sociétés Statoil et Masdar. Sa capacité de production est de 30 MW. Un autre parc éolien flottant, WindFloat Atlantic, a été mis en service fin juillet 2020 au Portugal. « 

« Trois principales raisons expliquent le niveau élevé de risque des projets d’EMR : - à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ; - le retour sur expérience est encore faible ce qui limite les possibilités de modélisation et se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs…Les assureurs considèrent les projets d’EMR comme des projets à « risques aggravés ».

RTE,  scenarios futur énergétique 2050 :

« Le développement de l’éolien en mer en France ne pourra pas suivre le même chemin que celui des pays riverains de la mer du Nord. En effet, les caractéristiques de profondeur au large de certaines côtes françaises conduisent à privilégier l’éolien flottant notamment sur les façades maritimes bretonnes et méditerranéennes (caractérisées par des profondeurs chutant rapidement au large des côtes) »

« À ce stade, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. "

« D’une façon générale, les coûts de raccordement des énergies marines sont soumis à de fortes incertitudes, supérieures à celles rencontrées pour des types de réseaux plus conventionnels.»

Le coût exorbitant des éoliennes flottantes, Books n° 0105, mars 2020. Par Jean-Pierre Le Gorgeu, Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès

« Pour les banques et investisseurs, ces projets apparaissent comme nouveaux et ils demandent de fortes primes de risque :

- Cette technologie ne bénéficie pas encore de la fabrication en série qui diminue le coût de l’éolien posé.

-Plus grave, la technologie de référence n’est pas fixée et il existe plusieurs modèles sur lesquels on manque de recul. Hywind, en Ecosse, utilise un  flotteur vertical, mais bien d'autres solutions sont encore à l'étude.

Pour illustrer l’absence de maturité de la technologie, sur 4 projets prévus en France, ce seront 4 technologies différentes qui seront employées !

 Or le choix technologique est loin d’être indifférent ! Flotteur en bèton (moins cher) ou en acier, vertical, horizontal, plusieurs colonnes,  semi immergé ou non, les choix techniques ne sont pas indifférents : le coût du flotteur compte pour près de 60%.

-Les dispositifs de suivi sur sites restent expérimentaux (camera, jauges de contraintes) A ce stade, il est impossible de mutualiser les moyens de surveillance et de diminuer le coût »


Exemples de défis technologiques propres aux éoliennes flottantes

- les fortes contraintes et vibrations sur l’axe de rotation des pâles, déjà problématiques sur des éoliennes fixes sont amplifiées par les mouvements du socle, ce qui entraine une fatigue plus  prononcée.

- les oscillations au gré de la houle provoquent des successions de tractions et de relâchement  sur les dispositifs d’ancrage déjà complexes et sur les composants qui le relient à la terre entrainant une fatigue et  une dégradation des matériaux très rapide.

C’est déjà pas simple, mais c’est en plus beaucoup demander à un câble d’être dynamique !


- le flotteur joue un grand  rôle dans le coût et la résistance de l’éolienne, et il subsiste de nombreuses incertitudes sur les solutions les mieux adaptées. (dans l'ordre Eoliennes flottantes du Golfe du Lion, Eolmed;  Provence Grand Large,  EOlfi


4 projets, 4 technologies, sans compter des design plus exploratoires mais intéressants, comme des éoliennes  à axe vertical (Sea Twirl)


4) Des projets vraiment problématiques

Naval Group : une rentabilité inatteignable

Début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification (Naval Energies) dans le secteur des énergies marines renouvelables qu’il estime immature  : «Malgré les efforts de toutes et de tous, ces projets, engagés depuis près de 12 ans ne présentent pas aujourd'hui suffisamment d'assurance de succès économique à court, moyen ou long terme. L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

Orsted : vitesse des vents et usure des câbles

« Orsted, le plus grand développeur de parcs éoliens offshore au monde, a déclaré qu’il avait perdu. 2,5 milliards de DKr (389 millions de dollars) en raison de vitesses de vent plus faibles au cours des neuf premiers mois de cette année par rapport à 2020… L'intermittence des énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne a attiré l'attention en Europe ces derniers mois car certaines des vitesses de vent les plus lentes depuis des décennies ont exacerbé la dépendance au gaz et au charbon pour l'électricité, y compris au Royaume-Uni, le plus grand marché éolien offshore au monde. »

Très confraternel, Orstedt  a mis en cause l’ensemble de l’industrie

«  La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base »

https://ft.com/content/b03713d6-5e87-414e-8da3-506163f6497e

« Revenant sur un précédent rapport très optimiste, le Ministère de l’Energie américain (DOE) a réduit l’estimation du potentiel de développement de l’éolien offshore de 2,000 GW à 54 GW, du fait des contraintes géologiques, océanographiques et légales….. Fin 2019, les cours du géant danois Orsted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. »

https://www.forbes.fr/environnement/leolienne-en-mer-le-nouvel-eldorado-des-energies-renouvelables/

« La société éolienne danoise Ørsted a averti que jusqu’à 10 de ses parcs éoliens offshore géants au Royaume-Uni et en Europe auront besoin de réparations urgentes car leurs câbles sous-marins ont été érodés par des roches sur le fond marin. Ørsted a constaté que les roches placées à la base des fondations des éoliennes pour empêcher l’érosion des fonds marins étaient responsables de l’usure du système de protection des câbles qui, dans le pire des cas, pourrait provoquer la défaillance des câbles. Le problème a été découvert pour la première fois plus tôt cette année après que son parc éolien offshore Race Bank au large de la côte de Norfolk, qui peut générer suffisamment d’électricité pour alimenter 500 000 foyers, a subi une panne en raison de dommages aux câbles causés par les roches du fond marin. »

https://www.theguardian.com/business/2021/apr/29/rsted-says-offshore-uk-windfarms-need-urgent-repairs

La perte de rentabilité de l’éolien off shore en raison de l’affaiblissement des vents est une réalité inquiétante et préoccupante, sur le court terme et aussi sur le long terme. Deux facteurs peuvent être évoqués : 1) un effet de cannibalisation des éoliennes et des parcs entre eux, pour le coup déjà bien connu et documenté par les fabricants eux-mêmes et les universitaires ; 2) une diminution générale des vents en Europe du Nord avec le réchauffement climatique,

 « La grande taille des parcs éoliens et leur proximité affectent non seulement la performance des turbines sous le vent, mais aussi celle des fermes voisines, réduisant le facteur de capacité de 20% ou plus, ce qui augmente les coûts de production d’énergie et les pertes économiques. Nous concluons que l’énergie éolienne peut être une ressource limitée en mer du Nord »

Hereon Research Center, https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3

Selon le dernier rapport du programme Copernicus, les vitesses du vent ont été particulièrement faibles dans certains pays européens en 2021. Notamment en Europe du Nord, où sont installées un grand nombre d'éoliennes. En 2021, dans certaines parties du Vieux continent, les vitesses du vent ont été les plus faibles enregistrées depuis au moins quarante ans…

Dans une région s'étendant de l'Irlande et du Royaume-Uni au Danemark, à l'Allemagne et la Tchéquie, en passant par la mer du Nord, la moyenne annuelle de la vitesse du vent dans certains endroits a été jusqu'à 10% inférieure à la moyenne enregistrée sur la période de référence 1991-2020…

Selon le rapport de Copernicus, une réduction de 10% de la vitesse du vent entraîne une baisse de 27% de la puissance d'une éolienne - qui, par ailleurs, a besoin d'une vitesse minimale pour produire de l'électricité. »

https://climate.copernicus.eu/esotc/2021/low-winds#

Selon les projections du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la vitesse du vent au-dessus de l'Europe occidentale, centrale et septentrionale pourrait chuter jusqu'à 10% au cours des mois d'été d'ici à 2100, sur la base d'un réchauffement de 1,5°C.

Cela dit avec, les précautions d’usage : les observations actuelles sont sujettes à de nombreuses variations, et il est difficile de les relier au changement climatique

5) Et le bilan carbone ?

« La production d’électricité éolienne et photovoltaïque se caractérise par une intermittence qui, dans l’état actuel des capacités de stockage de l’électricité, empêche de s’affranchir des combustibles fossiles. Ces derniers, quand ils sont importés, pèsent sur la balance commerciale du pays et alourdissent sa dépendance énergétique. »

 https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

Des données internationales situent le bilan carbone de l’éolien offshore entre de 24 à 47 g CO2/kWh. En ce qui concerne Groix, les porteurs du projet EOLFI  annonçaient 36 g CO2/kWh. pour le projet pilote, et  24 CO2/kWh pour le parc définitif.

Considérant l’absence de consensus à ce sujet, la CDPD chargée du débat public sur le projet EOS Méditerranée a commandé une expertise complémentaire réalisée par un expert indépendant. Les résultats indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. soit un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh). 

Rappelons que le nucléaire est aux environs de 4,  jour et nuit, hiver et été. Alors, si, comme souvent, on supplémente l’intermittence par du gaz (400g/CO2/kw.h), ça nous fait à la louche du 330g CO2/Kw.h. Le moins qu'on puisse dire est que le bilan  pour la décarbonation de l’électricité  n’est pas excellent

L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; que par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent. 

vendredi 5 août 2022

Les éoliennes à moins de 20 km des côtes, ça se voit ! La Bretagne sacrifiée, les maires et les habitants dupés

 cf. également sur ce blog  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/02/eoliennes-flottantes-bretagne-sud.html etc, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/12/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html;

Deux gigantesques zones industrielles éoliennes sont en cours d’implantation en proximité des côtes du Morbihan.

Le « parc de Saint-Nazaire » (mais en fait plus proche du Croisic et de Hoëdic que de Saint Nazaire !) comprendra 80 éoliennes hautes de 180m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan. La zone occupée (accès interdit) correspond en gros à la surface de Belle-Île. Environ les 2/3 des éoliennes sont en place.

Le parc Bretagne-Sud sera attribué à la fin de l’été. La zone choisie pour installer 62 éoliennes (dite zone « ministre » - cela indique bien qui décide finalement malgré toutes les « concertations ») se situe à 16 km des côtes de Belle-Île et 18 km de celles de Groix et de Quiberon. L’occupation résultante sera équivalente à celle du projet de Saint-Nazaire et les éoliennes significativement plus hautes (260 mètres)

Pour mémoire, le point culminant de Belle-Île (Croix du Run à Borvran) s'élève à 70 mètres.!!

Et, non loin du parc de  « Saint-Nazaire » et en covisibilté avec lui, une  troisième zone industrielle de 62 éoliennes de 210 mètres de haut est en cours d’aménagement à 11.7  km des côtes de l’Île d’Yeu et  17km de celles de Noirmoutier ! Décidément, ce littoral est bien sacrifié !

Il est important d’avoir ces ordres de grandeur en tête pour saisir l’effet massif sur les paysages et l’environnement de sites maritimes parmi les plus beaux et emblématiques de la Bretagne.


Et pour comprendre les premières réactions des maires des principales communes concernées par la zone éolienne dite de Saint-Nazaire, avant-même que les installations soient terminées.

« Saint-Nazaire » : Des maires doublement dupés par l‘Etat et les porteurs de projets

L’Echo de la Presqu’île et de Saint- Nazaire a titré le 26 juillet : Eoliennes en Mer, le choc visuel . Les déclarations des maires témoignent d’une sorte de sidération.


Michelle Quellard, maire du Croisic: « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2 et celui du Pouliguen de 22 km2. »

Marie-Catherine Lehuede, maire de Batz-sur-Mer: « Il y a un sujet qui me met en colère, celui du parc éolien... Les éoliennes qui ne devaient être à peine perceptibles sont aujourd’hui trop visibles de la côte. En tant que citoyens batziens, nous sommes tristes de voir la ligne d’horizon dénaturée sur l’ensemble de notre littorale »

Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet: « À l’époque, on m’a toujours dit qu’elles seraient de la taille d’une allumette. Il y a un phénomène qui est dingue : comme pour le phare de la Banche, il y a des jours où on ne les voit pas même quand il fait beau et d’autres jours, on a l’impression qu’elles sont juste en face de nous »

Franck Louvrier, maire de La Baule: « L’aspect visuel, subjectivement, je ne l’apprécie pas... Ce que je regrette énormément dans ce dossier, c’est qu’on n’ait pas assez consulté la population. C’est vraiment l’erreur de départ ».

David Samzun, maire de Saint-Nazaire: « On n’imaginait pas que les éoliennes se verraient autant ».

Sidération et étonnements sont surprenants ; car enfin, il était assez facile de réaliser que les simulations et photomontages publiés lors des phases de concertation minimisaient grossièrement l’impact visuel des éoliennes, notamment par l’usage de vues panoramiques et d’éclairages particuliers (contre-jours… ). Une démonstration très explicite concernant Bretagne Sud et les côtes de Belle-Île, Quiberon et Groix peut être trouvée sur le site des Gardiens du Large ( https://www.gardiensdularge.org/page-vierge )

Et quant à ceux qui espéraient « compenser » ( !) cette mutilation de leur patrimoine naturel contre le plateau de lentilles de la taxe éolienne… là aussi, il y a eu duperie caractérisée et beaucoup de petits cailloux à la place des lentilles :

« Il m’appartient en revanche de regretter le mode de calcul de la compensation financière, qui s’appuie sur la population municipale et qui ne prend en compte ni les résidents secondaires ni le surclassement démographique. Or, pour une commune comme Batz-sur-Mer, cela change tout ! »( Marie-Catherine Lehuede) ; « Je ne connais pas le budget qui sera versé, mais il est calculé sur une population Insee de 4120 habitants au lieu des 7500 qui tient compte des résidents secondaires, …Cela ne nous va pas. Et nos résidents secondaires qui ne viennent pas seulement l’été sont tout autant pénalisés ! »( Michelle Quellard).

Alors, pour Bretagne-Sud, cette seconde zone éolienne autour de Belle-Île, Stop ou Encore ?

Les maires vont-ils  accepter ce projet qui « serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé » ( François Goulard, alors Président du Conseil Général du Morbihan) ?

En sachant au surplus que les parcs existants auront vocation à partir de 2024 à accueillir des extensions ?

Il est encore possible de s’opposer à cette folie qui ne présente qu’un intérêt nul ou très faible pour la transition énergétique.

Pour plus d’information sur l’action des Gardiens du Large , ci-joint un tract estival que nous diffusons massivement ; n’hésitez pas à le faire circuler !


N’hésitez pas non plus à vous renseigner sur le site internet, ou à contacter si vous avez des questions ou suggestions :

www.gardiensdularge.org

contacts@gardiensdularge.org

samedi 28 mai 2022

Quelques considérations sur l’éolien

 1) La décarbonation de l’électricité n‘est pas le sujet en France, et ne le sera jamais si on redéveloppe le nucléaire Le problème c’est la décarbornation des transports, du chauffage, de l’industrie, de l’agriculture

 2) Comme le montrent l’exemple de l’Allemagne et de l’Espagne, les ENR ( ou plus exactement Energie Variables Intermittentes) ne permettent pas de décarboner significativement l’électricité.

Et les derniers évènements d’Ukraine confirment que les éoliennes, qu’une transition à l’allemande,  c’est plus de gaz, et plus de charbon…

cf. L’Allemagne pourrait réactiver 15 centrales à charbon (900g de CO2/kWh) mais veut toujours fermer ses 3 derniers réacteurs nucléaires (12g CO2/kWh) en fin d’année  

https://twitter.com/ValerieFaudon/status/1529688946480926721

Quitte même à aller le chercher au Bostwana ! Un record d’émissions de CO2 !

https://twitter.com/BjrnPeters3/status/1524523156383358978

3) Conséquence : ainsi que sans cesse rappelé par M. J M Jancovici, il existe mille et mille moyens d’utiliser l’argent mis dans les Energies Variables Intermittentes pour des actions de décarbonation sur les énergies thermiques, une action plus efficace climatiquement, plus rentable économiquement, plus soutenable socialement.

Et il faudrait quand même s’habituer à compter le coût de la tonne de CO2 évitée !!

4) Corollaire heureux : on peut se passer en grande partie  de transformer nos plus beaux paysages y compris côtiers en zones industrielles éoliennes, de sacrifier nos pêcheurs, de rendre infernale la vie des voisins… (500m, la distance minimale aux éoliennes la plus faible d’Europe)

A croire que ceux qui veulent s’imposer cela à eux et surtout aux autres recherchent surtout l'exploitation d'un sentiment masochiste d’expiation pour l’utilisation des ressources fossiles.et le "capitalisme dévastateur".

Leur cas est bien décrit par Janco dans le Monde sans fin ! Chef d'œuvre.!


Quelques citations..

« Par conséquent, à mon sens, développer en France les énergies renouvelables électriques ne présente pas le moindre intérêt sur aucun plan. Les seules bonnes énergies renouvelables dont on doit s’occuper en France, ce sont les énergies renouvelables chaleur. Les énergies renouvelables électriques n’ont strictement aucun intérêt, sauf pour les antinucléaires."

Jancovici devant la Commission Aubert

"L’analyse de la situation de l’Allemagne et de l’Espagne me conduisent à conclure clairement qu’augmenter les énergies non pilotables dans un réseau électrique ne permet pas de baisser significativement la capacité pilotable."

Jancovici devant la Commission Aubert

" L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »….

« J’aurais fourni la totalité de la pompe à 10 à 15 millions de ménages français. J’aurais sorti la totalité du fioul et les deux tiers du gaz et gagné une partie de ma course contre la montre. J’aurais évité 15 % des importations de pétrole, donc, selon les années, de 3 à 6 milliards d’euros, voire 9 milliards d’euros J’aurais évité la moitié des importations de gaz, créées macroéconomiquement de l’emploi et évité du CO2 »

Jancovici devant la Commission Aubert

"En 2009, j’étais présent à la COP 15 à Copenhague. Le dimanche, il n’y avait pas de réunions de négociations. J'en ai profité pour assister par curiosité à un colloque organisé par les gaziers. …Tous les dirigeants défilaient à la tribune pour dire : l’éolien, c’est génial…parce qu’il y a besoin de gaz pour compenser son intermittence"

Jancovici, Le Monde sans fin, p 159.

Les subventions pour l’éolien et le solaire coûtent 150 milliards. Sinon, doubler tout le réseau ferroviaire français couterait 150 milliards. Les bénéfices pour le climat sont bien supérieurs. "

Jancovici, Le Monde sans fin, p 159

« Le développement des énergies renouvelables est très rapide en Allemagne. En 2021, la puissance installée des parcs éoliens (63 GW) et solaires (56 GW) est, pour chacun, équivalente à celle du parc nucléaire français (61 GW) et a plus que doublé en une dizaine d’années... Entre les années 2000 et 2020, la puissance installée des centrales à combustibles fossiles (charbon ou gaz) a augmenté, passant de 71 GW à 74 GW, pendant que le nucléaire diminuait, passant de 22 GW à 8 GW. Le développement des renouvelables n’a pas permis de sortir des énergies fossiles."

F-M Bréon.https://www.afis.org/La-transition-du-secteur-electrique-en-Allemagne

5) Et parlons coût

Un calcul a été fait par le cabinet @RolandBerger dans le cadre du rapport commandité par le @_Cereme_  Il en résulte que le prix de la tonne de CO2 évitée par l'éolien est de l’ordre de 550 € !

6) Et parlons acceptation des éoliennes…et des réseaux qui vont avec

Par exemple : Récapitulatif des référendums locaux et consultations locales organisés en France sur des projets d'éoliennes


« La transition en Allemagne freinée par le réseau électrique : Sur les 7 700 kilomètres de lignes à haute tension nécessaires, 1 750 km seulement ont été approuvés et 950 réalisés.( https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/transition-Allemagne-freinee-reseau-electrique-2019-03-04-1201006339) »

« Le plan actuel de développement du réseau de transport , entré en vigueur en mars 2021, prévoit environ 12 200 km terrestres (nouvelles lignes, renforcement des lignes existantes).Selon la dernière mise à jour du rapport monitoring de l´Agence Fédérale des Réseaux, seuls 1.771 km soit environ 14,5% des 12.239 km ont été réalisés mi-2021 » https://allemagne-energies.com/2021/11/02/la-modernisation-des-reseaux-electriques-talon-dachille-de-lenergiewende/ »

 7) Et parlons rente des profiteurs éoliens et économie

« Appliqués sur un cas similaire au système français, dans son contexte européen et avec des hypothèses de coût voisines, des modèles ont été développés par différentes équipes de chercheurs : au DIW de Berlin, à l'OCDE, au MIT et à l'Université Dauphine….

Dans leurs travaux, le nouveau nucléaire (EPR), même cher, bat économiquement les ENR qui n'occuperaient alors à terme qu'une part très limitée du mix électrique.

Les quatre modèles cités testent chacun un scénario dans lequel les énergies renouvelables se développent uniquement par le marché, c'est-à-dire sans dispositifs d'appui et d'aide assurés par l'État et garantissant les revenus des investisseurs, et dont le coût est financé par une taxe sur les consommations d'électricité. Elles restent dans un tel cas confinées à une part de production modeste, de l'ordre de 10 %.

En effet, à partir de ce niveau, la rémunération des ENR à apports variables retirée des marchés électriques ne permet plus de couvrir les coûts d'investissement….

Il s'ensuit que le nouveau nucléaire (EPR), même à un coût de 4 000 €/kW et un prix de revient de 75-80 €/MWh, domine le mix électrique à l'horizon 2050 : de 70 à 75 % dans le modèle de Dauphine ; 60 à 65 % dans le modèle de l'OCDE et celui du MIT quand la part des ENR est de 10 %.

 La raison en est simple : la rémunération que toute nouvelle centrale dite « pilotable » - comprendre qui peut fonctionner au moment où on le commande et quelle que soit l'heure de l'année - retire des marchés est suffisamment haute pour permettre de recouvrir des coûts fixes très élevés et d'assurer ainsi la rentabilité des investissements.

 Dit autrement, les ENR que sont le vent et le soleil ne parviennent pas à évincer le nouveau nucléaire, même cher, car la valeur économique de l'énergie et des services qu'elles produisent ne supporte pas la compétition avec celle de centrales pilotables qui peuvent produire à pleine puissance toute l'année. « 

François Lévêque, Mines ParisTech et Dominique Finon, Centre national de la recherche scientifique https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-une-juste-estimation-du-cout-du-tout-renouvelable-813679.html

Et ne parlons même pas de l’éoline offshore

8) L’équation économique difficile de l’éolien off shore

Le Monde (18 février 2022) : « Energie : « Tempête financière pour l’éolien en mer » : «

Extraits : Les leaders du secteur en Europe sont à la peine. Le métier est peu rentable, les prix explosent et les investisseurs sont méfiants »

 « Avec seulement trois acteurs non chinois de taille mondiale (Vestas, Siemens et GE), les résultats ne sont pas au rendez-vous. Le danois Vestas a prévenu que, en 2022, sa marge bénéficiaire serait au maximum de 4 % et pourrait tutoyer le zéro. L’allemand Siemens Gamesa anticipe, lui, une marge négative de 4 % cette année. Début février, le patron a été évincé par les actionnaires. Il faut dire que les chéris de la Bourse ne le sont plus vraiment. En un an, le cours de l’action Siemens Gamesa a perdu la moitié de sa valeur, et Vestas a plongé de 40 % depuis ses plus hauts de novembre 2020. Sans parler des déboires du parapétrolier italien Saipem, dont la reconversion dans l’éolien est en train de prendre l’eau, au large de l’Ecosse, dans un projet géant conduit par EDF

https://www.forbes.fr/environnement/leolienne-en-mer-le-nouvel-eldorado-des-energies-renouvelables

https://www.greentechmedia.com/articles/read/orsted-warns-industry-not-to-ignore-forecast-downgrades

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/02/leolien-off-shore-avis-de-tempete.html

Fin 2019, les cours du géant danois Orsted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel.

Très confraternel, Orstedt  qu ’il baissait son taux de rendement interne prévu pour plusieurs projets en Europe et à Taïwan. La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base »

https://www.theguardian.com/business/2021/apr/29/rsted-says-offshore-uk-windfarms-need-urgent-repairs

Oersted a récemment averti que ses 10 parcs offshore auront besoin de réparations urgentes, les câbles s’usant prématurément en raison du frottement contre le plancher rocheux…L’opérateur dit qu’il pourrait avoir besoin de dépenser 350 millions de livres sterling sur deux ans pour réparer les dommages aux câbles causés par les roches du fond marin

Et pour ce qui concerne plus spécifiquement la France, et même la Bretagne ( projet Bretagne Sud, 60 éoliennes entre Groix et Belle-Île)

Naval Group : début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification (Naval Energies) dans le secteur des énergies marines renouvelables qu’il estime immature  : «Malgré les efforts de toutes et de tous, ces projets, engagés depuis près de 12 ans ne présentent pas aujourd'hui suffisamment d'assurance de succès économique à court, moyen ou long terme. L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/emr-naval-group-decide-de-jeter-l-eponge_39284292.html

Saipem et EDF en Ecosse (qui a d’ailleurs repris Naval Energies): « Derrière l’avertissement choc sur les bénéfices de Saipem la semaine dernière se cache la perte importante sur un contrat de fourniture de fondations d’éoliennes pour un projet d’EDF au large de la côte est de l’Écosse.

Saipem est en retard dans la livraison des fondations en acier  pour 54 éoliennes, ce qui aggrave les retards potentiels du projet EDF, ont déclaré des personnes proches du dossier. Les pertes de Saipem pourraient dépasser la valeur de son contrat d’une valeur d’environ 550 millions d’euros (630 millions de dollars), ont déclaré les gens, demandant à ne pas être nommés car l’affaire est privée. »

https://www.energiesdelamer.eu/2022/02/10/les-pertes-sur-le-contrat-fondations-de-saipem-pour-edf-en-ecosse-ont-largement-pese/

 8) Et des nuisances de l’éolien off shore

« Contrairement à certains pays européens où la biodiversité est prise en compte en amont dans le choix des localisations de parcs, comme l’Allemagne, ce n’est pas le cas jusqu’à présent en France où ce choix s’est fait en fonction des contraintes socio-économiques ou militaires, la démarche ERC (Eviter, Réduire, Compenser)  ne s’effectuant que trop tardivement lors des études d’impact… On ne comprend pas pourquoi tous les parcs actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles de la côte, à une distance de 10 à 20 km de celles-ci. S’éloigner des côtes (notamment avec l’éolien flottant) est une nécessité »  

« La transgression de ce principe de non installation de parcs éoliens en zones NATURA 2000 par la France (à notre connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en Allemagne) et d’absence d’étude d’incidence préalable au niveau des macro-zones, contredisent toutes les positions ministérielles antérieures au ministère Ségolène Royal. Trois projets de parcs sont en infraction à ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône (face à la Camargue) et le projet d’Oléron » 

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdfhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html 

CSSPP spécialement sur Bretagne Sud : « Certains membres de la Commission remarquent que malheureusement le choix final de la « zone ministre » pour lancer l’appel d’offre notamment en Bretagne sud est encore trop près des côtes, alors que la technologie de l’appel d’offre concerne l’éolien flottant et que la macro-zone s’ouvrait bien plus au large. Pourtant dès les premiers débats publics, l’enjeu paysager a été au cœur des échanges, et a cristallisé les oppositions et les principaux recours juridiques. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/des-environnementalistes-contre-leolien.html

En fait, on comprend très bien, cela a été expliqué par Fabrice Loher, Maire de Lorient défendant le projet Bretagne sud de 60 éoliennes entre Groix et Belle Ile : « Fabrice Loher, le maire de Lorient : « D’où l’importance d’une implantation à moins de douze miles nautiques du littoral morbihannais  afin que nous bénéficiions de la taxe de l’éolien en mer.  

Alors, c’est vrai d’autres pays ont des projets éoliens ambitieux…Exemple ! 

Le développeur irlandais Simply Blue Group a dévoilé mercredi 19 mai deux importants projets de parc éolien flottant en Suède. Le projet Skidbladner de 2 GW sera situé à 100 km au sud-est de Stockholm et le projet Herkules de 2,75 GW implanté à environ 60 km au sud-est de l’île de Gotland.

 

NB : En Europe, la moyenne des distances des parcs éoliens off shore à la côte est de 40km)