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vendredi 17 mars 2023

Les énergies intermittentes ne sont pas « complémentaires » du nucléaire

 Article de Michel Negynas dans Contrepoint https://www.contrepoints.org/2023/03/13/452172-les-energies-intermittentes-ne-sont-pas-complementaires-du-nucleaire

Affirmer que le nucléaire et les énergies intermittentes sont complémentaires est une hérésie. Pire, elles sont un facteur d’augmentation de coût et d’instabilité pour les centrales nucléaires.

La réalité reprend toujours ses droits. La guerre en Ukraine et (enfin) la prise de conscience de la nécessité d’être souverain en matière d’énergie gagne les media et le grand public.

Or, actuellement, seul le nucléaire peut contribuer largement à cette indépendance. Les énergies intermittentes ont besoin d’un service de secours en cas de nuit sans vent. Ce ne peut être que le gaz comme nous allons le montrer. Ainsi, affirmer que le nucléaire et les énergies intermittentes sont complémentaires est une hérésie. Pire, elles sont un facteur d’augmentation de coût et d’instabilité  pour les centrales nucléaires.

En France, les énergies intermittentes sont un alibi à la reprise du nucléaire

Les États non écolo-schizophrènes (Suède, Finlande, Pologne, Pays-Bas, France, Italie peut être…) ont admis qu’il fallait relancer le nucléaire. On approche de la raison, c’est bien. Mais pour se faire pardonner (en France particulièrement), les autorités politiques en rajoutent sur les éoliennes et les panneaux solaires : c’est du « en même temps » pur jus. Nos édiles pensent même que régler la question du retard pris dans le développement du nucléaire (dont ils ont tous été plus ou moins les instigateurs délibérés) se fera par une accélération des énergies renouvelables. Ils montrent par là qu’ils n’ont rien compris au dimensionnement d’un réseau électrique, qui se fait en capacité pilotable (les kW) et pas en énergie (les kWh). Il y aura toujours des nuits sans vent. Le soleil et Éole ne sont pas pilotables.

Hormis ce gage donné aux écologistes pour faire avaler un volteface salutaire, l’éolien et le solaire sont- ils utiles dans un réseau à base de nucléaire, sont-ils même « complémentaires » comme on nous le répète à l’envi ?

Les énergies intermittentes sont-elles utiles ?

Dès l’instant où on admet (ce qui est vérifiable très facilement sur les sites nationaux de suivi des productions électriques) qu’il peut y avoir des nuits sans vent sur quasiment toute l’Europe, les éoliennes et le solaire apparaissent comme des investissements redondants sur le réseau, puisqu’il faut assurer la sécurité par des centrales pilotables. Dans ces conditions, qu’apportent-ils ?

Sur le plan environnemental

Rien. La production du silicium est au moins aussi polluante que la production du minerai d’uranium. Et on démontre qu’il faut davantage de ressources en matériaux au kWh produit pour l’éolien que pour le nucléaire. Le bilan carbone total est également meilleur pour le nucléaire que pour les ENR intermittentes.

Sur le plan économique

Il faut comparer le coût complet du kWh éolien et solaire au coût marginal (en gros le coût d’exploitation variable) des moyens pilotables, puisque de toute façon il faut construire ceux-ci. Pour l’hydraulique et le nucléaire, ces coûts variables sont très faibles, bien inférieurs au coût complet des ENR. Il n’y a donc pas non plus d’intérêt économique.

NB : ce peut-être un peu spécieux, puisque l'on peut aussi se dire que lorsque le solaire et l'éolien sont construits, c'est leur coût marginal qu'il faut considérer. Un autre argument est de considérer les coputs systèmes totaux comme l'a fait RTE dans les scenario futurs énergétiques 2050 et  la NEA:OCDE dans son étude magistrale NEA (2019), The Costs of Decarbonisation: System Costs with High Shares of Nuclear and Renewables, OECD Publishing, Paris

cf sur ce bloghttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2023/01/etude-nea-ocde-sur-le-cout-des-systemes_14.html

Sur le plan de la souveraineté

Force est de constater que la France n’a pas été capable de construire une filière nationale. Les éoliennes sont construites par des Américains (depuis peu partiellement en France), des Espagnols, des Allemands et des Danois. Le silicium est importé de Chine. Certes, l’uranium est importé, mais d’une variété de pays, ce qui le sécurise. De plus, il est facile d’avoir un stock de dizaines d’années, sans parler de la filière surrégénératrice, que la France a mise au point avec 30 ans d’avance. Et même si nous sous-traitons certaines opérations, nous avons le potentiel technique pour les rapatrier.

On ne voit donc pas en quoi les éoliennes et le solaire nous sont utiles.

Les énergies intermittentes nuisent gravement à la conduite du réseau

Elles varient, à long, moyen et court terme. La variation à l’échelle du jour, voire de l’heure, est très pénalisante. Il faut des centrales pilotables prêtes à intervenir en urgence. L’hydraulique peut jouer ce rôle en deçà de 10GW environ en France. Mais elle n’est pas suffisante au-delà d’une proportion d’intermittents dans le réseau. Et il faut déjà assurer ce suivi rapide pour les fluctuations de consommation. Tout se passe comme si ces fluctuations rendaient encore plus variable la consommation.

La situation est particulièrement critique en été : même si la pointe de midi coïncide avec le maximum solaire, elle est loin de gommer la variabilité. Imaginons (comme c’est prévu) que nous ayons 60 GW de solaire, ça démarre à zéro à 6 heures du matin, culmine à 60 GW à midi, et redescend à zéro à 21 heures… Il faut un réseau pilotable qui fasse ce yoyo en sens inverse…

Le nucléaire n’en n’est pas capable, du moins sans risques, sans surcoûts et sans raccourcir la durée de vie des réacteurs. Les grosses centrales à charbon et même les grosses centrales à gaz (à combustion combinée) ont le même problème, lié aux changements de température et de dilatations lors des changements de régime.

On ne peut donc utiliser que des centrales très flexibles. Ce sont généralement des centrales à gaz alimentées en gaz naturel, voire des turbines de type aéronautique. Leur rendement est moins bon et surtout elles ne fonctionnent pas en régime nominal, ce qui dégrade considérablement leur rendement.

En outre, que fait-on si le soleil d’août donne 60 GW avec une charge de consommation de 50 GW ?

Pour l’éolien, c’est un peu la même chose, avec des fluctuations différentes, aléatoires : le vent souffle par rafale, les variations en local peuvent être très rapides… Le réseau peu les encaisser dans une certaine mesure… si on a des grosses centrales pilotable dessus, comme on le verra ci-dessous. Mais il y a des limites.

C’est ce qui explique l’engouement des fournisseurs de gaz pour les énergies intermittentes…

NB : c'est encore plus évident avec les variations rapides et btrès brutales de l'éolien en mer, cf. les données de production des parcs éolien danois, ou plus récemment en France de Saint Nazaire. Tant que l'éolien en mer représente une partie faible de la production, c'est mairisable, mais si son importance augmente, cela devient quasiment ingérable

Pour le Danemark, données  https://www.energidataservice.dk/ ). Courtoisie Hubert Flocard. 
https://www.contrepoints.org/2022/10/05/422640-5-dementis-sur-lutilite-des-eoliennes-en-mer-ou-sur-terre

1ère statistiques  de production du Parc de Guérande _ janvier-mars 2023

D’autres contraintes peu connues car plus techniques

La source finale de l’électricité produite par les éoliennes et les panneaux solaires est constituée de convertisseurs électroniques. Ils n’ont pas d’inertie, comme les gros groupes turbo-alternateurs. Or, cette inertie est indispensable pour absorber, justement, les fluctuations rapides du réseau. Pour pallier ce défaut, il faut ajouter des dispositifs coûteux : batteries, condensateurs, le tout piloté (encore) par de l’électronique. Notons d’ailleurs que ces coûts ne sont pas supportés par les ENR !

Les équipements utilisateurs de l’électricité ont besoin d’une énergie productive mais aussi d’une composante non-productive (appelée énergie réactive). Seules les centrales à turbo-alternateurs peuvent la fournir. Là encore, on peut la fabriquer électroniquement mais au prix de gros investissements.

Ces deux problèmes sont cruciaux. À tel point que certains opérateurs d’ENR intermittentes suggèrent de faire tourner les grosses centrales à vide juste pour pallier ces défauts !

NB : La stabilisation du réseau par de l'électronique de puissance n' a été démontrée qu'à l'échelle du laboratoire, pas à l'échelle industrielle où sa faisabilité est encore sujettte à caution 

Et la suite ?

On pourrait résumer tout ceci en renversant la problématique : les ENR ne viendront pas au secours des centrales classiques, ce sont les centrales classiques qui viennent au secours des ENR.

Mais comme la réalité de la guerre en Ukraine s’impose pour redorer le blason du nucléaire, les réalités technico-économiques s’imposeront un jour pour valider les réflexions ci-dessus. D’ici là, beaucoup de dégâts auront été faits. On aura sans doute aussi construit de nouvelles centrales à gaz pour attendre le nouveau nucléaire.

L’Allemagne a déjà ces problèmes, avec 130 GW d’ENR intermittentes. Elle les « dilue » sur l’ensemble de ses voisins pour l’instant. Mais si tout le monde fait comme elle ?

voir aussi sur le même sujet 

https://www.contrepoints.org/2022/10/05/422640-5-dementis-sur-lutilite-des-eoliennes-en-mer-ou-sur-terre

mardi 10 décembre 2019

RTE : vers le black out : Survivre à la pointe électrique !


Conditions hivernales attention !

On va commencer par un petit tweet de ceux qu‘affectionnent l’excellent Benjamin Laredo, graphe tiré tiré du site de suivi de RTE et commentaires afférents :




Premier pic à plus de 80 GW de la saison 2019-2020, on importe comme des porcs, on brûle du charbon, et l'éolien, ben ça se passe de commentaires...
Et il est où l’éolien, il sert à rien ?
Et il est où le solaire ? Il est par terre ?
Et on est encore loin des 50% de nucléaire que la loi nous impose en 2025...

Bon, si vous commencez à comprendre la problème de la pointe, bravo, vous êtes plus avancé qu’Elisabeth Borne et sa PPE bornée, et, pour en rajouter son scénario 100% ENR

Les avertissements sérieux de RTE – vers le black out !

16 février 2017 : « Cet hiver, on s'est fait un peu peur. » L'aveu hier de François Brottes, patron de Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF chargée de l'équilibre entre la production et la consommation d'électricité sur les lignes à haute tension, fait... froid dans le dos. Car oui, cet hiver, la France a échappé de peu, sinon au black-out général, du moins à de sérieuses coupures d'électricité.

7 octobre 2019 : RTE a baissé le courant d'une vingtaine de sites industriels énergivores lundi 7 octobre dans la soirée. C'est la deuxième fois que ce dispositif d'urgence anti black-out est activé depuis sa création dans le cadre de loi NOME de 2011. L 'incident a été discret et rapidement circonscrit, mais ce lundi 7 octobre le système électrique français a été mis à l'épreuve. Faute de production suffisante, le  gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) − qui doit assurer un équilibre permanent entre l'offre et la demande −, a dû réduire la consommation en urgence de 22 sites de production industriels aux alentours de 21 heures.
(NB il s’agit d’un arrêt brutal, qui est censé se produire sans trop de dégats, l’industiel étant censé avoir pris les précautions nécessaires, moyennant quelques indemnités)

Fin 2019 : Bilan prévisionnel RTE 2022-2023 : Une sécurité d’approvisionnement sous vigilance

La fermeture des moyens de production thermiques se poursuit avec l’arrêt des dernières centrales au charbon. En complément, le parc nucléaire connaît un programme chargé de visites décennales, entamant sa disponibilité.
De nombreux pays européens réalisent, dans le même temps, la fermeture de moyens de production thermiques à flamme et nucléaires.
Si le développement des énergies renouvelables se poursuit durant cette période, en l’absence de mise en service de l’EPR de Flamanville, il ne suffit pas à compenser les fermetures réalisées.

Donc pour la première fois, le RTE et le très politique François Brottes, d’habitude très langue de bois PPE préviennent : en 2022, ça ne passe plus ! Et, soit dit en passant, l’EPR de Flamanville étant ce qu’il est ( un prototype qui a rencontré certaines difficultés), c’est moins le retard de Flamanville qui est en cause que la fermeture de Fessenheim qui elle n’a rien d’une obligation ou d’une impossibilité technique, mais est purement politique. E qui nous obligera à garder d cvharbon, génail les écolos, c’est bon pour le réchauffement climatique…

François Brottes, président de RTE, complète : « La sécurité de l’approvisionnement est un enjeu majeur. Cela nécessite des réseaux et la flexibilité des usages »

Verstand ? Cette fois-ci, ce ne seront plus quelques industriels mais tout le monde. Vous et moi !

Et ceci encore : au détour du Schéma décennal de développement du réseau Edition 2019, RTE nous annonce une drôle de chose, une surprise. RTE prévoit une très forte augmentation de la production électrique à 2035 (640 TWh) contre 548,6 TWh en 2018,  ce qui est tout à fait à l'opposé des prévisions de consommations  faites par RTE au moment de la PPE ... qui voyait une réduction dans 3 de ses 4 scenarios et un stabilité dans le 4ème (sans parler de l'ADEME et de son scénario 100% renouvelable issu des délires assez effarants de Negawatt)

Donc on rentre dans le sérieux, et soyons clair, RTE ne croit plus à une baisse forte de la consommation énergétique, ni électrique

Et si vous voulez vous faire encore plus peur, mais attention, une vraie peur, bien réelle, bien rationnelle, lisez Michel Negynas :

Électricité : vers un black out général en Europe en 2035 ? 

Personne n’est en mesure actuellement de prévoir ce qui peut se passer en cas de problème sur un réseau européen à majorité d’énergies renouvelables aléatoires et diffuses.,

Pourquoi on ne passera plus la pointe . L’étrange alliance des ultra libéraux et des ultra écolos

Explications tirées d’un thread de l‘excellent lui aussi J.F. Raux :

Extraits : « 10 Md€ investis chaque année dans les EnR et les réseaux et malgré cela, la pointe électrique est moins couverte chaque année, le CO2 augmente, sans parler qu’on nous dit qu’il faut moins consommer ,donc l’équation économique n’est pas là»

Comment se fait-il ?

On entend souvent dire que telle nouvelle production d'ENR  va produire les KWh nécessaires à alimenter telle ville. C'est bien sûr une image simpliste, mais surtout fausse.  En effet, un raisonnement en moyenne en énergie (KWh) n'est pas valable en électricité. Puisque les ENR ne produisent pas toujours quand on en a besoin.
Le soir, en hiver, moment de grosse consommation, il n'y a pas de soleil. Donc pas d'électricité solaire. Quand il fait très froid, cela est souvent lié à la présence d'un anticyclone important, donc absence de vent également.
C'est pourquoi, le principe de base en électricité est qu'à tout instant "t" la puissance (MW) appelée par les consommateurs doit être équilibrée par la puissance des usines de production (centrale, barrage,...) en ligne : c'est la notion de puissance garantie, fondamentale. Si il y a un défaut de puissance garantie face à la puissance appelée par les consommateurs, il y a black-out. Le système s'effondre.

Par définition, la puissance des ENR n'est pas garantie. Elle dépend des caprices du vent et du soleil. Il faut donc pouvoir pallier à leur insuffisance par des centrales (Charbon, gaz, nucléaire...) dites de backup. Par exemple, pour l'éolien terrestre, 100MW installés (construits) donnent 20MW utiles en moyenne, mais non garantis : on n'est pas sûr qu'ils soient là quand on en a besoin, c'est tout bête.

Entre parenthèse, ne pas compter ces centrales de backup dans les coûts de revient des ENRI et leur bilan carbone est une escroquerie intellectuelle. Il en ira de même pour le coût des moyens de stockage demain ou après demain s’ils émergent. Donc, l’équation économique n y est pas

Mais ne peut-on pas jouer sur la flexibilité de la puissance appelée par les consommateurs ? En théorie, oui….

Sauf que  depuis la mise en place du marché de l'électricité, on a perdu 8GW d'effacements (clients qui diminuent la puissance appelée) soit l'équivalent de 5 centrales Fessenheim, car le marché ne rémunère plus les effacements suffisamment…

Le système électrique est un système technico-economique "dual" : sa tarification a pour object d'ajuster la demande en puissance à la production en puissance et réciproquement. C'est ce qu'avait inventé Marcel Boiteux. Le principe économique en est qu'un système électrique de dimensionne (nombre et taille des centrales à puissance garantie à construire, de système d'effacements garantis à mettre en place) par la puissance et s'optimise en exploitation par l'energie (on met en route les centrales par ordre de coût de production croissant).
Or, la mise en place du marché de l'électricité basé uniquement sur le prix de l'énergie "moyen" sur la plaque européennes avec des pays qui ont des profils de production/consommation différents, a détruit cette construction tarifaire, très performante en France.

Depuis, on rame et on nage en pleine pensée magique car le marché ne remplit aucun de ses deux rôles fondamentaux : investir (aucune centrale nouvelle ne peut vivre du marché) - optimiser (les prix de points sont nettement trop bas).
En plus, la production aléatoire des ENR a foutu le bazar sur ce marché : par exemple, quand il y a beaucoup de vent et peu de demande, on a des prix négatifs. On paye pour consommer. La black Friday est une plaisanterie à coté !

Il faudrait et inciter les politiques et l'Europe à revenir à un système rationnel qui colle aux fondamentaux du système électrique actuel ; mais cela c'est une autre paire de manche ! »
Pas mieux !

Chauffage électrique ou pas ? Le monde enchanté (plutôt terrifiant en fait) de negaWatt

Dans un communiqué du 11 juin 2019, negaWatt a trouvé la solution du problème de la pointe et vise le chauffage électrique : Réduire la pointe électrique en France : une action nécessaire et bénéfique.
« En France, la pointe de consommation électrique  est 55 % plus élevée que dans les autres pays européens. En cause, le développement massif du chauffage électrique depuis les années 1970 et bien d’autres usages tout aussi dispendieux…
Le chauffage électrique, exception française : Conséquence du programme nucléaire, la France s’est progressivement dotée d’un parc important de convecteurs électriques permettant de chauffer logements et bureaux. La consommation électrique française est de ce fait très sensible à la température extérieure : en hiver, chaque degré en moins entraîne une hausse de 2400 MW de la consommation d’électricité ; autant que dans tout le reste de l’Europe. La réduction de la pointe électrique passe donc aant tout par un programme de rénovation thermique performante des logements les plus énergivores équipés de convecteurs électriques, et par un remplacement de ces appareils par des pompes à chaleur performantes. La rénovation performante des seuls logements classés F ou G (avec remplacement des convecteurs par des pompes à chaleur) engendrerait une baisse de 13 GW de la puissance électrique appelée en période de grand froid (-13 %).
Si elle est indispensable, cette mesure est loin d’être la seule permettant de réduire la pointe électrique. »

Commentaire : en effet ! Sur la prétendue efficacité et rentabilité de la rénovation énergétique, cf. l’article de Gaël Blaise et Mathieu Glachan, chercheurs à Mines -Paritech

1.000 euros de travaux ne diminuerait en moyenne la facture énergétique que de 8,4 euros par an. Pour un investissement moyen de l'enquête, cela correspond à une diminution de 2,7% de la facture. Le nombre d'années nécessaires pour récupérer le coût de l'investissement initial, est de 120 ans

Chauffage électrique ou pas ? La réalité par Brice Lalonde

En fait, ce qui se passe c’est que le chauffage électrique est de plus en plus remplacé par le chauffage au gaz, et que dans un pays où l’électricité est fortement décarbonée grâce au nucléaire, c’est une hérésie climatique ! Ceci  a été très bien expliqué par Brice Lalonde, qui, l’âge et la raison aidant, est devenu un partisan du nucléaire.

M. Dupont possède une maison chauffée à l’électricité. Elle est correctement isolée, combles étanches et doubles vitrages. Il a choisi des radiateurs connectés de nouvelle génération. Il a souscrit des contrats de fourniture d’électricité verte, d’origine renouvelable ! Soucieux de contribuer à la transition énergétique, il a fait réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). Surprise, sa maison est classée F, c’est-à-dire que sa performance est jugée médiocre. Comment l’améliorer ?
C’est simple lui répond-on : « Passez au gaz ».Car la même maison, chauffée au gaz, pourra sauter deux grades et être classée D !
Pourquoi ? C’est grâce au facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire »qui atteint un maximum européen de 2.58 en France (contre, par exemple, 1.6 en Suède), ce qui favorise excessivement le gaz par rapport au nucléaire.

Conséquence : M. Dupont possède une maison chauffée à l’électricité. Elle est correctement isolée, combles étanches et doubles vitrages. Il a choisi des radiateurs connectés de nouvelle génération. Il a souscrit des contrats de fourniture d’électricité verte, d’origine renouvelable ! Soucieux de contribuer à la transition énergétique, il a fait réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). Surprise, sa maison est classée F, c’est-à-dire que sa performance est jugée médiocre. Comment l’améliorer ?
C’est simple lui répond-on : « Passez au gaz ».Car la même maison, chauffée au gaz, pourra sauter deux grades et être classée D !

Le résultat, c’est que 75 % des logements collectifs neufs installent un chauffage au gaz.
Et ceci grâce à l’action efficace  des lobbys du gaz, avec la complicité des soi-disant écolos, mais surtout antinucléaires !

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/transition-energetique-et-grandes.html

mercredi 16 octobre 2019

PPE et nucléaire : la grande absurdité


Convention Citoyenne climat : le « fâcheux » précédent du grand débat sur la PPE

A l’heure où débute la consultation citoyenne sur la fiscalité énergétique, il n’est pas inutile de rappeler ce qu’avait donné le grand débat sur la PPE (la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie) ; un grand débat de qualité finalement, avec multiples échanges entre experts, citoyens souhaitant s’informer et partie prenantes ;  la plupart des échanges très riches peuvent encore être vus sur le site.

Sauf que le résultat avait été assez rude pour le gouvernement, avec des remarques fortes sur l’incohérence des deux objectifs de décarbonation et de modification du mix (notamment la baisse du nucléaire), une contestation assez généralisée, et une  conclusion logique de tout cela : une offensive forte pour remettre en cause la loi elle-même ainsi que ceux qui l’incarnent ou la pilotent.
Bref une mise en cause directe de la démagogie sans borne de Ségolène Royal et de l’idéologie rétrograde des Verts (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/09/le-debat-public-sur-la-transition.html)

Compte-tenu de ce précédent, il est probable que les participants à la  convention citoyenne seront sérieusement cadrés et chambrés. A eux de ne pas se laisser manipuler dans une opération de justification d’une politique décidée d’avance.
Ils pourront par exemple lire utilement une tribune récente de Michel Negynas sur Contrepoint très éclairante sur les absurdités de la PPE.

Michel Negynas : Énergie : pourquoi arrêter 14 réacteurs nucléaire  d’ici 2035 ?


Extraits : « En écrivant mon dernier billet sur cette folie du programme énergétique français, en particulier le volet électrique, une question toute bête m’est venue à l’esprit : comment diantre a-t-on déterminé le chiffre de 14 réacteurs à arrêter d’ici 2035 ? Alors j’ai cherché, dans les documents publiés tous azimuts par le gouvernement et ses agences, où il pouvait y avoir une justification du calcul. Eh bien il semble qu’il n’y en ait pas. »

« Alors, j’ai essayé de me mettre dans la tête d’un homme ou d’une femme politique qui a une formation standard : juriste ou licence d’histoire, sciences po, puis ENA ou Normale sup lettre. Il ou elle n’a pas le temps de lire des documents techniques, et de toute façon il ou elle a oublié même la physique élémentaire enseignée avant le baccalauréat. Le seul outil scientifique à sa disposition est la règle de trois, et encore il ou elle ne l’applique pas assez. Par ailleurs, à propos de l’électricité, un classique indémodable dans les media et chez la plupart des politiques, est de confondre ou de mélanger des KW, unité de puissance, et des KWh, unité d’énergie. »

« Première méthode : Quelles sont les données de base ? Nous allons augmenter la puissance installée des énergies renouvelables de 30 GW pour l’éolien, soit une équivalence de 7 GW compte tenu du taux de capacité de l’éolien de 25 % car le vent ne souffle pas toujours. Pour le solaire, c’est environ 30 GW également, soit 3 GW en équivalence avec un taux de capacité de 11 %, car le soleil se cache parfois. Cela fait environ 10 GW.On va baisser le nucléaire d’un équivalent de 12 réacteurs après démarrage de l’EPR et fermeture de Fessenheim, soit environ 10 GW. » Génial, ça colle parfaitement ! »

 

« Deuxième méthode : On veut faire passer la part du nucléaire de 75 % à 50 % du mix. Supposons qu’on soit à consommation constante. On baisse de 25 %.

Nous avons 58 réacteurs en service,  nous allons arrêter en arrêter 14. Il en restera 75 % du chiffre initial : moins 25 %. Bon sang ! Cela colle encore parfaitement ! »

« Finalement, je pencherais plutôt pour la première méthode. En effet, on trouve partout, dans les textes, qu’on « arrêtera du nucléaire en fonction de la montée en puissance des ENR… » Lorsqu’on lit les études sur la sécurité d’approvisionnement de RTE, seules études «officielles », on n’est pas vraiment rassurés.
Et la dernière partie de la phrase confirmerait mes craintes : l’arrêt du nucléaire serait juste un problème d’ignorance totale du sujet par les décideurs, considérant qu’un KW délivré de façon aléatoire et intermittente est équivalent à un KW pilotable à la demande. Ou qu’ils confondent KW et KWh.

Un doute m’assaille : dirigerait-on la France vers une catastrophe, juste parce que nos décideurs sont des littéraires post-modernes, considérant dépassé de tenir compte des contingences techniques ? Nous sommes effectivement dans le monde des « éléments de langage » et des « narratifs ». Le narratif : « on arrête le nucléaire au fur et à mesure de l’augmentation des ENR » est simple, compréhensible par tous, donc satisfaisant pour l’esprit. Peu importe qu’il soit une fable.
Réveillez-moi de ce cauchemar. »

Commentaire : rien à ajouter , vraiment rien. Parfaitement expliqué et tout à fait vraisemblable ; et vraiment, de quoi cauchemarder !

Et pour cauchemarder un peu plus, et se rendre encore davantage compte de l’absurdité de la PPE actuelle, on peut se ramener à une tribune précédente du même Michel Negynas, également sur contrepoint :

Michel Negynas : « L’arithmétique est sans pitié pour le programme énergétique français

Extraits ( pour l’article entier, se reporter ci-dessus) :

« Il est programmé de multiplier par trois l’éolien et par cinq le photovoltaïque, soit de passer à environ 90 GW d’énergie intermittente et aléatoire. La loi sur l’énergie et le climat prévoit :
1) la fermeture des centrales au charbon en 2022 ; 2) l’arrêt de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035… »
« Par ailleurs, il est programmé de multiplier par trois l’éolien et par cinq le photovoltaïque, soit de passer à environ 90 GW d’énergie intermittente et aléatoire…

Qu’en est-il à la pointe de consommation, en hiver, avec le programme qui vient d’être voté ?

La situation actuelle de la production française, dont pilotable, est la suivante : nucléaire : 63 GW ;           charbon : 3 GW ; fioul : 3 GW (pour mémoire, plus rien n’est vraiment opérationnel ; gaz : 12 GW ; hydraulique : 25 GW, (mais 15 GW vraiment mobilisables en même temps) ; éolien : 16 GW ; solaire : 9 GW ; bio énergie : 2 GW (bois et méthanisation)
La consommation à la pointe a atteint un record en 2012 à 102 GW. En 2018 elle a été de 96 GW.
Or, il y a des jours sans vent en hiver, et même très souvent. On peut parfaitement le constater sur le site eCO2mix de RTE. Par exemple :
le 11 décembre 2018 : l’éolien était à 486 MW pour 15 000 MW installés
le 27 décembre 2018 : 209 MW
le 20/01 2019 : 693 MW
le 21/02 2019 :  269 MW (cette situation a duré deux jours complets).

Quelle sera la situation en 2022 : la pointe ne changera guère en si peu de temps, prenons la à 95 GW ; la capacité disponible à la pointe sera, en tenant compte de la disponibilité des installations (95 % de taux de marche pour les centrales classiques) de 88 GW.


Donc dès 2022 on ne passe pas les soirs sans vent. C’est d’ailleurs ce qu’a plus ou moins laissé entendre RTE, le Réseau de Transport de l’Électricité, filiale d’EDF. Mais sans trop le dire.
Comment l’État peut-il être aussi irresponsable ? Il semble qu’une des raisons est que la loi oblige RTE dans ses calculs à prendre non pas une sécurité absolue pour l’approvisionnement (c’est-à-dire avoir une capacité mobilisable bêtement égale à une prévision de consommation) mais une approche probabiliste ; pour simplifier, n’être en rupture que dans 10 % des cas… »

Et en 2035 ?

« Comment va-t-on passer a priori l’arrêt de 12 réacteurs supplémentaires après Fessenheim, soit 10 GW ?
Dans 15 ans, on n’aura pas d’EPR supplémentaires, car aucun n’est décidé actuellement, et même si une décision est prise dans quelques années, les délais d’autorisation vont traîner en longueur.
Il n’y aura pas plus de vent et de soleil en hiver
Nos voisins font les mêmes programmes, voire pire (NB et même nettement pire dans le cas de l’Allemagne !), on ne peut compter sur eux

La capacité sera alors de l’ordre de 80 GW. Comment baisser la pointe à cette valeur, sachant qu’on va privilégier le vecteur électricité chaque fois que c’est possible ? » 

Examinons les solutions


« 1)  Installer 10 GW de centrales à gaz power to power (via bio méthane, méthane de synthèse, ou hydrogène) avec stockage associé capable de fournir pendant deux jours. C’est plus ou moins le principe du programme Negawatt (assorti d’une baisse de consommation de moitié !!!). Mais les technologies n’en sont qu’au stade de pilote, et les rendements attendus sont tellement faibles que le coût sera exorbitant avec des impacts environnementaux très négatifs. Et la disponibilité de la ressource (biomasse) est sujette à caution. En aucun cas cela ne pourra être opérationnel dans 15 ans, si même c’est faisable un jour. »
2) Installer en catastrophe 10 GW de centrales à gaz, alimentées en gaz russe ou qatari.
3) Baisser la pointe malgré des besoins en forte croissance : faire de la France un désert industriel. Il est vrai que c’est bien engagé ; utiliser les compteurs Linky pour organiser une pénurie tournante, via des algorithmes de tirage au sort ?  En tant que particuliers, acheter un petit groupe électrogène diesel

Commentaire : Pas mieux pour démontrer l’absurdité de la PPE et de la fermeture de centrales nucléaires en état de marche, une absurdité écologique, sociale, économique, technique, climatique et pour l’indépendance nationale et un gaspillage innommable du patrimoine collectif des Français,

Et le black out annoncé, on s’en rapproche déjà ! Lundi 7 octobre 2019…

« L'incident a été discret et rapidement circonscrit, mais ce lundi 7 octobre le système électrique français a été mis à rude épreuve. Faute de production suffisante, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) qui doit assurer un équilibre permanent entre l'offre et la demande , a dû débrancher en urgence 21 sites de production industriels aux alentours de 21 heures. Créé dans le cadre de la loi NOME de 2011, ce dispositif dit « d'interruptibilité » permet de déconnecter en quelques secondes des usines fortement consommatrices d'électricité, volontaires et rémunérées pour cela, afin d'éviter le risque de « black-out ». Jusqu'ici, le mécanisme n'avait été actionné qu'une seule fois, le 10 janvier dernier, lorsqu'un problème de mesure sur les lignes connectant l'Allemagne et l'Autriche avait mis en risque le réseau électrique européen. Arrêt inopiné d'une turbine à Gravelines En cause cette fois-ci selon RTE : l'arrêt inopiné de la production d'un réacteur d'EDF dans sa centrale de Gravelines. « L'indisponibilité à Gravelines lundi soir a fait chuter la fréquence sur le réseau français à un moment critique car en fin de journée, on observe traditionnellement une baisse de la consommation », explique RTE. Chez EDF, on précise que l'arrêt à Gravelines n'est pas lié à un problème sur l'un de ses réacteurs nucléaires mais sur une turbine qui a été déconnectée du réseau et remise en service à 7 heures mardi matin. « L'unité de production a été déconnectée afin de réaliser une opération de maintenance sur le circuit secondaire, situé en partie non nucléaire de l'installation »

Un seul réacteur nucléaire vous manque, et tout s’éteint ! Les électrointensifs effacés, mais bientôt aussi les particuliers !

Bou Dieu, et ils vont fermer Fessenheim. C’est sûr, on passera pas l’hiver !


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