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mardi 30 janvier 2024

Le premier parc éolien flottant au monde, Hywind Scotland, sera fermé quatre mois pour « maintenance lourde." et non programmée

 Les opérations du parc éolien offshore flottant Hywind Scotland d’Equinor, (30 MW, 5 turbines) seront interrompues jusqu’à quatre mois cette année pour effectuer une « maintenance lourde » des turbines comportant un remorquage jusqu’au port de Wergeland en Norvège ! Un entretien non prévu au départ.

La nécessité d’un entretien lourd est devenue évidente grâce à « une surveillance et des inspections ordinaires, en étroite collaboration avec le fabricant ». Les travaux impliqueront le changement de certains composants des turbines, ainsi qu’un entretien plus courant. « Ce que nous constatons à partir des données opérationnelles, c’est qu’il y a un besoin de maintenance lourde sur les turbines »

Siemens Gamesa a été invité à fournir des éclaircissements sur la nature des problèmes sur les turbines de Hywind Scotland, mais un porte-parole a déclaré que la société ne commenterait pas sur les informations fournies par Equinor. Mais il est évident que les problèmes rencontrés par Siemens ne se limitent pas à l’éolien terrestre, comme on l’entend parfois.

Ce remorquage de toutes les turbines jusqu’à terre pour maintenance après sept ans d’exploitation n’était absolument pas prévu au départ. « Les coûts d’une campagne de maintenance non planifiée sur plusieurs unités offshore seront invariablement considérables, en plus de la perte substantielle de revenus résultant des temps d’arrêt des turbines. ». Il s’agit de la première opération de ce type pour une ferme flottante et la méthode la plus sûre pour le faire est de remorquer les turbines jusqu’à la côte et d’exécuter les opérations dans des conditions abritées », a déclaré un porte-parole d’Equino

Michael Bullock, directeur de la société de conseil Renewable Risk Advisers considère que les problèmes qui semblent surgir sur Hywind Scotland sont au cœur des défis auxquels est confronté le secteur flottant et qu’ils risquent de s’aggraver : «  Les défauts de fabrication en série se produisent dans le secteur de l’éolien offshore comme ailleurs, même avec la diligence raisonnable et la certification appropriées en place (mais) le risque est potentiellement aggravé par la fréquence de nouvelles conceptions d’éoliennes plus grandes avec des charges et des taux de fatigue différents, et d’autres caractéristiques »

Au surplus, les assureurs ne prennent pas en compte les défauts de fabrications en série (qui restent donc à la charge des fabricants et/ou exploitants…). Ceux-ci ont d’ailleurs averti qu’il refuseraient éventuellement d’ assurer les dernière générations de turbines offshore, particulièrement celles destinées à l’éolien flottant  : « L’augmentation de taille des éoliennes offshore crée des risques de marché insoutenables » (GCube).

Nous n’avons cessé de le répéter : l’éolien offshore flottant n’est pas une technologie mature ! ( voir notre section

Situé dans une région particulièrement ventée d’Ecosse, Hywind Scotland à 29 kilomètres  au large de Peterhead comprend cinq turbines à entraînement direct Siemens de 6 MW sur  des monopieux flottants Hywind . Premier parc flottant en exploitation commerciale, il est le modèle tant vanté (et venté) de l’éolien offshore  avec au cours de ses 5 premières années d’exploitation, un facteur de capacité moyen de 54 %, et ayant survécu à l’ouragan Ophelia, puis à la tempête Caroline avec des rafales de vent à 160 km/h (99 mph) et des vagues de 8,2 mètres. Le modèle semble en fait avoir quelques problèmes..

Le premier parc éolien flottant au monde, Hywind Scotland, risque d'être fermé pour « maintenance lourde"https://www.rechargenews.com/wind/worlds-first-floating-wind-farm-hywind-scotland-faces-shutdown-for-heavy-maintenance/2-1-1582273

Eric Sartori
PIEBÎEM
https://piebiem.webnode.fr/piebiem/ 





samedi 7 octobre 2023

Eolien offshore sur la côte est des USA : la débâcle !

 https://www.manhattancontrarian.com/blog/2023-10-5-update-on-offshore-wind-projects-off-the-mid-atlantic-and-new-england

Elève modèle du volet ENR de l’Inflation Reduction Act (IRA) de l’administration Biden (lequel comporte aussi un fort volet nucléaire), l’Etat de New-York a décidé de se lancer massivement dans l’éolien offshore et de lancer des appels d’offres pour une série de projets. Le plan prévoit quelque 9 000 MW d’éolien offshore pour New York seulement, dont quelques 4 300 mégawatts sont en cours de « développement actif ». Enfin, pas si actifs que cela !

Car en fait, sur les 4 300 MW dont NYSERDA (New York State Energy Research and Development Authority en charge du développement éolien) se vantait, les développeurs d’au moins 3 300 MW sont sur le point de se retirer s’ils n’obtiennent pas une augmentation significative  du prix de vente de l’électricité qu’ils avait accepté

Les projets concernés sont le projet Sunrise Wind de 924 MW d’Orsted et d’Eversource, ainsi que les projets Empire Wind 1 de 816 MW d’Equinor et BP de 816 MW, Empire Wind 2 de 1260 MW et Beacon Wind de 1230 MW. Sunrise Wind avait précédemment convenu d’un prix de 110,37 $ par MWh, et cherche maintenant un prix de 139,99 $ à la place, soit une augmentation de 27%, selon NYSERDA. Empire Wind 1 a demandé d’augmenter son prix d’exercice de 118,38 $ à 159,64 $, soit une augmentation de 35 %, tandis qu’Empire Wind 2 a demandé que son prix initial de 107,50 $ soit augmenté à 177,84 $, soit une augmentation de 66 %. ( le record !). Beacon Wind veut que son prix de 118,00 $ précédemment convenu passe à 190,82 $, soit 62% de plus. Les trois projets Equinor et BP combinés ont une hausse moyenne des prix de 55%.

NB cela fait l’éolien off shore vers 170 €/MW.h

Cela ne va pas beaucoup mieux plus au Nord, le long de la côte de Nouvelle Angleterre où se succède une longue litanie d’annonces d’abandons avec des développeurs qui préfèrent payer des frais d’annulation massifs pour se retirer finalement de la quasi-totalité des contrats existants pour le développement éolien offshore en Nouvelle-Angleterre : Le dernier en date est Avangrid, filiale de la compagnie espagnole Iberdrola,  qui a annoncé abandonner le projet Park City Wind de 804 mégawatts au large du Connecticut. En août, Shell et Ocean Winds North America ont accepté de payer 60 millions de dollars pour annuler les contrats de vente d’électricité au Massachusetts à partir du projet éolien SouthCoast de 2 400 mégawatts. En juillet, Avangrid a accepté de payer 48 millions de dollars pour annuler son contrat avec le Massachusetts pour la vente d’électricité du projet éolien Commonwealth de 1 200 mégawatts. Toujours en juillet, Rhode Island Energy a annoncé qu’elle annulait un accord d’achat d’électricité avec Ørsted et Eversource sur le projet Revolution Wind de 884 mégawatts.

Une bonne nouvelle pour les contribuables, les oiseaux, les chauves-souris, les paysages, les points de vue et la baleine noire de l’Atlantique Nord, en danger critique d’extinction.



Et pendant ce temps -là en France ? Ben,  accord avec les producteurs éoliens pour renégocier les contrats, abandon des pénalités en cas de non réalisation. Et en avant toute vers les 40 GW offshore ( 50 zones industrielles éoliennes le long des côtes) !

mardi 14 mars 2023

Audition publique sur les innovations technologiques de l’éolien offshore , OPECST, 2 février 2023 : l’éolien flottant n’est décidément pas mature !

Résumé : décidément, une technologie non mature  : postes  électriques flottant non encore mature, choix des socles industrialisables non encore mature (acier pour la plupart, béton pour Equinor...qui a la plus grande expérience dans le domaine à ce jour), problèmes de l'aménagement des ports et du volume d'activité, de la disponibilité de l'acier, coûts de production impossibles à estimer.

Nicolas Clausset, sous-directeur du système électrique et des énergies renouvelables à la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC)

- Encore beaucoup d’enjeux d’innovation dans les fermes pilotes

- Pas de technologies de postes  flottant matures, uniquement des postes posés ; c’est pour l’instant la principale limite  à l’éloignement

- Eoliennes off shore et production d’hydrogène qui pourrait être plus facilement transporté ( ???) que le courant électrique : absolument pas mature, enjeux de sécurités et surtout rendement irrémédiablement mauvais de la transformation Power to Gas to Power

Bénédicte Genthon et Régis Le Bars, Ademe

- Suivant les scenarios 2050, l’éolien en mer flottant représente entre 5 GW (Scenario « nucléaire) et 28  GW ( scenario ENR), soit entre 12 et 25%  de la production d’électricité

- Risques  sur les flotteurs, les câbles,  les ancrages dynamiques

- Opportunité de reconversion de l’offshore pétrolier

Régis Boigegrain, directeur exécutif en charge de la direction des affaires maritimes de RTE

- Objectif 50% d’éolien posé et 50% d’éolien flottant  mais il faut que la filière flottante atteigne sa maturité

- 50 m de profondeur : éolien posé ; 50 à 100 m de profondeur, éolien flottant avec poste posé  (c’est le cas de Bretagne Sud) ; 100 m de profondeur : éolien flottant avec poste flottant et nécessité de passer en continu : la technologie du poste flottant n’est pas mature, c’est ce qui limite aujourd’hui l’éloignement des côtes. Estimation : la technologie sera prête en 2040

- Comment se comporte un transformateur électrique quand l’huile isolante   bouge fortement dans sa cuve en raison des oscillations ?

Michel Gioria, délégué général de France énergie éolienne (FEE)

- La France a réussi un tour de force industriel 1/3 des capacités européennes de production d’éolien flottant (Siemens Gamesa, Chantiers de l’Atlantique…)Elle n’est pas encore en retard sur l’éolien flottant mais le deviendra rapidement face aux programmes Coréens, Américains, Japonais..  

-  1500 emplois sur le territoire actuellement, si 18 GW en 2035 20.000 emplois seront créés

 - Convergence des coûts off shore flottant  et posé 2035-2040 ( coût non indiqué) . 2/3 de posé, 1/3 de flottant en 2040

Grégoire de Roux, directeur technique des activités offshore d'EDF Renouvelables

- Encore un grand nombre de technologies différentes sur les flotteurs sont à l’étude et les résultats des parcs pilotes comme Provence Grand Large  seront importants.  La question du choix des meilleurs flotteurs et de la possibilité d’industrialiser leur fabrication est encore très incertaine ; le développement industriel est actuellement un verrou qu’il faudra faire sauter

- Si les flotteurs en acier sont choisis, les programmes prévus poseront un problème de disponibilité de l’acier qui sera un matériau critique. Au plan mondial,  il est prévu que les besoins d’aciers deviennent équivalents à ceux de l’industrie automobile.

- L’éolien  posé n’a pas dit son dernier mot, il n’y a pas de limites technique à 50 m mais technico économique. L’industrie pétrolière propose  des techniques qui permettent de faire du posé à plus de 70 m.

Grégoire de Saivre, responsable du département éolien offshore de Total Energies

- Verrou technologique  sur les flotteurs : quels sont  les flotteurs qui ont le potentiel d’être industrialisés ? Si acier, besoin de qtés phénoménales d’acier . il faut des flotteurs les plus légers possibles, faciles à  industrialiser, pas cher, faciles  à assembler

- verrou technologique sur les ancrages : diminuer le coût et  l’empreinte

- Problèmes des infrastructures portuaires pour les flotteurs qui ne sont pas à l’échelle en France. Les travaux à faire sur les ports représentent  plus de 250 millions d’euros par port  et pour le programme français cela représenterait un peu plus d’un milliard (soit beaucoup plus qu’estimé par l’Ademe et que prévu dans France Relance (350 millions).

Et il est très compliqué de donner de la visibilité aux ports : il est très probable qu‘en fait, une bonne partie de la fabrication ne soit pas effectuée sur place, ni même en France , mais par l’ importation de modules fabriqués à l’étranger (à bas coût) avec seulement l’assemblage final  dans les ports français

Et si ce sont des socles en béton qui s’imposent, c’est encore totalement différent : fabrication de modules  à l’intérieur des terres et assemblage en mer : très peu de travail dans les ports

- Challenge liés au système d’appels d’offres : l’industrie a besoin de visibilité en volume et en timing Il faut attribuer rapidement de grands parcs et donner des certitudes à l’industrie. Il faut attribuer directement des parcs de 2 GW

-Estimer les coûts de construction d’une filière qui n’est pas mature sur une période de  8 à dix  ans ; impossible c’est une boule de cristal

Marc Hirt, directeur général d'OceanWinds France

-3 éoliennes installées au Portugal,  3 prêtes à être mis en œuvre à Port Leucate .

- Projets en Corée, en Californie, en Ecosse de 2 GW

-Pour eux, la technologie est mature et tous nos voisins vont beaucoup plus vite

Alexis Darquin, d'Equinor Renewables France  

-Propriété de l’Etat Norvégien, Equinor a une éthique de travail reconnue, notamment dans le respect des communautés

- Première éolienne flottante, plus grand parc éolien flottant en Europe (Hywind tampen, 11 flotteurs 100 MW). A déjà une expérience industrielle des flotteurs,  de l’ancrage, des câbles dynamiques

- Et Equinor a abandonné les socles en acier pour  adopter les socles en béton !

Autres problématiques / remarques

Puissance des aérogénérateurs : 15 MW en 2030, peut-être même 20 MW. Des aérogénérateurs expérimentaux de 50MW existent mais la limite techno économique sera probablement à 30 MW.

- Les  turbiniers européens  sont en mauvais état économique parce qu’ils se sont fait prendre à la course à la taille sans pouvoir rentabiliser leurs efforts de développement.  Le développement rapide de l’éolien off shore européen est pour eux  une question de survie Par contre les  turbiniers Chinois sont en pleine forme et il y a un vrai risque qu’ils balaient tout, comme pour le photovoltaïque

-Au niveau mondial, le potentiel de l’éolien flottant est immense : 80% de la ressource éolienne marine est  flottante. Le plus impressionnant .Ocean wind /Engie en Californie : 2 GW,   500 à  1000 mètres de fond. !!!





samedi 26 septembre 2020

L’éolien flottant : un sacré défi qui n’en vaut pas la peine ?

 La France est-elle en retard pour le développement de l’éolien off shore :?

Sur le sujet plus général de l’éolien offshore, cf. Les plans délirants d’une l’Union Européenne sous influence pour l’éolien off shore

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/les-plans-delirants-dune-lunion.html

Remarque ; on nous dit que la France est extraordinairement en retard pour le développement de l’éoline off-shore. En retard par rapport à qui ? Cela s’explique parfaitement en ce qui concerne l’éolien posé, car la France dispose  de peu de rivages aussi favorables que les fonds sablanneux, peu profonds et étendus de la mer du Nord ; en France, le fonds marins plongent rapidement et ne sont guère favorables à l’éolien posé.

Cela a d’ailleurs été reconnue par la Commission Européenne qui a validé les tarifs extrêmement gééreux accordés aux parcs Française d’éolien posé : La Commission européenne a accepté des tarifs d’achats entre 131 et 155 euros par mégawattheure (MWh) les justifiant aisni :

« Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises, explique la Commission : des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux) ».

Alors l’éolien off shore peut-il constituer une solution ?

L’exemple Equinor, Hywind,Tampen : ça coûte très très cher et les investisseurs se précipitent pas

 En 2016, il n’existait que quelques démonstrateurs de l’éolien flottant dans le monde et déjà, les prometteurs éoliens, qui commencent à être un peu bloqués sur terre et sur mer proche des côtes, annoncent un nouvel eldorado. Pour eux, aucun doute !

Le seul retour d’expérience signi­ficatif dont nous disposons actuellement sur l’éolien flottant est celui de la ferme pilote Hywind, qui fonctionne depuis octobre 2017 à 25 kilo­mètres au large de la côte nord-est de l’Écosse. Cette première ferme éolienne flottante de taille commerciale, a été développée par la branche New Energy Solutions du groupe pétrolier norvégien Statoil- maintenant Equinor. Ses cinq éoliennes ont des rotors de 154 mètres et des mâts de 253 mètres (dont 175 sous le niveau de l'eau-flotteur vertical). Ils ont été convoyés lors de l'été 2017 depuis la Norvège jusqu'au site de Buchan Deep, à 25 kilomètres au large des côtes nord-est de l'Écosse, où la vitesse moyenne du vent est de 10 mètres par seconde, soit 36 km/h.

La production a démarré le 18 octobre 2017. Une batterie au lithium de grande capacité (1 MWh) produite par Masdar stockera l’énergie produite. Durant son premier hiver, le facteur de charge du parc s'est élevé à 65% soit 10 points de plus qu'un parc offshore classique.

Ce premier parc éolien flottant de taille commerciale, en cours d'installation par Statoil en Écosse, a obtenu une subvention publique de près de 160 livres (177 €) par MWh produit pendant 20 ans, qui s'ajoutera aux prix de marché britannique.

Hywind a survécu à une période orageuse de trois mois de novembre 2018 à janvier 2019, alors qu'un ouragan de l'Atlantique Nord a envoyé des houles atteignant 27 pieds…

Commentaire  ; ça marche bien, dans un environnement particulièrement favorable, mais ça coûte cher. 65% de facteur de charge, c’est impressionnant, mais ça laisse tout de même 35% à suppléer par des énergies pilotables. Il faudrait savoir comment ces 65% sont réparties : de longues périodes de calmes plats, ou des variations erratiques et brutales ?

Un an de fonctionnement so far, so good. Il reste à voir la tenue dans le temps des éoliennes d’Equinor

Rebondissant sur son succès pour l’instant de Hywind, Equinor se lance dans Hywind Tampen,  un projet d'énergie éolienne flottante de 88 MW destiné à fournir de l'électricité aux opérations sur le terrain offshore de Snorre et Gullfaks en mer du Nord norvégienne. Ce sera le premier parc éolien flottant au monde à alimenter des plates-formes pétrolières et gazières offshore. Hywind Tampen sera également un banc d'essai pour le développement ultérieur de l'éolien flottant, explorant l'utilisation de turbines nouvelles et plus grandes, des méthodes d'installation, des amarres simplifiées, des sous-structures en béton et l'intégration entre les systèmes de production d'énergie à gaz et éolienne.

Le problème est que Equinor n’a pas réussi à convaincre des partenaires financiers, et a du coup, dû faire appel à l’Etat norvégien ; lequel détient et contrôle toujours 67% des actions d'Equinor. En qu'en plus d'obtenir la subvention de 2,9 milliards de NOK,( la pmus élevée accordée par l’Etat norvégie dans le domaine énergétique),  Equinor et ses partenaires peuvent également annuler 90% du reste des coûts du projet sur six ans, ce qui signifie que l'État norvégien et les contribuables assument la responsabilité et les risques financiers. Equinor avait clairement indiqué dès le départ qu'elle ne souhaitait pas risquer ses propres profits et capitaux sur le projet, et qu'elle ne pouvait aller de l'avant que si l'État investissait de l'argent.

Commentaire : Cette  décision du gouvernement norvégien de financer la totalité d'un énorme projet éolien offshore pour la compagnie pétrolière publique Equinor a suscité des critiques et des interrogations. Le moins qu’on puisse dire est que la démonstration de la rentabilité financière n’est pas acquise…

Un seul autre parc d’éoliennes flottantes vient d’être mis en service : WindFloat Atlantic (Portugal à  20 km des côtes de Viana do Castelo). trois structures flottantes de 30 mètres dont les colonnes sont distantes de 50 mètres les unes des autres seront installées pour former le premier parc éolien flottant d'Europe continentale : puissance unitaire : 8.3MW. Le parc a été raccordé en jullet 2020. Le projet Windfloat a été hautement subventionné par un apport de 29.9 millions d’euros du programme européen NER300 , 6 M € du Portugal, 60M€ de la BEI

Et c’est tout pour le moment !

Les difficultés spécifiques de l’éolien flottant

Si l’éolien offshore a mis du temps à se développer, c’est que les analyses de rentabilité avaient jusqu'à présent dissuadé la plupart des entreprises. «Le temps nécessaire pour atteindre la rentabilité est long et les sommes d'argent nécessaires sont importantes, compte tenu de l'incertitude sur le marché éventuel» (Agence internationale pour les énergies renouvelables)

Selon l’Ademe, le coût de production de l’électricité éolienne en mer est estimé entre 123 € et 227 € le MWh pour des machines posées et entre 165 € et 364 € le MWh pour l’éolien flottant(2016). Il est attendu que les couts baisseront, mais ce sont des projections !

Le coût élevé de l’éolien flottant s’explique par plusieurs facteurs.

- Pour les banques et investisseurs, ces projets apparaissent comme nouveaux et ils demandent de fortes primes de risque

- Cette technologie ne bénéficie pas encore de la fabrication en série qui diminue le coût de l’éolien posé.

-Plus grave, la technologie de référence n’est pas fixée et il existe plusieurs modèles sur lesquels on manque de recul

Hywind le plus avancé, utilise un  flotteur vertical, mais bien d'autres solutions sont encore à l'étude (voir ci après pour les parcs français)

-Les dispositifs de suivi sur sites restent expérimentaux (camera, jauges de contraintes) A ce stade, il est impossible de mutualiser les moyens de surveillance et de diminuer le coût

Pour illustrer l’absence de maturité de la technologie, sur 4 projets prévus en France, ce seront 4 technologies différentes qui seront employées !

Eoliennes Flottantes du Golfe du Lion (EFGL) prévoit la construction et l’exploitation, début 2022, de 3 éoliennes flottantes à plus de 16 kilomètres au large des communes de Leucate et du Barcarès, pour une puissance totale de 30 MW. Les  3 flotteurs conçus par la société Principle Power et construits par Eiffage sont les mêmes que pour le le projet portugais Windfloat. Le flotteur est constitué de 3 colonnes

Situé en mer Méditerranée au large de Gruissan (Aude), le projet EolMed consiste en l’implantation de quatre éoliennes d’une puissance unitaire de 6,2 MW, installées sur des fondations flottantes en béton d’environ 15000T à plus de 18 km des côtes. Les éoliennes seront sur la bathymétrie des 60m de fond et raccordées à des ancres charrues au travers de 8 lignes d’ancrage maximum.


Provence Grand Large : piloté par EDF Renouvelables, à 17 km au large de la plage Napoléon située sur la commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône. 3 éoliennes de 8.4 MW,  SBM Offshore pour la conception, la fabrication et l’installation des flotteurs. L’électricité produite sera ensuite transportée grâce à un ensemble innovant de câbles dynamiques capable de suivre le mouvement des éoliennes, lui-même connecté à un câble d’export sous-marin puis souterrain, jusqu’au Poste de raccordement électrique

Eoliennes flottantes de Groix : 3 éoliennes de 9,5 MW, porté par l’opérateur français EOLFI associé au groupe chinois CGN. Le flotteur sur lequel repose l’éolienne a été développé par Naval Energies, il est constitué de 4 colonnes cylindriques en acier assurant la flottabilité et d’une embase ballastée assurant la stabilité. Ce flotteur semi-submersible est ancré au fond de la mer par 5 lignes de mouillage pour maintenir l’éolienne sur sa position et éviter qu’elle ne dérive.


Or le choix technologique est loin d’être indifférent ! Flotteur en bèton ( moins cher) ou en acier, vertical, horizontal, plusieurs colonnes,  semi immergé ou non, les choix techniques ne sont pas indifférents : le coût du flotteur compte pour près de 60%.

Pas plus qu’ailleurs, les projets éoliens offshore ne sont viables économiquement. Les quatre projets en cours en France recevront une aide à l’investissement s’élevant au total à 330 million € et le courant produit sera acheté au tarif de 240€MWh pendant 20 ans ! Le soutien financier au fonctionnement devrait même se situer dans une fourchette 260-280 €/MWh, de sorte que, toutes aides cumulées, les Français devront payer le MWh produit par les éoliennes flottantes entre 323 et 343 € soit au total sur 20 ans de 660 à 700 millions.

Le parc de Groix & Belle-Île bénéficiera d’un ­tarif d’achat de 240 €/MWh de la totalité de sa production (même quand on n’en aura pas besoin) sur vingt ans. En comparaison, le prix de marché se situe aux alentours de 50 €/MWh, et EDF est contrainte de vendre 25 % de sa production nucléaire et hydraulique 42 €/MWh à ses concurrents. Le surcoût sera payé par les familles.

Pour plus de données, on pourra se référer à

https://www.books.fr/cout-exorbitant-eoliennes-flottantes/#:~:text=Selon%20la%20Commission%20de%20Bruxelles,la%20plus%20on%C3%A9reuse%20d%C3%A9ploy%C3%A9e%20actuellement%20%C2%BB

Selon la Commission de Bruxelles, qui s’appuie sur les chiffres avancés par l’Ademe, les coûts d’investissement de l’éolien flottant représentent « de 5 à 6 fois les coûts de l’investissement terrestre et près de 2 fois les coûts de l’offshore posé", qui est la ­filière la plus onéreuse déployée actuellement

Quelques remarques et questions concernant plus spécifiqument le projet de Groix :

https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/JEANDRON/Analyse_du_projet_EolMed_v1.pdf

- Pour une puissance installée de 24,8 MW les promoteurs annoncent une production électrique annuelle se situant entre 95 et 100 GWh correspondant à un facteur de charge de 46%. Il serait du même niveau que les meilleurs sites de la Mer du Nord, ce qui est très improbable et demandera à être vérifié.

- Il nous est indiqué que les 100 GWh produits correspondront à l’énergie consommée par 50 000 habitants, affirmation fantaisiste : rapporté à une consommation nationale de 474 000 GWh (en 2018) ce type de calcul supposerait une population de 237 millions de français !

- Le chiffre avancé, de plus de 30.000 tonnes de CO2 évitées annuellement, suppose que chaque KWh d’électricité éolienne remplacera la production d’une centrale au fuel. Or les centrales au fuel ne représentent que 0,5% de notre production en 2018 et servent surtout à gérer les à-coups de consommation, et éventuellement de production, de l’électricité intermittente en particulier. Un chiffre plus réaliste serait de 7 fois inférieur au mieux . De plus le site EolMed annonce la fabrication de barges de 15 000 tonnes de béton armé. De cette fabrication résultera une émission de 159 kgCO2e/ tonne de béton armé, soit 2 400 tonnes de CO2e pour la seule barge.

- Enfin une éolienne flottante, au-delà de la phase d’implantation,  impose des restrictions de pêche supérieures à celles d’une éolienne sur fondations, en raison des très grands cables et chaines d’ancrages susceptibles d’être déplacés par des chaluts. Un e zone de sécurité d’environ 1 km de diamètre s’applique, interdisant aussi le mouillage et les activités sous-marines. Seul le transit des petits navires reste autorisé, jusqu’à 200 m des flotteurs.

-  La société de projet dénommée «Ferme Éolienne Flottante de Groix et Belle Île SAS (EFGBI) est contrôlée à 51% par EOLFI, elle-même détenue à 90% par CGNEE, filiale de l’énergéticien chinois CGN. Ce dossier spécifie que « La société de projet est la structure qui sera la bénéficiaire des aides d’état ». On peut raisonnablement se demander pourquoi des groupes internationaux aussi puissants ont besoin d’être aussi fortement aidés par le citoyen français pour le développement d’une technologie pour laquelle la France vise 6 GW en 2030.

Ca fait cher, et, en plus, on subventionne grassement des puissants groupes étrangers !

Commentaire : rappelons la phrase de Jean-Marc Jancovici devant le Commission Aubert :

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, »

Et cette remarque de l’excellente association Sauvons Le Climat :

« Il convient enfin de rappeler que la France n’émet que 1% des gaz à effet de serre de la planète et que l’électricité y est déjà décarbonée à 97%.

Il serait beaucoup plus efficace de développer les énergies renouvelables thermiques, de développer le transport électrique, de substituer des énergies non carbonées aux chauffages fioul et gaz, mais tout ceci suppose par ailleurs, la mise à disposition d’une énergie électrique de qualité, en quantité et à un prix supportable par nos concitoyens »