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samedi 2 mai 2020

Les margoulins de l’éolien et leurs gros mensonges sur l’immobilier


Ben, on commence par les mensonges !

France Energie Eolienne (FEE) “Si un parc éolien s’implante près de ma maison, celle-ci ne vaudra bientôt plus rien !” Faux !

« Les communes proches des éoliennes n’ont pas connu de baisse apparente de demande de permis de construire en raison de la présence visuelle des éoliennes, ni de baisse des permis autorisés. De même, sur la périphérie immédiate de 0 à 2 km, la valeur moyenne de la dizaine de maisons vendues chaque année depuis la mise en service (3 années postérieures) n’a pas connu d’infléchissement notable »

Ben voyons !

Charles Lhermitte, vice président FEE : Différentes études ont été menées sur la dévalorisation éventuelle de l’immobilier à proximité des parcs éoliens. Or aucune d’entre elles n’a à ce jour établi de lien de cause à effet entre l’implantation d’éoliennes sur un territoire donné et la chute de la valeur de l’immobilier sur ce même territoire. Il existe à ce sujet un rapport de l’ADEME ; un autre va être mis à jour très prochainement.

« un « projet » d’implantation d’une ferme éolienne tend à avoir un impact plus significatif sur les valeurs immobilières que l’existence d’une ferme éolienne…. L’annonce d’un « projet » d’implantation suscite des inquiétudes au delà de ce qui est relevé en phase d’exploitation lorsque le projet s’est concrétisé. »

Ben voyons : il n’ y a pas de réelles pertes de valeur, seulement un sentiment de perte !

Et on continue par la réalité : celle des agents  immobiliers, : Christophe Zeller : " Les éoliennes contribuent à un forte dévalorisation des actifs


Pertes de valeurs et surtout maisons invendables

«  Où est-ce qu’on en est du plan éolien en France ? Aujourd’hui, on a déployé environ 8000 éoliennes, l’objectif est d’en déployer 20.000. On voit bien que l’acceptation par les populations est de plus en plus compliqué, puisque 30% environ des projets se retrouvent en recours litigieux. Pour développer un projet aujourd’hui, il faut environ 10 ans, et sur 10 projets initiés, il n’y en a que trois qui aboutissent. .C’est pour vous dire la déperdition….Le Président de la République s’est même récemment ému du manque d’acceptation de la population…. Il y a également le député, M. Aubert, qui a regardé l’aspect macroéconomique dans la loi de finance des éoliennes, et il cherche à proposer un moratoire de quelques années sur les éoliennes. On voit bien que c’est compliqué..
Pourquoi est-ce que ça bloque ?

On va prendre aujourd’hui un exemple, on va traiter la prochaine fois les autres raisons. L’une des raisons, c’est la dépréciation des actifs immobiliers. On prend un exemple pour expliquer les choses. Vous avez donc autour de 3 petits villages, un projet dans le nord du Loiret, pour lequel il va y avoir une vingtaine d’éoliennes. Ces vingtaines d’éoliennes vont grosso modo dévaloriser de 25% un tiers des maisons, sur huit cent maisons… trois cent maisons vont être dévalorisées de 25%. Si on prend la valorisation moyenne d’une maison, à 200,000 euros, vous multipliez, on fait le total…

Et puis, il y a d’autres maisons qui ont, elles, pleine vue sur les éoliennes, qui elles sont devenues invendables. Donc, on a une perte sèche de 200000 euros.
Résultats, 3 petits villages, 800 maisons environ, la perte est d’’à peu près  54 millions d’euros. 20 éoliennes, 54 millions d’euros ! 20,000 éoliennes, 54 milliards d’euros ! Grâce aux éoliennes, les pouvoirs publics, qui sont, en dernier ressort, les décideurs, vont faire perdre à la population française 54 milliards d’euros ! O comprend que les gens ne soient pas d’accord pour perdre autant d’argent !

Quand vous ne pouvez pas vendre votre maison, eh ben, on ne peut pas constater qu’elle est dévalorisée 

Alors, mes promoteurs des éoliennes disent c’est pas vrai du tout, et ils ont un argument qui est complètement fallacieux. Pourquoi ? Parce que quand vous ne pouvez pas vendre votre maison, eh ben, on ne peut pas constater qu’elle est dévalorisée ! Donc, la vente ne se fait pas, on ne peut pas acter de la dévalorisation. Pour autant, quand les gens veulent vendre, ils attendent un an, deux ans, cinq ans, et ils n’arrivent toujours pas à vendre. Donc, nous on considère qu’il faut les indemniser du montant total de la maison parce que ils ont décidé d’aller ailleurs, pour des problèmes de santé ou d’autres problèmes, ils sont trop vieux pour conduire leur véhicule à la ville, ils veulent habiter plus près en ville, eh bien aujourd’hui on a de plus en plus de Français qui sont scotchés de facto dans leur maison dont ils ne veulent plus, et cela, uniquement à cause des éoliennes.  Donc on prive de nombreux Français de leur liberté de mouvement  dans leur pays.
Qu’est-ce qu’il faut faire ? Eh bien, pour l’instant, je pense qu’il faut faire ce que dit le député Aubert, c’est de faire un moratoire pendant trois ans… Il faut tirer de l’expérience des pays étrangers. Pourquoi en Allemagne, en Scandinavie,  l’éolien chute ? Pourquoi dans tant d’autres pays européens, l’éolien chute

Impact des      éoliennes         sur       les        prix     immobiliers, Morvan en Colère
Bernard Grangé Economiste Ancien élève d’HEC et de l’IEP de Paris (Extraits)


Les ruses des promoteurs éoliens

Alors que la perte de jouissance est contestée même dans son principe par les promoteurs éoliens, la question de la valeur des biens immobiliers est traitée par eux avec désinvolture, voire condescendance dans les études d’impact et de façon générale par les acteurs de l’éolien, organismes publics compris.

Une lecture critique met en effet en évidence les mécanismes par lesquels ces études sont falsifiées par les promoteurs éoliens.

- Etudes principalement au-delà de 2000 mètres.

 - Etudes excluant en grande partie la date d’annonce du projet, la plus importante en terme d’impact, souvent 3 ans avant, 3 ans après la mise en service,

 - Sondages sans rigueur scientifique (habitants des communes « situées à moins de 1000 mètres d’une commune accueillant un projet éolien » (c’est à dire en général situées largement au-delà de 2000 mètres) ou enquêtes auprès des professionnels de l’immobilier.

- Etudes réalisées en période de hausse de l’immobilier (particulièrement 1995 à 2008), et montrant seulement que le projet n’a pas suffi à faire baisser les prix !
Par ailleurs il n’est pas indifférent de remarquer que dans la période considérée, l’immobilier en France a connu une hausse prononcée, de l’ordre de +80% en prix et 40% en volume de construction! L’absence de baisse est donc littéralement exacte, mais ne doit pas occulter le retard de la zone par rapport aux communes comparables.

 - Négation de l’existence ou du sens d’un lien de causalité en dépit de la reconnaissance d’une évidence statistique Or, selon de ces études, il apparait très nettement que le préjudice est probable, et d’autant plus important que les éoliennes sont grandes, qu’elles sont proches, et que la valeur antérieure du bien est élevée.

Il est également inadmissible que les autorités n’exigent pas, en ce domaine, un degré de précision comparable à celle qui est la norme dans les autres domaines (biodiversité par exemple) et se contentent d’affirmations stéréotypées et aucunement étayées. Ce seul fait établit la faute des promoteurs, vicie le consentement éventuel des élus et engage la responsabilité de ceux qui commettent ou acceptent cette manipulation »

La manipulation sur les prix affirmant que l’influence des éoliennes est nulle tout en ne tenant pas compte de la hausse :moyenne des prix est particulièrement grossière mais efficace.

« un parc d’éoliennes dont la plupart n’étaient pas encore en service en 2007 mais dont l’annonce était antérieure au début de la plage d’examen de l’étude, et dont la hauteur n’excédait pas 100 mètres pales comprises, avec en projet 70 éoliennes supplémentaires. Dans un rayon de deux kilomètres, une dévalorisation « minime » a été constatée alors que sur cette période les biens immobiliers en France ont augmenté en moyenne de 40%. » !!!

Un cas d’école:  l’exemple de Fruges

Fruges, et ses 70 éoliennes Enercon E70 dont wikipedia nous apprend qu’ils constituent une référence absolue pour l'ensemble de la filière éolienne….

« Le retard des prix de la zone d’implantation intensive des éoliennes (Haute Lys et Fruges 95 éoliennes) sur les zones moins intensives (12 éoliennes) représente déjà 20% de leur valeur finale selon l’étude invoquée Le seul facteur explicatif donné par l’étude est la présence massive d’éoliennes)

En 2014, la commune comptait 2 413 habitants, en diminution de -6,4 % par rapport à 2009 (Pas-de-Calais : +0,77 %, France hors Mayotte : +2,49 %)…  Le nombre de logements vacants a doublé pour atteindre 14% du parc.

Donc en retenant comme l’étude l’évolution de la population de Fruges, l’évolution est très défavorable. Par ailleurs, cette information d’ordre politique : « Jean-Marie Lubret, conseiller général connu pour son opposition aux éoliennes, savoure pour l’heure son élection à la mairie » (La Voix du Nord 23 mars 2014)

Témoignages d’agents immobiliers… et de MMA

Madame Corinne Bonilla, agent immobilier en Picardie : « il est attesté que les prix de vente chutent en cas de proximité de ces éoliennes dans des fourchettes très importantes jusqu’à 35%. Enfin il n’est plus rare que les clients imposent sur le mandat de recherche l’absence de proximité d’éoliennes, voire refusent catégoriquement de visiter quand ils s’aperçoivent que le bien se trouve proche de ces installations »

AIR  Immobilier, (Seine Maritime) : « L’apparition d’éoliennes sur un secteur n’apporte pas une décote supplémentaire mais la conséquence est plus grave : elle empêche la vente… Aujourd’hui, pour un candidat à l’achat qu’il soit provincial ou parisien, le bien immobilier ne doit pas être à proximité d’éoliennes et qu’elles ne soient pas visibles, c’est une condition rédhibitoire. »

DV Immobilier (Amiens ) : « les biens immobiliers, situés proches d’une ferme éolienne ou d’une éolienne isolée, en vue ou non, subissent une décote constatée se situant entre 15% et 35% suivant les nuisances constatées ou présumées ».

Chateauroux Immobilier-: ayant eu à faire des estimations de propriétés aux abords de parcs éoliens, la proximité de ces parcs entraine une baisse de valeur des propriétés jusqu’à 40% de leur valeur réelle »

Agents immobiliers de Cliouscat, Livron, Loriol, Mirmande et Saulce dans la Drôme : « Ces implantations vont porter une grave atteinte à la valeur des biens immobiliers et que cette dévalorisation risque de concerner plusieurs centaines de maisons ; -qu’ayant pris connaissance des jugements du Tribunal de grande instance de Quimper (21 mars 2005) confirmé par la Cour d’Appel de Rennes (20 septembre 2007) et le Tribunal de grande instance d’Angers (9 avril 2009) il apparait que cette dévalorisation pourrait dépasser les 20% »

Des centaines de témoignage comme cela, on peut en trouver sur le site de le FED (Fédération environnement Durable)

Dommages pour les activités touristiques

Et on parle là d’habitations, et pas de pertes  liées au tourisme qui sont encore plus importantes Ainsi, les "Gites de France" refusent souvent de donner leur label à des chambres d'hôtes à proximité d'éoliennes. (PEEPB)

Une enquête a été menée en 2017 sur un corpus de 1280 touristes accueillis en Gîtes et chambre d'hôtes de l'Indre ou visiteurs (âgés de plus de 18 ans). Quel serait l'impact de l'implantation d'éoliennes industrielles sur votre choix de destination touristique ? Si ces éoliennes sont visibles depuis votre lieu d'hébergement : Dans un environnement proche (0 à 2 kms) : 97 % changent de destination A moyenne distance (2 à 10 kms) : 95 % changent de destination ;  A l'horizon (> à 10 kms) : 72 % changent de destination.
Cette question a par ailleurs fait l’objet d’une audition de la Commission Aubert. Pour quand ils auront rétabli le lien :
S’il n’y a pas de pertes de valeurs, pourquoi peut-on s’assurer ?

La MMA avait  mis en place  un contrat « garantie revente » qui couvre la perte de valeur de revente des propriétés, notamment en cas d’implantation d’éoliennes à proximité...
La baisse est estimée à dire d’expert hors frais d’acquisition, hors travaux soit au moins 5%, et après une décote de 5%, soit une perte de 20% équivalent à une franchise. Il semble que MMA, qui s’est peut être fait taper sur les doigts, ne fait plus la promotion de ce produit. Ce qui reste néanmoins est l’affirmation par un acteur économique considérable de la baisse des prix entrainée par les éoliennes « géantes », pourtant bien modestes en 2006 (100 mètres de haut et 50 mètres d’envergure contre couramment 180 mètres et 130 mètres respectivement !ements extérieurs).

Et aussi des indemnisations et annulations de ventes !

Jugement TGI Montpellier N° 06/05228 qui condamne l'exploitant à la démolition des 4 éoliennes les plus proches et considère de plus que " la dépréciation de la valeur du domaine de Bouquignan qui a été estimée par M Noël Cahuzac expert près la Cour d’Appel de Montpellier à 20% de la valeur 2003 du domaine soit à 228673€, reste d’actualité du fait du maintien de la plus grande partie du parc éolien."

Tribunal de Grande Instance d’Angers Condamnation d’un vendeur à rembourser 36000 euros pour avoir dissimulé un projet éolien, confirmé par la Cour d’Appel de Rennes (Bergerie à Tigné Maine et Loire).
« Même informé du projet, le vendeur pouvait commettre une erreur quant à l’importance de ses conséquences. En somme vendeur, acquéreur, notaire et administrations sont excusables puisque, tout en connaissant le projet, personne ne pouvait imaginer l’ampleur des nuisances. Ce n’est qu’à leur apparition que l’acquéreur a pu constater que s’il avait su, il n’aurait pas acheté. L’acheteur, confronté à cette nuisance, peut en effet invoquer sa propre erreur d’appréciation qui a vicié son consentement, surtout s’il s’est montré préoccupé par l’environnement avant d’acheter, a jugé la Cour de cassation. Outre la baisse des prix ainsi démontrée, les éoliennes introduisent donc une insécurité des transactions immobilières, le cauchemar des vendeurs et des notaires. On imagine que l’Etat a dû rembourser les impôts prélevés sur la transaction annulée.

Et remarquer ceci, un bon argument empreint d’un juridisme de bon sens :

« Le fait que des études, généralement inconnues du grand public, soient mises en avant, non sans manipulation comme le montrent ces pages, pour faire accroire qu’aucune baisse de l’immobilier ne devrait normalement avoir lieu fonde le droit des riverains à réclamer une indemnisation dans le cas inverse. En effet, se prévaloir de l’absence d’impact sur les biens immobiliers, communiquer et faire avaliser, par l’administration, des études qui démontreraient l’innocuité des projets n’est- il pas reconnaître l’aspect critique du sujet et la responsabilité des promoteurs le cas échéant ? La question est donc dans la main des experts qui, tels ceux de MMA, semblent capable d’évaluer la dévalorisation due aux éoliennes, alors que la faute des promoteurs, des élus, des bailleurs et de l’administration est si bien caractérisée. »


Tant de preuves pour un phénomène qui n’existe pas… !



mardi 18 avril 2017

Emmanuel Macron et la rente immobilière

De la taxe sur les loyers fictifs…

Taxer les « loyers fictifs » revient à considérer que l’Etat doit être neutre quant au choix – parfois contraint- que font les contribuables d’être locataires ou propriétaires. Il existerait une injustice entre locataires et propriétaires ayant terminé de rembourser leur logement, les premiers devant régler un loyer chaque mois quand les seconds occupent gratuitement leur logement. Nombre d’économistes avancent donc l’idée de remettre en place une taxe correspondant aux prélèvements sociaux que paieraient les propriétaires s’ils étaient locataires. Vous avez fini de rembourser vos emprunts, vous êtes devenu propriétaire et bien vous continuerez à payer.
Cette idée de loyers fictifs a notamment été avancée  en août 2012 par le think tank Cartes sur table à destination du nouveau pouvoir socialiste. Fin 2016, une note de l’OCDE, puis un nouveau rapport, cette fois de France Stratégie, organisme alors piloté par l’économiste Jean Pisani-Ferry, évoquent à nouveau cette piste. Début janvier, Jean Pisani-Ferry annonce qu’il rejoint l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.
Depuis, celui-ci a clairement démenti vouloir mettre en œuvre le « loyer fictif ».  Dont acte ! Mais dans un balancement très Macronien, ses déclarations contre la « rente immobilière » dont bénéficieraient les propriétaires, sa volonté de « privilégier le risque face à la rente » et  de faire de l’ISF un impôt sur la « rente immobilière » en en enlevant les placements mobiliers sont légitimement inquiété les propriétaires et tous ceux qui souhaitent le devenir.

…vers la supertaxe foncière

Face à l’incendie, M. Macrona affirmé qu’ il n’est pas question d’augmenter la fiscalité sur l’immobilier, que  le barème et le taux resteraient les mêmes, que l’abattement sur la résidence présidence principale serait maintenu mais que l’assiette serait plus faible.
Le site Cyceon a notamment évoqué la création d’une « super-taxe foncière » qui démonterait l’existante et remplacerait à terme à la fois la TH et l’ISF. Cette hypothèse a été validée par des déclarations de Renaud Dutreil, ancien ministre de Chirac et devenu homme d’affaires et soutien d’Emmanuel Macron, à l’occasion du Grand O devant les Notaires de France : « J’admets que l’immobilier dont la valeur est plus stable, dont l’assiette est moins sujette à des variations soit conjoncturelles soit liées à la valeur des biens, puisse être taxé comme c’est le cas aux Etats-Unis par une super-taxe foncière puisque c’est ce que va devenir l’ISF sous Macron. »

Au final, on en reviendrait donc à une fiscalité immobilière alourdie au bénéfice d’une fiscalité allégée sur le reste. Une fiscalité qui frappera les classes moyennes supérieures et non la grande richesse, beaucoup plus mobile. Une fiscalité qui frappera encore plus un immobilier déjà largement taxé. Alors que la France manque de manière critique de logements et qu’il faudrait au contraire beaucoup construire et encourager l’investissement immobilier locatif !

mardi 21 février 2017

Perplexités politiques et présidentielles : 2) dangers imminents : l’écrasement des classes moyennes fait naître des monstres politiques.

Taxer l’immobilier- ISF, impôt sur le patrimoine et loyers fictifs

Dans un premier blog consacré à ce sujet je m’inquiétais de la mauvaise qualité des émission politiques, type la Grande Emission, qui ne permettent pas un vrai débat mais l’opposition de vérités alternatives, et qui par mépris, insuffisance ou manque de travail des journalistes ne permettent pas de mettre en évidence les immenses failles d’une Marine Le Pen bien rompue à l’exercice médiatique.
Je souhaiterais ici mentionner un autre sujet d’inquiétude qui est, me semble-t-il que des candidats comme Macron ou Hamon n’ont pas tiré les conséquences d’autres élections inquiétantes, qui est que l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques.

Ainsi, nous avons entendu Hamon dire qu’il allait financer son revenu universel par une fiscalité sur le patrimoine ; et Macron expliquer que, pour le salut de l’économie française, il fallait supprimer l’ISF sur les actions pour en faire un impôt portant uniquement  sur la « rente immobilière » – ce qui sous-tend son aggravation pour les propriétaires immobiliers. Ce ne devrait d’ailleurs pas être une surprise, car Macron s’était déjà déclaré intéressé par une invention diabolique de Bercy, celle d’un impôt taxant la propriété immobilière sur des revenus fictifs qu’elle pourrait générer ; ainsi, si vous êtres propriétaires habitant, vous serez imposé sur les loyers que vous pourriez toucher de la location de votre habitation, au motif que l’Etat n’a pas à favoriser la propriété par rapport à la location et que c’est un choix de vie individuel. Le genre de monstruosités qu‘on envoie comme ballon d’essai, et qui finit toujours par ressortir.

On comprend bien la logique derrière cela ; pour augmenter les impôts, on ne peut plus taxer la grande fortune et son patrimoine très mobile qui s’enfuit si facilement ; non il faut taxer le patrimoine qui ne peut pas fuir, celui des classes moyennes. Donc, les classes moyennes et leur aspiration à la propriété qui n’est pas, comme même l’avait compris Proudhon le vol, mais une des meilleurs garanties de liberté !

Et, effet,  pour Macron qui rêve de salariés ultra mobiles et précarisés, et pour Hamon qui surjoue l’animosité contre les propriétaires en pensant que ça fait de gauche ( au fait, n’est-il pas propriétaire lui-même ?), la taxation de l‘immobilier apparaît comme une bonne recette.  

Mais c’est aller contre les désirs de beaucoup de Français et c’est surtout oublier cette leçon politique très simple : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques. Qu’ils se méfient : les scores de Marine Le Pen au deuxième tour augmentent dangereusement. Macron par exemple serait sans doute un adversaire très à sa portée : le souvenir de la li travail et encore quelques déclarations comme « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. » et il se fera exploser.

Il y a pourtant besoin d’une forte politique d’investissement immobilier

Alors que tant de nos compatriotes sont mal ou pas du tout logés, que le droit au logement est une aimable plaisanterie, il y a un immense besoin d’encourager l’investissement immobilier. Ainsi, la différence entre les dépenses immobilières (emprunt ou location) contraintes des ménages en France et en Allemagne ont été longtemps signalées par les économistes comme un facteur très important et négatif pour l’économie française aux conséquences graves et multiples :  moins de croissance et de marge pour les autres dépenses, pression sur les salaires nominaux, éloignement des salariés de leur lieu de travail, augmentation des prix des loyers pour les entreprises…

Et il a aussi une incidence forte sur le chômage : selon une étude de Pôle Emploi de 2016, les difficultés d'accès au lieu de travail - et donc un trop grand éloignement du logement par rapport au site d'emploi - constituent un problème de recrutement dans 24% des cas ! Et aussi le prix des logements ou des locations celui des transactions immobilières en cas de déménagement.
Le mal logement résulte aussi du fait que les logements sociaux restent occupés par des salariés des classes moyennes qui ne parviennent plus à se loger de manière acceptable dans le parc privé.

Taxer et décourager la construction et l’investissement immobilier, décourager la propriété immobilière constitue non seulement un danger politique extrême, mais aussi une absurdité politique… d’autant que les emplois concernés sont largement locaux…

Donc ni Macron, ni Hamon !
Alors qui , Un Fillon bien affaibli qui sera dans l’incapacité- tant mieux ! – de réaliser son programme ultra libéral ?

Bayrou ?

lundi 21 novembre 2016

Donald Trump et Piketty complices, ou l’écrasement des classes moyennes engendre des monstres politiques.

L’écrasement des classes moyennes engendre des monstres politiques.

L’élection de Donald Trump a semble-t-il stupéfié la plupart des commentateurs et élites politiques, ce qui nous a valu une élection assez réjouissante sur ce plan à suivre en direct.  Cela n’aurait pourtant pas dû ou pas autant dû être le cas (j’avoue moi-même avoir au dernier moment renoncé à un pari sur l’élection de Donald Trump, impressionné à tort par le concert médiatique). Car enfin, en bon positiviste, je sais qu’il existe des faits sociologiques et politiques comme il existe des faits physiques, chimiques ou biologiques, et des lois reliant ces faits ; et qu’une de ces lois pourrait être énoncée ainsi : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques, généralement de nature fascistoïde.
L’écrasement des classes moyennes aux USA est une réalité de long terme qui s’est aggravée de manière préoccupante durant la dernière décennie de crise. Ainsi, une étude du Pew Center de 2016 montre que les classes moyennes (entre les deux-tiers et le double du revenu médian)  ne constituent plus que 51% de la population, contre 61% en 1971.   La classe moyenne aux Etats-Unis s’apprête à passer en dessous de la barre fatidique des 50%.
Autres chiffres particulièrement intéressant sur l’écrasement des classes moyennes.   Ainsi, à la question « Disposez-vous d’une réserve de 400 $ (350 euros) que vous pourriez utiliser immédiatement en cas d’urgence ?, plus de 47% des Américains devraient emprunter ou vendre quelque chose pour disposer de cette somme. Ce fait est mentionné dans The secret shame of middle class Americans, du  journaliste, historien et critique de cinéma, succès Neal Gabler, dans un article du magazine The Atlantic, stupéfié de découvrir qu’il faisait partie de ces 45% et qu’il ne pourrait faire face par exemple à une urgence médicale.  
Cette incertitude financière ronge une classe moyenne qui s’aperçoit que même un niveau d’étude chèrement gagnée ne les protège plus de la misère, et qui sait que ce sera encore pire pour ses enfants, avec des études encore plus chères et un avenir encore plus incertain. 
Ajoutons-y le chiffre du chômage. Les démocrates, et plus encore la presse européenne de la pensée unique, avancent un chiffre du chômage de  5% qui marquerait un succès de l’action des démocrates. Mais seuls 62,6% travaillent aujourd’hui, contre 67,3% en 2008, ce qui signifie qu’en fait des millions de personnes ont renoncé à chercher un emploi.
Et pour ceux qui ont un emploi, encore faut-il parler de la nature de celui-ci. Le nombre de personnes qui travaillent en freelances ou à leur compte, a augmenté depuis 2005 pour passer de 10% à 16% aujourd’hui. Iols travaileent oupas, et pour quel revenu, on n’en sait rien. De plus, tous les nouveaux emplois qui ont été créés entre 2008 et 2012, 44% entrent dans la catégorie des emplois peu rémunérés du secteur des services.
Dans certains comtés, la durée de vie a diminué, dans une proportion telle qu’il n’existe , dans l’histoire  récente, qu’un exemple similaire, celui de l(effondrement de l’URSS. Effondrement de l’Urss, effondrement du système ultra libéral, même histoire ?
Dans ces conditions, comment s’étonner du vote Trump ?

Thomas Pïketti et Donald Trump complices !

Ce déclin de la classe moyenne est concomitant à un déclin du revenu médian, qui a diminué de 8% depuis 1999. Il témoigne d’une montée des inégalités, comme l’ont montré les travaux de l’économiste Thomas Piketty. Fort justement, Piketty explique dans le Capital au XXIème siècle que la répartition des richesses, et plus exactement la montée des inégalités qu’il met en évidence, constitue un problème politique fondamental pour la stabilité des sociétés démocratiques modernes. Dans une interview donnée cette semaine  (12 novembre 2016) à France-Inter largement consacrée aux conséquences de l’élection de Trump,  il ne pleure pas sur son hostilité aux traités de libéralisation des échanges, dont il pense qu’ils ne devraient plus être signés sous cette forme – j’y reviendrais dans un prochain blog consacré au Ceta. Mais il  affirme (justement ? , cela semble malheureusement à peu près certain) !) que la volonté de Trump de baisser l’impôt sur les sociétés à un niveau de semi-paradis fiscal ( irlandais !) et sur le revenu  résultera dans une encore plus terrible explosion des inégalités ; et que dans ces conditions, le programme massif, bien nécessaire, plutôt intelligent d’investissement dans les infrastructures ne pourra être financé qu’en restreignant les programmes sociaux, aggravant les inégalités qu’il est censé réduire.
Fort bien, et comme d’habitude le constat de Thomas Piketty est intéressant. Mais, parlons des solutions qu’il avance ! Lorsque Thomas Piketty parle de la nécessaire « liquéfaction » du capital des classes moyennes, donc de piocher dans leur placements, lorsqu’il se livre à une attaque inédite contre la propriété immobilière à laquelle sont si attachées les classes moyennes françaises ( 62 % des Français se déclarent propriétaires, parmi lesquels 36 % n’ont plus de prêt à rembourser et 26 % sont en cours d’accession à la propriété) en proposant un impôt inédit, et même inouï, taxant les propriétaires sur les loyers fictifs qu’ils pourraient toucher de leur maison ou appartement s’ils le louaient,  comment ne se rend-il pas compte à quel point il concourt à fragiliser encore plus les classes moyennes ? Derrière la « liquéfaction » des biens des classes moyennes se cache trop évidemment leur liquidation. Qui aurait les mêmes conséquences aux USA : l’arrivée au pouvoir de forces fascistoïdes !

D’où ce titre a priori surprenant : Thomas Piketti et Donald Trump complices !