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jeudi 14 décembre 2023

Le virage d’ENEL : moins d’énergies variables intermittentes, plus de nucléaire

 Enel (Ente nazionale per l'energia elettrica) était, jusqu'à sa privatisation en 1999, la société nationale italienne d'électricité ; elle reste le principal producteur d'énergie électrique du pays. Elle est également devenue un groupe italien multiservice (électricité, eau, gaz), tout en étant un des poids lourds de la production électrique à l'échelle mondiale, avec 283,1 TWh d'électricité et 7,8 milliards de mètres cubes de gaz vendus en 2014. ( NB EDF : 431,7 TWh)

Et ENEL effectue une manœuvre brutale dans le domaines des ENR !

Enel, 22 novembre 2033 : le géant italien Enel freine sa course aux énergies renouvelables

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-geant-italien-enel-freine-sa-course-aux-energies-renouvelables-231122#

Sous l'égide de son nouveau PDG Flavio Cattaneo, le géant italien de l'énergie Enel compte ralentir ses investissements dans les énergies renouvelables dans les trois ans à venir, préférant se concentrer sur la rentabilité.

"Les investissements dans les énergies renouvelables ne seront retenus que s'ils créent de la valeur", a fait valoir M. Cattaneo lors de la présentation de son plan stratégique 2024-2026 à Milan. La rentabilité des investissements dans les énergies renouvelables "n'est pas celle attendue, mais plutôt inférieure aux attentes"

En matière d'énergies renouvelables, les décisions d'investissement seront "plus sélectives en se concentrant sur l'éolien terrestre, le solaire et les batteries de stockage", selon le groupe. Ce virage amorcé par Enel survient dans le sillage de décisions similaires prises par les géants pétroliers Shell et BP qui sont revenus en partie sur des engagements pris en matière de transition énergétique. –

NB : donc pas d'éolien offshore ?

"Maximiser la rentabilité" - M. Cattaneo s'est également montré ouvert à un rôle croissant du groupe dans le développement de l'énergie nucléaire de nouvelle génération. "Nous exploitons des centrales nucléaires en Espagne et en Slovaquie et avons des décennies d'expérience dans ce secteur. S'il y a une entreprise prête à partir demain matin, c'est bien Enel", a-t-il affirmé.

« En matière d'énergies renouvelables, les décisions d'investissement seront "plus sélectives en se concentrant sur l'éolien terrestre, le solaire et les batteries de stockage", indique Enel.

Et pourtant, au début de l’année

Enel , 30 janvier 2023 : ENEL accélère dans les énergies renouvelables



« Malgré une année marquée par des «conflits géopolitiques», Enel Green Power «poursuit sa croissance avec l'objectif ambitieux d'atteindre 75 gigawatts de capacité d'énergies renouvelables» d'ici 2025, a commenté Salvatore Bernabei, patron de cette filiale d'Enel spécialisée dans les énergies renouvelables. »

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/l-italien-enel-accelere-dans-les-energies-renouvelables-20230130



samedi 20 mai 2023

Nucléaire : et quelques hirondelles de plus, Italie et Danemark !

 L’Italie se tourne vers l’énergie nucléaire pour compléter son bouquet énergétique

Investir dans le nucléaire est nécessaire pour que l’Italie poursuive ses objectifs énergétiques et assurerait le respect du principe de la souveraineté énergétique européenne, a déclaré Luca Toccalini, député de la Lega (ID), alors que l’accord de coalition exprime l’intention des partis d’investir dans le nucléaire.

Outre les investissements dans les énergies renouvelables et les partenariats conclus avec les pays d’Afrique du Nord pour l’approvisionnement en gaz, l’Italie souhaite inclure l’énergie nucléaire dans son bouquet énergétique.

« En plus d’être propre et sûr, l’investissement dans l’énergie nucléaire est extrêmement nécessaire pour poursuivre les objectifs stratégiques de la souveraineté énergétique italienne, mais aussi européenne », a déclaré Luca Toccalini du parti populiste Lega (ID) à EURACTIV.

Les partis au gouvernement — le parti post-fasciste Fratelli d’Italia (ECR), Lega (ID) et le parti conservateur Forza Italia (EPP) — avaient déjà exprimé leur intention de revenir à l’investissement dans l’énergie nucléaire dans le programme électoral avec lequel ils ont remporté les élections générales en septembre 2022.

Cette stratégie est également partagée par des partis du centre tels que Italia Viva de l’ex-Premier ministre Matteo Renzi et Azione de l’ex-ministre de l’Économie Carlo Calenda, qui forment ensemble la coalition du « troisième pôle ».

Il y a quelques jours, la Chambre des députés a approuvé la motion de la majorité sur les initiatives énergétiques dans le contexte de la réalisation des objectifs de neutralité climatique, avec une référence particulière à l’énergie nucléaire.

La motion engage le gouvernement à accélérer le processus de décarbonisation de l’Italie et à évaluer l’opportunité d’inclure l’énergie nucléaire dans le mix énergétique national « en tant que source alternative et propre de production d’énergie ».

« L’énergie nucléaire de quatrième génération est aussi sûre que propre », a déclaré Gilberto Pichetto Fratin, ministre de I’Environnement et de la Sécurité énergétique.

« Nous allons maintenant en discuter avec nos partenaires européens et examiner, avec le plus grand soin, comment l’inclure dans le bouquet énergétique national pour les prochaines décennies, afin d’atteindre, également avec la contribution de l’énergie nucléaire, les objectifs de décarbonisation fixés par l’Union européenne, jusqu’à l’objectif final de la neutralité climatique en 2050 »,

Malgré les rapports par ailleurs tendus entre l’Italie et la France, cette dernière a déjà manifesté son intérêt en faveur d’une coopération sur le dossier. En visite officielle à Rome, le 3 mars, le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, avait évoqué de telles perspectives à des fins industrielles, avec son homologue Adolfo Urso. « C’est la première fois depuis des décennies que le mot “nucléaire” est prononcé dans une déclaration franco-italienne »

 Le 6 mars, l’électricien français EDF officialisait une lettre d’intention signée avec l’italien Ansaldo, développeur de composants et prestataire de services.



Danemark et nucléaire : vers une consultation publique 

Ces deux dernières années, le soutien à l’énergie nucléaire a énormément augmenté dans la plupart des pays européens. Le Danemark ne fait pas exception !

Les derniers sondages d’opinion de Megafon A/S Consulting and Research montrent que 49% de la population danoise voterait oui à l’énergie nucléaire au Danemark ! Seulement 32% voteraient non, et les 19% restants ne se prononcent pas ! 

Les membres du parlement danois ont discuté d’une proposition concernant la création par le gouvernement d’une commission indépendante chargée d’examiner si l’énergie nucléaire devrait faire partie du système énergétique danois!

Étonnamment, le parti écologiste danois @alternativet et le Parti social-libéral @radikale ont soutenu la proposition dans le but d’acquérir davantage de connaissances sur l’énergie nucléaire au Danemark.

Comme prévu, les partis libéraux et de droite ont également soutenu l’organisation d’une consultation @LiberalAlliance, @KonservativeDK, @NyeBorgerlige et  @DanskDf1995

Seuls deux partis @Enhedslisten ( Alliance rouge et verte ) et @Sfpolitik ( Parti populaire socialiste) refusent de considérer l’énergie nucléaire comme une source d’énergie verte. Tous les autres partis ont clairement indiqué soutenir le nucléaire en Europe et , sur la base des arguments du  GIEC, acceptent l’idée  selon laquelle nous avons besoin du nucléaire pour atteindre les objectifs de Paris.

Il n’y a pas eu de vote formel, mais les différents partis ont clairement exprimé leur position et ont recommandé d’établir une consultation publique, au cours de laquelle différents experts et organisations pourront présenter leurs connaissances et opinions sur le sujet, de préférence à un débat parlementaire.


jeudi 4 avril 2019

Chers amis allemands (3) : le fardeau de l’euro



Selon le Centre de politique européenne, la France et l'Italie sont les pays qui, faute de réformes suffisantes, ont le plus pâti de l'adoption de l'euro. Chaque Français aurait perdu 56.000 euros sur la période 1999-2017. Et les grands gagnants seraient l'Allemagne et les Pays-Bas.

Selon cette étude intitulée du CEP intitulée «20 ans d'euro: perdants et gagnants, une enquête 
empirique», la monnaie unique aurait largement pris à certains pays ce qu'elle a apporté à d'autres, depuis son introduction.

Un gain de 23. 000 euros pour les Allemands, un appauvrissement de 56.000 euros par Français !

Selon le CEP, c'est bien l'Allemagne qui est le grand vainqueur de l'introduction de l'euro, avec 1893 milliards d'euros supplémentaires pour le PIB, sur la période 1999-2017, soit un gain de 23.116 euros par habitant. Les Néerlandais ont gagné presque autant (21.003 euros), et première surprise, les Grecs n'auraient pas pâti de l'euro (+190 euros par habitant depuis 2001). Invité à préciser ce résultat étrange, l'économiste du CEP Matthias Kullas a souligné auprès de Die Presse que concernant la Grèce, l'euro a en effet apporté un gain de prospérité au début, qui a été ensuite annihilé par la crise économique à partir de 2010. Concernant l'Allemagne, pas de surprise: le pays s'est appuyé sur la stabilité de l'euro, dans la continuité du Deutsche Mark, pour exporter ses produits de haute valeur ajoutée.

Commence ensuite la liste des perdants. Si l'Espagne et la Belgique n'ont pas trop vu baisser leur PIB par habitant (-5031 et -6370 euros), les Portugais ont plus fortement souffert de la monnaie unique (-40.604 euros par personne). Et les deux pays les plus négativement affectés sont la France et l'Italie, qui ont perdu respectivement 3591 et 4325 milliards d'euros sur 20 ans, soit 55.996 euros par Français et 73.605 euros par Italien. Le bilan global semble donc, à l'échelle de l'économie européenne, plutôt négatif.

En ce qui concerne les deux lanternes rouges du classement, le Centre de Politique Européenne mentionne l'importance d'un outil de politique économique mort avec l'adoption de l'euro: la dévaluation. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la France et l'Italie avaient en effet eu plusieurs fois recours à la dévaluation du franc et de la lire, pour soutenir leur compétitivité. Une pratique aux avantages et revers nombreux, utilisée pour la dernière fois en France en 1986, justement pour rééquilibrer la valeur du franc par rapport au mark allemand, et défendre les entreprises exportatrices. Depuis l'usage de la monnaie unique, les gouvernements des deux pays n'ont plus la possibilité de dévaluer, et selon le CEP, n'ont pas engagé les réformes qui leur auraient permis de rendre l'économique plus efficace, et de bénéficier de l'euro.

Bref selon le CEP, l’euro ça ne va pas ! et on ne peut pas lui donner tort (cf. http://vivrelarecherche.blogspot.com/search?q=probl%C3%A8mes+avec+l%27euro). 

Vu l’ampleur des dégâts, une solution pourrait être de  conseiller à la France de reprendre le contrôle de sa monnaie, et donc de précipiter la fin de la monnaie unique, de manière ordonnée. Mais le CEP s'inscrit dans la tradition de l'école de Fribourg, d'inspiration ordolibérale. Alors le think tank, à tous les pays, donne le même conseil : il faut faire des réformes  structurelles sur l'économie – traduisons : il faut faire tout comme les Allemands et obéir à leur diktat. Et le diktat le voilà, en ce qui concerne la France : « pour profiter de l'euro, la France doit suivre avec rigueur la voie de la réforme du président Macron»…Punkt

Tiens d’ailleurs, un truc que je comprends pas : si tous les pays deviennent exportateurs comme l’Allemagne, eh bien l’Allemagne perdra son excédent commercial record, hein ? Donc tout le monde ne peut pas faire comme l’Allemagne ; et d’ailleurs, tout le monde n’a pas envie de devenir allemand, ni d’être gouverné par les Allemands.

L’euro ne fonctionne pas !

Un gain de 23.000 euros pour les Allemands, un appauvrissement de 56.000 euros par Français ! Evidemment, le chiffre a choqué, alors l’étude a été mise en cause. Peu crédible, dit l'entourage du ministre français de l'Économie Bruno Le Maire à propos des résultats pour la France. « Une seule étude ne peut suffire à forger une opinion, d'autant plus que la méthode et les résultats peuvent prêter le flanc à la critique ». Les auteurs de l'étude ont en effet cherché à calculer quel aurait été le PIB entre 1999 et 2017 des pays qui ont adopté l'euro de longue date, si ces derniers avaient conservé leur monnaie nationale. La méthode retenue consiste à imaginer une évolution du PIB pour chaque pays, dans l'hypothèse où l'euro n'aurait pas existé. Les projections ont été réalisées en récréant virtuellement des trajectoires économiques à l'aide d'algorithmes, eux-mêmes basés sur les données de pays hors zone euro. Par exemple, le PIB fictif de la France sans euro a été établi en utilisant les données de l'Australie et du Royaume-Uni. C'est ce qu'on appelle "la méthode de contrôle synthétique ». Ca peut sembler un peu schématique mais le think tank précise que l'influence des évènements économiques indépendants est neutralisée.

Le chiffre peut être contesté, mais pas la réalité : l’euro fonctionne au profit exclusif des allemands et au détriment de tous les autres ! Et c’était évident dès le départ, cf par exemple la tribune de  Jean-Michel Naulot, membre du Collège de l'autorité des marchés financiers (AMF) de 2003 à 2013. http://l-arene-nue.blogspot.com/2015/03/leuro-en-crise-permanente-jusqua-quand.html ; Citations :

« Depuis l’origine, depuis sa conception même, l’euro est en crise. Dès le début des années quatre-vingt-dix, lorsque les autorités françaises décidèrent de défendre à tout prix la parité monétaire du franc avec le deutschemark pour préparer l’avènement de la monnaie unique, ce que l’on a appelé la politique du franc fort, la France a connu la crise. Tout au long de ces années, elle se tiendra à l’écart de la reprise économique mondiale. La politique de taux élevés pratiquée par la Banque de France cassera la croissance et, ce que l’on a tendance à oublier, fera exploser la dette publique. Pendant les années Bérégovoy - Balladur - Juppé (1992-1997), la croissance sera ainsi en moyenne de 1,5%, au lieu de 3,5% aux Etats-Unis, et la dette publique passera de 36% du PIB à 60%. Et pourtant, les premiers ministres de l’époque n’avaient pas la réputation d’être particulièrement dépensiers ! Le bond en avant de la dette publique française date de ces années-là. Lorsque la croissance n’est plus là, la dette augmente. La dette publique progressera à nouveau de manière spectaculaire dans la période récente en liaison avec les deux crises financières des subprimes et de l’euro (de 64% du PIB en 2007 à 95% en 2014). »

« Il faut tout faire, dès maintenant, pour que la zone euro ne soit plus le maillon faible de la croissance mondiale. L’arrivée d’une nouvelle crise financière, à échéance rapprochée, n’a en effet rien d’improbable »

« Le constat est clair : depuis sa création, l’euro n’a pas tenu ses promesses, ni en termes de prospérité, ni en termes de rapprochement des peuples. Il aurait fallu un miracle, celui du fédéralisme, pour qu’il en soit autrement. Depuis qu’existe la pensée économique, nous savons qu’une zone monétaire est indissociable de la souveraineté, Etat ou fédération. Sans cette condition, une zone monétaire ne peut fonctionner que de manière sous-optimale. Robert Mundell, Michel Aglietta et tant d’autres économistes avaient très bien montré avant l’arrivée de l’euro que sans transferts financiers massifs, sans une solidarité équivalente à celle qui existe entre l’Etat de New-York et celui de Californie, une zone monétaire se traduit par le renforcement des plus forts et l’affaiblissement des plus faibles. »

Eh oui : l’euro ne peut fonctionner sans transferts massifs, sans fédéralisation. Allons vers la fédéralisation répètent les perroquets de l’ultra libéralisme.  Oui, mais la fédéralisation, ça veut dire ceci : aux USA, lorsque la Louisiane  perd un euro, le système fédéral lui redonne 60 cents (en Europe, pour un euro perdu c’est un cent seulement selon Patrick Arthus). Donc la fédéralisation, ce seraient des transferts massifs, et plus que massifs de l’Allemagne vers l’Europe du sud et de l’est.
Croyez-vous que les Allemands l’accepteraient ? Non la seule chose qu’ils souhaitent, c’est de maintenir l’euro tel qu’il existe et tel qu’il leur profite énormément, au détriment des autres. Et quand ça ne sera plus tenable, lorsque tous les pays européens, sauf l’Allemagne en seront au point de la Grèce, eh bien ils ‘sen iront.

Alors, il faut tout changer ! Maintenant ! Et éventuellement s’en aller !



mardi 22 janvier 2019

Raisons de détester l’Eurokom-26 : l’idéologie austéritaire, quoi qu’il en coûte !


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne

L’austérité comme  unique stratégie

L’Union européenne s'est également dotée d'une « stratégie 2020 » pour remplacer celle de Lisbonne. Elle impose un pacte de stabilité sur les finances publiques. Elle a mis au point un instrument de gouvernance impitoyable, le « semestre européen », un semestre de coordination durant les six premiers mois de l'année, sur lequel vient se greffer un « pacte pour l’Euro plus » concernant 23 Etats. En matière budgétaire, des sanctions financières sont maintenant prévues. Le six pack adopté par le Parlement européen en septembre dernier donne de très larges compétences aux responsables des Affaires économiques et financières de la Commission européenne (Ecofin). Ils peuvent obliger les pays à supprimer les déséquilibres budgétaires et/ou macroéconomiques, sous peine de sanctions. Le Conseil Ecofin établit un tableau de bord pour chaque Etat membre et ainsi fournit les moyens de comparer les Etats membres les uns aux autres.

Tout ceci organise et encourage le dumping social. En effet, ces instruments visent à rassurer les marchés et les services financiers en faisant de la réduction des dettes publiques une priorité tout en organisant le transfert des capitaux publics vers le capital privé et les marchés financiers. Ce contexte de rigueur a des répercussions sur les politiques sociales nationales et sur les droits du travail et de la protection sociale des Etats membres. Les derniers actes adoptés par les instances européennes préconisent des actions précises en matière sociale comme une augmentation de l’âge de la retraite, une retraite par capitalisation, une modération salariale c'est-à-dire un blocage voire une baisse des salaires, notamment de la fonction publique, une privatisation des services publics, et enfin une décentralisation de la négociation collective vers le niveau de l’entreprise au détriment des branches. La conformité à la notion de travail décent ou d’emploi de qualité et donc la légitimité des déréglementations massives du droit du travail sont aujourd’hui questionnables. Mais au-delà, on ne peut que s’interroger de manière plus fondamentale sur l’adéquation d’une réponse à la crise en termes de flexibilisation du marché du travail qui alimente une explosion des inégalités comme des insécurités dans la plupart des pays analysés.

De fait, les politiques de flexicurité, que d’aucuns contestaient, se sont quasiment volatilisées pour revenir à une flexibilité pure et dure.

La nouvelle Union qui se prétend de « stabilité et de croissance » fait l’impasse sur une dimension sociale dynamique. Si cela se confirmait c’est non seulement le modèle social européen qui serait en question mais aussi un facteur essentiel de notre performance globale. (cf. C. Teissier et al, “ Quel droit social en Europe après la crise ?)

Nous voyons bien d’où vient la politique brutale et régressive des ordonnances Macron : elle n’est que la traduction française de la stratégie 2020, la stratégie austéritaire de la secte libérale au pouvoir à la Commission.

Le pire est que toutes les études montrent que  la situation de l’emploi dans les pays de l’Union  ne dépend pas des législations de protection d’emploi, systématiquement visées par les mesures type Macron de la Commission mais bien plus de l’état général de l’économie ! 

L’austérité en Grèce : un échec cruel, une catastrophe sociale, économique, sanitaire

Entre 2007 et 2015, le PIB grec a baissé de près de 35%, le chômage se situe toujours aux alentours de 20% (le chômage des jeunes avoisine quant à lui les 50%) et la dette est stable… à 180%, loin, très loin du seuil sacré des 60% demandés par les critères de convergence. Si la situation financière de la Grèce ne s’est pas aggravée, c’est grâce à la communication de la BCE, et en particulier grâce au célèbre « whatever it takes » de Mario Draghi qui a promis en 2012 de sauver l’euro à tout prix. 300.000 jeunes ont émigré pour construire leur vie ailleurs. La pauvreté et les inégalités se sont accrues.  Les hôpitaux manquent de médicaments et de médecins et les services publics se sont détériorés. Pour remplir les caisses de l'Etat,  les impôts ont explosé, du moins pour les salariés et les retraités et la TVA n'a cessé d'augmenter (24 % actuellement pour le taux principal).

Bien plus, l’austérité a en priorité frappé les plus pauvres et provoqué l’explosion des inégalités. Selon un rapport de l'institut Hans Böckler, depuis le début de la crise les impôts ont augmenté de 337 % pour les plus pauvres contre seulement 9 % pour les plus riches, et les 10 % les plus pauvres ont perdu en moyenne 86 % de leurs revenus, contre 17 à 20 % pour les 30 % les plus riches

Partout en Europe, l’austérité a entrainé une aggravation de l’état sanitaire ; en Grèce, ce fut une véritable catastrophe. Selon une étude britannique, on constate depuis le début de la crise  un doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV. Faute de moyens de subsistance, le recours à la prostitution est également en augmentation. Certains patients ont dû réduire leurs dépenses de base comme le chauffage ou la nourriture pour pouvoir continuer à suivre leurs traitements médicaux. Faute de moyens, certains hôpitaux en viennent à emprunter à d'autres hôpitaux du matériel médical, ou même à demander à leurs patients de l'acheter eux-mêmes. En raison d'une trésorerie insuffisante ou d'un manque de personnel, des hôpitaux ont dû fermer ou arrêter temporairement leurs activités dans tout le pays. La part du prix des médicaments que les patients doivent payer, officiellement de 25 %, se monte dans les faits à 40 ou 60 %. La compagnie pharmaceutique Merck a annoncé qu'elle ne livrerait désormais plus le médicament anticancéreux Erbitux aux hôpitaux publics grecs, en raison de leurs difficultés de paiement. En 2012, des cas de paludisme ont été détectés en Grèce, une première depuis 37 ans. La mortalité infantile a progressé de 43 % !

Et pour quels résultats ? Le FMI a reconnu en 2013  qu'il avait plongé la Grèce dans une crise bien plus grave que nécessaire en sous-estimant l'impact des premières mesures de restrictions budgétaires. Le FMI a fait une sorte de Mea Culpa, pas la Commission Européenne qui persist et signe ! Certains économistes doutent du sauvetage réel de la Grèce. L'étalement des prêts jusqu'en 2032 n'a selon eux fait que reporter une nouvelle crise. Le mur de dettes fragilisera à nouveau la Grèce et l'Europe dans 14 ans...

L’austérité en Espagne- la catastrophe bis

L’Espagne a connu une politique d’austérité depuis 2008.Toutes les recettes de la secte libérale sont mises en action, que ce soit par les socialistes de Zapattero ou les Populaires de Rajoy. En mai 2010, José Luis Zapatero annonce plusieurs mesures d'austérités, correspondant à 1,5 % du PIB, comprenant des baisses salariales des salariés publics, un arrêt de la valorisation des retraites, une réforme du droit du travail , l’augmentation de l'âge légal de départ de 65 à 67 ans. Ça, c’est pour les « socialistes ». Aux Populaires reviennent les couples claires (bizarrement,  les coupes claires sont celles qui assombrissent le plus le futur) ; en 2011, 8,9 milliards de coupes budgétaires et de 6,3 milliards de hausses d'impôts ; en 2012, les budgets des ministères sont réduits de 17 % en moyenne afin de réaliser 27,3 milliards d'économie en plus de 12,3 milliards de hausse de prélèvement.

Bilan : Le budget estime la récession de l'économie en 2012 à 1,7 %. Le taux de chômage est de 17,4 % en mars 2009, près de 2 millions de personnes ont alors perdu leur travail sur cette dernière année, et près de 4 millions de personnes sont au chômage. Le taux de chômage passe à 20 % au premier trimestre 201017, et est de 24,4 % en mars 2012. À la fin 2012, les salaires du secteur public sont coupés de 5 %, en plus de la suppression du 14e mois représentant 7,1 % du salaire public moyen. À la même époque, le chômage des moins de 25 ans est de 55 %, c’est le taux de chômage le plus important de l’Union européenne après la Grèce. En Andalousie, le chômage atteint 33 %. Selon un rapport de Caritas, trois millions d'Espagnols, soit 6,4% de la population, ont sombré dans l'extrême pauvreté, avec, comme en Grèce, une aggravation considérable de l’état sanitaire.

Cette crise a provoqué un phénomène migratoire inédit d’émigration.  Au 1er janvier 2013, il y avait 1,93 million d'Espagnols installés à l'étranger, un chiffre en hausse de 6,3% sur un an ; 1,2 million seraient partis en Amérique (du sud et du nord) et 600.000 en Europe. Que croyez-vous qu’il arrivât ? Il y eut des économistes pour se féliciter d’une « inversion de la courbe du chomage ; en réalité, phénomène inédit depuis plus d’un siècle, c’est la population active qui baissait. !
Cette politique de rigueur extrême imposée par l’Europe était d’autant moins nécessaire que si le déficit en 2009  s’élevait à  s'élève à 11,2 % du PIB, bien au-delà de la limite des 3 % du pacte de stabilité européen, l’Espagne avait au début de cette crise une dette représentant 36,2 % de son PIB.. Le 15 juin 2012, la dette publique de l’Espagne représentait 71,1 % de son PIB, soit encore moins que la moyenne de la zone euro, qui avait une dette publique de 88 % de son PIB.
Finalement, le gouvernement Rajoy, dès 2012, commençait à appliquer de timides mesures de relance, et la situation espagnole s’améliora peu à peu.

L’austérité en Italie : la fin du pacte de stupidité.

Une violente politique d’austérité a été mise en place par le gouvernement de Mario Monti, l’ancien membre de la Commission Européenne et pratiquement imposé par elle. Elle laisse l’Italie exsangue. Son gouvernement, sans la moindre légitimité populaire, procède alors à une réduction brutale de la dépense publique, entreprend de défaire un peu plus le statut des travailleurs (l’Italie a connu les ordonnances Macron avant Macron) et engage une réforme des retraites profondément inique : la loi Fornero. Mario Monti laisse au pays la pire récession connue depuis la guerre, après celle de 2008-2009. Le revenu par habitant, lui, recule au niveau de 1997 !

Sur la période 2011-2016, l’activité du pays recule de 0,4% par an en moyenne. La crise a un effet marqué sur l’investissement en Italie : il a baissé de 2,7% en moyenne par an. L’investissement en biens d’équipement s’est en particulier contracté de 1,5% par an en moyenne entre 2011 et 2016 (tiens, ça n’aurait pas un lien avec l’effondrement meurtrier du viaduc de Gênes ?- 43 morts). Par ailleurs, l’investissement en construction a chuté de 4,6% en moyenne par an depuis 2011, soit bien davantage qu’en France (–0,4%).  Le fort repli de l’investissement tient surtout aux conditions de financement qui se sont nettement dégradées en Italie.

L’Italie a perdu 600 000 emplois industriels et un quart de sa production industrielle depuis le début de la crise économique, l’industrie représente 16% de la valeur ajoutée. Elle dispose encore d’une véritable capacité industrielle. Le chômage, lui, dépasse les 11% de la population active et atteint 34% des jeunes actifs !

C’est rare de trouver un économiste qui conteste fortement la politique de la secte libérale de la Commission et qui, en plus, ose des prédictions qui seront avérées. Donc blog de Bertrand Chokrane PDG d'une société d'analyse financière intitulé Cette austérité qui désagrège l'Europe du 19/08/2016.

Extraits :

Lundi 8 août, la Cour de Cassation italienne validait la tenue d'un référendum portant sur la réforme de la Constitution. Si le résultat de cette consultation populaire est négatif, Matteo Renzi devra se retirer du pouvoir, conformément à sa promesse, ce qui aurait pour conséquences de nouvelles élections et une victoire possible des partis politiques eurosceptiques tels que celui de Beppe Grillo...

L'Italie a voulu devenir un bon élève... En effet, l'Italie a suivi les injonctions austéritaires à la lettre depuis des années. Aujourd'hui en 2016, il est temps de juger les résultats obtenus, et ils ne sont pas brillants. Certes, l'Italie affiche un déficit budgétaire de 2,6%, soit en deçà des 3% requis, ce qui représente un effort considérable pour la population, et par delà les statistiques, une souffrance humaine qui n'est pas calculée.

Mais aujourd'hui, la pauvreté atteint un niveau record. On dénombre près de 5 millions de pauvres dans toute la péninsule transalpine. Plus grave encore, la dynamique économique se trouve sur une pente descendante, ce qui laisse peu d'espoirs d'amélioration. Car l'Italie est en train de décrocher par rapport à ses homologues européens. De 2001 à 2014, l'Italie est le pays dont le PIB par tête a progressé le plus faiblement. Les PME et les TPE italiennes qui autrefois formaient un tissu industriel dynamique sont fragilisées par cette politique restrictive et leurs faillites ébranlent un secteur bancaire trop émietté pour résister.

La banque Monte dei Paschi di Siena a été sauvée in extremis. Mais le monde de la finance est inquiet, à l'instar du FMI qui a rendu un rapport en juillet dernier et de la Banque nationale du Canada qui dresse un portrait peu rassurant. Dans la foulée, l'agence de notation DBRS envisage d'abaisser sa note A low à BBB high.
Avec une croissance au ralenti (0,8% en 2015) et un endettement public équivalent à 132% de son PIB, quelle marge de manœuvre reste-t-il ? Cette politique d'austérité absurde accroit le chômage et la pauvreté, de ce fait, elle ralentit la croissance.

Pourquoi tant de sacrifices ? Car finalement, la population se demande si la construction européenne vaut tous les sacrifices qu'elle exige... Et pour quelle raison ? Puisque la politique d'austérité, entrainant le ralentissement de la croissance, la hausse du chômage et de la pauvreté, ne porte pas ses fruits, pourquoi persévérer ?

Eh oui, Matteo Renzi a effectivement été dégagé, et sans ménagement, lui qui pourtant traitait le pacte de stabilité de « pacte de stupidité », mais qui n’a pas su mettre en place une politique clairement alternative. Et c’est ce que, conformément à la volonté du peuple italien essaie de faire la coalition « populiste » Ligue de Nord- 5 étoiles.
On a vu la réaction de la Commission qui pour la première fois, faisant usage des institutions de la stratégie 2020 et du six packs a osé rejetter le budget italien, avec menaces de sanction ! A suivre !

La politique alternative du Portugal et la remise en cause de l’austérité

Le Portugal a été le premier à remettre complètement en cause la politique d’austérité imposée par la Commission, dès 2015, avec l’arrivée au pouvoir d’une coalition de gauche. Ce fut un succès. En à peine deux ans, le Portugal a totalement relancé sa croissance. Le taux de chômage est passé de 17 à 8% depuis 2015, et s'accompagne d'une progression notable de la croissance du PIB, évaluée pour 2017 à 2,5%. À titre de comparaison, la moyenne des membres de la zone euro est de 1,9%, et seulement 1,5% pour la France.
Et pourtant, lors de l’arrivée au pouvoir en 2015 d’Antonio Costa, beaucoup prédisaient un échec rapide en raison de son caractère trop hétérodoxe et, notamment, trop dispendieux. Les agences de notation ont placé le Portugal sous surveillance !Toutes ces prédictions se sont révélées fausses parce que le Portugal avait besoin d’un soutien à sa demande, et non d’une cure d’austérité pour améliorer une compétitivité externe qui le maintient dans une gamme de produits bas de gamme néfastes pour le niveau de vie des Portugais et l’économie portugaise.

C’est dire combien la politique de Macron en France apparait complètement à contretemps !

La zone euro va se transformer en « vaste maison de redressement ».

Laissons la conclusion à un blog passionnant sur les problématiques européennes, et qui est loin généralement d’être hostile la politique européenne (https://www.taurillon.org/contre-la-politique-d-austerite-en-europe). Extraits :

Entre 2007 et 2015, le PIB grec a baissé de près de 35%, le chômage se situe toujours aux alentours de 20% (le chômage des jeunes avoisine quant à lui les 50%) et la dette est stable… à 180%, loin, très loin du seuil sacré des 60% demandés par les critères de convergence. Si la situation financière de la Grèce ne s’est pas aggravée, c’est grâce à la communication de la BCE, et en particulier grâce au célèbre « whatever it takes » de Mario Draghi qui a promis en 2012 de sauver l’euro à tout prix. La Grèce n’est pas le seul pays concerné, l’Espagne et Chypre connaissent toujours des taux de chômage (respectivement à 17% et à 11%) et d’endettement élevés (autour de 100% dans les deux pays). L’émigration des jeunes diplômés de ces pays est en outre fortement pénalisant pour la croissance future.

La politique s’austérité appliquée en Europe ces dernières années accumule les défauts : outre son effet pro-cyclique freinant la reprise de la croissance sur l’ensemble du continent européen, son corpus idéologique semble être dépassé par les différentes crises depuis 2008 et contesté par un nombre toujours plus élevé de citoyens. De plus, les résultats de ces politiques dans les pays concernés sont catastrophiques, elles n’ont pas permis la baisse de la dette et ont énormément entravé la reprise. Malgré toutes ces charges, l’UE persiste à poursuivre dans la direction d’une rigueur budgétaire irrespirable. Dès lors, il ne faudra pas s’étonner qu’au bout d’un moment, le point de rupture soit réellement atteint et que les citoyens européens rejettent violemment le projet européen dans sa totalité.

La création d’un Fonds Monétaire Européen et d’une mission de surveillance économique qui ne dit pas son nom vont faire entrer la rigueur budgétaire dans les traités européens, autrement dit au sommet de la hiérarchie des normes de l’UE tout en refusant catégoriquement un budget de la zone euro et donc la possibilité de créer une politique économique cohérente au sein de la zone monétaire (la politique monétaire est unique mais les politiques budgétaires sont encore largement nationales). Ce qui fait dire à Jean Quatremer que la zone euro va se transformer en « vaste maison de redressement ».

Il faut sortir de cet Eurokom




mercredi 7 juin 2017

Deux autres fausses idées sur le « marché du travail « et la dérégulation (2)

La dérégulation du travail a été un succès en Espagne et en Italie  Fake !


Les partisans de la loi Macron n’hésitent pas à faire référence à l’Espagne qui, « ayant adopté une loi similaire en 2012 (...) a connu un surcroît de 300 000 embauches en CDI dès l'année suivante ». Ce chiffre est une invention : selon Eurostat, 178 600 emploi ont étdétruits en Espagne au cours de l’année 2013 ; 77 600 emplois précaires (CDDet intérim) ont été créés, tandis que 256 200 CDI disparaissaient. Les courbes Eurostat pour l’Espagne et pour l’Italie sont quand même particulièrement nettes et sans discussion : la dérégulation du travail a entrainé une augmentation de l’emploi précaire et, loin de l’amélioration proclamée,  la situation est toujours dégradée.


Là où le fake devient un mensonge odieux, c’est lorsque les économistes libéraux expliquent que le chômage a reculé en Espagne, passant de 26,1 % à 20,4 % en 2015.
Mais il était de 11,3 % en 2008 ! La situation est toujours bien dégradée
Mais c’est encore pire. La baisse relative du chômage en Espagne est liée à deux phénomènes massifs : 1)  la population active a baissé de 435 000 personnes, qui ont renoncé à chercher un emploi ; 2) une émigration tout aussi massive : entre 2010 et la mi-2015, le solde migratoire net est de 577 000 personnes.


Non, la dérégulation du travail n’a été un succès ni en Espagne, ni en Italie. Matteo Renzi , le premier ministre blackboulé se vantait : « En Italie, je le dis aux jeunes Français, les choses ont fonctionné : 764 000 contrats signés en CDI », Faux, comme en témoigne la courbe Eurostat ci(jointe- finalement, c’est la France et son « emploi rigide qui s’en est mieux sortie !


NB : ces derniers graphiques et arguments sont tirés de l’excellent blog  de Michel Husson –Hussonet) (http://hussonet.free.fr/euroflx.pdf)

Le code du travail français fait plus de 3000 pages, le code du travail suisse 60 ! Faux, archi-faux


Cet argument a été largement diffusé par Pierre Gattaz et abondamment repris sans contrôle.  Or, le code du travail français est en fait un ouvrage annoté comprenant une très grande partie de jurisprudence. L’ouvrage de 60 pages n’est en fait que la loi suisse sur le travail. Si l’on veut la comparer au code français, il faut y ajouter l’équivalent. Par exemple, pour commenter les quatre dernières ordonnances fédérales sur l’emploi, le Secrétaire d’Etat à l’Economie a publié deux recueils, l’un de 384 pages, l’autre de 296 pages ! Le Commentaire du contrat de travail signé par 22 juristes, l’année dernière occupe 1300 pages ! A cela s’ajoute des réglementations propres à chaque canton !! ( Marianne, 26 mai 2017)