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mercredi 6 novembre 2019

EPR : un rapport Folz très positif ! (Contrepoint !)

Fake news, Fake presse, Fake partout, vérité nulle part …ou presque

Vu les titres de Presse sur le rapport Folz sur l’EPR, il m’a semblé utile de prendre un certain contrepoint, clin d’œil à une revue très utile

Une perte de compétences généralisée » : le rapport Folz dresse un bilan sévère de l’« échec » de l’EPR de Flamanville (Le Monde)
Nucléaire : le diagnostic sans concession de l'« échec » de la filière EPR d'EDF ( Les Echos)
Rapport Folz sur l'EPR de Flamanville : accabler EDF pour mieux le restructurer ?
Le rapport Folz sur l’EPR de Flamanville décrit une cascade consternante, durant plus de vingt ans, de mauvaises décisions de la part d’EDF (Ouest France)
Le rapport qui accable la filière nucléaire française (Le Figaro)

Bon, les pire, c’est la presse nationale. Non, Le Monde et Les Echos, le rapport Folz ne fait pas que dresser un bilan sévère de l’échec de l’EPR, mais indique aussi les leçons qui en ont été tirées et est plutôt positif pour l’avenir, et il eut été bon de le refléter dans le titre ; non, Le Figaro, le rapport Folz n’accable pas qu’EDF et la filière nucléaire française, mais aussi et surtout un certain nombre de décisions politiques aberrantes. Le rapport Folz met au moins en cause autant la politique des différents gouvernement et ministres de l’énergie ( qui n’existent pas, d’ailleurs, et c’est peut-être le problème, donc des ministres responsables de l’énergie) qu’EDF lui-même.

A se demander si cette presse n’est pas de moins en moins nationale, et de plus en plus aux mains des lobbies libéraux qui se font un pognon de dingue avec les éoliennes ( mais peu avec le nucléaire, destiné à rester fortement public et service public).

Allez, quand même, une vraie mention d’honneur à BFM  pour EPR: le nucléaire, un investissement durable https://www.bfmtv.com/economie/replay-emissions/epr-le-nucleaire-un-investissement-durable-01-11_VN-201911010206.html

Le rapport Folz –extraits et commentaires

 https://www.sfen.org/rgn/rapport-folz-tirer-lecons-epr-flamanville; https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/271429.pdf;

 « C’est en définitive au début de 1992 que les programmes convergent sur un projet commun ,l’EPR (European Pressurized Reactor) , dont le Conceptual Design est une synthèse des choix technologiques du N4 français et du Konvoi allemand et qui répond à des objectifs ambitieux de sûreté et de rentabilité grâce à une disponibilité et une puissance accrues… Mais en 1997 et 1998 interviennent des changements de majorités politiques amenant au pouvoir des gouvernements l’un très réticent au développement de l’énergie nucléaire en France , l’autre résolument hostile à celle-ci en Allemagne . Dans ce nouveau contexte l’étape d’entrée dans une phase de réalisation n’est pas franchie mais des études complémentaires dites d’optimisation sont engagées pour réduire le coût du projet ; une nouvelle version du Basic Design est ainsi remise en 1999 à l’autorité de sûreté française, l’autorité allemande s’étant entre-temps retirée compte tenu des choix politiques intervenus. »

Commentaire : dès le berceau, l’EPR a été victime de la démagogie de Mme Merkel qui a sacrifié le nucléaire allemand et la lutte contre le dérèglement climatique à une alliance électoraliste avec les Verts et de la lâcheté et des tergiversations des gouvernants français – la technique de l’étrangleur ottoman : reporter sous n’importe quel prétexte les décisions afin que, à force de non- décision, les capacités nucléaires de la France disparaissent. Ca a failli réussir….

« Une kyrielle d’événements négatifs »… « Les prévisions d’octobre 2019 correspondent ainsi à un considérable recul de la date de mise en service industrielle , passée de quatre ans et demi à plus de quinze ans après le 1er béton et à plus d’un triplement en Euros courants du coût de l’EPR de Flamanville . » «décembre 2007, mai 2008 : fissuration du béton du radier due à une mauvaise définition des hauteurs de bétonnage , puis absence - constatée tardivement par les contrôles - d’épingles de liaisonnement dans le ferraillage, 2008 , 2009 : critères initiaux de planéité du radier et du liner (peau métallique intérieure) non satisfaits (spécifications initiales techniquement non atteignables) puis difficultés de soudage des tuyauteries traversant le liner… janvier 2011: accident mortel entraînant un arrêt de 2 mois ; les nouvelles règles instaurées pour la gestion des co-activités sur le chantier…- 2012 : difficultés de qualification des soupapes du pressuriseur ; ces soupapes fabriquées par un fournisseur allemand et issues de la technologie du réacteur Konvoi s’avèrent très difficiles à qualifier aux conditions normales et accidentelles selon les règles françaises…2014 : constat de ségrégation carbone excessives dans les fonds bombés de la cuve du réacteur,  2015 : découverte à la suite d’inspections de nombreux manquements dans la fabrication et le contrôle de qualité de pièces forgées au Creusot ; - début 2017 : annonce de la non-atteinte des exigences de haute qualité attendue sur dessoudures réalisées entre 2013 et 2016 sur des tuyaux du circuit secondaire principal.

Commentaire :bon, tout ça, tout le monde en a abondamment parlé. Les responsabilités sont partagées, certaines exigences des autorités de sureté ont été augmentées après Fukushima ; très bien, mais ça facilite pas les choses. Quand même un beau plantage d’EDF et d’Areva ! Car la stratégie des étrangleurs ottomans du nucléaire français a bien fonctionné : Que se serait-il passé si l’entreprise STX, l’un des plus grands constructeurs mondiaux de paquebots de croisière ne construisait pas de nouveaux navires durant plus de dix ans? Elle  perdait ses capacités d’architecte industriel !Comme l’ont perdu les Anglais qui sont maintenant dépendant d’EDF et des Chinois pour leur nouveau nucléaire…

« Un projet exceptionnel par sa taille et sa complexité » : « Si elles ont été à l’évidence méconnues au moment du lancement , la taille et la complexité de l’EPR n’en constituent pas moins un défi considérable . Il faut rappeler que les concepteurs de l’EPR avaient pour objectifs d’améliorer sensiblement les performances des derniers réacteurs français (N4) et allemands (Konvoi) , tant en termes de sûreté , avec la division par 10 de la probabilité d’un accident majeur , la rétention du corium dans l’enceinte de confinement en cas de fusion du réacteur , la résistance au choc d’avion ,… qu’en termes de rentabilité avec l’augmentation de la puissance et de la maintenabilité du réacteur , la durée de vie prévue à 60 ans . Pour atteindre ces objectifs de nombreuses évolutions sont décidées ; citons par exemple le confinement de la chaudière nucléaire réalisé par une double enceinte , la première en béton précontraint doublée d’une peau métallique (ce « liner » n’existe pas dans le N4) , la seconde en béton armé très largement renforcé par rapport aux réalisations précédentes ; le dispositif « core catcher » de récupération du corium est une complète nouveauté ; les systèmes de sûreté sont doublés avec 4 trains indépendants au lieu de 2 ; le dispositif « two rooms » qui doit permettre certaines interventions de maintenance avec réacteur en marche… » « Quelques chiffres suffisent à illustrer la taille et la complexité de l’EPR : 400 000 tonnes de béton (1,8 fois plus que pour le N4), 47 000 tonnes d’armatures, un radier de 4 mètres d’épaisseur, des taux de ferraillage dépassant 500 kg/m³ dans certaines zones , plus de 1000 salles dans l’ensemble des bâtiments, 150 km de tuyauteries pour le seul îlot nucléaire, environ 15 000 vannes, 4000 km de câbles , 8000 capteurs d’instrumentation , 300 armoires de contrôle-commande... »

Commentaire : Eh puis, l’EPR est un réacteur unique par ses caractéristiques de sécurité, de puissance, d’intensité énergétique. L’EPR a une puissance inégalée de 1 750 MW (900MW pour les réacteurs de Fessenheim ; 3 MW pour une éolienne, mais avec un facteur de charge de 20% contre 80% pour le nuc ;  donc un EPR, un seul EPR, mesdames et mrs, à la louche c’est 2400 éoliennes, soit à peu près, avec un espacement minimal irréaliste, une double rangée d’éoliennes tout le long de la côte méditerranéenne. L’EPR permet un gain de l’ordre de 20 % sur la consommation d’uranium naturel par kWh électrique produit. C’est la conséquence de l’effet gros cœur et de la présence d’un réflecteur lourd  en acier. Pour plus de détail, cf.

« Une gouvernance de projet inappropriée » : « Ce n’est qu’en 2015 qu’un véritable directeur de projet à temps plein est désigné et placé hiérarchiquement en N-2 par rapport au président directeur général , alors que certains de ses prédécesseurs étaient en N-3 , voire N-4 »… « Des équipes de projet à la peine » : « La gestion des délais est une bonne illustration des difficultés d’équipes mal outillées pour maîtriser la cascade – en effet exceptionnelle – de difficultés imprévues qui ont émaillé la construction de l’EPR. Sans doute soumis à une forte pression hiérarchique et médiatique, les responsables du projet ont longtemps été dans le déni puis n’ont pu que repousser au rythme des mauvaises nouvelles la date espérée de mise en service tout en s’efforçant toujours de minimiser le retard annoncé. Pour ce faire , et pour avancer coûte que coûte , la direction du projet a été progressivement conduite à ne plus gérer que par un planning en permanente modification , entreprenant montages et essais locaux au fur et à mesure qu’apparaissait une opportunité, au risque d’affecter la cohérence et la bonne organisation du chantier »

Commentaire : C’est poliment dit, mais clairement. Un projet sans arrêt menacé,  pas d’engagement ferme du politique, par ignorance, lâcheté ou démagogie, un refus d’assumer clairement un renouvellement nucléaire pourtant indispensable à la lutte contre le dérèglement climatique, des décisions sans cesse retardées, des investissement menacés, la pression médiatique intense des adversaires idéologiques et rétrogrades du nucléaire grassement subventionnés, voilà une belle recette pour un beau loupé.

« Des relations insatisfaisantes avec les entreprises Un projet de l’ampleur et de la complexité de l’EPR de Flamanville aurait nécessité une collaboration confiante , encadrée bien entendu par des contrats solides , entre le maître d’oeuvre et les entreprises appelées à fournir des matériels ou des équipements et à intervenir sur le chantier ; cela n’a pas été le cas général . Afin de s’affranchir des sujétions du suivi direct d’un trop grand nombre d’intervenants (plus de 500 pour les centrales du palier N4) le nombre de contrats passés par EDF a été volontairement limité à environ 150 ; dans ce but l’allotissement a donné une place importante à quelques grands intervenants, les huit principaux contrats représentant plus de 70 % du total. Ces grands intervenants se sont vus confier des lots importants impliquant de nombreuses sous-traitances, avec les charges et les responsabilités correspondantes de maîtrise d’œuvre déléguée.

Commentaire : ben, cette cascade de sous-traitance, entre des sociétés qui se connaissent mal et n’ont plus l’habitude de travailler ensemble, c’est ce qui se passe quand on a le nucléaire honteux et qu’on fait trainer par lâcheté, démagogie et incompétence les décisions nécessaires.

« Une mention particulière doit être faite des relations difficiles avec la société Areva NP, redevenue Framatome début 2018 lorsqu’EDF en prend le contrôle à 75 % au terme d’un processus engagé en 2015. Areva NP s’est longtemps positionnée comme un rival d’EDF sur les marchés internationaux, avec les dissensions que cela entraînait entre leurs dirigeants, tout en étant simultanément son partenaire principal pour le développement de l’EPR . Alors qu’Areva NP , chargée de la totalité des études et de l’ingénierie de la chaudière nucléaire, était étroitement associée à EDF dans le cadre de la filiale commune Sofinel pour la conception de tout le reste de l’îlot nucléaire , la collaboration entre les deux entreprises n’a clairement pas été assez étroite ainsi qu’en témoigne par exemple le faible retour d’expérience du chantier d’Olkiluoto au profit de celui de Flamanville , pourtant démarré plus de deux ans plus tard .

Commentaire : Eh oui, c’était l’époque où EDF et Areva se tiraient la bourre pour construire un réacteur aux Emirats Arabes Unis,..Areva partant seul sans avoir mais construit un réacteur, et appelant EDF au secours au dernier moment, avant de perdre le marché. Et voilà encore une responsabilité purement politique, un délire complet des dogmes ultra-libéraux de la concurrence amplifié par l’ego particulier et les relations politiques de certains dirigeants-es.

Les EPR de Taishan « Avant de conclure ce rapport sur les difficultés rencontrées à Flamanville , il n’est pas inutile de se pencher sur les meilleures performance du chantier de Taishan . Les deux EPR qui sont aujourd’hui en fonctionnement industriel normal - le premier depuis près d’un an - ont été construits en 110 et 113 mois , soit un dépassement de 5 ans du délai initialement annoncé , pour un coût d’environ 95 milliards de RMB , soit 60 % de plus que le budget prévu. Plusieurs explications peuvent être avancées à cette performance relative .
En premier lieu, il convient de constater que la construction des EPR de Taishan a démarré (1er béton) en octobre 2009 , soit 4 ans après Olkiluoto et près de deux ans après Flamanville , et a donc pu bénéficier pendant plusieurs années de l’avancement des études et du retour d’expérience des chantiers finlandais et français , ce qui a sans doute permis d’éviter quelques-uns des lourds incidents qui ont émaillé les premières phases de ces derniers . A l’inverse, l’avance prise ensuite par Taishan a permis au chantier de Flamanville de profiter des expériences chinoises , notamment des enseignements tirés des phases d’essais.

La construction simultanée de deux tranches sur le même site a d’autre part été un véritable atout , confirmant ainsi les acquis de l’expérience d’EDF. En sus des économies apportées par l’utilisation des mêmes moyens de chantier et des avantages du retour continu d’expérience pour la deuxième tranche , celle-ci sert en quelque sorte de magasin de pièces de rechange pour faire face sans délai aux aléas inévitablement rencontrés dans la période des montages électro-mécaniques de la première tranche et rattrape ensuite son retard en tirant pleinement profit des enseignements des essais conduits sur sa voisine » .

Conclusion : « La construction de l’EPR de Flamanville aura accumulé tant de surcoûts et de délais qu’elle ne peut être considérée que comme un échec pour EDF ; mais les principales raisons de cet échec sont bien identifiables et permettent de formuler quelques recommandations .

En tout premier lieu , il faut constater que la mise en service industrielle et le bon fonctionnement des réacteurs de Taishan ont apporté la preuve de la pertinence du concept et du design de l’EPR , qu’il faut certainement éviter de remettre substantiellement en cause. Cela n’interdit bien entendu pas des améliorations permettant d’en améliorer la constructibilité et d’en réduire le coût, mais des modifications trop importantes ne pourraient qu’aboutir à la perte de l’expérience si chèrement acquise et le retour aux affres d’une tête de série.
Les déboires récents du chantier de Flamanville , qui ne sont certainement pas tous imputables à l’équipe de direction de projet actuellement en place , ne sauraient dissimuler les progrès observés au cours des récentes années et doivent conforter, et amplifier, les derniers choix d’organisation faits par EDF : la mise en place d’une équipe de projet puissante , disposant de moyens propres importants et d’effectifs pérennes, clairement indépendante des entités d’études et d’ingénierie auxquelles elle fait appel à son initiative , recourant aux techniques les plus modernes de gestion de projet et relevant d’une supervision hiérarchique de haut niveau , est indispensable à la réussite d’opérations aussi complexes que la construction d’un EPR .

L’entrée de Framatome dans le groupe EDF doit permettre, après la création de la filiale commune Edvance, de rationaliser et de simplifier plus avant l’organisation des ressources scientifiques et techniques dans les projets nucléaires. Par ailleurs, aux côtés des importantes compétences de conception, d’étude et d’ingénierie ainsi réunies , il faut aussi veiller à disposer de bureaux d’études techniques efficaces capables d’émettre des spécifications réalistes et pertinentes .
La litanie des défauts affectant des composants de la chaudière nucléaire – pratiquement aucun n’en aura été exempté - montre la nécessité d’une profonde remise à niveau des capacités industrielles et des ressources humaines dans les établissements industriels de Framatome ; celle-ci a été engagée, elle doit être menée activement à son terme. Une attention particulière doit être apportée aux métiers du soudage : des efforts considérables de formation initiale et d’entretien des compétences devront être entrepris pour que se reconstitue une réserve de professionnels qualifiés dans cette discipline très exigeante ; si plusieurs branches industrielles sont concernées, EDF a manifestement un rôle d’entraînement à jouer .

Sur un plan plus général , les innombrables vicissitudes qui ont perturbé le déroulement de la construction de l’EPR de Flamanville ont bien montré que la multiplication, pourtant avérée, des contrôles à tous les niveaux ne suffisait pas à garantir la qualité des réalisations . C’est pourtant bien cette exigence de qualité à toutes les étapes du processus , depuis les études de conception jusqu’aux spécifications techniques de détail , depuis les opérations lourdes de fabrication jusqu’au dernier geste du soudeur , qui fera le succès des chantiers futurs .

Le développement ou le renouveau d’une culture de qualité , vécue tant comme une obligation collective qu’une ambition individuelle , est aujourd’hui une nécessité absolue pour toutes les entreprises concernées et EDF se doit d’en montrer l’ exemple .
Enfin force est de constater que c’est une bonne part du tissu industriel de la « filière nucléaire » qui a montré de réelles insuffisances au cours de la construction de l’EPR de Flamanville, et un effort de reconstitution et de maintien de ses compétences doit être engagé ; celui-ci doit faire l’objet d’une véritable politique industrielle que seul peut conduire le groupe EDF.

Il s’agit concrètement d’afficher des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs en France et d’entretien du parc existant qui donnent aux entreprises concernées la visibilité et la confiance nécessaires pour qu’elles engagent les efforts d’investissement et de recrutement indispensables ."

Commentaire : Eh bien voilà, 8, 10, 12 EPR, on y va ! Mais pourquoi la presse s’est-elle beaucoup plus étalée sur la litanie des problèmes passés que sur les conclusions optimistes, favorables et étayées du rapport Foltz.

Parce que l’alliance du nuclear bashing des verts rétrogrades et des intérêts louches des margoulins de l‘éolien et leurs complices gaziers ?

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dimanche 15 septembre 2019

Energiewende : échec et mat pour l’éolien


L’éolien en crise grave en Allemagne

Pilier de la transition énergétique allemande, l'éolien voit plonger les investissements et affronte l'hostilité croissante des riverains, poussant le gouvernement d'Angela Merkel à organiser jeudi une réunion de crise. 
Après des années de hausse de ses capacités, le secteur assure désormais un cinquième de la production allemande d'électricité, mais subit une crise ouverte aux ramifications sociales et politiques.

Le nombre de nouvelles turbines installées en Allemagne depuis le début de l'année est en recul de 82% sur un an, indique la fédération allemande du secteur (EBW). En 2018, l'Allemagne s'est dotée d'une capacité supplémentaire de production inférieure de moitié à celle de 2017.
Les appels d'offres pour attribuer de nouvelles capacités de production ne trouvent pas preneurs, une tendance jugée "inquiétante" par l'agence fédérale des réseaux.

Le retournement  s’est produit en  2016, lorsque le gouvernement, jugeant le secteur arrivé à maturité et les subventions trop lourdes pour le contribuable, a modifié ses aides. L'amendement à la loi énergétique allemande (EEG) a supprimé les revenus garantis, et favorisé la mise en concurrence via des appels d'offres. Il faut dire qu’auparavant, depuis l’adoption de la loi sur les énergies renouvelables, en 2000, les exploitants d’éoliennes profitent d’un soutien leur assurant vingt ans de revenus garantis…

Commentaire : c’est quand même curieux ces énergies soit disant super compétitives qui s’effondrent dès qu’elles ne sont plus massivement subventionnées !

Parmi les gros disparus du secteur, signalons Senvion,  entreprise de 4.400 salariés, installée près de Hambourg, qui a annoncé fin août mettre la clé sous la porte, touchée de plein de fouet par l'effondrement du marché allemand en 2016, qui représentait 60% de ses revenus. Il y avait déjà eu la faillite en 2014 du fabricant d’éoliennes Prokon qui était financé par des « participations citoyennes ». Cette entreprise avait la particularité d’avoir été financé par 75 000 petits investisseurs privés. Elle les avait alléchés avec un investissement présenté comme « éthique », et accompagné d’intérêts élevés (de 6 % à 8 %). Ce dépôt de bilan s’est soldé par de très grosses pertes pour de nombreux petits épargnants et a poussé le gouvernement allemand à demander aux autorités des marchés financiers (Bafin) un contrôle plus strict de ce type d’investissement.
Dans les mois qui ont suivi, 26.000 emplois ont été supprimés dans ce secteur en Allemagne, soit plus que dans le charbon, selon les chiffres récemment publiés par le Bundestag à la demande du parti de gauche Die Linke

Commentaire : 1) Il n’y a pas qu’en France que sévissent les margoulins de l’éolien. 2) Ces créations d’emplois massives que les partisans de l’éolien nous promettent, ils omettent de dire combien elles sont fragiles et… essentiellement non durables car liées aux installations. Rien à voir avec les emplois du nucléaire !

Cette crise de l'éolien "remet en cause le succès de la transition énergétique en Allemagne ( ???)", déplore Hermann Albers, président de la fédération allemande de l'énergie  éolienne (BWE), dans un entretien à l'AFP. L'Allemagne compte fermer sa dernière centrale nucléaire en 2022 et se débarrasser du très polluant charbon d'ici 2038. Les énergies renouvelables, éolien et solaire en tête, doivent pour cela poursuivre leur montée en puissance pour représenter 65% de la production d'électricité en 2030, contre 40% aujourd'hui.

Commentaire : 1) Oh, le truand ! Il n’y a pas de succès de la transition énergétique en Allemagne, il y a un ratage massif et catastrophique, un échec total écologique et économique. Malgré ses 29 000 éoliennes, malgré un soutien total pour les énergies renouvelables en Allemagne qui a atteint 680 milliards d'euros, l’Allemagne n’a pas diminué d’un iota ses émission de carbone ( eh oui, l’éolien intermittent (« fatal »), il faut l’adosser au MW près, par une production pilotable ( gaz ou pire charbon). Dans le premier cas, on a la dépendance à la Russie en plus, dans le second, la pollution. L’Allemagne ne baisse pas ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France et ceux-ci payent pourtant leur électricité 70%  plus cher qu’en France.
2) remplacer le nucléaire par de l’éolien, c’est augmenter les émission de gaz à effet de serre, pas les diminuer !!
La décision de sortie très, très tardive du charbon est dans ces conditions peut-être une nécessité économique pour l’Allemagne, mais un double crime écologique, pour la lutte contre le dérèglement climatique, et pour la pollution, dont incidemment une part non négligeable vient abréger la vie des Français. Merci pour le climat, merci pour la pollution.

Ce n’est donc pas l’éolien qu’il faut continuer à subventionner, mais toute l’Energiewende qui est à jeter
!

Autres problèmes pour l’éolien : obsolescence, pointes ingérables de productions, nuisances

D’autant que l’éolien rencontre d’autres problèmes. Tout d’abord, l’Allemagne, va devoir (eh oui déjà !) démanteler plus de 5 000 éoliennes anciennes difficilement recyclables- la durée de vie d’une éolienne n’est pas celle d’une centrale nucléaire ! Et il est fort à parier que les paysans qui les ont accueilli sur leurs champs resteront avec leur bloc de béton de 20 mètres enterré dans leurs terres. Ensuite, pour une production décentralisée comme les éoliennes, les coûts en terme de raccordement sont réseau sont très importants et plusieurs milliers d’éoliennes ne sont même pas raccordées !

Et puis, le fait que.., peu ou prou , toutes les éoliennes d’Europe, en tous cas d’Europe du Nord,  tournent en même temps, lors de l’arrivée des perturbations transatlantiques, produisant alors en abondance une électricité… dont personne n‘a besoin et qui ne vaut rien.

Or, en raison de l'insuffisance du réseau allemand de très haute tension (THT) pour transporter l'électricité éolienne du nord vers les centres de consommation du sud, cette électricité éolienne en provenance du nord du pays doit emprunter les réseaux polonais et tchèque, exportant ainsi le trop-plein d'énergie intermittente ; en 2011, cette situation a failli entraîner la saturation du réseau électrique tchèque, déclenchant depuis une réelle tension entre les deux pays.  Pour éviter le risque d'un « blackout », la République tchèque a averti qu'elle envisageait de pouvoir bloquer tout nouvel afflux d'électricité renouvelable qui ferait courir le risque d'une panne à son réseau ; pour ce faire, l’opérateur du réseau tchèque a décidé la construction d'un transformateur géant près de la frontière, destiné à ne laisser entrer que la quantité de courant que le réseau national peut supporter ; ce transformateur doit entrer en service d'ici 2017 ; la Pologne compte faire de même et installer des transformateurs à la frontière avec l’Allemagne, ; le gouvernement allemand a nommé un ambassadeur chargé de ce seul dossier.

Et encore, les nuisances ; et donc la  multiplication des plaintes qui allongent considérablement les délais et renchérissent les projets, se plaignent les margoulins de l’éolien. Ces plaintes émanent le plus souvent de défenseurs de l’environnement et des oiseaux, ou des riverains qui souhaitent instaurer une distance minimale par rapport aux habitations afin d’éviter les nuisances. « Protégeons nos paysages, les hommes et les animaux »: l’AfD a fait de la lutte contre l'éolien l'un de ses principaux thèmes de campagne lors des élections régionales. (Rappelons qu’aux Pays-Bas, la tension est telle que les autorités ont classé comme terroristes des mouvements écologistes hostiles aux éoliennes). Plus de 600 initiatives citoyennes ont fleuri contre les nouvelles installations d'éoliennes et dans l'Est

Quelles solutions ?

Eh bien, pour les autorités allemandes, il semble que ce soit de céder aux demandes des margoulins de l’éolien : diminuer les contraintes réglementaires, et notamment les distances imposées aux éoliennes par rapport aux habitations ; rétablir la garantie de revenus ; faciliter la mise à disposition de terrains pour l’installation de parcs éoliens et accélérer les octrois de permis. Les autorités devront œuvrer à renforcer l’acceptation des éoliennes par les citoyens….

Ben voyons ! En leur envoyant des brigades vertes ?

L’Allemagne s’enfonce dans l’irrationnel et c’est très inquiétant !  Son Energiewende absurde est un crime climatique, un crime contre l’Humanité, spécialité dans laquelle l’Allemagne possédait naguère quelques compétences spéciales.

Tiens, en passant, pour fixer les idées,  avec 680 milliards d'euros jetés au vent, l’Allemagne aurait pu construire 61 centrales nucléaires d'Olkiluoto-3 (EPR). Bon, pour le fun, parce qu’en fait une dizaine aurait suffit à leur fournir une électricité abondante, économique, non polluante et décarbonnée. Ecologique et économique. Pendant 70 ans !


mercredi 30 janvier 2019

Pacta sunt servanda (2) Le traité de Marakech


Pourquoi Pacta sunt servanda ? Parce que ça fait deux fois en moins d’un mois qu’on nous fait le coup, avec le Traité franco-allemand d’Aix la Chapelle, sujet d’un blog précédent  et avec le traité de Marrakech sur les migrations- sujet de ce blog. Quel coup ? Et bien celui-ci : C’est un traité que nous signons, bon d’accord, il n’a pas été vraiment discuté, ni au Parlement, ni devant l’opinion publique, mais c’est pas bien grave, c’est un traité pour rien, un traité qui ne change rien, un traité qui n’engage à rien ! Vraiment ?
Pacta sunt servanda, c’est l’ adage universel des relations internationales, les traités doivent être respectés. Alors, il est peut-être bon d’aller un peu voir ce qui se cache derrière – et rappeler qu’en tout état de cause, il est inadmissible de signer ainsi des traités engageant le pays en catimini- même Jupiter n’avait pas ce pouvoir !
Et il y a quand même des points assez inquiétants…
Le « grand remplacement » et le rapport des Nations Unies sur l’immigration de remplacement
Le fait que l’ONU veuille imposer aux pays européens un «  grand remplacement »  de leur population par l’immigration est-elle une fake news sans consistance relayée par les réseaux d’extrême droite, comme le clament à l’envie les hordes de chevaliers blancs de la contre désinformation au service des media main stream ?
Ben, faut voir ! Ce qui existe très officiellement, c’est un court rapport publié en 2000 de la division de la population des nations unies sur les migrations de remplacement.
Ce rapport, disons-le tout de suite, est purement scientifique.
Il indique que, entre 1995 et 2050, la population du Japon et celle de quasiment tous les pays d’Europe va diminuer. Dans de nombreux cas, dont ceux de l’Estonie, la Bulgarie et l’Italie, les pays vont perdre entre un quart et un tiers de leur population. Le vieillissement de la population sera généralisé et l’âge médian atteindra des niveaux sans précédents. Par exemple, en Italie, l’âge médian passera de 41 ans en 2000 à 53 ans en 2050. Le rapport de support potentiel, c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) par personne de plus de 65 ans, diminuera souvent de moitié, de 4 ou 5 à 2.

Dans les 50 prochaines années, les projections indiquent qu'en raison de la faible fécondité et de l’accroissement de la longévité, les populations de presque tous les pays développés seront moins nombreuses et plus âgées. En revanche, la population des Etats-Unis augmentera de près d’un quart. La variante moyenne des projections des Nations Unies indique que, parmi les pays étudiés, c’est l’Italie qui subira la plus grande perte relative de population, moins 28 pour cent entre 1995 et 2050. La population de l’Union européenne dépassait celle des Etats-Unis de 105 millions en 1995, mais lui sera inférieure de 18 millions en 2050.

Le rapport s‘efforce ensuite d’évaluer l’apport d’immigration qui serait nécessaire si l’on suite maintenir la population totale des pays européens, ou bien, pour maintenir la population en âge de travailler.
En ce qui concerne la population totale, pour l’Union européenne, une continuation des niveaux d’immigration observés dans les années 1990 suffirait presque à éviter une diminution de la population totale, tandis que pour l’Europe dans son ensemble, il faudrait deux fois le niveau d’immigration observé dans les années 1990. L’Italie et le Japon auraient besoin d’une forte augmentation de leur nombre d’immigrants. Par contre, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis pourraient maintenir leur nombre d’habitants en recevant moins d’immigrants que par le passé.

Le nombre d’immigrants nécessaires pour éviter le déclin de la population en âge de travailler est supérieur au nombre d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale. Dans quelques cas, notamment ceux de la République de Corée, de la France, du Royaume-Uni ou des Etats-Unis, ces chiffres sont de deux à quatre fois plus élevés. En proportion de la taille de leur population, l’Italie et l’Allemagne auraient besoin du plus grand nombre d’immigrants pour maintenir leur niveau de population active. Chaque année, l’Italie aurait besoin en moyenne de 6.500 immigrants par millions d’habitants et l’Allemagne de 6000
Si les flux d’immigration atteignaient ces niveaux, les immigrants d’après 1995 et leurs descendants formeraient une fraction impressionnante de la population totale en 2050, de 30 à 39 pour cent dans les cas du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie. ( Si ça, c’est pas du « grand remplacement » ?)

On le voit,  ce rapport purement scientifique vise à répondre à la question « les migrations de remplacement : s'agit-il d'une solution au déclin et au vieillissement des populations? » Et la réponse est plutôt que la migration de remplacement est plus utile en tant qu'outil analytique ou hypothétique et qu’elle «  est largement perçue comme une façon irréaliste de lutter contre le vieillissement de la population. »
En ce qui concerne l’effondrement de la population active, une solution efficace à privilégier serait le recul de l’âge de la retraite. En ce qui concerne la diminution de la population globale, dans une étude critique du rapport, le jeune démographe québécois Christophe Marois souligne la forte dépendance des chiffres en fonction de la fécondité : Pour le Québec, une simple hausse de la fécondité de 1.55 (tuax actuel) à 1.75 enfants par femme suffirait à maintenir la population totale sans augmentation de l’immigration, qui pourrait être maintenue à son niveau actuel ; une baisse à 1.4 devait par compte entrainer une forte augmentation du niveau d’immigration à 70 000 par ans.

On ne peut donc pas dire que la tonalité générale du rapport encourage ou  incite les pays à recourir à une « immigration de remplacement » - ce serait même plutôt le contraire ! Répétons-le, si l’on souhaite maintenir la population active en Allemagne ou en Italie par le seul moyen de l’immigration de remplacement, cela signifie qu’en 2050,  30 à 39 pour cent de la population sera d’origine immigrée.
Ce n’est certes pas une perspective encourageante, même si elle n’a naguère guère semblé effrayer Angela Merkel et le patronat allemand. !

Le pacte de Marrakech

Venons-en au pacte de Marrakech, ou « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Disons-le tout de suite, la lecture de ce genre de littérature est déprimante au plus haut point, tant est elle génère l’impression très prégnante que l’on cherche à vous rouler dans une farine diplomatique. Napoléon disait qu’une Constitution doit être courte et obscure- de façon à laisser la plus large interprétation possible au pouvoir en place- eh bien, c’est la même chose, en pire - long, obscur et surtout contradictoire.

Donc d’un côté, le Pacte de Marrakech ne remet pas en cause la souveraineté des États en matière de politique migratoire, qui est réaffirmée dès le Préambule, et même élevée au rang de « principe directeur » du texte. Il rappelle  (a) que les États ont la prérogative de déterminer qui ils admettent sur leur territoire. Il ne prescrit ainsi aucun objectif d’augmentation du nombre de migrants dans un pays donné. Il ne remet pas en cause (b) la capacité des États à distinguer entre migrants réguliers et irréguliers dans la mise en œuvre de leurs politiques, le cas échéant en réservant aux migrants réguliers le bénéfice de certaines prestations (merci !). (c) En ce qui concerne l’immigration irrégulière,  les États sont incités à coopérer en matière de contrôle des frontières « en prévenant la migration irrégulière » ; le pacte prévoit de renforcer l’information des migrants sur les risques liés à la migration irrégulière afin de la décourager et rappelle par ailleurs l’obligation des pays d’origine de réadmettre leurs ressortissants. Il appelle même, dans l’un de ses premiers articles, à (d)  « lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine ».

Dont acte ; continuons !

Ainsi, les États « sont encouragés à garantir des voies de migration régulière »  et s’engagent à  faciliter et à garantir des migrations sûres, ordonnées et régulières, (contradiction avec le point d ?). Ils s’engagent « à faire en sorte que tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire, puissent exercer leurs droits de l’homme en leur assurant un accès sûr aux services de base … et à renforcer les systèmes de prestation de services accessibles aux migrants, étant entendu que les nationaux et les migrants réguliers sont susceptibles de bénéficier d’une gamme de services plus étendue, tout en veillant à ce que toute différence de traitement soit fondée en droit  ( en droit de qui, de quoi ? contradiction avec  le point b ?). Ils s’engagent à« promouvoir le respect mutuel des cultures, des traditions et des coutumes entre les communautés d’accueil et les migrants » (contradiction avec la doctrine française de l’assimilation- rappelons que la France a été condamnée par l’ONU à propos de ces lois limitant le port du voile islamique.  A « permettre la participation des migrants à la vie politique de leur pays d’origine, y compris aux processus de paix et de réconciliation, aux élections et aux réformes politiques » (compte-tenu des situations politiques, ça risque parfois de poser des problèmes).

C’est déjà un peu plus inquiétant, bourré d’injonctions doublement ou triplement contradictoires, à se faire des nœuds dans le cerveau. Continuons.

Les Etats « s’engagent aussi « à encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues ». « Nous nous engageons également à encourager un débat public ouvert, fondé sur l’analyse des faits et associant l’ensemble de la société, le but étant que la question des migrants et des migrations soit abordée de façon plus réaliste, humaine et constructive. « 

Les Etats s‘engagent à « promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse »
Les Etats s’engagent à « favoriser les campagnes de sensibilisation à l’intention des communautés d’origine, de transit et de destination, le but étant d’amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières, sur la base d’éléments tangibles et de faits, et de mettre un terme au racisme, à la xénophobie et à la stigmatisation à l’égard de tous les migrants »
Oui, il y a ça dans le Pacte de Marrakech. Et cela peut je crois, tout à fait légitimement soulever des  inquiétudes quant à liberté d’opinion et d’expression et à la liberté de la presse, sans compter que ça commence à ressembler à un appel à organiser un lavage de cerveau en faveur du Grand Remplacement.

Malgré un flot de circonlocutions et de circonvolutions, l’idée générale du pacte est tout de même assez évidente : l’immigration va connaître un essor important et inéluctable, les Etats signataires sont invités à faire de leur mieux afin que cela se passe aussi bien que possible, et toute approche défensive envers le phénomène migratoire est blâmée et les pays signataires sont invités à renoncer à toute tentative en ce sens.

Alors reste cette remarque finie, mille fois répétée par les bons commentateurs autorisés, et qui me rend mille fois furieux :  « Le pacte n’est pas juridiquement contraignant. Rien dans le pacte ne permettra donc de contraindre un État à appliquer ces instruments s’il ne peut pas ou ne veut pas les appliquer au vu du contexte national »

Ah Oui ? Dans le Pacte de Marrakech figure 46 fois l’expression «  nous nous engageons » en 51 pages. Et ça n’engagerait à rien ? Moi, je sais pas, il y a peut-être là une incompréhension formidable entre le charabia diplomatique et le sens commun ; parce que (atavisme corse ?), si je dis à quelqu’un je m’engage à , et ben, pour moi, c’est beaucoup plus fort que n’importe quel pacte ….

Et pourquoi signer des pactes s’ils ne nous engagent à rien ? Peut-être la réponse est-elle dans Saint Augustin : « A force de tout voir on finit par tout supporter... A force de tout supporter on finit par tout tolérer... A force de tout tolérer on finit par tout accepter... A force de tout accepter on finit par tout approuver ! » Il s’agirait bien de nous faire entrer de force dans l’esprit et le cœur le caractère inéluctable et bénéfique du «Grand Remplacement ? ( ce que ne faisait pas le fameux rapport des Nations Unies)

Pacta sunt servanda, et l’on peut légitimement s’en inquiéter.

Mentionnons enfin que 13 officiers généraux opposés à l’adhésion de la France au pacte de Marrakech ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Réaction du ministère de la défense ;  « ils ne répondent pas à leurs obligations statutaires et s’exposent de ce fait à des sanctions disciplinaires, dont nous apprécierons l’opportunité dans les jours à venir ». Vive la démocratie Macronienne, 

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