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dimanche 3 novembre 2019

Le coût du nucléaire historique, ou pas de mur d’investissement !


Ya des jours, on en a un peu marre ! Encore les margoulins de l’éolien

Titre du Point , Michel Revol /03/11/2019 : Jean-Yves Grandidier : « L'éolien et le solaire sont imbattables » : Le patron de Valorem, acteur des énergies renouvelables, n'y va pas par 4 chemins : il entend accroître la part de ces énergies à 80 % du mix énergétique... »

Eh bien M. Jean-Yves Grandidier est le représentant typique des margoulins de l’éolien, menteurs et arnaqueurs. Mais peut-être sa réaction s’explique-t-elle par l’approche du rapport sur l’éolien. que doit rendre la Commission Parlementaire mise en place par M. Julien Aubert.

Donc on reprend les vrais chiffres

Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR:+110€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
éolien: 476 €/MWh
 photovoltaïque :+500 €/MWh

Et ceci encore : En 2003, par exemple, la CSPE presque totalement consacrée à la solidarité a coûté 1,5 milliards d'euros. En 2015, la CSPE coûtera 7 milliards, dont seulement 29 % iront à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération.
La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grassement les nécessiteux producteurs d’ENR.

Et pour le coup on y va avec des extraits de deux tribunes libres du très précieux Michel Gay sur le coût du nucléaire. 1) sur le nucléaire historique ; 2) sur le nouveau nucléaire (blogs suivant, chers lecteurs je veux pas vous perdre, c’est trop important

Le nucléaire historique et la bonne nouvelle ( ou la Fake News démasquée) :  Pas de mur d’investissement


 Le coût de production du parc nucléaire actuel :

« Dans son rapport sur le coût de production de l’électricité réalisé en 2014 la Cour des comptes présente différentes méthodes de calcul, dont le coût courant économique (pour les futurs réacteurs) et le coût cash pour les réacteurs actuels.
Pour décider de poursuivre, ou non, l’exploitation du parc nucléaire actuel, seul le coût cash est à prendre en compte »…. »L’évaluation de la Cour des comptes du coût cash de production était de 36 euros par mégawattheure (36 euros/MWh) en 2015 pour une durée de vie des réacteurs de 50 ans ».

Depuis cette date, EDF a annoncé des gains de coûts sur son programme d’investissement sur la période 2014-2025.Initialement estimé à 55 milliards d’euros en janvier 2015, il a été revu à la baisse à 45 milliards avec un plan d’économies sur les dépenses annuelles de un milliard. Le montant du coût cash de la Cour des comptes doit donc être révisé à la baisse pour prendre en compte la diminution des dépenses prévues. Aujourd’hui, le coût de production du parc nucléaire existant calculé par EDF est de 32 euros/MWh jusqu’en 2025 (Enerpresse 01 juin 2017), ou estimé à 33 euros/MWh par la Société française d’énergie nucléaire (SFEN).

Cette production nucléaire bon marché permet d’offrir aux industriels un prix de l’électricité inférieur de 25 % au prix moyen en Europe. Elle constitue un facteur de compétitivité pour les entreprises et limite les délocalisations.

Pas de « mur d’investissement » à venir :

A 33 ou même 40 euros/MWh, la production d’électricité nucléaire est très  rentable en France.Ainsi, ces dix dernières années, EDF a pu verser 20 milliards d’euros de dividendes à l’État, ce qui a fait dire au Président Macron en 2016 : « L’État a prélevé trop de dividendes chez EDF ».
Malgré le contexte de marché difficile, EDF est en mesure d’autofinancer les investissements à réaliser sur le parc nucléaire existant. Le programme intitulé « Grand carénage » (45 milliards d’euros pour la période 2014-2025) comprend une part importante de dépenses de maintenance courante et de rénovations pour une exploitation au-delà de 40 ans. Ces dépenses, soit un milliard par an en moyenne, ne représentent pas un « mur d’investissement » car elles doivent être ramenées à la quantité d’électricité produite d’environ 400 millions de MWh par an, soit 400 térawattheures (TWh). Elles sont déjà incluses dans le calcul des 32 ou 33 euros/MWh précités.
Cet investissement est même profitable à EDF et contribuera à l’équilibre de ses comptes pour l’investissement en nouvelles capacités nucléaires.

En comparaison, les taxes diverses payées en plus par les consommateurs sur leurs factures d’électricité et de carburant sont actuellement de plus de 8 milliards d’euros par an pour subventionner  le photovoltaïque et l’éolien pour une production aléatoire et fatale respective de 11 TWh et de 27 TWh en 2018 (soit seulement 38 TWh au total…).

La meilleure solution est donc de continuer à exploiter les réacteurs actuels le plus longtemps possible, dès lors qu’ils satisfont aux exigences de sûreté… et de cesser le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. »

Commentaire : et de beaucoup  répétons :nucléaire existant  : 1 milliard par an pour 400 TWh ; ENR : 8 milliards par an pour 38 TWh, soit à la louche 80 fois plus. Fermer le nucléaire existant et notamment Fessenheim… est un gaspillage insensé, une faute, économique, sociale, écologique écologique ( car l’intermittence des ENR doit être compensée, par exemple par du gaz…)

« Le coût du combustible : Le coût du combustible prêt à l’utilisation ne représente que 15 % environ du coût de production du parc nucléaire existant en France, et moins de 5 % du prix de vente aux particuliers.Ce faible pourcentage permet de rendre quasiment insensible le coût de production du nucléaire aux fluctuations des cours internationaux de l’uranium Les importations d’uranium représentent seulement un milliard d’euros par an, à comparer aux 60 milliards pour l’importation annuelle d’énergies fossiles (gaz et pétrole). »

Démantèlement : « Pour le démantèlement, des provisions de 19,6 milliards (fin 2015) (soit 337 millions d’euros par réacteur) sont enregistrées dans le bilan d’EDF et entièrement couvertes à plus de 100 %  par des « actifs dédiés »…. Plus longtemps est exploitée une centrale nucléaire (plus la production est importante), plus le poids relatif de son coût diminue et moins le démantèlement coûte cher par kWh produit. »

Stockage des déchets : Pour la gestion et le stockage géologique des déchets nucléaires, le coût de référence a été fixé en 2016 à 25 milliards d’euros pour le projet Cigéo.Pour faire face à ces coûts futurs, les producteurs (EDF, AREVA et le CEA) ont constitué des provisions couvertes par des fonds dédiés.
Dans le cas d’EDF, ces provisions se montent fin 2016 à neuf milliards, et atteindront 29,6 milliards d’euros « à terminaison » selon la Cour des comptes.
Le taux de couverture de ces provisions intégrant une part pour aléas et imprévus est dès à présent de 100 % compte tenu du rendement des placements et de la durée du projet prévu sur 100 ans.

De plus, la Cour des comptes estime qu’une hausse significative du coût de stockage fixé aurait un impact limité sur le coût de production de l’électricité nucléaire. Ainsi, un doublement du devis du centre de stockage des déchets CIGEO (25 milliards) conduirait à une augmentation de seulement 1 % du coût de production suivant la même méthode (soit 0,3 % du prix de vente).

Ainsi, malgré les dénégations des anti-nucléaires, les coûts du nucléaire existant sont donc bien connus et globalement stables, démantèlement et stockage géologique des déchets inclus.
L’énergie nucléaire est donc le moyen de production d’électricité le plus compétitif jusqu’en 2025, et même au-delà.

Un ménage allemand paie son électricité produite essentiellement par le gaz, le charbon, le vent et le soleil  75 % plus cher (30,88 centimes d’euros/kWh) qu’un ménage français (17,65 centimes/kWh) grâce à une production reposant sur le nucléaire.
En revanche, les énergies fossiles sont susceptibles de varier fortement, avec un coût d’énergie importée (comme le gaz) représentant plus de 50 % du coût de production de l’électricité, et une taxation des émissions de CO2 qui se met en place. »

Conclusion :  Il n’y a pas de « mur d’investissement » à venir. Le coût du programme « grand carénage » est relativement faible ramené à la quantité produite, et déjà intégré dans le coût cash.Les coûts de démantèlement et de gestion des déchets par stockage géologique sont déjà couverts par des actifs dédiés et leur doublement aurait une influence minime sur le prix final payé par le consommateur.

Le véritable coût de production de l’électricité du parc nucléaire actuel est le coût « cash » de 32-33 euros/MWh, au moins jusqu’en 2025.
La production d’électricité nucléaire du parc actuel est rentable. Elle ne consomme pas d’énergie fossile, n’émet pas de gaz à effet de serre, et fournit une électricité bon marché. Son exploitation a de l’avenir. Elle doit être poursuivie aussi longtemps que techniquement possible car son coût faible et stable bénéficie aux ménages et à l’industrie nationale.

Commentaire Pas mieux !

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mercredi 26 juin 2019

Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou (2) !


Ou l’ARENH expliqué à vos enfants (enfin, on essaie)


L’aberration de l’ARENH : EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché.

Ce dispositif permet aux concurrents d’EDF d’acheter, à prix fixe, une partie de l’électricité nucléaire produite par l’opérateur historique dans une limite de 100 Twh par an, au total (soit un quart de la production nucléaire). C’est de toute façon tout bénef et sans risque pour les « concurrents » . Lorsque les éoliennes crachent, ils vendent de l’éolien- si ça intéresse quelqu’un. Si le prix de marché spot  passe au-dessus du prix ARENH ((42€/MWh) fortement subventionné, qui couvre à peine le coût de production d’EDF, eh bien les « concurrents » vendent du nucléaire plus cher qu’ils ne l’achètent à EDF ( et parfois, en prétendant que c’est de l’énergie verte !).Et ils peuvent le faire à chaque instant, sans délai, comme arrêter à tout instant. Jackpot !

Ce qui a fait dire au PDG d’EDF :  « Des concurrents, j’en ai, mais des concurrents qui produisent, j’en cherche » ! L’ Arenh  a été qualifiée de « vrai péril » et de « principal handicap » d'EDF, un dispositif qui revient à ce que des investissements publics subventionnent des acteurs privés dont certains disposent de moyens considérables, empêche EDF de profiter du produit de son travail et n'incite pas ses concurrents à construire de production nouvelle à leurs risques ».

A ses yeux, prolonger ce dispositif au-delà de 2025 ne serait « pas défendable » et serait même « inconvenant ». Et d'en appeler à une régulation équitable et durable qui « permette aux Français de bénéficier du nucléaire dont ils sont les propriétaires indirects au travers de l'entreprise publique EDF, qu'ils soient ou non clients d'EDF ».

L'économiste Elie Cohen estime pour sa part qu'avec ce dispositif « EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché. Elle renonce à une partie de sa rente sans compensation quand les prix de gros faiblissent alors qu'elle doit assurer seule les coûts des exigences grandissantes de sûreté ».
Et bien, que croyez-vous qu’il arrivera ?

Les « fournisseurs non producteurs » concurrents d’EDF sont si content (évidemment !) de l’ARENH qu’ils ont demandé à la fois une augmentation du plafond autorisé et le maintien du prix de vente actuel à 42 €/MWh. Pourquoi se gêner ?

Augmentation du plafond ! Bingo !  : Malgré les critiques de la CRE, Les députés de La République en Marche ont présenté, le 1er juin, un amendement  visant à rehausser le plafond de l’ARENH à 150 TWh dans le cadre du projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Cette augmentation est souhaitée de longue date par les fournisseurs alternatifs et François de Rugy s’est lui aussi prononcé en faveur d’une hausse.

Maintien du bas tarif ! Et rebingo ! De Rugy : « Je vous le dis franchement, on ne satisfera pas» la demande de @EDFofficiel de hausse de 42 à 52 €/MWh du prix Arenh. La Commission européenne ne nous y autorisera pas, c'est très décalé avec la réalité»

Donc EDF perdra de l’argent en vendant de l’électricité à ses concurrents pour qu’ils puissent la concurrencer (puisque, plus les renouvelables augmentent, plus les coûts pour EDF augmentent. Et c’est le consommateur qui paie plus cher pour que, grace à la concurrence, des margoulins puissent piller EDF pour les vendre moins cher. Quelqu’un a compris ?

De Rugy, symbole de l’affairisme écolo et complice des margoulins des éoliennes

Article très intéressant et révélateur du Canard Enchaîné du Mercredi 19,juin : « Loi Energie Climat, des amendements d’un désintéressement total ». Extraits :
 « Alors que le projet de loi Energie- Climat doit bientôt être discuté par les députés, certains viennent de recevoir un document étonnant. Il s’agit d’un ensemble d’amendements livrés clés en main , aimablement préparés par une filiale de Total… Pas moins de huit amendements : des bouts de loi fournis avec l’indispensable exposé des motifs, le tout frappé du logo du groupe pétrolier

Ce lobbying aussi discret qu’une nappe de pétrole ne semble pas avoir effrayé tout le monde ; Pour preuve l’amendement CE590 présenté par deux députés La République en Marche Ce texte reprend l’une des principales revendications de la liasse pétrolière permettre aux concurrents d’EDF, dont Total, de racheter deux fois plus d’ »électricité d’origine nucléaire.

EDF est en effet tenu de vendre 25% de son électricité à ses concurrents au prix fort avantageux de 42 eur. le mégawatt.h. tarif fixé en 2012. Sauf que , en 2018, le coût du megawatt heure s’est envolé ( plus de 61 euros cet automne ( NB : si vous voulez comprendre pourquoi, voir le blog précédent, ou l’explication du mystère selon lequel, plus il y a d’éolien « pas cher » dans le mix électrique, plus son prix est élevé). Les rivaux d’EDF se sont donc rués sur son électricité nucléaire pas chère. Et leur demande a largement excédé le plafond annuel autorisé de 25%. … Tandis qu »un amendement gouvernemental en tient pour le relever de 50%... »

« Au fait, qui est l’auteur du document envoyé aux députés ? Un certain Antoine Alibert, chargé des affaires institutionnelles de Direct Energie.. Et où travaillait-il avant ? Auprès de la députée Europe Ecologie Les Verts Eva Sas dont il était le collaborateur parlementaire ! »

L’escroquerie de l’électricité verte

Tiens , un autre amendement déposé par des députés qui ne savent plus où ils habitent

« « l’ARENH a été établi pour permettre aux fournisseurs alternatifs d’électricité d’accéder à la production nucléaire d’EDF. L’électricité achetée par ce biais l’est à un tarif particulièrement avantageux et bien inférieur à celui du marché de l’électricité.
Ceci est contraire au principe économique des offres vertes par lequel un fournisseur achète au prix de marché de l’électricité issue de sources renouvelables, et achète en parallèle sur un autre marché la garantie d’origine liée à cette même production.

Commentaire : bravo, bien vu !

En effet, le recours à l’ARENH peut permettre un approvisionnement à un coût inférieur à celui du marché et contribue davantage au financement de la production nucléaire qu’au développement de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable, et ce contrairement à l’attente des consommateurs. »

Commentaire : tout faux ! Car enfin, c’est pas  EDF qui demande le maintien de l’ARENH !. EDF propriété des Français est pillée en étant forcée d’approvisionner à bas prix ses concurrents prétendument verts.

ARENH : réactions syndicales

Les syndicats, décrédibilisés par Macron et ses libéraux boys  comme partenaires et parties prenantes représentatives, connaissent bien le dossier et ont quelques petites choses à dire :

FO : la sécurité d’approvisionnement en danger :

En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF, sans obtenir satisfaction compte tenu du plafonnement légal, ils n’ont obtenu que 75 % de l’électricité demandée à 42 €…. En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, l’AFOC avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement

L’actualité nous donne raison. En effet, le nucléaire nécessite d’énormes investissements et s’amortit sur le long terme. Le retour sur investissement est donc fort long. Or, la grande majorité des opérateurs alternatifs n’utilisent pas les marges qu’ils réalisent pour investir dans les moyens de production parce que ce qui prime à leurs yeux c’est la rentabilité financière à court terme.
Et pourtant, ces opérateurs alternatifs ont bénéficié de l’Arenh, payé par les consommateurs depuis 10 ans sans faire aucun investissement dans la production !

CGT : Quand il faut l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité pour permettre aux fournisseurs alternatifs de faire plus de profits pour rémunérer leurs actionnaires !!!

On se retrouve avec un vrai paradoxe ! La commission européenne et les fournisseurs alternatifs d’électricité qui ont toujours vanté la concurrence « libre et non faussée » prétextant qu’elle ferait baisser les prix ont aujourd’hui besoin d’une augmentation des tarifs réglementés (fixés par les pouvoirs publics). En effet, l’augmentation tarifaire du kWh sur le marché n’est plus rentable et ampute leurs profits.

La concurrence au niveau de la production n’existe pas en réalité. Aucun fournisseur n’a construit de nouveaux moyens de production pour venir concurrencer les producteurs historiques. Toutes se sont jetées dans le marché juteux des énergies renouvelables fortement subventionnées dont la facture estimée par la Cour des comptes s’élève à 121 milliards directement prélevés sur la facture des consommateurs. Ces entreprises privées ne font que revendre de l’électricité qu’elles achètent soit à EDF jusqu’à 100 TWh maximum à un tarif en dessous des coûts de production (l’ARENH) mise en place par la loi NOME ou sur une bourse du marché de gros qui, jusque-là était en dessous du prix de l’ARENH.

Aujourd’hui, le manque d’investissement dans des moyens de production en Europe ou en France conduit à une hausse du prix du marché de gros, à plus de 56 €/MWh. Les fournisseurs alternatifs qui, jusque-là, achetaient l’essentiel de leur électricité sur ce marché, car moins chère que l’ARENH (42 €/MWh) sont pris au piège.

CFE-CGC : l’ARENH met EDF en grande difficulté

L’Alliance CFE UNSA Énergies a exprimé, une nouvelle fois, que l’urgence résidait non pas dans un meccano capitalistique précipité mais bel et bien dans une nouvelle régulation de l’AReNH, équitable, et ce, avant toute réflexion sur une adaptation de l’organisation de l’entreprise. La Direction a aussi stigmatisé un niveau de prix de l’AReNH décorrélé du coût de production et qui ne permet aucun investissement dans la maintenance du parc de production, les réseaux ou la transition énergétique. Là également, la Direction reprend un diagnostic posé depuis longtemps par l’Alliance CFE UNSA Énergies et sa revendication d’une impérieuse révision en profondeur del’AReNH. Le Groupe doit en effet investir 15 milliards d’euros par an jusqu’en 2022 sans en avoir véritablement les moyens.

Autrement dit, la CFE-CGC et les syndicats en général réclamnte une baisse du plafond de l’ARENH et une hausse de son prix. Soit le contraire de ce que fait M. De Rugy, apparemment très dévoué à ses amis affairistes écolos et qui fait tout pour qu’ils puissent continuer à piller EDF et le patrimoine des Français.


samedi 22 juin 2019

Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou !

Renouvelables et faux marché expliquent largement les hausses du prix de l’électricité, et en particulier celles de 2019.

(ou l’explication du très étrange mystère selon lequel, plus il y a d’éolien « pas cher » dans le mix électrique, plus son prix est élevé)

Une augmentation du prix de l’électricité a été décidée (6 % en juin, 1 ou 2 % de plus en août). Elle résulte d’une double aberration idéologique, d’une politique doublement irrationnelle et d’un double gaspillage scandaleux : d’une part, l’aberration du développement des énergies nouvelles, particulièrement éolien et la volonté idiote et délétère pour les enjeux climatiques, de baisser la part du nucléaire. D’autre part, le dogme libéral de la libéralisation de l’électricité et du tout marché.  Explication, aidée par un certain nombre d’interventions.

La responsabilité des renouvelables.

Eh oui, c’est curieux, mais ça marche dans tous les pays, plus il y na de renouvelable, qui devient prétendument de plus en plus rentable, plus le prix de l’électricité augmente. Etrange !
L’électricité renouvelable, plus exactement, le renouvelable intermittent, c’est-à-dire le photovoltaïque et l’éolien. augmentent les coûts d’une quadruple façon.

Le coût direct de production de l’éolien et du photovoltaïque est élevé, même s’il tend à baisser. Les renouvelables ne se développent que grâce à des subventions massives. Ces subventions prennent la forme d’un achat garanti de toute la production à un prix élevé (actuellement 90 euros/kWh pour l’éolien, et 290 euros/kWh pour l’éolien offshore). Cet achat est financé par une taxe prélevée sur les ventes de toutes les formes d’électricité, dont le montant est affecté aux renouvelables. On connaît donc bien le surcoût de cette électricité. Il est actuellement de près de 7 milliards (TVA comprise, car le fisc taxe cette taxe), et il augmente régulièrement.

La multiplication des éoliennes et des panneaux solaires a un impact sur le réseau de transport d’électricité. Avant les renouvelables, l’électricité était produite en 150 ou 200 points du territoire (20 sites nucléaires, autant de centrales à charbon et au gaz, un peu plus de barrages) ; avec les renouvelables, elle est produite en 10 000 points. Pour faire face à cet agrandissement du réseau, RTE dépense environ 1 milliard par an, coût qui est évidemment répercuté en une augmentation équivalente des prix.

Les renouvelables bénéficient d’une priorité d’accès au réseau, qui doit acheter tout ce qu’ils produisent, au moment où ils le produisent. Les autres sources d’électricité (nucléaires, thermique) doivent alors immédiatement diminuer d’autant leur production. Cet effet d’éviction fait que leurs coûts fixes sont amortis sur un moindre nombre d’heures de fonctionnement, et donc que leurs coûts moyens augmentent. Augmentation elle aussi nécessairement répercutée dans les prix de vente.

On a enfin introduit un mécanisme de « garantie de capacité » qui consiste à payer les entreprises qui s’engagent à pallier les insuffisances de l’intermittence éolienne et solaire. Ce coût est encore faible, mais en augmentation rapide. Il contribue bien évidemment à l’augmentation des prix de vente.

 (cf Remy Prud’homme,
https://www.contrepoints.org/2019/06/11/346546-qui-a-fait-augmenter-le-prix-de-lelectricite)

Ajoutons cette manipulation, cette fake new gigantesque, cette intox  de l’Ademe sur le coût des renouvelables dont j’ai parlé dans un blog précédent. 

(https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/02/les-clowneries-de-lademe.html).  C’est que dans le coût des renouvelables, il faut tenir compte du prix auquel on peut vendre l’électricité, qui doit être produite au moment où l’on en a besoin. Lorsque les ENR variables tournent à plein régime, et que le besoin d’électricité est faible, la valeur de l’électricité produite est très faible…Il est arrivé même qu’elle soit négative ; le 1er janvier 2018 , en France ! EDF était obligé de payer pour que l’Espagne achète  le courant que les éoliennes produisaient à plein tube  – alors que toute le monde était sous la couette et que personne n’en avait besoin.

La responsabilité du dogme libéral du marché

D’une façon générale, un marché concurrentiel élimine les rentes et stimule l’innovation, entraînant une baisse des prix. Rien de tel en matière d’électricité. Il n’y a pratiquement qu’un seul producteur en France : EDF. Les autres acteurs ne sont pour l’essentiel pas des industriels, mais des commerçants, ou plus exactement des financiers. Ils achètent – et revendent à un prix plus élevé – de l’électricité intermittente subventionnée, de l’électricité produite à l’étranger, et l’électricité produite par EDF, obligée par la loi de leur vendre le quart de sa production nucléaire à 42 euros/kWh.

La concurrence a été introduite pour faire baisser les prix ; mais le système est si tordu qu’il faut augmenter les prix pour que vive la concurrence ! Outrée, l’Autorité de la Concurrence, qui croit aux vertus de la concurrence, a rédigé une critique vengeresse (bien écrite et bien argumentée) de la proposition de la CRE. Mais le gouvernement ne l’a pas entendue, et a choisi l’intérêt des financiers plutôt que celui des consommateurs.

Ce point a d’ailleurs été bien souligné par François Carlier, délégué général de l'association de consommateurs CLCV jeudi 30 mai sur franceinfo. Il a dénoncé « un système un peu fou où l'on augmente les prix d'EDF pour faire vivre la concurrence".

« Est-ce l'ouverture du secteur de l'électricité à la concurrence qui entraîne un surcoût pour les consommateurs ?

Oui, parce qu'on est dans un système un peu fou où l'on augmente les prix pour faire vivre la concurrence. Les opérateurs alternatifs ont certains types de problèmes, en l'occurrence le fait qu'ils n'ont pas assez accès au nucléaire. Ils font donc face à un surcoût. Donc pour qu'ils continuent d'être compétitifs, on augmente le tarif d'EDF, ça permet aux opérateurs alternatifs de pouvoir dire : "Je vous fais 5 ou 10% moins cher que le tarif EDF". Mais en fait, ils peuvent faire ça uniquement parce qu'on a augmenté le tarif d'EDF. (…) On n'est pas les seuls à s'étonner de cette mesure. L'Autorité de la concurrence a rendu deux avis pour critiquer cette décision de la Commission de l'énergie et pour en souligner les fragilités juridiques. »

L’aberration de l’ARENH : EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché.

La loi Nome, qui encadre le calcul des tarifs de l’électricité a instauré un accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). Ce dispositif permet aux concurrents d’EDF d’acheter, à prix fixe, une partie de l’électricité nucléaire produite par l’opérateur historique dans une limite de 100 Twh par an, au total (soit un quart de la production nucléaire).

C’est de toute façon tout bénef et sans risque pour les « concurrents » . Lorsque les éoliennes crachent, ils vendent de l’éolien- si ça intéresse quelqu’un. Si le prix de marché spot  passe au-dessus du prix ARENH ((42€/MWh) fortement subventionné, qui couvre à peine le coût de production d’EDF, eh bien les « concurrents » vendent du nucléaire plus cher qu’ils ne l’achètent à EDF ( et parfois, en prétendant que c’est de l’énergie verte !).Et ils peuvent le faire à chaque instant, sans délai, comme arrêter à tout instant. Jackpot !

Ce qui a fait dire au PDG d’EDF :  « Des concurrents, j’en ai, mais des concurrents qui produisent, j’en cherche » ! L’ Arenh  a été qualifiée de « vrai péril » et de « principal handicap » d'EDF, un dispositif qui revient à ce que des investissements publics subventionnent des acteurs privés dont certains disposent de moyens considérables, empêche EDF de profiter du produit de son travail et n'incite pas ses concurrents à construire de production nouvelle à leurs risques ».

 A ses yeux, prolonger ce dispositif au-delà de 2025 ne serait « pas défendable » et serait même « inconvenant ». Et d'en appeler à une régulation équitable et durable qui « permette aux Français de bénéficier du nucléaire dont ils sont les propriétaires indirects au travers de l'entreprise publique EDF, qu'ils soient ou non clients d'EDF ».

Dans un rapport dressant le bilan de la période 2011-2017, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) estime que « malgré son caractère limité et transitoire, l'Arenh ne semble pas en mesure d'apporter les incitations suffisantes au développement de la concurrence à l'amont ».

L'économiste Elie Cohen estime pour sa part qu'avec ce dispositif « EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché. Elle renonce à une partie de sa rente sans compensation quand les prix de gros faiblissent alors qu'elle doit assurer seule les coûts des exigences grandissantes de sûreté ».
Et bien, que croyez-vous qu’il arrivera ?

Les « fournisseurs non producteurs » concurrents d’EDF sont si content (évidemment !) de l’ARENH qu’ils ont demandé à la fois une augmentation du plafond autorisé et le maintien du prix de vente actuel à 42 €/MWh. Pourquoi se gêner ?

Augmentation du plafond ! Bingo !  : Malgré les critiques de la CRE, Les députés de La République en Marche ont présenté, le 1er juin, un amendement  visant à rehausser le plafond de l’ARENH à 150 TWh dans le cadre du projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Cette augmentation est souhaitée de longue date par les fournisseurs alternatifs et François de Rugy s’est lui aussi prononcé en faveur d’une hausse.

Maintien du bas tarif ! bingo ! De Rugy : « Je vous le dis franchement, on ne satisfera pas» la demande de @EDFofficiel de hausse de 42 à 52 €/MWh du prix Arenh. La Commission européenne ne nous y autorisera pas, c'est très décalé avec la réalité»

Donc EDF perdra de l’argent en vendant de l’électricité à ses concurrents pour qu’ils puissent la concurrencer ( puisque, plus les renouvelables augmentent, plus les coûts pour EDF augmentent 

De Rugy, insulte,  incompétence, démagogie ou plus grave

Si l’on se fie aux calculs de la Cour des Comptes, le manque à gagner lié à ce tarif agent pour EDF était évalué à 295 millions d’euros pour 2017. « Cela représente 1 000 euros par an, soit 83 euros par mois et par ayant droit », relativise la syndicaliste de Sud-Energie. « « Si chaque salarié touchait une prime de 83 euros par mois, cela ne créerait pas une telle polémique. »

« Les coûts de production ont dérivé depuis des années pour des raisons bien connues. Les coûts.salariaux d’EDF sont plus élevés que ceux des autres entreprises de l’énergie […] tous les ans la Cour des comptes dénonce le fait qu’à EDF il y a les salariés d’EDF qui payent 10 % du prix de l’électricité », a contre-attaqué François de Rugy ».

Étonnamment, le ministre de la Transition Écologique est le seul des acteurs de ce dossier à considérer que les salariés d’EDF sont responsables de l’augmentation des coûts de production de l’électricité, et part là de celle des tarifs. Ni la direction de l’entreprise, ni les syndicats, ni les associations de consommateurs, ni même les autres opérateurs du marché de l’électricité ne partagent la pensée complexe de François de Rugy. « Le salaire moyen chez EDF est tout à fait dans les standards des grands groupes comparables », affirme l’entreprise productrice d’électricité. En tous les cas, celui-ci n’a pas augmenté de 5,9 % l’an dernier. La part des salaires dans les 70 milliards de chiffre d’affaires d’EDF n’excède pas 10 %, et ceci avec nombre d’ emplois exigeant un haut niveau de compétences dans le nucléaire, les renouvelables, l’hydraulique et les réseaux. ».
Alors, le fameux tarif agent : « Le coût est autour de 290 millions par an, mais il n’a pas de rapport avec la hausse des tarifs », explique la communication d’EDF qui explique que le Tarif Agent « participe au sentiment d’appartenance de nos salariés », dans une entreprise « qui produit de l’électricité partout en France, 24 h/24 et 7 j/7 ». Par ailleurs, ces tarifs avantageux existeraient dans près de 150 entreprises sous statut d’Industries électriques et gazières (IEG) en France. Ce Tarif Agent  « c’est un élément de rémunération contractuel comme peuvent l’être un véhicule pour d’autres salariés »  soulignent les syndicats.
Au fait combien ? : 1 000 euros par an, soit 83 euros par mois et par ayant droit », (Sud-Energie.)

Belle façon de détourner la colère des 6 millions de ménages vivant déjà en précarité énergétique, selon les données de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) et  des 423 235 supplémentaires qui pourraient les rejoindre avec une hausse de 10 % du prix de l’électricité, selon les projections de l’ONEP.

François de Rugy est l’exemple de même de la médiocrité, de l’incompétence et de l’arrivisme politique du personnel macronien, de l’alliance de l’idéologie ultra libérale et de l’idéologie verte ( qui ne recouvre pas l’écologie). Il est l’allié indéfectible des margoulins des éoliennes, des verdisseurs truands d’électricité aux méthodes commerciales condamnés par la justice. Ce type là est en train de détruire l’un des principaux atouts de la France. Le symbole de l’alliance maffieuse des milieux d’affaires et des affairistes verts
Tiens, un truc comme ça, de l’irremplaçable Canard Enchainé : « le lobbyiste @DirectEnergie, filiale de @Total, qui a envoyé une liasse d'amendements aux députés "écolos" de @LaREM_AN est en fait un ancien assistant parlementaires des verts ! »

Monsieur le Vicomte
Nous fait des contes
Pour justifier ses comptes
Il devrait avoir honte

Monsieur de Rugy
A propose d’énergie
Ment comme il rugit
Et même pas il n’en rougit

Vive la Carmagnole
On va lui fiche une torgnole

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