Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Tchernobyl. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tchernobyl. Afficher tous les articles

mardi 2 février 2021

Fukushima 10 ans après : bilan et leçons

 Le plus important séisme jamais subi au Japon

 Le vendredi 11 mars 2011 à 14 h 46 min 23 s heure locale, a eu lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Cinquante-et-une minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits, parcourant jusqu'à 10 km  l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. Ce tsunami d’une ampleur inédite a été directement responsable de près de 19.000 morts.




La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est située à 145 km de l’épicentre. L'installation, ayant été bâtie pour résister à un séisme de magnitude 8 et à un tsunami de 5,7 mètres de haut, est entièrement inondée. Le tsunami a eu pour conséquences une dégradation des prises d’eau en mer conduisant à la perte de la source froide, puis à la perte des Diesels de secours des réacteurs 1 à 4. Ceux-ci, à la suite de la perte d’autres systèmes de sécurités ne sont plus refroidis et les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 fondent et le « corium » formé perce la cuve et s’épand sur le socle en bêton (non, il ne traverse pas la terre comme dans le syndrome chinois !).

 Entre le 11 et le 15 mars, les toits des réacteurs 1,2 et 3 explosent  les uns après les autres, ces explosions sont provoquées par de l’hydrogène rejeté volontairement pour faire baisser la pression malgré la charge du nuage engendré en radionucléides. Le 15 mars, les travailleurs du site sont évacués, seuls 50 restent sur place pour stabiliser la situation. En même temps, un ordre d’évacuation initialement de 2km, puis très rapidement de 20 km autour de la centrale est donné.

 A noter : A Fukushima même, les réacteurs 5 et 6, construits postérieurement aux quatre premiers réacteurs, sur une plate-forme située à une dizaine de mètres plus haut, n'ont pas été atteints. Une autre centrale nucléaire Onagawa, plus proche de l’épicentre que Fukushima (80 km) n’a subi aucun dommage.


A Fukushima : ce n‘est pas l’accident nucléaire, c’est le tsunami et l’évacuation qui a tué !

 Tiens, une fois n’est pas coutume, on va se baser sur un Check news de Libération !

(https://www.liberation.fr/checknews/2019/04/20/est-il-vrai-que-l-accident-nucleaire-de-fukushima-n-a-cause-aucun-mort_1720075)

 « En résumé pour les travailleurs dans la centrale : un mort et cinq malades ont été associés aux rayonnements, 10 morts ne sont pas associées aux rayonnements et 16 blessés en raison des explosions, selon les données officielles. »

«Dans la population générale, il n’y a pas de décès attribué à l’exposition aux rayonnements ionisants», explique Dominique Laurier, chef du service de recherche sur les effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. »

« Les fuites de la centrale ont très vite entraîné l’évacuation de 70 000 personnes provenant du premier cercle de 20 kilomètres autour de la centrale évacué dès le début de la catastrophe. Ensuite des nouvelles zones d’évacuation volontaire ou obligatoire ont été tracées entraînant un nouveau mouvement de population, dont l’estimation varie selon les sources. »

« Sur les trois premières années, un article de recherche estime à environ 1600 le nombre de décès attribuables à l’évacuation. En 2018, la chercheuse Cécile Asanuma-Brice parle de 2 211 le nombre de décès «en raison de la mauvaise gestion du refuge». L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, évoque en 2019 un bilan de «2 267 décès indirects dus à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation». En effet, le taux de suicide a augmenté tout de suite après l’accident chez les hommes évacués et trois ans après l’accident chez les femmes, selon un article de recherche de 2018.

La prise en compte de ces décès imputables aux déplacements de population (environ 2200, donc) est un des principaux arguments des opposants à la thèse selon laquelle l’accident nucléaire n’aurait fait aucun mort.

Donc, on est bien, ou à peu près, d’accord : Aucune mort des conséquences de l’accident nucléaire, et cela est parfaitement compatible avec les mesures de radioactivité effectuées pour l'UNSCEAR. 

(Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants) : les doses reçues par la population étaient  trop faibles pour entraîner un risque significatif de cancer ou un impact sanitaire quelconque, y compris pour les populations non évacuées qui n'auront été exposées qu'à quelques milli-sieverts. Et en passant, aucun cancer de la thyroïde, aucun effet sur les malformations : pour les bilans thyroïdiens effectués sur 368 000 enfants, les résultats sont en tout point comparables à celles des autres régions du Japon non touchées par les retombées de l’accident. Concernant les femmes enceintes, les mêmes constats sont portés sur les fausses couches, les naissances prématurées et les malformations qui ne traduisent, dans la région étudiée, aucune recrudescence par rapport aux moyennes nationales. 

Donc : Tsunami : 18 079 morts, Accident nucléaire : 2 morts (2 ouvriers de la centrale, un d’un cancer peut-être dû à son irradiation, ) Evacuation : 1,600 à 2200 morts.

 Mais le pire est que les morts de l’évacuation ont été des morts inutiles qui auraient pu et dû être évitées.

Le 11 mars, la préfecture de Fukushima émet à 20 h 50 un ordre d'évacuation pour les personnes situées dans un rayon de 2 km autour du réacteur ; à  21 h 23 le premier ministre étend ce rayon à 3 km avec mise à l'abri jusqu'à 10 km. Le lendemain, 12 mars, il est étendu à 10 km à 5 h 44 puis à 20 km à 18 h 25, le confinement étant porté jusqu'à 30 km. De même il est demandé aux autorités locales de distribuer des comprimés d’iode lors de l'évacuation. Ainsi en deux jours, le rayon de la zone à évacuer a été porté de 2 à 20 km

 L’évacuation peut tuer plus que la catastrophe, c’est la leçon retenue par une équipe de chercheurs  anglais, qui s’interroge sur ce qu’il faudrait faire en cas d’accident nucléaire majeur à Hinkley Point.

 Cf. https://www.bristolpost.co.uk/news/bristol-news/people-near-nuclear-power-station-853901.amp

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0957582017300782 (J-value assessment of relocation measures following the nuclear power plant accidents at Chernobyl and Fukushima Daiichi)

 L’équipe dirigée par Philip Thomas, professeur de gestion des risques à l'Université de Bristol, a étudié les résultats à long terme pour les dizaines de milliers de personnes évacuées à la suite des catastrophes de Tchernobyl en Ukraine, et la catastrophe plus récente de Fukushima Daiichi, à la suite du tsunami au Japon en 2011. Et ils ont conclu que si les radiations auxquelles ils pourraient être exposés s'ils restaient sur place ne pourraient que réduire de quelques mois leur espérance de vie, il ne fallait pas entreprendre un vaste programme d'évacuation de masse. (Ce calcul statistique peut sembler un peu raide, mais il compare deux situations, avec et sans évacuation, et l'article propose aussi un seuil d'irradiation pour lequel l'évacuation est justifiée, mais c'est un peu plus complexe- moins de 555 kBq /mne justifient surement pas une évacuation).

 Concernant Fukushima, les auteurs rappellent que « aucun décès par rayonnement ne s’est produit pendant ou après l’accident, mais un certain nombre de décès ont été directement attribués à la réinstallation et à la réinstallation subséquente de la population de Fukushima. Hasegawa et coll. (2015) ont établi  qu’après l’accident, la mortalité chez les personnes âgées déplacées qui ont besoin de soins infirmiers a augmenté d’environ un facteur 3 au cours des trois premiers mois suivant la réinstallation et est demeurée environ 1·5 fois plus élevée qu’avant l’accident. Ainsi, après leur évacuation de l’hôpital de Futaba, cinquante patients étaient décédés au 31 mars 2011… En septembre 2012, il y avait eu 1121 décès parmi les personnes déplacées à Fukushima attribués à l’épuisement physique et mental causé par l’évacuation . Un rapport de Parungao suggère que le problème pourrait se poursuivre jusqu’à la 3ème année, donnant une estimation de 1656 décès prématurés dus au stress de déplacement enregistré dans les 3 premières années après l’accident de Fukushima Daiichi.

 Et leur conclusion est la suivante : « A Fukushima, où 111 000 personnes ont été déplacées, il était difficile de justifier  le déplacement d’une seule  personne vivant à proximité… Compte-tenu de la dose de sécurité de  20 mSv/an  du gouvernement japonais, nous constatons qu’aucune relocalisation n’était justifiée pour des raisons scientifiques ou économiques après l’accident de Fukushima Daiichi. Cette constatation est solide par rapport à l’heuristique de 95%. »

 La réalité des morts de l’évacuation n’est pas à discuter. Selon la Croix-Rouge, les principales causes en sont l'épuisement mental et physique liée à l'évacuation forcée  (cause principale de la mort immédiate de 34 morts, principalement des personnes âgées troublées par la perturbation apportée à leur condition de vie, hypothermie, déshydratation), les conditions d'évacuation elles-mêmes, celles d’hébergement en abris d'urgence ou en logement temporaire, l'épuisement dû aux déplacements, l'aggravation de maladies existantes consécutives à la fermeture d'hôpitaux et les suicides.

 A la limite, seule l’évacuation initiale du 11 mars dans un rayon de 2 km pouvait-être  justifiée, comme évacuation de précaution, compte-tenu des incertitudes de mesure de la radioactivité à ce moment, et elle n’aurait pas dû durer plus de deux semaines.  Injustifiées et mortelles les évacuations forcées du 12 mars (rayon de 10 km, puis à 20 km à 18 h 25) ! Et encore plus injustifié, le 11 avril, l’évacuation volontaire au-delà des 30 km !

 N.B. concernant Tchernobyl, les auteurs arrivent à la conclusion que l’évacuation était injustifiée pour 75% des 335,000 évacués. Et concernant  Hinkley Point   « Les habitants à proximité de la centrale nucléaire de Hinkley Point feraient  mieux de rester sur place que d’évacuer vers Bristol en cas de catastrophe nucléaire.  Evacuer à Bristol leur enlèverait statistiquement plusieurs mois d’espérance de vie, alors que rester sur place dans le cas d’une catastrophe de type Fukushima n’aurait aucune conséquence ». De fait, ne serait-ce que  les effets de la pollution de Bristol seraient très supérieurs à ceux qu’entraineraient une exposition radioactive faible, comme ce fut le cas pour la quasi-totalité des évacués de Fukushima !

 Alors que faut-il faire ? Mesure de la radioactivité, radioprotection, décontamination

 Les auteurs de l’étude avertissent : « Ces mesures d’évacuation et de relocalisation sont en train de devenir  le choix politique principal après un grand accident nucléaire. Cela ne devrait absolument pas être le cas. L'assainissement devrait être le mot ; »

Pour toutes les centrales modernes (cf. pas Tchernobyl), compte-tenu des niveaux de radioactivité susceptibles d‘être relâchés, l’évacuation n’est pas la bonne solution. Il suffit de recourir aux moyens classiques de radioprotection, de décontaminations et de mitigation des risques : prise de comprimés d’iode si justifié par l’émission d’iode radioactif, nettoyage des sols et des poussières, interdiction de de certains aliments, tels le lait etc., le tout basé sur une politique intensive de mesure de la radioactivité.

 Les résistants de Soma: « Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. »

 Il faut lire le témoignage poignant du maire de Soma, une petite ville de 37.000 habitants, à 45 km de Fukushima.  Dans cette communauté soudée, au mode de vie traditionnel, complètement dévastée par le tsunami,  la question de l’évacuation a été posée. Et grâce au sang-froid des édiles, qui ont réclamé des  moyens d’évaluer eux-mêmes  la radioactivité, décidé rationnellement et refusé de céder à la panique, aucun mort supplémentaire n’a été à déplorer.

 « Mais nous ne nous rendions pas compte que nous serions assaillis par un deuxième « démon », cette fois du comté lointain de Futaba, à 45 km de là. Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. Alors que la catastrophe nucléaire s'intensifiait sans relâche, les reportages frénétiques qui ont duré toute la journée ont suscité la terreur, non seulement chez les personnes vivant près de la centrale, mais dans tout le pays. À partir du moment où le gouvernement national a ordonné aux habitants dans un rayon de 20 km autour de la centrale d'évacuer, les citoyens de Soma ont commencé à vouloir s'enfuir loin, et ce sentiment a commencé à se répandre…Pour ce qui est de la question nucléaire, nos concitoyens éprouvent maintenant beaucoup d'anxiété à cet égard, et j'aimerais l'envisager en fonction de deux objectifs distincts. L'une consiste à veiller à ce que nos concitoyens ne subissent aucun dommage à leur santé en raison des radiations de la centrale; l'autre est de s'assurer qu'ils ne finissent pas par changer la façon dont ils vivent leur vie quotidienne en raison de l'anxiété au sujet des radiations…C'est la voie que Soma suit. Le problème nucléaire ne change rien à cela. Nous continuerons à planter un pied fermement devant l'autre pour suivre le parcours que nous avons choisi »

 L’évacuation de Fukushima a été une décision catastrophique qui a coûté la vie à des milliers de personnes fragiles (sans compter les dépressions) qui n’auraient subi aucun dommage si elles n‘avaient pas été évacuées.

 Les autorités de tous pays doivent en être maintenant conscientes. En cas de catastrophe nucléaire, l’évacuation ne doit être décidée qu’en cas de réel danger d’irradiation. Et la première chose à faire c’est d’écouter et de faire confiance aux autorités qui disposent des données de radioactivité , plutôt qu’aux marchands de peur qui sont aussi des donneurs de mort.

 Les morts de Fukushima ( ceux de l’évacuation, pas du séisme ou du tsunami) sont donc surtout des morts de la peur dont sont responsables  les marchands de peur, les créateurs de paniques, les exploiteurs de terreur et leurs organisations qui ne cessent de vivre et prospérer sur le mensonge et une nucléarophobie irrationnelle( Greenpeace et les écolos bigots)

 Notons aussi cette conclusion un peu désabusée des auteurs : « la compréhension du risque nucléaire par la plupart des cliniciens — et  par le grand public — n’a pas progressé de façon aussi approfondie ou aussi largement que l’adoption de la technologie nucléaire. » Et pourtant, les effets biologiques et toxicologiques  des rayonnements sont parmi les phénomènes les mieux étudiés et connus, et depuis très longtemps- beaucoup s’en faut que celle de la plupart des substances chimiques soit aussi bien connue !

 L’arrêt par précaution des réacteurs nucléaires japonais a tué plus que Fukushima !

 Avant l’accident de Fukushima, le pays comptait 54 réacteurs disponibles, tous ont d’abord été été arrêtés et très peu ont été remis en route.

 Cette décision  est responsable de beaucoup plus de morts que l’accident nucléaire et que l’évacuation elle-même.

Tout d’abord, cela a entraîné une hausse du prix de l’électricité et dans les années qui ont suivi, 4800 personnes seraient mortes de froid selon le NBER (Bureau National d'Etudes Economiques) en raison de l’accroissement de la précarité énergétique (https://atlantico.fr/article/decryptage/energie--l-arret-du-nucleaire-au-japon-responsable-de-beaucoup-plus-de-morts-que-la-catastrophe-de-fukushima-tristan-kamin)

L’électricité nucléaire (29% en 2010) a été remplacée, par le gaz (+17,2%), le charbon (+6%), le pétrole (+2,6%) et les renouvelables non hydrauliques (+2,2%). En conséquence,  les émissions de gaz à effets de serre ont augmenté : le Japon est avec l’Allemagne l’un des pays industrialisés les plus émetteurs de CO2, à 9 tonnes par habitant, soir le double de la France. Et l‘augmentation du charbon au lieu de sa diminution prévue a augmenté la pollution !

 La décision non justifiée d’arrêter l’ensemble des centrales a donc fait encore beaucoup plus de mort que l’incident nucléaire et l’évacuation, qui ne seront jamais comptabilisés. Il a été estimé que le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année, 3900 en Allemagne.- au  Japon, ce serait environ 6000 morts prématurées par ans-dont 360 directement dues à l’arrêt des centrales nucléaires (https://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/07/05/le-charbon-entraine-23-000-morts-prematurees-en-europe-chaque-annee_4964092_1652666.html)

 Eh oui, le nucléaire est l’énergie qui fait le moins de victime par kW.h généré !

Addendum : note sur le système électrique japonais : (https://centreasia.eu/japon-bilan-de-lenergie-nucleaire-dix-ans-apres-fukushima/Florian Veslin)

Un réseau …baroque

Le réseau électrique japonais  est totalement isolé. L’Archipel n’a aucun lien avec ses voisins, même le plus proche, la Corée du Sud (les grandes villes de Fukuoka côté japonais et Busan côté coréen ne sont pourtant distantes que de 200 km environ). Cet isolement n’est pas dû à des difficultés techniques mais politiques. Le Japon ne pouvant se reposer sur des interconnexions pour palier une baisse de production ou une hausse de la demande, la génération d’électricité doit toujours être suffisamment forte et aisément pilotable pour éviter les black-out.

En addition, de graves problèmes structurels limitent les échanges électriques entre les différentes régions ; le Japon est coupé en deux pour ses fréquences : l’est est à 50Hz et l’ouest est à 60Hz, cas unique dans un pays industrialisé. Les différents réseaux agissent dans une relative indépendance, n’étant reliés que par trois convertisseurs de fréquences, et seulement entre les régions de Chūbu (centre, région de Nagoya) et du Kantō (aire urbaine de Tōkyō), d’une capacité de 1,2 GW (voir annexes pour les unités de l’énergie). Et même parmi les régions utilisant la même fréquence, les échanges peuvent être problématiques, comme entre Honshū et l’île septentrionale d’Hokkaidō : deux uniques lignes existent, d’une capacité de 0,9 GW. Enfin, Okinawa est totalement isolée du réseau principal.

De plus, l’ouverture à la concurrence a provoqué un affaiblissement des acteurs historiques. par exemple, Tokyo EPCO a été réorganisé en holding, contrôlant trois entités distinctes : génération (soumise à concurrence), distribution (monopole) et vente (soumise à concurrence). On peut se demander si une telle réforme est bien favorable et même compatible avec le nucléaire.

 Un programme ambitieux dans le nucléaire, mais une autorité de sûreté défaillante

 En 2010, 54 réacteurs nucléaires produisaient 47,4GWe d’électricité, soit environ 30% de la génération totale d’électricité dans le pays. Trois autres réacteurs étaient en construction (2,9GWe), et une douzaine d’autres (15,9GWe) étaient envisagés. Le plan stratégique énergétique du Japon de 2010 prévoyait qu’en 2030, les sources de production bas carbone (renouvelables et nucléaires) produiraient environ 70% de l’électricité du pays, dont 50% venant du nucléaire.

Tous les grands producteurs nippons avaient alors leur centrale nucléaire, excepté Okinawa EPCO et EPDC (ce dernier ayant néanmoins un réacteur en construction). Tokyo EPCO (TEPCO) possédait trois sites, dont  Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale du monde avec 7 réacteurs et 8.212 MW de puissance installée totale.

Le régulateur japonais de l’énergie atomique, instauré dès 1957, a connu plusieurs restructurations au fil des ans qui n’ont jamais permis de le rendre pleinement efficient. Etabli comme un comité administratif, son spectre d’actions trop réduit l’empêche de prévenir l’accident du Mutsu de 1974 (légère  fuite radioactive sans aucune exposition conséquente très mal gérée lors de la première sortie du premier navire japonais à propulsion atomique- aucune victime).   Refondé en 1978 sous l’autorité du Premier ministre, il est de nouveau défaillant lors de l’accident de criticité de JCO en 1999 qui cause la mort de deux personnes et entraine un rejet radioactif. Le régulateur est alors de nouveau refondé sous le nom de NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency) et placé sous le contrôle du Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI). Cette dépendance du régulateur à l’organe gouvernemental chargé de faire la promotion de l’énergie nucléaire a été sévèrement critiquée, pointant les risques évidents de conflits d’intérêts.

Par ailleurs, de graves problèmes de communication entre les agences étatiques empêchaient la NISA d’être correctement informée sur les recherches scientifiques récentes, notamment sur un rapport de décembre 2010 de la Japanese Nuclear Energy Safety Organization (JNES) sur les probabilités statistiques de tsunami sur les centrales nucléaire et leurs conséquences.

Ainsi, lors de la conception de la centrale, le risque de raz-de-marée avait été établi en fonction des données recueillies après le séisme du Chili de 1960, qui avait provoqué un tsunami de 3 mètres de hauteur sur la côte du Tōhoku. En conséquence, la centrale avait été construite 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les mesures anti-tsunami étaient calibrées pour une vague n’excédant pas 5,7 mètres. A cette époque, la menace des groupes terroristes d’extrême-gauche au Japon (Armée Rouge Unifiée) avait poussé la direction de TEPCO à focaliser les défenses de la centrale contre une menace humaine, la catastrophe naturelle paraissant trop peu probable.

Pourtant, en 1993, de nouvelles recherches scientifiques avaient conclu à la possibilité que le site puisse être touché par une vague de 15,7 mètres. Toutefois, ni TEPCO, ni la NISA n’avaient engagé le renforcement des mesures de sécurité ou changé de place les générateurs de secours, installés dans le sous-bassement de la centrale et donc très vulnérables en cas d’inondation.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/11/tchernobyl-et-fukushima-quand-les-fake.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/12/le-nucleaire-est-la-plus-sure-des.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/07/fukushima-et-la-campagne-de-la-peur.html

samedi 21 décembre 2019

Le nucléaire est la plus sûre des énergies (2) Accidents nucléaires : Il faut savoir ne pas évacuer !


Le nucléaire est la plus sûre des énergies

Dans le blog précédent, je reprenais le bilan de Tchernobyl et expliquai les données publiées sur Statitisca : Mortality rate worldwide in 2018, by energy source (in deaths per thousand terawatt hour) (https://www.statista.com/statistics/494425/death-rate-worldwide-by-energy-source/) montrant que le nucléaire est de loin la plus sûre des énergies. Pour mémoire :

La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh
100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.),
36 000 pour le pétrole,
4.000 pour le gaz naturel,
1 400 pour l'hydroélectricité,
440 décès pour le solaire photovoltaïque
150 décès pour l'éolien




A Fukushima, l’évacuation a plus tué que les radiations.

Dans un autre précédent, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/11/tchernobyl-et-fukushima-quand-les-fake.html, je rappelais qu’à Fukushima : ce n‘est pas l’accident nucléaire, c’est l’évacuation qui a tué ! (après bien sûr le tsunami. 

Tsunami :  18 079 morts, Evacuation : 1,600 morts, Accident nucléaire : 2 morts par épuisement, non radiation).

Ce qui est assez logique : pour l'UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants), les doses reçues par la population étaient  trop faibles pour entraîner un risque significatif de cancer ou un impact sanitaire quelconque, y compris pour les populations non évacuées qui n'auront été exposées qu'à quelques milli-sieverts.
Or, la grande majorité de ces évacuations étaient inutile. J’ai rappelé dans ce blog précédent la résistance remarquable du maire de Soma, qui a refusé toute évacuation « Mais nous ne nous rendions pas compte que nous serions assaillis par un deuxième « démon » Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. Alors que la catastrophe nucléaire s'intensifiait sans relâche, les reportages frénétiques qui ont duré toute la journée ont suscité la terreur » et ainsi sauvé la vie de nombre de ses administrés.
Même à Tchernobyl, l’évacuation a plus tué et plus créé de morbidité que les radiations.

Les Anglais en tirent la leçon : l’évacuation peut tuer plus que la catastrophe

C’est la leçon retenue par une équipe de chercheurs  anglais, qui s’interroge sur ce qu’il faudrait faire en cas d’accident nucléaire majeur à Hinkley Point . Traduction

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0957582017300782 (J-value assessment of relocation measures following the nuclear power plant accidents at Chernobyl and Fukushima Daiichi)

« Les habitants à proximité de la centrale nucléaire de Hinkley Point feraient  mieux de rester sur place que d’évacuer vers Bristol en cas de catastrophe nucléaire.  Evacuer à Bristol leur enlèverait statistiquement plusieurs mois d’espérance de vie, alors que rester sur place dans le cas d’une catastrophe de type Fukushima n’aurait aucune conséquence.
C'est la conclusion d'une recherche menée par un professeur de l'Université de Bristol, qui remet en question la politique d'évacuation de dizaines de milliers de résidents après une catastrophe dans une centrale nucléaire..
Les chercheurs ont étudié les résultats à long terme pour les dizaines de milliers de personnes évacuées à la suite des catastrophes de Tchernobyl en Ukraine, et la catastrophe plus récente de Fukushima Daiichi, à la suite du tsunami au Japon en 2011. Et ils ont conclu que si les radiations auxquelles ils pourraient être exposés s'ils restaient sur place ne pourraient que réduire de quelques mois leur espérance de vie, il ne fallait pas entreprendre un vaste programme d'évacuation de masse. (Ce calcul statistique peut sembler un peu raide, mais il compare deux situations, avec et sans évacuation, et l'article propose aussi un seuil d'irradiation pour lequel l'évacuation est justifiée, mais c'est un peu plus complexe- moins de 555 kBq /mne justifient surement pas une évacuation).



Les chercheurs, dirigés par Philip Thomas, professeur de gestion des risques à l'Université de Bristol, ont déclaré que les risques devraient être pesées contre le risque accru de problèmes de santé de simplement de respirer dans la pollution «régulière» dans une grande ville.

Leurs résultats suggèrent maintenant aux gouvernements nationaux que peu de gens, le cas échéant, devraient être invités à quitter leurs maisons après un grave accident nucléaire.  L'équipe du professeur Thomas a utilisé le « Jugement » ou la « valeur J » pour équilibrer le coût d'une mesure de sécurité par rapport à l'augmentation de l'espérance de vie qu'elle atteint. Cette « valeur J » est une nouvelle méthode mise au point par le professeur Thomas qui évalue le montant à dépenser pour protéger la vie humaine et l'environnement.
La recherche a conclu qu'à Fukushima, où 111 000 personnes ont été déplacées, il était « difficile de justifier  la relocalisation de toute personne qui vivait à proximité. Quatre ans et demi après l'accident de mars 2011, 85 000 personnes ne sont toujours pas rentrées chez elles.

La relocalisation massive est coûteuse et perturbatrice », a déclaré le professeur Thomas, du département de génie civil de l'université. Et le véritable danger est que ces mesures d’évacuation et de relocalisation sont en train de devenir  le choix politique principal après un grand accident nucléaire. Cela ne devrait absolument pas être le cas. L'assainissement devrait être le mot d'ordre du décideur, et non la relocalisation

Le professeur Thomas a déclaré que ses recherches ont montré que seulement quelques milliers de personnes auraient dû être évacuées de Tchernobyl, ceux qui risquaient en restant de perdre plus de  neuf mois d'espérance de vie  Quant à Fukushima ( comme discuté plus haut), l’évacuation a été tout simplement largement injustifiée

Les résultats de la méthode de la « valeur J » ont été mis à l'épreuve dans une série de tests de modèles informatiques effectués par d'autres universités. Les mathématiciens de l'Université de Manchester ont effectué une simulation informatique de centaines d'accidents possibles de grands réacteurs nucléaires à travers le monde. Ils ont trouvé que l’évacuation n'est pas une politique raisonnable dans aucun des scénarios qu'ils ont examinés.

Des spécialistes de l'énergie à l'Open University utilisant le logiciel de Public Health England ont étudié les effets probables sur le public d'un grave accident sur un réacteur nucléaire fictif situé sur South Downs en Angleterre. Même après avoir appliqué un principe de retour de sécurité assez strict, ils ont constaté que le nombre prévu de personnes devant être relogées de façon permanente n'était que de 620.

Des dizaines de milliers de personnes vivent à quelques kilomètres de Hinkley Point, principalement à Bridgwater et jusqu'à la côte du Somerset vers Bristol. Ce que montrent ces recherches c’est que les personnes qui vivent mêmes à quelques miles d’une  centrale nucléaire en cas d’accident majeur ne doivent pas être systématiquement évacuées. La probabilité statistique des effets éventuellement négatifs de rester sur place doit être pesée par rapport à d'autres facteurs qui déterminent l'espérance de vie. Les calculs d’espérancence de vie potentiellement perdues permettent une approximation  corrcet de la décision d’évacuation

Maintenant pourquoi Bristol ? Parce que c’est près de Hinkley Point et que la moitié des gens qui y vivent souffrent de problèmes de santé dus à la pollution atmosphérique. À titre de comparaison, le Londonien moyen perd quatre mois et demi en raison de la  pollution de l'air, tandis que le résident moyen de Manchester vit 3,3 ans de moins que son homologue à Harrow, au nord de Londres…  les garçons nés à Blackpool perdent en moyenne 8,6 ans de vie par rapport à ceux nés dans le quartier londonien de Kensington et Chelsea. »

Ces effets sont très très supérieurs à ceux qu’entraineraient une exposition radioactive faible, comme ce fut le cas pour la quasi-totalité des évacués de Fukushima !!! D’où le titre de l’article ; en cas d’accident de type Fukushima à Hinkley Point , ne surtout pas évacuer vers la plus proche grande ville, Bristol !

Marchands de peur, créateurs de paniques, donneurs de mort ( Greenpeace et les écolos bigots)

Rappelons le bilan ;  Tsunami :  18 079 morts, Evacuation : 1,600 mort, Accident nucléaire : 2 morts. L’évacuation de Fukushima a été une décision catastrophique qui a coûté la vie à des milliers de personnes fragiles ( sans compter les dépressions) qui n(auraient subi aucun dommage si elles (‘avaient pas été évacuées.

Conclusion de l’étude : L’évacuation était injustifiée pour 75% des 335,000 évacués de Tchernobyl ; L’évacuation était injustifiée et injustifiable pour la totalité des 160.000 évacués de Fukushima

Les autorités de tous pays doivent en être maintenant conscientes. En cas de catastrophe nucléaire, l’évacuation ne doit être décidée qu’en cas de danger d’irradiation relativement élevé. Et la première chose à faire c’est d’écouter et de faire confiance aux autorités qui disposent de ces données, plutôt qu’aux marchands de peur qui sont aussi des donneurs de mort.

(NB : A noter que la question de l’évacuation et de son coût humain largement sous estimé par rapport à d’autres mesures se pose aussi dans le cas de catastrophes non nucléaires, tel le cyclone Katrina à la Nouvelle  Orléans)

vendredi 20 décembre 2019

Même avec Tchernobyl, le nucléaire est la plus sûre des énergies (1)


Le nucléaire est la plus sûre des énergies
 Oui , et pour commencer direct, ceci :



L'expérience acquise depuis plus d'un demi-siècle permet d'évaluer la probabilité d'accident mortel par kWh et de la comparer à celles des autres énergies : même en prenant en compte les évaluations les plus pessimistes sur les morts liées à Tchernobyl et Fukushima ainsi qu'aux mines d'uranium :

La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh
100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.),
36 000 pour le pétrole,
4.000 pour le gaz naturel,
1 400 pour l'hydroélectricité,
440 décès pour le solaire photovoltaïque
150 décès pour l'éolien

Commentaire : Eh oui, si les déchets nucléaires, on peut les stocker dans des piscines en attendant le recyclage dans Astrid et l’enfouissement géologique profond avec Cigeo, les déchets du charbon, du gaz et du pétrole, ils finissent dans vos poumons…où ils ne font pas de bien, mais alors pas du tout. Quant à l’hydraulique, il a été marqué par des catastrophes majeures ( Morvi ; 15.000 morts ; Banquiao : 170.000 morts ; en France, Malpasset, 423 morts)

Ce chiffrage a fait l’objet d’une discussion et d’une confirmation poussées dans un thread de Kopecz https://twitter.com/Kopecz93/status/1168100595607199744?s=19 .

Les chiffres du charbon, du pétrole, du gaz naturel ne souffrent pas de contestations. Pour l’hydraulique, on pourrait choisir ppourquoi pas d’enlever les évènements extrêmes de Banqiao. (Chine 1975...) mais situé autour de 170000. Si on s'intéresse à une gestion plus... sérieuse de l'hydroélectricité, on obtient tout de suite beaucoup moins: 5 morts pour 1000 TWh produits (soit environ 2 ans de consommation électrique française) en ce qui concerne l'hydroélectricité US. Mais, à ce moment là, on pourrait aussi enlever Tchernobyl du nucléaire, et ne s’intéresser qu’ à une gestion…plus sérieuse du nucléaire ; ainsi, pour les USA seuls, donc sans Tchernobyl: 0.1 morts pour 1000 TWh.

On reste largement en dessous de toutes les autres énergies, et cela s‘explique par le dénominateur, la quantité énorme d’énergie générée par le nucléaire. Ainsi, comment le solaire et l'éolien peuvent atteindre plusieurs centaines de morts pour 1000 TWh, soit 2 à 4 fois plus que le nucléaire ( et  plusieurs milliers de fois plus que le nucléaire sans Tchernobyl !) ?

Hé bien c'est très simple: le solaire et éolien tuent très peu aussi... Mais produisent aussi beaucoup, beaucoup moins que le nucléaire ! Prenons le solaire par exemple: 440 morts pour 1000 TWh. On arrive donne donc à 440*0.1 = 44 morts minimum. La production solaire est tellement faible que même 1 seul mort aurait conduit à 10 morts pour 1000 TWh,
Bien entendu on peut faire pareil avec l'éolien. On est autour de 425 TWh au 1er janvier 2012. Soit, à raison de 150 morts/1000TWh, 64 victimes. Un montant qui s'atteint rapidement. Ah oui, car les margoulins de l’éolien maltraitent autant leurs employés qu’’ils mentent sur leurs activités. Un exemple ecossais, où l’on voit que les immigrés du sud de l’Europe, mal formés à ce métier et exercent des tâches hors de leurs qualification paient un lourd tribut.

Windfarm worker plunges to his death from turbine near Glasgow just weeks after tragedy at Ayrshire facility. The Spaniard's death at the windfarm in East Renfrewshire comes just two weeks after a Portuguese man was killed at a turbine in Ayrshire.

Et on va essayer d’un peu expliquer … encore une fois….Tellement de gens qui ne veulent pas comprendre, que ça dérange dans leurs opinions et leur fake science, tellement de mensonges, par intérêt ( gaziers, pétroliers) ou par idéologie (écolos bigots). En se focalisant sur Tchernobyl.


J’ai déjà abordé ce problèmes sur mon blog, cf. par exemple :

On pourra aussi utilement se reporte aux très remarquables videos du Réveilleur :
Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima... Les morts du nucléaire - Énergie#9, https://www.youtube.com/watch?v=utyT8Z4qEaA
[Résumé] Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima... Les morts du nucléaire - Énergie#9

Et aux rapports des agences spécialisées des Nations Unies (UNSCEAR, OMS), notamment :
Rapport de synthèse du Forum de Tchernobyl.

Ainsi qu’à ce thread twitter de Kopecz : https://twitter.com/Kopecz93/status/1168100595607199744?s=19

La radiotoxicité est un phénomène très bien connu !

L'unité utilisée pour mesurer l'activité d'une source radioactive est le Becquerel, qui mesure le nombre de désintégrations radioactives par seconde. Pour donner un exemple : le corps humain a une activité d’environ 8000 Bq. L’eau tritiée dénoncée par les écolos bigots idiots de l’Acro cet été 2019 était à 10 Bq/L…Une banane, chère à tous ceux qui l’utilise comme unité de rayonnement pour fixer les idées, c’est bananes atteint 130 becquerels par kg

Le Gray est l’unité de la dose de rayonnement absorbé par unité de masse : il représente l’énergie transmisse à un bloc de matière par une source de rayonnements ionisants (1 joule d’énergie absorbée par 1 kilogramme de matière)

Et pour en arriver à la toxicité, il faut encore une conversion en facteur de dose pour en arriver au Sievert. C’est l’unité qui permet d’évaluer l’impact du rayonnement sur la matière vivante. Ainsi peut-on comparer l’effet d’une même dose délivrée par des rayonnements de nature différente à l'organisme entier, des organes ou des tissus qui n’ont pas la même sensibilité aux rayonnements.
De 0 à 100 mSv, aucun effet sur la santé n’est observable. De 100 à 800 mSV on observe des effets dit stochastiques (augmentation de la probabilité d’occurrence d’un cancer qui croit de manière proportionnelle à la dose) ;
De 800 à 8000 mSv on observe des effets déterministes (c'est-à-dire,certains) commençant par des nausées et étant mortel à 8000 mSV (la DL50, dose à laquelle 50% de la population exposée meurt est de 4500 mSv). Les effets des irradiations aigues sont bien connus : Les tissus les plus radiosensibles sont les cellules de l’appareil digestif, des organes reproducteurs, de la moelle osseuse (formation des cellules sanguines ), le cristallin, la peau. Une irradiation cutanée localisée peut entraîner par exemple, selon les doses, un érythème, une ulcération ou une nécrose.
En cas d’irradiation globale du corps humain, le pronostic vital est lié à l’importance de l’atteinte des tissus (moelle osseuse, tube digestif, système nerveux central).

Quelques ordres de grandeur annuelles pour fixer les idées  :

Dose reçue en dormant à côté d’un être humain pendant 8 heures chaque nuit : 0.20 mSv
Dose reçue des rayonnements cosmiques au niveau de la mer: 0.24 mSv
Dose moyenne en France d’exposition naturelle au radon : 1.4 mSv
Exposition médicale moyenne en France : 1.6 mSv
Radioactivité des zones granitiques de Bretagne : 5 mSv
Personnel des vols New York-Tokyo: 9 mSv
Dose limite d’exposition pour les travailleurs du nucléaire : 20 mSv
Radioactivité naturelle au Kerala en Inde : 70 mSv
Dose en fumant 20 cigarettes par jour: 50 mSv

Au fait, ça va sans dire, mais encore mieux en le disant : radioactivité naturelle ou radioactivité artificielle, kif,kif : c’est seulement la dose qui fait le poison

Irradiation et cancers :

Une irradiation de 200 mSv entraine un risque supplémentaire de 1% de mortalité par cancer.
Egalement pour fixer les idées, parmi les 86 500 survivants de Hiroshima et Nagasaki, médicalement suivi depuis 40 ans, 7827 sont morts de cancer. Pour une population témoin de 86 500 japonais non soumise à radiation on attend statistiquement environ 7400 morts par cancer. L’excès est ici significatif mais ne représente que 421 cas supplémentaires sur 40 ans sur 86.000. Ce donc n’est pas l’hécatombe que la plupart imagine….

Aucun effet héréditaire radio-induit n’est observé parmi les descendant des populations survivantes d’ Hiroshima et Nagasaki, ni sur les liquidateursde Tchernobyl.

Pour terminer sur ces données fondamentales, cette remarque de l’Unscear : Après 100 ans d’études, les scientifiques en savent plus sur les effets sanitaires de la radioactivité que de la plupart des agents physiques et chimiques utilisés dans l’industrie ou l’agriculture !

Tchernobyl hors Tchernobyl : France et Finlande

Commençons par le plus facile : non le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté à la frontière, ainsi que ne l’a jamais dit le Pr Pellerin, mais ce qu’il a dit exactement était et reste vrai : « l’augmentation de radioactivité est enregistrée sur l’ensemble du territoire sans aucun danger pour la santé. »
De fait, il y a eu des retombées parfaitement mesurables compte tenue de la sensibilité des moyens de détection ;  es activités surfaciques de quelques 100 à 10 000 Becquerels par m2 conduisent à des irradiation négligeables pour la population française ; les concentrations de 137Cs dans l'air ont atteint environ 1 Bq/m3 dans l'Est de la France ; L'enfant le plus exposé à l'Iode 131 aurait reçu une dose à lathyroïde inferieure à 16 mSv (<< 100 mSv)

En conséquence, huit pays européens , dont la France, la ont avancé recommandation explicite de ne prendre aucune mesure. En particulier, aucune étude, aucune enquête épidémiologique n’a mis en évidence, en France, des cancers de la thyroïde ou autres pathologies thyroïdiennes qui pourraient être attribués au nuage de Tchernobyl. Que ce soir sur le territoire métropolitain ou en Corse !

Ces estimations sont corroborées par l’étude finlandaise de A. Kurittio et al. (2006) portant sur 1 300 000 jeunes Finlandais âgés de 0 à 20 ans au moment de l’accident. Cette enquête, très approfondie, ne montre aucune augmentation des cancers de la thyroïde chez les individus les plus exposés au nuage par rapport aux individus les moins exposés. La conclusion, évidente, est que la contamination due à l’accident de Tchernobyl n’a pas eu de conséquence sur la santé de la population finlandaise. Ce constat est particulièrement significatif lorsqu’on sait que la Finlande a eu son territoire nettement plus atteint que la France par les retombées de l’accident.


Augmentation des cancers de la thyroïde une réalité…autre. Pour être complet, il est bien constaté une augmentation des cancers thyroïdiens depuis le début des années 1970, soit plus de 10 ans avant Tchernobyl, et sans accélération depuis. Cette augmentation est à l’œuvre partout dans le monde, dans les pays industrialisés, y compris ceux qui n’ont pas été touchés par le nuage de Tchernobyl, comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie. Elle affecte les adultes et non pas les enfants (ceux qui avaient entre 0 et 15 ans au moment de l’accident). C’est exactement le contraire que l’on constaterait si Tchernobyl était en cause, car la thyroïde des enfants est beaucoup plus sensible à la radioactivité que celle des adultes. Elle n’est pas plus marquée dans l’est de la France, région la plus touchée par les retombées de Tchernobyl que dans le reste du pays.  En fait l’augmentation statistique des cancers de la thyroïde constatée en France participe d’un phénomène mondial qui tient de toute évidence aux progrès du dépistage et notamment à l’essor de l’échographie Doppler. D’une manière plus générale, les spécialistes estiment que l’évolution des pratiques de diagnostic et de traitement des maladies de la thyroïde conduisent à mettre à jour des cancers que l’on ne décelait pas auparavant, d’où une assez spectaculaire augmentation statistique.
De tous les pays d’Europe occidentale, il n’y a qu’en France que se rencontre cette tendance quasi obsessionnelle d’attribuer à Tchernobyl tout cancer de la thyroïde apparu après le 30 avril 1986 !



Tchernobyl autour de Tchernobyl

L’accident qui s'est produit le 26 avril 1986 à la centrale nucléaire de Tchernobyl est l'accident le plus grave que l'industrie nucléaire ait jamais connu ( cf  Three Miles Island (1979) : 0 victimes, Fukushima (2011) : 1 mort d’épuisement). Il est le seul qui, face à une suite d’erreurs opératoires et surtout avec un design vraiment peu satisfaisant de la centrale ait conduit à une explosion avec forte émission de matières radioactives.
L'accident de Tchernobyl a causé presque instantanément de graves irradiations. Sur les 600 travailleurs présents sur le site le matin du 26 avril 1986, 134 ont reçu de fortes doses (de 0,8 à 16 Gy) et été atteints du syndrome d'irradiation aiguë. Parmi eux, 28 sont décédés les trois premiers mois, et 19 autres sont décédés entre 1987 et 2004 de causes multiples qui n'étaient pas nécessairement liées à la radioexposition. En outre, selon le rapport de l'UNSCEAR pour 2008, la majorité des 530 000 personnes enregistrées qui ont participé aux opérations d'assainissement ont reçu des doses comprises entre 0,02 Gy et 0,5 Gy entre 1986 et 1990.
Les 87  patients qui ont survécu au syndrome d'irradiation aiguë ont mis des années pour se rétablir complètement. Nombre d'entre eux ont développé des cataractes radio-induites au cours des premières années suivant l'accident.
Les doses efficaces moyennes reçues par les personnes les plus exposées ont été évaluées à environ 120 mSv pour les 530 000 liquidateurs, 30 mSv pour les 115 000 personnes évacuées et 9 mSv pour les résidents des zones contaminées pendant les 20 premières années suivant l'accident. (À titre de comparaison, la dose reçue lors d'un examen tomodensitométrique est en moyenne de 9 mSv et la dose annuelle de rayonnement naturel est de 2,4 mSv).

Une étude menée sur les liquidateurs de Thernobyl (10.000 Baltes, 40.000 Belarus, 51.000 Russes) n’a mise en évidence que 115 cas de cancers de la thyroide. En ce qui concerne les personnes les plus exposées (>150mgy), le groupe d’experts mentionne un doublement de leucémies ; pour le liquidateur russes suivis, cela représente 35 cas)

Contaminations environnementales : Pendant les vingt ans qui ont suivi Tchernobyl, l’accent a été mis sur la recherche de liens entre l'exposition aux radionucléides libérés par l'accident et d'éventuels effets différés, en particulier les cancers de la thyroïde chez les enfants. Les doses reçues les premiers mois qui ont suivi l'accident ont été élevées chez les enfants et les adolescents qui vivaient au Bélarus, en Ukraine et dans les régions de Russie les plus affectées, et ont bu du lait présentant de fortes concentrations d'iode radioactif. Jusqu'en 2005, on a recensé plus de 6 000 cas de cancer de la thyroïde dans ce groupe. Comme maintenant bien établi par de multiples exemples en tous pays,  les campagnes de détection des cancers de la thyroïde multiplient environ par 3 son incidence ; concernant néanmoins des cancers chez des enfants jeunes, le taux basal est est très faible. Le nombre de cas de cancers de la thyroïde dus à Tcahrnobyl se situe donc entre 2000 et 6000. Ces cancers se soignent heureusement bien et la mortalité n’est que de 1%, donc entre 20 et 60 morts. Par ailleurs, les études menées ont mis en évidence l’effet bénéfique dans ce cas de la prise d’iode (antistrumine en Russie, médicament développé pour lutter contre le goître), qui diminue de 70% le risque de cancer.

Mis à part cette augmentation, il n'existait, 20 ans après l'accident, aucune preuve d'un impact majeur d'une exposition aux rayonnements sur la santé publique. Il n'existe aucune preuve scientifique d'une augmentation de l'incidence globale des cancers ou des taux de mortalité, ni des troubles bénins associés à une radioexposition. L'incidence des leucémies dans la population, l'une des principales sources de préoccupation en raison du temps de latence plus court que pour les cancers solides, ne semble pas avoir augmenté. Il n'existe pas non plus de preuve d'autres troubles bénins associés à une radioexposition Si les personnes les plus exposées ont aussi un risque plus élevé de souffrir des effets induits par l'irradiation, la grande majorité de la population ne devrait pas craindre de conséquences graves pour sa santé. Ceci est cohérent avec le niveau des irradiations relevées ; selon le groupe d’experts, dans les populations les plus exposées (hors liquidateurs), le maximum d’effets attendus sur la morbidité serait une augmentation de 1 à 1.5 % indétectable sur le bruit de fonds.

Le bilan constaté de Tchernobyl se monte donc à moins de  150 morts. Les prévisions finales de l’OMS sont de 4.000 à 5.000 morts en 2050. Les tendances actuellement constatées sont bien en-dessous. Cela s’explique par le choix par l’OMS d’un modèle surestimant largement les probabilités, dit linéaire sans seuil alors que, en particulier pour les faibles doses, il n’est pas du tout adapté t l’on sait maintenant que des modèles avec seuil, ou quadratiques sont mieux adaptés. A faible irradiation, il existe même un effet bénéfique prouvé (homéosis)

(N.B.Appliquer la Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) en dessous de 100 mSv, c'est un peu comme affirmer que si un individu boit 10 litres de vin et meurt, alors si 100 individus boivent 10 cl, l'un d'entre eux va mourir.)



Contrairement à ce que l’on croit généralement, le bilan de Tchernobyl a fait l’objet d’études nationales et internationales nombreuses et précises et des cohortes impressionnantes de personnes concernées ont été suivies. Les estimations finales sont cohérentes avec les irradiations subies et la très bonne connaissance de la radio toxicité. Les estimations supérieures ne s’appuient sur aucune donnée validée, sur aucune connaissance scientifique sérieuse, sur aucun précédent, en particulier celui beaucoup plus violent, d’Hiroshima.

Dernier point : lorsqu’on parle de radiotoxicité et de Tchernobyl, Fukushima ou autres, il serait bon  dans les media, il serait bon d’inviter des médecins spécialistes ( il n’en manque pas) plutôt que des militants anti nucléaires