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mercredi 3 juillet 2024

ÉCLAIRER L’AVENIR : L’ELECTRICITE AUX HORIZONS 2035 ET 2050 : rapport de la Commission Senatoriale Prix de l'Electricite

 ÉCLAIRER L’AVENIR : L’ELECTRICITE AUX HORIZONS 2035 ET 2050 : rapport de la Commission Senatoriale Prix de l'Electricité

Extraits : 

Europe et neutralité technologique : "Les textes européens qui vont l’encontre du principe de neutralité technologique sont contraires aux traités et doivent être révisés. Ainsi faut-il faire évoluer certaines législations adoptées dans le cadre du paquet « Fit for 55 ».

La commission d’enquête appelle à mettre fin à toute discrimination de l’énergie nucléaire au sein de l’UE. Cette énergie est la seule qui permette de décarboner massivement. Si le nucléaire n’est plus aussi tabou qu’auparavant à Bruxelles et si des progrès ont été faits depuis 2022 notamment dans le cadre de la réforme du marché européen de l’électricité, la neutralité technologique doit encore s’imposer dans certains domaines : les projets nucléaires doivent être éligibles aux programmes de financement de l’UE en matière d'énergie et bénéficier des prêts de la Banque européenne d’investissement. La création de projets importants d'intérêt commun européen (PIIEC) dans le domaine du nucléaire doit aussi se concrétiser rapidement."

Besoin d'une programmation énergétique : "La commission d’enquête réaffirme que la France a besoin d’une vision à long terme, fondée sur des bases scientifiques solides et non idéologiques, pour construire l’avenir de sa souveraineté énergétique et industrielle. L’énergie est un secteur où prévaut le temps long, la France doit donc se doter, dans les meilleurs délais, d’une programmation énergétique pluridécennale, qui pourrait ensuite être déclinée dans la PPE précisant objectifs et moyens sur 5 ans.

Réforme du marché européen : "Sur l’insistance d’un certain nombre d’États membres, en particulier la France, la Commission européenne a présenté, au début de l’année 2023, une réforme du marché européen de l’électricité, qui a été adoptée en décembre 2023. Cette réforme doit contribuer au développement d’un marché de long terme, favorable aux investissements dans la production d’électricité décarbonée et plus protecteur des consommateurs. Afin d’encourager la formation de signaux de prix de long terme sur les marchés, il est proposé aux États membres de déployer deux outils de financement, les Power Purchase Agreements (PPA), et les contrats pour différence bidirectionnels (CfD), lesquels peuvent couvrir l’ensemble des énergies bas-carbone, y compris le nucléaire."

Prévision de la consommation : devrait augmenter avec de fortes incertitudes : "Depuis les années 2000, la consommation électrique stagne et a même reculé ces dernières années, comme le souligne le graphique suivant. Cette tendance s’inscrit dans une demande globale d’énergie en berne, comme chez nos voisins européens."

Sans prétendre prédire l’avenir, mais après un examen rigoureux des différentes projections, la commission d’enquête estime que le scenario le plus raisonnable et plausible est celui d’un niveau de consommation électrique entre 580 et 615 TWh à l’horizon 2035 et environ 700 TWh à l’horizon 2050. Ce choix suppose néanmoins la nécessité d’un basculement massif des usages vers l’électricité...Ce scenario suppose aussi le renforcement des gains d’efficacité énergétique, dont le potentiel est de 100 TWH à l’horizon 2035, mais aussi des efforts de sobriété qui doit faire l’objet d’un plan national ambitieux

Cout des filières électriques : un rappel bienvenu : "Les méthodes utilisées pour comparer le coût des filières électriques souffre d’une lacune majeure. Elles ne prennent pas en compte les « coûts systèmes », c’est-à-dire les coûts supplémentaires induits par chacune des filières pour le système électrique dans son ensemble (réseaux, flexibilités, besoins de moyens de production de secours, etc.). En prenant en compte ces « coûts systèmes », plus les scénarios de mix électriques comportent une part significative d’éolien et de photovoltaïque, plus le coût de production moyen du système est élevé ... Les enjeux d’adaptation des réseaux d’acheminement sont trop souvent négligés. Or, Enedis et RTE prévoient 200 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2040. S’ils sont en partie déterminés par les renouvellements liés au réseau de transport vieillissant, ces investissements sont également portés par l’électrification des usages et par le développement de nouvelles capacités de production éoliennes et photovoltaïques"

Une relance ambitieuse et durable de la filière nucléaire est incontournable : "la compétitivité économique des scénarios de relance ambitieuse de la production nucléaire est solidement étayée mais elle nécessite des modalités de financement adaptées permettant de réduire au maximum le coût de financement des projets."

"La prolongation du parc nucléaire en exploitation jusqu’à 60 ans est un enjeu crucial à l’horizon 2035. L’intérêt économique de cette prolongation ne fait aucun doute"

"à l’horizon 2035, le scénario de mix de production retenu par la commission, composé à 60 % par la filière nucléaire, permettrait de couvrir l’augmentation attendue de la consommation avec une marge suffisante susceptible de contribuer à la sécurité d’approvisionnement et de maintenir un solde exportateur"

l’horizon 2050, prolonger les centrales actuelles au-delà de 60 ans et construire 14 nouveaux réacteurs. Il est nécessaire de prolonger au-delà de 60 ans, dans le respect strict des normes de sûreté, un maximum de réacteurs du parc nucléaire actuel...

La commission d’enquête juge également incontournable la construction dans des conditions économiques optimisées d’un nouveau parc nucléaire de 14 réacteurs. Pour se prémunir des mésaventures passées, et alors que l’estimation du coût de construction des 6 premiers réacteurs a déjà été réévalué de 30 % au printemps 2024, aucun effort ne doit être ménagé pour assurer la maîtrise industrielle du projet...la commission d’enquête recommande de concevoir un modèle économique sécurisant permettant de réduire le prix de l’électricité qui sera délivrée par les nouveaux réacteurs. Ce modèle de financement impliquera une participation publique ainsi que des rémunérations garanties à EDF pendant les phases de construction et d’exploitation."

En fonction de différentes hypothèses liées, d’une part, au nombre de réacteurs qui pourront être prolongés au-delà de 60 ans1 et, d’autre part, au calendrier de déploiement du programme de nouveau nucléaire, le mix de production national résultant des scénarios étudiés par la commission d’enquête produirait entre 700 et 850 TWh en 2050. Entre 52 % à 61 % seraient assurés par des moyens nucléaires.

Garder des capacités gaz: "Pour garantir la sécurité d’approvisionnement nationale, la commission d’enquête estime indispensable de maintenir les capacités de production thermiques actuelles. Par ailleurs, compte-tenu de l’insuffisance maturité des filières thermiques décarbonées, et si la construction de nouvelles centrales fonctionnant au gaz naturel ne doit être qu’une solution de dernier recours en cas de risque avéré pesant sur notre sécurité d’approvisionnement, la commission d’enquête considère qu’il serait imprudent de se priver de cette possibilité."

Energies renouvelables et éolien en mer  : "Un déploiement raisonnable et équilibré de ces énergies renouvelables doit ainsi guider la décision publique" "La commission d’enquête considère que l’éolien en mer constitue un pari risqué, compte tenu des coûts réels de ces technologies, de leurs difficultés d’acceptabilité et de la faible maturité technique de l’éolien flottant. Les objectifs très ambitieux qui ont été affichés par le discours de Belfort ne pourront du reste pas être tenus."

Hydraulique : "Le développement de l’énergie hydraulique, énergie maîtrisée, rentable et décarbonée dépend aujourd’hui de la résolution du conflit, qui dure depuis plus de quinze ans, avec la Commission européenne concernant le régime juridique des concessions hydroélectriques" "C’est pourquoi *la Commission demande la création d’une commission composée de représentants de l’État, de représentants d’EDF et autres concessionnaires et des acteurs de la filière, d’experts notamment en droit et de parlementaires afin d’étudier les solutions qui pourraient être présentées à la Commission européenne.

Une vraie régulation du prix de l'électricité : "La commission d’enquête constate que, malgré les enjeux considérables qu’il sous-tend pour l’ensemble du système électrique et en dépit des promesses gouvernementales, « l’accord » conclu entre l’État et EDF officialisé en novembre 2023 a été négocié dans la plus grande opacité, ne protège ni EDF ni les consommateurs et organise la décorrélation structurelle des coûts de production et des prix de l’électricité en exposant totalement ces derniers aux aléas des marchés de gros. 

Simple feuille volante non signée, cet accord n’a aucune valeur juridique et l’affichage d’un prix moyen de 70 euros, souvent présenté comme un engagement, ne constitue en fait qu’un simple indicateur sans portée réelle, un pari risqué sur l’évolution des prix de marchés à termes. Un passé récent a pourtant montré à quel point il était imprudent de fonder le prix de l’électricité sur les fluctuations des marchés de gros. En exposant les consommateurs aux aléas du marché, en les privant de toute visibilité et en décorrélant de façon structurelle les prix des coûts de production, le dispositif retenu par le Gouvernement est tout sauf protecteur pour les consommateurs et compromet les perspectives de réindustrialisation du pays. Par ailleurs, puisqu’il ne prévoit aucune garantie de prix de vente, il expose dangereusement EDF à une situation de prix bas prolongés sur les marchés de gros

Diminuer la fiscalité pour réduire le prix de l'électricité : "Si elle exclut une baisse indifférenciée de la TVA, la commission d’enquête propose trois mesures visant à réduire sensiblement la fiscalité sur l’électricité : 1) Une accise sur l’électricité différenciée en fonction des volumes consommés ; 2)  une réduction ciblée de la TVA appliquée à une consommation électrique de base. Le taux de TVA serait ainsi réduit à 5,5 % pour les volumes de consommation annuels situés sous les seuils de : 4,5 MWh pour un foyer qui n’est pas chauffé à l’électricité ; 6 MWh pour un foyer chauffé à l’électricité. 3) La substitution d’une dotation budgétaire à la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) qui finance le Régime spécial des industries électriques et gazières (RSIEG), dont le financement n’a pas à reposer sur les consommateurs d’électricité

En prenant comme référence les tarifs d’électricité moyens observés en 2024 la conjonction de ces deux ensembles de dispositifs permettrait des baisses de prix structurelles équivalentes à près de 7 000 euros sur la facture annuelle d’un boulanger qui consomme en moyenne 99 MWh par an  ; plus de 600 euros sur la facture annuelle d’un ménage qui consomme en moyenne 6 MWh par an.



mercredi 2 août 2023

Ce ne sont pas l’éolien et le solaire qui nous ferons passer le mur de 2030»

 Remarquable article de Bertille Bayart dans le Figaro_ excellent article de synthèse sur les défis et les atouts de la France pour son système électrique. 

https://www.lefigaro.fr/vox/economie/bertille-bayart-ce-ne-sont-pas-l-eolien-et-le-solaire-qui-nous-feront-passer-le-mur-de-2030-20230726

Extraits :

Quand la banque Lazard désinforme et se fait reprendre par JP Morgan

"En campagne pour la présidentielle de 2022, Yannick Jadot agitait un graphique dont les courbes en pente raide attestaient de la chute des coûts des énergies renouvelables tandis que ceux du nouveau nucléaire explosaient. Il tenait sa preuve, avec des calculs signés Lazard. Mais Lazard le menait droit dans le mur.

Depuis 2007, la banque produit une analyse comparée des coûts des différentes sources d’énergie (LCOE, Levelized Cost of Energy) à destination des investisseurs financiers. Mais ce travail qui fait référence ne reflète ni les besoins de stockage, ni les variations de prix à l’intérieur d’une journée ou d’une année, ni le besoin de surdimensionner la capacité installée d’un système renouvelable par rapport à un système électrique fossile ou nucléaire.

Il a fallu attendre avril 2023 pour que Lazard, conscient que trop de monde faisait dire à son étude ce qu’elle ne prouvait pas, y ajoute une page dédiée à la gestion de l’intermittence. «Je suis fasciné de voir combien de personnes ne réalisent toujours pas que le LCOE est une base fallacieuse pour estimer les coûts complets d’un système pour les gouvernements, les consommateurs, et les contribuables», écrivait au printemps Michael Cembalest, stratégiste de JP Morgan."

Les renouvelables coûtent très cher en réseau : l'aveu de la ministre !

Une partie du mythe du renouvelable pas cher est tombée. Une partie du mythe du nucléaire hors de prix aussi. En France, EDF et l’exécutif planchent sur le financement des six premiers EPR2 du nouveau programme, évalué entre 52 et 57 milliards hors coût du capital. Ruineux? C’est moitié moins que ce qui sera dépensé d’ici à 2040 dans le réseau. «L’investissement de 100 milliards d’euros dans celui-ci n’est pas fait pour le nucléaire, mais bien pour connecter les dizaines de milliers d’installations d’énergies renouvelables que nous sommes en train de déployer», a constaté la ministre Agnès Pannier-Runacher au Sénat le 12 juillet...

 «1 GW de nucléaire vaut 8 GW de solaire», a aussi rappelé Agnès Pannier-RunacherAux États-Unis, JP Morgan estime que le raccordement de 100 MW d’éolien ou de solaire ne permet de débrancher que 10 MW à 30 MW de thermique."

Le renouveau du nucléaire, s'il est réussi, change la donne, assure mieux la décarbonation et permet en grande partie de se passer de l'éolien off shore 

Comment franchir le «mur» que l’exécutif et les parlementaires de la commission d’enquête sur la perte de souveraineté énergétique redoutent dès 2030? À cette échéance, la consommation d’électricité en France devrait déjà atteindre jusqu’à 550 TWh contre 459 TWh en 2022. Ce chiffrage tient compte de la première des solutions, évidente: la sobriété.

Mais quid de la production d’électricité? À l’horizon 2035, RTE, le gestionnaire du réseau, fait des renouvelables le principal levier pour faire décoller la production. Mais d’ici à 2030, il n’y a rien à attendre de l’éolien offshore. Il faut tabler sur 35 TWh à 60 TWh de plus en solaire, et 25 TWh à 35 TWh d’éolien terrestre.

"En réalité, ce qui assurera, ou non, notre tranquillité énergétique à cette échéance existe déjà: il s’agit du parc nucléaire historique d’EDF et des barrages. Devant les députés le 19 juillet, le PDG d’EDF Luc Rémont a affiché ses objectifs. Après l’année 2022 catastrophique à 279 TWh de production nucléaire, il table sur 300 TWh à 330 TWh en 2023, 350 TWh en 2025.

Puis, il veut être «le plus proche possible de 400 TWh». Ramener d’ici à 2030, avec l’EPR de Flamanville, mais sans Fessenheim, le parc près de ses meilleures performances historiques (le record est à 420 TWh), est-ce possible? Une partie de la rémunération variable des dirigeants d’EDF y sera liée. Si cela marche, cela changerait la donne des scénarios officiels qui tablent sur 360 TWh de production nucléaire jusqu’en 2035.

Un autre levier s’appuie sur l’infrastructure hydroélectrique existante. L’exécutif veut clore cette année la bataille antédiluvienne avec Bruxelles sur le régime des concessions et relancer l’investissement. Selon EDF, il y a 2 GW de capacité supplémentaire à dégager d’ici à dix ans (et encore 2 GW de plus la décennie suivante) sur ce mode de production renouvelable, à la fois pilotable, compétitif et décarboné.

La sécurité d’approvisionnement électrique du pays dans la décennie qui vient dépend moins du développement de l’éolien et du solaire que de la capacité d’EDF à retrouver l’excellence opérationnelle"

jeudi 26 janvier 2023

La Suède, plein feu vers le nucléaire

 La version suédoise de l’accélération du nucléaire

La Suéde se propose de supprimer la loi actuelle limitant le nombre de réacteurs en exploitation à dix, ainsi que de permettre la construction de réacteurs sur de nouveaux sites plutôt que  de se limiter aux sites existants. La loi actuelle autorise l’exploitation de 10 réacteurs sur trois sites seulement — Forsmark, Oskarshamn et Ringhals.

« Des changements législatifs sont en cours pour permettre la construction de nouvelles centrales nucléaires, notamment des processus d’autorisation plus courts et des procédures administratives accélérées », a déclaré le premier ministre M. Kristersson lors de la conférence de presse.

La ministre de l’Environnement Romina Pourmokhtari estime que la législation actualisée devrait également permettre la construction non seulement de réacteurs conventionnels à grande échelle, mais aussi de petits réacteurs modulaires (SMR). Elle espére pouvoir présenter un projet de loi au Parlement après l’été 2023 pour une entrée en vigueur en mars 2024. https://tinyurl.com/43rutz79



La France considérée plutôt favorablement : accord Fortum-EDF

Fortum, groupe énergétique majeur à l'international dont le siège se situe en Finlande a engagé une étude de faisabilité sur deux ans pour explorer les prérequis à la construction de nouvelles capacités nucléaires en Finlande et en Suède, avec des réacteurs conventionnels et des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR).

EDF et Fortum annoncent la signature d’un accord de coopération. Cet accord marque l’intention d’EDF et de Fortum d’étudier les opportunités de coopération autour du développement de nouvelles centrales nucléaires en Finlande et en Suède, sur la base d’EPR et de petits réacteurs modulaires (SMR NUWARD™).

 “Nous sommes très heureux de coopérer avec le leader du nucléaire en Europe tant dans le cadre de notre étude de faisabilité récemment engagée pour la construction de nouveaux réacteurs en Scandinavie, que dans l’objectif de bénéficier de la solide expertise d’EDF dans la gestion d’une flotte” a déclaré Petra Lundström, Vice-Présidente chez Fortum, chargée des services d’ingénierie nucléaire et des actifs en copropriété.

https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/journalistes/tous-les-communiques-de-presse/edf-et-fortum-signent-un-accord-de-cooperation-pour-le-developpement-de-nouveaux-projets-nucleaires-en-finlande-et-en-suede


lundi 19 août 2019

Greenpeace, Hiroshima et le nucléaire : indécence et démagogie


La Fake Science de Greenpeace : le nucléaire est l’une des énergies les plus sures !

Le 6 aout 2019, Greenpeace France a cru bon de lancer un communiqué qui atteint des sommets de démagogie et d’indécence :

« #Hiroshima. Il y a 74 ans. En mémoire des victimes, nous devons en finir avec le nucléaire. Ces deux industries, le nucléaire civil et le nucléaire militaire, sont liées et les dangers que nous dénonçons s’appliquent tant à l’une qu’à l’autre. »

Simplement, de plus en plus d’internautes possédant une certaine culture scientifique décident de réagir et de ne plus laisser passer la moindre ânerie ou démagogie de ce type. Dans le type réponse humoristique, on a pu lire de belles choses, ma préférence personnelle allant à celle-ci :
« En mémoire des victimes du Titanic, soutenez le réchauffement climatique qui fait fondre la banquise » (désolé de ne pas retrouver l’auteur)

L'expérience acquise depuis plus d'un demi-siècle permet d'évaluer la probabilité d'accident mortel par kWh et de la comparer à celles des autres énergies : même en prenant en compte les évaluations les plus pessimistes sur les morts liées à Tchernobyl et Fukushima ainsi qu'aux mines d'uranium, la mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh contre 100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.), 36 000 pour le pétrole4.000 pour le gaz naturel1 400 pour l'hydroélectricité, 440 décès pour le solaire photovoltaïque et 150 décès pour l'éolien

 (https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bat_sur_l%27%C3%A9nergie_nucl%C3%A9aire) et pour davantage d’explications, James Conca, How Deadly Is Your Kilowatt? We Rank The Killer Energy Sources.

Les hauts taux de décès par Kwh pour les énergies carbonées (charbon, gaz, pétrole) sont attribuables très minoritairement aux accidents d’exploitations mais surtout désormais à la mortalité liée à la pollution. Une étude de l’OMS estime, au niveau mondial, à 3.8 millions le nombre de morts prématurées liées aux pollutions carbonées, dont 27% par pneumonies, 18% par accidents vasculaires cérébraux, 27% par crises cardiaques, 20% par maladie pulmonaire obstructive chronique et 8 % par cancers du poumon. (Household air pollution and health, 2018). La Chine est particulièrement frappée en raison de son fort recours au charbon et du laxisme (pour l’instant) de ses lois anti-pollution : le nombre de morts dûs au charbon rien qu’en Chine est estimé à 300.000 par ans. Aux USA, avec des règles jusqu’à présent beaucoup plus strictes, le nombre de décès attribués au charbon est tout de même de 10.000 par ans et de 1.000 pour le gaz (pour le gaz également, la majorité des victimes sont attribuables à la pollution, bien qu’il existe toujours, et régulièrement chaque année un certain nombre de morts par explosion accidentelles.

Les décès pour l’hydroélectrique proviennent de catastrophes majeures, telles les ruptures de barrage (ce qui devrait faire réfléchir à la privatisation des concessions hydrauliques  voulue par la Commission européenne. Les décès pour le solaire et l’éolien proviennent de l’extraction des métaux rares nécessaires à leur fonctionnement et, pour l’éolien, d’accidents de chantier.

Les auteurs de l’étude précisent que les morts pour le nucléaire prennent en compte des hypothèses pessimistes sur les accidents (en fait Tchernobyl), en particulier l’hypothèse la plus dure pour les prévisions des conséquences des irradiations  («linear, no threshold), et l’extraction de l’uranium. Le faible mortalité du nucléaire par kWh produit s’explique principalement par son extraordinaire concentration (pas besoin de beaucoup de centrales nucléaires !) et sa puissance  ( le dénominateur est très élevé : pour remplacer Fessenheim -1 800 MW-, il faut 4000 éoliennes !)

Donc, le nucléaire est actuellement l’une des façons les plus sûres de produire de l’énergie !
Aspects historiques

Pour fixer les idées et les accorder autant que possibles avec les réalités, pour un recul historique plus global il est intéressant de compléter ces données par quelques aspects historiques.

Mortalité du nucléaire : les leçons d’Hiroshima, Three Mile Island, Fukushima et Tchernobyl

Hiroshima : le bilan immédiat, sur une population de 310 000 personnes,  est estimé entre 90 000 et 140 000 victimes. Mais ce qui surprend, c’est le bilan extrêmement faible (mortalité et morbidité) des effets médicaux à long terme de l’irradiation. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été observé 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations ; sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations. En mars 2007 au Japon, près de 252 000 personnes encore vivantes sont considérées « hibakusha » (survivants de la bombe) ;  sur ce nombre, moins de 1 % (2 242 exactement) sont reconnues comme souffrant d'une maladie causée par les radiations
Three Mile Island : (1979, fusion partiale du cœur). Grâce à l’enceinte de confinement, les personnes irradiées ont reçu en moyenne l’équivalent d’une radio des poumons. Aucune victime
Fukushima (2011) les « liquidateurs » de la centrale ont subi une irradiation maximale de 250 millisieverts – la norme maximale pour une année est de 100. Finalement, trente intervenants ont été exposés à une dose supérieure à 100 milliSv. Un cas de leucémie lié aux radiations a été rapporté. Une étude particulièrement précise sur les cancers de la thyroïde, avec un groupe témoin non irradié a été menée (plus on dépiste, plus on en trouve, y compris de nombreux cas bénins sans conséquences cliniques) et n’a mis en évidence aucune augmentation. Par contre le bilan lié au tsunami a été terrible -18.000 morts.
Tchernobyl  (1986): c’est finalement le seul accident sérieux du nucléaire civil, sur une centrale avec une technologie et des moyens de protections primitifs et scandaleusement insuffisant. Les plus fortes doses de radiation ont été reçues par le millier de personnes qui sont intervenues sur le site les premiers jours, et ont été exposées à des doses allant de 2 à 20 gray. Selon l'IAEA et l'IRSN, 134 présentèrent un syndrome d'irradiation aiguë et 28 décédèrent.
Selon  les estimations des Nations unies,la catastrophe de Tchernobyl serait responsable de cancers de la thyroïde attribuables aux radiations compris entre 5 000 et 16 000. En appliquant une mortalité de la maladie de 1%, cela donne entre  50 et 160 morts estimés.
Selon l’AIEA, les quelque 600 000 « liquidateurs » qui étaient intervenus sur le site reçurent en moyenne une dose de l'ordre de 100 mSv (de 10 à 500 mSv) ; et le taux de mortalité de ce groupe semble avoir augmenté de quelque 5 %, conduisant à une estimation de quatre mille morts supplémentaires. Cependant, si la mortalité a été anormalement élevée, le risque de cancer à proprement parler semble avoir diminué dans ce groupe selon une étude pratiquée sur 8 600 de ces liquidateurs ayant reçu une moyenne de 50 mSv, qui montre une sous-incidence significative de 12 %.
Avec cela les estimations varient de 130 morts effectivement constatés à un million de mort attendues… Compte-tenu des irradiations subies, et de ce qu’on sait des effets de l’exposition aux doses plus faibles, l’estimation finale de 9000 morts attendus de l’AIEA est même probablement très pessimiste ( elle fait d’ailleurs remarquer en 2011 que « il n'y a pas de hausse clairement démontrée de l'incidence du nombre de cancers et de leucémies dus aux radiations dans la population la plus affectée »). Pour sa part, l’OMS estime que le nombre de décès prématurés dus à la catastrophe de Tchernobyl serait de l’ordre de 5 000 d’ici à 2050. Les estimations finales supérieures ne s’appuient sur aucune donnée validée, sur aucune connaissance scientifique sérieuse, sur aucun précédent, en particulier celui beaucoup plus violent, d’Hiroshima.
Historiques des catastrophes hydrauliques :
Banquiao (Chine, 1975) : suite à un typhon, ruptures en série de 60 barrages ; 26 000 personnes moururent directement à cause de l'inondation et 145 000 autres durant les épidémies et la famine qui suivirent.
La profondeur historique chinoise se vérifie là aussi : en 516, La rupture du barrage de Fushan sur le fleuve Huai He en Chine provoque la mort de plus 10 000 personnes.
Morvi (Inde, 1979) :suite à des des précipitations très abondantes, une vague de 5 à 10 mètres de haut s'abattit alors subitement sur la ville de Morvi et sur ses environs situés à cinq kilomètres en aval. 15.000 morts. Comme le fait soiuvent remarquer Tristan Kamin, la même année que Three Mile Island ; mais l’opinion a été ainsi conditionnée qu’elle se souvient beaucoup plus du second que du premier….
Attapeu (Laos, 2018) : 1200 morts
Brumadinho (Brésil, 2019) : 360 morts
Val de Stava (Italie, 1985) : 268 morts
Malpasset (France, 1959) : 423 morts
South Fork (USA, 1889) : 2200 morts

Historique et chiffres clés du charbon
Victimes d’incidents de mines au cours des 245 années de l’exploitation du charbon en France (1756-2001) : 5415. Morts de silicose : 58.000
Nbre de morts dans les mines chinoises en 2002 : 6995 (chiffres officiels !) Nbre de morts dans les mines chinoises en 2009 : 2631 en 2013 : 1079 , en 2014, 931 (un effort certain accompli)
Chine : Selon une étude de 2014 basée sur des données de 2012, on estime à plus de 650 000 personnes par an le nombre de morts prématurées causées par la pollution atmosphérique liée au charbon. Quatre maladies sont en cause : AVC, cancer du poumon, coronaropathie et broncho-pneumopathie chronique obstructive, liées aux particules fines. En 2016, une chercheuse de l'université Tsinghua estimait ce nombre à 366 000 par an.
Benxi (Chine, 1942) : (accident minier) 1550 morts
Courrières (France, 1906) : (accident minier)1099 morts
Europe/France : Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année. En France, quelque 1 200 décès prématurés seraient dus à l’exploitation de centrales à charbon, principalement celles des pays voisins, Allemagne, Pologne, Royaume-Uni, Espagne. (Le Monde, 5 juillet 2016) (N.B ça laisse rêveur sur le nombre de morts depuis le début de la révolution industrielle et les smog du XIXème et du XXème siècle).

Historique et chiffres clé du gaz

Guadalajara (Mexique, 1992) : 230 morts
Los Alafaques (Espagne, 1978) : 217 morts
New London (Texas, 1937) : 300 morts
Oufa (Russie, 1989): 575 morts (une fuite survenant sur une canalisation de GPL créa un nuage hautement inflammable qui prit feu au contact d'étincelles créées par le passage de deux trains transportant des enfants rentrant de vacances.
Nice (France, 1881) : 200 morts
Vienne ( Autriche, 1881) : 384 personnes-incendie du Ringtheater
France entre 2009 et 2013 : 66 pompiers tués , entre 2013 et 2003 : 102
Bon an, mal an, 3000 intoxications domestiques par an en France et une centaine de mort.

Le contenu en CO2 pour la production du gaz est de 418 grammes par kw.h (Charbon 1060, Fioul 730, Photovoltaïque 55, Géothermie 45, Eolien 7, Nucléaire 6, hydraulique 5).
Le contenu du gaz en CO2 pour l’utilisation est de 205 grammes par kw.h (Charbon 342, Fioul 270, Electricité :0)
Si le gaz pollue nettement moins que le charbon ou le fuel, il ne constitue donc absolument pas une solution en ce qui concerne le réchauffement climatique. D’autant que la fin du gaz naturel en exploitation traditionnelle ( sans les gaz de schistes et le fractionnement…mais ça change complètement le prix et l’incidence sur la pollution) est annoncé pour 2072.




lundi 5 août 2019

Nucléaire et Canicule (2) : La disponibilité du nucléaire


Le marronnier du nucléaire par temps de canicule

Après un premier blog largement basé sur un article de M. Sylvestre Huet (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/07/le-nucleaire-et-la-canicule.html) et exposant comment la France, grâce à son nucléaire, protégeait le climat même en période de canicule (grâce au nucléaire, la France est l’un des pays les plus efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique, tandis que l’Allemagne, son Energiewende et ses quelques 33% de renouvelables qui ne sont jamais là quand on en a besoin, eh bien l’Allemagne, en abandonnant le nucléaire,  dégage 4 fois plus de CO2 par KWh et  se spécialise tout simplement dans ce qu’elle fait de mieux, le crime contre l’Humanité)…

Voici maintenant un retour sur un marronnier, la disponibilité du nucléaire par temps caniculaire. Exemple de titres lors de la canicule de mi-juillet 2019 :

La canicule donne un coup de chaud à l'option nucléaire – Libération
Comment la canicule met à mal les centrales nucléaires – Franceinfo
Canicule : EDF doit mettre à l'arrêt deux réacteurs nucléaires
Canicule : les centrales nucléaires en surchauffe ? – TF1
Canicule et refroidissement des centrales nucléaires : le pire est à venir, La Tribune
Canicule et chaleur : la menace nucléaire. EDF contraint de mettre à l'arrêt des réacteurs atomiques. (Coordination antinucléaire)

Et je vous passe les titres et communiqués des journaux et sites d’info antinucléaires…
Donc, déjà, une urgence, la plus utile, la plus indispensable : signez la tribune No Fake science sur le traitement de l’information scientifique par les media

La plupart des infos des infos qui suivent ont été récupérées sur les deux  fils twitter ci-joint (Tristan Kamin et buchebuche). Allez-y, consommez sans modération ….ils savent de quoi ils parlent…


Loin des propos alarmistes, la réalité !

Donc, la disponibilité du nucléaire : la troisième semaine de juillet 2019 a été marquée par une canicule importante sur toute l’Europe. En France, parmi les records de température, 40,1 °C à Rennes, 42,1 °C à Brive, 42,6 °C à Paris, 41,5 °C à Lille, où le dernier record datait de juillet 2018 avec 37,5 °C… Donc, du sérieux !

Mais du coup ... combien de réacteurs #nucléaires ont été touchés ? Combien de réacteurs étaient disponibles ? Combien ont produit ? Quelle puissance a t-on perdue ? A t-on frôlé un problème réseau ?
Déjà, en été comme la consommation d'électricité est plus faible, EDF y concentre les arrêts de réacteurs nucléaires pour entretien. A cette période, il y avait  16 tranches  sur 58 en arrêt estival, soit 44.6GW de dispo avec les 42 autres
Sur les réacteurs nucléaires restants, 13 tranches ont été impactées par la canicule et ont dû réduire leur puissance. Finalement, deux réacteurs, ceux de Golfech, sur la Garonne ont été complètement arrêtés. Et ça nous donne : au plus haut,  6 GW le 25 juillet vers 14h.

Pour fixer les idées, en comparant avec la puissance maximum disponible (sans suivi de charge ou réseau), et en comparant avec l'ensemble de la puissance du parc, l'impact est de l'ordre de 13,8% au plus haut !

Donc l'impact de la canicule sur la production nucléaire est pour le moins modéré ... négligeable non ... catastrophique, non plus ...

Maintenant, pourquoi diminue-t-on ou arrête-t-on certaines tranches nucléaires en cas de canicules ? Pas parce qu’il y a un risque ! Pas parce que le nucléaire est en surchauffe ! Pas parce que le cœur est en train de fondre comme un bâtonnet chocolaté ! Pas parce que les atomes ont soif ! Non, pour des raisons écologiques, pour protéger la faune des cours d’eau (cela concerne quasi-exclusivement les centrales en bord de fleuve). La réglementation impose qu’en aval des rivières où l’on puise l’eau pour le refroidissement des échangeurs de chaleur, l’eau ne dépasse pas un seuil qui est généralement de 28°C. Golfech est particulièrement bien réfrigéré avec ses deux tours, et induit un réchauffement de quelques 10èmes de degrés. Mais lorsque l’eau en amont devient supérieure à la valeur réglementaire de 28°C, la réglementation étant la réglementation, Golfech a dû fermer…

Cette fermeture, encore une fois, n’a rien à voir avec la sécurité de la centrale ; et d’ailleurs, si elle implique des risques de coupure de courant, et pire, d’effondrement du réseau, des dispenses peuvent être accordées.

A noter : 1) Ce type de réglementation n’existe pas dans la plupart des pays. 2) Lorsque l’eau atteint la température de 28°C, les perturbations éventuelles de la faune sont déjà largement existantes, et ce n’est pas quelques dixièmes de degré en plus qui changeront grand-chose. Au contraire, on renforce le problème du réchauffement global en se privant d’une source d’énergie particulièrement décarbonée ; ce n’est pas très logique.. 3) Ces contraintes existent aussi pour les centrales thermiques classiques qui doivent être refroidies…

 Ce qui m’amène au second point :

Est-ce que le nucléaire a été le seul touché par les conditions météo ?

Les graphes suivants créés par Tristan Kamin sur ses fils twitter  montrent l’utilisation des différentes énergies  par rapport à leur maximum possible  (Attention, à l’échelle : c’est pas la même pour chaque énergie

Le gaz : c’est quand on veut. La pilotabilité ultime… Mais  à 450 gCO2/kWh. Donc on essaie de le limiter au minimum

Hydraulique : de l'hydraulique au fil de l'eau, et plein de variations très rapides et fréquentes par les barrages, pour suivre de très près la demande. La petite hydraulique limitée par des débits faibles des cours d'eau, et la grande hydraulique (les barrages) est économisée l'été, parce qu'on en dépend l'hiver.

Et les ENR ? Alors là, on commence à rigoler.

Le solaire peut produire pas mal (enfin max 9000 contre 80.000 pour le nuc !) mais jamais très longtemps consécutivement, et jamais à son maximum car les cellules photovoltaïques aiment le soleil mais pas la chaleur... ! Et pas pendant les orages !

Et l éolien : Ben,  quasiment inexistant en cette saison !

















Merci à Tristan Kamin pour les graphes - voir son thread.

https://twitter.com/TristanKamin/status/1153620090375589888


Bilan des courses :

Photovoltaïque : 6031MW sur 8614 MW 30% absents
Eolien : 2095MW sur 15474 MW 86,5% absents
Nuc : 14% absent.

Le nuc s’en sort le mieux, haut la main.

Le nucléaire souffre de la chaleur, oui mais c'est limité. Pour les mêmes conditions, le solaire peine et l'éolien est aux abonnés absents.

On peut aussi rappeler les chiffres donnés par RTE pour la première journée de canicule du vendredi 28 juin.: nucléaire 68%, hydraulique 11%, solaire 10%, gaz 7%  , éolien 2%....

Clair, Claro, Klaar !

Pendant cette semaine, un peu particulière, mais qui risque de devenir plus commune,  forte consommation (clim) et faible production,  on a fait un peu  tourner les centrales à gaz, comme le montrent les graphiques pendant la semaine ;: on a d’ailleurs, pour de très courtes périodes, préférer importer de l’électricité gazeuse étrangère, pour cause de coût.

C'est malheureux, hein ? Parce que ça amplifie plutôt le problème du réchauffement !

Conclusion : même en période de canicule, le nucléaire constitue la meilleure solution. On était encore assez large pour éviter  des pannes électriques, parce qu’on aurait pu accorer des dispenses au nucléaire (c’est prévu !), et faire donner un peu le gaz.

Mais demain ? Si on est au bord de l’effondrement du réseau en hiver, et aussi en été, et s’il n’est plus possible de concentrer l’entretien des centrales sur l’été, et si, comme prévu, la consommation électrique augmente considérablement ( la Commission européenne prévoit d’ici à 2050 une augmentation de la consommation électrique en moyenne de 40 à 60 %, voire plus, pour se placer dans une trajectoire permettant de passer sous les 1,5 °C.)

Eh ben, il faut 4-6 EPR de plus ! Et il faut les commencer maintenant !

Pour le fun, un autre graphe tiré des tweet de M. Tristan Kamin. La comparaison sur une semaine caniculaire des productions nucléaires et éoliennes. (Attention l’échelle du nucléaire est environ 9 fois plus grande !)

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