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lundi 6 janvier 2020

Petits problèmes avec l’éolien -2 : L’échec de l’Energiewende, leçons à en tirer


Dans un blog précédent, je décrivais comment la politique allemande de transition énergétique essentiellement basée sur l’éolien ( plus le charbon qu’il faut garder et le gaz qu’il faut installer pour en compenser l’ intermittence) conduit à un risque majeur d’effondrement du réseau européen et par conséquent français

L’energiewende est une catastrophe climatique et écologique

Malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table (depuis 2010 plus de 30 milliards par an et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 - pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros le coût final si l’Allemagne continue sur la même lancée), les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009.

 L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes, mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. En outre, là où elles sont connectées, ces installations ne couvrent les besoins que de manière intermittente (pas de solaire la nuit, pas de vent quand il ne souffle pas…) ce qui requiert, en complément et faute que le stockage soit rentable ou même possible, des capacités complémentaires souvent fossiles (affreux charbon et horrible lignite en tête). Une bérézina.

En  2018, le charbon (lignite et houille réunis) compte toujours pour près de 38% de la production allemande d’électricité. Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne n’a en valeur absolue pas  baissé d’un pousse ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 8 à 10 fois supérieures à celles de la France !





L’energiewende est une catastrophe économique.

Les ménages allemands sont les Européens qui paient leur électricité le plus cher après le Danemark (qui suit la même politique) : 0,30 €/kWh au 1er semestre 2018 selon les dernières données d’Eurostat, soit 70% de plus qu’en France. L’industrie allemande du solaire s’est complètement effondrée, et les subventions européennes créent des emplois et de la recherche…en Chine. Afin la fin d’un régime de subvention très favorable, l’éolien prend le même chemin, avec des faillites d’entreprises allemandes en série.

Le retournement  s’est produit en  2016, lorsque le gouvernement, jugeant le secteur arrivé à maturité et les subventions trop lourdes pour le contribuable, a modifié ses aides. L'amendement à la loi énergétique allemande (EEG) a supprimé les revenus garantis, et favorisé la mise en concurrence via des appels d'offres. Il faut dire qu’auparavant, depuis l’adoption de la loi sur les énergies renouvelables, en 2000, les exploitants d’éoliennes profitent d’un soutien leur assurant vingt ans de revenus garantis…

Parmi les gros disparus du secteur, signalons Senvion,  entreprise de 4.400 salariés, installée près de Hambourg, qui a annoncé fin août mettre la clé sous la porte, touchée de plein de fouet par l'effondrement du marché allemand en 2016, qui représentait 60% de ses revenus. Il y avait déjà eu la faillite en 2014 du fabricant d’éoliennes Prokon qui était financé par des « participations citoyennes ». Cette entreprise avait la particularité d’avoir été financé par 75 000 petits investisseurs privés. Elle les avait alléchés avec un investissement présenté comme « éthique », et accompagné d’intérêts élevés (de 6 % à 8 %). Ce dépôt de bilan s’est soldé par de très grosses pertes pour de nombreux petits épargnants et a poussé le gouvernement allemand à demander aux autorités des marchés financiers (Bafin) un contrôle plus strict de ce type d’investissement.
Dans les mois qui ont suivi, 26.000 emplois ont été supprimés dans ce secteur en Allemagne, soit plus que dans le charbon, selon les chiffres récemment publiés par le Bundestag à la demande du parti de gauche Die Linke

Commentaire :

1) C’est quand même curieux ces énergies soit disant super compétitives qui s’effondrent dès qu’elles ne sont plus massivement subventionnées !

2) Il n’y a pas qu’en France que sévissent les margoulins de l’éolien. Ces créations d’emplois massives que les partisans de l’éolien nous promettent, ils omettent de dire combien elles sont fragiles et… essentiellement non durables car liées aux installations. Rien à voir avec les emplois du nucléaire !

L’éolien de plus en plus contesté en Allemagne

Extrait d’un article de La Croix intitulé Pour la paix sociale, le gouvernement allemand réglemente les distances entre éoliennes (La Croix, 22/12/2019)

Pour calmer l’opposition des riverains, le gouvernement fédéral veut imposer des distances minimales entre les éoliennes et les zones d’habitations. Les professionnels sont vent debout. Tilo Schade, élu local et membre d’une association de défense des arbres. est plutôt satisfait. Sur les 18 éoliennes que l’entreprise Notus Energy Plan envisageait d’élever à Kloster Lehnin, près de Potsdam, dans le Brandebourg (nord-est de l’Allemagne), seules neuf pourraient voir le jour. Face à l’opposition des riverains et alors que la région a imposé un moratoire de deux ans dans cette localité, l’entreprise a décidé de réduire la voilure. «Nous ne sommes pas contre les éoliennes en tant que telles, mais pourquoi en construire en pleine forêt ? Il faut couper près de 1 000 arbres par éolienne, et même si on en replante après, cela ne compense pas » 
Comme dans le cas de Kloster Lehnin, l’opposition des riverains, inquiets du bruit, des effets sur la santé, de la pollution visuelle ou des dégâts sur la faune et la flore, a de plus en plus souvent raison des nouveaux projets, dans un pays qui compte déjà 30 000 éoliennes. À cela s’ajoutent les lenteurs administratives, le manque de lignes à haute tension entre le Nord venteux et le Sud consommateur, et la fin des revenus garantis en 2016. Conséquence, sur les 9 premiers mois de l’année, seuls 504 mégawatts de nouvelles capacités ont été installés, soit le plus bas niveau depuis 20 ans…

Pour lever les doutes de la population et accélérer le rythme des installations, le gouvernement fédéral a décidé, en septembre, d’instaurer une limite minimale d’un kilomètre entre toute nouvelle éolienne, y compris celles destinées à en remplacer des anciennes, et les zones d’habitations constituées d’au moins cinq maisons. Or cette réglementation est jugée trop stricte par les professionnels, qui sont vent debout contre.
Selon l’Agence nationale de l’environnement, le parc éolien pourrait en être réduit de 20 à 50 % alors même qu’il n’existe quasiment plus de nouvelles surfaces disponibles »

La résistance de plus en plus forte contre l’éolien a déjà eu des débouchés politiques. Elle a fortement profité à la droite nationaliste de l’Afd, qui a augmenté son score dans les campagnes en étant le seul parti à se déclarer clairement contre l’éolien en faisant campagne sur le thème :"Protégeons nos paysages, les hommes et les animaux"

Conclusion : Face à cette catastrophe, l’Allemagne retarde indéfiniment sa sortie du charbon. Remplacer le nucléaire par de l’éolien plus une puissance équivalente en charbon ou gaz pour en compenser l’intermittence est une politique absurde qui entraine une catastrophe climatique, écologique, économique et sociale.
(NB  Les dépenses déjà réalisées représente entre 60 et 70 EPR !),-il en suffirait d’une vingtaine pour régler les problèmes climatiques et de pollution !)
Et en France ? Ben on se prépare à contretemps à suivre les pas erratiques de l’Allemagne en diminuant la part du nucléaire dans la production d’électricité. Et le gouvernement a décidé de rendre plus difficiles les recours des riverains contre les projets éoliens. Nous n’avons même pas les mêmes excuses que l’Allemagne, puisque leur Energiewende ne nous aura pas servi de leçon !

Bon, on commence à les construire quand ces EPR !

samedi 12 octobre 2019

No Fake Sience ! Quand Réseau Action Climat charrie vraiment !


Grosses manipulations et Gros mensonges de Réseau Action Climat…

J’ai dit à quel point l’initiative No Fake Science est utile, indispensable même à la démocratie (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/no-fake-science-quelques-reflexions.html et pour le texte de l'appel initial https://nofake.science/tribune

Et les choses progressent. De nombreux scientifiques, pas des grands pontes trop longtemps habitués à courber l’échine devant le politique et à flatter l’opinion, qui tiennent trop à leur position pour prendre quelque risque que ce soit, non, des praticiens de tous les jours et de toutes disciplines,  des  techniciens cadres, ingénieurs, étudiants, chercheurs et quelques journalistes, bien décidés à ne plus laisser passer de Fake science, se manifestent sur tweeter et dénoncent mensonges et manipulations, et les menteurs et les manipulateurs se trouvent confrontés à des dizaines de tweet qui dévoilent leurs mensonges et leurs manipulations, se complétant et se précisant l’un l’autre. Les champions toutes catégories du grand n’importe quoi, Jadot et Ségolène Royal (dans un créneau plus spécialisé, ajoutons-y Michèle Rivasi) se font maintenant corriger d’importance à chacune de leurs interventions mensongères et manipulatoires – ils seront à eux seuls responsables d’un bilan carbone fantastique. eE cela est juste et bon, et utile, même indispensable…et de plus souvent réjouissant. Merci et Bravo à tous.

Un exemple récent et d‘autant plus intéressant que se profile la convention citoyenne sur la politique énergétique : les mensonges de Sortir du Nucléaire. Reprenons l’enchainement ; Emmanuel Macron à Rodez, le 4 octobre 2019, bizarrement lors d’un débat sur les retraites a affirmé : « La France a une chance, c'est notre parc nucléaire. C'est ce qui permet de produire une énergie non intermittente la plus propre » et affjrme que depus que l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, elle a ouvert des centrales à charbon…
Effectivement affirmation non contestable ( pour une fois)

Réaction de Réseau Action Climat : « Contre-vérité d'@EmmanuelMacron : l’Allemagne n’a pas ouvert de centrales à charbon suite à la décision de sortir du nucléaire.
Ce sont les énergies renouvelables, principalement citoyennes, qui ont remplacé le nucléaire et qui vont lui permettre de sortir du charbon. »

Bon, je ne sais pas trop ce qu’est une énergie citoyenne, par contre je sais ce qu’est une émission de CO2 et que voici les ordres de grandeur : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire10 g pour l'éolien32 g pour le solaire,  charbon : 1050 g,  fioul : 778 g, gaz : 443 g. Donc, quand on remplace, comme le fait l’Allemagne, le nucléaire par de l’éolien plus du gaz, en gardant son charbon, fierté nationale, eh bien, on mène tout simplement une politique scandaleusement anti-climatique et anti-écologique (donc, non citoyenne, je suppose)

A l’appui de ses dires, Réseau Action Climat prétend fournir de magnifiques chiffres illustrés ou illustrations chiffrées, on ne sait. Voici les courbes présentées sous le titre la preuve par les chiffres.





Mais en tous cas, pas des chiffres sincères, et une belle leçon de manipulation. Car 1)  les camemberts comparés entre 1991 et 2015, comme tous les camemberts, ne montrent pas l’augmentation de la consommation énergétique allemande ; et 2) le zoom sur une petite partie de la courbe permet d’ignorer la quasi-constance en quantité du charbon et du lignite, et l’augmentation du gaz. Si l’on regarde une courbe plus complète (cf. ci-après), on s’aperçoit que charbon et lignite n’ont pratiquement pas diminué, que le nucléaire a été principalement remplacé par du gaz et un peu d’éolien, ce qui, je le répète est un crime climatique et écologique, et que le reste des énergies nouvelles s’est juste surajouté pour compenser l’augmentation de la consommation d’énergie.


Voici une courbe plus complète qui met bien en évidence la malhonnêteté et les manipulations de Réseau Action Climat :


L’Allemagne n’a donc pas diminué d’un iota sa consommation de fossile et ses dégagements de CO2 ont augmenté par substitution du nucléaire par le gaz. L’Allemagne, en gros émet 8 à 10 fois de CO2 par Kwh que la France, eh ben, c’est pas prêt de s’arranger. Et c’est cela que Réseau Action Climat nus propose comme un modèle de transition énergétique ! Idiots, escrocs  imbéciles, bigots de l’écologie…


Autre merveille de manipulation soulignée par un tweetos : la comparaison entre 1991 et 2015. Quel choix astucieux de date ! Car, prenons 2010 ; en 2010, le charbon et le lignite représentaient respectivement 18.5 % et 23 % de la production d'électricité. La part du lignite (le pire du pire !) et du charbon  a donc réaugmenté de 2010 à 2015 avec l’accélération de la baisse du nucléaire !

Et si, l’Allemagne a bel et bien ouvert des centrales à charbon (et pas qu’une…11 !!!) et même, scandale des scandales, intensifié l‘exploitation de son dégueulasse lignite…en prévision de la sortie du nucléaire et des accords de Paris. Car ceux-ci, ruse des ruses et imbécilité des imbécilités prévoient pour la plupart des pays des engagements sur une baisse en pourcentage des émissions de gaz à effet de serre.   Alors, plus le niveau de départ sera haut, plus les engagements seront faciles à respecter !

Et c’est ainsi que l’Allemagne pourra ad vitam eternam prétendre respecter les accords de Paris tout en émettant dix fois plus de CO2 par kw.h qu’en France !

Comment qualifier cela autrement que de foutage de gueule, ou, pour être plus poli, de cynisme et d’hypocrisie totale masquant un crime contre l’Humanité. Et c’est cela que Réseau Action Climat nous propose comme modèle ?

Tiens, allez, pour la route !

Mensonges et crimes climatiques allemands : ouverture d’une gigantestque mine de lignite en 2006


« En Allemagne, la fin du nucléaire et les besoins en énergie ne riment pas forcément avec l’idée d’environnement et de développement des énergies renouvelables. En témoigne ce reportage de l’AFP qui raconte comment le producteur d’électricité RWE agrandit une gigantesque mine de lignite dans la Ruhr, obligeant les habitants à déménager. site de Garzweiler I, exploité depuis 1983, a fait son temps. Il est comblé au fur et à mesure qu'est creusé Garzweiler II, la nouvelle mine contiguë d'une surface de 48 kilomètres carrés, autant que la ville de Lyon.
Quelque 7600 habitants et tout leur environnement doivent être déplacés. Les 900 habitants d'Immerath, dont environ 100 seulement sont encore là, s'installent à à Immerath-Neu (Nouveau Immerath), un village sorti de terre dans la même commune d'Erkelenz. Ils y retrouveront leurs morts, l'école et le jardin d'enfants, mais pas l'église, qui sera déconsacrée après un dernier office en octobre, et rasée comme le reste.
  «Cela me brise le cœur», dit Hans-Willi Peters, qui habite lui aussi un village des environs et devra décider sous peu s'il se laisse transplanter  comme ses voisins… »

« Le 31 mars 1995, le gouvernement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie donna son aval à la mise en œuvre du Braunkohleplan Garzweiler II. Aussi les excavatrices purent-elles, le 18 juin 2006, entamer cette nouvelle zone…La période d’extraction prévue s’étend de 2006 à 2045. L’abattage du charbon s’effectue à ciel ouvert (exploitation en découverte ou par découverte) et l’activité s’apparente alors à un chantier de terrassement qui se déplace progressivement. Garzweiler II possède un gisement de lignite de 1,3 milliard de tonnes….

Et voilà le modèle des écolos antinucléaires – ils ne le sont pas tous. Voilà l’exemple allemand, le modèle de Réseau  Action Climat et de Sortir du Nucléaire !

samedi 24 août 2019

Nuages noirs sur l’Europe – les trente salopes


Nuages noirs sur l’Europe     

Dans la foulée du blog précédent (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/greenpeace-hiroshima-et-le-nucleaire.html), le résumé d’un rapport très intéressant Europ’s dark cloud ; how coal-burning countries are making their neighbours sick (Nuage noir sur l’Europe, comment les pays charbonniers rendent leurs voisins malades), étude organisée par quatre ONG écologistes, le Climate Action Network (CAN) Europe, le WWF, Health and Environment Alliance (Heal) et Sandbag et  publiée en 2016. Et passée très, très injustement inaperçue !

Si les victimes du charbon se comptent principalement en Chine – une estimation évoque le nombre de 366 000 morts prématurées annuellement –, les Européens ne sont pas à l’abri. En 2013, plus de 22 900 décès prématurés et des dizaines de milliers de problèmes de santé étaient imputables aux pollutions qu’entraîne l’exploitation de cette énergie fossile en Europe.

Les pays européens qui paient le plus lourd tribu à la pollution au charbon sont l'Allemagne (3630 morts), le Royaume-Uni (2 100), la Pologne (1 860), l'Italie (1 610) et la France, avec 1 380 décès par an. Le charbon dégagé par les centrales électriques est également responsable de nombreuses maladies. Et il n’ y a pas que la mortalité, il y aussi la morbidité. Ainsi, en Europe et en 2013, date des derniers chiffres disponibles, 11 800 cas de bronchite chronique et 21 000 admissions à l'hôpital auraient eu pour cause la pollution liée aux centrales à charbon,  plus de 538 000 crises d’asthme chez les enfants sur tout le continent. Les impacts sanitaires du charbon ont aussi engendré en 2013 «un coût global de 32,4 milliards à 62,3 milliards d’euros», estime le rapport.  Ajoutons que ces coûts pharamineux ne sont pas pris en charge par l’industrie charbonnière, ils sont à la charge des budgets nationaux de santé, des malades, des autres secteurs économiques impactés.
Le rapport des ONG ne se contente pas de démontrer les effets de la pollution au charbon sur les habitants des pays qui accueillent les centrales. Il analyse également l'impact de cette pollution sur les habitants des pays voisins, ce qui est beaucoup plus original.

L’Europe compte 280 centrales à charbon, responsables de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre du continent. Dans le classement des pays dont les centrales ont le plus d'effets dangereux sur les habitants des pays voisins, la Pologne arrive en tête, avec 4690 morts prématurés en dehors de ses frontières. Elle est suivie par l'Allemagne (2490), la Roumanie (1660), la Bulgarie (1390) et le Royaume-Uni (1350).

Et c'est la France qui arrive en tête des pays touchés par cette pollution venue d'autres pays

Une pollution au charbon qui provient majoritairement d'Allemagne, du Royaume-Uni, d'Espagne, de Pologne ou encore de République tchèque, et qui serait responsable, en France, de 1 200 décès prématurés par an, la majorité provenant d’Allemagne ! Et ce alors que ne sont plus exploitées en France que quatre centrales au charbon !
Ces chiffres sont  cohérents avec ceux d’une étude de l’université de Stuttgart  montrent que les émissions toxiques des centrales électriques européennes utilisant le charbon ou le lignite comme combustibles sont responsables de 22 000 décès annuels prématurés en Europe. Si rien n’est fait, il y aura 770 000 décès prématurés d’ici à 2050 , le pire, en terme de pollution et de santé étant de loin le lignite, exclusivité allemande !

Les trente salopes, et comment l’Allemagne se fiche de nous et nous empoisonne !

Trente centrales, rebaptisées « les 30 toxiques », ont été identifiées comme les plus meurtrières d’Europe par les ONG, dont neuf au Royaume-Uni, six en Allemagne, cinq en Pologne ou encore cinq en Roumanie. Elles sont responsables de la moitié des morts prématurées en Europe, et devraient être immédiatement fermées.
Et il y aussi l’impact climatique : En 2014, les 280 centrales au charbon de l’Union européenne ont émis 755 millions de tonnes de CO2, ce qui représente environ 18 % des gaz à effet de serre de l’UE. Et là-dessus, près de la moitié,  367 millions tonnes - ont été libérées par les 30 plus toxiques, les 30 salopes.
Re : elles doivent être immédiatement fermées.

Huit de ces trente salopes se situent en Allemagne, six en Pologne et cinq au Royaume-Uni. On va leur faire un peu de publicité, elles méritent d’être plus connues.

Boxberg : dans les années 1990, elle  a été la plus grande au lignite avec une capacité de 3 520 mégawatts (MW) avec 12 unités de 210 MW  et deux de 500 unités de MW. Depuis 2000, les douze  unités ont ont été remplacées par une unité hautement efficace de 900 MW.. En 2012, une nouvelle unité de 675 MW  a été mise en service et la capacité de production de Boxberg reste actuellement de 2 575 MW.
Bon, vous avez compris ? Vu les investissements récents, ils sont pas près de l’arrêter, l’une des plus grandes centrales de lignite au monde !

Jänschwalde : 6 unités de 500 MW, 80,000 tonnes de lignite brûlées par jours. Rachetés à Vattenfall par EPH en 2016 (La firme de Daniel Křetínský, grand charbonnier devant l’éternel- il faudra que je lui consacre un article) et grand investisseur dans le presse française (Le Monde, Marianne, Elle)

Niederaussem : neuf unités, entre 1963 et 2003, capacité totale de 3 864 MW. Niederaussem est la troisième pire centrale en Europe en ce qui concerne les émissions de CO2 par énergie produite et le deuxième pire en termes d’émissions de mercure en raison du lignite utilisé.

Neurath :  7 unités (3 x 300 MW, 2 x 600 MW, 2 x 1,100 MW). Ces deux dernières, les plus puissantes ont été mises en service en 2012.

Lippendorf : 2 unités de 934 MW.  Trois centrales se sont succédé sur le site : la centrale Böhlen, opérationnelle de 1926 à 1990, épaulée en 1969 par la vieille centrale de Lippendorf. Celle-ci est arrêtée en 2000, lorsque la nouvelle centrale de Lippendorf est mise en route. La construction de cette dernière a commencé en 1995, et a coûté 2,3 milliards d'Euros, soit le plus gros investissement privé jamais réalisé en Saxe. Pas prêt de s’arrêter non plus !

Parmi toutes ces « trente toxiques » ainsi que les nomme le rapport, et que j‘ai pris la liberté d’aggraver en trente salopes, il n’y en n’a pas beaucoup en voie de fermeture. Et surtout pas les allemandes !

«Le charbon est la plus grande menace pour notre civilisation et pour toute vie sur notre planète.» C’est ainsi que commence le rapport le Nuage noir de l’Europe du WWF, l’Alliance pour la santé et l’environnement (Heal), le Réseau Action Climat Europe (CAN Europe) et le think thank Sandbag, Tiens, des écolos  un peu conséquents : le charbon, pas le nucléaire !

Rappelons encore ceci : En Allemagne, la commission « croissance, changement structurel et emploi » a remis un rapport le 26 janvier. Elle y propose que la production d’électricité à partir du charbon soit arrêtée d’ici à fin 2038 !!! Et ces recommandations n’ont aucun pouvoir contraignant! En 2018, le charbon (lignite et houille réunis) a compté pour près de 38% de la production allemande d’électricité !
A partir d’une situation similaire, le Royaume-Uni est sorti de la production électrique à partir du charbon en quatre ans. Donc c’est possible… à condition de mettre en place une taxe carbone et d’investir dans le nucléaire.

Donc, oui no chers amis allemands se moquent de nous et du monde. Avec leur energiewende, ils continuent et persistent dans une de leurs spécialités, le crime contre l’humanité.





mardi 28 mai 2019

EnergieWende : un modèle à ne pas suivre. Et la leçon australienne

Energiewende : « tout est en train de dérailler »

"Travail bâclé in Germany". Voilà à peu près ce que signifie le titre de couverture du tout dernier numéro du Spiegel, le plus puissant hebdomadaire allemand. En arrière-plan, on voit une forêt d’éoliennes cassées et de pylônes électriques déconnectés. Une image qui en dit long sur la conscience qu’a aujourd’hui l’opinion allemande de l’échec de l’"Energiewende", ce basculement énergétique décidé par notre voisin au début du millénaire et radicalement accéléré en 2011 après la décision d’Angel Merckel de sortir du nucléaire. Dès 2018, l’Allemagne avait dû admettre que ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre ne seraient pas tenus dans les délais annoncés –elle avait même ouvert de nouvelles mines de charbon... Aujourd’hui, les experts sont en mesure de dresser un bilan des huit premières années de la transition accélérée voulue par Berlin, et il est à peu près désastreux. "Tout le projet est en train de dérailler", écrit le Spiegel.

Et ce n’est pas exagéré : L’Allemagne a investi depuis 2010 plus de 30 milliards par an dans le bastringue et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 –pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros (oui, 3.000 milliards!) les investissements requis d’ici à 2050, si l’Allemagne persiste dans son intention d’accroissement de la part du solaire et de l’éolien dans son mix énergétique. Des sommes faramineuses. Or, le résultat est spécialement déprimant: malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009. L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes et elle accueille des milliers de km2 de panneaux solaires. Mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. En outre, là où elles sont connectées, ces installations ne couvrent les besoins que de manière intermittente (pas de solaire la nuit, pas de vent quand il ne souffle pas…) ce qui requiert, en complément et faute que le stockage soit rentable ou même possible, des capacités complémentaires souvent fossiles (affreux charbon et horrible lignite en tête). Une bérézina.


Sortie du charbon en Allemagne : objectif 2038. Près de 20 ans pour sortir du charbon

En Allemagne, la commission « croissance, changement structurel et emploi » a remis son rapport définitif( le 26 janvier. Elle y propose que la production d’électricité à partir du charbon soit arrêtée d’ici à fin 2038  Explications.

En 2018, le charbon (lignite et houille réunis) a compté pour près de 38% de la production allemande d’électricité. Selon la commission mise en place en juin 2018 par Angela Merkel pour préciser les contours d’une « sortie du charbon », il est possible pour l’Allemagne de se passer de ce combustible à l’horizon 2038.
La commission y propose, dans un premier temps, de réduire d’ici à fin 2022 de plus de 12,5 GW la puissance totale du parc allemand de centrales à charbon (qui avoisine actuellement 42,6 GW). Entre 2023 et fin 2030, les arrêts de centrales au charbon devraient se poursuivre à un niveau assez similaire (portant ainsi à près de 17 GW la puissance cumulée du parc charbon à fin 2030).

La commission indique que sa feuille de route devra faire l’objet d’examens réguliers (en 2023, 2026 et 2029) par des experts indépendants afin de tenir compte des évolutions du système électrique et en particulier des conséquences de la sortie du nucléaire prévue à l’horizon 2022 (cette énergie comptait encore pour 13,3% de la production électrique allemande en 2018).

Le gouvernement devrait suivre ces différentes recommandations (qui n’ont pas de caractère contraignant NB le charbon et le lignite allemand, ça peut donc durer encore plus, plus longtemps….) issues d’un compromis entre les différentes parties prenantes. Pour compenser la sortie du charbon et du nucléaire, l’Allemagne parie sur un développement massif des énergies renouvelables : le pays s’est fixé pour objectif de produire 65% de son électricité à partir de ces filières en 2030 (contre environ 40% en 2018).

Quel coût pour la « transition » ?

Au cours des 20 prochaines années, au moins 40 milliards d’euros d’aides fédérales sont envisagées pour accompagner la sortie du charbon dans les régions charbonnières (est et ouest de l’Allemagne). Des négociations vont avoir lieu avec les exploitants de centrales (« plus les centrales seront arrêtées tardivement, plus la compensation sera faible »). Aux premiers rangs de ces exploitants figure RWE qui juge pour sa part « raisonnable de réexaminer en 2032 » (tiens, tiens, y-a-bon lignite) la date de sortie du charbon.
La commission appelle par ailleurs à préserver les consommateurs allemands (entreprises et ménages) de la hausse des prix de l’électricité associée à une sortie « accélérée » du charbon. Elle estime à ce titre qu’« une subvention d’au moins 2 milliards d’euros par an est nécessaire pour compenser cette augmentation ». Les ménages allemands sont d’ores et déjà les Européens qui paient leur électricité le plus cher après le Danemark : 0,30 €/kWh au 1er semestre 2018 selon les dernières données d’Eurostat, soit 70% de plus qu’en France.

Tiens, tiens, ça a peut-être à voir avec le fait que la part des renouvelables dans le mix électrique outre-rhin a approximativement doublé depuis le début des années 2010, et qu’en plus le coût associé aux réseaux électriques est particulièrement élevé, notamment en raison du raccordement onéreux des parcs éoliens offshore.

 La sortie du charbon en Allemagne sera donc difficile et coûteuse, reconnaît la commission, mais nécessaire en vue de réduire les émissions allemandes de gaz à effet de serre. L’an dernier, le gouvernement avait reconnu son incapacité à atteindre l'objectif de 40% de réduction des émissions nationales d’ici à 2020 (par rapport à 1990)…

Ben oui, ils ont même pas commencé à diminuer. Non seulement, mais ces dernières années ils ont continué à ouvrir à tire larigo des mines de charbon et de lignite, tant que c’était encore autorisé. Donc, forcément, ça leur prendra encore plus de temps à sortir du charbon ( on va quand même pas les fermer tout de suite celles qui viennent d’ouvrir….)

A partir d’une situation similaire, le Royaume-Uni est sorti de la production électrique à partoir du charbon en quatre ans. Donc c’est possible… à condition de mettre en place une taxe carbone et d’investir dans le nucléaire. (cf.) https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/02/leurope-de-lenergie-encore-un-echec.html

Bilan : avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne ne baisse pas ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France et ceux-ci payent pourtant leur électricité 70%  plus cher qu’en France. Face à cette catastrophe, l’Allemagne continue et retarde indéfiniment sa sortie du charbon. Et fuck the climate

Disons le, avec son Energiewende si renouvelable, si applaudie par les écologistes irresponsables ( ils ne le sont pas tous), avec ses si plébiscités,, si populaires, si présentés comme modèles Grunen tout verts, l’Allemagne continue dans sa spécialité historique, le crime contre l’humanité

Tiens, une leçon pour nos politiciens, qu’ils comprendront peut-être…

Australie : Transition énergétique : mieux qu’un long discours, une élection…


J’avais dans un blog précédent (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/01/electricite-vers-le-grand-noir-le.html) exposé comment l’Australie du sud ( un des Etats Australiens), parti dans un délire écolo-affairiste, avait décidé de devenir un champion de l’éolien et du solaire ( et pourtant ils sont pas défavorisés dans ces domaines..).
Ayant eu la très mauvaise idée de dépasser les 40% d’éolien, ils ont récolté ce qu’ils sont semé, c’est-à-dire des effondrements systémiques du réseau une fois, deux fois, trois fois, des black out total, plus de jus, plus rien, même dans les hopitaux.

A cela s’est ajouté un quadruplement du prix de l'électricité facturé aux particuliers et des consommateurs pauvres ne pouvant plus payer leurs factures….

Alors, ils ont fait quoi ? Ben, relancé le charbon !

Et puis vote il y a eu, élections fédérales le 18 mai 2019. La coalition du Parti Libéral au pouvoir de Tony Morrisson était donnée perdante par tous les sondages qui prédisaient une large victoire du Travailliste Bill Shorten… qui a  finalement perdu.

La raison : Bill Shorten ambitionnait de faire de l’île une « superpuissance des énergies renouvelables..

 »…A la vue de l’expérience sudiste, les électeurs ont bien compris et bien choisi : ils ont rejeté une ruineuse politique climatique fondée sur des énergies éoliennes et photovoltaïques entraînant une hausse du prix de l’électricité et des coupures de courant et cette raison semble bien le principal facteur expliquant le retournement inattendu (par les sondages) des électeurs.
Déjà, le 9 octobre 2017, le journal The Australian qualifiait le développement des éoliennes et panneaux photovoltaïques de « plus grande escroquerie mondiale ».

Allez, on résiste pas au plaisir : Morrison, Centre droit, 76 députés ; Shorten, Centre Gauche, 67 députés ;  Di Natale , Verts, 1 député


Après une expérience douloureuse, il y en a qui ont compris …



dimanche 23 septembre 2018

L’Autriche et sa transition énergétique – Grosse Propaganda !


Un modèle vraiment ? Pas en ce qui concerne les gaz à effet de serre !

Pour les antinucléaires, l’Autriche, qui a mis fin, le 5 novembre 1978, à la mise en service effective de la centrale nucléaire de Zwentendorf qui a interdit depuis toute construction de centrale nucléaire en Autriche, qui a voté une  loi « interdisant la fission nucléaire à des fins énergétiques » et qui  attaque la Commission Européenne lorsqu’elle subventionne la construction de centrale nucléaires plus performantes et plus sûres (les EPR) est un modèle enthousiasmant décrit en terme . Par exemple,  Sortir du Nucléaire : « il est loin, le temps où le chancelier Kreisky sur la centrale de Zwentendorf, diffamait les adversaires du nucléaire comme n’étant que « quelques extrémistes de gauche et de droite » !

Mais quelle est la réalité ? Constatons d’abord que tous les écologistes ne sont pas aussi élogieux. Ainsi, Johannes Wahlmüller, Global 2000 – Les Amis de la Terre Autriche : » Au premier regard, les performances de l’Autriche dans le secteur de l’énergie semblent brillants : en 2015, environ 32 % de la consommation finale brute d’énergie étaient issus de sources renouvelables. Dans l'UE, seules la Lettonie, la Finlande et la Suède ont des parts d’énergie renouvelable plus élevées. Par ailleurs, environ 78 % de la consommation d’électricité en Autriche sont d’ores et déjà issus d’énergies renouvelables. Pourtant, la situation est loin d'être une réussite dans la politique énergétique et climatique autrichienne. Ainsi, l’Autriche n’a pas été en mesure d’atteindre ses objectifs découlant du protocole de Kyoto : au lieu de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 13 % par rapport à leur niveau de 1990, c'est une hausse de 2,5 % qui a eu lieu en 2012. En conséquence, l’Autriche est tenue de payer des certificats de CO2 d’un montant de 71,55 tonnes de CO2.

L’Autriche dispose d’un atout compétitif majeur, son énergie hydraulique ; elle se place au 4e rang des producteurs d’énergie hydraulique en Europe. Elle profite largement de cette possibilité pour attirer dans ses vallées alpines des industries fortement consommatrices comme l’aluminium- comme nous le faisions en France avec Péchiney. Fort bien qu’elle profite de cette chance ; mais lorsqu’elle prétend interdire à ses voisins et aux pays européens d’avoir leur propre énergie compétitive en l’occurrence nucléaire, c’est un peu fort de café.

Du point de vue climatique, la politique autrichienne est tout simplement catastrophique. Les énergies fossiles représentaient encore 64,9 % de la consommation d'énergie primaire en 2014.  Les émissions de CO2 liées à l'énergie de l'Autriche étaient en 2014 de 7,11 t CO2 par habitant, niveau supérieur de 59 % à la moyenne mondiale et de 65 % à celui de la France. Pour un pays dont les principales industries connues sont les valses de Vienne, les Sacher Torte et les cristaux Swaroski, c’est un peu beaucoup !

En matière d’électricité, l'Autriche est largement importatrice : en 2015, ses importations nettes d'électricité atteignaient 10,1 TWh ; sa production nationale ne couvrait que 81,8 % de sa consommation d'électricité. Voilà le bilan du non-nucléaire ! Mais là où c’est encore plus drôle, ou plus exactement plus tragique, c’est que du coup, dépendant pour ses importations de son voisin allemande, la très vertueuse Autriche est « saturée d’électricité sale », pour reprendre le titre d’un article de l’Humanité. « Vienne s’insurge contre l’exportation des « surplus » d’électricité « low cost » produits dans les centrales au charbon et au lignite allemandes, qui ruinent les investissements de l’Autrichedans ses… énergies renouvelables. »

Faute de nucléaire, la vertueuse Autriche inondée d’électricité sale allemande !

Que se passe-t-il ? Non seulement le criminel arrêt du nucléaire en Allemagne a placé celle-ci à la tête des nations développées émettrices de CO2, mais elle empoisonne même ses voisins, annihilant les efforts de la très vertueuse et très antinucléaire Autriche : «  les énergies du moment les plus compétitives, mais aussi les plus polluantes, le charbon et le lignite, exploité outre-Rhin dans de gigantesques mines à ciel ouvert, ont pris une place considérable en contrepoint de la montée en puissance de l’éolien et du solaire. Et ceux-là ont été stimulés par des financements prélevés directement sur la facture des usagers ordinaires, nombre d’entreprises en étant, elles, exemptées afin de… « préserver leur compétitivité ». Triple peine : des usagers qui paient plus chers, pour une énergie plus (et même extrêmement polluante) et un bilan très négatif pour les gaz à effet de serre et le climat.

En fait, le problème du « tournant » germanique – destiné à accompagner l’abandon progressif du nucléaire – réside dans le cadre qui le contraint, celui de l’ordolibéralisme. L’État y joue seulement un rôle d’arbitre et laisse aux marchés le dernier mot sur la régulation du système. Ce montage génère de formidables surproductions. Car les centrales thermiques classiques, qui doivent fournir une production d’électricité suffisante pour garantir l’approvisionnement du réseau en cas d’absence de vent et/ou de soleil, fonctionnent aussi à plein quand les éoliennes turbinent et les cellules photovoltaïques scintillent. Berlin s’étant opportunément démené pour enclencher la libéralisation du marché de l’électricité à l’échelle du continent, les réseaux des pays voisins doivent absorber ses surplus…ceux provenant des sources d’énergie les plus polluantes (Merci pour les épisodes de pollution en France).

Conclusion : Trop c’est trop. Le ministre de l’Environnement autrichien, Andrä Rupprechter, tape du poing sur la table. Il revendique des règles nouvelles pénalisant les énergies polluantes pour que l’Allemagne cesse d’inonder ses voisins de ses surplus d’électricité à très haute teneur en carbone…
D’accord, très bien, mais cela ne résoudra pas le fait que l’Autriche est incapable d’arriver à l’autonomie de sa production électrique, et que cela ne s’arrangera pas car tous les scenari impliquent une augmentation important de la production électrique si l’on veut  avoir la moindre chance d’éviter le dérèglement climatique.

Le résultat du choix idéologique du non nucléaire sur le réchauffement climatique. Des courbes valent mieux que de longs discours, voir ci après ! La France est le seul pays au monde à avoir près de 80 % de son électricité nucléaire, elle est le seul pays au monde à avoir cette courbe décroissante de production des gaz à effet de serre, elle est parmi les meilleurs pays développés au monde en ce qui concerne la production de gaz à effets de serre. L’Autriche ( un très grand pays industriel ?) est l’un des pires, derrière l’Allemagne.

Claro !

France : 5.80 tonnes CO2 par habitant

Autriche : 6.87 tonnes CO2 par habitants
Allemagne : 8.8 tonnes CO2 par habitant