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jeudi 2 novembre 2023

Quelques nouvelles de l'éolien off shore-octobre 2023 -Et des raisons d'espérer pour ceux qui le combattent !

On commence par ça : Pertes boursières depuis janvier 2021 :

Siemens-Energy   : -80% ; Orsted : -82% ; Vestas : -50% ; Voltalia : -67% ; NEOEN :  - 58%; Nordex - 57%

Et quelques nouvelles :

Le danois Orsted sombre en bourse après avoir renoncé à un projet éolien offshore aux Etats-Unis ;  dépréciations de 3.8 milliards d’euros pour l’abandon de projets off shore sur le côte Est des USA

https://www.tradingsat.com/actualites/informations-societes/le-danois-orsted-sombre-en-bourse-apres-avoir-renonce-a-un-projet-eolien-offshore-aux-etats-unis-1091725.html


Pourquoi la crise frappe les fabricants d’éoliennes alors que la demande n’a jamais été aussi forte ?

Vestas a perdu 1,5 milliard d’euros en 2022 et reste dans le rouge depuis le début de l’année. La branche énergies renouvelables de GE, baptisée Vernova, a perdu 1,8 milliard d’euros et pourrait être vendue. Ce qui passe mal chez les salariés français de Saint-Nazaire, Nantes et Cherbourg, qui ont déjà mal digéré les conditions controversées dans lesquelles l’État a négocié la cession au groupe américain de ce qui appartenait alors à Alstom.

Quant à Siemens-Gamesa il s’enfonce dans le rouge : il a perdu 620 millions d’euros en 2021, plus de 900 millions l’an dernier et s’attend à afficher une perte gigantesque de plus de 4 milliards cette année

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/la-drole-de-crise-des-fabricants-deoliennes-9e731866-

Aux Etats-Unis, la bulle des énergies renouvelables explose

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/10/09/aux-etats-unis-la-bulle-des-renouvelables-explose_6193258_3234.html

« L’espagnol Iberdrola a payé 60 millions de dollars (57 millions d’euros) pour se retirer de deux accords de production d’énergie éolienne offshore dans le Massachusetts signés en 2021 et 2019. Cet été, le norvégien Equinor et le britannique BP ont demandé à renégocier les prix de l’électricité de trois projets au large de New York. Le danois Orsted et son partenaire américain Eversource ont fait la même chose, expliquant que sinon « ils ne seraient pas en mesure d’obtenir une décision finale d’investissement ». Orsted a perdu en Bourse le quart de sa valeur lorsqu’il a annoncé fin août une perte potentielle de 2,34 milliards de dollars sur ses projets américains, soit la moitié de son investissement. »


General Electric prévoit de perdre 1 milliard de dollars sur ses activités éoliennes offshore cette année, et s’attend à perdre un montant similaire l’année prochaine

https://dailycaller.com/2023/10/25/general-electric-offshore-wind-massive-losses/

Chez Siemens Energy, les éoliennes sont en berne...

Désastre industriel et financier La promesse s’est fracassée sur le mur des pannes en série sur des turbines à vent." "L'entreprise a perdu les deux tiers de sa valeur depuis son introduction en Bourse, en  2020, Et la descente aux enfers n’est pas terminée.

Jeudi 26 octobre au matin, le cours a de nouveau dévissé de plus de 39 %, après que la société a confirmé des informations de la presse selon lesquelles elle a demandé l’aide de l’Etat allemand

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/10/28/chez-siemens-energy-les-eoliennes-sont-en-berne_6196996_3234.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default



lundi 5 avril 2021

Brève chronique de quelques black-out

 Dédié aux tweets récurrents des fanas des ENR sur tel jour à telle heure, le pourcentage d’éolien et de solaire a dépassé un nombre mirifique

Australie du Sud,  30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne,  la totalité des habitants d'Australie-Méridionale privés d'électricité pendant plusieurs heures, après déjà plusieurs black out partiels ; 45%  d’éolien, un prix de l’électricité quadruplé. Le gouvernement travailliste perd les élections.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/01/electricite-vers-le-grand-noir-le.html

Angleterre, 9 août 2019, 16 h 16. Le gestionnaire du système électrique britannique communique fièrement : Ce matin, la part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, Une demi-heure plus tard : black-out. Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante ! plus de métros à Londres, dans les hôpitaux, on termine les opération à la lumière de téléphones portables


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/trop-denr-black-out-assure.html

Le 21 avril/23 mars 2020, en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à  49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation. Idem pour l’Allemagne et  l’Angleterre , les gestionnaires de réseau s’étant trouvés à court de moyens permettant de conserver l’équilibre du système. Pendant cette période, la consommation avait baissé, ce qui avait permis d’analyser in vivo l’impact d’une proportion plus importante d’ENRi.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/06/black-out-elisabeth-borne-et-francois.html

https://threadreaderapp.com/thread/1272219764421799937.html

 Californie, aout 2020 : Trop chaud ! : coupure brutale du réseau, les 33 % d’ENR par temps de canicule fournissent que dalle, pas assez de pilotables.


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/canicule-covid-enr-et-nucleaires-qqs.htmlhttps://twitter.com/EricSartori3/status/1297067391009067008

France-Europe, 8 janvier 2021 : vers 14h, variation brutale de la fréquence électrique sur le réseau européen – l’Europe coupée d’urgence en 2 pour éviter un effondrement du réseau

Texas et Oklahoma, février 2021 : trop froid !  une tempête de froid, les ENR au tapis et le gaz censé suppléer aux ENR quand elles ne fonctionnent pas,  gelé. 4.5 millions privés d’électricité par grand froid, plusieurs dizaines de morts. (58?)




https://twitter.com/EricSartori3/status/1362158907871879172

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rollink-black-out-blackout-tournants-au.html

Note de France Stratégie  : https://www.strategie.gouv.fr/publications/securite-dapprovisionnement-electrique-europe-horizon-2030: Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage.

 https://twitter.com/EricSartori3/status/1363974762779803654?s=19

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

La PPE et le 100% ENR encore moins, ça passera pas !

,En avant vers un futur brillant selon le Rac et NegaWatt !

dimanche 21 mars 2021

Perspective de la demande française d’électricité d’ici 2050, Académie des Technologies_mars 2021

 Note précieuse de l’Académie des Technologies, reference : http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2021/03/10/20/46/10/c568c3dc-9738-4a03-ba45-141e3b75c086/Avis_besoins_energie_2021.pdf


Une stratégie nationale basse carbone et une PPE irréalistes !

 La consommation annuelle d’électricité en France a été d’environ 470 TWh, décarbonée à plus de 90% ; dans le même temps, les consommations de pétrole et de gaz naturel ont été respectivement d’environ 900 TWh et 450 TWh. L’électricité ne représente aujourd’hui que le quart de la consommation d’énergie. Les seules économies d’énergie ne suffiront pas à sortir du pétrole et du gaz naturel : comme le prévoient également l’Allemagne et la Grande-Bretagne, le recours à l’électricité en France devra croître significativement pour se substituer aux consommations de pétrole et de gaz. Diverses estimations récentes sous-estiment cette croissance. Or des anticipations erronées affecteraient la sécurité de notre approvisionnement énergétique et la vie quotidienne des français.


Les hypothèses de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC - 630 TWh en 2050) sont trop basses !

Après économies d’énergie (50 % des consommations actuelles selon un objectif ambitieux), et en faisant l’hypothèse d’un potentiel de bioénergies de 425 TWh (jugé optimiste dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie ; les bioénergies représentent actuellement 180 TWh) ;  la demande d’électricité (470 TWh actuellement) pourrait aller de 730 TWh à plus de 840 TWh en 2050 si l’on intègre un doublement de la demande d’hydrogène par rapport à son niveau actuel.

 La demande d’électricité sera encore plus élevée si la part des renouvelables intermittents est élevée, et celle du nucléaire faible ou nulle. En effet un mix dominé par des énergies intermittentes nécessite un stockage important de méthane ou hydrogène, puis une conversion en électricité (Power-to-Power) ; le médiocre rendement de cette chaîne pèse sur le besoin primaire en électricité

 En outre, la sortie du pétrole et du gaz naturel ne se fera pas « TWh pour TWh ». L’électrification d’une partie des usages permet de réduire la consommation d’énergie finale grâce au rendement élevé de certains processus électriques. A contrario, pour d’autres usages, il faudra développer des carburants de synthèse liquides ou gazeux à partir d'hydrogène produit par électrolyse et de gaz carboniqueOr les rendements des processus de production de carburants de synthèse à partir d’électricité ne dépassent que rarement 40 %. Les conséquences du couplage intersectoriel sur la demande totale d’électricité doivent être prises en compte…

 Doublement de la consommation d’électricité par rapport à l’actuel : c’est aussi ce qu’estiment l’Allemagne et l’Angleterre !

 L’Allemagne anticipe un quasi-doublement de sa consommation annuelle d’électricité en 2050 ; elle atteindrait 1 000 TWh.  Selon le Gouvernement britannique, la consommation annuelle d’électricité devrait doubler d’ici 2050.

 Commentaire : En 2015, l'Ademe estimait à 400 TWh la demande en électricité en 2050. Deux ans plus tard, elle évoquait une conso à plus de 500 TWh. La SNBC retient désormais 630 TWh. Pour l'Académie des technologies la demande pourrait même monter jusqu'à 850 TWh.

 Nous sommes les seuls à anticiper une aussi faible augmentation de la production d’électricité, et c’est là-dessus, sur une PPE et une SNBC irréalistes que nous basons tout le reste, notamment les besoins en nucléaire et en extension de réseau. Ca le fait pas !

 Et la conséquence s’impose : il va falloir jeter la PPE à la poubelle et tout refaire!


Le problème de la pointe et la sécurité du réseau :

Pour dimensionner un système électrique avec une forte proportion d’énergies intermittentes, un autre paramètre essentiel est la puissance appelée à la pointe ; elle a dépassé en France 100 GW en 2012, et elle était de 89 GW dans les conditions climatiques fréquentes de début janvier 2021. On peut admettre qu’une meilleure gestion de la demande grâce notamment à des signaux tarifaires pertinents, une plus grande efficacité des moyens de chauffage et le développement de marchés de capacité permettront de contenir la croissance de la pointe en deçà de la croissance de la demande moyenne ; elle pourrait cependant atteindre, voire dépasser 130 GW d'autant que les pompes à chaleur directes, même si elles permettent une réduction de la consommation, connaissent une chute de rendement aux basses températures.

D’où les recommandations de l’Académie des Technologies sur la prévision de consommation :

- Préparer une forte croissance de la production d’électricité ; La sortie du pétrole et du gaz naturel va nécessiter une croissance de la production d’électricité de 55 % à 85 %.

- La pointe augmentera de plus de 30 %.

 - Les hypothèses à long terme concernant les moyens de production et les réseaux doivent prendre des marges pour ne pas risquer de contraindre la disponibilité et le coût de l’énergie

La construction d’hypothèses de coût

Certaines études récentes projettent une décroissance régulière du coût d'investissement des énergies renouvelables intermittentes. Il est vrai que ces énergies ont connu d'importantes réductions de coûts ces vingt dernières années ; mais des extrapolations à des horizons lointains et sans asymptote sont discutables. En outre les études publiées ne prennent pas généralement pas en compte les coûts induits pour le renforcement des réseaux. »

« Il conviendra d'être particulièrement sensible à l'anticipation du coût des moyens de stockage et de conversion d'énergie (Power-to-Power). Ces moyens sont indispensables pour garantir la fourniture d’électricité (énergie consommée mais aussi puissance appelée) lorsque les énergies intermittentes produisent peu ce qui peut durer plusieurs jours voire semaines consécutives ; les ordres de grandeur des capacités à installer peuvent dépasser 80 GW pour satisfaire les pointes, avec des facteurs de charge très faibles et donc des coûts élevés »

« Les hypothèses de coûts d’un nouveau nucléaire «  ne peuvent se fonder sur le seul coût de réalisation d’unités prototypes comme les EPR finlandais et français, alors que l’écosystème d’approvisionnement avait disparu et que l’expérience de conduite de grand projet s’est perdue (pas de construction pendant quinze ans »

référence indiquée : OECD NEA - Unlocking Reductions in the Costs of Nuclear: A Practical Guide for Stakeholders - https://bit.ly/3b1TF1  

« Comme le propose RTE de multiples scénarios doivent être investigués ; il ne faudra cependant pas que les décisions soient prises au seul vu de simulations économiques nécessairement très incertaines ; mais il faudra intégrer les risques de dimensionnements insuffisants (sécurité énergétique) ou de réalisations tardives des investissements, qui pèseraient sur la croissance. En outre les défaillances de réseau (pannes) ont un coût direct et immédiat. »

Commentaire : certains se spécialisent dans les hypothèses de coût  systématiquement favorables aux ENR et tout autant systématiquement défavorables au nucléaire. Particulièrement visés ici Quirion et al, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3592447

Et finalement les recommandations de l’Académie des Technologies :

 - Anticiper des évolutions de coût raisonnables et justifiées

- Ne pas prolonger à l’infini les baisses de coût des énergies renouvelables. Admettre des baisses par apprentissage et effet de série pour les autres modes de production d’énergie (NB : le nouveau nucléaire)

- Prendre en compte le coût de la chaîne Power to Power requise dans les scénarios à forte composantes d’énergie intermittente (forte capacité, faible utilisation).

- Intégrer dans les décisions les coûts directs, mais aussi les coûts induits (sécurité d’approvisionnement).

-Prendre en compte l’augmentation du coût du réseau de transport et de distribution (faibles économies d’échelle ; longs délais de réalisation)

Commentaires :

Sur les coûts et l’acceptabilité du réseau : Il faudrait tirer les leçons de l’Energiewende,- les Allemands nous ont déjà précédés sur ce chemin et se sont plantés, et en beauté/. En 2018, ils prévoyaient 52 milliards d’euros, maintenant, ils annoncent 110 milliards d’euros pour 2050. En fait, depuis le début, les estimations ont été multipliées par 5. Et pour l’acceptabilité : L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes et elle accueille des milliers de km2 de panneaux solaires. Mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. Sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km…

 Sur le stockage : Non seulement on est très loin de prévoir quelque coût que ce soit, mais même la faisabilité technique…on est loin d’une approche réaliste. Ainsi la batterie géante de Tesla en Australie occupe un hectare pour stocker…  8 min de fonctionnement d’une centrale nucléaire typique de 1 000 MW.

cf https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/le-stockage-de-lelectricite-realites-et.html

 Sécurité du réseau et  situation de court terme (2020-2030). Urgence de décider pour le nucléaire

Comme France Stratégie, l’Académie des Technologies s’inquiète de la baisse de la production pilotable en Europe et recommande :

 - d’anticiper le déclassement rapproché d’unités de production européennes

- d’évaluer finement les conséquences du déclassement d’unités de production charbon, lignite ou gaz de pays limitrophes.

-d’actualiser le potentiel d’importation lors des pointes de demande française au regard de la capacité des lignes et de l’offre européenne.

-d’ accélérer le développement des marchés de capacités, et la gestion de la demande

Commentaire : France Stratégie - Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? Étienne Beeker avec la participation de Marie Dégremont – janvier 2021 ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

 Quelques certitudes sur l’avenir : des décisions urgentes à prendre !

 1) Il n’y aura pas d’industrie française des moyens de production d’énergie sans une vision claire et stable du futur. Actuellement, la valeur ajoutée des équipements solaires et éoliens ainsi que des batteries est pour l’essentiel importée.

2)  un très fort renforcement du réseau électrique sera nécessaire pour permettre l'acheminement d’une puissance électrique fortement augmentée, depuis des sites éloignés du réseau actuel (éolien en mer) et/ou très diffus (énergie solaire, alimentation d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène ou la charge rapide des véhicules électriques, etc.); l'expérience montre de sérieuses réticences des territoires concernés par la réalisation de nouvelles lignes électriques haute, moyenne ou basse tension.

3)  le développement envisagé des énergies intermittentes va requérir des moyens de stockage ; il faut rapidement prendre une option sur les technologies requises qui comprendront certainement des batteries, mais aussi probablement du stockage sous forme de molécules gazeuses (H2 ou méthane). Une chaîne de stockage passant par le méthane (méthanation) présente l'important bénéfice d'utiliser des installations existantes, mais elle est pénalisée par un rendement plus faible qu’une chaîne H2.

4)  Il faut décider la place future de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique au regard des coûts, des risques et des bénéfices. Elle peut garantir une continuité de fourniture d’électricité décarbonée et pilotable. Elle permet donc de fortement réduire les quantités d’énergies à stocker pour faire face à la variabilité des énergies intermittentes, mais aussi de réduire les coûts de renforcement et d’extension du réseau ; et elle contribue de manière très significative à la stabilité du système électrique. Attendre n’est pas une option, compte tenu de l’inéluctable disparition des compétences et de l’outil industriel nucléaire en l’absence de projets nouveaux.

 Compte-tenu des constantes de temps, il faut  préciser sans attendre des choix raisonnés pour la transition énergétique !

 Recommandations : décisions rapides nécessaires !

- Décider des grands choix technologiques (notamment nucléaire et stockage intersaisonnier d’énergie).

- Bâtir une politique industrielle associée à la transition énergétique.

- Anticiper l’extension du réseau électrique haute tension et le renforcement des réseaux électriques basse, moyenne et haute tension. 

dimanche 31 mai 2020

Au Royaume-Uni, le nucléaire fait partie de la relance !

L’Angleterre constate qu’elle a besoin de nouveau nucléaire !


Partant d’une situation analogue à celle de l’Allemagne concernant le charbon et la production électrique, l’Angleterre est en quelques années parvenue à sortir du charbon avec un développement important de l’éolien et du gaz. Sauf que cette situation a conduit à plusieurs avertissements graves puis à un vrai  black-out. Ironiquement,  le vendredi 9 août, à 16 h 16, le gestionnaire du système électrique britannique communiquait  fièrement que le part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %,  une demi-heure plus tard : black-out : Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante et près d’un million de britanniques ont été privés de courant ! D’autres catastrophes ont été évitées de justesse.

D’autre part, depuis le coronavirus, l’Angleterre se trouve directement confrontée au problème de l’intermittence des ENR dont l’intermittence ne peut plus être régulée dans une situation de faible consommation conduisant à un risque accru de black out et à des situations absurdes  ; ainsi, le 24 Mai, le Royaume-Uni payait 39 £/MWh à ses voisins européens pour écouler son surplus d'électricité éolienne…. Et payait également pour importer de l'électricité française, belge ou hollandaise quand le vent ne soufflait pas . Fiasco de l'électricité non pilotable.

A laquelle l’Angleterre va remédier par la construction de nouveaux nucléaire, notamment des EPR- Deux supplémentaires à  EPR à Sizewell C en Angleterre, pour lesquels EDF-Energte va soumissionner .

Lord West : « A moins que notre nation ne s’unisse autour d’un nouveau programme nucléaire, l’avenir sera sombre !

Il est intéressant de reprendre dans ce contexte une tribune du très respectable Lord West (Alan William John West, Baron West of Spithead, amiral en retraite de la Royal Navy, ex First Sea Lord et Chef des Forces Navales Britanniques Sous-Secrétaire d’Etat au Home Office entre 2007 et 2020, sous Gordon Brown). Oui, un Lord travailliste (Labour) pur jus,


Extraits : “Nous devons commencer à nous attaquer à la crise dans l’approvisionnement énergétique futur du Royaume-Uni - le nucléaire et les énergies renouvelables peuvent fournir un système sûr et à faible émission de carbone et répondre à la demande croissante d’électricité. Le gouvernement semble inactif et ne s’attaque pas à la crise de l’approvisionnement énergétique futur qui pèse sur notre pays. Alors que les anciennes centrales nucléaires arrivent à la fin de leur vie et que les centrales au charbon seront fermées, dans moins d’une décennie, la crise sera à nos portes. Le plan selon lequel un tiers des besoins énergétiques serait comblé par le nucléaire est clairement en plein désarroi et il doit y avoir un réel doute quant à savoir si les énergies renouvelables peuvent combler le vide.

« Il est regrettable que les gouvernements successifs aient gaspillé les atouts que nous avions  dans la production d’énergie nucléaire civile et qui faisaient de nous un chef de file mondial ; aujourd’hui notre pays ne peut même pas construire une grande centrale nucléaire sans l’expertise étrangère. Il est difficile de se rappeler que nos plus grandes exportations vers le Japon depuis un certain nombre d’années étaient reliés au secteur nucléaire nucléaires, notamment  équipement et propriété intellectuelle. Maintenant, trois des nouvelles centrales nucléaires prévues à Moorside, Wylfa et Oldbury semblent avoir été abandonnées après désistement  de Toshiba et Hitachi.

Hinkley Point C dans le Somerset , qui sera construit en utilisant expertises et capitaux français et chinois est la première nouvelle centrale nucléaire du Royaume-Uni en une génération. Il aura une capacité de 3,2 GW, produisant de l’électricité à faible émission de carbone pour répondre à 7% des besoins du Royaume-Uni - assez pour alimenter 6 millions de foyers. Malgré les inquiétudes concernant les coûts et les retards, il semblerait que le plan de début de l’exploitation en 2025 demeure inchangé. »

Commentaire : Le secteur nucléaire civil britannique, l’un des premiers et des plus développés au monde a été rayé de la carte. C’est la même chose qui a failli arriver au puissant secteur nucléaire français (encore 220 emplois, tout de même), qui a assuré à la France une certaine indépendance énergétique après le choc pétrolier, une énergié abondante, à bas coût et décarbonée, de par la lâcheté et les accords électoraux irresponsables de certains forces politiques, le militantisme des écolos khmer verts, bigots, irrationnels et scientifiquement ignares-cf. le rapport Folz.

Extraits « Le nucléaire est la seule source d’électricité fiable à faible émission de carbone. De nouvelles centrales nucléaires, aux côtés des énergies renouvelables, seront essentielles pour atteindre notre objectif Net Zero et décarboner notre économie d’une manière supportable pour les consommateurs. Le parc nucléaire existant évite 20 millions de tonnes d’émissions de carbone chaque année.
Le nucléaire produit de l’électricité à faible émission de carbone toujours disponible». En raison de la stabilité de l’énergie nucléaire fournit, il peut être utilisé pour compléter l’électricité produite par les énergies renouvelables. Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables peuvent fournir un système sûr et à faible émission de carbone où les risques d’intermittence sont réduits au minimum. Il n’est pas étonnant que la commission du changement climatique ait identifié le nucléaire en conjonction avec les énergies renouvelables comme le moyen de répondre à l’exigence inévitable de quadrupler la production d’électricité à faible émission de carbone du Royaume-Uni.

Commentaire : Eh ben, ils en ont dela chance, nos amis british, d’avoir une cpmmission du changement climatique intelligente ! Pour avis à Elisabeth Borne !

« En 2018, le parc opérationnel de huit centrales nucléaires du Royaume-Uni a fourni 65 TWh d’électricité, soit 20,1 % de l’électricité produite en Grande-Bretagne et 19,5 % de l’électricité produite au Royaume-Uni. Les besoins énergétiques annuels totaux pour 2032 devraient atteindre 1 000 TWh. Les prévisions du gouvernement montrent également que les besoins en électricité seront beaucoup plus élevés. D’ici 2032, il est possible que les seules centrales nucléaires fournissant de l’électricité au réseau soient Hinkley Point C, Sizewell B et Sizewell C (toujours pas finalement approuvées). Sizewell C sera une quasi-réplique de Hinkley Point C et utilisera la même conception. Par conséquent, le coût sera plus faible en raison de la réduction du risque de construction du deuxième projet dans une série. Cela devrait signifier que Sizewell  est comparable au coût d’autres projets à faible émission de carbone »

“L’entreprise nucléaire d’État chinoise CGN finance un tiers de Hinkley en échange de la possibilité de construire sa propre conception de réacteur à Bradwell avec le soutien d’EDF…

Notre nation n’a pas une politique énergétique future cohérente et notre programme nucléaire civil est en plein désarroi.  L’énergie nucléaire est un « projet d’infrastructure » que nous devons faire. Notre nation doit réintégrer la course et reprendre la tête qui a été si désastreusement jetée par les gouvernements successifs. L’accord de 200 millions d’euros sur le secteur nucléaire l’an dernier, qui comprend le soutien aux technologies nucléaires de pointe, est un petit pas dans la bonne direction. Nous devrions former plus d’ingénieurs nucléaires et nous concentrer sur de nouvelles recherches. L’efficacité des petits réacteurs modulaires construits au Royaume-Uni devrait être étudiée ainsi que l’utilisation du grand stock de plutonium de Sellafield pour produire de l’énergie.

À moins que notre nation ne s’unisse sur cette question, l’avenir sera sombre !

Le coût de Hinkley Point : L’EPR est –il cher ?

Reprise avec des éléments nouveaux d’une tribune de Joris Van Dorp, répondant à des attaques de media hollandais sur le cout du nouveau nucléiaire  

Un plan de 16000 MW de nouvelles centrales nucléaires

Extraits : « Deux réacteurs nucléaires de type «EPR» (European Pressurized Reactor) sont en cours de construction à Hinkley Point. La conception a été développée par un consortium de la société française Framatome et de l'allemand Siemens. (NB 2 x 1600 MW)
Ces deux réacteurs sont la première partie d'un plan national, lancé en 2008, pour construire 16000 MW de nouvelles centrales nucléaires en Angleterre pour soutenir la transition énergétique du Royaume-Uni vers un système énergétique propre, fiable et abordable, avec des émissions de CO2 considérablement plus faibles. »

« Par rapport aux conceptions antérieures, l'EPR comprend de nouvelles fonctionnalités pour répondre aux exigences de sécurité strictes du gouvernement allemand en particulier . Par exemple, il y a une double enveloppe de bâtiment en béton pour se protéger contre les impacts potentiels des avions, et il n'y a pas moins de quatre types différents de systèmes de refroidissement indépendants fournis. Ces systèmes de refroidissement sont là pour prévenir les dommages accidentels au cœur du réacteur (et donc le risque de fuite de matières radioactives dans l'environnement) en cas de catastrophe naturelle, de panne d'équipement ou d'erreur humaine. »

L’EPR n’est pas cher !

Pour savoir si le HPC à 25 milliards d'euros est vraiment cher, il faut comparer les coûts avec les bénéfices. Le HPC se compose de deux EPR d'une capacité nette combinée de 3200 mégawatts. Sur une base annuelle, ils fourniront ensemble 26 milliards de kWh au réseau électrique britannique. C'est assez d'énergie pour près de 9 millions de foyers. (Aux Pays-Bas, le HPC pourrait donc fournir à tous les ménages une électricité sans CO2.) Le HPC a une durée de vie de 60 ans, avec la possibilité de l'étendre à au moins 80 ans. HPC fournira plus de 1500 milliards de kWh d'électricité pendant 60 ans. Cela donne un coût de construction par kWh de 1,6 cent.

Les coûts d'exploitation après la mise en service de l'usine sont estimés entre 1,5 et 2,5 cents / kWh . Cela comprend tous les frais de fonctionnement pendant l'exploitation, y compris les frais de personnel, les frais de combustible, les permis, l'assurance, l'entretien, les taxes et les primes du fonds de déclassement et du traitement et, surtout, l'élimination finale des déchets nucléaires.

Les coûts de construction et les coûts d'exploitation ensemble sont donc au maximum de 4,1 cents / kWh. Ce n'est en aucun cas le prix d'exercice du CfD de 11,3 cents que le propriétaire de HPC obtiendra. Qu'advient-il de la différence de 7,2 cents / kWh? Eh bien, cela sera payé sous forme de prime (intérêts, dividendes ou autres formes de distribution des bénéfices) aux investisseurs et prêteurs de HPC, à savoir les fonds (de pension) et les participations (étatiques) de la France et de la Chine qui sont les propriétaires du projet . (Le gouvernement britannique s'était interdit de participer aux investissements dans l'énergie nucléaire pour des raisons politiques antinucléaires, bien que cette politique semble s'être adoucie ces dernières années, comme indiqué dans le rapport NAO sur le HPC, que nous verrons ci-dessous.)

Si le prix de 11,3 cents continue d'être réalisé même après l'expiration du CfD de 35 ans, les propriétaires gagneront encore 100 milliards d'euros (7,2 cents x 1500 milliards de kWh) sur la durée de vie de 60 ans de HPC, en plus de la récupération de l'investissement initial de 25 milliards d'euros et des coûts de fonctionnement sur 60 ans. Ces 100 milliards représentent la compensation du risque que les investisseurs prennent pour financer et faire fonctionner HPC pendant 60 ans.

Pourtant, malgré le coût de construction relativement élevé, le coût total par kWh pour les investisseurs reste faible. Ces 4,1 cents / kWh sont comparables aux coûts d'une centrale électrique fossile et bien inférieurs aux coûts de la combinaison équivalente (stable, indépendante) la moins chère de panneaux solaires et d'éoliennes plus un stockage avec des batteries et de l'hydrogène, dont les coûts peuvent fonctionner jusqu'à 50 cent / kWh .

Par rapport à d'autres options - en particulier d'autres options stables à zéro carbone - le HPC est «terriblement bon marché».

Cher pour les consommateurs, mais bon marché pour la société: tel était l'essentiel de la conclusion du National Audit Office (NAO ) du Royaume-Uni . Dans son audit du projet HPC, le NAO a conclu que jusqu'à six (!) HPC auraient pu être construits pour les 11 cents / kWh du HPC CfD, si l'État britannique avait financé le projet lui-même avec des obligations d'État bon marché.


« Le HPC est donc avantageux pour la prospérité nationale, malgré la grande taille de l'investissement et le prix élevé du CFD. Cela explique pourquoi le gouvernement britannique souhaite utiliser l'énergie nucléaire dans le cadre de son climat / énergie. De plus, les Britanniques bénéficient d'une électricité à faible coût, stable et zéro carbone, sans pollution de l'air. »

Les États membres d'Europe orientale souhaitent également utiliser l'énergie nucléaire pour cette raison et s'opposent donc aux tentatives de l'Allemagne, de l'Autriche et des Verts d'exclure l'énergie nucléaire de la politique climatique / énergétique européenne.

L’avenir européen et mondial du nucléaire

Le gouvernement britannique sait que - malgré la taille de l'investissement initial - chaque centrale nucléaire deviendra tôt ou tard une énorme vache à lait et que la réalisation d'une société sans fossiles et sans énergie nucléaire n'est pas crédible . C'est pourquoi il voudra probablement s'appuyer sur l'expérience du HPC et veiller à ce que le capital humain et les chaînes d'approvisionnement industriel qui se construisent finalement ne soient pas perdus à nouveau, mais seront développés et utilisés…
De nombreux coûts pour HPC - mise en place des chaînes d'approvisionnement requises et formation d'une nouvelle génération de techniciens et d'ingénieurs - sont uniques. Plus il y a de centrales construites, plus les coûts diminuent, tout comme c'était le cas lors de la construction de la première vague de centrales nucléaires dans les années 60 et 70, et comme pour toutes les activités industrielles que l'humanité développe… tant qu'elles sont pas sabotées

Un modeste programme de construction européen visant à utiliser les réacteurs EPR pour remplacer le parc actuel de réacteurs nucléaires suffirait - selon la Commission européenne - à diviser par deux les coûts de construction moyens des centrales par rapport au prix global du HPC, à savoir moins de 4 milliards par GW.

Dans son rapport d'audit pour HPC, le NAO a également émis des suggestions sur la manière dont le gouvernement pourrait procéder pour transférer davantage des avantages des futurs projets d'énergie nucléaire des investisseurs aux consommateurs. Par exemple, le prix de l'électricité peut être abaissé en transférant une partie du risque du projet de l'entrepreneur à la société, ce qui entraîne une baisse des coûts en capital (intérêts et dividendes). Étant donné que le risque du projet pour la construction de nouvelles centrales nucléaires est principalement politique, il ne serait pas illogique de transférer davantage de ce risque au public, dans l'esprit du «pollueur-payeur»….

Tout comme ailleurs en Europe, la controverse et la confusion concernant la politique climatique et énergétique prévalent également au Royaume-Uni. Il est à noter que l'industrie des fossiles travaille avec le mouvement environnemental par intérêt financier pour contrecarrer le développement de l'énergie nucléaire. Après tout, tant que les militants du climat continuent de se concentrer sur le vent et le soleil, refusant de tenir compte des institutions scientifiques publiques qui soutiennent qu'une expansion de l'utilisation de l'énergie nucléaire est nécessaire pour éviter un coût de l'énergie considérablement plus élevé à l'avenir, la construction de nouvelles centrales nucléaires les centrales électriques en Europe seront encore plus gênées.

En conséquence, l'industrie des fossiles et le mouvement environnemental sont satisfaits du chaos dans le secteur nucléaire occidental, ainsi que de la fermeture et du remplacement en cours des centrales nucléaires en exploitation par des centrales à combustibles fossiles subventionnées et de l'énergie verte.

Et les succès du développement nucléaire en Russie et en Chine sont complètement ignorés.

Les techniciens travaillent sur le réacteur surgénérateur rapide de «quatrième génération» de type BN-800 en Russie qui a été mis en service en 2016. D'une capacité de 880 MW, ce réacteur fournit près de deux fois plus d'électricité que la centrale nucléaire de Borssele, mais avec seulement un centième de la consommation d'uranium et avec des performances de sécurité (encore) supérieures.

Pourtant, tôt ou tard, l'énergie nucléaire sera à nouveau adoptée en Europe. Outre l'impact favorable sur les émissions de CO2, les autres avantages environnementaux et économiques de la technologie moderne de l'énergie nucléaire sont tout simplement trop importants pour être ignorés.

Le reste du monde ne les ignorera certainement pas, car ce n'est qu'avec l'aide de la technologie de l'énergie nucléaire qu'il sera possible de produire de l'électricité, de la chaleur et des combustibles synthétiques sans fossiles et sans émissions, moins chers (sans subventions) que leurs versions fossiles. »

Commentaire : « et dire que les Anglais ont quitté l’Union Européenne… Ils seront libres de développer le nucléaire.