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lundi 5 avril 2021

Brève chronique de quelques black-out

 Dédié aux tweets récurrents des fanas des ENR sur tel jour à telle heure, le pourcentage d’éolien et de solaire a dépassé un nombre mirifique

Australie du Sud,  30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne,  la totalité des habitants d'Australie-Méridionale privés d'électricité pendant plusieurs heures, après déjà plusieurs black out partiels ; 45%  d’éolien, un prix de l’électricité quadruplé. Le gouvernement travailliste perd les élections.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/01/electricite-vers-le-grand-noir-le.html

Angleterre, 9 août 2019, 16 h 16. Le gestionnaire du système électrique britannique communique fièrement : Ce matin, la part de l’éolien dans le mix énergétique britannique atteignait près de 50 %, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, Une demi-heure plus tard : black-out. Londres et le sud de l’Angleterre, du Lincolnshire, à l’est, aux Cornouailles, à l’ouest, sont touchés par une panne d’électricité géante ! plus de métros à Londres, dans les hôpitaux, on termine les opération à la lumière de téléphones portables


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/trop-denr-black-out-assure.html

Le 21 avril/23 mars 2020, en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à  49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation. Idem pour l’Allemagne et  l’Angleterre , les gestionnaires de réseau s’étant trouvés à court de moyens permettant de conserver l’équilibre du système. Pendant cette période, la consommation avait baissé, ce qui avait permis d’analyser in vivo l’impact d’une proportion plus importante d’ENRi.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/06/black-out-elisabeth-borne-et-francois.html

https://threadreaderapp.com/thread/1272219764421799937.html

 Californie, aout 2020 : Trop chaud ! : coupure brutale du réseau, les 33 % d’ENR par temps de canicule fournissent que dalle, pas assez de pilotables.


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/canicule-covid-enr-et-nucleaires-qqs.htmlhttps://twitter.com/EricSartori3/status/1297067391009067008

France-Europe, 8 janvier 2021 : vers 14h, variation brutale de la fréquence électrique sur le réseau européen – l’Europe coupée d’urgence en 2 pour éviter un effondrement du réseau

Texas et Oklahoma, février 2021 : trop froid !  une tempête de froid, les ENR au tapis et le gaz censé suppléer aux ENR quand elles ne fonctionnent pas,  gelé. 4.5 millions privés d’électricité par grand froid, plusieurs dizaines de morts. (58?)




https://twitter.com/EricSartori3/status/1362158907871879172

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rollink-black-out-blackout-tournants-au.html

Note de France Stratégie  : https://www.strategie.gouv.fr/publications/securite-dapprovisionnement-electrique-europe-horizon-2030: Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage.

 https://twitter.com/EricSartori3/status/1363974762779803654?s=19

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

La PPE et le 100% ENR encore moins, ça passera pas !

,En avant vers un futur brillant selon le Rac et NegaWatt !

mercredi 17 février 2021

Rolling Black out (Blackout tournants) au Texas et en Oklahoma !

 Toujours les mêmes causes : trop d’ENR,  pas assez de pilotables,  trop d’ENR, une libéralisation destructrice

Le Texas et l’Oklahoma sont confrontés à un black out consécutif à une vague de froid  (tempête URI) certes un peu rude pour la région  (typiquement, Austin -23/0°C ; Oklahoma -14/7°C). Près de 3 millions de foyers au Texas ont été privés d’électricité et des pannes d’électricité se propagent dans le centre des États-Unis. 

Les causes : un mix électrique faisant  trop de place aux ENR, et trop peu aux pilotables. Ainsi, le solaire est à  0, l’éolien à 4 GWe pour 22 GWe installés. Il manque 27 GWe de gaz, les installations sont gelées.

Par contre, le nucléaire était au début de l’incident à 100%, les 4 centrales  Comanche Peak et South Texas produisaient à pleine puissance. …Malheureusement, l’un des réacteurs de South Texas s’est arrêté automatiquement suite à une fausse alerte sur un circuit de refroidissement non radioactif  Ca laisse quand même le nucléaire à 75% et heureusement, parce que dans ces conditions le nucléaire est une assurance vie. La preuve est faite qu’ il ne peut se remplacer par de l’éolien, ou même par de l’éolien plus du gaz !

 https://twitter.com/ValerieFaudon/status/1361408971949678601; https://twitter.com/buchebuche561/status/1361056733037268994?s=09

Une autre cause est la libéralisation du système : dixit le Financial Time (si, si !) : « La vague de froid s’avère un test particulier pour le modèle d’électricité du Texas. Les producteurs ne sont payés que pour l’énergie qu’ils vendent, et non pour maintenir la capacité en réserve en période de stress. Les détaillants d’électricité sont en concurrence féroce pour les clients et peuvent ajuster les prix en fonction des conditions du marché, contrairement aux monopoles d’utilité publique qui opèrent dans d’autres États »

https://www.ft.com/content/4d07eedc-b3ec-417e-8cb1-5895178c9f9b

Enfin, une troisième cause particulière au Texas est le manque d’interconnections de leur réseau : les  Texans prisent tellement l’indépendance vis-à-vis de l’Etat fédéral qu’ils ont peu relié leur réseau aux autres États afin d’échapper à la compétence de la FERD (Federal Energy Regulatory Commission) 

En gros, mêmes causes, mêmes effets que le black out de la Californie cet été, au remplacement près de la chaleur par le froid  (cf https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/10/la-crise-de-lelectricite-en-californie.html ; https://twitter.com/EricSartori3/status/1297067391009067008)

Et comment ça se passe ? Ca commence comme ça !

Donc allons-y : vous recevez ça sur votre téléphone

Et aussi ça !

“If the forecast and prices are too extreme for you right now, we understand if you want to switch providers”

” Si les prévisions et les prix sont trop extrêmes pour vous en ce moment, nous comprendrions que vous vouliez changer de fournisseur” (NB certains fournisseurs vous proposent même 100 dollars ou une loterie avec une Tesla pour grand prix si vous dégagez tout de suite de chez eux…)

Et après : extrait de discussion sur les réseaux : Apocalypse just started ?

Will there be a warning before shutting off? What’s the time frame we’ll be off?... That’s  asking too much…

I have friends near Dallas and Houston without power now, and I’m in Tyler without power.. is it really rolling? Or is the whole state without power. Austin is also without power, Apocalypse just started?

THIS IS NOT ROLLING !

Off 45 minutes, on 10, now back off again? How often are these rotating outages? So what’s the point of rolling twice in one hour? Seriously. We got it back 20 min ago and we’re out again…

Our third outage started at 2 am has now been more than an hour of no power.   Thought this was rolling, max 45 min?????  Trying to report get automated disconnect on phone and website is crashed…

I'm here in Lancaster, TX we are going passed 10 hours without power. I have a 77 year old mother who lives here with us…

We only get power for 10 minutes and lose it for 45 - 60 minutes. Happened 4 times now. Temp keeps dropping…Totally UNACCEPTABLE to not be able to give a restoration of power update. Power out for 3 hours in 75010. This is NOT rolling, and I want an UPDATE on power restoration.

Any reason ours has been down about 3 hours instead of 45 minutes? It's getting really cold inside.

My electricity has been off since 2:22 and your phone, website and return text messages for outages are down. It’s now 7:30 am. 5 hrs w/out power in 7 /-11 temps windchill warning. Freezing. What is going on? This isn’t “rolling”!

We have been without power for more than six hours. We are freezing and considering moving to a hotel. Will you cover the expenditures in our next bill or just bring power back to us?

I will also reduce your payment from 15 to 45 %....

Plus dramatique

This is frightening. My power is off. I have a well - that means my water  is also off and pipes may also freeze!!!...So what is the protocol if homes are damaged because pipes freeze or heaters done restart after you cut power. Do we just send you those bills?

Power has been out for over an hour and expected to be out for over two more hours. That is NOT 15-60 minutes. It's 6 degrees with a wind-chill of -12. This is dangerous for my family and small children…Inside temps are nearing 32 (NB : 0°C). Pipes froze so no water now as well. Please restore my power!!...

Réponse d’un voisin compatissant : Share a bed. Alternatively, let the kids build a pillow fort and cover it with blankets. Small spaces are easier to keep warm

We just brought our baby home from Neonatal Intensive Care Unit after 70 days on Friday who requires oxygen and monitoring. We now have no power or heat, a warning would have been helpful ?

I have my thermostat sat at 66 - but my son is handicapped - I can't get him out of his chair if the electricity is off - can you not send a text to let us know in advance?

My aunt is on oxygen and requires electric to run the machine what do we do ? My father in law too. They contacted OGE. They recommended extra portable tanks and said this will happen over next 3 days daytime only.

Here, no power also means no running water and no sewer, since we're on well and septic. That's very serious hardship, esp. given I am caregiver for my elderly cancer patient father

Why are you shutting off power to a 100% double amputee veteran who needs the heat in his home as well as powering other medical devices ? He is dealing with infections that require a constant pump and has been on home health since Christmas.  We sent in all forms for avoid rolling outages and disruption.  It's painful to watch him struggle in this much pain.

Conclusion : 

“Class action lawsuit time?”

Ben oui, à la mode américaine. Sinon, faisons tout pour éviter cela, en particulier gardons et développons notre nucléaire. Pour avis aux Jadot-écolos bigots antinucléaires et babas vantant les ENR 100%





vendredi 21 août 2020

Canicule, Covid, ENR et nucléaires, qqs nouvelles d’aout 2020 1)- Le contre exemple californien


Les canicules ne sont pas favorables aux ENR

On le sait, les périodes de canicules ne sont pas favorables aux ENR. D’abord, la consommation d'électricité augmente sensiblement en période de températures caniculaires, à cause notamment des climatiseurs et ventilateurs, et ces épisodes sont sans doute destinés à devenir de plus en plus fréquents, causant des pointes de consommation estivales.

Ensuite, si, comme souvent la canicule est liée à la présence d’un anticyclone, il y a absence de vent et les éoliennes ne tournent pas. Et quand on dit ne tournent pas, c’est nib de nib, typiquement moins de 5% de la puissance du parc pendant plusieurs jours. Et cela sur l’ensemble de l’Europe, les anticyclones ne connaissant pas les frontières.

Et c’est parfois pire. Ainsi, le 22 juillet 2019, les huit mille éoliennes françaises ne fournissaient quasiment plus d’électricité ; alors que la barre des 34°C a été localement dépassée sur une partie sud du pays, les éoliennes destinées à produire de l’électricité au réseau n’ont fourni que 607 MW soit 1% du total (Fédération Environnement Durable -FED). Dans un communiqué, la FED précise :

« Ces chiffres montrent l’inutilité de ces machines pharaoniques et l’erreur de vouloir poursuivre leur implantation alors qu’elles sont incapables de produire de l’électricité lorsque les consommateurs en ont besoin….La production intermittente des éoliennes dépend uniquement du bon vouloir du vent et non pas de leur gigantisme ou de leur nombre. Elles ne peuvent faire face ni aux vagues de froid, ni aux vagues de chaleur, c’est-à-dire au moment critique ou l’électricité d’un pays devient vitale. Un blackout est considéré comme une catastrophe potentielle nationale mettant en danger la sécurité des citoyens. »

Les panneaux solaires ne sont pas du tout flambards : ils ont trop chaud ; c'est un paradoxe, les panneaux solaires aiment le soleil, mais pas la chaleur ! Leur température idéale de fonctionnement est de 25 degrés. Au-delà, ils perdent jusqu'à 25 % de leur production.
Et ça a des conséquences.

Canicule 2020  en Californie : coupures de courant.



Donc, en pleine crise Covid et pic de chaleur, la Californie a  coupé le courant à plus de trois millions de Californiens.- des coupures tournantes qui  se sont étalées sur 4 jours. Que s’est il passé ?

« Vendredi 14 août, la Californie a ordonné des coupures de courant, alors qu’une vague de chaleur a mis à rude épreuve son système électrique. Alors que la Californie vivait une journée de canicule avec des températures atteignant 44°C (110 °F), en rentrant du travail vers 17 heures, les Californiens ont tous branché leur climatisation augmentant soudainement la demande d’électricité. En même temps alors que le soleil commençait à se coucher, la capacité solaire a perdu près de 1GW de puissance. Parallèlement, comme c’est souvent le cas en pleine canicule, il n’y avait pas un souffle de vent ce qui a privé les californiens de leur électricité éolienne. Moralité l’opérateur a d’abord demandé aux usagers de réduire leur consommation puis a dû couper l’électricité à près de 500 000 foyers durant une partie de la nuit. En pleine pandémie du COVID 19 qui sévit toujours en Californie, on ne connait pas les conséquences notamment sanitaires de ce blackout »

Ceci s’est passé dans un climat d’impréparation qui a suscité l’indignation des Californiens. Moins d'une heure avant les coupures tournantes le gestionnaire de réseau avait affirmé qu'elles ne seraient pas nécessaires, et s’était contenté d’un courrier appelant à couper les  climatisations et autres gros appareils électriques, à fermer les rideaux, etc.  Puis, l’agence qui gère le réseau électrique de l’État a  affirmé que des coupures de courant seraient finalement nécessaires pour équilibrer l’offre et la demande. Le  gouverneur s’est indigné que les régulateurs n’étaient pas préparés à cette situation….Bilans : coupures tournantes sur 4 jours !

La crise de 2020 n’est pas sans précédent et est le résultat d’une longue évolution

C’est que depuis des années, la Californie est en état total de déni quant à son système électrique. et la crise de 2020, particulièrement malheureuse par temps de Covid et de canicule, n’est que la conséquence d’une évolution catastrophique depuis la politique de libéralisation du pseudo »marché de l’électricité » des années 90.  Cet Etat qui se clame la 5ème puissance économique mondiale se rapproche dans son système électrique du tiers monde…Et aussi  de l’endroit où nous amène la politique énergétique (et en fait anticlimatique) de la Commission européenne.

La crise de 2020 : un mix électrique toxique : trop d’énergies intermittentes, pas assez de pilotables !

Intermittence de l’éolien et du solaire – lequel, contrairement à ce que l’on pense n’est pas forcément adapté aux contrées très ensoleillées

« Faute de vent dans l’Etat samedi, l’énergie produite par les éoliennes a chuté dramatiquement. Une seconde centrale à gaz n’a pas été suffisante pour compenser et obtenir la production nécessaire. L’État est confronté à un problème fondamental: la Californie est fortement tributaire de l’énergie solaire et d’autres sources d’énergie renouvelables, et le soir, l’énergie solaire disparaît, alors même que plus  de clients allument leur climatisation. »

Fier de sa transition énergétique, la Californie produit aujourd’hui un tiers de son électricité à partir d’énergies renouvelables intermittentes. On aurait tendance à dire un tiers heureusement. On a peine à imaginer ce qui se serait passé si l’état le plus peuplé des US produisait la moitié voire la totalité de son énergie à partie des ENR intermittentes. De nombreux experts et observateurs alertent depuis des années sur le risque de dépasser le seuil de 30% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique sans prévoir en back-up des unités pilotables capables de prendre le relais. »

 « Les énergies renouvelables, solaire et éolien pour l’essentiel sont intermittentes. En France, le soleil ne brille en moyenne que 1000 heures par an (soit 12% du temps) et le vent ne souffle que 2000 heures par an (soit un peu plus de 20% du temps). En moyenne, un mix 100% solaire ce serait accepter de l’électricité un jour sur dix et un mix 100% éolien ce serait en accepter un jour sur cinq. Par contre les énergies pilotables (charbon, gaz, nucléaire) sont capable, à la maintenance près, de fournir de l’électricité 100% du temps. Mais, en dehors de cette notion d’intermittence, l’éolien et surtout le solaire dépendent des aléas climatiques. Ainsi, si l’efficacité d’une cellule solaire s’accroit avec l’ensoleillement (durée et intensité), elle décroit avec l’accroissement de température. Ainsi, des cellules photovoltaïques placées en plein désert ne pourront être efficaces qu’à condition d’être réfrigérées. Mais, l’antipathie de la nature vis-à-vis du solaire ne s’arrête pas aux canicules. Là où il a de l’espace et du soleil (le désert) il y a aussi malheureusement…du sable. Les grands projets solaires émiratis et chiliens se sont ainsi cassé le nez face aux tempêtes de sable qui rendent les panneaux solaires inopérant en les couvrant de sable. Les nettoyer est un casse-tête : les balayer à sec griffe les panneaux, les nettoyer à l’eau de mer les couvre d’une croute de sel. Quant à l’eau douce tout le monde conviendra qu’elle n’est que très peu disponible…dans le désert. Aussi les émiratis ont mis la pédale douce sur leurs projets solaires pharaoniques et se sont tournés vers le…nucléaire. »


Trop de solaire et d’éolien, pas assez de pilotable : entre 2010 et 2018, 14500 MW de solaire et éolien non pilotable installée. 5400 MW de production pilotable fermée.
Et c’est pour 1.000 mégawatts manquants que le black-out a eu lieu pendant quelques heures !

Ben comment dire, c’est la recette pour une catastrophe !


Un mix électrique pathologique.



La production nette des centrales électriques californiennes s'élevait en 2018 à 197 227 GWh, en recul de 4,3 %, soit 4,7 % de la production totale des États-Unis : 4 177 810 GWh ; s'y ajoute la production estimée des petites installations photovoltaïques : 13 046 GWh, portant la production totale nette à 210 273 GWh.

Le secteur de l'électricité en Californie se caractérise par une proportion importante d'énergies décarbonées : 53,9 % en 2018 (8,7 % de nucléaire et 45,2 % d'énergies renouvelables : hydraulique 12,4 %, géothermie 5,7 %, biomasse 2,7 %, éolien 6,5 %, solaire photovoltaïque 17,8 %, solaire thermodynamique 1,2 %), mais les combustibles fossiles ont encore une part élevée : 44,7 % (presque uniquement gaz naturel),

Plusieurs caractéristiques importantes.

- Le parlement californien a établi en 2002 le California Renewables Portfolio Standard (RPS), un programme qui impose aux « utilities » et autres fournisseurs d'électricité de porter la part des énergies renouvelables à 33 % de leurs fournitures totales en 2020.

Commentaire : En ben, ils y sont presque ( ça dépend comment on compte) et on voit déjà le résultat (solaire plus éolien 24,3% plus hydraulique  =36.7%- mais l’hydraulique est pilotable, sf. que –voir ci après)

- La Californie se classe au 1er rang parmi les États des États-Unis pour la production d'électricité à partir de biomasse, de géothermie et d'énergie solaire

- La Californie (5ème puissance mondiale) n’est pas autosuffisante, et de loin : : La production ne couvre que 72 % de la demande, le reste étant importé des États voisins et du Mexique.

- Toutes les renouvelables ne sont pas égales et la Californie a perdu de l’héyraulique pilotable au détriment de l’éolien et du soliare (fatals)- et cette perte peut être parfois brutale. La production des centrales hydroélectriques conventionnelles en Californie s'est élevée en 2018 à 25 898 GWh, en baisse de 38,9 % par rapport à 2017 du fait d'une sécheresse sévère ; La part des énergies renouvelables (EnR) n'a pas progressé de 1990 à 2018, la forte progression de l'éolien et du solaire ayant été presque compensée par l'effondrement de l'hydroélectricité due à une succession d'années de sécheresse.

Avec l’aggravation des sécheresses, l’hydraulique devient aussi difficile à piloter, et c’est un facteur de fragilité supplémentaire





-  La production des centrales nucléaires en Californie s'élevait en 2018 à 18 214 GWh en recul de 44 % par rapport à 1990 du fait de la fermeture de la centrale de San Onofre en 2013. La chute de la production nucléaire du fait de la fermeture de la centrale de San Onofre en 2014 a été compensée par une forte progression du gaz naturel. (non, SVP : fossile !)

Commentaire : Ben tiens, ils font comme les Allemands et c’est pas bon pour le climat…

Les précédent de 2018 et  2019 : 85 morts dans le Camp Fire, coupures électriques pour éviter les incendies

Les coupures électriques massives ne sont pas une nouveauté en Californie, elles tendent  à se répéter : 2020, après 2019 et 2018 après 2001

En 2018, la Californie a connu l’un de ses pires et plus violents incendies avec le « Camp Fire », le 8 novembre 2018, qui  a détruit la localité de Paradise et fait 85 morts, le bilan le plus lourd que l’Etat ait connu. Les experts l’avaient attribué à un défaut d’entretien des lignes électriques (un départ de feu sous l’une de ses lignes à haute tension)
Le mercredi 9 octobre 2019, 500 000 résidents de l’Etat qui a rang de cinquième économie du monde, se sont donc vus privés de courant, à titre préventif, principalement dans le nord de l’Etat, de Sacramento aux contreforts de la Sierra. 250 000 habitants de la baie de San Francisco devaient subir le même sort dans la nuit, les météorologues ayant annoncé des vents violents et décrété une « alerte rouge ». Vingt-neuf des 58 comtés californiens étaient affectés par la décision de PG&E de ne plus prendre le risque de servir ses clients pour éviter les risques d’incendies
Bilan : l’historique PG&E s'est mise en faillite en janvier, faisant face à des milliards de dollars de dettes potentielles en raison de sa responsabilité dans le «Camp Fire»,

Les coupures tournantes de 2001, brillant résultats de la politique de libéralisation du « marché » de l’électricité

En 1996, l’Etat de Californie, sous l’influence de l’idéologie libérale démantèle ses deux monopoles publics (Pacific Gas and Electric et Southern California Edison qui détenaient 80 % du marché) Ce fut un festival ! On sépara le réseau et l’on créa de deux marchés de gros, ce qui permettait plus d’occasion de spéculation.

Contrairement à leurs engagements mais conformément à leur intérêt bien compris, les producteurs privés  n’ont entrepris la construction d'aucune des centrales qu'ils avaient pourtant dans leurs cartons et qu’ils s’étaient engagé à construire. Leur seule vraie crainte, la menace suprême pour eux, c’était la surproduction, et ils n’avaient aucun intérêt à investir et à augmenter une production… dont la rareté assurait leur profit – elle était la garantie pour eux de pouvoir imposer des tarifs élevés et maximiser leurs bénéfices sans investissements.  Mais dans le même temps, dans cette Californie avec ses industries dynamiques et ses ménages très consommateurs , la demande n'a cessé de croître. Affaires en or pour les centrales, catastrophes pour les particuliers et les industriels avec augmentations de prix et pannes.

Conclusion : envol exponentiel des prix de gros. Bon quais-exponentiel : les prix de gros de l'électricité, qui étaient à 30 $/MWh en avril 2000 , passèrent à 100 $/MWh, puis atteignirent en novembre 250 à 450 $/MWh, soit plus de 100% d’augmentation en 2001!  Mais dans le même temps, les autorités politiques craignaient l’effet des hausses massives du prix de détail sur les petits consommateurs (lesquels commençaient à se manifester bruyamment) et bloqua ceux-ci. Donc au début 2001, des coupures tournantes durent être organiséespuis les deux principales compagnies ex-publiques (PG&E, Pacific Gas and Electric Company et SCE, Southern California Edisonfirent faillite, ainsi que quelques centaines de leurs fournisseurs dans leur chuteL’Etat fut contraint de les reprendre, ce qu’avait parfaitement anticipé cyniquement, le PDG d'Enron, Jeff Skilling,: «Quand les compagnies seront trop endettées, nous limiteront l'énergie livrée à la Californie et l'Etat sera contraint d'aider ces sociétés.»

Ah oui, car dans ce festival, il y a eu Enron, la plus gigantesque escroquerie de ces années ; Enron, qui gérait le Path 26, la seule connexion entre Californie du nord et Californie du Sud, Enron et ses congestions fantômes. Voilà ce qu’ils ont fait, expliqué à une Commission d’Enquête Sénatorial par un employé : « les courtiers d'Enron ont engorgé cette ligne artificiellement pour qu'ensuite, quand les gens auraient besoin de cette ligne, Enron fasse monter ses prix ». Ainsi, le 14 et 15 juin 2000, en pleine vague de chaleur, les courtiers d'Enron ont engorgé le «Path 26»,. Ils ont créé un goulot d'étranglement qui a bloqué la transmission de l'électricité vers «Path 15» en direction du nord de l'Etat. «On a surchargé la ligne qui nous appartenait chaque fois qu'il y avait une vague de chaleur, reconnaît maintenant un courtier. Résultats : des black-outs à San Francisco, Los Angeles et dans la Silicon Valley au cours des étés 2000 et 2001, jusqu’à ce que les autorités locales acceptent de payer à Enron le prix qu’ils exigeaient.

Et bien d’autres manœuvres encore, par exemple le «blanchiment de mégawatts». Comme les prix étaient plafonnés en Californie, Enron achetait du courant dans cet Etat, le transférait dans les Etats voisins et le revendait au prix fort en Californie. Un exemple d'escroquerie imité ensuite par d'autres compagnies. Et imy eut aussi le rackett :  La peur des black-out  a aussi forcé les entreprises à signer des contrats à long terme avec Enron pour plus d'un milliard de dollars. (cf. Quand Enron éteignait la Californie. Libération, Annette Lévy-Willard, 21 mai 2002)


On voit d’où vient la situation californienne actuelle et ses coupures à répétition. : libéralisation complètement ratée et scandaleuse sur bien des aspects,  un système électrique à l’abandon, incapable de fournir à la Californie l’électricité dont elle a besoin, des installations dégradées provoquant des incendies meurtriers, une centrale nucléaire fermée ( intéressant de savoir s la dernière, Diablo Canyon qui est bien présente et a  produit avec une belle stabilité sera elle aussi arrêtée comme prévu) ; une politique idéologique de promotion des ENR ,en particulier du solaire ( qui en fait ne décarbone rien car le nucléaire a été remplacé par du gaz qui reste la part la plus importante du mix californien (44%), mais qui, ne correspondant pas aux besoins (climatisation le soir, qd les californiens rentrent chez eux), entraine black-out sut black out


dimanche 13 octobre 2019

La Crise de l’électricité en Californie. La Californie, modèle de la Commission Européenne et futur de l’Europe !


Octobre 2019 : En Californie, on coupe le courant pour prévenir les incendies

En 2018, la Californie a connu l’un de ses pires et plus violents incendies avec le « Camp Fire », le 8 novembre 2018, qui  a détruit la localité de Paradise et fait 85 morts, le bilan le plus lourd que l’Etat ait connu. Les experts l’avaient attribué à un défaut d’entretien des lignes électriques (un départ de feu sous l’une de ses lignes à haute tension)
Donc, Cette année, PG & E a anticipé. En prévision de l’arrivée des vents d’automne, venus de la Sierra Nevada, qui chaque année se renforcent en puissance en se frottant à l’air chaud de la vallée centrale, la compagnie a pris la mesure de précaution la plus sûre : couper l’électricité. Sans courant, pas de risque d’étincelle attisée par le vent.

Mercredi 9 octobre, 500 000 résidents de l’Etat qui a rang de cinquième économie du monde, se sont donc vus privés de courant, à titre préventif, principalement dans le nord de l’Etat, de Sacramento aux contreforts de la Sierra. 250 000 habitants de la baie de San Francisco devaient subir le même sort dans la nuit, les météorologues ayant annoncé des vents violents et décrété une « alerte rouge ». Vingt-neuf des 58 comtés californiens étaient affectés par la décision de PG&E de ne plus prendre le risque de servir ses clients.

Il faut dire que PG&E s'est mise en faillite en janvier, faisant face à des milliards de dollars de dettes potentielles en raison de sa responsabilité dans le «Camp Fire», qui a ravagé en novembre 2018 la bourgade californienne de Paradise, faisant au moins 86 morts et détruisant 18.000 bâtiments, ainsi que dans des feux de forêt en 2017.

Histoire d’une faillite annoncée : la libéralisation du marché de l’électricité

 Comment ne pas voir dans cette situation la conséquence ultime de deux causes : 1) la politique absurde de libéralisation de l’électricité ; 2) un mix électrique toxique ne comprenant quasiment pas de nucléaire, un hydraulique vieillissant et des énergies nouvelles non maitrisées, plus une forte dépendance au gaz que la Californie doit importer. Car ce n’est pas la première fois que PG&E, géant historique de l’électricité en Californie, espèce d’EDF si l’on veut, se trouve ainsi réduit à la faillite et dans l’incapacité de servir ses clients.



Echec de la libéralisation et première mort d’un géant

En 1852 fut fondée la San Francisco Gas Company, qui fusionna au cours du demi-siècle suivant avec d'autres compagnies jusqu'à la création de Pacific Gas and Electric Company (PG&E) en 1905. Les grands travaux Rooseveltiens, avec la  construction du Barrage Hoover de 1931 à 1936, dont la Californie reçoit plus de la moitié de la production d'électricité marquèrent la montée en puissance en Californie d’un service public de l’électricité dont PG&E était l’un des fleurons. PG&E devint l'un des plus grands fournisseurs de gaz et d'électricité américains avec 5,4 millions de clients pour l'électricité et 4,3 millions pour le gaz, dans les régions nord et centre de la Californie. Bien que cotée en bourse, elle avait un statut de service public (public utility), très réglementé depuis le Public Utility Holding Company Act de 193 - elle était soumise à la supervision de la California Public Utilities Commission (CPUC). Elle gérait le réseau électrique de son territoire de desserte et produisait de l'électricité nucléaire dans sa centrale de Diablo Canyon, la seule en Californie.
PG&E accompagna la transformation de la Californie en un Etat puissant à la tête de la révolution informatique…qui a besoin de pas mal d’énergie…Tout se passait bien jusqu’en 1996 et PG&E fournissait benoitement à toute la Californie l’énergie abondante dont celle-ci avait besoin à coût très raisonnable, jusqu’à la décision de l’administration Bush 1 sous l’influence des doctrines libérales et de certains intérêts amicaux, d'entreprendre la dérégulation de son secteur électrique qui était jusque-là, pour l'essentiel, sous le contrôle de l'Etat.

Et ce fut un festival ! On sépara le réseau et l’on créa de deux marchés de gros, ce qui permettait plus d’occasion de spéculation. Les producteurs de courant, autrement dit les centrales électriques, ont adopté une politique attentiste. Contrairement à leurs engagements, ils n’ont entrepris la construction d'aucune des centrales qu'ils avaient pourtant dans leurs cartons et qu’ils s’étaient engagé à construire. Leur seule vraie crainte, la menace suprême pour eux, c’était la surproduction, et ils n’avaient aucun intérêt à investir et à augmenter une production… dont la rareté assurait leur profit – elle était la garantie pour eux de pouvoir imposer des tarifs élevés et maximiser leurs bénéfices sans investissements.  Mais dans le même temps, dans cette Californie où les industries de pointe bourgeonnent, où chaque ménage multiplie les équipements électriques et électroniques, la demande n'a cessé de croître. Affaires en or pour les centrales, catastrophes pour les particuliers et les industriels avec augmentations de prix et pannes.

Conclusion : envol exponentiel des prix de gros. Et quand je dis exponentiel : les prix de gros de l'électricité, qui étaient à 30 $/MWh en avril 2000 , passèrent à 100 $/MWh, puis atteignirent en novembre 250 à 450 $/MWh, soit plus de 100% d’augmentation ! ; Mais dans le même temps, les autorités politiques craignaient l’effet des hausses massives du prix de détail sur les petits consommateurs (lesquels commençaient à se manifester bruyamment) et bloqua ceux-ci. Donc au début 2001, des coupures tournantes durent être organisées, puis les deux principales compagnies ex-publiques (PG&E, Pacific Gas and Electric Company et SCE, Southern California Edison) firent faillite, ainsi que quelques centaines de leurs fournisseurs dans leur chute. L’Etat fut contraint de les reprendre, ce qu’avait parfaitement anticipé cyniquement, le PDG d'Enron, Jeff Skilling,: «Quand les compagnies seront trop endettées, nous limiteront l'énergie livrée à la Californie et l'Etat sera contraint d'aider ces sociétés.»

Ah oui, car dans ce festival, il y a eu Enron, la plus gigantesque escroquerie de ces années ; Enron, qui gérait le Path 26, la seule connexion entre Californie du nord et Californie du Sud, Enron et ses congestions fantômes. Voilà ce qu’ils ont fait, expliqué à une Commission d’Enquête Sénatorial par un employé : « les courtiers d'Enron ont engorgé cette ligne artificiellement pour qu'ensuite, quand les gens auraient besoin de cette ligne, Enron fasse monter ses prix ». Ainsi, le 14 et 15 juin 2000, en pleine vague de chaleur, les courtiers d'Enron ont engorgé le «Path 26»,. Ils ont créé un goulot d'étranglement qui a bloqué la transmission de l'électricité vers «Path 15» en direction du nord de l'Etat. «On a surchargé la ligne qui nous appartenait chaque fois qu'il y avait une vague de chaleur, reconnaît maintenant un courtier. Résultats : des black-outs à San Francisco, Los Angeles et dans la Silicon Valley au cours des étés 2000 et 2001, jusqu’à ce que les autorités locales acceptent de payer à Enron le prix qu’ils exigeaient.

Et bien d’autres manœuvres encore, par exemple le «blanchiment de mégawatts». Comme les prix étaient plafonnés en Californie, Enron achetait du courant dans cet Etat, le transférait dans les Etats voisins et le revendait au prix fort en Californie. Un exemple d'escroquerie imité ensuite par d'autres compagnies La peur des black-outs a aussi forcé les entreprises à signer des contrats à long terme avec Enron pour plus d'un milliard de dollars. (cf. Quand Enron éteignait la Californie. Libération, Annette Lévy-Willard, 21 mai 2002)

Le mix énergétique californien

Le secteur de l'électricité en Californie se caractérise par une proportion importante d'énergies décarbonées : 53,9 % en 2018 (8,7 % de nucléaire et 45,2 % d'énergies renouvelables : hydraulique 12,4 %, géothermie 5,7 %, biomasse 2,7 %, éolien 6,5 %, solaire photovoltaïque 17,8 %, solaire thermodynamique 1,2 %), mais les combustibles fossiles ont encore une part élevée : 44,7 % (presque uniquement gaz naturel), et la production ne couvre que 72 % de la demande, le reste étant importé des États voisins et du Mexique. Les énergies décarbonées produites localement ne couvrent donc que 39 % de la consommation d'électricité… La part des énergies renouvelables (EnR) n'a pas progressé de 1990 à 2018, la forte progression de l'éolien et du solaire ayant été presque compensée par l'effondrement de l'hydroélectricité due à une succession d'années de sécheresse, ainsi que par le recul de la géothermie et des centrales à bois.

Californie d’aujourd’hui, Europe de demain.

Donc un service public qui fonctionnait  plutôt bien.  Une libéralisation, au nom de la sacro-sainte concurrence, disaient les promoteurs de cette politique, qui devait exercer une pression à la baisse sur les prix, dont bénéficieraient les consommateurs ; sans vraiment se poser la question si les obligations de service public de l’énergie, si le caractère de monopole naturel du transport et de certains des modes de production, si l’intensité capitalistique et donc la vision à long terme nécessaires ne rendent pas la privatisation absolument inadaptée.

A l’arrivée, un ex-service public qui fait deux fois faillite et ne peut plus assurer sa mission, des Californiens modestes matraqués et révoltés, des black-out à répétition, des incendies géants par manque d’entretien et d’investissement, d’autres black-out, des énergies renouvelables non pilotables qui fragilisent le réseau, pas un poil de décarbonation, quasiment pas de nucléaire, une dépendance énergétique intacte, en particulier au gaz ( merci pour le CO2) et ceci dans l’une des premières économies du monde.

Qui ne voit que c’est exactement là où nous emmène l’Europe, avec sa libéralisation de l’électricité, avec le démantèlement imposé des services publics et en particulier d’EDF, la  contrainte fait à EDF de céder près de 30% de son énergie à prix coûtant à ses concurrents via l’ARENH, des concurrent qui, comme en Californie, n’ont pas investi dans la moindre production pilotable et se contentent de piller EDF,  les manipulations des margoulins de l’éolien,

Et les premiers prémices des black out : ainsi, lundi 7 octobre 2019, RTE a dû recourir au dispositif d’effacement des électrointensifs et couper l'électricité à 22 sites industriels pour éviter le black out, à cause d'une seule turbine de Gravelines déconnectée. Imaginez dans le futur une  suite de nuits sans vent….


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NB : pour la suite, et d'autres black out, voir

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/canicule-covid-enr-et-nucleaires-qqs.html

dimanche 25 mars 2018

Transition énergétique : le grand débat éclairé par l’Australie du Sud et la Californie


Grand débat sur la transition : les conditions élémentaires ne sont pas remplies : farce ou manipulation

Un grand débat est censé se dérouler en ce moment sur la Politique Energétique et la fameuse transition. Je crains fort que ce ne soit une farce ou une manipulation profondément malhonnête de l’opinion publique, ou les deux à la fois. Comment les Français pourraient-ils y participer utilement sans prendre le temps, au préalable, d’une information préalable solide et scientifique ? Comment pourraient-ils le faire  sans d’abord un débat solide, organisé, honnête donnant le temps nécessaire à la confrontation et lorsqu’elle est possible à la conciliation, entre experts, expliquant leurs données, d’où elles viennent et ce qu’ils en tirent. Alors seulement, le débat public pourra être honnête et utile.
Il me semble que ce type de débat devrait répondre au principe posé par Auguste Comte : «  Le public ne sait pas ce qu’il lui faut, mais il sait parfaitement ce qu’il veut, et personne ne doit s'aviser de vouloir pour lui. ».  Le public, pour Comte, c’est le peuple informé. Alors accomplissons mon devoir d’intellectuel organique et tentons d’informer, pour commencer sur deux sujets importants. Premièrement, sur la situation en Australie du Sud et les conséquences inéluctables et incontrôlables, même dans un pays bien favorisé par l’ensoleillement, d’un taux supérieur à trente pour cent d’énergies renouvelables non pilotables, voulue par démagogie politique.  Deuxièmement, sur la tentative désastreuse de privatisation de la production électrique en Californie, très riche d’enseignement sur ce qui se passerait en cas de privatisation de la production et de la distribution

Une élection en Australie du sud

Mars 2018 : Le gouvernement travailliste d’Australie du Sud vient de perdre sèchement les élections, des élections que  le Premier Ministre travailliste Weatherill  avait présenté comme  un référendum sur sa politique de l’énergie »

De fait l’Australie du Sud constitue un laboratoire énergétique remarquable.  Le Gouvernement travailliste a mené une politique de développement volontaristes du solaire et éolien, qui produisent environ la moitié de l’électricité, la proportion des trois quart  étant visée. Résultat :

1) Les factures d’électricité bondirent et  l’Etat avait  l’électricité la plus chère du monde développé. Et cela a eu des conséquences sociales – une précarité énergétique comme on n’a pas idée en France.  Les demandes d’aides de nourriture explosèrent et le Banque alimentaire locale fit savoir que les pauvres se privaient de repas pour payer leur électricité. Signalons d’ailleurs que  les trois Etats en tête pour l’importance du solaire/éolien », Australie du Sud, Allemagne et Danemark ont des tarifs proches, les plus élevés du monde industriel, doubles des prix français

2) Une instabilité chronique et grave du réseau.  Durant l’été austral 2016-2017, l’Etat d’Australie du Sud connut une demi-douzaine de coupures, dont l’un concerna tout le territoire – un effondrement total du réseau.  Malgré un plan d’urgence coûteux ( un parc de batteries gigantesques amenés en grande publicité par Elon Musk, mais surtout la construction d’un parc de centrales à gaz), les problèmes ont persisté en 2018 avec encore de nombreuses coupures électriques.   Lors d’un incident en février 2018, quarante salles d’opération d’un hôpital de la capitale se retrouvèrent dans le noir durant vingt minutes. Il n’y eut pas mort d’homme grâce au sang froid du personnel médical, mais l’Association des Médecins d’Australie rappela sèchement au Gouvernement local la nécessité d’une alimentation en électricité fiable.
Bref, les électeurs ont tranché, et les libéraux revenus au pouvoir ont promis de réorienter complètement la politique énergétique.

Une privatisation en Californie : l’ »expérience désastreuse » du gouverneur Davis

La Californie a décidé en 1996 d'entreprendre la dérégulation de son secteur électrique qui était jusque-là, pour l'essentiel, sous le contrôle de l'Etat. La concurrence, disaient les promoteurs de cette politique, allait exercer une pression à la baisse sur les prix, dont bénéficieraient les consommateurs. C'est exactement le contraire qui s’est passé. Les distributeurs d’électricité ont été conduits à une quasi-faillite, ont été étranglés par une dette énorme due à l’explosion des coûts de production totalement libérés alors que leurs prix restaient régulés par l’Etat : ils ont exigé une augmentation de 30% des factures aux consommateurs sans quoi des coupures de courant seraient inévitables.

Que s’est-il passé ? Qu'allait-il advenir  pour les producteurs, autrefois appartenant à l’Etat et maintenant privatisés, dans un marché ouvert, y compris aux producteurs d'autres Etats? Les producteurs de courant, autrement dit les centrales électriques, ont adopté une politique attentiste Dans cette incertitude, ils n’ont strictement rien fait, et, contrairement à leurs engagements, ils n’ont entrepris la construction d'aucune des centrales qu'ils avaient pourtant dans leurs cartons et qu’ils s’étaient engagé à construire. Leur seule vraie crainte, la menace suprême pour eux, c’était la surproduction, et ils n’avaient aucun intérêt à investir et à augmenter une productiondont la rareté assurait leur profit – elle était la garantie pour eux de pouvoir imposer des tarifs élevés et maximiser leurs bénéfices sans investissements.  Mais dans le même temps, dans cette Californie où les industries de pointe bourgeonnent, où chaque ménage multiplie les équipements électriques et électroniques, la demande n'a cessé de croître. Affaires en or pour les centrales, catastrophes pour les particuliers et les industriels avec augmentations de prix et pannes.

De plus, certaines entreprises telles que Enron et Reliant se sont mise à manipuler le marché, par exemple en bloquant la jonction entre le réseau de Californie du Nord et celui du Sud. Cette jonction agissait comme un « goulot d’étranglement » que Enron s’amusait à paralyser en réservant la capacité de transmission sans l’utiliser. Cela faisait encore plus augmenter le prix de l’électricité et permettait à Enron de réaliser d’énormes profits. Évidemment, la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) se devait de contrer ces stratégies, mais elle n’avait pas les ressources et la sophistication nécessaires pour le faire.

D’autre part, il y avait souvent des interruptions pour l’entretien de centrales qui se produisaient en même temps, ce qui est normal puisque les producteurs indépendants n’avaient aucun incitatif à coordonner leurs interruptions d’entretien pour ne pas qu’elles se fassent en même temps. Les producteurs avaient plutôt un incitatif à faire leurs interruptions d’entretien en même temps,  puisque cela créait des hausses de prix drastiques et leur permettait d’empocher des profits élevés. Comme les distributeurs avaient de la difficulté à joindre les deux bouts, ils ont eu de la difficulté à payer les producteurs. Certains d’entre eux ont donc arrêté de produire, ce qui a encore contribué à exacerber la pénurie et à faire monter le prix. En Janvier 2001, l’état d’urgence a été décrété par le gouverneur Davis.

Seule Los Angeles s’était sorti du désastre, et heureusement : la métropole de Californie du sud avait refusé de s'engager en 1996 dans le mouvement de privatisation. Son Département de l'eau et de l'énergie a disposé  de plus d'électricité qu'il n'en faut à la ville. Te se permettait même d’ne céder aux voisins.  Plusieurs grandes municipalités (San Francisco, San Diego…) ont alors envisagé de suivre l'exemple de Los Angeles et de créer un service municipal de l'électricité.
L’exaspération gagna les Etats voisins désastre (Oregon, Washington, Idaho), qui avaient l'habitude de recevoir en hiver de l'électricité californienne. La soudaine pénurie obligea certaines grandes usines d'aluminium à diminuer ou à suspendre leur activité.

Finalement, Le gouverneur démocrate Gray Davis résuma la situation en la qualifiant d'«expérience désastreuse». La renationalisation du transport de l’électricité et le régulation des trois plus grandes compagnies productrices fut décidée.

Fin d’une expérience qu’il ferait bon ne pas reproduire

Tous ceux qui le souhaitent peuvent (tenter) de participer au grand débat sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (https://www.debatpublic.fr/revision-programmation-pluriannuelle-lenergie)