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jeudi 25 janvier 2024

L’éolien en mer, nouveau dilemme chinois de l’Europe/ le coût extravagant de l’éolien offshore

 Remarquable article des Echos sur l’économie flageolante et les risques de dépendance de l’éolien offshore (24 janvier 2023)

Extraits :  600 milliards d’euros d’ici 2030 et le syndrome du déferlement chinois

« Fini l'eldorado : l'éolien offshore traverse une passe délicate. Dix ans après les panneaux solaires, l'Europe reste soumise à la tentation du « made in China ».

Pourtant, le secteur de l’éolien offshore a enchaîné, depuis deux ans, les déconvenues. Difficultés industrielles, explosion des coûts et effondrement des investissements font planer sur toute une filière d’excellence européenne un risque nouveau.

Un risque énergétique, d’abord…Un risque stratégique aussi, au parfum de déjà-vu : à l’image de ce qui est arrivé aux panneaux solaires il y a une décennie, un lointain géant asiatique dispose d’un savoir-faire défiant toute concurrence.

« La Chine est en embuscade. Elle représente déjà 60 % de la capacité mondiale de fabrication d’éoliennes (contre 19 % pour l’Europe, et 9 % pour les Etats-Unis). …Dans un récent rapport pour l’Institut français des relations internationales, Etienne Beeker constate, en outre, que les éoliennes en mer de Chine sont positionnées dans des zones modérément ventées. A quoi bon, si ce n’est pour s’entraîner avant d’aller vendre son savoir-faire ailleurs ? Ce scénario est « fortement à craindre », estime l’analyste, « la Chine ayant par le passé et pour d’autres technologies déjà appliqué un apprentissage sur son propre sol […] à des fins de conquête de marchés étrangers par la suite ».« Les industriels chinois sont là, et ils gravissent les échelons petit à petit »

François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR : « ll faut de l’énergie pas trop chère, et pour avoir de l’énergie pas trop chère, il va peut-être falloir acheter chinois. »

« Le nerf de la guerre, toutefois, sera financier. Usines, ports, navires : toute une chaîne de valeur doit changer de dimension. A la Banque européenne d'investissement (BEI), on estime qu’il faudra, pour l’éolien dans son ensemble, environ 600 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030 ! « 

« Reste à savoir si les opinions publiques suivront. Dans un article, les juges administratifs chargés de ces dossiers soulignent, en France, le « caractère exceptionnel » du pourcentage de pourvois en cassation après des recours juridiques sur des projets éoliens en mer. »

600 milliards d’euros d’ici 2035 ! Avec ça, on paie pompes à chaleurs à tous ceux qui en ont besoin , et large !

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/leolien-en-mer-nouveau-dilemme-chinois-de-leurope-2071021

Plus 400 milliards pour les réseaux !

l’association des gestionnaires de réseaux d’électricité européens (Entsoe)  a publié le 23 janvier 2024 son premier plan « de développement du réseau en mer » Selon ce document, l’UE devra installer 15 gigawatts de capacités d’énergie renouvelable en mer par an pour atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques d’ici à 2030. L’Entsoe évalue en outre qu’entre 48 000 km et 54 000 km de câbles seront nécessaires pour acheminer l’électricité sur le continent, « un défi pour la chaîne d’approvisionnement ». Concernant les coûts, le rapport souligne qu’environ 400 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires pour intégrer au système énergétique les 496,4 GW de capacités d’énergies renouvelables offshore requis d’ici à 2050 dans l’UE (383,4 GW), en Norvège (environ 15 GW) et au Royaume-Uni (environ 97 GW).

Lien vers le rapport : file:///C:/Users/sarto/Downloads/entsoe-plan-de-developpement-du-reseau-en-mer.pdf


#PIEBÎEM
https://piebiem.webnode.fr/piebiem/

jeudi 11 janvier 2024

Des éoliennes chinoises pour Bretagne Sud ?

 Intéressant article de l'Usine Nouvelle intitulé « La filière française de l'éolien en mer se met en ordre de bataille sur un marché semé d'embûches » . Il y est notamment fait mention dès le début de Bretagne Sud, de la pression chinoise et des difficultés de l'éolien offshore en général.  

Extraits : « Philippe Thieffry, chef de mission du cluster breton d'entreprises de l'éolien offshore Ocean Power Bretagne, attend nerveusement l'annonce du lauréat de l'appel d'offres 5 (AO5). Le champ d'éoliennes en mer sera situé au sud de la Bretagne pour une puissance de 250 mégawatts (MW) et le promoteur élu sera déclaré en février. «Je suis inquiet», souffle le chef du réseau breton.... Car l'ancien ingénieur garde un souvenir encore amer de l'annonce du lauréat de l'appel d'offres précédent, fin mars 2023, pour un parc éolien de 1 000 MW dans la Manche. Les lauréats, EDF Renouvelables et son partenaire Maple Power, remportaient le projet AO4 en brandissant un prix historiquement bas : 45 euros le mégawattheure (MWh) »

«Un prix aussi bas est un choix risqué pour la filière, fustige Philippe Thieffry. Soit le promoteur jette purement et simplement l'éponge, soit on met en service coûte que coûte le parc en acceptant de choisir une partie de nos fournisseurs en Asie.» Ken Ilacqua, responsable des projets éoliens en mer du promoteur Océole, abonde : « Si on veut produire 100% des composants en Europe, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, des tarifs si bas après avoir vécu la vague d'inflation me semblent assez utopique.»

« Les pressions de l'inflation, la hausse des taux d'intérêt et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement – provoquées par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine – ont eu raison de la rentabilité des projets de parc d'éolien offshore. Le coût de l'électricité d'un projet de champ en mer américain subventionné est ainsi passé à 114 dollars (104 euros) par MWh en 2023, soit une augmentation nominale de près de 50% par rapport à son niveau de 2021, selon les calculs de Bloomberg . »

« Le prix bas de l'AO4 a d'autant plus étonné que la filière traverse une crise. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les abandons de projets de parc éoliens en mer s'accumulent. Au total, les promoteurs ont annulé 5,5 GW de contrats éoliens offshores outre-Atlantique en 2023, soit 25% de tous les contrats signés ou attribués dans le pays, d'après une étude de Bloomberg NEF. Dernier en date : le 3 janvier 2024, lorsque les promoteurs européens Equinor et BP ont annoncé avoir mis fin à leur accord de vente d'électricité à l'État de New York à partir de leur futur parc éolien offshore de 1 260 MW, Empire Wind 2 »

Lien vers l'article 

Tout ceci confirme largement les nombreux avertissements que nous émettons sur ce programme éolien offshore cf notre onglet technoéconomie. : accélérer dans l'éolien offshore aujourd'hui, c'est créer de la valeur et des emplois en Asie !

Ce programme éolien en mer d'intérêt climatique nul dans le contexte français, dangereux pour la sécurité d'alimentation électrique, économiquement insoutenable, avec des promesses fallacieuses d'emploi et de fortes dépendances étrangères et ravageur pour nos paysages littoraux et leur riche biodiversité doit être stoppé !


Eric SDartori, PIEBÏEM


mercredi 27 décembre 2023

La Chine renforce ses interdictions d’exportations dans le domaine des terres rares

 Après avoir déjà mis en place des licences sur certains produits, le pays interdit désormais l'exportation de technologies de fabrication d'aimants.  La Chine, premier producteur mondial de terres rares, a interdit jeudi l'exportation de technologies permettant de fabriquer des aimants à base de terres rares, en plus de l'interdiction déjà en vigueur concernant les technologies d'extraction et de séparation de ces matériaux essentiels.

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux utilisés pour fabriquer des aimants qui transforment l'énergie en mouvement pour les véhicules électriques, les turbines éoliennes et l'électronique.

«Cela devrait être un signal d'alarme indiquant que la dépendance à l'égard de la Chine dans n'importe quelle partie de la chaîne de valeur n'est pas viable», a déclaré Nathan Picarsic, cofondateur du cabinet de conseil géopolitique Horizon Advisory.

En décembre dernier, le ministère chinois du commerce a demandé l'avis du public sur la possibilité d'ajouter la technologie de préparation des aimants au samarium-cobalt, au néodyme-fer-bore et au cérium à son «Catalogue des technologies interdites et restreintes à l'exportation». La liste interdit également la technologie de fabrication de l'oxyborate de calcium de terres rares et la technologie de production de métaux de terres rares, les ajoutant à l'interdiction précédente de la production de matériaux d'alliage de terres rares.

Deng Xiaoping l'avait dit en 1992 : "Le Moyen-Orient a son pétrole, la Chine a ses terres rares ».

Ceci confirme que l'éolien offshore, particulièrement gourmand en métaux et terres rares, va se voir confronté dans les prochaines années à de sérieux goulots d'étranglements... et que nous devons donc éviter de développer ce type  de technologies qui remplace la dépendance aux fossiles par une dépendance encore plus critique et plus concentrée.

Voir notre dossier La transition énergétique au risque des matières premières et matériaux stratégiques (https://piebiem.webnode.fr/dossiers)

https://www.agefi.fr/news/economie-marches/la-chine-renforce-ses-interdictions-dexportations-dans-le-domaine-des-terres-rares




mardi 12 décembre 2023

Les déboires de l'éolien offshore_Verbatim Finon_ Beeker

"La crise actuelle de l'éolien offshore n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle »

1) La crise actuelle de l'éolien offshore n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle »

1a)Le temps des illusions disparues

« L'éolien offshore a été perçu comme la solution miracle pour assurer de manière décarbonée la sécurité d'approvisionnement électrique du continent d'ici dix ans, notamment dans les pays qui rejettent l'option nucléaire, en se basant sur des anticipations de baisses de coût spectaculaires. L'illusion des prix bas de l'éolien offshore est un phénomène collectif qui s'est joué dans les interactions entre les différents types d'acteurs »

« Les pouvoirs publics, confiants dans les vertus indiscriminées de la concurrence, ont accéléré la fréquence des appels d'offre et engendré une course à la subvention zéro en se confortant de voir les prix demandés par les développeurs baisser à chaque appel d'offres pour lancer rapidement le suivant. »

« Les banquiers et fonds d'investissement ont prêté à des taux très bas, en se basant sur les affichages de projets et les prix demandés, et non les réalisations effectives. Les fonds, à la recherche de diversification de leurs activités, cherchaient à prendre pied à n'importe quel prix dans un secteur vert présenté comme extrêmement prometteur, en candidatant de façon agressive tout en cherchant à écarter des concurrents ayant de moindres capacités financières. »

« Ces coûts si bas ne sont en fait que des anticipations sans références »

« Cette illusion a été amplifiée par les ONG et l'International Renewable Agency (IRENA), aux publications orientées et, il faut le dire, trop souvent dénuées d'objectivité »

1b)Les mirages des courbes d’apprentissage

« La croyance dans des courbes d'apprentissage rapide semblables à celles du solaire PV a conduit à la course en avant dans les sauts de taille et le gigantisme qui ont grippé les chaines d’approvisionnement » 

« La croyance dans la possibilité d’apprentissages industriels rapides dans la fabrication de turbines et autres (nacelles, mats, pales, fondations) lors de passage à des tailles plus importantes relève du mirage »

2) « Il s’agit de l’échec d’une politique volontariste de développement d’une option technologique aux contraintes prononcées conçue dans un environnement idéologique d’optimisme technologique et d’utopie verte »

« La production de câbles pour relier les éoliennes entre elles et à la terre devra être multipliée par 20 avant 2030 »

« La disponibilité de navires de toutes tailles. Rien qu’en Allemagne, Richard Lüken, directeur de l'Association de la construction navale (VSM), a évalué le besoin à environ 1 000 navires pour atteindre l'objectif allemand de 30 GW d'ici 2030. »

 « La Cour des comptes européenne constate  dans son rapport de 2023 que la durabilité sociale et environnementale du développement des énergies marines renouvelables est loin d’être garantie »

Démantèlement  : « aucun encadrement juridique n’est pour l’instant prévu pour ces  installations, au contraire des infrastructures pétrolières et gazières en mer »

« On peut affirmer que les objectifs très ambitieux d’installation d’éolien en mer d’ici 2030 sont inatteignables. »

Selon Standard & Poors, il y a une sous-offre de 20 à 50 % selon les maillons de la supply chain qui devrait se prolonger sur les années à venir. Les fabricants en difficulté viennent de fermer certaines de leurs usines et réduire leur main d’œuvre de plusieurs centaines d’employés.

« La stratégie chinoise ( surproduction éolienne) : « tout laisse à penser que ce pays est en train de développer une filière complète avec la maîtrise de tous les segments de la chaîne de valeur. Ce pays dispose non seulement d es moyens technologiques mais aussi organisationnels de livrer des produits « sur étagère », voire « clés en mains », qui auront été de fait normalisés. » 

Verbatim : Étienne Beeker, « Après le boom de l’éolien offshore en Europe : quelles conditions pour un redémarrage ? », Notes de l'Ifri, 23 octobre 2023

Etienne Beeker, Dominique Finon : L’éolien offshore européen dans un trou d’air, https://www.telos-eu.com/fr/economie/leolien-offshore-europeen-dans-un-trou-dair.html

Dominique Finon, Eolien en mer,  Après son envol spectaculaire, un « retour sur terre » difficile, Enerpresse, 11 decembre 2023

mardi 8 août 2023

Vers un renouveau nucléaire mondial WNO_mai 2023

 https://world-nuclear.org/information-library/current-and-future-generation/plans-for-new-reactors-worldwide.aspx

https://world-nuclear.org/information-library/country-profiles/others/emerging-nuclear-energy-countries.aspx

1) La capacité d'énergie nucléaire mondiale augmente régulièrement, avec environ 60 réacteurs en construction dans le monde


Aujourd'hui, il y a environ 440 réacteurs nucléaires en service dans 32 pays plus Taiwan, avec une capacité combinée d'environ 390 GWe. En 2021, ceux-ci ont fourni 2653 TWh, soit environ 10% de l'électricité mondiale.

Environ 60 réacteurs de puissance sont actuellement en construction dans 15 pays, notamment en Chine, en Inde et en Russie

Le « scénario STEPS»  (réaliste)  de l'AIE  prévoit une croissance de la capacité nucléaire installée de plus de 43 % entre 2020 et 2050 (atteignant environ 590 GWe). Le scénario prévoit une capacité de production totale de 19 792 GWe d'ici 2050, l'augmentation étant fortement concentrée en Asie, et en particulier en Inde et en Chine. Dans ce scénario, la contribution du nucléaire à la production mondiale d'électricité est d'environ 8,5% en 2050..

En construction ou début exploitation 2023: Bangladesh 2, (VVER1200) ; Chine 21 ( Hualongs, VVER, CAP1000), Corée 2 (APR1400), Turquie 4 (VVER), Emirats Unis 1, AP1400), USA 1 (AP1000), France 1 (EPR), Inde 6 (VVER, PHWR-700), Iran 1 (VVER), Slovaquie 1 ( VVER) , Russie 3 (VVER, BREST-300) , Argentine 1(Carem25), Brésil 1 ( PreKonvoi), UK 2 (EPR), Egypte 3 (VVER)

Environ 100 réacteurs de puissance d'une capacité brute totale d'environ 100 000 MWe sont en commande ou prévus, et plus de 300 autres sont projetés. La plupart des réacteurs actuellement prévus se trouvent en Asie, dans des économies à croissance rapide et une demande d'électricité en hausse rapide.

Environ 30 pays envisagent, planifient ou lancent des programmes d'énergie nucléaire :

Europe : Albanie, Serbie, Croatie, Portugal, Norvège, Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Irlande, Turquie.

Moyen-Orient et Afrique du Nord : États du Golfe, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Irak ; Yémen, Israël, Syrie, Jordanie, Égypte, Tunisie, Libye, Algérie, Maroc, Soudan.

Afrique de l'Ouest, centrale et australe : Nigéria, Ghana, Ouganda, Sénégal, Kenya, Tanzanie, Zambie, Namibie, Rwanda, Éthiopie.

Amérique centrale et du Sud : Cuba, Chili, Équateur, Venezuela, Bolivie, Pérou, Paraguay.

Asie centrale et du Sud : Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Mongolie, Bangladesh, Sri Lanka, Ouzbékistan.

Asie du Sud-Est et Océanie : Indonésie, Philippines, Vietnam, Thaïlande, Laos, Cambodge, Malaisie, Singapour, Myanmar, Australie.

Asie de l'Est : Corée du Nord.

2) Augmentations de capacité ; des capacités supplémentaires importantes sont obtenues par l’upgrade des centrales

De nombreux réacteurs de puissance aux États-Unis, en Suisse, en Espagne, en Finlande et en Suède, par exemple, ont vu leur capacité de production augmentée.

Aux États-Unis, la Nuclear Regulatory Commission a approuvé environ 165  upgrade totalisant plus de 7500 MWe depuis 1977, quelques-unes d'entre elles étant des « majorations étendues » allant jusqu'à 20%.

En Suisse, tous les réacteurs en exploitation ont connu des upgrade , augmentant leur capacité de 13,4%.

L'Espagne a mis en place un programme visant à ajouter 810 MWe (11%) à sa capacité nucléaire en modernisant ses neuf réacteurs La majeure partie de l’upgrade est déjà réalisée  Par exemple, la capacité de la  centrale nucléaire d'Almarez a été augmentée de 7,4% pour un coût de 50 millions de dollars.

La Finlande a augmenté la capacité de la centrale originale d'Olkiluoto de 29% à 1700 MWe. Cette centrale a démarré avec deux REB suédois de 660 MWe mis en service en 1978 et 1980. La  capacité de la centrale de Loviasi, avec deux réacteurs VVER-440, a été augmentée de 90 MWe (18%).

Les Suédois ont modernisé trois usines. La centrale de Ringhals a été augmentée d'environ 305 MWe entre 2006 et 2014. Oskarshamn 3 a été augmenté de 21% à 1450 MWe pour un coût de 313 millions d'euros. Forsmark 2 a connu un upgrade de 120 MWe (12 %) jusqu'en 2013.

3) Les programmes de prolongation de la durée de vie des centrales maintiennent la capacité, en particulier aux États-Unis. Nucléaire

À la fin de 2016, le NRC avait accordé des extensions de permis  d’exploiter à plus de 85 réacteurs, prolongeant leur durée de vie de 40 à 60 ans.

En France, il y a des examens décennaux périodiques des réacteurs. En 2009, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a approuvé le dossier de sûreté d'EDF pour  passer à 40 ans l’exploitation de ses unités de 900 MWe, sur la base d'une évaluation générique des 34 réacteurs. Il est prévu de porter la durée de vie des réacteurs à 60 ans, ce qui entraînera des investissements substantiels.

Le gouvernement russe prolonge la durée de vie de la plupart des réacteurs du pays de 30 ans à l'origine, pour 15 ans, ou pour 30 ans dans le cas des nouvelles unités VVER-1000, avec des améliorations significatives



samedi 27 mai 2023

Les limites physiques du développement de l’éolien

 Document basé principalement sur des présentations et conférences  de M. Christophe Poinssot, directeur général délégué du BRGM,  un article de Geraldine Woessner.

1) L’éolien et particulièrement l’éolien maritime est particulièrement gourmand en matériaux, surtout en métaux critiques et terres rares.  Ce goulot d’étranglement concerne aussi bien les métaux "historiques" (Cu…) que "nouveaux" (Li, Mn, Co…).

Pour rappel, sur l’acier, les développements programmés de l’éolien off shore impliqueraient, pour de socles en acier, que l’on y consacre une quantité équivalent à celle actuellement consacrée à la production automobile ( OPESCT).

La demande en matériaux et singulièrement en métaux de l’éolien enre de plus en compétition vive avec les demandes de décarbonation de la mobilité ( voiture électriques) et les demandes de la transition numérique.



2) Un défi immense dont il faut prendre conscience 

2a) En qualité : de plus en plus d'éléments chimiques sont concernés par des pénuries possibles voire certaines 


En quantité : le scenario développement durable de l’Agence Internationale de l’Energie implique qu’il faudrait extraire plus de ressources minérales d'ici 2050 que depuis le début de l'humanité. Ceci concerne principalement le lithium, le graphite, le cobalt, le nickel, les métaux rares

Se poseront des conflits d’usages : les métaux ne servent pas que pour l’énergie, la transition numérique aussi sera gourmande en métaux. Il faut prendre en compte le développement d'internet et de ses usages, avec un potentiel de croissance encore important en Afrique. Il a été estimé que les technologies digitales exigeraient 4,5% de l’énergie mondiale et pourrait jusqu'à 21% de la consommation électrique en 2030.

A l’échelon 2030-2035, il va falloir choisir entre le téléphone portable ou l’ordinateur, et l’éolien !

Que ce soit le scénario modéré  (STEPS Stated Policies Scenario, scenario à 3°C) de l’AIE ou le scenario SDS ( Développement durable) plus ambitieux, ça ne passe pas pour le cuivre, le lithium, le cobalt à l’échelle 2030-2035

3) Le cas spécifique du cuivre : 

Le cuivre est indispensable à tous les moyens de la transition climatique   on observere déjà une volatilité important des cours, des tensions grandissantes sur l’approvisionnement. Les réeerves restent importantes mais difficiles à mettre sur le marché : gisements moins concentrés, time-to-market long, tensions sociétales grandissantes sur les conditions d’exploitation ;

Et rappelons que tous les moyens de production électrique ne sont pas équivalent quant au cuivre. Des production peu concentrées comme l’éolien et le soliare exigent bien davantage de réseau, donc de cuivre  que des moyens plus concentrés comme le nucléaire. L’extension du réseau pose aussi en elle-même de vrais problèmes d’acceptation sociale, cf. Energiewende

Il y a de sérieux doutes sur le fait que la demande de  cuivre soit durable au vu de la forte volatilité des prix depuis 2000 et la courbe de production.

4) Le cas spécifique des terres rares

L’éolien off shore nécessite des aimants permanents particulièrement gorrmands en terre rares et métaux critiques. Ce marché des terres rares est très concentré en Chine qui, depuis Deng Xiaoping  en a fait un axe stratégique de son développement (1992 : le Moyen Orient a le pétrole, la Chine a les terres rare).

Le temps est loin où la France avait le quasi monopole du traitement des  terres rares  à La Rochelle dans un  site fondé en 1948 par Rhodia ( Société Française des Terres Rares) !

Les conditions d’exploitations en Chine, autrefois désastreuses ( cf Guillaume Pitron, la guerre des métaux rares) ont considérablement évoluées, avec le fin des exploitations illégales,  une diminution nette de l’impact environnemental, l’amélioration des rendements

Et surtout la Chine a très efficacement remonté la chaine de valeur avec la fabrication des aimants, etc.

De façon générale, la production des métaux et matériaux nécessaires à la transition énergétique est beaucoup plus concentrée que celle des fossiles

Ceux qui ont aimé la dépendance en gaz russe, vont adorer la dépendance chinoise en métaux rares.




5) Eolien et dépendance chinoise

 L’éolien, et surtout l’éolien off shore pose de graves problèmes de dépendance en ce qui concerne les métaux et matériaux critiques, mais aussi l’ensemble de la chaine de valeur aux éléments des éoliennes. Cette dépendance est encore plus forte pour l’éolien off shore, en raison de la nécessité d’aimeats permanents dans les moteurs.

Au niveau mondial, il est prévu une augmentation importante du parc installé (par 8) d’ici 2050 avec une croissance annuelle multipliée par 5, une croissance fortement  tirée par la Chine en termes industriels et de développement.

De fait, en matière d’éolien, et surtout d’éolien off shore, la Chine domine globalement le marché des matières premières comme celui des composants.


6)Pour l’Europe spécifiquement, des goulots d’étranglements critiques

Voir sur ce sujet The State of the European Wind Energy Supply Chain, Rystad Energy report in cooperation with WindEurope,

 Demande européenne d’acier pour l’éolien en mer et production


Demande européenne de terres rares  pour l’éolien en mer et production


Demande européenne de turbines pour l’off shore  et production 

La  capacité de production actuelle d’éoliennes de plus de >12 MW ( typiquement celles pour l’éolien off shore ) en Europe est inférieure à 2 GW, nettement inférieure à la demande en 2026 et 2030 d’environ 12 GW et 29 GW, respectivement. Et la Chine s’impose de plus en plus, tandis que les turbiniers européens, pris dans une course au gigantisme, sont en mauvaise forme économique.



7) Autres problématiques fortes de l’éolien off shore

7a) Une sensibilité forte à l’inflation sur les matières premières

7b) Une production erratique qui constitue une une vraie menace pour la stabilité  des réseaux

Mathieu Hochet, spécialiste « Offshore wind » chez TotalEnergies : « Lorsque les énergies renouvelables, généralement intermittentes, représenteront plus de 50 % du mix électrique, il sera particulièrement délicat de rétablir la tension sur le réseau en cas de black-out »

7c) Des coûts de production élevés (spécialement pour l’éolien en mer)

Et rappelons que pour l’éolien en mer flottant, qui est censé représenter jusqu’à une part importante de l’éolien en mer en France (jusqu’à 50%), la technique n’est pas matpure et les coûts ne sont pas connus 

Grégoire de Saivre, Total Energies : « Estimer les coûts de construction d’une filière qui n’est pas mature sur une période de  8 à dix  ans ; impossible c’est une boule de cristal »

Et ça se voit sur les prix de l’électricité

8) Une équation énergétique douteuse

Et même le bilan énergétique est très très discutable ( même si les EROI sont difficiles à estimer et peuvent évoluer, l’écart d’ordre de grandeur est considérable)


9) La dépendance en matériaux, quelles solutions ? 

Le passage d'une dépendance aux énergies fossiles à une dépendance aux ressources minérales et à de nouvelles dépendances géopolitiques peut être mitigé, pas à l’horizon 2030, mais à l’horizon 2050. On peut aussi espérer que pour la France et pour un nombre important de pays européens en 2050, la relance du nucléaire allègera les risques de cette dépence aux métaux, au moins pour la production d’énergie.

Il faut d’abord que les dirigeants politiques en prennent conscience   L’exécutif français  a ainsi commandité le rapport Varin sur la « sécurisation de l'approvisionnement en matières premières »

Des comités stratégiques de filières (Automobile, Nouveaux systèmes énergétiques, Mines et Métallurgie) ont été créés.  Il y a aussi eu  la constitution, auprès du BRGM et en lien étroit avec le Comité stratégique de la Filière Mines et Métallurgies, d’un observatoire des métaux critiques , rassemblant les moyens correspondants des industriels et des administrations, et réunissant des fonds privés et publics (OFREMI) et la nomination d’un délégué interministériel coordonnant les actions des administrations dans la mise en œuvre des décisions prises, en y associant étroitement les industriels. Egalement en cours, la traduction dans une norme ou un label, certifiable , du concept de « mine responsable », au niveau européen.

L'Europe a de grandes ressources métalliques minières pour les métaux qu'elle n'exploite plus suffisamment, la France étant l'un des plus mauvais élèves tant pour les mines de métaux  ( 0 en exploitation ?) que  pour l'exploration de ses ressources ( limitée à 300 mètre au-dessous du sol.)

La relance d'activité minière en Europe et en France est critique et ne supprimera toute dépendance aux métaux mais l'allégera significativement. Il faut expliquer que la mine du XXIème siècle n'a plus rien à voir avec celle de Zola et qu'il est possible ( et obligatoire) d'ouvrir des exploitations minières respectueuses de l'environnement et  de la santé. En ce qui concerne l'acceptabilité,  M. Poinssot estime qu'en France l'opinion publique peut basculer rapidement et favorablement sur ce sujet, comme elle l'a fait pour le nucléaire. L'exmple de la mine de lithium en projet  à Échassière est encourageant, laccueil du voisinage est plutôt bon. Mais "il ne faut pas se rater" 

 

10) Et déjà une compétition féroce : Eolien en mer :une pénurie de matériaux menace les ambitions françaises, La Tribune, 17 mai 2023 : Le coup de tonnerre de Tennet 


Dans ce contexte, « la stratégie entre gestionnaires de réseaux européen relève plus de la compétition que de la coopération » a confié Regis Boigegrain (RTE). Il ne faut pas être naïfs et il faut en tenir compte dans notre stratégie industrielle ».. Pour l’heure, RTE doit surtout faire face à la stratégie très agressive de Tennet, le gestionnaire du réseau néerlandais et d’une grande partie du réseau allemand qui «  passé une commande absolument gigantesque » accaparant considérablement les capacités de production es fournisseurs. Le 5 mai, le gestionnaire a en effet signé pour 5.5 milliards d’euros de de câbles. Il a également fait l’acquisition d’une station électrique de 20000 tonnes, , un monstre industriel ( peu ou prou le tiers de l’arche de La Défense en volume) que peu navires dans le monde sont en mesure de transporter. « Tennet, ça a été un coup de tonnerre pour l’ensemble des gestionnaires de réseau européens »

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/eolien-en-mer-une-penurie-de-materiaux-menace-les-ambitions-francaises-

Références :

https://www.brgm.fr/sites/default/files/documents/2022-11/evenement-conference-metaux-strategiques-2022-02-23-pres-c-poinssot.pdf

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/seminaire/la-transition-energetique-aujourd-hui-et-demain/approvisionnement-en-metaux-critiques-le-nouveau-defi-de-la-transition-energetique

https://www.lepoint.fr/dossiers/hors-serie/energie-petrole-nucleaire-renouvelables-geopolitique/batteries-le-clash-des-metaux-rares-27-10-2022-2495471_4637.php#:~:text=Selon%20nos%20%C3%A9valuations%2C%20construites%20%C3%A0,4%20%25%20des%20terres%20rares.%20%C2%BB


vendredi 5 mai 2023

Rapport Rystad Energy pour Wind Europe De son propre aveu, l’industrie éolienne européenne est en bonne voie pour se crasher !

 Ou Eoliennes, les Industriels Européens tirent la sonnette d’alarme face à la Chine ( Les Echos, 3 mai 2023)

https://fr.businessam.be/eolien-europe-industrie-chaine-approvisionnement-dependance-chine/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

The State of the European Wind Energy Supply Chain, Rystad Energy report in cooperation with WindEurope, april 2023

Contexte : un rapport demandé par le lobby de l’éolien Wind Europe… conclut à la quasi impossibilité de réussite des plans très ambitieux de Wind Europe pour l’éolien terrestre et surtout l’éolien maritime. Et la plupart de la valeur…risque de partir en Chine.

NB :en France, le pacte pour l’éolien en mer signé en 2022 prévoit 40 milliards d’euros d’investissements sur les 15 prochaines années et 20000 emplois nouveaux

Wind Europe 2030 : un scénario très ambitieux 30 GW  terrestre, 30 GW offshore

Ce n’est pas un problème d’accélération des procédures, mais de goulots d’étranglements physiques    

Certaines des principales initiatives politiques pour l’énergie éolienne en 2022 visaient à relever les objectifs et à les soutenir en raccourcissant les procédures d’autorisation, ce qui a été identifié comme le principal obstacle à la réalisation de nouvelles ambitions. Au cours des derniers mois, nous avons également vu plusieurs pays européens mettre de nouveaux domaines à la disposition de l’énergie éolienne, ce qui vise à soutenir la construction massive nécessaire. Cependant, l’accent a maintenant été mis sur la capacité de la chaîne d’approvisionnement à soutenir une augmentation aussi rapide du niveau d’activité. 

Pour la chaîne d’approvisionnement éolienne européenne, le défi peut sembler trop important à relever. Les fabricants d’éoliennes font état de faibles marges et de mauvais résultats financiers depuis plusieurs années, ainsi que de nombreuses autres entreprises le long de la chaîne de valeur... Des turbines plus grandes améliorent l’économie du cycle de vie total, et cela a conduit à une course entre les équipementiers pour fournir les turbines les plus grandes et les plus efficaces. Cela s’est fait au prix de budgets de R&D importants parmi les fabricants de turbines. 

De plus, l’inflation due à la pandémie de COVID 19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie continuent de remettre en question les marges déjà sous pression. La tendance des turbines vers le gigantisme crée de nouvelles contraintes sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Des composants tels que les fondations et les câbles interréseaux, doivent être modifiés et les capacités de manutention et de levage doivent être mises à l’échelle pour s’adapter à la taille croissante des aérogénérateurs. Cela ajoute au défi de la croissance pure de l’activité… 

Notre analyse montre que l’Europe n’a pas beaucoup  de temps devant elle – si l’on veut atteindre des objectifs de capacité éolienne ambitieux. La croissance rapide de l’activité nécessaire pour atteindre les objectifs nécessitera, dans certains segments, d’importantes expansions de la chaîne d’approvisionnement et, si ce n’est pas le cas, des goulots d’étranglement pourraient déjà apparaître d’ici 2024/2025. (Pour éviter cela, les fournisseurs doivent prendre la décision de se développer cette année (2023) ou la prochaine. Cela signifie que pour ces fournisseurs, un signal d’investissement fort doit être donné aujourd’hui, et que le moment est venu d’agir.) ( NB : le rapport a été commandé par Wind Europe) 

L’éolien offshore devrait connaître une augmentation plus forte vers 2030, avec une augmentation rapide de la taille des turbines. Cela devrait exercer une pression importante sur la fabrication de turbines de plus de 12 MW, de monopieux de grand diamètre et de fondations flottantes. 

Plusieurs autres parties de la chaîne d’approvisionnement au sens large seraient soumises à des pressions si l’on voulait atteindre les objectifs : les infrastructures de transport et de réseau seront sous pression, en plus des autres ENR à intégrer et d’une électrification générale du système énergétique ; la main-d’œuvre qualifiée pourra constituer un goulot d’étranglement pour des parties spécialisées de la chaîne d’approvisionnement éolienne; des activités navales, comme l’installation de fondations et de câbles, les navires d’exploitation de service (SOV) et les navires de ravitaillement de remorqueurs de manutention d’ancres (AHTS) pour l’éolien flottant, devraient nécessiter des expansions de la flotte; les ports ont besoin d’être modernisés pour soutenir la construction à grande échelle de l’éolien offshore et l’industrialisation de l’éolien flottant L’éolien flottant nécessitera aussi une augmentation significative de la fabrication de lignes d’amarrage. La demande matérielle devrait être multipliée par près de quatre d’ici 2030 si l’on veut atteindre les objectifs. Évalués en fonction de leur importance relative dans l’industrie éolienne, de la trajectoire de croissance attendue vers 2030 et du score relatif sur la fiabilité des approvisionnements, la possibilité de se les procurer et leur soutenabilité, l’acier, le cuivre et les minéraux des terres rares sont considérés comme les plus importants sur le plan stratégique. Ces deux derniers sont considérés comme les plus à risque, en raison de la croissance rapide de leur demande, de la dépendance relativement élevée de l’Europe à l’égard des importations de ces matériaux et de leur rôle essentiel dans les câbles et les turbines, respectivement.

 Les points critiques de la chaine de valeur


Les industries éoliennes en Europe

Les pays européens importants pour les chaînes d’approvisionnement éoliennes comprennent l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark, qui ont tous une activité importante de production des principaux composants des éoliennes – pales, nacelles et tours. Ces dernières années, la France est également devenue l’un des pays clés, avec de nouvelles usines de fabrication de pales et de nacelles. Pour les fondations éoliennes offshore, les principaux producteurs sont les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark. Sans surprise, ces pays figurent également parmi les leaders en termes de capacité installée pour l’éolien offshore en Europe..

L’ inflation dans l’industrie éolienne : touché, coulé ? 

Au sein de l’industrie éolienne, tous les secteurs ont été fortement touchés par l’inflation : turbines, câbles, fondations et sous-stations. Les fabricants d’équipements éoliens ont dû faire face à la hausse des prix des matières premières et à la volatilité des prix de l’énergie, mais aussi à des tarifs d’expédition élevés au cours de la dernière année. Les composants de turbines ont été parmi les plus touchés par l’inflation, suivis les câbles et les monopieux. En outre, l’inflation n’a pas seulement affecté les matériaux et composants clés, mais aussi les taux de main-d’œuvre et les coûts d’installation.

Remarque : selon ma remarque du PDG de Siemens Renouvelable en novembre 2022,  les ENR comme l’éolien ont besoin de 10 fois plus de matériaux par MW.h que les techniques comme le nucléaire. Elles sont donc beaucoup plus sensibles à l’inflation.

D’autres données confirment ces résultats

https://www.energymonitor.ai/tech/renewables/data-insight-the-cost-of-a-wind-turbine-has-increased-by-38-in-two-years/ 

Le coût d’une éolienne a augmenté de 38% en deux ans

Le prix moyen des principaux minéraux critiques nécessaires à la construction d’une éolienne a grimpé de 93% depuis la période pré-Covid avce des pointes impressionnantes pour le molybdéne (265%), les Terres rares (128%), le cuivre (47%)

Résultats financiers des fournisseurs d’énergie éolienne : en forte chute, et ça va pas s’arranger 

La spirale à la hausse des prix des matières premières a fortement retenti sur les marges bénéficiaires des fabricants d’éolienne. La taille croissante des turbines augmente l’utilisation de matériaux par turbine, ce qui rend l’inflation des matières premières encore plus impactante. Si l’on considère les revenus cumulés des trois fournisseurs européens d’éoliennes cotés (Vestas Wind Systems, Nordex SE et Siemens Gamesa), on observe une baisse de 11% de leurs revenus au T2 2022 et une baisse de 16% au T3 2022. Les revenus du secteur éolien terrestre se sont avérés plus résilients que ceux du secteur éolien offshore ces derniers mois. En outre, les marges des fournisseurs ont également été durement touchées par l’inflation et l’instabilité de la chaîne d’approvisionnement. Fondamentalement, alors que les prix des intrants montaient en flèche, les marges ont souffert du blocage des prix des produits finis. 

L’EBITDA combiné des trois fournisseurs européens d’éoliennes est devenu négatif au cours des trois premiers trimestres de 2022, ce qui s’est traduit par une marge négative de 6% au premier trimestre. Au cours du dernier trimestre de l’année, les revenus et les marges des fournisseurs ont commencé à revenir à des niveaux positifs. Cependant, les résultats financiers annoncés pour l’année entière seront négatifs

Green Deal Industrial Plan – vers une souveraineté européenne ? 

L’Europe semble prendre conscience de ces difficultés, notamment à travers le Green Deal Industrial Plan. Les politiques récentes ont pris la forme de trois propositions principales: la réforme de l’organisation du marché de l’électricité de l’UE, la loi sur les matières premières critiques et la loi sur la neutralité industrielle nette. Les propositions doivent encore être approuvées par le Conseil européen et le Parlement, ce qui pourrait entraîner des changements et répondre à certaines des préoccupations soulevées par l’industrie..

La place de l’Europe dans la production mondiale de matériaux 

En moyenne, la part de la Chine dans la production mondiale de matériaux est trois fois supérieure à celle des réserves chinoises, ce qui illustre à la fois la croissance économique rapide de la Chine et ses investissements dans son secteur minier, ainsi que le potentiel d’une plus grande diversification de la chaîne d’approvisionnement mondiale. La Chine contrôle plus de la moitié du processus de production éolienne, y compris la production de matières premières et la fabrication de composants individuels. Cette domination peut être nuancée car la demande intérieure chinoise répond à la majeure partie de la capacité de production éolienne de la Chine.

Cependant, alors que la domination de la Chine pour  le silicium polycristallin de la Chine a été la plus préoccupante jusqu’à présent en raison de l’énorme demande mondiale de panneaux solaires photovoltaïques, les problèmes géopolitiques potentiels en Chine pourraient également affecter fortement l’équilibre de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’énergie éolienne. La Russie reste un producteur important de certains des matériaux analysés, tels que l’acier, l’aluminium, le nickel ou le silicium. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a donc eu un impact significatif sur les flux commerciaux de matériaux. En réponse à l’invasion, environ 45 pays ont ajouté des sanctions ciblées contre la Russie ou se sont engagés à une combinaison de sanctions américaines et européennes. Parmi les matériaux sanctionnés pour l’industrie éolienne figuraient les combustibles fossiles, l’acier, le ciment et les plastiques. En outre, les États-Unis ont ajouté un droit de douane supplémentaire de 35 pour cent sur les importations de métaux, notamment le cuivre, l’aluminium, le plomb, l’argent, le fer et l’acier. Ces sanctions illustrent les perturbations potentielles qui pourraient affecter le tableau actuel de l’approvisionnement mondial en matériaux.

Dépendance européenne à l’égard des importations de matériaux : Quand c’est pas la Chine, c’est pas mieux ! 

La Fig17 illustre certaines des matières premières ayant un impact sur l’industrie éolienne et considérées par l’UE comme critiques ou stratégiques. Pour la plupart de ces matières, le taux de dépendance à l’égard des importations est supérieur à 50 %, ce qui définit le risque d’approvisionnement pour l’UE. Bien que la Chine soit le plus grand fournisseur mondial des matières premières les plus critiques, l’analyse de l’approvisionnement primaire de l’UE (c’est-à-dire la production intérieure plus les importations) raconte une histoire différente. Les matières premières sélectionnées proviennent d’un large éventail de pays, mais pour la plupart d’entre eux, l’Europe est fortement dépendante des importations, souvent de fournisseurs de pays tiers quasi monopolistiques.


Offre et demande européenne de matériaux

Parmi les matériaux qui devraient connaître la plus forte croissance de la demande relative vers 2030 figurent le plomb, le cuivre et les terres rares, principalement en raison de la croissance prévue de l’éolien offshore. Étant donné que la demande de matériaux provenant de l’industrie éolienne européenne devrait augmenter rapidement si l’Europe veut atteindre ses objectifs ambitieux, il est important d’évaluer l’état de l’offre et de la demande de ces matériaux. 

Le fer et l’acier, la fibre de verre, le cuivre, le silicium, le nickel et les terres rares sont les matériaux qui, selon cette évaluation, présentent des risques substantiels associés, et dont l’industrie éolienne européenne devrait être consciente. Trois de ces matériaux sont mis en évidence plus loin dans ce rapport : le cuivre et les terres rares, en raison de leur criticité et de leur importance stratégique, et l’acier en raison de son utilisation répandue dans la fabrication de composants éoliens.. 

Offre et demande européenne d’acier 

Pour les tôles d’acier, l’Ukraine a été un producteur important et, en 2021, le pays a fourni près de 50 % des importations de tôles de l’UE. En raison de l’invasion russe de l’Ukraine en février de l’année dernière, le plus grand producteur ukrainien de tôles fortes Metinvest a perdu le contrôle de ses deux usines de tôles à Marioupol, entraînant une baisse de la production de tôles de plus de 70% en 2022. Par conséquent, des pays comme l’Inde, l’Indonésie, le Japon et même la Turquie, qui n’ont qu’une seule usine, ont considérablement augmenté leurs exportations de tôles fortes vers l’UE. Jusqu’à présent, la Russie et l’Ukraine ont également été les plus grands fournisseurs de tôles de l’UE, exportant 93 % des importations de l’UE en 2021. 

Diverses usines dans la région, en particulier en Italie, dépendent entièrement des importations de tôles . La rupture d’approvisionnement s’est poursuivie tout au long de 2022, lorsqu’en septembre, la Corée du Sud, un grand producteur de tôles d’acier lourdes, a été frappée par un typhon causant d’importants dommages à plusieurs installations de fabrication appartenant au plus grand producteur d’acier du pays, POSCO.

Offre et demande européenne de cuivre 

L’année dernière, la production totale de cuivre dans le monde était d’environ 22 millions de tonnes métriques, selon le US Geological Survey, le Chili, le Pérou et la Chine étant les trois plus grands producteurs. L’Europe produit environ 1,8 million de tonnes métriques (en 2021) hors recyclage, où la Russie représente près de 50% de ce total. Bien que la majeure partie de la production mondiale se fasse en dehors de l’Europe, la production de cuivre est bien diversifiée à l’échelle mondiale, ce qui explique pourquoi le métal ne figure pas au seuil de la liste des matières premières critiques de la Commission européenne.. 

Dernièrement, des grandes mines de cuivre au Pérou ont été arrêtées ou fermées en raison de troubles politiques et, avec le confinement de la Chine en 2022 en raison de Covid-19, la production de cuivre a considérablement diminué. En outre, les stocks sont à des niveaux très bas, ce qui se traduit par un marché mondial du cuivre actuellement tendu. Les confinements dans le monde entier au début de 2020 en raison du Covid-19 ont considérablement limité l’offre mondiale et poussé les prix du cuivre à la hausse. Le cuivre est produit dans de nombreux pays en développement et les organisations de défense des droits de l’homme ont lancé des avertissements sur les pratiques de travail illégales, en particulier dans les pays africains. Les travailleurs du cuivre des multinationales sont contraints à des conditions dangereuses avec peu de précautions de sécurité et de bas salaires.

Terres rares- offre et demande 

Selon la Commission Européenne, l’Europe importe actuellement 98 % de ses terres rares de Chine. En tant que tel, il existe des préoccupations quant aux goulots d’étranglement directs de la chaîne d’approvisionnement, également en termes de tensions géopolitiques. La plus grande menace pour l’approvisionnement en terres rares de l’industrie éolienne européenne est la dépendance à l’égard de la Chine pour la production. Par conséquent, dans une large mesure, la Chine contrôle également les prix des terres rares. Les Terres rares  se présentent généralement comme un mélange de plusieurs éléments et, en raison de leurs caractéristiques similaires, Le processus de séparation est complexe. En plus d’extraire la majeure partie du minerai, la Chine possède également le plus grand nombre d’installations de traitement et de raffinage, ce qui signifie que même si l’Europe et le reste du monde augmentaient leur capacité minière, le traitement aurait probablement lieu en Chine. L’Europe est donc contrainte de construire l’ensemble de la chaîne de valeur pour réduire sa dépendance. La Commission européenne a commencé son premier travail de cartographie des matières premières critiques pour de multiples industries en 2011.



Fabrication et exportation d’éoliennes : la Chine monte, monte, surtout sur les turbines les plus puissantes

Nous estimons que la capacité mondiale de fabrication d’éoliennes est d’environ 166 GW, soit environ 8% de plus qu’en 2021. L’Europe a contribué à environ 16 % de la capacité de production mondiale en 2022. L’année dernière, de fortes augmentations  ont été observées en Europe et en Chine, plusieurs fournisseurs chinois dévoilant leur capacité à fabriquer des éoliennes offshore de l’ordre de 12 à 16 MW. En Europe, Siemens Gamesa a ouvert sa base française de fabrication de turbines au Havre en mars 2022. Pendant ce temps, plusieurs entreprises en Chine, telles qu’Envision, CSSC Haizhuang Windpower, Shanghai Electric, MingYang et Windey, ont augmenté leurs capacités de fabrication avec de nouvelles installations, totalisant plus de 8 GW. La plupart de ces expansions chinoises concernent des éoliennes offshore, avec des capacités allant de 10 à 13 MW.

Les cinq principaux fabricants d’éoliennes représentent plus de la moitié de la capacité mondiale de fabrication d’éoliennes. Vestas est en tête avec plus de 20 GW de capacité de fabrication, tandis que le plus grand fabricant d’éoliennes chinois Goldwind occupe la deuxième position avec environ 18 GW. Les concurrents occidentaux de Vestas, dont General Electric et Siemens Gamesa, occupent respectivement la troisième et la quatrième place, avec une capacité de production combinée de plus de 30 GW. Un autre fabricant chinois, Envision, occupe la cinquième position avec près de 14 GW. En dehors de Goldwind et Envision, d’autres équipementiers chinois tels que MingYangandWindey figurent parmi les dix premiers fabricants mondiaux d’éoliennes. En ce qui concerne les exportations , Vestas est en tête avec plus de 13 GW de turbines expédiées l’année dernière, suivie de Goldwind et Envision, qui ont expédié plus de 20 GW d’éoliennes combinées l’année dernière. Siemens Gamesa a livré plus de 8 GW de turbines, tandis que GE n’a livré qu’environ 7,5 GW de turbines l’année dernière, soit une baisse de 45%

Capacité mondiale de fabrication de pales et de nacelles : domination insolente de la Chine 

Nous estimons que la capacité mondiale de fabrication de pales s’élevait à 166 GW à la fin de l’année dernière. La Chine détient la majeure partie de la fabrication de pales, représentant plus de 60%, tandis que l’Europe suit avec environ 15%. L’Inde et les États-Unis ont également contribué de manière significative à la fabrication mondiale d’éoliennes, bien que les deux produisent principalement des éoliennes terrestres plus petites. Le marché des pales d’éoliennes dépend en grande partie de producteurs de pales indépendants, tels que TPI Composites et d’autres fabricants chinois de pales de premier plan, notamment LZ Blades, Zhuzhou Times New Material et Sinoma. Nous estimons que TPI est le plus grand fabricant de pales au monde, de nombreux fabricants occidentaux s’approvisionnant chez lui.

NB : Et pour les pales reste le problème du Balsa et de la déforestation de l’Amazonie pour fabriquer des pales en Chine et les réexporter en Europe cf sur ce blog https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/10/du-balsa-dans-les-eoliennes-oui-et-pas.html

La Chine domine également le marché des nacelles, représentant près de 60% de la capacité de fabrication mondiale. Rystad Energy estime que la contribution de l’Europe à la fabrication mondiale de nacelles était d’environ 17% en 2022. On estime que Vestas, Goldwind et Envision sont les trois premiers fabricants de nacelles au monde..

Équilibre entre l’offre et la demande européennes de turbines : goulot dès 2026 ! Et même pour des fournissseurs européens, pas sûr que la fabrication se fasse en Europe 

Rystad Energy estime que le marché européen de l’éolien pourrait être confronté à un goulot d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement pour la fabrication d’éoliennes dès 2026. Sur la base du scénario d’objectifs 2030 de WindEurope, les ajouts annuels de capacité éolienne en 2026 s’élèvent à 34 GW, soit environ 5 GW de plus que la capacité de fabrication de nacelles et de pales prévue en Europe la même année. Dans un scénario où la demande européenne ne doit être satisfaite que par l’offre européenne, la demande devrait dépasser l’offre d’ici 2026, en particulier pour les pales. À l’approche de 2030, les niveaux actuels de capacité d’offre représentent environ la moitié de la demande prévue en Europe, le secteur éolien offshore contribuant à la majeure partie de la demande en 2030.

Cependant, il est également important de noter que les principaux fabricants de turbines occidentaux, tels que Vestas, Siemens Gamesa, GE, Nordex et Enercon, détiennent des capacités de fabrication importantes en dehors de l’Europe, y compris l’Asie du Sud-Est, la Chine, l’Inde et les États-Unis, ce qui rendrait possible un approvisionnement supplémentaire à l’Europe à partir de ces bases. Néanmoins, cela pourrait être difficile, car ces régions devraient également connaître une augmentation de la demande intérieure, tirant sur leurs bases d’offre intérieures respectives


Équilibre entre l’offre et la demande en Europe pour différentes tailles de turbines ; c’est pire pour les plus grandes éoliennes

La figure 26 compare la capacité européenne actuelle de fabrication de turbines et la demande prévue pour différents groupes de tailles de turbines. Seules quelques bases européennes peuvent actuellement produire des turbines de plus de 12 MW, notamment GE à Cherbourg, les installations d’Aalborg et de Hull de Siemens Gamesa et Nakskov de Vestas – ces trois dernières n’étant pas encore entrées en production en série. Nous estimons que la capacité de production actuelle d’éoliennes de plus de >12 MW en Europe est inférieure à 2 GW, nettement inférieure à la demande en 2026 et 2030 d’environ 12 GW et 29 GW, respectivement. Comme il faut 2-3 ans pour construire une base de fabrication majeure et 1-2 ans pour réutiliser une base, des expansions sont nécessaires pour être lancées dès 2024 pour éviter une sous-offre pour ces grandes turbines en 2026

Équilibre entre l’offre et la demande européennes pour les tours

Etant donné que les tours sont fabriquées principalement en acier et que leur  hauteur varie considérablement selon la taille des turbines, les capacités de fabrication sont exprimés  en tonnes métriques d’acier

À la fin de 2022, la capacité de fabrication des tours européennes était estimée à environ 2,1 millions de tonnes métriques d’acier. Les expansions annoncées devraient porter ce total à près de 2,3 millions de tonnes métriques d’ici 2024. Avec les perspectives actuelles de capacité d’offre, la demande d’acier pour les tours devrait dépasser l’offre en 2026, car la demande annuelle cumulée d’acier pour l’éolien terrestre et offshore devrait dépasser 2,5 millions de tonnes métriques. Nous nous attendons à ce que ce décompte atteigne plus de 4 millions de tonnes métriques d’ici la fin de la décennie en 2030. 

Offre – demande européenne de câbles

La demande de câbles éoliens terrestres inter-réseaux devrait augmenter de 45% vers 2030 dans le scénario des objectifs 2030, par rapport à des niveaux déjà élevés. La demande de transport terrestre dépend fortement de la proximité d’un projet éolien au réseau et est donc difficile à quantifier. La demande de câbles inter-réseaux éoliens offshore devrait être multipliée par près de sept, car l’activité pour l’éolien offshore devrait augmenter plus rapidement par rapport à l’éolien terrestre. Alors que les turbines plus grandes réduisent le nombre de turbines (et de câbles réseau) nécessaires pour atteindre les cibles, la distance entre les turbines augmentera également, compensant quelque peu cet effet. 

La demande de câbles d’exportation pour l’éolien offshore devrait être multipliée par plus de 14 d’ici 2030, stimulée par la croissance rapide de l’activité et par les distances croissantes jusqu’à la côte. La demande de câbles d’énergie éolienne européenne devra concurrencer les autres secteurs mentionnés ci-dessus, et la forte croissance attendue des énergies renouvelables européennes et de l’électrification des systèmes énergétiques devrait exercer une pression à la hausse sur la demande.


Moteurs de la demande pour l’éolien offshore européen : des zones plus éloignées des côtes, des éoliennes plus hautes et plus puissantes, plus de câbles  !

L’augmentation rapide de la taille des turbines signifie une augmentation de la hauteur des moyeux et des tours de turbine plus grandes, ainsi qu’un besoin de fondations plus grandes, telles que des monopieux de plus grand diamètre. Les composants plus gros nécessiteront à leur tour un équipement de manutention amélioré, tel que des navires d’installation avec des grues plus grandes et une plus grande capacité de levage. Dans les régions éoliennes offshore établies, les zones proches de la côte et avec des eaux peu profondes commencent à être peuplées, ce qui signifie que les nouveaux développements devront se déplacer plus loin de la côte et potentiellement dans des eaux plus profondes. Cela devrait entraîner la nécessité de câbles d’exportation plus longs et un passage à des monopieux plus larges, à des gaines ou à des solutions flottantes. Le scénario des objectifs à l’horizon 2030 inclut également les pays ayant communiqué des ambitions éoliennes offshore et principalement des profondeurs d’eau adaptées aux solutions éoliennes flottantes. Des pays comme le Portugal, l’Espagne, la Norvège et l’Italie, entre autres, devraient stimuler la demande croissante de fondations flottantes, comme le montre la figure 3


Offre et demande européennes de fondations flottantes : accroissements importants mais incertains, besoin d’aménagement des ports peu prédictible. 

La fabrication de fondations flottantes, en revanche, n’en est qu’à ses balbutiements. Une forte augmentation prévue de la demande vers la fin des années 2020 exercera une pression sur l’expansion de la chaîne d’approvisionnement, avec une sous-offre attendue à partir de 2025, comme le montre la figure 38. Par rapport aux niveaux actuels et annoncés de fabrication de fondations flottantes, les capacités doivent être multipliées par cinq à six vers 2030 pour répondre à la demande prévue. Pour la fabrication de fondations flottantes, il existe un grand potentiel de hausse parmi les chantiers traditionnels, où une partie des zones pourrait être réutilisée pour l’éolien flottant. Cependant, les besoins en espace pour le stockage humide et sec sont élevés pour l’éolien flottant et nécessiteraient d’importants investissements en capital. Couplé à des perspectives encore incertaines pour une construction d’éoliennes flottantes à grande échelle, le signal d’investissement peut encore manquer pour ces chantiers.