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vendredi 21 octobre 2022

Mensonge et propagande antinucléaire sur France Inter- comme d'hab : une semaine en France et le téléphone sonne , vendredi 7 octobre 2022

 Dites  France Inter, vous annoncez pendant toute la semaine une émission sur le débat public nouveau nucléaire le vendredi 7 octobre 2022

Et vlan, à 18h,  Une semaine en France, une heure complète où Hervé Kempf, militant antinucléaire exprime sa nucléophobie bigote, ses mensonges ((le nucléaire n’est pas bon pour le climat)- et joue sur tous les registres de peur sans aucun contradicteur

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-du-vendredi-07-octobre-2022-8101301

Donc la principale énergie bas-carbone de France et d'Europe n'est pas bonne pour le climat et France Inter, n’apporte aucun correctif à une contradiction flagrante des rapports du GIEC et de l'AIE...., pour commencer. Le climato-dénialisme au micro de France Inter. Vous réalisez la prouesse de violer les articles 2, 3, 6, 7 et 8 de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l'urgence écologique, que vous avez promue & déclinée à travers votre manifeste #LeTournant.

2) Faire preuve de pédagogie ( ce qui est le contraire de relayer des proos contraires à toute vérité scientifique)

3) s’interroger sur le lexique et les images utilisées ( ce qui est le contraire de diffuser sans moufter une propagande grossière jouant ad nauseam sur les peurs )

6) Assurer la transparence ( votre invité est un antinucléaire écologiqte, il aurait été bon de le souligner et de rappeler qu’il existe, et heureusement de plus en nombreux) des écologistes pro-nucléaires

7) Révéler les stratégies pour semer le doute dans l’esprit du public. Alors là, on est en plein dedans, vous aviez une belle occasion de vous entrainer il était inconcevable d’inviter M. Kempf sans contradicteur)

8) informer sur les réponses à la crise ( et vous avez fait exactement le contraire, désinformer sur les réponses à la crise)

Et donc, pour la grande émission annoncée, le téléphone sonne avec Chantal Jouanno sur le nouveau nucléaire

Revlan, le même Hervé Kempf (qui doit coucher sur place) toujours sans aucun contradicteur puisque Chantal Jouanno ne peut par ses fonctions lui répondre sur le fond. Le procédé, usé jusqu’à la nausée, est toujours le même : vous opposez des militants antinucléaires bien entrainés et à l’expression libre à des experts ou des personnages institutionnels dont la parole est nécessairement bridée par leurs fonctions et qui ne peuvent les contredire franchement. Donc là encore dans cette émission présentée comme important, H Kempf a pu dérouler sa propagande ant-nucléaire sans contradiction

France Inter par bêtise, par idéologie ennemi du climat. Justement, ce climat systématique antinucléaire sur France Inter, ce climat ou mensonges et manipulations s’expriment sans contraintes, et dont les connaissances et la vérité scientifique sont exclues est insupportable et devrait entrainer des sanctions de l’ARCOM

Quant au fait que Chantal Jouanno n’ait pas protesté et quitté l’émission, cela remet sérieusement en cause sa capacité et sa légitimité à mener un débat sur le nucléaire, qui  a d’ailleurs déjà été mené au Parlement pour les 6 futurs EPR et qui est l’instance légitime pour décider de la future politique énergétique

Mensonge et propagande antinucléaire sur France Inter- comme d'hab : la Terre au Carré, 20 octobre 2022

 Une fois de plus, une fois de trop des militants anti-nucléaires ont pu raconter n’importe quoi  entre ignorance crasse et mensonges flagrants  sur France Inter sans aucune contradiction, antenne ouverte ! Emission  La  Terre au Carré, Jeudi 20 octobre, fin de l’émission. Un militant de Sortir du Nucléaire et de l‘ ACRO,a été interviewé sur les dosages de tritium dans la Loire. 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-jeudi-20-octobre-2022-7638630

Extraits 

«  Dans cette eau, il y a de la radioactivité, vous l’avez mesurée. Pour le tritium, on est à 20 Becquerel/L à chaque fois qu’on fait des prélèvements, donc ça veut dire que c’est l’ambiant… C’est normal ? Ben moi, je trouve que c’est pas normal, pour moi, la Loire, ça doit être de l’eau et puis c’est tout, de l’eau et des poissons ?… de l’eau pure.."

"Et en 2019, vous avez mesuré jusqu’à 300 Bq/L ? .Oui 310 à Saumur… Et on a pu prouver que c’était la centrale de Chinon qui avait fait un rejet"

Mensonge démenti par l’IRSN, voir la suite

"Est-ce qu’il faut s’en inquiéter ? Je ne sais, pas , là on va prendre de la radioactivité, mais elle est faible, forcément qu’elle est faible . Mais sur le long terme, elle est forcément importante"

Retour sur la valeur « anormale » (en effet ! ) de 2019  et les  méthodes détestables de l’ACRO qui, a provoqué une panique idiote et  dangereuse

 Titres de la presse  AFP : «Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes » ; Canard Enchainé : «De l’eau potable assaisonnée à la radioactivité». Sur quatre colonnes, l’hebdomadaire évoque ces «6,4 millions de Français, dans 268 communes, [qui] boivent sans le savoir de la flotte au tritium ; Parisien : contamination » radioactive de l'eau alimentant 6,4 millions personnes en France. Selon elle, 268 communes sont concernées, dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France)

Au moins le Parisien a-t-il fait amende honorable en titrant finalement   « Gare aux fake news».

Car fake news il y avait : « Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires », reconnaît l'association elle-même alors que la moyenne de ces relevés est de 9 Bq/L !!!!

Et au lieu de « Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », c’est bien plutôt :

« Une association confirme que 6 millions de français ont accès à une eau qui respecte le critère de qualité de 100 Bq/L (Becquerel par litre) » qu’il fallait dire

Ajoutons que le critère de 100 Bq/l n’est pas une alerte saniatire, mais une alerte de l’ASN indiquant u niveau anormal de radioactivité sur lequel il faut enquêter

Pour un ordre de grandeur qu’il sera utile de faire connaitre à vos auditeurs,

- Pour qu’une eau tritiée mesurée à 500 Bq/L provoque sur un adulte les mêmes « dommages » qu’une seule banane, il faudrait en boire quelque… 40 litres ! »

- le seuil de potabilité pour l'eau de boisson fixé par l'OMS est de 10.000 Bq/l.

Et rappelons : le rapport de l'ACRO concernait des mesures réalisées entre décembre 2017 et mai 2019. On court donc sur 18 mois de données, sur toute cette période, sur la Vienne et la Loire (deux cours d'eau, 5 centrales, 14 réacteurs), ils ont eu UNE mesure dépassant 60 Bq/L, atteignant 310 Bq/L)

Et voilà la fameuse courbe. C’est louche, en effet !


Une enquête a été faite qui a couté 500.000 euros pour rien, la valeur anormale de l’ACRO n’a jamais pu être retrouvée, cf l’article de France Bleu : Rejets anormaux de tritium dans la Moire et la Vienne, un problème de méthodologie selon l’IRSN

L’ACRO séme volontairement des paniques dangereuses et injustifiée, elle  cultive les peurs et l’ignorance. Son financement public doit cesser !

NB : l’avis très policé de l’IRSN : « En effet, les modélisations monodimensionnelles et bidimensionnelles de la dispersion du tritium dans la Loire, calées à partir des mesures d'EDF, de l'IRSN et de l'ACRO et intégrant les conditions (rejets déclarés, débits) de janvier 2019, conduisent à une concentration maximale en tritium dans la Loire au pont Cessart à Saumur variant entre 70 Bq/L et 160 Bq/L le 21 janvier 2019. Ces modélisations n'ont donc pas permis, même dans des conditions majorantes, de retrouver le niveau de la mesure atypique (310 Bq/L). »

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20220119_tritium-eaux-Loire-Saumur.aspx#.Y1Jrl3VByM8

jeudi 6 février 2020

Lettre à la médiatrice de France Inter à propos d’une émission intitulée « La France est-elle dans le vent ? L'énergie éolienne en question »


Mme la médiatrice,

Le samedi 18 janvier 2020 à 7h15 a été diffusée une émission intitulée : « La France est-elle dans le vent ? L'énergie éolienne en question ». 

Loin de correspondre à son titre, l’émission a été un plaidoyer unilatéral en faveur de l’énergie éolienne, et en fait une opération de propagande mensongère et insultante, avec comme unique invitée la Déléguée Générale de France Energie Éolienne, lobby des producteurs éoliens en France, laquelle s’est justement livrée à une véritable opération de lobbying, sans qu’aucun  autre intervenant ne puisse la contredire, sans que la journaliste (Fabienne Chauvière), au mieux complètement ignorante, au pire vraiment très complaisante, ne propose un seul instant une parole critique sur les propos qui étaient tenus.

Ainsi, les auditeurs de votre station ont pu ignorer que d’ici 2050,  300 milliards d’euros seront engagés en faveur des ENR, la plus grande partie en faveur de l’éolien, tout ça pour générer quelques pour cent de notre consommation électrique, et encore, quand le vent veut bien, pas quand on en a besoin – ce qui comme l’explique l’expert Jean-Marc Jancovici ne permet pas vraiment de faire partit le train de 8h15 à 8h15. (cf. Commission Julien Aubert, auditions de M. Patrice Cahart et de Jean-Marc Jancovici)

Ainsi les auditeurs de France Inter ont pu complètement ignorer les problèmes que posent l’intermittence de l’éolien, ignorance soigneusement entretenue  par la confusion entre puissance installée et puissance fournie répétée en permanence par ceux qu’il faut bien appeler les margoulins de l’éolien. Le soi-disant éolien vert c’est au mieux 20% de vent et 80% de gaz, ce qui n’est ni bon pour le climat, ni bon pour l‘économie, ni bon pour l’indépendance énergétique, mais qui rapporte beaucoup à certains opérateurs dont la Déléguée Générale de France Energie Éolienne est la représentante.

Ainsi, les auditeurs de  France Inter ont pu ignorer cette déclaration de Marjolaine Meynier Millefert, rapporteur LREM de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables (Commission Aubert,), et pourtant favorable aux ENR :

« Quand on a 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation et finalement la transition écologique en France, je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti en fait. »

Ainsi a-t-il été servi aux auditeurs de France Inter , sans aucune correction, un discours négationniste sur les nuisances de l’éolien, et méprisant pour ceux qui souffrent d’un syndrome éolien pourtant reconnu par l’Académie des Sciences, de leurs vies et de leurs paysages gâchés, des agriculteurs qui perdent leurs troupeaux, de la multiplication des lignes haute tension, des pertes de valeurs de leur propriétés, des socles de bêton restant à la charge (20.000 tonnes, de bêton, 20 mètres de haut) des agriculteurs, pour les problèmes bien réels des pêcheurs ( non, ce n’ait pas que les éoliennes offshore fasse fuir les poissons, c’est tout simplement qu’ il n’est pas possible de pêcher dans les zones éoliennes offshore….)

Alors que la Commission Aubert a mis en évidence l’absurdité écologique, climatique et économiques du développement de l’éolien, et les pratiques écœurantes et même malhonnêtes de ses promoteurs, le lobby éolien a pu profiter sur une chaine publique d’une émission de véritable propagande grâce à l’incompétence ou pire la complicité de Fabienne Chauvière.

Les immenses défis énergétiques qui sont devant nous (dérèglement climatique, épuisement des ressources fossiles) ont la potentialité d’entrainer un effondrement économique et social de nos civilisations. Aucune solution ne sera acceptable, ni acceptée, si elle va contre la rationalité scientifique et technique, si elle mobilise une Fake science, les peurs irrationnelles, la manipulation des connaissances scientifiques au service d’intérêts  particuliers bien réels ou de billevesées antiscientifiques, antiprogressistes et antihumanistes.

La radio et les grands moyens d’information, surtout publics,  ont une responsabilité particulière pour diffuser les connaissances scientifiques, et, en particulier, ce qui constitue le noyau de toute connaissance physique, la juste appréhension des ordres de grandeurs, de façon à ce que l’ensemble des citoyens puissent se former une opinion fondée scientifiquement sur des décisions qui les impacteront fortement. France Inter, depuis longtemps n’assume plus cette mission, et l’émission du 29 janvier n’en est qu’une scandaleuse confirmation de plus.

NB : visiblement, la Commission Aubert a beaucoup énervé et inquiété les margoulins de l’éolien et leurs lobbys. En témoigne une floppée brusque d’articles  dans les grands medias (radios, journaux, Ouest France se distinguant particulièrement). France Inter s’est spécialement distingué en invitant carrément la lobbyiste en chef de France Energie Eolienne et en li permettant de servir sa soupe sans aucune opposition, ni même mise en perspective de la journaliste impliquée.


Mise à jour 16 mars 2020 : Aucune réponse de la médiatrice de France Inter. Il semble donc normal sur cette antenne d'accorder une émission à une lobbyiste revendiquée de l'éolien ( Déléguée Générale de France Energie Éolienne) sans la présenter clairement pour ce qu'elle est, sans lui opposer aucune contradiction, en la laissant complaisamment déployer ses mensonges en série. Dont acte. Merci France Inter, Merci Fabienne Chauvière)

mardi 15 décembre 2015

L’hydroélectrique a un bel avenir


Ce billet fait suite aux deux précédents de début décembre et fin novembre (Privatiser les barrages hydroélectriques : une folie et  L’énergie électrique : trop sérieux pour être confié aux économistes ?) inspirés par la  colère et l’inquiétude devant la mise en demeure de la Commission Européenne de privatisation des barrages et l’ineptie du gouvernement français, qui contrairement aux autres pays européens, n’a rien fait pour y échapper), alors qu’au contraire, l’énergie hydraulique constitue une énergie propre et renouvelable, dans laquelle de nombreux progrès sont possibles et qu’un  programme hydraulique ambitieux d’investissement et de modernisation devrait être mis en place, qui suppose une intervention et une mobilisation des pouvoirs  et organismes publics.
Au moment donc, où la France est mise en demeure par la Commission Européenne de privatiser ses barrages hydroélectriques (à cause de l’impéritie de ses gouvernements successifs, car les autres pays européens se sont débrouillés pour échapper à cette injonction - cf mon précédent billet), alors que les Suisses investissent intensivement dans la modernisation de leurs barrages, l’électricité hydraulique a un avenir et des solutions novatrices sont en cours de développement.  L’émission de France Inter- les reportages des radio francophones publiques du 6 décembre 2015 – en a donné deux exemples français.
Des turbines fluviales
Avec le barrage de la Rance, la France a été l’avant-garde de l’utilisation des marées pour produire de l’énergie électrique. Hydrotube énergie à Bordeaux développe des hydroliennes destinées aux fleuves. Pourquoi Bordeaux ? Parce que la Garonne constitue un endroit idéal pour tester ces hydroliennes fluviales ; et parce que le savoir-faire des sous-traitants de l’aéronautique est extrêmement utile au défi que s’est donné Hydrotube et son PDG épris de voile et ancien de l’America Cup, Franck Jouanny . Leur prototype H3 placé sur un flotteur de 10 mètres sur 4,5 mètres pèse 5 tonnes et est équipé d’une turbine de 3,5 mètres de diamètre ; des triples jupes latérales le protègent des éléments charriés par le fleuve.  Placé au milieu de la Garonne, dans un fleuve réputé capricieux et des courants variants entre 0.5 et 2.5 mètres par seconde, H3 sera raccordé au réseau en 2016 et devrait fournir une puissance comprise entre 5 et 20 kW, de quoi alimenter les besoins électriques de 12 personnes en moyenne. Débuts modestes, mais qui devraient permettre de tester la fiabilité et la solidité de l’hydrolienne.
Ensuite, ce sera l’Afrique : La technologie de l’hydrolienne est particulièrement attrayante pour le continent africain et ses fleuves gigantesques, en raison de  la faiblesse des coûts (en effet, on estime à 3 ou 4 centimes le prix du kilowattheure généré si un H3 était installé sur le fleuve Congo), d’une maintenance facile et d’une production continue facilement accessible dans un continent où les coupures électriques fréquentes sont un facteur limitant du développement économique. Un modèle installé sur un fleuve comme le Congo pourrait atteindre une puissance de 50 kW et alimenter 3000 personnes pendant un an, pour un coût entre 80.000 et 100.000 euros pour le moment mais qui devrait s’abaisser à 50.000 à 60.000 euros une fois que l’appareil sera produit en série. Après, quand la rentabilité de l’hydrolien sera semblable à celle de l’éolien et du photovoltaïque,  peut-être un retour en France.
Openhydro et la diversification de la DCNS
Autre projet, en mer celui-ci, et d’une autre taille. Société d’origine irlandaise, Openhydro a construit la première hydrolienne  marine ayant produite de l’électricité en 2006 en Angleterre, avec une turbine de 6 mètres de diamètres. Reprise par la DCNS ( Direction des Construction Navales, le descendant des arsenaux navals historiques – depuis 1631 !) , Openhydro a changé d’ambition et ses hydroliennes de taille. Produites à Cherbourg, les turbines ont maintenant des rotors de  16 mètres de diamètres, équivalent d’un immeuble de quatre étages ; l’installation finale est produite dans les arsenaux de Brest. Turbines Marines, les hydroliennes d’Openhydro bénéficient du savoir-faire marin des arsenaux de la DCNS et du savoir-faire en matière déoline d’EDF- énergies renouvelables, qui est associé au projet.  Openhydro propose une solution originale, simple et économique. Emboitées sur des fondations en bêton, la turbine est simplement coulée,  posée sur le fond, sans travaux, sans bétonnage des fonds.  C’est une facilité d’installation inédite, qui, de plus, convient mieux aux circonstances exceptionnelles de très forts courants, et est facilement réversible. Une première hydrolienne doit être installée dans l’un des plus forts courants maritimes au large des côtes européennes , dans le raz Blanchard  ( des courants de douze nœuds lors des marées d’équinoxe !) Mais bien que le groupe maintenant français privilégie une première installation en France, il n’est pas sûr que les premières de ses hydroliennes soient raccordées au réseau français. En effet, un second projet d’implantation des super hydroliennes d’ Openhydro avance rapidement, au Canada, en baie de Fundy ( cette fois, les courant le plus forts au monde , des records de marnage de 21 mètres). La raison : là où en France, le groupe, malgré l‘appui de la DCNS et d’EDF, doit faire face à des interlocuteurs multiples aux intérêts contradictoires, et à une complexité administrative décourageante, au Canada, un dispositif de « guichet unique » facilité considérablement son travail. Or, même si la technologie d’Open hydro est particulièrement attractive, il existe de nombreux concurrents japonais, anglais, canadiens, etc. , et une course est engagée, avec une prime importante au premier qui réussira à faire la preuve de la faisabilité, de la fiabilité et de la rentabilité d’une exploitation industrielle.
La course au nouvel hydroélectrique : la France en sera-t-elle ?
L’hydroélectrique, que ce soit sous la forme plus traditionnelle mais toujours en évolution des barrages fluviaux, ou sous la forme plus nouvelle  des hydroliennes a un bel avenir comme énergie renouvelable. Par sa situation géographique, la longueur de ses côtes, par son savoir-faire historique, la France et son industrie pourraient y jouer un rôle important. Mais encore faudrait-il qu’il y ait une prise de conscience de ses possibilités, et une volonté de développer ce secteur, notamment en accordant à l’énergie hydraulique le même régime qu’au solaire et à l’éolien. Et aussi, un champion national pour porter ce projet. Seulement, la priorité des fous libéraux de la Commission Européenne et de ceux qui les écoutent béatement était de casser EDF ; et voilà maintenant la menace de la privatisation des barrages par mise en demeure de la Commission Européenne, qui sonnerait le glas du développement de l’hydraulique en France. Comment traduit-on, en volapuck libéral «  se tirer une balle dans le pied « ? Concurrence livre et parfaite dans le domaine des biens publics ?
 
 

samedi 12 décembre 2015

Privatiser les barrages hydroélectriques : une folie


Les Suisses croient à l’hydroélectrique public : Nant de Drance
Au moment où la France est mise en demeure par la Commission Européenne de privatiser ses barrages hydroélectriques (à cause de l’impéritie de ses gouvernements successifs, car les autres pays européens se sont débrouillés pour échapper à cette injonction - cf mon précédent billet), les Suisses, eux, croient à l’hydraulique, et, par contre, ne croient pas au simple jeu du marché en matière énergétique. En témoignage le très intéressant reportage de la Radio Suisse diffusé par France Inter- les reportages des radio francophones publiques- 6 décembre 2015)
Ainsi la Suisse investit lourdement dans le barrage de Nant de Drance pour en faire la plus importante station du pompage turbinage, d’une capacité de 900 mégawatts, représentant l’équivalent d’une centrale nucléaire. Le pompage-turbinage consiste à faire fonctionner un barrage hydroélectrique dans les deux sens, l’eau étant pompée lorsque le réseau électrique est en surproduction, et relâchée (turbinée) lorsqu’il est nécessaire de produire de l’électricité. C’est donc un excellent moyen de stockage et de production d’une énergie électrique totalement propre. C’est aussi un chantier gigantesque de l‘ordre de deux milliards de francs suisses, avec une  conduite de 1000 mètres à forer entre le barrage d’altitude, situé à 2000 mètres, et le lac inférieur, et une salle des machines de superficie égale à deux stades de football, une fantastique caverne au plus profond de la roche.
Oui, mais expliquent les responsables du projet, l’installation ne sera pas rentable à court terme et n’a pu être envisagée que grâce à une concession exceptionnelle de 80 ans. En fait, il est heureux que les travaux aient été décidés et commencés il y a environ quatre ans, sinon ce barrage n’auraient jamais vu le jour. En cause le déséquilibre du marché causé par les subventions au solaire et à l’éolien, en particulier par les Allemands. Sans subventions, expliquent les Suisses, l’énergie renouvelable la moins polluante n’est pas rentable. Ainsi se trouve-t-on, en particulier en France, dans une situation où l’investissement dans l’amélioration de l’hydroélectrique est artificiellement pénalisé.
Au contraire de la Suisse, l’hydraulique français sacrifié !
Le programme suisse d’investissement dans l’hydroélectrique ne se borne pas au superbe chantier de Nant de Drance. Les barrages les plus simples, ceux dits au fil de l’eau, dont certains sont centenaires, seront réaménagés ; c’est un programme de vingt-trois millions d’euros qui est envisagé, alors que pour l’instant, rappelons-le, la plupart  des barrages sont déficitaires.  Mais il s’agit de préserver un capital pour le futur, d’éviter le démantèlement d’installations vieillies mais à bon potentiel, d’éviter des pertes de compétences, des diminutions de stockage. Alors, les Suisses ont un programme hydraulique ambitieux, d’investissements, de créations de nouvelles dérivations, et une stratégie à l’horizon 2050 que leur permettra de diminuer beaucoup le nucléaire (aujourd’hui 40% de la production électrique contre 55% pour l’hydraulique) tout en gardant leur indépendance énergétique. Et, pour cela, malgré leur allergie connue aux augmentations d’impôts, une taxe sera prélevée sur les autres énergies.
La France aussi a un potentiel hydroélectrique important. On pourrait rêver d’un EDF modernisant ses barrages à l’exemple de la Suisse, les rendant plus performants, investissant pour éviter pertes de compétences et de production de l’énergie la plus écologique qui soit. D’un EDF qui redeviendrait un champion national et  international de l’hydraulique, comme il l’a été au moment de la construction du barrage de la Rance, et encore récemment, du barrage laotien de Nam Theun 2.
Mais, non, il était urgent au nom de la sacrée concurrence de démanteler EDF-GDF. Et maintenant, il est urgent de privatiser les barrages hydroélectriques, au nom des dogmes de la Commission Européenne ; ce qui signifie à terme pertes de compétences, perte d’un capital légué par es générations, perte de production d’une énergie écologique et renouvelable. Car comment le privé investirait-il dans une énergie déficitaire, alors que même les Suisses conviennent que face à la distorsion du marché, un investissement public est nécessaire.
Grâce encore une fois à l’impéritie de nos gouvernements successifs (car il aurait été parfaitement possible de contourner, comme l’ont fait la plupart des autres pays, la directive européenne), c’est à l’inverse de la Suisse, vers un bradage et une dégradation de l’hydroélectrique que nous allons. Inquiets, révoltés, déboussolés, les hydrauliciens  d’EDF ont fait, coup sur coup, deux grèves très suivies, dans une indifférence  assez générale (plus de 60% de grévistes dans l’hydraulique, mais les media libéraux  ont en général ramené le taux de grévistes au total d’EDF, ce qui est assez déloyal et trompeur) ce qui a entraîné une sérieuse baisse de production et contraint EDF à racheter du courant à prix élevé.
L’énergie est trop sérieuse pour être abandonnée au marché, surtout si l’on veut respecter les objectifs de la COP21. EDF doit redevenir un champion de l’hydraulique en France et à l’étranger