Résumé : Très actif à Bruxelles, le lobby de l’éolien a prévenu : « il faut approcher différemment la planification de l’espace maritime ». Pour les pêcheurs déjà confrontés aux parcs éoliens, la signification est claire : ils sont évincés de leurs zones de pêche ; à cela s’ajoute les effets nocifs des parcs sur la biodiversité, la pollution, les courants. Face à une propagande intense qui va jusqu’à chercher les enfants à l’école et achète les complicités, ils s’organisent avec leurs organisations professionnelles pour obtenir l’interdiction de parcs qui auraient une incidence majeure sur la pêche.
1) Le sacrifice des pêcheurs annoncé et revendiqué
par le lobby éolien : il
va falloir « approcher différemment la planification de l’espace
maritime »
« Pour Wind Europe (lobby des
industriels de l’éolien), la France possède l’un des plus forts potentiels
de production d’énergie d’origine éolienne marine en Europe. Ce serait l’un des
pays les plus sollicités de l’Union européenne, après le Royaume-Uni (80 GW) et
les Pays-Bas (60 GW). Dans le schéma présenté par Wind Europe, les côtes françaises fourniraient 57 GW :
40 GW, soit près de la moitié de la capacité envisagée dans l’océan Atlantique
et la Manche et 17 GW au large des côtes méditerranéennes.
NB : cela représenterait environ 115 parcs de
la taille de celui de la baie de Saint-Brieuc. Commentaire de Vent Libre
(@Fragren36) : Il ne resterait
rien de ce pays et de ses littoraux.
Dans son étude de novembre 2019, WindEurope précisait que « l’espace
maritime capable d’accueillir des éoliennes offshore est trop petit. On ne
pourrait installer que 112 GW quand il faudrait 450 GW…Nous allons devoir
approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones
aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples…Pour faciliter le développement
des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce
problème en priorité. »
Giles Dickson, le président de WindEurope, https://lenergeek.com/2020/07/23/lue-accelere-sur-lenergie-offshore/
Autrement
dit, poussez-vous que je m’y mette !
2) Témoignages de pêcheurs
devant la Commission Aubert (Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et
environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des
financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition
énergétique)
M. Julien Trehorel, Saint-Brieuc : « Ce
parc éolien a été mis en place en plein milieu de la baie de Saint-Brieuc où
290 bateaux travaillent. Cela représente 236 licences de coquilles
Saint-Jacques. La baie de Saint-Brieuc est la plus grande baie de France où se
reproduisent naturellement les coquilles Saint-Jacques. Nous avons également
énormément d’activités autour du bulot, des araignées et du homard.
Lorsque ce parc
a été installé à cet endroit-là, ils n’ont pas pensé aux conflits d’usage.
C’est de l’éolien posé. Aujourd’hui, on n’a pas de place. On ne peut pas aller
ailleurs car la baie de Saint-Brieuc est entièrement exploitée, que ce soit au
filet, au chalut ou au casier »
« On se dit
que tout ce travail que nous faisons depuis des années, tout ce chiffre
d’affaires qu’on remet à l’eau pour pouvoir mieux l’exploiter l’année suivante
va nous être enlevé comme cela, d’un claquement de doigts »
Sylvain
Gallais, Noirmoutiers . « Je suis patron pêcheur au port de
L’Herbaudière sur l’île de Noirmoutier. Dans la zone où j’exerce mon activité, il est prévu deux projets éoliens
plantés de 80 machines pour le projet de Saint-Nazaire et 62 machines pour le
projet de Noirmoutier-Yeu. Je représente les pêcheurs de Noirmoutier-Yeu c’est-à-dire environ 100
bateaux et 200 marins pêcheurs.
Selon la direction
interrégionale de la mer (DIRM) Nord Atlantique Manche Ouest, un emploi en mer
génère trois emplois à terre…..
La pêche, sur nos îles, c’est un métier qui se
transmet de père en fils depuis des générations. Il n’y a pas une famille de la
région qui n’ait pas de pêcheurs : c’est l’histoire de nos îles, son
patrimoine, notre Notre-Dame à nous. Ce sont les ports de pêche, les petites
maisons de pêcheurs, les produits frais de la pêche consommés sur place qui
font venir les touristes, qui risquent de partir avec nous si ces projets
voient le jour. Aujourd’hui nos
zones de pêche diminuent toujours un peu plus, laissant place à
l’industrialisation de la mer. Nous sommes aussi de plus en plus à partager
un même espace de pêche. Nos zones de pêche se réduisent comme peau de chagrin
avec la taille de nos bateaux et les quotas. Il n’est pas possible de
les remplacer par des zones plus au large ou ailleurs…Nous avons exprimé notre
opposition au projet dans une motion adressée en janvier 2018 à Nicolas Hulot,
au député et sénateur de Vendée ainsi qu’à tous les élus locaux. 152 travailleurs
de la mer l’ont signée dont – à une exception près – tous les patrons pêcheurs
de Noirmoutier. La population nous a suivis lors de l’enquête publique sur le
projet Noirmoutier-Yeu. Elle a
recueilli 80 % d’avis défavorables. Pourtant, jusqu’à maintenant, nous ne
sommes pas entendus. »
Philippe Gendreau, Saint-Gilles-Croix-de-Vie :
« Nous sommes des vieux acteurs de la conserve de poisson, depuis 1903,
depuis quatre générations, et nous employons à la conserverie Gendreau 300
salariés dont 150 travaillent uniquement la sardine. Saint-Gilles-Croix-de-Vie
est l’un des tout premiers ports sardiniers français : 3 000 tonnes sont
pêchées par an. C’est aussi un port sardinier qui a été inscrit en tant que
site remarquable du goût pour la sardine en 1998 et qui est depuis 2018 inscrit
au Patrimoine culturel immatériel de la France. La sardine, est un véritable
emblème de la ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
La pêche à la sardine se pratique par des
chalutiers pélagiques de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Nous sommes directement impactés par ce
projet de centrale éolienne car il intervient au milieu de la zone de pêche. Ce
projet va également entraîner de graves perturbations au niveau de l’écosystème
marin en raison des travaux. Les marins pêcheurs de Saint-Gilles estiment qu’à
peu près 30 % des apports viennent de cette zone de 100 kilomètres carrés. Pour
nous cela représente la menace de perdre 30 % d’approvisionnement
et une baisse de notre activité de transformation qui impacterait nos 150
salariés »
M.
Emmanuel Maquet, Le Tréport : Il y a
un mois, nous recevions ici Jean-Louis Bal le président du Syndicat des
énergies renouvelables, qui nous déclarait que le projet du Tréport est
l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Je crois que c’est bien l’illustration
de l’aberration de ce projet. Je l’ai vécu de l’intérieur puisque j’étais à
l’époque élu local au département et dans ma commune de Mers-les-Bains située
face au parc. Ce projet se situe dans le périmètre du parc naturel marin situé
entre les estuaires de la plaine de Picardie et de la côte d’Opale. Il s’agit d’une zone extrêmement riche en
termes de biodiversité et un plan de gestion ambitieux a été mis en place pour la sauvegarder.
Puis, on a nous a retiré le droit de veto pour le confier à l’Agence française
pour la biodiversité (AFB) qui a validé ce parc alors que nous avions émis un
avis défavorable. Cela a généré une crise de gouvernance puisque nous avons
tous démissionné du parc marin à cette occasion-là.
C’est à la fois une zone riche en biodiversité dont
l’État s’est contrefichu et une zone de pêche
Olivier Becquet, le Tréport : « En mars
2017, nous avons ainsi visité le parc de Thannet sur proposition de l’Institut
maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous
sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du
fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité… Il n’y a plus de
filière, plus de criée, plus de jeunes qui entrent dans ce métier. Il ne reste
qu’un chalutier qui pêche à la côte des petits naissains de moules, qui sont
revendus pour les bouchots. Les éoliennes qui ont été plantées dans un fond
accidenté avec une granulométrie variée ont créé une dépression sur la zone de
Thannet. Avec une telle turbidité, les espèces ne se reproduisent plus. Les
fonds sont devenus plats »
« On trouve aberrant que des consortiums se
rendent dans les écoles, pour voir les enfants, sur le temps des cours, pour
faire la promotion de l’éolien. Une élève nous a rapporté que les questions
étaient interdites et qu’il s’agissait d’un monologue.
Mme Marjolaine Meynier-Millefert, rapporteure. De
quel niveau de classe s’agissait-il ?
M. Olivier Becquet. C’est une élève de 15 ans, donc
au collège. Mais dans l’Éducation nationale, on ne fait pas de cours sur la
pêche. La pêche, c’est aussi une activité et là, on distribue des petites
éoliennes aux enfants. Sur la façon de procéder des consortiums, on constate
que plusieurs milliers d’euros sont distribués à l’école de voile du Tréport
qui dispose d’un stand dédié aux éoliennes. C’est un peu fort de café ! Ces
gens-là ont des moyens colossaux pour faire leur promotion qu’ils nous font
peut-être payer avec la facture de la contribution au service public de
l’électricité (CSPE). »
Philippe Gendreau. Le consortium EMYN, qui est actif sur le projet de Noirmoutier, a financé
le Vendée Globe en 2016 pour une somme de 500 000 euros. La force des lobbies nous
a conduits à être censurés par le journal Ouest-France. »
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cetransene/l15cetransene1819047_compte-rendu
Jean Porcher et Émile Éouzan, armateurs,
Saint-Brieuc :
« Ces éoliennes, on n’en veut pas. C’est tout ! C’est une
aberration écologique, proche de la zone Natura 2000, sous le Cap Fréhel. Ça
fait 60 ans que la baie est protégée. Ça fait 60 ans que les pêcheurs font leur
part, entre les quotas et les zones à respecter. Pour exemple, au Sud-Ouest
immédiat des travaux prévus, on a 250 tonnes de raies brunes qu’on n’a pas le
droit de toucher. On n’y touche pas !...Ce parc, entre les emplois en mer et
ceux qui travaillent à terre, ça va toucher 1 800 personnes. Dont la moitié va
rester sur le carreau. Parce qu’on ne pourra plus y pêcher. C’est une petite
baie et on l’a vu quand il y a eu les essais de forage : les bateaux rentraient
à vide. La ressource s’était enfouie plus profondément qu’à l’habitude. Ou
était partie. On ne sait pas. Mais ce qu’on sait, c’est que quand les nuisances
sonores et les vibrations se sont arrêtées, tout est rapidement rentré dans
l’ordre… »
https://www.letelegramme.fr/bretagne/baie-de-saint-brieuc-deux-armateurs-vent-debout-contre-le-parc-eolien-17-11-2020-12658182.php
4) Colloque au Parlement
Européen, « Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ? » (22
janvier 2020) : « Il faut comprendre que nous sommes chassés de la
mer »
Témoignages de pêcheurs confrontés aux zones
industrielles éoliennes :
Job Shot, président d’EMK ( Hollande) : « Des éoliennes néerlandaises,
allemandes et britanniques nous chassent du sud de la mer du Nord. (…) Ils
prétendent que la zone autour des éoliennes crée une sorte de paradis de la
biodiversité. C'est exactement le contraire. Ce sont des zones mortes…
Avec ce qui est construit ou décidé en Mer du Nord,
25% des zones traditionnelles de pêches sont déjà occupées…Il faut comprendre
que nous sommes chassés de la mer. Il
ne nous reste presque rien au sud de la mer du Nord. Ce sont des espaces où
nous avons toujours pêché de génération en génération. Pendant combien
de temps encore pourrons-nous déguster du poisson frais dans notre
assiette ? »
Jaap, Stellendam (Hollande) : « Nous
sommes en train de nous faire exclure de la mer. Le domaine dans lequel nous
pouvons travailler devient de plus en plus petit. Nous pouvons tous voir ce
qu'il advient du poisson lorsque les éoliennes sont en place ; »
Steve, Ramsgate (Angleterre) « Pour une
raison quelconque, je ne sais pas ce que c'est, mais il n’y a pas de poissons
dans le parc éolien. Cette zone est pratiquement stérile. (…) La région était
autrefois un lieu de pêche privilégié. »
Avis
d’experts :
Luca van Duren, Deltares : Il existe un « effet Chaine »
dans les perturbations, et ce n’est pas du tout la même chose d’avoir une
éolienne isolée ou d’immenses parcs à proximité les uns des autres :
« Le développement de l’éolien à grande échelle impose de comprendre les
effets des changements dans la physique des écosystèmes. Les turbulences
importantes produites par les éoliennes entraînent des changements de vent
provoquant des modifications dans la vitesse et la direction des vagues. Dans
les parcs éoliens allemands, on observe une diminution de la stratification de
la colonne d’eau et une augmentation de la turbidité entraînant une diminution
de la production d'algues etc. Il est indispensable de développer des
programmes internationaux pour réduire les incertitudes de ces effets à long
terme. »
4
Thierry Ruellet , GEMEL, Chercheur en
écologie littorale et biodiversité marine : « Remaniement des fonds, panaches turbides,
anodes sacrificielles, champs électromagnétiques créés par les câbles, autant d’impacts
et d’effets sur les poissons, les mammifères marins, les invertébrés qui
demandent à être documentés… L’impact des anodes superficielles notamment est
largement ignoré (valeur typique : 39 tonnes de métaux divers dissous
par an pour un parc de 60 éoliennes) »

“L’effet récif avancé par
les opérateurs, il n’est pas toujours vérifié. Par contre, la constante
toujours vérifiée, c’est une raréfaction grave de la ressource autour des sites
éoliens et une baisse drastique des flottes de pêche cf. exemple de Ramsgate (UK)…Le
seul point malheureusement déjà documenté au vu de l’expérience, c’est
l’ingérence de l’éolien offshore dans l’espace économique et la diminution de
la ressource. A quoi s’ajoute le constat que même les solutions techniques amoindrissantes
(ex, les rideaux de bulles) sont insuffisantes.»
5)
Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ?, https://pecheursartisans.com/2020/01/
Parlement
Européen, Commission pêche : Projet de rapport sur les effets des parcs éoliens
en mer et des autres systèmes d’énergie renouvelable sur le secteur de la pêche
« La Commission pêche du Parlement européen fait
remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations
des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur
la pêche, et, en l’absence de données fiables, appelle au principe de précaution quant à la construction de parc
éoliens offshore. »
La Commission :
- S’inquiète de l’impact négatif à long terme des
éoliennes en mer sur les écosystèmes, les stocks de poissons et la
biodiversité, et par conséquent sur l’ensemble des pêcheries, et ce tout au
long du cycle de vie des éoliennes, de leur construction jusqu’à leur
déclassement, en passant par leur exploitation;
- Souligne que le déploiement à grande échelle de parcs
éoliens en mer risque de nuire au fonctionnement physique des bassins
maritimes, en particulier des courants marins et aériens, ce qui pourrait
contribuer au mélange des couches de la colonne d’eau, et, par conséquent,
influer sur le cycle des nutriments, la génération des vagues, les amplitudes des
marées et le charriage des sédiments sur le fond, tandis que les infrasons
produits par la rotation des pales pourraient chasser les poissons des parcs
éoliens, et que les champs électromagnétiques des câbles sous-marins, ainsi que
le bruit produit par le battage des pieux, risquent de perturber gravement la
vie marine;
- Affirme que les parcs éoliens peuvent avoir une
incidence sur les pêcheries car ils modifient la répartition spatiale et
l’abondance des espèces marines pêchées à des fins commerciales, peuvent être
fermés pour des raisons de sécurité ou imposent une modification de l’activité
ou de la méthode de pêche, par exemple le passage d’une pêche active à passive;
- Souligne que les pêcheries artisanales seront
particulièrement touchées par les déplacements de poissons, car elles ne sont
pas toujours en mesure de se rendre dans d’autres zones de pêche plus éloignées
ou de modifier leur méthode de pêche;
- Souligne que l’assurance des navires de pêche opérant
dans des parcs éoliens est très problématique en raison des niveaux
d’indemnisation insuffisants offerts par les polices d’assurance des navires;
Est soucieux du fait que les pêcheurs ont tendance à
éviter de pêcher dans les parcs éoliens, même s’ils y ont accès, car ils
craignent les dégâts accidentels, les accrochages et la perte de matériel de
pêche, et que, par conséquent, la crainte d’une exposition potentielle à des
poursuites est une source de préoccupation qui entrave la coexistence;
- Souligne qu’à l’heure actuelle, les activités de pêche (active ou passive) dans les parcs éoliens sont
restreintes ou interdites dans la plupart des États membres;
- Insiste sur le fait que toute restriction d’accès aux
zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de
subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et que l’approvisionnement responsable et durable
en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromis;
- Met en exergue que l’analyse des chevauchements entre
les énergies renouvelables en mer et les pêcheries laisse présager une forte
hausse des conflits spécifiques potentiels dans les eaux européennes dans les
années à venir;
- Fait remarquer que les études empiriques récentes ne
comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des
énergies renouvelables en mer sur les pêcheries; invite dès lors instamment la
Commission à poursuivre ses recherches au-delà des incidences environnementales
afin d’évaluer les éventuelles répercussions économiques et sociales négatives
des investissements dans les parcs éoliens sur les pêcheries;
- Souligne que des programmes de surveillance normalisés
et une harmonisation des données relatives à l’effort de pêche s’imposent pour
évaluer l’incidence écologique, socio-économique et environnementale cumulée de
l’exploitation croissante des énergies renouvelables en mer, et insiste pour
que les données soient davantage compatibles et comparables;
- Souligne que les
parcs éoliens en mer ne devraient être construits qu’en l’absence d’incidences
négatives sur les plans environnemental et écologique ainsi que sur les plans
économique et socioculturel, conformément aux objectifs de l’économie bleue et
du pacte vert pour l’Europe;
- Invite la Commission à réaliser une analyse d’impact
portant sur les incidences économiques, sociales et environnementales attendues
de la construction de parcs éoliens en mer, dans les zones où ceux-ci sont
susceptibles d’entrer en conflit avec le secteur de la pêche et d’avoir des
répercussions sur la pérennité de la vie marine;
- Insiste sur
le fait que le principe de précaution, prévu à l’article 191, paragraphe 2, du
traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, doit s’appliquer si des
décisions doivent être prises avant que les connaissances ou les informations
requises ne soient disponibles;4
- Souligne qu’il pourrait être nécessaire de légiférer
davantage au niveau de l’Union si les États membres n’intègrent pas
équitablement les pêcheries dans leur planification de l’espace maritime;
https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/PECH-PR-681090_FR.pdf
6) L’effet récif
Les structures immergées
représentent un effet « récif », souvent mis en avant par les porteurs de
projet, voire de concentration de poissons mais qui sont également des
tremplins « relais spatialisés » pour le développement d’espèces exotiques
invasives…
L’effet « récif « a
été mis en avant en Mer du Nord, relativement à la colonisation des
structures immergées par des organismes filtreurs, qui attirent d’autres
espèces en créant un milieu propre aux substrats durs. Mais la
diversité baisse après une première phase d’installation, en raison de la
compétition d’espèces invasives… L’effet récif ne peut pas être généralisé à
des fonds marins rocheux. Ses effets sur les poissons, crustacés et
mollusques peuvent être positifs en milieux sableux mais difficile à distinguer
de l’effet réserve engendré simultanément par l’arrêt des prélèvements par la
pêche. De plus, cet effet « réserve naturelle » est annulé par une pêche plus
intensive autour des parcs ou contrainte de se reporter dans des zones
sub-optimales auparavant peu utilisées
Le
CNPN souligne d’ailleurs, dans un contexte de multiplication des déploiements
de structures et de parcs éoliens, les effets délétères que pourraient
générer la prolifération et l’extension d’espèces invasives du fait de la
modification de la connectivité dans ces écosystèmes. Des espèces autochtones peuvent
aussi disparaître de champs éoliens (ex la Petite vive Echiichthys vipera sur
les parcs belges
http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf