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jeudi 30 novembre 2023

La presse espagnole sur l'éolien en mer...

 Hier, nous alignions Ouest-France pour un article de propagande éhontée sur l'éolien en mer, à propos de l'anniversaire de la mise en route du parc éolien de Saint-Nazaire. Aujourd'hui, nous leur proposons un exemple qui devrait inspirer la presse française, fourni par nos voisins espagnols. Extraits

"Le géant danois Orsted enregistre des pertes de plusieurs millions de dollars et remet en question l'avenir de l'éolien offshore à l'international." 

" Le principal installateur de parcs éoliens offshore dans le monde connaît de sérieux problèmes et laisse entendre que cette technologie n'est pas aussi rentable que certains l'espéraient"  

"Les problèmes liés à la chaîne d'approvisionnement et la hausse des taux d'intérêt ont gonflé les coûts de 30 % par rapport aux niveaux de 2019... Un autre facteur qui contribue aux pertes économiques de plusieurs millions de dollars d'Orsted et d'autres entreprises du secteur sont les problèmes techniques et de maintenance, car les éoliennes offshore sont exposées à des conditions environnementales extrêmes telles que des vents forts, la salinité et la corrosion," 

" Pour les milliers de familles qui dépendent de l'activité de pêche traditionnelle dans la zone Cantabrique, en Méditerranée, en Andalousie ou aux îles Canaries, la lutte contre l'éolien offshore est, quant à elle, une bataille de survie"

https://www.rebeldes.info/2023/10/el-gigante-danes-orsted-registra-perdidas-historicas-y-pone-en-cuestion-el-futuro-de-la-eolica-marina-a-nivel-internacional.html?m=1 

https://piebiem.webnode.fr/piebiem/


mercredi 4 octobre 2023

L’Espagne et l’éolien en mer

 L’Espagne, qui a le même problème vis-à-vis de l’éolien en mer que la France (des côtes pentues et rocheuses ) a beaucoup mieux négocié avec la Commission Européenne que la France puisqu’elle n’envisage pas plus  de  3 GW d’éolien en mer  soit 7,5 %  de ce que prévoit la France (40 GW)  

N’empéche que les Espagnols se battent contre leurs 3 GW  et que cela fait quelque bruit

1) Des scientifiques de l’Université de Girona  considèrent que la préservation des aires protégées et de leurs zones tampons est incompatible avec le développement de projets éoliens offshore

« Les scientifiques sont  arrivé à des conclusions et des recommandations importantes pour les gestionnaires et les planificateurs maritimes. La première est qu’il est essentiel d’appliquer le principe de précaution jusqu’à ce que des informations solides sur l’impact de l’éolien offshore flottant soient disponibles. Pour cette raison, ils considèrent que cette technologie et ses essais pilotes ne devraient pas être développés dans des zones de grande valeur pour la biodiversité. C’est-à-dire que l’éolien offshore doit être exclu des zones protégées et de leurs zones tampons »

 

« Les aires marines protégées doivent être considérées comme des solutions fondées sur la nature pour atténuer les effets du changement climatique », c’est pourquoi « l’équilibre entre les bénéfices (réduction du dioxyde de carbone) et les risques pour la biodiversité doit être bien analysé » avant de prendre des décisions sur l’éolien offshore..

https://www.rebeldes.info/2023/10/cientificos-de-la-universitat-de-girona-consideran-incompatible-la-preservacion-de-las-areas-protegidas-y-sus-zonas-de-amortiguacion-con-la-eolica-marina.html?m=1&s=09

2) La Fondation Cousteau met en garde contre l’éolien offshore en raison de son impact négatif sur la biodiversité et de son équilibre difficile avec le tourisme durable et la pêche artisanal

« l’énergie éolienne marine n’est pas exempte d’impacts négatifs sur l’environnement » . Avec l’augmentation de ce type de projets depuis les années 90 en Europe du Nord , on ne peut plus ignorer que les études d’impact environnemental sur ces macrostructures font ressortir , entre autres problèmes, des  pertes possibles de biodiversité,  la destruction des habitats, l’émission de polluants et la prolifération d’espèces envahissantes pendant les phases de construction, d’exploitation et de démantèlement des parcs éoliens offshore. »

« De plus, le bruit associé à la construction, au déclassement et à l’exploitation des éoliennes peut dépasser 200 dB et affecter considérablement pratiquement toutes les espèces marines à distance de marche de la source de perturbation. Ainsi, la communication, le choix des routes migratoires et des habitats et le stress physique et physiologique peuvent être sérieusement impactés par la pollution sonore chez d’innombrables organismes de faune marine présents de façon permanente ou saisonnière, outre les cétacés, les poissons et les tortues marines courent le risque d’entrer en collision avec les navires en charge des opérations de construction et de maintenance de ces projets. »

https://contrainformacion.es/la-fundacion-cousteau-alerta-sobre-la-eolica-marina-por-su-impacto-negativo-sobre-la-biodiversidad-y-su-dificil-equilibrio-con-el-turismo-sostenible-y-la-pesca-artesanal/

3) WWF, Greenpeace, Amis de la Terre :  un exercice d’écoblanchiment sans précédent ! 


https://www.rebeldes.info/2023/09/seo-birdlife-y-wwf-sobrepasan-todas-las-lineas-rojas-del-ecol

"Le dernier rapport des auditeurs de la Cour des comptes de l'UE estime que "les effets environnementaux et socio-économiques de l'expansion rapide prévue" de cette technologie "n'ont pas été évalués de manière adéquate" et craint que l'expansion de l'éolien en mer en Europe "soit préjudiciable à l'environnement marin, tant au-dessous qu'au-dessus du niveau de la mer".

"La réaction des employeurs du secteur de l'énergie éolienne ne s'est pas fait attendre et a pris la forme d'un exercice d'écoblanchiment sans précédent par le biais du groupe appelé "Offshore Coalition for Energy and Nature-Mediterranean Sea (Med OCEaN)", dans lequel 15 organisations ont signé un accord visant à promouvoir le développement "durable" de l'éolien offshore en Méditerranée et dans l'Atlantique et à faire connaître leur engagement à "préserver la santé des écosystèmes marins et à prévenir la perte de la biodiversité".

"Ainsi, aux côtés de l'Asociación Empresarial Eólica (AEE) et d'entreprises comme Bluefloat Energy, promoteur du controversé Parc Tramuntana, des organisations environnementales comme SEO/Birdlife et WWF, qui ont vu il y a quelques mois leurs conseils d'administration dénoncés publiquement par plus de 200 groupes environnementauxs  de toute l'Espagne pour leur manque d'implication dans les abus commis par les grandes entreprises dans ce type de projet.

Ces groupes ont rappelé aux dirigeants de ces ONG et d'autres grandes ONG telles que Greenpeace, Ecologists in Action et les Amis de la Terre que "la crise de la biodiversité est une menace aussi importante que le changement climatique et que l'on ne peut atténuer l'une en exacerbant l'autre »

https://www.rebeldes.info/2023/09/seo-birdlife-y-wwf-sobrepasan-todas-las-lineas-rojas-del-ecologismo-y-se-alian-con-la-patronal-para-promocionar-la-eolica-marina.html?m=1&s=09

Eric Sartori pour PiEBîEM

samedi 23 septembre 2023

Quand la Cour européenne des Comptes tacle les Énergies marines renouvelables dans l’UE : « des plans de croissance ambitieux, mais une durabilité difficile à garantir »

 Rapport de la Cour Européenne des Comptes septembre  2023

« La mer n'est pas vide, et contrairement aux apparences, elle n'est pas libre ». (CNDP rapport sur l’éolien en Normandie)

1) Des  objectifs ambitieux qui pourraient être difficiles à atteindre. À cela s’ajoute le fait que la durabilité sociale et environnementale du développement des énergies marines renouvelables est loin d’être garantie.

1a) Des objectifs élevés qui  requerront un espace maritime très vaste dans une mer du Nord déjà encombrée

« La stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer fixe des objectifs élevés, à savoir 61 GW de capacité installée à l’horizon 2030 et 340 GW à l’horizon 2050. »

Trois des quatre États membres audités  (Allemagne, Pays-Bas, France) envisageaient un déploiement des énergies marines renouvelables sur une grande échelle, l’Espagne  non !

En juillet 2022, l’Allemagne a très nettement revu à la hausse ses objectifs en matière d’EMR et les a portés à 30 GW pour 2030, à 40 GW pour 2035 et à 70 GW pour 2045. La réalisation de ces objectifs requerra d’utiliser un espace maritime beaucoup plus vaste.

Idem pour les Pays-Bas qui déploient l’éolien en mer du Nord depuis 2007. Avec 3,2 GW , il sont au second rang de l’UE.  Le dernier objectif en date est d’atteindre une capacité installée de 21 GW en 2030; comme en Allemagne, le réaliser requerra un espace maritime très vaste dans une mer du Nord déjà encombrée »

Objectifs élevés : sauf en Espagne, « L’Espagne n’envisage pas plus 3 GW d’éolien en mer et  estime que sa contribution à l’objectif de l’UE en matière d’énergies renouvelables puisera dans les secteurs de l’éolien terrestre et du photovoltaïque »

« Le déploiement commercial des énergies océaniques ne devrait pas se généraliser avant 2030 et, d’ici là, leur contribution à la réalisation des objectifs en matière d’énergies renouvelables sera très probablement marginale »

 



1b) Des objectifs compromis par les dépendances en métaux et matériaux critiques

« Il faudra cependant accélérer nettement le rythme annuel de déploiement, et la récente flambée de l’inflation pourrait ralentir le développement de l’éolien en mer. Le rythme de développement peut également dépendre de la disponibilité des matières premières nécessaires au déploiement des technologies en mer, pour lesquelles l’UE est très dépendante de pays tiers, en particulier de la Chine. 

Le développement des technologies liées aux EMR nécessite des matières premières critiques, en particulier des terres rares. Celles-ci entrent actuellement dans la fabrication des aimants permanents qui équipent les générateurs des éoliennes et la demande pour ces ressources limitées est en constante augmentation

Actuellement, les matières premières critiques sont presque entièrement fournies par la Chine, qui joue également un rôle déterminant dans la fabrication d’aimants permanents pour les générateurs d’éoliennes et couvre près de 90 % des besoins.

La dépendance de l’UE à l’égard des matières premières peut créer des goulets d’étranglement et suscite des inquiétudes quant à la sécurité de l’approvisionnement dans le contexte actuel de tensions géopolitiques. »

Remarque 1) Pas d’effet significatifs avant 2030. Compte-tenu du suréquipement des pays nordiques, plus favorisés, et des épisodes de surproduction (prix négatifs) de plus en plus fréquents, aurons- nous réellement besoin en France d’éolien le long de nos côtes ? de 40 GW ?

Remarque 2) Saluons la reconnaissance des verrous en matière de disposition de métaux et matériaux stratégiques (cf notre dossier les limites physiques de l’éolien en mer). Il n’y a pas que pour les terres rares et les aimants que la Chine est ultradominante, c’est aussi vrai pour les nacelles, les pâles, en particulier pour les grandes éoliennes. (>70%. Et les fabricants d’éoliennes chinoises sont en pleine forme et maintenant les plus importants au niveau mondial ! 

Remarque 3)  Ce sont logiquement les côtes les plus favorables qui sont pour l’instant  mises à contribution. L’Espagne, similaire à la France en ce qui concerne sa côte atlantique (fonds rocheux et pentus) ne prévoit pas un grand développement de l’éolien en mer. L’éolien en mer en Europe a « mangé son pain blanc) », le reste sera moins favorable, plus compliqué, plus coûteux ! 

2) Des financements opaques pour quelle rentabilité ? 

« Les données sur les projets financés par l’UE dans le domaine des énergies marines renouvelables ne sont pas aisément accessibles, car elles sont réparties entre différentes bases de données. Nous avons répertorié des projets liés aux EMR financés par le budget de l’UE pour un montant de 2,3 milliards d’euros entre 2007 et 2022 » 

« La Banque européenne d’investissement (BEI) joue un rôle de premier plan dans la levée et l’apport des fonds nécessaires pour atteindre les objectifs de l’UE en matière d’énergie et de climat. En soutien au développement des EMR et en combinant des mandats de l’UE et ses ressources propres, elle a accordé des prêts et des investissements en fonds propres pour un montant de 14,4 milliards d’euros depuis 2007 «  

Remarque 4) Donc données très incomplètes. Pour fixer les idées deux chiffres : l’aide d’Etat française  autorisée par la Commission Européenne pour la vingtaine d’éolienne de la tranche AO5 de Bretagne sud est de 2 milliards d’euros.

Pour quelles performances ? En pleine canicule, le 10 septembre 2023, le facteur de charge du parc éolien allemand, qui comprend de nombreuses éoliennes en mer, était de…0. 21 %. Soit pour une puissance installée un peu supérieure au parc nucléaire français, l’éolien allemand ne produisait qu'un dixième de la production d'un seul réacteur nucléaire


3)Un optimisme technologique étrange : l’éolien flottant, les éoliennes de grande taille 

3a) Eolien flottant ; en contradiction avec les évaluations parlementaires

« L’éolien flottant est une technologie en mer intéressante pour les bassins maritimes dont les eaux sont profondes, car elle permet de déployer des installations flottantes là où il y a plus de 50 mètres de fond. Cette technologie est compatible avec le milieu caractéristique des États membres riverains de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et, potentiellement, de la mer Noire. »

« Fin 2021, l’UE avait déployé 27 MW de capacité d’éolien en mer flottant. Selon une étude du Centre commun de recherche datée de 2022, les projets en réserve aboutiront à l’installation de 247 MW de capacité d’éolien en mer flottant dans les États membres de l’UE à l’horizon 2025. En outre, selon cette étude, les coûts de l’éolien flottant devraient nettement diminuer d’ici la fin de la décennie pour devenir comparables à ceux de l’éolien en mer posé. »

« Parmi les quatre États membres audités, la France et l’Espagne développent cette technologie, sur laquelle repose principalement l’objectif que l’Espagne s’est fixé à l’horizon 2030 pour les énergies en mer. Cette technologie en est encore au stade de la précommercialisation, mais grâce au transfert de connaissances provenant des industries en mer établies et au nombre croissant de projets déployés dans l’éolien flottant, elle se développe rapidement et pourrait devenir une source importante d’énergie marine » 

Remarque 5) Cet optimisme technologique sur l’éolien flottant est en complète contradiction avec ce qui ressortait notamment d'une  audition publique de l'OPECST (Office Parlementaire d 'Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques) sur l'éolien flottant et qui pointait sur une absence de maturité technique (choix du socle non résolu, pas de postes flottants -qui permettraient effectivement de s'éloigner des côtes- avant 2030, problèmes de vibration, forte dépendance en matériaux stratégiques  et coûts « à deviner dans une boule de crystal ») 

3b) Augmentation de la taille des éoliennes : en contradiction avec les faits 

« Le rapport présente un encart sur les potentialistés de l’augmentation de taille des éoliennes  et mentionne le projet INNWind  (20 millions d’euros) dans le septième programme-cadre pour la recherche, qui aurait permis de démontrer que le passage d’une éolienne en mer conventionnelle de 5 MW à un modèle de 10 à 20 MW entraînerait une réduction des coûts de 30 %, rapprochant ainsi l’éolien en mer du marché. ( ???) »


Remarque 6)  Cet optimisme  est également très  étrange,  la course mal maîtrisée au gigantisme ayant été identifiée comme la principale source des problèmes actuels des fabricants et exploitants, Siemens au premier plan !, mais aussi Orsted, General Electric  avec la multiplication des pannes précoces sur les grandes éoliennes,, les problèmes mal maitrisés    et des assureurs de parcs éoliens qui menacent de jeter l'éponge ( voir nos dossiers Eoliennes enmer, une rentabilité très très compromise et 2023, l’été meurtrier pour l’éolien en mer)

4) Le déploiement des énergies marines renouvelables se heurte à des obstacles pratiques, sociaux et environnementaux qui n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion suffisante*

4a) de nombreux conflits d’usage : « La mer n'est pas vide, et contrairement aux apparences, elle n'est pas libre». (CNDP rapport sur l’éolien en Normandie) 

Le rapport rappelle « que les mers européennes sont largement utilisées pour le transport maritime, la pêche, la production d’énergie, les loisirs et le tourisme. Le processus national de planification de l’espace maritime devrait aider les autorités nationales à affecter ce dernier à différents usages, tout en évitant les conflits et en protégeant l’environnement » 

« La directive PEM impose aux États membres d’établir des plans nationaux d’aménagement de l’espace maritime en vue de recenser les usages existants et futurs de leurs eaux marines, parmi lesquels figurent les installations liées aux énergies renouvelables. »

« La stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer indique que les EMR peuvent et doivent coexister avec de nombreuses autres activités, dont la pêche, l’aquaculture ainsi que la préservation et la restauration de la nature. Nous avons constaté que le principe de coexistence était intégré dans les quatre plans nationaux que nous avons examinés, mais qu’il existait peu de projets de co-utilisation commercialement viable dans les parcs éoliens. Par exemple, les autorités néerlandaises ont accordé à une entreprise l’autorisation de tester de nouvelles méthodes de mytiliculture en mer dans le parc éolien Borssele. »

Remarque 7) : le fameux effet récif n’a été en effet démontré… que pour les moules. Sinon, il risque surtout de favoriser des espèces invasives sans intérêt, voire très dommageables (cf notre document sur l’autosaisine du CNPN sur l’éolien en mer). A voir aussi la comestibilité des moules élevées dans une zone industrielle générant de nombreux contaminants (antifouling, anodes sacrificielles, huiles, résidus polymériques de pales…)

4b) Le problème spécifique de la pêche : le conflit entre ces deux secteurs reste sans issue

« Selon les études disponibles, les conflits concernent l’exclusion des pêcheurs de la zone utilisée pour les parcs éoliens en mer. Pour des raisons de sécurité (par exemple le risque de collision accidentelle), les navires de pêche ne sont autorisés à pénétrer dans les zones où sont implantées des installations d’EMR que sous certaines conditions (par exemple, zone tampon de 500 mètres autour des installations), mais ils n’en sont pas exclus en théorie. »

Remarque 8) La théorie peut-être, mais la réalité est aussi que les assureurs refusent de les assurer

« La révision à la hausse des objectifs de l’UE en matière d’EMR conduira nécessairement au développement des installations en mer. L’accès aux zones de pêche pourrait donc progressivement se réduire, ce qui ferait probablement baisser les revenus de la pêche et exacerberait la concurrence entre les pêcheurs. Par contre, s’il n’est pas certain que la ressource halieutique croîtra à plus grande échelle, une augmentation de la densité de poissons dans des zones d’implantation d’EMR a été observée. »

Nous avons constaté que le conflit entre ces deux secteurs restait sans issue et que les États membres sélectionnés l’abordaient de manières différentes. Par exemple, en Espagne et aux Pays-Bas, les zones affectées aux EMR ont été redessinées afin de réduire autant que possible toute interaction avec la pêche de fond. En France, le porteur de projets éoliens en mer est tenu d’indemniser les pêcheurs pour les pertes financières. En Espagne et en France, deux pays où le secteur de la pêche est puissant, la consultation sur les futures zones affectées aux EMR n’a pas encore dissipé les inquiétudes des pêcheurs, et l’opposition aux EMR pourrait réapparaître à mesure que les différents projets seront évalués »

Remarque 9): En France, la colère des pêcheurs  est d'autant plus grande qu'ils se sentent très mal défendus par la manière dont leurs organismes professionnels (eg Comités des Pêches) les défendent  et gèrent les aides qui n’iraient pas forcément aux plus touchés.

4c) Les implications sociales du développement des énergies marines renouvelables n’ont pas encore été pleinement prises en compte

« Le développement des EMR aura des implications sociales majeures sur les plans de l’emploi, des infrastructures et des services. Le secteur est en pleine expansion: en 2020, l’éolien en mer représentait 77 000 emplois directs et indirects, contre moins de 400 en 2009. L’Allemagne concentre le plus d’emplois; elle est suivie du Danemark, des Pays-Bas et de la Belgique » 

« Toutefois, il existe un risque de perte d’emplois dans le secteur de la pêche en raison de la croissance de celui des EMR. Les pêcheurs s’inquiètent de l’absence d’autres possibilités d’emploi et du peu d’offres de reconversion professionnelle. À notre connaissance, la Commission n’a encore jamais quantifié les principaux effets économiques qu’aurait le développement des EMR sur la pêche. »

« L’acceptation sociale des EMR est un facteur important qui peut avoir une incidence sur la durée du processus nécessaire à l’établissement d’une installation de ce type .»

Remarque 10) : Il y a pourtant eu un rapport de la Commission Pêche du Parlement européen dont la conclusion était assez nette : « Toute restriction d’accès aux zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromises »

« La Commission pêche du Parlement européen fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur la pêche, et, en l’absence de données fiables, appelle au principe de précaution quant à la construction de parc éoliens offshore. »

Remarque 11) : Promesse d’emplois : les chiffres sont connus pour l’Ecosse : en 2013, l’Ecosse prétendait  devenir l’ »Arabie Saoudite des Energies renouvelables” avec 28 000 emplois rien que dans l’éolien offshore. 10 ans après, l’éolien offshore n’a fourni qu’un dixième des emplois (2800 !)

 5) Environnement « La recherche, l’analyse ou le traitement de l’impact des installations en mer sur le milieu marin ne sont pas satisfaisants »


Les auteurs d’une étude réalisée en 2022 ont tenté de cartographier et d’analyser l’impact potentiel des EMR sur l’environnement. Cette analyse montre que certains facteurs de stress causés par la production d’énergie en mer peuvent avoir un large rayon d’impact, bien que les effets cumulatifs les plus importants se produisent à proximité immédiate des installations. (NB Galparsoro et al., 2022, Mapping potential environmental impacts of offshore renewable energy. parle d’effet d’évitement s’étendant jusqu’à  à 15 km autour des parcs)

« L’étude souligne également que, si la stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer part du principe que moins de 3 % de l’espace maritime européen seraient nécessaires à la réalisation des objectifs climatiques à l’horizon 2030, elle ne tient pas compte du fait que le déploiement des EMR pourrait avoir une incidence sur une part beaucoup plus importante de certains types d’habitats et sur leur biodiversité »

« Lors des entretiens que nous avons eus avec des représentants d’ONG, l’une des inquiétudes exprimées était l’incertitude entourant les effets cumulés sur l’environnement. Le déficit de connaissances, qui rend l’incidence des futures installations en mer sur l’environnement difficile à prévoir, fait aussi partie des questions soulevées »

Le rapport mentionne ensuite l’exemple de Saint-Brieuc, dont on semble comprendre à demi-mot que la Commission considère, comme le Ministre de la Mer, que ce n’est ni fait, ni à refaire :

« Saint-Brieuc, un exemple de parc éolien en mer source d’inquiétudes pour l’environnement

La baie de Saint-Brieuc, située sur le couloir de migration Manche-Atlantique, est une zone particulièrement sensible sur le plan de la biodiversité. Elle abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, y compris des espèces protégées ou gravement menacées d’extinction.

Le parc éolien se situe à proximité immédiate de sept zones Natura 2000. Les autorités françaises ont considéré que les études environnementales avaient globalement démontré l’absence d’impact négatif important sur l’écosystème marin local…

Au total, 59 dérogations à l’interdiction de destruction d’espèces protégées (cinq espèces de mammifères marins et 54 espèces d’oiseaux) ont été accordées pour permettre la construction de ce parc éolien. En 2021, le Conseil national français de la protection de la nature (CNPN) a rendu un avis affirmant que la protection de la biodiversité n’avait pas été suffisamment prise en compte par les autorités lors du choix de l’emplacement du parc éolien. »

Conclusion générale : « Nous avons constaté que la Commission n’avait pas estimé l’incidence possible sur l’environnement de l’extension des EMR proposée dans sa stratégie. Cela l’aurait pourtant aidée à évaluer les effets de la réalisation des objectifs de sa stratégie sur l’environnement, ainsi qu’à mieux neutraliser et atténuer les incidences potentiellement négatives »

Les évaluations sont limitées à la zone relevant de la juridiction des différents États membres et ne tiennent pas compte des effets cumulatifs sur l’environnement à l’échelle du bassin maritime.

Le rapport cite un exemple où des bonnes pratiques ont été mises en œuvre pour limiter les effets d’un parc sur l’environnement – lesquelles peuvent laisser dubitatif :

« Les autorités néerlandaises ont ajouté la protection de l’environnement comme critère supplémentaire non tarifaire lors de l’évaluation des dossiers de candidature pour le parc éolien en mer «Hollandse Kust West VI». L’objectif était de construire un parc éolien en mer qui aurait le moins d’impact possible sur la nature et la biodiversité marine. La conception du parc éolien qui a remporté le marché est «respectueuse de la nature»: par exemple, des structures de récifs seront érigées sur le fond marin, ou une section du parc sera équipée d’éoliennes très espacées afin de permettre aux oiseaux de voler entre elles en toute sécurité.

Source: Rijksdienst voor Ondernemend (Agence néerlandaise pour les entreprises). »

« Toutefois, lors de notre analyse bibliographique, nous avons constaté que de nombreux aspects environnementaux liés au déploiement prévu des EMR demandent encore à être mieux cernés. Les données empiriques sont insuffisantes, de même que les connaissances sur les espèces et les milieux marins non septentrionaux étant donné que la plupart des études existantes ont été réalisées sur des installations en mer du Nord. »

« Nous estimons que, compte tenu des activités humaines existantes en mer et de l’ampleur du déploiement prévu des EMR, qui porterait la capacité installée actuelle de 16 GW à 61 GW en 2030 et au-delà, l’empreinte environnementale sur la vie marine pourrait être considérable et n’a pas été suffisamment prise en compte par la Commission et les États membres »

Pour un langage de comptable habituellement assez modéré, c’est clair !

Eric Sartori pour PIEBÎEM

https://piebiem.webnode.fr/piebiem/

mardi 25 avril 2023

POEM et éolien off-shore en Espagne, conflits d’usage, un avant-goût de ce qui va se passer en France avec les Documents Stratégiques de Façade (DSF) ?

 POEM, un avant goût des Documents Stratégiques de façade ?

Il se trouve que l’Espagne, qui n’a pour instant aucun parc éolien off-shore, nous a précédé sur cette voie, avec des Plans de gestion de l’espace maritime (POEM Planes de Ordenación del Espacio Marítimo). Présentés par le ministère de la Transition écologique et du défi démographique, ils désignent, sur chaque façade, les zones susceptibles d’accueillir de futurs parcs éoliens.

Et ça ne se passe pas très bien ! Pourtant on ne parle que de 19 parcs !

Concrètement, 19 parcs éoliens ont été planifiés dans quatre régions espagnoles, où il sera possible de développer cette nouvelle forme d'énergie renouvelable, principalement flottante. Dans la région de l'Atlantique Nord (Galice et Asturies), cette technologie pourra être développée sur des zones d'une superficie totale de 2.688 km2. Au large de la côte andalouse, entre Malaga et Almeria, elle occupe une superficie de 1.222 km2; et dans les îles Canaries (avec des sites à Gran Canaria, Tenerife, Lanzarote et Fuerteventura), 561,9 km2 et à une distance plus proche de la côte, d'à peine 2 km.

Dans la zone du Golfe de Roses, en Catalogne, un espace de 250 km2 est réservé, à une distance de 12 kilomètres de la côte à son point le plus proche, et à une profondeur comprise entre 100 et 500 mètres, tandis que sur la côte nord de Minorque, il y aurait deux parcs éoliens d'une superficie totale de 147 km2 et à une distance de 5 kilomètres de la côte.

Dans les îles Canaries, des zones initialement sélectionnées ont été exclues en raison de leur proximité avec des zones touristiques (Maspalomas à Gran Canaria, par exemple). Il en est de même pour la zone de Cabo de Gata, en Andalousie, écartée en raison de sa proximité avec une réserve, tandis que les zones prévues au large de la côte de Cadix ont été "abandonnées" pour des raisons d'impact sur la pêche et le tourisme.


Forte opposition dans les Asturies : l’installation de parcs éoliens offshore menace de mettre fin à l’activité d’une dizaine de zones de pêche dans les Asturies

Les protestations des pêcheurs asturiens se poursuivent en raison du Plan de gestion de l’espace maritime (POEM) pour l’installation de parcs éoliens offshore. Jusqu’à onze zones de pêche du littoral de la Principauté pourraient être touchées par ces aérogénérateurs qui ont provoqué une véritable indignation et révolution dans le secteur de la pêche au point de demander la démission de la ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera.

De la zone la plus occidentale à la plus orientale,  les zones de pêche asturiennes les plus touchées seraient Calvario del Oeste, El Puntal, Los Tombones ou Cero Señales, El Calvario del Este, El Carreiro de Fuera, La Playa de La Vaguada, Rampla del Sureste del Calvario, Playón, Erbosa, Les Fanguines et Canto Playa.

Au total, onze zones qui ont été réservées à l’exploitation éolienne offshore et qui ont mis les pêcheurs sur le pied de guerre. Et cela se comprend : cette délimitation qui a été approuvée par le gouvernement espagnol à l’initiative du ministère de la Transition écologique et qui est incluse dans le Plan de gestion de l’espace maritime (POEM), affecte les espèces marines à haute valeur commerciale telles que la dorade, la dorade rose, la barbue, le congre, le merlu, le lieu noir, le sébaste, le mérou, le merlan, la langoustine, le maquereau, la cardine franche dont beaucoup sont très demandés par l’industrie hôtelière. Pêche à la drague, palangriers, chaluts pélagique et chalut de fond, c’est la quasi-totalité de la flotte des Asturies qui serait concernée.

Luis Antonio García Martínez, capitaine de corvette et ancien commandant en second de la marine de Gijón et Santander, a fait un rapport dans lequel il analyse l’impact de l’installation de parcs éoliens offshore dans ces zones de pêche et confirme que l’inquiétude des pêcheurs est parfaitement justifiée car avec l’installation des éoliennes, où qu’elle soient, une partie ou la totalité d’une ou plusieurs zones de pêche traditionnelles seraient touchées. Pour nous donner une idée de ce que représente la surface de ces polygones (335 kilomètres carrés entre les trois), on pourrait dire qu’ils occupent l’espace de 47 269 terrains de football comme le Sporting ou Oviedo », explique-t-il. Pour ceteexpert,  « les parcs éoliens offshore sont totalement incompatibles avec l’activité de pêche. Leur mise en œuvre aurait des effets fortement négatifs sur les emplois dans le secteur de la pêche, à la fois directs et indirects.

https://gaceta.es/espana/la-instalacion-de-parques-eolicos-marinos-amenaza-a-la-existencia-de-once-caladeros-en-asturias-20230330-1146/

Forte opposition en Catalogne : atteintes à un environnement unique et fragile

Le Golfe de Roses, en Catalogne, a également fait l'objet de nombreuses protestations. La plateforme SOS Costa Brava a réitéré son rejet de la zone éolienne, estimant que "ses valeurs naturelles exceptionnelles" sont aujourd'hui laissées sans protection. L'aire marine affectée est située "en plein milieu de zones protégées", et produira, selon la plateforme "de graves impacts terrestres sur trois parcs naturels.

De fait, la zone du golfe de Roses et de la baie de Pals est l'une des plus fragiles de la Méditerranée d'un point de vue écologique. Elle constitue, selon les scientifiques, le plus grand patrimoine naturel marin de Catalogne. C'est un espace proche de zones qui comptent une douzaine de zones de protection de l'environnement, dont certaines labellisées Natura 2000, à proximité de deux réserves marines, entourées de trois parcs naturels (le PN de Cabo de Creus, le PN de Montgrí-Les Medes-El Baix Ter et les Aiguamolls del Empordà NP). Ces arguments sont rappelés dans un manifeste publié il y a quelques mois par un groupe de scientifiques, soutenu par plus de 100 chercheurs appartenant à plus de 20 centres de recherche, universités et autres institutions :

(https://drive.google.com/file/d/19ivxq-o5Hlx4gwrBw9jHxumVvPgdMwqd/view?usp=sharing)

De plus, une récente étude scientifique publiée dans la revue Science of the Total Environment a mis en garde la population contre les graves impacts que les parcs éoliens offshore peuvent avoir sur la biodiversité marine, le paysage, la pêche et le tourisme. Cette étude recommandait d'éloigner ces installations des zones comme celles-ci, protégées en Méditerranée

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969722008956?via%3Dihub

Le gouvernement espagnol a récemment publié le document de déclaration environnementale stratégique POEM qui maintient le golfe de Roses comme une zone à fort potentiel pour l'énergie éolienne offshore. Il convient de noter également que ce document n'a pas pris en compte les arguments valables pour exclure les projets proposés à Cabo de Gata, en Andalousie et aux îles Baléares. Cependant, la réglementation précédente de 2007 prévoyait que ces zones devaient être exclues pour ce type d'énergie.  

Ça promet de beaux matchs entre le gouvernement central espagnol et ses régions !


Simulation de la plage de Cadaqués avec le macro parc éolien réalisée par la biologiste et paysagiste Anna Zahonero.

Hostilité en Galice : Les parcs éoliens offshore occupent les zones de pêche de la flotte galicienne

Le secteur de la pêche de Galice a été mis en alerte après l’approbation par le ministère de la Transition écologique du Plan de gestion des espaces marins (POEM), qui réglemente les emplacements des parcs éoliens offshore.

Le secteur de la pêche met en garde contre des effets très négatifs sur les ressources qu’il exploite. L’une des zones les plus fréquentées pour les bateaux de pêche est celle au large de Ferrolterra, où les chalutiers de toute la côte galicienne se rendent habituellement. La zone nord est également un lieu de pêche commun pour les bateaux.

La plateforme des pêcheurs professionnels s’est déclarée opposée aux projets éoliens offshore et a appelé à la démission de la ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera. Ils considèrent les projets éoliens comme un « tir au-dessous de la ligne de flottaison du secteur » et leur porte-parole Torcuato Teixeira a décrit la planification éolienne offshore comme « écocide et pescacide ».

Couramment, environ 60 ou 70 bateaux de la flotte galicienne pêchent dans les zones affectées par la planification offshore. Le problème ne se limite pas aux polygones eux-mêmes, mais concerne aussi les zones traversées par le câblage d’évacuation d’énergie. Les limitations affecteront à la fois la pêche côtière, artisanale, mais aussi les bateaux de haute mer qui, pour retourner au port, devront éviter les zones éoliennes.

Le Bloc nationaliste galicien (BJP), la deuxième force politique du parlement régional parle de colonialisme énergétique et s’oppose à la planification.


https://www.cope.es/emisoras/galicia/a-coruna-provincia/santiago/noticias/los-parques-eolicos-marinos-ocupan-zonas-pesca-flota-galicia-20230302_2580383

Aux Canaries : forte opposition des autorités locale et des pêcheurs !

Le ministre de la Transition écologique du gouvernement canarien, José Antonio Valbuena, a exclu qu’il y ait des éoliennes offshore à Lanzarote et Fuerteventura malgré le fait que les plans de planification de l’espace maritime (POEM) du gouvernement espagnol y prévoient de telles zones.

Comme l’a expliqué le conseiller dans des déclarations aux journalistes, le gouvernement espagnol a dû délimiter ces zones conformément aux injonctions européennes, mais cela ne signifie pas que des parcs éoliens offshore seront déployés  dans toutes les zones du POEM.

Le PSOE Canarien soutient que, bien que les plans de gestion des espaces maritimes approuvés par le Conseil des ministres définissent des zones à fort potentiel pour l’énergie éolienne offshore dans quatre îles de l’archipel, les règles de la communauté autonome ne prévoient actuellement ce type de parcs que dans le sud-est de Gran Canaria. Le PSOE canarien répond ainsi aux critiques lancées par la Coalition canarienne et le PP contre la possibilité d’installer des parcs éoliens au large de la côte orientale de Fuerteventura, où les deux partis estiment qu’ils peuvent générer des dommages pour les secteurs de la pêche et du tourisme.

Le président de la Fédération provinciale des associations de pêcheurs de Santa Cruz de Tenerife, Víctor Juan Díaz, a dénoncé ce vendredi le « danger » de l’installation de parcs éoliens offshore sur le plateau continental de la côte de Tenerife car ils pourraient causer des dommages « irréparables ». Les plans du gouvernement, qui « prévoient d’occuper 75 km» de côtes, « affecteront gravement le secteur de la pêche ainsi que la faune marine et les oiseaux qui coexistent dans l’environnement…L’une des conséquences de ce projet sur le secteur sera « la limitation de la navigation dans la zone », ce qui impliquera que « tous les petits bateaux doivent manœuvrer pour éviter ces parcs », ce qui « met en danger la vie des marins et des équipages des navires ». Par ailleurs, compte-tenu de la nature volcanique des fonds, il faudra les dynamiter pour installer les éoliennes.

En fait, les pêcheurs se trouveraient exclu du plateau continental. « Les habitants du Tajao vivent à 100 % de la pêche. Si les parcs rendent notre travail difficile, cela n’aura plus aucun sens de parler de la préservation marine de la région et même de tourisme », a déclaré Francisco Javier García, président de l’Association des pêcheurs de Santa Cruz de Tenerife. La zone nord du port de Tajao, où sont prévues des éoliennes, abrite des cymodocées  et des requins-anges (en très grand dangers de disparition), soit un écosystème marin que le secteur de la pêche a préservé et que l’éolien risque de faire disparaitre.

« Nous avons appris ces projets par la presse, ils ne nous ont pas demandé notre avis », a déclaré le président de l’Association des pêcheurs de Santa Cruz de Tenerife ;  nous ne parlons pas de la mer Baltique, où il y a des zones de peu de trafic et de vie » !

 

https://fuerteventurahoy.com/el-gobierno-de-canarias-descarta-la-eolica-marina-en-fuerteventura-y-lanzarote/

https://efe.com/canarias/2023-03-31/los-pescadores-de-tenerife-denuncian-el-peligro-de-la-energia-eolica-marina/


vendredi 18 mai 2018

Raisons de détester l’Eurokom 5 : Grands problèmes avec l’euro


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

L’euro, c’est l’austérité

Soyons clair, dès le début, il a été entendu que l’euro devait être géré comme l’était le deutschmark, avec cette volonté de l’Allemagne, pour des raisons historiques obsessionnelles d’avoir un « euro » fort. Résultat : lorsqu’une monnaie se trouve beaucoup trop forte pour l’économie qui la sous-tend, celle de l’ensemble de la zone euro, il existe deux moyens pour y remédier et restaurer sa compétitivité :  l‘un est la dévaluation, et c’est ce qui nous est  interdit par l‘euro, l’autre est la déflation, la réduction des coûts , des salaires, des filets de sécurité sociaux. C’est cette politique d’austérité qui a été menée avec une férocité inouïe, avec les conséquences que l‘on sait en  Europe du Sud, en Grèce, en Espagne, en Italie, certes, mais aussi en Angleterre et en Allemagne, avec la multiplication des travailleurs pauvres, pour ne pas dire indigents – et c’est cela que l’on nous propose comme modèle !

Et ne parlons même pas du traitement indigne qui a été infligé à la Grèce, un traitement avec la volonté de punir et d’humilier, tellement que même le FMI  s’était indigné d’une méthode contreproductive qui a fini par coûter beaucoup plus cher à toute l’Europe. Là, l’Euro, ce n’est plus l’austérité, c’est la sauvagerie ! : forte hausse du chômage dans toutes les catégories sociales, doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV, des gens, des morts faute de soin.

Et la crise grecque a rapporté près de 8 milliards à la BCE !

 La réalité de l’euro, c’est l’explosion de l’Europe, pas la convergence      
 
Patrick Artus au Rendez-vous de l’Histoire de Blois (1017) : l’idée vendue par les promoteurs de l’euro que celui-ci entrainerait une convergence des économies n’était qu’une escroquerie, démentie par les théories économiques les plus solides. Une même monnaie pour des économies hétérogènes entraine au contraire une divergence et une spécialisation des économies. Donc ce qui était prévisible, avec l’Euro, l’Allemagne renforce son industrialisation, l’Espagne et l’Italie se désindustrialisent et se spécialisent… dans quoi : le tourisme et les primeurs et fruits à bas coût… Et la France dans quoi ? le tourisme, la viticulture, la gastronomie, quelques services publics, un peu d’agriculture.-(cf Houellebecq !)

Si des pays se spécialisent à l’excès, leurs structures économiques deviennent très différentes. Cela entraîne une divergence des niveaux de revenus entre les différents pays, prévisible et inévitable ! Il était assez naïf de croire que du moment qu’on a la même monnaie on a la même économie… c’est une terrible erreur d’analyse de ne pas avoir réfléchit à l’hétérogénéité engendrée par la spécialisation des nations membres.

Donc, le principal bénéfice attendu de l’euro, le marché unique, a en fait très mal fonctionné, et seulement au profit de l’Allemagne. L’Euro, c’est comme l’Allemagne et le foot du monde d’avant , tout le monde joue, à la fin c’est l’Allemagne qui gagne

La zone euro meurt d’un manque de solidarité et de l’égoïsme allemand

Pour remédier à l’hétérogénéité engendrée par la spécialisation des économies, il faut à l’intérieur d’une union monétaire hétérogène un mécanisme qui permet des transferts massifs et automatiques  des fonds des zones les plus riches vers les zones les plus pauvres. C’est exactement ce qu’on observe aux Etats-Unis où les transferts entre Etats sont énormes ; si un Etat perd un euro, le système fédéral lui rapporte 60 cents (en Europe, pour un euro perdu c’est un cent seulement…)

La grande crise pour l’Europe de 2011 à 2014 résulte de ce que l’Allemagne a cessé de prêter au pays du Sud. De façon brutale, le déficit extérieur de ces pays n’a plus été financé, ce qui les a obligé à le réduire en contractant les dépenses intérieures. L’austérité européenne est en fait une conséquence de l’arrêt brutal du financement allemand, soit l’égoïsme d’une des nations les plus riches qui a le plus bénéficié des avantages du marché unique sans en subir les inconvénients. Et pourtant, l’Allemagne n’a pas hésité .à ces transferts massifs pour financer sa réunification, que les autres pays européens dont la France ont aussi financés par des taux d’intérêts anormalement élevés…Mais fallait-il s’attendre à autre chose ?

L’euro a raté son internationalisation

Un des grands arguments en faveur de l’euro était la volonté d’échapper à l’hégémonie du dollar en matière de règlements internationaux.- le dollar, c’est notre monnaie, mais c’est votre problème proclamait le ministre des Finances de Nixon !

Or l’euro a complètement raté son internationalisation, et les échanges. En fait, depuis  sa création en janvier 1999, la place de l’euro dans les échanges internationaux n’a cessé de décliner ! – au point qu’il est clair aujourd’hui que la monnaie qui fera inexorablement concurrence au dollar, c’est le yuan que la Chine internationalise très progressivement et prudemment.

Sur ce plan là aussi, l’euro est un échec. Et un échec qui nous coûte cher :- En 2014, la banque BNP Paribas a ainsi dû verser 8,9 milliards de dollars pour des transactions menées hors des États-Unis, avec des pays sous embargo américain, comme l'Iran. Et nous le réalisons à nouveau, avec la rupture par les USA de l’accord avec l’Iran et, par exemple ; Total qui se voit contraint de céder ses parts de champ pétrolier …à la Chine.

Une anecdote : Poutine, lors de l’affaire Ukrainienne, au pire de ses relations avec l’administration Obama, menace Mme Clinton de transférer ses contrats pétroliers et gaziers du dollar vers l’Euro. Réponse de Mme Clinton : c’est beau, la solidarité orthodoxe, mais vous voulez vraiment utiliser la monnaie de la Grèce ! Et Poutine ne fit rien.



mercredi 7 juin 2017

Deux autres fausses idées sur le « marché du travail « et la dérégulation (2)

La dérégulation du travail a été un succès en Espagne et en Italie  Fake !


Les partisans de la loi Macron n’hésitent pas à faire référence à l’Espagne qui, « ayant adopté une loi similaire en 2012 (...) a connu un surcroît de 300 000 embauches en CDI dès l'année suivante ». Ce chiffre est une invention : selon Eurostat, 178 600 emploi ont étdétruits en Espagne au cours de l’année 2013 ; 77 600 emplois précaires (CDDet intérim) ont été créés, tandis que 256 200 CDI disparaissaient. Les courbes Eurostat pour l’Espagne et pour l’Italie sont quand même particulièrement nettes et sans discussion : la dérégulation du travail a entrainé une augmentation de l’emploi précaire et, loin de l’amélioration proclamée,  la situation est toujours dégradée.


Là où le fake devient un mensonge odieux, c’est lorsque les économistes libéraux expliquent que le chômage a reculé en Espagne, passant de 26,1 % à 20,4 % en 2015.
Mais il était de 11,3 % en 2008 ! La situation est toujours bien dégradée
Mais c’est encore pire. La baisse relative du chômage en Espagne est liée à deux phénomènes massifs : 1)  la population active a baissé de 435 000 personnes, qui ont renoncé à chercher un emploi ; 2) une émigration tout aussi massive : entre 2010 et la mi-2015, le solde migratoire net est de 577 000 personnes.


Non, la dérégulation du travail n’a été un succès ni en Espagne, ni en Italie. Matteo Renzi , le premier ministre blackboulé se vantait : « En Italie, je le dis aux jeunes Français, les choses ont fonctionné : 764 000 contrats signés en CDI », Faux, comme en témoigne la courbe Eurostat ci(jointe- finalement, c’est la France et son « emploi rigide qui s’en est mieux sortie !


NB : ces derniers graphiques et arguments sont tirés de l’excellent blog  de Michel Husson –Hussonet) (http://hussonet.free.fr/euroflx.pdf)

Le code du travail français fait plus de 3000 pages, le code du travail suisse 60 ! Faux, archi-faux


Cet argument a été largement diffusé par Pierre Gattaz et abondamment repris sans contrôle.  Or, le code du travail français est en fait un ouvrage annoté comprenant une très grande partie de jurisprudence. L’ouvrage de 60 pages n’est en fait que la loi suisse sur le travail. Si l’on veut la comparer au code français, il faut y ajouter l’équivalent. Par exemple, pour commenter les quatre dernières ordonnances fédérales sur l’emploi, le Secrétaire d’Etat à l’Economie a publié deux recueils, l’un de 384 pages, l’autre de 296 pages ! Le Commentaire du contrat de travail signé par 22 juristes, l’année dernière occupe 1300 pages ! A cela s’ajoute des réglementations propres à chaque canton !! ( Marianne, 26 mai 2017)