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jeudi 29 février 2024

Action commune FED/Cérémé/GSCE : Appel pour une Politique Énergétique Rationnelle en France : Stopper l'Expansion des Énergies Renouvelables Intermittentes

 Action commune FED/Cérémé/GSCE  : Appel pour une Politique Énergétique Rationnelle en France : Stopper l'Expansion des Énergies Renouvelables Intermittentes

Dans un Communiqué de presse du 23 Février 2024, la FED ( Fédération Environnement Durable),  le Cérémé ( Centre d’étude des réalités écologiques et du mix électrique ) et le GSCE (Groupe des Scientifiques et Citoyens pour l'Électricité ) ont  lancé un appel pressant au gouvernement français et aux élus pour revoir la politique énergétique du pays.

Le GSCE met en garde contre la hausse rapide des prix de l'électricité, principalement attribuée au développement des énergies renouvelables intermittentes telles que l'éolien et le solaire.

Selon les données présentées par le GSCE, les prix de l'électricité ont augmenté de plus de 100% au cours des 16 dernières années, dépassant largement l'inflation. Pour inverser cette tendance, le groupe propose plusieurs mesures, dont l'arrêt du développement de ces énergies et une augmentation de la part de production nucléaire et hydraulique.

Une corrélation directe entre la proportion d'énergies renouvelables intermittentes et l'augmentation des prix de l'électricité a été établie par le GSCE, soulignant l'exemple allemand comme illustration de cette tendance. Selon leurs projections, la poursuite de l'expansion de ces énergies  en France pourrait entraîner une augmentation des prix de plus de 60% d'ici 2035.

Les investissements requis, notamment les parcs éoliens offshore, sont très élevés. Disséminés sur le territoire les éoliennes et les panneaux solaires entrainent aussi des coûts de raccordement exorbitants. En comparaison, la construction de centrales nucléaires sur les quelques sites existants serait économiquement beaucoup plus avantageuse, selon les études approfondies menées par le GSCE.

Le maintien et l'expansion du nucléaire et de l'hydraulique qui fournissent une électricité pilotable et renouvelable sont présentés comme la meilleure option pour garantir un approvisionnement électrique totalement décarboné et compétitif.

Une stratégie courageuse mettant fin au développement des énergies intermittentes au profit d'une approche pragmatique et respectueuse de l'environnement permettrait de stabiliser les prix de l'électricité et de protéger le pouvoir d'achat des citoyens, en particulier les ménages à faible revenu.

Contact Fed environnementdurable.org      

 Dans un document , le GSCE précise des éléments qui permettraient de se passer en très grande partie, voire totalement  de l’éolien offshore tout en maintenant un prix de l’électricité bien moins élevé

- Evolution des investissements à réaliser pour atteindre sans risque de black-out les 840 Wh nécessaires  à la consommation française en 2050

-         - Prolongation des centrales nucléaires existantes à 70 ans

-          - Construction de 24 centrales EPR2 en 30 ans

-          - Construction de 10 GW de gaz pilotables pour faire face aux besoins de pointe, alimentées par du gaz naturel et bientôt par du biogaz

-         - Arrêt des subventions et des garanties de prix en faveur des ENR intermittentes qui devront se développer par leur propre compétitivité

Cela incitera les producteurs d’ENR intermittentes à ne pas produire quand les prix de l’électricité sont négatifs et à développer des moyens de stockage. Il s’agît pour les ENR de passer d’une production fatale, non contrôlable, à une production utile par le couplage avec les moyens de stockage.

Cela correspond au scenario N4 chiffré par le Cérémé, qui, par comparaison au scénario RTE « officiel » (NO3 actualisé) présente en outre les atouts suivants : deux fois moins d’émissions de CO2/ Un système pilotable et un passage de la pointe électrique, quoi qu’il arrive.

NB d’autres scenarios présentent des caractéristiques similaires ace quelques variations , tels ceux de Patrimoine Nucléaire et Climat ou de Sauvons le climat !



samedi 26 février 2022

André Merlin premier président de RTE : ARENH, Prix de l’électricité, Renouvelables et nouveau nucléaire :50 EPR pour 2050

 https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-il-faudrait-50-epr-d-ici-a-2060-un-scenario-100-renouvelables-n-est-pas-realiste-andre-merlin-fondateur-de-rte-904126.html

Sur l’augmentation du plafond de l’ARENH et l’avis négatif du Conseil Supérieur de l’Electricité (CSE) :

« Le fait que le CSE s'oppose à une décision du gouvernement est absolument exceptionnel. Mais personnellement, j'irais encore plus loin : au-delà de ce relèvement du plafond pour 2022, je considère que ce dispositif de vente par EDF d'une partie de sa production à prix bradés constitue, à l'origine, une fausse bonne idée pour accroître la concurrence et faire baisser les prix pour les consommateurs. En quelques mots, on parle là de l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), qui est l'obligation faite à l'opérateur historique de vendre à « prix coûtant » 100 milliards de kWh d'énergie nucléaire à ses concurrents chaque année, soit autant que ces derniers n'auront pas à acheter sur le marché dérégulé de l'électricité... »

« Aujourd'hui, on s'aperçoit que la plupart des nouveaux acteurs n'ont pas investi dans des actifs de production, ou n'ont pas lié de contrats avec des producteurs d'électricité, contrairement à ce qui leur était demandé. On se retrouve donc avec une multitude de simples fournisseurs, qui achètent et revendent. Si l'ARENH n'existait pas, ils seraient donc totalement soumis aux lois du marché, dont les cours fluctuent énormément. Mais grâce à l'électricité nucléaire qui leur est cédée chaque année, ils ont pu s'engager vis-à-vis de leurs clients sur des contrats à prix fixes, dans beaucoup de cas sur trois ans ou plus. Ce sont donc des traders.

Avec l’explosion soudaine du prix de l’électricité, forcément, ils se trouvent en difficulté. Quelques-uns ont fait faillite, et tous ou presque ont demandé un appui aux pouvoirs publics. Lesquels sont donc intervenus en imposant à EDF de leur fournir non pas 100, mais 120 milliards de kWh cette année, à un tarif toujours inférieur à celui du prix de revient du nucléaire. Mais alors qu’EDF avait déjà vendu l’ensemble de sa production pour 2022 à la fin de l’année dernière, l’entreprise devra racheter sur les marchés la quantité qu’elle cédera à prix coûtant à ses concurrents, au moment même où les cous explosent. Cela va forcément lui coûter très cher ; le groupe considère que la charge financière pèsera pour plusieurs milliards d’euros sur l’année en cours… Engie, Total, Eni et Iberdrola…récupèrent à prix bradés une partie de l’électricité nucléaire d’EDF, sans aucune contrepartie. »

Des solutions possibles : contrats de long terme ou investissements des clients dans la production nucléaire

« Dès 2008, j’ai été nommé conseiller spécial du commissaire européen à l’énergie et de la commissaire à la concurrence, laquelle m’a demandé de jouer le rôle de médiateur… afin de finaliser un contrat de long terme négocié entre EDF et ses grands clients industriels. Après de longues discussions entre le service de la concurrence, EDF et l’association des grands clients électro-intensifs, nous avons obtenu un accord pour un contrat de vingt ans de la part de Bruxelles. C’était une première. Baptisé Exeltium, ce contrat est toujours en vigueur aujourd’hui, et permet d’offrir une visibilité de participer à stabiliser les prix. Pour moi, c’est dans ce genre de dispositif que se trouve la solution. Et je souhaite même aller plus loin : je considère qu’il faudrait mettre en place une forme de contrat à long terme entre EDF et ses concurrents, les fournisseurs alternatifs, au même titre qu’avec les électro-intensifs. »

« Une autre possibilité, serait que les opérateurs les plus importants et qui disposent de moyens de production, comme Total ou Engie, puissent coinvestir dans des projets de réacteurs nucléaires en France. Engie possède déjà des actifs nucléaires en Belgique, et Total en a les moyens. C’est donc une possibilité, à condition que des contrats encadrent cela en bonne et due forme. »

Crise de l’électricité et envol des coûts : constats et solutions

« Il faut comprendre qu’on utilise les moyens de production dans l’ordre de préséance économique. Par conséquent, le prix relevé par les bourses d’électricité fonctionne sur le principe de la vente au prix marginal, c’est-à-dire correspondant à la dernière unité appelée pour satisfaire la demande dans chaque Etat membre. Il s’agit dans de nombreux pays des centrales à énergie fossile très sensibles à l’évolution des prix des hydrocarbures, notamment en ce moment, puisque celui du consommateur, même en France en période de pointe, alors que le gaz représente une part minime de notre mix électrique… C’est ce phénomène qui a poussé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire à fustiger le « marché européen de l’électricité » et affirmer que ce système ne permet pas de refléter le coût du mix national de chaque pays » … Mais c’est plus compliqué que cela :  les échanges entre pays sont en fait freinés techniquement par des capacités limitées d’interconnexion électrique entre les réseaux. Il y a donc forcément un impact fort du mix national sur le prix de l’électricité dans chaque pays, en dépit des échanges entre Etats. »

«Concrètement, pour faire baisser les prix, il faut accroître les capacités de production pilotables du système électrique français. Autrement dit, il est nécessaire de disposer de moyens de puissance garantie, obtenue par des systèmes de production capables d’assurer un suivi de charge. En France, nous avons de la chance : c’est une source d’énergie décarbonée qui joue ce rôle le nucléaire…70% de la consommation d’électricité »

« L’éolien ou le solaire ne peuvent pas jouer ce rôle, et ce, pour une raison simple : même si leur production se développe, elles restent des énergies intermittentes non pilotables. Par ailleurs, elles ne peuvent pas apporter l’inertie électromécanique que fournissent les machines tournantes des centrales thermiques ou hydrauliques. Or, cette inertie assure le bon fonctionnement du système électrique interconnecté »… Il s’agit d’un point clé, et pourtant, certains écologistes ont du mal à reconnaître que, malheureusement, ces énergies ont forcément besoin, en complément, d’autres moyens de production qui eux sont pilotables et non intermittents. Du moins, tant que nous ne saurons pas stocker l’électricité à grande échelle. »

Dans ses six scénarios Futurs Energétiques 2050, RTE retient trois voies sans nouveau nucléaire, dont une 100% renouvelable (même s’il considère que ce scénario est à la fois le plus risquée et le plus cher (NB 20 milliards par ans, à supposer que les problèmes techniques soient résolus, ce qui n’a rien d’évident…). «  J’estime que RTE a été incité à élaborer ce scénario… pour des raisons politiques. Car envisager un scénario 100% ENR, n’est pas réaliste en l’état de nos connaissances. Tant sur le plan de la faisabilité technique, comme je l’ai expliqué, que sur le plan économique.

Dans le cas de l’éolien par exemple, il faut prendre en compte la production garantie nécessaire pour pallier l’absence de vent, y compris en mer, et un facteur de charge difficile à anticiper. C’ est pourquoi rapprocher le prix du kWh éolien avec celui du kWh nucléaire revient à tromper son monde."

Plan  Macron de relance du nucléaire insuffisant : 50 EPR en 2050 !

Sur le plan d’Emmanuel Macron de relance du nucléaire (14 EPR, dont 8 en option sur le long terme et l’émergence des SMR  "Je pense qu’il faut aller plus loin. Sa stratégie correspond à la trajectoire vers un mix électrique composé à 40 ou 50% de nucléaire d’ici à 2050, tout au plus. Pour moi, un objectif plus adapté serait d’arriver à trois quart de nucléaire et un quart d’énergies renouvelables, couplées à un peu de gaz si possible décarboné, comme c’est presque le cas actuellement. Ce qui reviendrait à mettre en service deux EPR par an dès 2035, soit 50 en 2050. La France a déjà lancé un programme industriel d’une telle ampleur dans le passé, le plan Messmer. Cela peut paraître colossal, mais j’assume : c’est nécessaire, et notamment si l’on veut développer l’hydrogène bas carbone, qui nécessitera énormément d’électricité pour en produire par électrolyse de l’eau.

A côté de cela, je crois beaucoup aux économies d’énergie, à la fois grâce à l’efficacité, c’est-à-dire l’amélioration des procédés..et à la sobriété, qui implique un changement de comportement au vu de l’urgence climatique. Il n’ ya aucune raison de ne pas fournir d’efforts sur la réduction de la demande si l’on investit sur le nucléaire, qui n’est pas gratuit. Mais il ne faut pas se leurrer : contrairement à ce qu’affirment certains écologistes, la consommation électrique va forcément augmenter pour pallier la sortie des énergies fossiles… Nous devrons y répondre en investissant dans tous les moyens décarbonés possibles, notamment pilotables, sans quoi le blackout nous guette… »



dimanche 3 novembre 2019

Pourquoi l’EPR est très rentable pour EDF et pour la France


EPR et EDF : inquiétude et vérité des chiffres. Ce n’est pas l’EPR qui met EDF en péril !

On entend beaucoup de chose sur le coût exorbitant de l’EPR, et même à l’intérieur de l’entreprise, certains s’inquiètent et voient déjà EDF en faillite à cause du coût de l’EPR et du nouveau nucléaire. Il n’est pas difficile d’ailleurs, comme dans beaucoup d’entreprises, d’y voir la marque de la prise du pouvoir des hommes gris de la finances et de leurs tableurs excel, peu au fait de ce qui gouverne vraiment la réalité (les lois physiques plutôt que les hasardeuses prévisions financières), au détriment des ingénieurs et entrepreneurs. Ces hommes qui toujours gèrent le déclin jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à gérer  et jamais n’inventent l’avenir ; avec eux, jamais le nucléaire français ne serait advenu. Bon, ce petit compte réglé, je me calme et j‘essaie de donner quelques éléments.

D’abord, l’EPR est un réacteur qui correspond aux besoins énergétiques futurs. Si l’on veut répondre au défi climatique sans provoquer l’effondrement de nos sociétés, c’est au niveau européen et mondial Il est plus puissant, plus sûr, utilise mieux le carburant nucléaire, c’est la source d’énergie la plus intensive, qui occupe le moins d’espace ( allez, approximativement, un seul EPR ça vous fait une double rangée d’éolienne tout le long de la côte méditerranéenne – et envore, à supposer qu(elles puissent fonctionner de manière optimale dans ces conditions)

Ensuite, L’EPR fonctionne. Deux EPR en Chine, à Taishan, construits en collaboration avec EDF crachent vaillamment tous leurs électrons depuis décembre 2018 et juin 2019. Le réacteur finlandais d’ Olkiluoto a été achevé, il est en train de charger son combustible. Deux autres sont en cosntruction à Hinkley Point en Angleterre.

Ensuite, ensuite l’EPR est rentable, beaucoup plus que toutes les ENR  ! L’EPR de Flamanville coutera 13 milliards d’euros. C’est beaucoup trop cher, et cela résulte du fait que 1) c’est le premier prototype ; 2) il a souffert de la désorganisation de la filière nucléaire française ( Areva et EDF séparés et concurrents !) et d’une certaine perte de compétence de la capacité d’équipementier d’EDF qui, grâce aux manœuvres des étrangleurs ottomans du nucléaire, antinucléaire par idéologie, décisionnaires lâches ou incompétents) n’a pas construit de réacteurs depuis près de 20 ans (Chooz, 2000)

Mais l’EPR  sur sa durée de vie de 60 ans rapportera au moins déjà le triple de son coût, assuré. Et sans doute beaucoup plus.  Parce que si l’on veut parler d’actualisation, qu’on me dise ce que vaudra une électricité abondante, décarbonée et surtout  pilotable dans trente ou quarante ans, si, comme il est important si l’on veut combattre efficacement le dérèglement climatique, la taxe carbone explose et si grâce aux pitreries des Allemands et de leur Energiewende, l’électricité devient rare et les black out se multiplient.


Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
 Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR:70-110€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
éolien: 476 €/MWh
 photovoltaïque :+500 €/MWh
Bon, par gentillesse, on a laissé l’éolien off shore qui enfonce tout ( voir qd même ci- après)

Rapport de la Cour des comptes 2018 :

Solaire : l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique.

Soit déjà 3 EPR tarifs Flamanville ( et on peut faire beaucoup moins !)

Eolien off shore !:Les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!!

Soit encore 3 EPR tarifs Flamanville (allez, même 4 tarif normal) !

Et l’on parle là de sommes déjà engagées, pas des derniers délires de promotion de l’éolien terrestre et surtout off shore !

C’est pas de l’EPR qu’EDF risque de mourir, mais de l’éolien !  En France, l’Iddri et Agora Energiewende estiment les financements publics en faveur des EnR électriques à près de 5 milliards d’euros par an pour les années 2018 à 2020 ( déjà engagés) et si l’ons uit la démente PPE, ce la va augmenter. l’Iddri et Agora Energiewende prévoient un pic entre 6,5 et 8,5 milliards d’euros par an à l’horizon 2025-2030 !!!

Donc, même à coût explosé ( et c’est vrai ça a pas été top top !), l’EPR de Flamanville équivaut  à environ 2 ans et demi de subventions aux énergies renouvelables (actuellement et un an et demi dans la prochaine décennie)

Donc  : 10 milliards d'euros, c'est la somme que nous payons tous, en deux ans et demi, sur nos factures d'électricité, en subvention aux énergies photovoltaïque et éolienne. 

Pour vous en convaincre, consultez donc sur votre dernière facture EDF la ligne « Contribution au service public de l'électricité », ou CSPE. Cette contribution était jadis consacrée à la solidarité, solidarité sociale avec ceux qui ne peuvent pas payer leur facture, et solidarité géographique avec les territoires où la production d'électricité coûte beaucoup plus cher (Corse, DOM-TOM, etc.).  En 2003, par exemple, la CSPE presque totalement consacrée à la solidarité a coûté 1,5 milliards d'euros. En 2015, la CSPE coûtera 7 milliards, dont seulement 29 % iront à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération.
La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grtassement les nécessiteux producteurs d’ENR.

Donc CQFD, ce qui met en péril EDF, ce n’est pas le coût du nucléaire, mais celui des ENR !

La politique aberrante de pillage d’EDF :

Plusieurs de ces thèmes ont déjà été abondamment traités dans ce blog, je n’y reviens ici qu’en résumé (cf. aussi  une enquête intéressante de Marianne, magazine numéro 1178, "EDF : le démantèlement a commencé" ,)

Loi NOME et ARENH: En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF… En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, Force Ouvrière avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement
EDF est obligé de subventionner des opérateurs alternatifs soi-disant vert, qui se gavent surtout de nucléaire historique (aux dépends du patrimoine des Français).

La pression politique sur les prix : EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010. De 1983 à 2014, l’indice général des prix a augmenté de 116 %, le salaire moyen des Français de 160 % mais le tarif de l’électricité de seulement 42 %.

Prix d’achat des ENR : j‘ai mentionné plus haut le coût réel des ENR plus subventions comparé au nucléaire plus subventions. Le fait est qu’une bonne partie de ces subventions a été effectué au détriment direct  d’EDF. En plus des manipulations de ses prix de vente, EDF a été contraint d’acheter aux producteurs, notamment solaires et éoliens, toute leur production à des prix administrés très supérieurs à ses propres coûts de production. Pour le solaire sur les toits des bâtiments, les prix imposés étaient de huit fois supérieurs au coût de revient EDF (420 euros/MWh contre 50). Et comme leur production est aléatoire et intermittente, toujours hors pics de consommation, elle est deux à trois fois moins utile que celle des centrales produisant à la demande, soit un coût réel de 16 à 24 fois supérieur aux prix de marché. Ce soi-disant « investissement » ne s’est traduit par la création d’aucune entreprise française du secteur, tous les panneaux photovoltaïques étant importés de Chine. Pour les éoliennes marines, les prix seront, à leur démarrage en 2022 et pour une durée de vingt ans, 4 à 5 fois supérieure aux prix actuels de marché (200-220 euros/MWh). Ces projets ont été lancés par les gouvernements français de façon improvisée et prématurée, sans tenir compte des réalités techniques et économiques.

Ponction sur les bénéfices : EDF verse chaque année environ 2 milliards d’euros de dividendes, principalement à l’État. Un montant exigé pour rapprocher le déficit public de l’engagement pris à Bruxelles par le gouvernement. En fin, celui-ci s’est rendu compte en 2016 qu’il avait quelque peu abusé et a recapitalisé EDF pour 4 milliards d’euros. De toute façon, largement insuffisant compte-tenu de la reprise de la Cogema. Où est la cohérence ? à part une politique de très court terme, ceci depuis des années…

Perturbations du marché de l’électricité : Les subventions massives aux énergies renouvelables et l’obligation d’achat mise en œuvre par les gouvernements français et étrangers ont bouleversé le marché européen de l’électricité : plus l’électricité est coûteuse à produire, plus son prix baisse sur le marché libre. Un paradoxe difficile pour EDF qui dispose d’une base de production efficace mais à coût fixe. Une situation qui n’a pas été anticipée par le gouvernement dans ses négociations à Bruxelles, une grande partie des perturbations provenant des productions aléatoires de pays voisins (Allemagne, Espagne). Autrement dit, le fait d’assurer  une production pilotable permettant de suivre la consommation n’est plus rémunéré à son juste coût…d’autant que plus il y a de renouvelables intermittentes, plus ce coût augmente en même temps qu’il est de plus en plus nécessaire.(puisqu’il faut bien garder les productions pilotables à un niveau équivalent à celui des intermittents)

C’est toute l’imbécillité de la PPE en France ! remplacer du nucléaire pilotable par de l’éolien non pilotable (plus du gaz) , c’est mauvais climatiquement, économiquement, socialement, écologiquemen

Bon, l’EPR sera le moindre des soucis d’EDF, une fois que les dirigeants politiques auront eu le courage de prendre la décision qui s’impose rationnellement… 6, 8, 10 EPR…. Maintenant !


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samedi 6 juillet 2019

Le grand maléfice : pourquoi plus il y a de renouvelable, plus le prix de l’électricité augmente !

Sûrement, vous vous posez la question de ce miracle ou plutôt de ce maléfice, pourquoi et comment, et en tous pays, plus  la proportion de renouvelable dans le mix électrique augmente, plus le prix de l’électricité augmente. Des renouvelables dont on nous explique pourtant qu’ils sont très rentables, plus que les EPR (ce qui est dramatiquement faux d’un facteur dix à 100 !)

J’ai déjà abordé cette question partiellement dans un de mes blogs précédent consacré à l’Ademe et à ses manipulations honteuses de chiffre ( comme par exemple ignorer que les éoliennes européennes crachant tous en même temps de l’électron, non pas quand on en a besoin, mais quand elles le veulent bien, il arrive souvent que le courant qu’elle produisent ne vaut pas grand-chose, et même parfois qu’on soit obligé de payer nos voisins pour qu’ils veulent bien le prendre.
Evidemment, une marchandise qu’on ne peut vendre, quel que soit son mode de production, ça coûte cher.

Les énergies fatales renchérissent fatalement le coût de l’électricité !

Le très précieux et irremplaçable Jean-Marc Jancovici, dans une déposition devant une Commission d’Enquête sénatoriale, puis dans une interview à energeek explique cette fatalité des énergies non pilotables (justement appelés fatales !) de manière très pédagogique (https://lenergeek.com/2018/11/05/jean-marc-jancovici-petrole-politique-energetique/)

Extraits :

L’intermittent ne remplace pas le pilotable, il s’y surajoute !

« Il existe des personnes qui pensent qu’avec un grand parc installé en éolien et solaire, il y a toujours une partie du parc qui produit, ce qui permet de supprimer des capacités dans le parc initial. Je me suis intéressé précisément à la situation en Allemagne et en Espagne. Dans ces deux pays, l’éolien et le solaire ont certes vu leur production annelle augmenter, mais pour autant cela n’a pas permis de faire baisser de manière significative la puissance pilotable installée. La puissance pilotable regroupe tout ce qui produit à la demande, et non uniquement quand les conditions extérieures sont favorables. Cela regroupe le charbon, le gaz, le pétrole, le nucléaire, l’hydroélectricité.

L’Allemagne avait 100 GW de puissance pilotable installée en 2002, et elle a toujours 100 GW pilotables en 2017, bien que dans l’intervalle elle ait rajouté 100 autres GW d’éolien et de solaire. Par contre, le facteur de charge de ces 100 GW de pilotable est descendu de 20% dans l’intervalle ; c’est-à-dire que ces 100 GW ont produit 500 TWh pendant l’année 2002, et seulement 400 TWh en 2017. Concrètement donc, c’est le facteur de charge des capacités pilotables qui a baissé, mais ces capacités ont été intégralement conservées, tout simplement parce qu’il faut pouvoir garantir à tout moment la sécurité d’approvisionnement, et que la puissance maximale appelée n’a pas varié. En effet, quand on regarde précisément la production horaire de ces 100 GW d’énergies intermittentes, on s’aperçoit qu’à certaines périodes de l’année, la puissance effective est de seulement 1 GW (la nuit, le solaire est à 0, et si il y a peu de vent, l’éolien peut descendre sous 1 GW, alors qu’il y a 55 GW d’éolien en Allemagne à fin 2017). Ce qui signifie que la puissance garantie à tout instant pour les unités intermittentes est de l’ordre du pourcent, ce qui est évidemment très faible. Et du coup, il faut conserver la puissance pilotable, qui elle est garantie à tout instant. Par contre, si on s’en sert moins, la rentabilité des capitaux investis dans ces outils de production baisse, et cela s’est constaté partout en Europe, pas « juste » en France avec les centrales nucléaires.

L’Espagne est un autre cas de figure intéressant. Au moment de développer les énergies renouvelables électriques, ils ont beaucoup plus misé sur les éoliennes que sur le solaire, malgré un ensoleillement supérieur à celui de l’Allemagne. Et, dans le même temps qu’ils ont installé 25 GW d’éoliennes, ils ont installé 25 GW de centrales à gaz, qui sont pilotables. En 2008, lorsque la consommation électrique espagnole a considérablement diminué avec la crise économique, on a observé le même phénomène qu’en Allemagne : le facteur de charge des centrales à gaz – qu’il faut garder pour garantir l’approvisionnement – est passé de 50% à 14%. Avec ces deux cas observés, nous ne pouvons pas encore tirer de conclusions universelles, toutefois on constate objectivement que ni l’Allemagne, ni l’Espagne, n’ont pu déclasser de la puissance pilotable avec l’augmentation des énergies renouvelables intermittentes.
Et en France, la loi de Kirchhoff restant la même, je ne vois pas pour quelles raisons, si on augmentait la part de l’éolien et du solaire dans la production annuelle, cela permettrait de diminuer la capacité pilotable. Cela va « juste » conduire, comme en Allemagne et Espagne, à diminuer le facteur de charge de nos capacités pilotables installées. A une ou deux exceptions près nos 58 réacteurs nucléaires seront encore là, mais nous les utiliserons moins, sans pouvoir les supprimer, au risque de devoir recourir à des délestages, comme on l’envisage en Belgique, voire de subir un black-out… Comme en Allemagne, quand nous sommes en situation anticyclonique, nos 20 GW de capacités éoliennes installées produisent très peu d’électricité.

Face à cet argument, il est parfois opposé qu’il y a toujours « du vent quelque part ». Pour voir ce qu’il en est, j’ai regardé comment évoluaient au même instant les productions éoliennes de plusieurs pays limitrophes, grâce aux séries au pas horaire fournies par le site http://www.pfbach.dk/. On constate facilement – hélas – que cette théorie du foisonnement ne se vérifie pas dans les faits. La probabilité maximale d’avoir une production éolienne faible dans un pays donné survient… quand il y a une production éolienne faible dans le pays voisin.
La raison est assez simple, en fait : l’Europe est soumise à un régime de dépressions qui sont des systèmes vastes, couvrant plusieurs pays, et qui amènent le vent. Du coup, s’il y a une dépression sur l’Allemagne, ses effets se feront aussi sentir en Grande Bretagne, en France et au Danemark. A l’inverse, s’il y a un anticyclone sur cette zone, le vent sera faible ou inexistant sur ces différents pays à la fois. Ce n’est donc pas du foisonnement que nous avons, mais une corrélation positive : l’ensemble des éoliennes européennes n’est pas loin de se comporter comme un unique système. Les deux seuls régimes clairement décorrélés sont l’Europe du Nord et l’Espagne (qui bénéficie de vents méditerranéens).
Par contre, les puissances installées ne sont pas les mêmes partout. L’Allemagne en a beaucoup plus que nous. Et du coup quand le vent souffle ce pays est exportateur, mais en période de défaut de vent il importe. Le système pilotable français est déjà pour partie en train de compléter une production fortement oscillante en Allemagne. Au Danemark, en moyenne 80% de la production électrique éolienne est exportée, et l’approvisionnement domestique est garanti grâce aux barrages norvégiens et suédois, et aux centrales à charbon allemandes.

L’intermittent dégrade la rentabilité des pilotables, dont il ne peut cependant pas se passer !

L’observation de ce qui s’est passé ailleurs confirme que notre première priorité n’est pas d’investir dans le développement des énergies renouvelables intermittentes (EnR-i) en replacement du nucléaire en France. Le premier paradoxe est que cette stratégie ne vas pas contribuer à diminuer le risque nucléaire mais va au contraire l’augmenter ! En effet, avec un parc de centrales qui reste quasiment identique (pour des raisons de puissance garantie, voir plus haut), mais qui voit son facteur de charge baisser, il va falloir entretenir un système à coût fixe avec des recettes en baisseet cela n’est pas bon pour la sûreté. Par ailleurs, les émissions de CO2 augmentent légèrement en pareil cas : le kilowattheure solaire, même s’il n’est pas très carboné (de 40 à 100 grammes de CO2 par kWh), l’est plus que le nucléaire (10 à 20 grammes de CO2 par kWh).

Enfin, pour compléter le tableau, ce remplacement du nucléaire par des ENR-i détruit globalement de l’emploi en France.
Pour comprendre cela, il faut en revenir à la définition du PIB : cet agrégat vaut – par définition – la somme de la consommation intérieure et des exportations, auxquelles on retranche les importations. Or, pour produire un kilowattheure nucléaire, vous avez besoin d’importer environ 1 euro d’uranium, et tout le reste est de la valeur ajoutée française. En revanche, pour un megawattheure solaire ou éolien, vous avez besoin d’importer entre 20 et 30 euros de composants (par exemple des panneaux photovoltaïques chinois, ou des nacelles éoliennes chinoises, allemandes ou danoises). Pour chaque MWh substitué du nucléaire au solaire ou à l’éolien, vous passez donc les importations de 1 à 20 euros par MWh consommé en France. La production éolienne et solaire étant aujourd’hui d’environ 30 TWh par an, soit 30 millions de MWh, elle signifie – en moyenne – 600 millions d’importations additionnelles par an (qui sont donc autant en moins sur le PIB), soit – à raison de 30 000 euros de PIB par emploi – la destruction de 20.000 emplois dans le pays. Ce qui se crée dans la filière n’est qu’une partie de l’histoire : il se détruit encore plus d’emplois ailleurs à cause de la hausse des importations.

Nous aurions pu utiliser le même argent pour faire des choses bien plus pertinentes sur le plan du climat. La Cour des comptes a publié un rapport récemment indiquant que, fin 2017, 121 milliards d’euros ont été engagés dans le développement du solaire et de l’éolien (c’est la totalité de l’argent qui sera versé aux producteurs solaires et éoliens au titre des contrats de rachat à prix garanti signés jusqu’au 31 décembre 2017). Depuis, Emmanuel Macron a annoncé qu’il consacrerait 25 milliards d’euros supplémentaires pour développer les éoliennes offshores. Au total, les investissements dans les EnR-i se chiffrent donc autour de 145 milliards d’euros, soit déjà plus que la valeur historique de construction du parc nucléaire, et tout cela pour ne rien gagner en CO2 et détruire de l’emploi ! (

Avec ces mêmes 145 milliards, on aurait pu offrir une pompe à chaleur à chaque ménage qui se chauffe au gaz ou au fioul et diminuer drastiquement la=nos émissions de gaz à effet de serre.

Donc le grand maléfice n’est qu’une histoire très logique de renouvelable et d’intertmttent. Retenons  ces ciffres de

Au total, les investissements dans les EnR-i se chiffrent donc autour de 120 milliards d’euros, soit déjà plus que la valeur historique de construction du parc nucléaire (96 milliards pour la construction des centrales-58 réacteurs !) et tout cela pour ne rien gagner en CO2 et détruire de l’emploi ! ( et pour produire 5% de l’électricité, et encore quand on n’en a pas besoin !)

A cela il faut ajouter le coût des renouvelables, notamment en infrastructures et lignes nouvelles- à ce point que plusieurs centaines d’éoliennes en Allemagne ne sont même pas reliées à un réseau, le coût de la dégradation de la compétitivité des pilotables, pourtant toujous indispensables, celui de la désoptimisation du réseau électrique, et, en fait le coût d’un doublement des sites de production…pour rien, et surtout pas au bénéfice de la lutte contre le réchauffement climatique !

Et pour ceux qui disent :  oui, mais on pourra stocker les énergies renouvelables, ce petit calcul, toujours tiré de la même interview de Jean-Marc Jancovici :


Extrait : « Au niveau mondial, la production électrique est de 23 000 TWh par an. Or, la totalité des réserves connues de lithium permettrait, selon Fabien Perdu, chercheur spécialiste de la question des batteries au CEA, de réaliser environ 250 TWh de stockage (une seule fois). Cela représente seulement 5 jours de consommation mondiale, et une batterie dure environ 10 ans. Ces valeurs ne sont pas suffisantes pour que l’on puisse envisager de faire du stockage inter-saisonnier sur batteries dans un réseau électrique qui dure un siècle. Il faudrait être en mesure d’accumuler au moins un mois de consommation pour garantir l’approvisionnement toute l’année, et par ailleurs il serait indispensable de pouvoir renouveler les batteries 10 fois, ce qui n’est pas possible aujourd’hui !