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mercredi 24 avril 2024

Commission Sénatoriale " prix de l'électricité" :EDF : Luc Remond et Cedric Lewandoski

EDF :Audition de Luc Rémont, PDG ( Mercredi 10 Avril) et Cedric Lewandoski ( Jeudi 4 Avril)

Luc Rémont ; mercredi 10 avril : La modulation du nucléaire pour le suivi des ENR ne pose pas de problèmes tant qu'on ne descend pas en-dessous de certaines limites (80%, deux fois par jour) Si l'arrêt complet devait devenir la règle, par contre cela devient réellement problématique et on "rentre en territoire inconnu.". La modulation que fait EDF pour gérer au mieux son carburant relève d’algorithmes extrêmement complexes

NB. l’arrêt complet or c'est bien ce qui s'est produit le week-end du 13 avril 2024 où EDF a dû arrêter 5 réacteurs nucléaires en raison d'une forte baisse de la demande : Dampierre 4 (890 mégawatts [MW]), Golfech 2 (1 310 MW), Paluel 4 (1 330 MW), Tricastin 1 et 3 (915 MW chacun). Tous ont été déconnectés du réseau samedi matin pour être reconnectés dimanche soir, à l’exception du réacteur Tricastin 1 remis en route mardi soir.

On est donc déjà en territoire inconnu, et ça va pas s’arranger avec l’augmentation des ENR sur le réseau.. On entend également que la modulation pour gérer le fuel nucléaire (et les arrêts de tranche) n’est compatible avec le suivi de charge des ENR que si celui-ci n’est pas trop élevé ;

Péninsules électriques : Dans les "péninsules électriques" (Nice, Bretagne...), la déstabilisation par les ENR est un risque sérieux et il sera par conséquent nécessaire soit de garder des centrales thermiques, soit d'implanter des SMR (NB ce qui est prévu à Cordemais)

Raccordements : Tous les renouvelables ne sont pas équivalents pour le réseau. Essayons de hiérarchiser les raccordements les plus utiles au système électrique. Pour l’éolien en mer, un euro d’investissement en de production correspond à un euro de raccordement

Hinkley Point : heureusement qu'il y a eu Hinkley Point, sans cela la capacité de l'industrie française à construire des centrales nucléaires risquait de disparaître...

Nucléaire et CfD : Pourquoi des prix plafonds et pas de prix planchers pour les contrats long terme proposés par EDF, qui ne sont donc pas des CFD ? Parce que la contrepartie imposée par la Commission européenne, c'est le démantèlement d'EDF via un scenario similaire au défunt Hercule.

Concessions hydrauliques : sortir de la situation de blocage en proposant à la Commission de passer à un système d'autorisation

Nuward : premier béton en 2030 visé

Arenh : légalement, c'est un tiers de la production qui est vendue au tarif ARENH, économiquement, ce sont les deux tiers puisqu'il faut bien répliquer pour nos clients les tarifs des concurrents 

Cedric Lewandoski Jeudi 4 avril

Etat du Parc Nucléaire : nous sommes dans une phase de convalescence dynamique,  e reconquête de notre performance opérationnelle... Le but est de revenir à 350 TWh à fin 2025. La crise de corrosion sous contrainte est toujours là, et des 900 MW seront concernés mais elle est en cours de maîtrise industrielle-.

« Notre conviction est que les 56 réacteurs du parc actuel tels qu'on les connait ont la capacité d'aller à 60 ans »

Concernant l’augmentation de la puissance délivrée par le parc nucléaire, un point important est la capacité à allonger la durée des cycles de 12 mois à 18 mois.

En ce qui concerne l’augmentation de puissance, deux cas sont à distinguer :  celui des 900 MW et celui des 1300 MW. Pour les 900 MW, c’est relativement simple car il suffit de travailler sur la turbine. Le gain final ne sera pas colossal,  on attend 5TWh.

Pour les 1300 MW, c’est beaucoup plus complexe, il faut travailler sur le circuit primaire; cela nécessitera environ  sept ans d’études d'ingénierie et on peut découvrir en chemin que cette augmentation de puissance  n'est pas souhaitable car elle pourrait se payer en  moindre capacité à moduler, et/ou en rejets plus importants

Capacité à aller au-delà de 60 ans : aux USA 6 réacteurs de la même nature que les nôtres ont obtenu une licence pour aller à 80 ans et d'autres dossiers sont en cours d'instruction. L’enjeu est important si nous estimons à la fin que notre parc ne peut pas aller au-delà de 60 ans, nous serons en 2050 à 17GW de nucléaire ;  on change alors de monde…

Evolution du facteur de charge : record de production en 2016 et depuis il y eu le grand carénage et tous les travaux post fukushima 5 à 7 visites décennales par an, c'est un grand chantier énorme qui a impacté les facteurs de charge.  La VD4 c'est cinq fois plus de travail  que la vD3, et prêt d'un an d'arrêt. Nous sommes les seuls au monde à mener ce type de chantier puisque nous exigeons d’amener la sécurité des réacteurs après visite pratiquement au niveau de celle des réacteurs les plus récents  Nous sommes les seuls au monde  à avoir fait le choix de se rapprocher le plus possible du niveau de sureté des EPR 2,

Fessenheim : On a perdu 10 TWH avec la fermeture de Fessenheim

Les arrêts de tranche : un plan d’amélioration  STAR 2025 est en cours  et fonctionne déjà bien :  le taux de réussite sur la durée des mises à l’arrêt dans les délais prévus est passé de 2% à 64%; il passe par la réinternalisation  d'un certain nombre de fonctions, nous avons trop poussé le curseur. Ce plan fait partie de la trajectoire des 400TWH dans les année 2030 :  Flamanville 10 TWh, auugmentation de puissance 20 TWH; Star 2025 20TWh)

Effet de la modulation sur le facteur de charge et l’usure des réacteurs: aujourd'hui, la réponse est qu’il n’ y a  aucun effet car les modulations qu'on nous demande, qui sont très modestes, n'ont pas de conséquences sur l'outil industriel. Ce n’est pas un hasard, nous avons les seuls réacteurs au monde à offrir ce service de modulation. Nos réacteurs peuvent accepter deux baisses par jour, avec une amplitude de 80%, atteignable en une trentaine de minutes.

Mais le volume de modulation qu'on nous demande est de plus en plus impressionnant. Le week-end dernier (31 mars, Pâques), on nous a demandé de passer de 43GW disponible à 24 ,. et nous sommes en mars. Aujourd'hui, on nous a demandé de moduler 10GW dans le journée.. Le point que nous redoutons c'est l'arrêt du réacteur. Là il faudra regarder techniquement de très prêt…Une centrale nucléaire ne sera jamais un outil de gestion de pointe.

Autrefois, la saison de modulation, c'était le printemps qui nous permettait de préparer les arrêts de l’été ; aujourd'hui il n'y a plus de saison. 

Passage de la pointe  : RTE, dans son dernier bilan, à l'automne dernier, a dit très clairement que nous allons manquer de 3 à 5 GW de pointe dès les années 30. Ce sujet-là doit être pris en main rapidement; 

Question du rapporteur : Aux USA en Finlande,, on est à 30 dollar le Mwh nucléaire,  en France, on ne sait pas trop, mais c’est bien au-dessus : réponse :  lié à toutes les contraintes sur le plan sécuritaire...


mardi 23 janvier 2024

Émissions réellement évitées par les énergies renouvelables électriques. Et bien, le ministère ne sait pas trop et ne dispose d’aucune étude impact dans le contexte français !

 La fréquentation des ressources parlementaires réserve quelquefois des bonnes surprises. Ainsi pour cette question écrite posée par la sénatrice Anne-Catherine Loisier le 11/05/2023 : Émissions réellement évitées par les énergies renouvelables électriques.

Le thème en est le suivant : « Pour produire de l'électricité, les émissions de la combustion du gaz, ainsi que celles du fioul ou du charbon, sont directement corrélées au rendement de l'unité de production concernée. Or il apparaît que la production évitée par les énergies renouvelables se traduit généralement par une modulation de la puissance de ces unités qui affecte directement leur rendement, interdisant ainsi, dans la pratique, des réductions théoriques d'émission qu'elles sont réputées permettre.

Des études, notamment de General Electric, suggèrent même que les émissions de GES des turbines à gaz peuvent augmenter lors d'une baisse supérieure à 50 % de leur régime de fonctionnement. »

Posons le problème plus clairement : un système électrique éolien 40% gaz 60% est probablement autant voir plus émetteur de gaz à effet de serre qu’un système électrique 100% gaz en raison d’un phénomène bien connu des thermiciens : une centrale à gaz utilisée de façon partielle et non optimale émet beaucoup plus de gaz à effet à de serre et de polluants qu’utilisée de façon optimale.

Donc le ministère de la transition écologique dispose-t-il d’une étude d’impact  estimant , dans le contexte français, les émissions réellement évitées par les énergies renouvelables électriques ?

Le ministère a pris son temps pour répondre – 6 mois… et il n’apporte aucune réponse. Il se contente de rappeler les émissions de CO2 par source d’énergie (48gCO2/kWh pour le photovoltaïque, 18gCO2/kWh pour la biomasse, 14,8g CO2/kWh pour l'éolien en mer, 12,7g CO2/kWh pour l'éolien terrestre et 4g CO2/kWh pour l'hydroélectricité, contre 1001g CO2/kWh pour le charbon, 840g CO2/kWh pour le pétrole et 469g CO2/kWh pour le gaz), d’ailleurs sans mentionner le nucléaire ( 4g CO2/kWh), pourtant la première source d’électricité décarbonée en France.

Ce qui ne répond absolument pas à la question : en tenant compte de l’intermittence éolienne, de combien sont les émissions réellement évitées par les énergies renouvelables électriques ?

 Donc, on  décide, au nom du défi climatique, de se lancer dans  45 GW d'éolien en mer (90 parcs de Saint-Nazaire Guérande) pour 2050 (et 100GW de terrestre)… et le ministère est incapable de sortir une seule étude d'impact  en chiffrant le bénéfice éventuel en termes d’émissions   de gaz à effets de serre.

0, nada, il n'y en a pas !

https://www.senat.fr/questions/base/2023/qSEQ230506667.html


vendredi 20 mai 2022

Audition de l’ASN devant le Sénat, 17 mai 2002 : l’ASN alerte sur « l’impasse d’une politique énergétique mal calibrée »

Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, s’est montré rassurant sur l’état de sûreté des centrales, mais inquiétant sur les fermetures de réacteurs qui seront nécessaires pour maintenir ce niveau de sûreté. Les pouvoirs publics doivent d’après lui les prendre en compte pour ne pas tomber dans « l’impasse d’une politique énergétique mal calibrée. »

Corrosion sous contrainte : un « phénomène sérieux » ; Bernard Doroszczuk : « D’abord parce qu’il concerne des parties de tuyauterie directement connectées au circuit primaire principal, et des tronçons pas isolables. Il n’y a donc pas d’organe de coupure, en cas de rupture de ces canalisations, c’est le circuit primaire principal qui est avec une brèche. 

Mais pas un phénomène de vieillissement ! D’ après l’ASN paradoxalement, les réacteurs les plus anciens (les 900 MWe) « pourraient ne pas être touchés », alors que les réacteurs les plus récents (les N4 et les 1300 MW) sont les plus sévèrement atteints. Les experts de l’ASN estiment selon Bernard Doroszczuk, que cela serait lié « à la géométrie des lignes », « différente entre les réacteurs de paliers de 900 MW et les designs de réacteurs 1300 MW et N4 où le design initial de Westinghouse [entreprise américaine, ndlr] a été francisé. Cette nouvelle géométrie des lignes favorise un phénomène de stratification thermique du fluide en haut et en bas de tuyau, ce qui génère une contrainte dans les zones de soudure. »

La  poursuite de fonctionnement des réacteurs nucléaires ne doit pas être conçue comme la variable d’ajustement d’une politique énergétique mal calibrée…au risque de la sécurité !  

L’ASN n’est pas alarmiste sur la capacité d’EDF à assurer la sûreté de ses centrales. En revanche, garantir un niveau de sûreté suffisant supposera de mettre des réacteurs à l’arrêt,

RTE présente un mix électrique avec une part d’électricité nucléaire de 50 % en 2050, qui repose sur un programme ambitieux de construction et la prolongation des réacteurs existants à plus de 60 ans. » ; « Ce scénario est non-justifié à ce stade et présente un risque d’engager le système électrique dans une impasse, dans le cas où le nombre de réacteurs aptes à fonctionner au-delà de 60 ans serait finalement insuffisant ou ne serait connu que trop tardivement. » Pour l’ASN, il ne faudrait pas que, faute d’anticipation suffisante, la poursuite de fonctionnement des réacteurs nucléaires soit conçue comme une variable d’ajustement d’une politique énergétique mal calibrée. » 

Un point de basculement. Un plan Marshall pour le nucléaire !

En plus de maintenir le parc actuel en état de fonctionnement, EDF va devoir réussir à relancer le parc nucléaire français. « Nous sommes à point de basculement, nous sortons d’une ère post-Fukushima et rentrons dans une ère de relance du nucléaire », analyse Olivier Gupta, directeur général de l’ASN, après les nouvelles orientations prises par Emmanuel Macron en fin de quinquennat. « Au regard de l’ampleur des projets nouveaux et de la poursuite d’exploitation des réacteurs actuels, il va falloir redimensionner les objectifs en termes de ressources humaines et financières, et en termes d’investissements.

Le président de l’ASN en appelle à un « Plan Marshall pour rendre industriellement soutenable cette perspective et faire en sorte que les entreprises de la filière disposent des compétences et des moyens financiers en temps voulu. » D’après lui, on passe « d’une période où l’on n’imaginait pas assez de projets, à une période où l’on a plein de projets, il faut le planifier, sinon les engagements affichés ne seront pas tenables. » Cela requiert notamment « un engagement de la part des pouvoirs publics, puisqu’il « va falloir payer d’avance le recrutement, la formation, avant de pouvoir disposer des ressources. »

NB : Et les moyens financiers, ça passe par la taxonomie !

» https://www.publicsenat.fr/article/politique/prolongation-des-reacteurs-nucleaires-l-asn-alerte-sur-l-impasse-d-une-politique

vendredi 30 août 2019

Energiewende : Nos chers amis allemands commencent à nous casser sérieusement les bonbons (2)


Pour compléter le blog précédent :
 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/energiewende-nos-chers-amis-allemands.html

Et pour donner un petit éclairage sur l’ambiance franco allemande en matière de politique énergétique :

A propos de Fessenheim :

12 janvier 2015, lettre de  Barbara Hendricks, ministre allemande de l’environnement, à Ségolène Royal :
« Chère collègue,
En 2014, en marge du sommet environnemental informel de Milan, nous avions entre autres parlé de la centrale nucléaire de Fessenheim. Je me félicite donc maintenant que le Président Hollande ait une nouvelle fois confirmé la décision de fermer Fessenheim.
Dans ce contexte, et en lien avec mon courrier du 15 septembre 2014, je vous prie de m’informer du calendrier et des procédures que vous avez l’intention de suivre pour l’arrêt de Fessenheim.
Comme vous le savez, la population vivant dans les zones frontalières est très préoccupée par la sûreté de la centrale. Je vous prie vivement de prendre en compte ces préoccupations lorsque vous pèserez le pour et le contre et lors de vos décisions, et de prévoir l’arrêt de Fessenheim à une échéance aussi rapide que possible. Je suis naturellement consciente qu’en ce domaine, la décision relève au final de la responsabilité souveraine de la France. Mais vous ne m’en voudrez certainement pas de me battre pour les revendications de la population qui vit près de la centrale de Fessenheim.

Commentaire : Un poil comminatoire, non !

04/03/2016 , la même Barbara Hendricks, :  « La centrale nucléaire française de Fessenheim, toute proche de la frontière avec l'Allemagne, est "trop vieille" et "devrait être fermée le plus vite possible", a déclaré vendredi un porte-parole de la ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks.  "Pour nous il est très clair que Fessenheim est très vieille, trop vieille pour être encore en activité", a dit ce porte-parole, interrogé lors d'un point de presse régulier du gouvernement. "La ministre demande que (la centrale) soit fermée le plus possible".
"Évidemment, un réacteur aussi âgé a beaucoup de problèmes techniques", a-t-il dit, et "pour nous des réacteurs aussi vieux représentent un risque sécuritaire". Il a évoqué "les inquiétudes des habitants des régions frontalières".

Commentaire : Faisceau de mensonges ! En France, les centrales nucléaires sont entretenues et régulièrement modernisées. Si Fessenheim est fermée, c’est par une décision purement politique, l’Autorité de Sureté Nucléaire l’ayant jugée bonne pour le service !

Fessenheim et Cattenom, ou quand Nicolas Hulot défendait le nucléaire français et se collait les Allemands.

« Après deux ans d'arrêt pour contrôle, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit redémarrer samedi 31 mars. Cela ne devrait durer que quelques mois puisque le gouvernement a promis de fermer la centrale alsacienne fin 2018, quand l'EPR de Flamanville (Manche) aura démarré.
Cette fermeture est aussi un enjeu pour les voisins européens de la France, comme l'Allemagne. Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, a rencontré son homologue allemande, Svenja Schulze, cette semaine et pour la première fois. Lors de cet entretien, la ministre allemande de l'Environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire a rappelé que les demandes de son pays n'avaient pas changé sur ce dossier. "J'ai évidemment fait part des inquiétudes de la population allemande, a indiqué Svenja Schulze, et c'est pourquoi je salue vraiment le fait qu'on aille vers un arrêt le plus rapide possible de la centrale de Fessenheim."
J'ai bien sûr aussi parlé de la centrale de Cattenom [en Moselle] et notre position qu'il ne doit pas y avoir de délai supplémentaire, a encore déclaré la ministre allemande. Nous étions d'accord pour dire que les sujets que nous abordons ici sont aussi très importants pour la population allemande à la frontière.

Réponse de Nicolas Hulot : le gouvernement va bien fermer la centrale de Fessenheim dès que l'EPR aura démarré, soit à la fin de l'année 2018 ou en 2019. En revanche, pour Cattenom, il a rappelé qu'EDF débutait des travaux de maintenance, afin de poursuivre sa production pendant encore 10 ans.
Le ministre français de la Transition écologique et solidaire a voulu faire le meilleur accueil à son homologue fraichement nommée, pour montrer qu'ils avaient aussi des terrains d'entente. "Personne n'a de leçon à se donner, a rappelé Nicolas Hulot. Nos deux pays sont dans des transitions énergétiques sans commune mesure, en tout cas historiques, avec des paramètres, des contraintes, qui ne sont pas toujours les mêmes - c'est le moins qu'on puisse dire - mais en tout cas avec des ambitions qui sont communes
Plusieurs responsables politiques allemands ont régulièrement fait part de leur crainte quant à la sécurité de certaines centrales françaises situées près de la frontière, en particulier celle de Fessenheim (Haut-Rhin), censée fermer prochainement, et de Cattenom (Moselle). Les deux pays vont également poursuivre à l'automne leurs discussions sur la mise en place d'un prix plancher du carbone, qui manque encore d'une position commune »

Commentaire : ben oui, nos chers amis allemands sont bien plus pressés de nous faire fermer nos centrales nucléaires que de mettre en place une vraie taxe carbone. C’est criminel pour la pollution et pour la lutte contre le changement climatique !

Le rôle obscur de l’OFATE (Office franco-allemand pour la transition énergétique)

Au Sénat en question orale, la sénatrice Anne-Claire Loisier a demandé quel était le bien-fondé de l’existence d’un bureau franco-allemand de lobbyistes des énergies renouvelables établi au sein du ministère de l’Écologie, et nommé Office Franco-Allemand pour la Transition Energétique (OFATE).
Cet office a été créé par les gouvernements français et allemand en 2006 avec des bureaux dans les ministères de l’Écologie à Paris et à Berlin, et son comité de pilotage se compose essentiellement de promoteurs des énergies renouvelables.

« Mme Anne-Catherine Loisier attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire sur la représentation des entreprises du secteur éolien au sein de l'Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

Cet organisme est supposé coordonner les politiques franco-allemandes. À cet effet, il tient ses bureaux dans les locaux même du ministère et est financé pour plus d'un tiers par celui-ci.  Son comité de pilotage est notamment composé des quatre syndicats d'EnR franco-allemands et nombre des autres membres ont des intérêts particuliers dans ce secteur.
Il semblerait donc que le « lobby » éolien soit financé par le ministère lui-même.
Par ailleurs, le rapport franco-allemand AGORA IDDRI (« L‘Energiewende et la transition énergétique à l'horizon 2030 ») indique que « […] si des capacités nucléaires sont retirées du mix français, la compétitivité des centrales à charbon maintenues dans le système en Allemagne est améliorée. »
L'Allemagne aurait donc doublement intérêt à ce que la France renforce ses capacités de production d'énergie éolienne car elle compte de nombreuses entreprises dans ce secteur et que la baisse des capacités nucléaires françaises rendrait plus compétitives les centrales à charbon et donc leur maintien en Allemagne.
Elle lui demande donc son analyse sur ces faits au regard des intérêts de la France en matière de politique énergétique. »

Commentaire : Mme Anne-Claire Loisier est Sénatrice de la Côte d’Or, groupe Union Centriste. Heureusement, dans l’ancien monde, il y a quelques élus qui font leur travail !

Tiens, pour changer un peu, les centrales nucléaires belges

Le Monde, 13 janvier 2016 : « Le ministre de l’environnement du Land de Rhénanie-du-Nord- Westphalie, Johannes Remmel, demande à la Commission européenne de vérifier les règles de sécurité en vigueur en Belgique. Au Luxembourg, le secrétaire d’Etat au développement durable, Camille Gira, a également exprimé son inquiétude et réclamé des éclaircissements quant à la situation de Tihange. Des responsables allemands avaient auparavant demandé la fermeture de cette unité, située à 70 kilomètres de la ville d’Aix-la-Chapelle, après que des microfissures ont été découvertes sur les cuves en acier de plusieurs réacteurs belges.
Le gouvernement de l’état régional allemand de Rhénanie-Palatinat a décidé mardi de se joindre à une plainte de Greenpeace et de Benegora, plate-forme de concertation belgo-néerlandaise de la région d’Anvers, contre la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires belges de Tihange 1 et de Doel 1 et 2. La Rhénanie-Palatinat demande l’arrêt d’urgence de ces installations pour protéger la population. »

Remarque :Tihange 1 : 962 MWe et Doel 1 et 2 ont été prolongé jusqu’en 2025 par le gouvernement Belge… avec le soutien des Pays-Bas. Bien, bien….

 Conclusion (Blog du Huffington Post, 25/09/2017, commentant un rapport de France Stratégie sur l’Energiewende) :

« A la lumière des faits, l'augmentation de la production électrique intermittente (éolienne et photovoltaïque) à la place du nucléaire n'a fait que conforter le rôle du charbon et du gaz, seules énergies capables de compenser les aléas du vent et du soleil faute de moyen de stockage viable! Quant aux gains d'efficacité énergétique, ils se sont avérés eux aussi largement surestimés par rapports aux comportements réels de la population et de l'industrie.
L'Allemagne a agi une fois encore en passager clandestin de la construction européenne, utilisant à son seul profit la solidarité et la bêtise de ses partenaires. L'apport assuré de l'électricité française et autrichienne a permis aux réseaux électriques allemands de pallier les effets techniques de l'énergie "fatale" de ses éoliennes et de ses panneaux solaires incapables de suivre les besoins réels de la consommation. En bref, l'Allemagne inonde d'électricité les marchés quand personne n'en a besoin et pompe ses voisins quand le climat est capricieux! »

Eh ben, pas mieux !


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dimanche 19 mai 2019

Anti-vert ! Pour (ne pas) en finir avec le glyphosate ! Chronique du triomphe de l’ignorance


Dernières chroniques de l’absurdité et un rapporteur courageux !

Ceux qui ont suivi les épisodes précédents comprendront : non pas pour en finir avec le glyphosate (un des herbicides les plus efficaces et les moins dangereux pour la santé et l’environnement, mais pour en finir avec le sujet du glyphosate).

Donc trois dernières nouvelles :

1) le 30 avril, l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) continue de constater qu’il n’y a pas de risques pour la santé publique lorsque le glyphosate est utilisé dans le respect des normes et que le glyphosate n’est pas cancérigène. Elle recommande cependant de nouvelles mesures d’utilisation pour réduire son risque environnemental et notamment l’impact de l’herbicide sur les insectes pollinisateurs. »

L’EPA signe et resigne et confirme et reconfirme très courageusement le point de vue de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA), de l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA), des agences similaires suisse, australienne, canadienne et à vrai dire de toutes les agences   , qui a également conclu à l’absence de preuve de danger du glyphosate. Bien évidemment, tous vendus, stipendiés par Monsanto

2) Le 14 mai, troisième condamnation pour le Roundup et Monsanto- Bayer : un jury américain l’a condamné lundi à verser 2 milliards de dollars à un couple de septuagénaires atteints d’un cancer.

Les procès en sorcellerie continuent. Au nom de quoi et comment, avec quelle compétence un juge peut-il ainsi décider à l’encontre de toutes les autorités scientifiques légitimes ? Il y a là une forfaiture grave qui devrait lui valoir révocation. C’est une fois de plus le triomphe de l’obscurantisme. Et c’est extrêmement grave ! Demain les mêmes juges, le même type de juge condamnera des fabricants de vaccin ( provoquant l’autisme ! hein Mme Rivasi), des fabricants d’antennes électriques, de micro ondes, de laser sur n’importe quelle absurdité scientifique !

3)13 mai : Annonce du rapport de l’Office français parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et un beau barouf à propos des déclarations du rapporteur Pierre Médevielle sénateur de Haute-Garonne : « aucune étude scientifique ne prouve formellement sa cancérogénicité, ni en France, ni en Europe ni dans le monde…Le glyphosate est moins dangereux que la charcuterie » Tollé général !
Rappelons que M. Médevielle est pharmacien de profession, impliqué depuis longtemps dans l’évaluation scientifique, et qu’il sait un peu ce qu’est un cancérogène, et comment on le caractérise.
Une autre membre de la Commission, Anne Genetet a également une formation scientifique, de médecin. Si elle n’a pas pris la parole le 13 mai, voici ce qu’elle déclarait peu de temps avant : « À ce jour, seul le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a classé en 2015 ce produit comme cancérogène probable, contre l’avis de toutes les agences sanitaires (en Europe et aux États-Unis) chargées de l’homologation des pesticides. Rappelons au passage que le caractère cancérogène supposé concerne l’exposition directe. Ce n’est pas le fait de manger un produit qui a poussé dans un champ traité qui pourrait poser problème. Rappelons aussi que l’OMS a classé la viande rouge comme cancérogène probable, exactement au même niveau que le glyphosate. Il faut donc comprendre cette qualification à la hauteur de ce qu’elle signifie. »
C’est assez clair, non !

Alors, M. Médevielle s’est fait crucifier sur le thème : il a pété un plomb, le rapport parlementaire ne parle pas du tout de cela, il s’agit simplement d'éclairer le Parlement sur 'l'indépendance et l'objectivité des agences européennes chargées d'évaluer la dangerosité des substances mises sur le marché'.

Or, dans le rapport, on trouve ceci, un simple rappel factuel :

« Les agences ont donc jusqu’à présent écarté le risque cancérigène en cas d’exposition au glyphosate dans les conditions normales d’exposition de cette substance….. »

Et d’autre part, même si les rapporteurs proposent des améliorations dont certaines sont déjà d’ailleurs mises en œuvre, la tonalité est générale est quand même celle de la reconnaissance du professionnalisme et de la qualité du travail des agences :

 « Les vingt dernières années ont été marquées en France et au sein de l’Union européenne par une institutionnalisation de l’expertise des risques autour d’agences spécialisées, combinant l’application de méthodes de plus en plus sophistiquées et la standardisation des techniques et des référentiels. »

Donc, même si les propos de M. Médevielle ne sont pas dans le rapport, ils en découlent assez logiquement, et sa conclusion semble partagée par les rapporteurs ayant une culture scientifique. Et j’ajouterai par l’immense majorité de tous les scientifiques de quelque compétence sur le sujet qui se sont intéressé au dossier

Parmi les crucificateurs, on distinguera Cedric Villani, président de l’Office français parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui a fait preuve en l’occurrence de lâcheté et de démagogie insignes. Merci la twittosphère qui a vivement réagi, par exemple : « Vous faites hontes à l’éthique scientifique en respectant si peu les travaux de vos confrères biologistes chimistes et agronomes…. Vous leur crachez à la figure »
Pas mieux à dire. On peut être très grand mathématicien et petit homme, c’était un peu le cas de Laplace…dont Villani préside l’Institut.

Les recommandations du rapport :

1) Donner aux agences la possibilité de déclencher des études destinées à améliorer la connaissance des dangers et des expositions, à travers un fonds de recherche inter-agences. 2) Mettre en commun dans des systèmes d’information partagés les études et données disponibles sur l’ensemble des produits réglementés.3) Mieux identifier les effets de perturbation endocrinienne, les effets cancérogènes, mutagènes ou génotoxiques en les quantifiant précisément et en développant des outils de compréhension des risques cumulés. 4)  Développer les méthodes alternatives à l’expérimentation animale pour l’identification des risques sanitaires et environnementaux ; 5)  Encourager la mise à jour régulière des lignes directrices pour ne pas retarder l’adoption de nouvelles méthodes et de tests sensibles et fiables. 6) Développer les instruments de surveillance en situation réelle des effets des produits réglementés : vigilances, biosurveillance, études épidémiologiques. Améliorer la transparence des travaux d’évaluation . 7) Mettre à disposition du public l’intégralité des données figurant dans les dossiers soumis aux agences d’évaluation, afin de permettre une contre-expertise citoyenne.8) Faire la transparence sur les liens d’intérêt et contrôler les liens d’intérêt déclarés dans le cadre d’obligations déontologiques fortes pesant sur les personnels et experts des agences.Conforter les agences dans leur rôle d’expertise des risques.9) Renforcer l’attractivité pour les scientifiques de la participation aux travaux d’expertise menés par les agences.10) Structurer le dialogue entre organes d’évaluation, pour
éviter les divergences d’appréciation sur les risques qui perturbent la prise de décision.11) Donner aux agences des compétences étendues pour l’identification des risques émergents. Rendre l’évaluation des risques accessible et compréhensible. 12) Mieux structurer le débat public sur les risques, en amont des prises de décision. 13) Expliquer et clarifier les résultats des évaluations de risques effectuées par les agences.

Rien de révolutionnaire donc, des remarques de bon sens, des missions renforcées qui impliqueraient, notons-le, des moyens renforcés, des vœux désirables, mais pieux en l’état des techniques, une meilleure communication (pas si facile, si l’autorité scientifique est systématiquement mise en doute par les bigots et les complotistes de tous poils)

En plus général et en plus court, je proposerais ceci : l’évaluation des risques est un service public qui doit être correctement assuré. Mais comme on a affaire à des gouvernements qui n’aiment pas beaucoup la notion de service public….

Notons, en ce qui concerne le CIRC, la seule agence à avoir classé le glyphosate comme cancérigène probable (comme la viande rouge et le travail de nuit, rappelons-le), deux remarques assez assassines du rapport : « Il a ainsi été reproché au CIRC d’avoir fait participer à ses travaux le Dr Christopher Portier, impliqué par ailleurs dans des lobbies antiglyphosate et intervenant dans des procédures judiciaires lancées contre les fabricants de glyphosate ; - enfin, le classement des agents cancérogènes par le CIRC fait lui aussi l’objet d’une remise en cause, considérant qu’il ne s’agit que d’un classement théorique, qui ne prend pas en compte la réalité des expositions de l’homme aux différents agents ou encore la fréquence et la gravité des cancers pouvant être causés par les agents incriminés.

En guise de remarques finales ( mais j’ai bien peur d’tre obligé d’y revenir !^

Monsanto a-t-il truqué les tests réglementaires relatifs aux glyphosate ( comme Volkswagen avec ses moteurs) : Non, mille fois non !

Monsanto a-t-il eu connaissance de tests prouvant la toxicité ou le caractère cancérigène du glyphosate, et les a-t-il dissimulé : Non !

N’importe quel chercheur ne peut que s’indigner et s’inquiéter  de l’utilisation qui a été faite lors d’un des procès de mels internes qui ne montraient qu’une discussion normale entre une directrice scientifique tempérant le langage quelque peu enthousiaste d’une responsable de marketing..

Existe-t-il des tests prouvant le caractère cancérogène du glyphosate ? Non ! Et pourtant, c’est peut-être la molécule qui a été la plus étudiée !

Existe-t-il des études épidémiologiques faisant ressortit un caractère cancérigène du glyphosate ? Non ! ( il existe un avis minoritaire discordant sur l’une des études)

Concernant un produit  aussi répandu que le glyphosate, l étude épidémiologique parait évidemment la voix royale pour vérifier l’absence de toxicité/pouvoir cancérogène. Le rapport parlementaire rappelle à juste titre que ce n’est pas si facile : « l’épidémiologie trouve aussi seslimites en matière d’évaluation des risques. Ainsi, dans sa fiche-repère « pesticides et risques de cancer », l’Institut national du cancer indique bien que si « les études épidémiologiques attestent d’un lien entre l’exposition aux pesticides, notamment en milieu professionnel, et l’apparition de cancers, elles doivent être regardées avec précaution. En effet, leurs principales limites concernent la difficulté d’établir un lien avec des molécules précises, la caractérisation de l’exposition aux pesticides chez un individu tout au long de sa vie, en incluant les périodes critiques (grossesse, enfance), et les multiexpositions. De plus, les personnes sont exposées potentiellement à d’autres facteurs de risque (exposition à d’autres substances chimiques telles que solvants, rayonnements ultraviolets, zoonoses, polluants atmosphériques, médicaments, tabagisme, alcool […]. La complexité des expositions multiples et séquentielles au cours de la vie à ces produits appelle une réflexion spécifique en matière de recherche ».

Il existe d’excellents didacticiels sur la notion de puissance statistique d’une étude. Compte-tenu de son utilisation, les données épidémiologiques sur le glyphosate sont très très puissantes, donc le risque de ne pas voir une éventuelle toxicité est très très faible .

En l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que le glyphosate est cancérigène !

Les agences d’évaluation ont-elles recopiés in extenso des études fournies par Monsanto ?

Oh là là Messieurs, attention,  là on atteint des sommets de mauvaise foi,  d’ignorance de manipulation ! La réponse est… évidemment oui ! Les études réglementaires et leurs conclusions sont censées être reproduites telles quelles et d’ailleurs, autant que possible, sont fournies sous des formats non modifiables afin de préserver l’intégrité des données ! On peut ensuite les commenter, mais à part…

Faut-il faire davantage confiance aux tests de Monsanto ou aux tests pratiqués par des laboratoires universitaires ?

Accrochez-vous ! La réponse est évidemment aux tests de Monsanto…qui ne sont d’ailleurs pas les test de Monsanto, mais les tests imposés à Monsanto par la réglementation. Ils sont standardisés, calibrés, parfaitement reproductibles, leur interprétation est immédiate, leur pertinence quant aux effets biologiques certaine et universellement reconnue.
Les chercheurs eux testent des protocoles, nouveaux, originaux, que seuls de petites équipes maitrisent. Leur pertinence quant aux effets toxiques chez l’homme est incertaine, pas encore reconnue…. Ce n‘est pas un vain mot : les instances universitaires se trouvent confrontées à une très sérieuse crise de la reproductibilité (plus de 60% des études non reproduites précisément dans la cas du cancer !)

Toutes les agences officielles considèrent qu’il n’existe aucune preuve de la toxicité ou du caractère cancérigène du glyphosate sauf le CIRC qui le place en cancérigène probable (et no certain !). Qui ment ?

Probablement  personne, mais il existe des avis plus pertinents que d’autres ! Selon le CIRC, le glyphosate le classement en cancérigène problème du glyphosate rappelons-le, dans la même catégorie que le travail de nuit ou la viande rouge.  Le CIRC s’efforce d’estimer un risque global tenant compte de la cancérogénicité « intrinséque » et de l’exposition au produit de la population : ainsi s’explique que des produits fortement cancérigènes mais très peu utilisés se retrouvent dans la même catégorie qu’un produit extrêmement utilisé mais dont la cancérogénicité intrinsèque est non démontrée. De plus, le CIRC n’utilise pas toutes les données les plus sûres des enquêtes réglementaires, ce qui est quand même un peu fâcheux. Ce classement  du CIRC fait  l’objet d’une remise en cause, considérant qu’il ne s’agit que d’un classement théorique, qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des expositions de l’homme aux différents agents (par rapport aux études épidémiologiques) ou encore la fréquence et la gravité des cancers pouvant être causés par les agents incriminés (par rapport aux études biologiques).
Mon opinion : C’est en fait une espèce de cote mal taillée, qui est tout de même utile pour un grand nombre de substances, mais qui ne fonctionne pas dans le cas de substances très étudées et très répandues.

Les décisions de justice condamnant Monsanto à de fortes indemnisation pour des cas de cancers sont –elles basées sur des preuves scientifiques ?

Non, pas la moindre. Pas plus qu’elles ne sont basées sur la moindre preuve de fraude. Ces décisions à l’encontre du consensus scientifique reconnu sont une véritable menaces pour la santé publique ( demain, les vaccins ? les médicaments, les ondes radios, les lasres, l’électricité..)

Et l’immense scandale des Monsanto papers ? Monsanto a-t-il empêché des études sur le caractère mutagène et génotoxique du glyphosate ?

Non, Monsanto n’a rien empêché du tout, et comment l’aurait-il pu ? Par contre, oui, il a surveillé et critiqué, et souvent à juste titre, les milliers d’études qui paraissaient ( et qu’il n’a pas empêchées !).
Commentaire du rapport sénatorial : « Les Monsanto papers mettent surtout en évidence une pratique de la société Monsanto consistant à suivre une stratégie de communication scientifique problématique, reposant sur le « ghostwriting », c’est-à-dire la rédaction d’articles favorables par l’entreprise, signés ensuite par des scientifiques de renom pour donner une crédibilité forte aux documents ainsi publiés. Un cabinet de consultant, Intertek, a joué ce rôle de recruteur de scientifiques destinés à exercer une mission d’influenceur »

Ah oui, ça c’est pas bien ! Un peu agressif comme pratique marketing ! Pas très glorieux pour certains scientifiques !
On peut (et on doit) quand même suspecter la sincérité chez la plupart d’entre eux. Le glyphosate en tant qu’herbicide représente un tel progrès majeur, à la fois sur le plan de l’efficacité et de la sécurité, une telle révolution des pratiques agricoles qu’il ne peut que susciter l’enthousiasme immense de tous ceux qui travaillent dans ce domaine. Après, le degré zéro de l’ éthique consiste quand même à écrire les papets que l’on signe et à signer les papiers que l’on écrit….
En passant, ça irait mieux si les chercheurs n’étaient pas obligé de passer une part considérable de leurs temps à mendier des fonds dans une jungle bureaucratique nationale, européenne, internationale et si la financement de la rechrche était davantage assuré par des financements pérennes !

Et le dernier (pour l’instant) scandale sur le fichier de Monsanto sur les opposants au glyphosate ?

Ben, beauf, je sais pas moi. Que Monsanto ait maintenu une base de données bien fournies sur les articles concernant le glyphosate et ceux qui travaillent ou écrivent dans ce domaine, c’est quand même le BA ba ? On douterait de leur professionnalisme s’ils ne l’avaient pas fait, non ?
Après, s’il s’agit d’un véritable fichier , avec recherche d’informations privées, alors là c’est autre chose. Que l’on poursuive alors Monsanto !
Pour ça et pas pour autre chose !

Le glyphosate, pourquoi tant de haine ? A cause des OGM et cultures génétiquement modifiées !

Ce n’est pas le glyphosate en tant qu’herbicide qui provoque tant de passion  (et c’est pourtant cet usage qui est interdit pour les particuliers !).
C’est vraiment une molécule miracle ! Malgré tous leurs efforts, durant plus de trente ans  aucun concurrent de Monsanto n’a pu proposé quelque chose d’approchant
C’est l’utilisation par Monsanto du glyphosate en conjonction avec des cultures OGM résistantes au glyphosate, un véritable miracle ! Vous plantez votre maïs résistant OGM, vous passez du glyphosate, et hop, plus de mauvaises herbes, plus de labours, un rendement augmenté de 20% à la louche, au moins les premières années, et, cerise sur le gateau, des produits plus sûrs moins contaminés par les mycotoxines..

Donc Monsanto et le glyphosate font l’objet d’une haine vigilante et parfois délirante de tous les anti-OGM qui ont juré la perte de Monsanto, la vilaine sorcière

Ce débat sur les OGM, sur leur réel intérêt ou pas, sur leurs réels dangers, ou pas., il faudra l’avoir, mais c’est un sujet différent de celui de la toxicité non démontrée et très improbable du glyphosate !

Et bravo au Sénateur Médevielle pour son courage !

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