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vendredi 30 juin 2017

La CGC change ! Le florilège Hommeril

Depuis 2016 et l’arrivée à sa tête d’un géologue, ex de Péchiney où il a pu constater les dégâts de la politique européenne, François Hommeril, le ton de la CGC s’est fait nettement plus revendicatif, et retrouver la forme de certains de ses anciens grands dirigeants, tel Jean-Luc Cazettes, quoique sur un fond assez différent.

Florilège de François Hommeril, dans divers média :

Sur les cadres :

 « Depuis vingt ou trente ans, quand on regarde les salaires d’entrées de grilles, l’augmentation de la pression, la souffrance au travail, les injonctions paradoxales, on voit que les cadres ont dégusté. On a réussi à faire passer dans les têtes que le progrès de tous, ce serait la régression de chacun. Ça me surprend beaucoup »

« Jamais la CFE-CGC ne s'associera à une réforme dont le but serait de faire régresser les salariés. Les réformes « courageuses » pendant que les dividendes explosent, c'est fini »


Sur la loi El Khomri

« Cette loi travail restera dans l’histoire comme un exemple assez extraordinaire de tout ce qu’il ne faut pas faire. Sur le fond, c’est un peu le magasin des antiquités du néolibéralisme : on va chercher dans les tiroirs ce qui a été fait ou pas encore fait dans les autres pays et on dit que grâce à ça il va y avoir un impact sur l’emploi. C’est totalement faux. Il y a énormément d’amateurisme de la part de nos dirigeants politiques. Cela montre à quel point ils sont déconnectés. »

Sur les ordonnances Macron  et les indemnités de licenciement

« Nous, nous sommes radicalement contre le plafonnement des indemnités. Il faut de toute façon un motif pour licencier les gens. Il n'y a pas lieu de créer des plafonnements des indemnités. Nous avons de bonnes idées sur ce qui aiderait les entreprises. Il faut s'attaquer à la cause. Les indemnités ne sont qu'une conséquence d'un désordre à l'intérieur de l'entreprise »

« Les salaires des patrons s'envolent mais l'indemnité que va toucher la personne licenciée abusivement va être plafonnée ?

Sur le code du travail ou comment le compliquer à force de simplifications !

« Il y a plusieurs initiatives qui ont été prises ces derniers temps pour donner au code du travail une forme plus simple et plus accessible. Cette simplification doit être examinée dans un sens où les droits des salariés seraient préservés et non pas précarisés. On crée des exemptions qui créent la complexité du droit du travail. C'est ce qu'on a fait depuis vingt ans !

Penser que le chômage en France est dû au code du travail est un pur fantasme

Il faut arrêter de dire n'importe quoi sur le marché du travail, lisez les études, cessez les caricatures, en réalité le marché du travail en France est aussi flexible que partout ailleurs. La seule question du Code du travail n'est pas celle qui préoccupe les entreprises. Ce qu'il faut faire c'est aider les entreprises à faire face à l'ensemble de leurs contraintes réglementaires et administratives. Il faut aussi aller voir du côté de la fiscalité

Sur la politique Macron :

« On a en face de nous des interlocuteurs légitimes qui ont envie de réussir. Je ne fais pas le constat avant l'accident. Je suis prêt à faire des efforts pour ne pas mettre en difficulté le nouveau chef de l'Etat dès le début. Ceci dit je ne suis pas dupe face au fait qu'une grande partie des sujets sur la table résultent des injonctions européennes. Ca n'a pas changé : aux Grecs on demande toujours de vendre le Parthénon et aux Français de réformer le code du travail ».

Le matraquage des classes moyennes engendre des monstres politiques- la double peine

Ce ton nouveau est assez compréhensible, les cadres sont victimes d’une double peine.
Dans leur vie professionnelle,  de plus en plus, les cadres, fidèles à leurs entreprises, à leurs collègues, à leurs équipes, se trouvent en désaccords profonds avec des hauts dirigeants qui proclament comme un idéal les entreprises sans usines, sacrifient la stratégie et le long terme au gains financiers à court terme et les salariés aux actionnaires, quand ils n’ont pas un comportement de mercenaires dicté par leur propre avidité et les rémunérations  indécentes qu’ils s’octroient.
Dans leur vie personnelle, ils font partie d’une classe moyenne particulièrement touchée par les augmentations d’impôts, passées et à venir, avec un patrimoine généralement immobilier, non délocalisables. Ils ont souvent investi dans l’éducation de leurs enfants, et malgré cela, ; voient ceux-ci menacés de précarités et de déclassement social par l’ ultra flexibilité qu’on prétend nous imposer ( alors que son effet sur l’emploi est fortement contesté, cf blogs précédents)

Oui, le matraquage des classes moyennes engendre des monstres politiques, et si les cadres s sont jusqu’à présent  peu manifestés politiquement, cela  pourrait changer ! M. Hommeril visiblement s’en rend compte, et c’est pourquoi il vaudrait mieux l’écouter, lui et la CFE-CGC.

PS : deux informations assez symboliques dans Le Monde de ce jour (30 juin 2017)

-         -  L’Union des Entreprises de Proximité (artisanat et professions libérales, soit ces très petites entreprises où se trouverait un gisement important d’emplois, s’affirme inquiète par rapport à l’importance nouvelle des accords d‘entreprises et demande un dispositif spécial pour les PME, un accord cadre de branche …Vive la branche, donc !


-             -  La première (la première !) loi de la présidence Macron concernera le retour des interdictions de manifester pour les personnes susceptibles «  de constituer une menace pour l’ordre public ». Ceci, bien sûr au nom de l’état d’urgence et de la lutte contre le terrorisme…sauf que la précédente version avait surtout été utilisée pour les manifestations contre la loi travail, et avaient été censurées par le Conseil Constitutionnel ! 




mercredi 17 août 2016

El KHomri, sa loi, ses décisions : les salariés s’en souviendront

Ainsi, la loi El Khomri qui permet l’inversion des normes entre accords d’entreprises et accords de branche a été votée définitivement par le Parlement le 21 juillet par trois députés. Trois ! Merci en passant à tous les frondeurs du PS qui ont visiblement décidé de partir en vacances plutôt que de se battre, ils avaient là une belle occasion. D’un dernier combat  S’il fallait démonter combien, à coups de 49-3 et d’autoritarisme gouvernemental, le travail parlementaire est décrédibilisé, on ne pouvait rêver mieux. Si l’on voulait montrer à quel point cette loi, rejetée par la majorité des salariés et les organisations syndicales les plus puissantes peut être légale, mais en même temps dépourvue de toute légitimité, on ne pouvait non plus rêver mieux. Lorsque légalité et légitimité, pays légal et pays réel divergent à ce point, on sait vers quels drames politiques cela peut conduire. En tous cas, les salariés s’en souviendront et sauront pour qui ne pas voter lors des prochaines échéances électorales.

Pour prouver à quel point elle peut être une ministre obéissante de Manuel Valls, Mme El Khomri, en pleine période estivale, espérant peut-être passer inaperçue ( Marianne au moins pourtant l’a relevé- 12 août 2016) a approuvé le licenciement du délégué syndical CGT d’Air France Vincent Martinez, suite à l’épisode de la chemise arrachée du DRH., en allant contre la décision de l’inspection du travail qui l’avait refusée. Elle ose même déclarer qu’ « à ‘issue d’une analyse longue et minutieuse, il ressort que la faute reprochée est d’une gravité suffisante pour justifier le licenciement ».

Ceci alors que l’Inspection du travail avait précisément jugé le contraire, en arguant du fait que Vincent Martinez avait plutôt joué un rôle de modérateur dans une échauffourée provoquée par des déclarations brutales et volontairement provocantes de la direction d’Air France.


Oui, Mme El Khomri, les salariés se souviendront de nous et sauront pour qui ne pas voter !


jeudi 16 juin 2016

Loi El Khomri ! Ni amendable, ni négociable, retrait ! (3)


Les violences et le  cynisme du gouvernement
 
Commençons par là : les violences contre les policiers, qui les visent systématiquement, dans le but  de blesser, voire de tuer sont insupportables et doivent être réprimées sans faiblesses ; inexcusables également, ces violences qui dévastent des centre villes, détruisent les biens de la communauté ou de particuliers ; et aussi  particulièrement choquantes et indéfendables  les violence contre l’hopital Necker.
 
Mais quand Manuel Valls menace d’interdire désormais les manifestations nationales, la ficelle est vraiment par trop grosse et le cynisme écœurant. Il nous prend pour des imbéciles ou est lui-même atteint de confusion mentale. Car la fonction de tout service d’ordre (rappelons-le obligatoire), donc de celui des syndicats, en particulier FO et CGT, c’est d’empêcher tout débordement des manifestants dont ils sont responsables. Et éventuellement de les protéger contre des agressions, ce qu’ils ne parviennent pas à faire, car les militants et manifestants syndicaux sont aussi insultés, caillassés, frappés par les casseurs.
 
En revanche, c’est de la responsabilité du gouvernement et de la police que d’assurer la protection des biens et des personnes en général. Des commerçants, artisans, passants, des hopitaux et autres institutions aux abords de la manifestation ; mais aussi d’assurer la liberté de manifester en paix, sans être agressé. C’est donc bien la CGT, FO, SUD et les autres qui seraient en droit de reprocher au gouvernement de ne pas assurer leur liberté de manifester en sécurité.  Et non l’inverse !
Mais on ne voit que trop bien comment le gouvernement, soit par impuissance, soit plus probablement par machiavélisme n’a rien fait pour réprimer les casseurs, alors que les syndicats le demandaient dès le début ; comment il a laissé monter ces violences pour déconsidérer les actions syndicales…au point d’être maintenant peut-être vraiment débordé. Cynisme au mieux imbécile, au pire criminel.  
 
Patrick Pelloux : «Ceux qui ont détruit l'Hôpital des Enfants malades sont des salauds ! C'est la première fois que, pendant une manifestation, on s'attaque à un hôpital. C'est gravissime». Après un attentat, les syndicats auraient dû arrêter ce rassemblement. Les casseurs ont attaqué un symbole de notre civilisation. Les salopards qui sont capables de saccager un hôpital pour protester contre la loi Travail ne respectent même pas le travail. L'hôpital, c'est le symbole du bien commun, de la médecine pour tous, de l'humanisation de notre société. C'est inadmissible ». Lors de cette déclaration, Patrick Pelloux  était encore sous le choc des événements. Il a raison dans son indignation, mais il a eu tort d’assimiler ceux qui protestent conte la loi travail aux casseurs qui viennent pour la violence gratuite ou qui espèrent une révolution violente ; et l’on aurait aimé qu’il mette davantage en cause l’inaction du gouvernement contre les casseurs que d’appeler à interdire les syndicats de manifester.
 
Quant à Valls, quand tout cela sera apaisé, il faudra lui expliquer à quel point son idole Clémenceau été l’un des hommes politiques français les plus nocifs, par sa déstabilisation systématique par ambition des gouvernements Ferry, qui valait bien mieux que lui, le mitrailleur de Draveil qui a fait  tirer à bout portant, dans une salle, sur des ouvriers grévistes désarmés et accompagnés de femmes et d'enfants(Valls en rêve ?), le saboteur en pleine guerre et toujours par ambition des cabinets Briand, la scandaleuse revanche contre Caillaux et Malvy qu’il fit emprisonner, et surtout, après-guerre, l’intransigeance punitive vis-vis de l‘Allemagne et le refus de la paix intelligente de Wilson qui conduiront droit au désastres du nazisme et de la seconde guerre mondiale.
 
Mais d’abord, Retrait de la loi El Khomri et de son inacceptable et scandaleux article 2, l’inversion de la hiérarchie des normes (accords d’entreprises primant sur les conventions collectives) qui constitue un recul social inouï et même une absurdité économique
 
 
 

mercredi 25 mai 2016

Reform of french labour code: El Khomri project : no amendment, no negotiation, withdrawal !


The hierarchy of norms

Foreigners may again ironize about french propensity for social conflicts and strikes. An explanation:

There are a multitude of reason (almost as much as articles, would be better to delete the whole project) to oppose the project Valls /El Khomri of reforming the french labour code. One of the most egregious, but seems to me one of the least discussed is the reversal of the hierarchy of norms: previously, collective (industrial branch) agreements had priorities on enterprise agreements and an enterprise  agreement could only offer more favourable conditions than those in the collective agreement; tomorrow if the El Khomri project goes through, a company agreement may impose less favourable conditions in terms of hours, wages or working conditions, if they are accepted by referendum.

It's pretty hopeless, but this primacy of the collective (industrial branch) agreements on individual agreements was a century-old Union fight, for a very simple reason: if it is possible to waive collective agreements, then that is an insane competition at the expense of employees that takes place; the company that has the  greatest difficulty in a sector, maybe because it is the most mismanaged, will impose on employees  reductions in wages or increase in working time quite easily by a blackmail to employment, and gradually the industry will be forced to align them. This is alignment on the less productive and less socially advanced enterprise of a branch ; a social and economical stupidity.

It is obvious how  this reversal of standards is dangerous, and especially in times of economic crisis and high unemployment. Extremely dangerous for employees, it is also bad for the overall economy, by creating a descending spiral. The idea of a referendum by enterprise is also a  liberal absurdity: by the very nature of a working contract, the employee is not free, but subrogated to its employer.

The circle of proletarian positivists : defending collective branch agreements

 Back to my favourite doctrine, Positivism. It is generally ignored but positivism has generated in France an active  labor movement, at the beginning of the 20th century, with figures like Auguste Keufer, (1851-1924), founder of the CGT of typograph  and first Treasurer of CGT Confédération Générale du Travail- the still leading french union)). Here is the position of the circle of proletarian positivists, of which he was the main animator when, between 1906 and 1908, was discussed the creation of the labour code and the ability to sign collective agreements of enterprises (now branch agreements): " the draft law on the employment contract filed July 2, 1906, on the bureau of the Chamber of Deputies is one of the most". important of this Parliament. It calls on the legislature to secure legally the definition, validity, effects and the legal evidence, formation and rupture of the individual contract between the employer and the employee, these last two terms embracing the first, all the patrons, and the second, all the employees. The project concerns workshop regulations, fines, notice period and finally the strike and lock out. It also proposes to give legal value to collective work  agreements to which moves modern industry willingly, under the pressure of unionized workers...
 
Examining the collective contract, or more accurately, the collective agreement on working conditions, the circle of proletarians positivists highlights its three main advantages for the good order of the economic society:

The collective agreement is the only mean to achieve a certain balance between the employer who provides work, and the employee who must work to ensure its existence and that of his family. It can widely moralize competition between employers ; this competition can no longer be exercised with so much intensity on wages and working conditions and thus, the best boss no longer has to suffer from the worst. The collective agreement finally, is especially effective in maintaining or restoring good relationship between employees and bosses.

 El Khomri bill : disorder and regression

Positivism is convinced that it is possible to determine laws of the social body, as there are physical and biological laws. Its best known slogan is "order and progress". A positivist should easily be able to recognize a measure that promotes the progress and social order from  its reverse. All positivist  knowledge leads to this: this El Khomri  bill  is not order and progress, but disorder and regression. In the interest of all, and also in respect for the memory of all those workers who, positivists or not, have struggled for the establishment of the labour law, this project must be fought by all unions and the only issue is :  withdrawal !
 

samedi 21 mai 2016

Loi El Khomri : Violence de la méthode gouvernementale

Changer de méthode ou changer de gouvernement

Commençons par là : les violences contre les policiers, qui les visent systématiquement, physiquement, dans le but  de blesser, voire de tuer et de créer les plus grands désordres sont insupportables et doivent être réprimées sans faiblesses ; inexcusables également, ces violences qui dévastent des centre villes, détruisent les biens de la communauté ou de particuliers. Le sang-froid, le professionnalisme, le dévouement de la police doivent être saluées, d’autant que les rares manquements sont recherchés et éventuellement sanctionnés ; le travail  des services d’ordre syndicaux doit être également salué, eux qui sont de plus en plus pris pour cibles par des minorités violentes et inexcusables.
Mais s’il est de la responsabilité politique de lutter contre la violence, en réprimant lorsqu’il faut en venir là,   il est encore davantage de sa responsabilité de ne pas créer volontairement cet engrenage de la violence. La gouvernance de Manuel Valls est ici clairement en cause, qui mélange autorité de l’Etat et violence politique.
Exemples : les manifestations contre le mariage pour tous. Quoi que l’on en pense sur le fond, un referendum aurait sans doute été le bienvenu pour trancher la question et apaiser les tensions – elle méritait incontestablement un débat,  débat qui n’a pas eu lieu. On a dit aux opposants : vous pouvez  dire ce que vous voulez, avancez tous les arguments, de toute façon, la loi sera votée parce que sommes majoritaires au Parlement. Et cette attitude arrogante et violente était voulue, il s’agissait de montrer, sur une réforme sociétale assez largement acceptée et qui n’aurait pas dû poser grands problèmes,  que cette majorité  était vraiment de gauche ??? !!! et que son chef avait des couilles, non d’un hidalgo !
Même cas de figure pour la loi El Khomri. Pour un projet aussi complexe, pour ne pas dire aussi mal fichu, une consultation approfondie des partenaires sociaux aurait été bien utile. Non, il fallait passer vote, en force ! Pas de débats dans la société, et, face à un parlement qui voulait faire son travail, pas de même de débats à l’Assemblée. Aux opposants, on dit : vous pouvez toujours débattre tant que vous voulez, le projet passera parce que nous sommes (de moins en moins !) majoritaires à l’Assemblée. Le gouvernement a évidemment joué le pourrissement des manifestations, et ce qui se passe est la récolte de ce qu’il a volontairement et indignement semé.
Brutalité, et imbécillité aussi, dans un autre domaine, lorsque le gouvernement a décidé, sans concertation, sans  consulter les socialistes locaux, d’imposer le retrait des listes socialistes dans les régions où le Front National était en tête. Brillante idée, qui fait que la gauche est totalement absente de deux régions françaises, PACA et Nord, regroupant plus de onze millions d’habitants, et le PS en capilotade dans deux régions où il fut naguère dominant (en abusant parfois, par trop de népotisme et de clientélisme), alors que Jean-Pierre Masseret, courageux et intelligent dans sa dissidence lorraine, menacé de poursuites par les apparatchiks du PS, démontrait que le pseudo danger FN était surestimé et sauvait les meubles. Et quand bien même, le FN aurait conquis une région, c’était le respect de la démocratie, et sans doute Marine Le Pen serait-elle aujourd’hui moins flamboyante ! Tandis que cette alliance des appareils politiques de gauche et de droite est le contraire de la démocratie et fait finalement le jeu du FN, trop heureux de dénoncer l’ex UMPS.
Oui vraiment, il faut changer de méthode ou il faut changer de gouvernement, et probablement les deux, sous peine de disparition totale d Parti Socialiste lors des prochaines échéances électorales.

Loi El Khomri ! Ni amendable, ni négociable, retrait !

Et revenons à la loi El Khomri ! J’ai déjà expliqué à quel point l’inversion de la hiérarchie des normes (accords d’entreprises primant sur les conventions collectives) constituait un recul social inouï et même une absurdité économique. Autre exemple : La Sécurité Sociale (l’Urssaf) poursuit Uber pour récupérer des cotisations sociales, considérant que les chauffeurs sont des travailleurs faussement indépendant, mais de vrais salariés (pour mention, une action assez similaire a été menée dans ce pays éminemment socialiste qu’est la Californie !). Or, un article 27 bis a été ajouté à la loi El Khomri sur les travailleurs utilisant une plate-forme numérique et qui précise que le code du travail ne leur est pas applicable- donc pas de cotisations sociales à verser pour l’employeur ! Et le gouvernement a le culot de faire valoir que la loi autorisera les chauffeurs d’Uber  constituer des syndicats ! Quelle réforme de gauche, autoriser des syndicats ! Sauf que certains chauffeurs n’en n’ont pas attendu l’autorisation et se sont déjà syndiqués. Ce gouvernement est violent, ce gouvernement se moque de nous, ce gouvernement se moque violemment de nous.
Autre absurdité, dans un sens inattendu : en 2014, la loi a imposé une durée minimale des contrats à temps partiel de 24 heures hebdomadaires-alors que dans le commerce de détail (les boutiques) des contrats à temps partiels plus faibles fonctionnaient parfaitement à la satisfaction des employeurs et des employés_ et cette nouvelle régulation a entrainé de nombreux licenciements dans cette branche !

Ni amendable, ni négociable, la loi El Khomri doit être retirée et remise à plat par les partenaires sociaux. Le gouvernement réussira peut-être dans sa stratégie du pourrissement des manifestations au risque certain d’une violence accrue. Mais la rage et le désespoir entraineront des conflits durs, paralysants et dommageables à l’économie dans les quelques bastions syndicaux qui restent. Le gouvernement aurait tort de penser qu’il gagnera facilement cette manche là. Et de toute façon, il le paierait ar une disparition du PS lors des prochaines élections. 

samedi 16 avril 2016

Loi El Khomri : Ni amendable, ni négociable, retrait !

Manif à Paris le 9 avril, et un grand succès, beaucoup de monde, malgré ce qu’en ont dit les media, une manif calme, déterminée, familiale, un peu gâchée à la fin par une très petite minorité de groupes violents et des incidents évidemment bien mis en avant par les chaines de télé. Un point est d’ailleurs particulièrement inquiétant : on voit très bien que le gouvernement et la presse du système en place cherchent à pousser les manifestant à la faute, laissant faire et mettant en avant des débordements pour discréditer des protestations justes qui ont le soutien de l’immense majorité des Français. En preuve cette question faussement innocente du Figaro : pensez-vous que les violences des manifestants vont discréditer le combat contre la loi El Khomri ?

L’inversion de la hiérarchie des normes : inacceptable  !

A part les syndicats, peu s’inquiètent d’un des aspects majeurs de la loi, qui est maintenu, celui de l’inversion de la hiérarchie des normes. Auparavant, les accords  collectifs prévalaient sur les accords d’entreprise et un accord d’entreprise ne pouvait offrir que des conditions plus favorables que celles de l’accord collectif ; demain si ce projet passe, par un référendum d’entreprise, un accord d’entreprise pourra imposer, en termes de salaires d’horaires ou conditions de travail, des conditions moins favorables si elles sont acceptées par in référendum d’entreprise. A signaler que des referendums pouvaient déjà revenir sur des dispositions en vigueur plus favorables que la convention collective.
C’est une rétrogradation sociale sans équivalent et scandaleuse, qui revient sur plus de cent ans de lutte syndicale. C’est aussi une absurdité économique qui récompense les plus mauvais patrons, en mettant en place une compétition insane au détriment des salariés qui se met en place ; l’entreprise la plus en difficulté d’un secteur, sans doute parce que la plus mal gérée, imposera à ses salariés des baisses de salaires ou augmentation de temps de travail assez facilement par un chantage à l’emploi,  et progressivement les entreprises du secteur seront contraintes à s’aligner sur elles.
On mesure facilement  quel point cette inversion des normes est dangereuses, et tout particulièrement en temps de crise économique et de chômage fort. Extrêmement dangereuse pour les salariés, elle l’est aussi néfaste pour l’ensemble de l’économie, en créant une spirale attirant l’ensemble d‘une branche vers des productions de faible valeur à faible coût, et de plus en plus de déqualification ; c’est une spirale infernale qui se met, en place, la compétitivité par les coûts et non par la qualité et l‘innovation, l’inverse de ce qu’il faut faire.
Comme le proclamait un des slogans les plus repris : Loi Khomri : Ni amendable, ni négociable, retrait !

Le démantèlement de la médecine du travail : inacceptable !

La loi  prévoit de mettre fin au dispositif actuel de visites médicales d’embauche et de visites bisannuelles, ainsi que de supprimer l’avis d’aptitude (ou d’inaptitude) au poste qui en débouchait. Désormais, le salarié aurait droit à une « visite d’information et de prévention effectuée après l’embauche » par un membre du service de santé au travail, même pas forcément médecin ! Puis, il ferait l’objet « d’un suivi individuel de [son] état de santé effectué par le médecin du travail » et par son équipe. Le rythme de ces rencontres de suivi n’est pas encore fixé, mais il pourrait être de cinq ou six ans !!!
Même la CFE-CGC a protesté contre ce texte. Bernard Salengro, président du syndicat des cadres CFE-CGC Santé au travail a déclaré que la loi El Khomry « va éloigner les salariés des médecins du travail. Ceux-ci ne pourront plus repérer les nouveaux maux tels que les risques psychosociaux, le burn-out, etc., ni proposer des solutions ou témoigner de ce qui se passe dans les entreprises ». Mais c’est sans doute ce qui est recherché, d’autant que le Sénat, qui en rajoute toujours dans la rétrogradation, a jugé inutile d’inscrire le burn-out dans les maladies professionnelles. Question supplémentaire : la médecine du travail démantelée, comment les dispositions sur le compte pénibilité ne seraient-elles pas une plaisanterie ?
De plus, l’’intersyndicale CGT, FO, Solidaires et SNPST estime que « sous prétexte de sécurité de tiers, le projet prévoit un avis d’aptitude sécuritaire, qui ne relève pas de la prévention en santé au travail, mais d’une médecine de sélection, étrangère à la médecine du travail ». Si une maladie risque de conduire le salarié à la perte de son emploi, « il la dissimulera au médecin du travail », prévient Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST), qui juge ce dispositif « monstrueux.

Merci donc à FO, à la CGT, à SUD et aux autres organisations qui ont organisé ces défilés, et aux nombreux délégués et syndiqués qui luttent maintenant depuis plus d’un mois.
 Une remarque : une affiche de la CGT : 4 millions d’adhérents en 1937, 2 millions en 1968 , 800.000 actuellement. Les salariés français ont besoin de syndicats forts. FO traditionnellement,  ne communique pas le nombre de ses adhérents (entre 300.000 et 500.000 ?). Il y eut autrefois des syndicats amis des yankees et d’autres amis des russkis, mais bon, il y a plus de vingt ans que le mur de Berlin est tombé, que l’Union soviétique a disparu ; alors il est peut être tant d’en finir, d’autant que les positions de FO et de la CGT sont souvent très proches
Face à une CFDT qui ne cesse de poursuivre une dérive incompréhensible, il serait peut-être temps d’offrir aux salariés français un syndicat puissant, capable de les défendre.





dimanche 13 mars 2016

Réforme du code du travail : non au projet El Khomri


La hiérarchie des normes
Il existe une multitude de raison (presque autant que d’articles, mieux vaudrait supprimer tout le projet) pour s’opposer au projet Valls El Khomri de réforme du code du travail. L’un des plus flagrants, mais aussi me semble-t-il l‘un des moins discutés est l’inversion de la hiérarchie des normes : auparavant, les accords  collectifs prévalaient sur les accords d’entreprise et un accord d’entreprise ne pouvait offrir que des conditions plus favorables que celles de l’accord collectif ; demain si ce projet passe, par un référendum d’entreprise, un accord d’entreprise pourra imposer, en termes de salaires d’horaires ou conditions de travail, des conditions moins favorables si elles sont acceptées par in référendum d’entreprise.

C’est assez désespérant, mais cette primauté des accords collectifs sur les accords individuels fut un combat syndical centenaire, pour une raison bien simple : s’il est possible de déroger aux accords collectifs, alors c’est une compétition insane au détriment des salariés qui se met en place ; l’entreprise la plus en difficulté d’un secteur, sans doute parce que la plus mal gérée, imposera à ses salariés des baisses de salaires ou augmentation de temps de travail assez facilement par un chantage à l’emploi,  et progressivement les entreprises du secteur seront contraintes à s’aligner sur elles.

On mesure facilement  quel point cette inversion des normes est dangereuses, et tout particulièrement en temps de crise économique et de chômage fort. Extrêmement dangereuse pour les salariés, elle l’est aussi néfaste pour l’ensemble de l’économie, en créant une spirale attirant l’ensemble d(‘une branche vers des productions de faible valeur à faible coût, et de plus en plus dé déqualification ; c’est une spirale infernale qui se met, en place, la compétitivité par les coûts et non par la qualité et l‘innovation, l’inverse de ce qu’il faut faire.

Le Cercle des Prolétaires Positivistes : vive les conventions collectives
J’en reviens à ma doctrine favorite, la Positivisme. On l’ignore généralement mais le Positivisme a généré en France un mouvement ouvrier non négligeable, au début du XXème siècle, avec des figures comme Auguste Keufer, (1851-1924), fondateur de la CGT du livre t et premier trésorier de la CGT. Voici donc la position du Cercle des Prolétaires Positivistes, dont il fut le principal animateur lorsque, entre 1906 et 1908, fut discuté la création du code du travail et la possibilité de signer des accords collectifs d’entreprises (aujourd’hui accords de branche ) : « Le projet de loi sur le contrat de travail déposé le 2 juillet 1906 sur le bureau de la Chambre des députés est l’un des plus ,importants de la présente législature. Il invite le législateur à fixer légalement la définition, la validité, les effets et les preuves juridiques, la formation et la rupture du contrat individuel qui lie l’employeur et l’employé, ces deux derniers termes embrassant le premier, tous les patrons, et le second, tous les salariés. Le projet porte inévitablement sur les règlements d’atelier, les amendes, le délai-congé et enfin sur la grève et  lock out. Il se propose en outre de donner une valeur légale et juridique au contrat collectif de travail vers lequel s’achemine l’industrie moderne, bon gré, mal gré sous la pression des travailleurs syndiqués

Examinant le contrat collectif, ou plus exactement la convention collective relative aux conditions de travail, le Cercle des Prolétaires Positivistes met en lumière ses trois principaux avantages pour le bon ordre de la société économique.

Le contrat collectif est seul propre à établir un certain équilibre entre l‘employeur qui fournit le travail, et l’employé qui  doit travailler pour assurer son existence et celle des siens. Il peut largement moraliser la concurrence entre employeurs, en c sens que, grâce à lui, cette concurrence ne peut plus s’exercer avec autant d’intensité sur la salaire et sur l’ensemble des conditions de travail, et qu’ainsi, le meilleur patron n’a plus à pâtir du plus mauvais. Le contrat collectif enfin, les faits le prouvent, est surtout propre à maintenir ou à rétablir l’accord entre employés et patrons.

Projet de Loi El Khomri : désordre et régression

Le Positivisme a la conviction qu’il est possible de déterminer des lois de l’organisme social, comme il y a des lois physiques et biologiques. Son slogan le plus connu est « Ordre et Progrès ». Un Positiviste sait  reconnaître une mesure qui favorise le progrès et l’ordre social de son inverse, il dispose de lois pour cela. Or, toute la connaissance positive et historique de l’ordre social ne peut aboutir qu’à ceci : ce projet de loi, ce n’est pas ordre et progrès, mais désordre et régression. Dans l’intérêt de tous, et aussi pour le respect de la mémoire de tous ceux les travailleurs qui, positivistes on non, ont lutté pour l’établissement du droit du travail, ce projet doit être combattu aux côtés de tous les syndicats qui exigent son retrait.