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mardi 30 janvier 2024

Le premier parc éolien flottant au monde, Hywind Scotland, sera fermé quatre mois pour « maintenance lourde." et non programmée

 Les opérations du parc éolien offshore flottant Hywind Scotland d’Equinor, (30 MW, 5 turbines) seront interrompues jusqu’à quatre mois cette année pour effectuer une « maintenance lourde » des turbines comportant un remorquage jusqu’au port de Wergeland en Norvège ! Un entretien non prévu au départ.

La nécessité d’un entretien lourd est devenue évidente grâce à « une surveillance et des inspections ordinaires, en étroite collaboration avec le fabricant ». Les travaux impliqueront le changement de certains composants des turbines, ainsi qu’un entretien plus courant. « Ce que nous constatons à partir des données opérationnelles, c’est qu’il y a un besoin de maintenance lourde sur les turbines »

Siemens Gamesa a été invité à fournir des éclaircissements sur la nature des problèmes sur les turbines de Hywind Scotland, mais un porte-parole a déclaré que la société ne commenterait pas sur les informations fournies par Equinor. Mais il est évident que les problèmes rencontrés par Siemens ne se limitent pas à l’éolien terrestre, comme on l’entend parfois.

Ce remorquage de toutes les turbines jusqu’à terre pour maintenance après sept ans d’exploitation n’était absolument pas prévu au départ. « Les coûts d’une campagne de maintenance non planifiée sur plusieurs unités offshore seront invariablement considérables, en plus de la perte substantielle de revenus résultant des temps d’arrêt des turbines. ». Il s’agit de la première opération de ce type pour une ferme flottante et la méthode la plus sûre pour le faire est de remorquer les turbines jusqu’à la côte et d’exécuter les opérations dans des conditions abritées », a déclaré un porte-parole d’Equino

Michael Bullock, directeur de la société de conseil Renewable Risk Advisers considère que les problèmes qui semblent surgir sur Hywind Scotland sont au cœur des défis auxquels est confronté le secteur flottant et qu’ils risquent de s’aggraver : «  Les défauts de fabrication en série se produisent dans le secteur de l’éolien offshore comme ailleurs, même avec la diligence raisonnable et la certification appropriées en place (mais) le risque est potentiellement aggravé par la fréquence de nouvelles conceptions d’éoliennes plus grandes avec des charges et des taux de fatigue différents, et d’autres caractéristiques »

Au surplus, les assureurs ne prennent pas en compte les défauts de fabrications en série (qui restent donc à la charge des fabricants et/ou exploitants…). Ceux-ci ont d’ailleurs averti qu’il refuseraient éventuellement d’ assurer les dernière générations de turbines offshore, particulièrement celles destinées à l’éolien flottant  : « L’augmentation de taille des éoliennes offshore crée des risques de marché insoutenables » (GCube).

Nous n’avons cessé de le répéter : l’éolien offshore flottant n’est pas une technologie mature ! ( voir notre section

Situé dans une région particulièrement ventée d’Ecosse, Hywind Scotland à 29 kilomètres  au large de Peterhead comprend cinq turbines à entraînement direct Siemens de 6 MW sur  des monopieux flottants Hywind . Premier parc flottant en exploitation commerciale, il est le modèle tant vanté (et venté) de l’éolien offshore  avec au cours de ses 5 premières années d’exploitation, un facteur de capacité moyen de 54 %, et ayant survécu à l’ouragan Ophelia, puis à la tempête Caroline avec des rafales de vent à 160 km/h (99 mph) et des vagues de 8,2 mètres. Le modèle semble en fait avoir quelques problèmes..

Le premier parc éolien flottant au monde, Hywind Scotland, risque d'être fermé pour « maintenance lourde"https://www.rechargenews.com/wind/worlds-first-floating-wind-farm-hywind-scotland-faces-shutdown-for-heavy-maintenance/2-1-1582273

Eric Sartori
PIEBÎEM
https://piebiem.webnode.fr/piebiem/ 





jeudi 8 juin 2023

Eoliennes en mer : une rentabilité très très compromise …

 Etude The toxic wings : Damage and casualty of wind turbine blades, “THE TURBINE GROUP”  mai 2023

https://docs.wind-watch.org/Toxic-wings-Damage-and-casualty-of-wind-turbine-blades_English_090523.pdf

 

https://ventdebout59.fr/wp-content/uploads/2023/05/The-toxic-wings-Damage-and-casualty-of-wind-turbine-blades-_First-English-edition_070523.pdf

 

Une meta revue très utile sur un sujet sur lequel il existe très peu de données

Extraits généraux

Nous avions espéré pouvoir contribuer avec des connaissances et des chiffres solides, mais nous avons dû constater qu’il n’existe pas de connaissances fiables et valides utilisables pour la prévision de l’impact des programmes éoliens sur l’environnement et la santé

L’ensemble du monde occidental a adopté des objectifs de développement gigantesques avec une technologie éolienne non éprouvée, et cela sans disposer d’aucune base scientifique pour estimer l’ampleur globale des conséquences dans les domaines de la santé, de la sécurité et de l’environnement. C’est presque incroyable, et nous ne connaissons aucune autre industrie qui ait jamais été autorisée à de telles conditions de « Far West »..

L’industrie éolienne « garantit la confidentialité » des incidents signalés. Aucune autre industrie de l’énergie ne travaille avec un tel secret en ce qui concerne ses incidents. L’industrie éolienne bénéficie d’un traitement privilégié sans raisons et plus tôt Renewable UK mettra sa base de données à la disposition des experts et du public, mieux ce sera..

Selon notre opinion, la recherche sur les éoliennes ne peut pas suivre le rythme du développement des éoliennes. Cela signifie que nos décideurs et de notre administration ne dispose pas d’une base de connaissances pertinente en termes d’évaluations et de décisions concernant l’avenir de l’industrie éolienne et les conséquences qu’elle pourrait avoir.

Erik Solheim, Ancien Ministre du Climat et de l'Environnement de la Norvège, universitaire, 50 ans d’expérience dans le développement énergétique norvégien :  « Les réalités physiques de base sont complètement ignorées  dans cette course folle à  l’investissement dans l’énergie éolienne dans notre pays et dans plusieurs autres. Les conséquences écologiques ne sont jamais prises en compte. Après 50 ans d’expérience dans le développement énergétique, je n’ai jamais vu pire ! Un vrai western

 Extraits concernant plus spécifiquement l’éolien en mer

Les éoliennes offshore flottantes, qui représentent la prochaine étape sur le marché de l’énergie éolienne, sont de nouveaux concepts avec un nombre d’installations limitées. Les données sur les défaillances, les risques, la fiabilité, la disponibilité et la maintenance de ces équipements sont limitées ou indisponibles.

Li et. Al (2022) s’est risqué  à prédire un taux de défaillance des éoliennes offshore flottantes de 28,6% plus élevé que celui des éoliennes terrestres, soit 8,37 défaillances par an avec un temps moyen de fonctionnement sans défaillance de 1046 heures.,. Mais il s’agit d’une évaluation incertaine et faiblement documentée. Le taux de défaillance moyen d’une éolienne offshore se stabilise à environ 10 défaillances par éolienne par an au cours de la troisième année d’exploitation d’un parc éolien. Avec ~80% de réparations mineures, ~17,5% de réparations majeures et ~2,5% de remplacements majeurs (Carroll et collègues (2016)

La recherche montre que les dépenses d’entretien, d’exploitation et de réparations planifiées augmentent à la fois sur les turbines terrestres et surtout sur les turbines marines. Si les coûts d’investissement réels par MW au Royaume-Uni augmentent depuis 15 ans, il n’y a aucune raison de croire que la tendance changera brusquement.

Il est plausible de supposer que les coûts d’investissement et d’exploitation augmenteront d’au moins 20% et probablement de plus de 50% au-dessus des coûts déjà élevés que nous observons dans les comptes audités ». Les éoliennes offshore posées, supérieures à 2 MW, présentent statistiquement 40 % de défauts avant deux ans d’exploitation, et 80 % après 10 ans.

Données danoises : dégradation rapide et durée de vie sous-estimées des éoliennes en mer

Gordon Hughes (Edindburg Univ.) est peut-être la personne qui a le plus étudié les coûts et les temps d’arrêt des éoliennes au monde. Dans une étude portant sur 6 400 éoliennes danoises, il a constaté que 80% des grandes éoliennes offshore seront hors service d’ici 7 ans.

Hughes constate que les arrêts opérationnels inattendus augmentent les coûts d’exploitation (OPEX = coûts d’exploitation). Il constate que les éoliennes subissent une perte d’effet annuelle. Pour les éoliennes danoises,  la capacité de production annuelle diminue d’environ 3 % par an pour les turbines terrestres et de 4,5 % par an pour les turbines marines.

Ceci entraine une perte de 10 points de pourcentage de capacité de production pour les turbines terrestres et 20 points pour les turbines offshore sur une période de 12 ans.  « Si le prix du marché de l’électricité ne devient pas plus élevé financièrement qu’aujourd’hui, il ne sera pas rentable de maintenir les turbines après 12 à 15 ans. Ces résultats invalident radicalement les calculs d’investissement effectués sur des durée de vie de 25 à 30 ans.

NB données sur les éoliennes existantes, donc encore relativement de petites tailles par rapport aux éoliennes qui devraient entrer en service. Cependant si les chiffrs du Pr. Hughes sont transférables aux  gigantesques éoliennes de 10 à 15 MW qui sont destinées à être déployées en mer du Nord et en mer de Norvège dans quelques années, cela signifie un désastre financier imminent pour tous les investisseurs et ceux qui doivent couvrir les pertes. En réalité, comme d’habitude, la facture sera envoyée aux consommateurs.


Données Suédoises : des chiffres dissimulés mais qui affectent les résultats des exploitants éoliens (Jan Blogren, Uppsala Univ.) 

Les risques de défaillance d’exploitation et d’entretien continuent d’être un sujet de forte préocupation pour les fabricants d’éoliennes. Réparations et remplacements sont devenus des passifs majeurs, ce qui a une incidence sur les revenus..

S’exprimant lors de ses résultats trimestriels, Henrik Andersen, PDG de Vestas, a clairement indiqué que les provisions de garantie étaient trop élevées pour être durables. Vestas n’avait affecté que 2 à 3% aux réparations et à l’entretien, mais l’année dernière, ce chiffre a dépassé les 4%. Les compagnies d’assurance cherchent à obtenir des primes plus élevées, les éoliennes vache à lait c’est une période terminée »

Il y a un grand écart entre les chiffres de l’industrie éolienne et les chiffres réels. L’astuce consiste à construire la salle d’opération et de contrôle à l’extérieur de la zone industrielle. Ensuite, la centrale évite l’obligation de déclarer les incidents d’exploitation  : lorsque personne n’est présent sur le site, il n’y a pas obligation de signaler les accidents aux autorités responsables de la sécurité au travail ; aucune enquête n’est effectuée, l’exploitant éolien est en charge de son propre contrôle

« La cause la plus importante des dommages d’usure est le développement de contraintes importantes dues à des fluctations intenses du vent,  en particulier dans le cas d’installations de parcs éoliens dans des zones de vent fort et turbulent. Afin d’éviter des contraintes inutiles et néfastes, en particlier sur les pales, il est important d’avoir une distance suffisante entre les éoliennes. « L’effet de sillage  constitue également une autre source de d’usure due aux charges mécaniques instables imposées par l’écoulement turbulent du vent et l’effet de cisaillement. Pour en diminuer les effets,  les éoliennes devraient être placées correctement, avec des distances adéquates entre elles, en tenant compte également de la direction du vent dominant, de manière à assurer une efficacité maximale et un impact minimal sur la couche limite atmosphérique normale. Une distance trop faible augmente le risque  de bris d’une, voire de plusieurs pales et de défaillance complète de toute l’éolienne.

Les avertissements des assureurs : les grandes éoliennes off shore seront-elles assurables  ?

GCube Assurance, l’un des principaux assureurs des exploitations éoliennnes a émis en 2023 une série d’avertissements;

L’augmentation de taille des éoliennes offshore crée des « risques de marché insoutenables » alors que les assureurs sont déjà aux prises avec une multiplication par sept des mise hors d’état des éoliennes offshore depuis 2012

Le nouveau rapport de GCube intitulé Vertical Limit: When is bigger not better in offshore wind’s race to scale?”,résulte de la compilation  de dix années de données sur les sinistres des exploitations éoliennes  et s’appuie sur des preuves provenant d’experts du secteur éolien offshore pour montrer comment le paysage des risques de l’éolien offshore a considérablement changé, alors que les fabricants s’efforcent de développer des machines plus grandes, plus rapidement.

Au cours des cinq dernières années, la course aux turbines à grande échelle a vu le passage de turbines de 8 MW à 18 MW en une fraction du temps nécessaire pour passer de 3 MW à 8 MW. Bien qu’il s’agisse d’une réalisation technologique fantastique, une telle commercialisation rapide de technologies « prototypiques » entraîne maintenant un nombre inquiétant de pertes et, par conséquent, exerce une pression financière sur les fabricants, la chaîne d’approvisionnement et le marché de l’assurance, selon GCube.

Parmi les conclusions marquantes du rapport, les rédacteurs soulignent le  fait que 55 % de toutes les réclamations proviennent de défaillances de composants concernant des machines de plus de 8 MW, lesquelles  représentent maintenant une plus grande part des valeurs assurées totales (VTI).

Ceci, combiné à une augmentation des pertes éoliennes offshore moyennes passant de 1 million de livres sterling en 2012 à plus de 7 millions de livres sterling en 2021, crée un risque financier insoutenable, au moment même où l’éolien est de plus en plus sollicité pour la transition énergétique.

Une autre conclusion majeure est que les machines de plus de 8 MW engendrent davantage  de réclamations en assurance pendant leur construction, et  souffrent de défaillances de composants au cours des deux premières années d’exploitation, selon GCube contre 5 ans pour les turbines de 4 à 8 MW. Ceci provient  très probablement  de la difficulté de manier des composants de plus en plus imposants, qui  deviennent aussi plus compliquées à stocker du fait de leurs dimensions, ce qui réduit la disponibilité de pièces de rechange.

Le rapport souligne le besoin urgent de surveiller et augmenter la qualité et la fiabilité de la fabrication - une recommandation clé. Le risque de défaillance technique s’ajoute à la complexité de la chaîne d’approvisionnement globale et au marché tendu des services maritime qui constutyuent des goulots d’étranglements  importants  dans la construction de projets offshore,” Ainsi, seulement trois navires dans le monde sont capables d’installer les dernières turbines de 15 MW et ils sont réservées des années à l’avance pour des tarifs pouvant atteindre les 2 M$ par jour »,

La situation est de nature à créer des problèmes pour le marché de l’assurance, qui fonctionne jusqu’à présent avec des primes peu élevées et des clauses très génériques.

Le coup de semonce intervient à un moment où le marché de l’assurance pour les énergies renouvelables continue de se durcir après une série de pertes coûteuses dues aux assurances contre les catastrophes naturelles  et à des problèmes de chaîne d’approvisionnement. Le rapport souligne également d’autres sources importantes de pertes, telles que les défaillances de câbles. 

 Fraser McLachlan, CEO, GCube Insurance : “La pression pour développer rapidement des machines de plus en plus  puissantes exerce une pression sur les fabricants, la chaîne d’approvisionnement et le marché de l’assurance.

«L’augmentation de taille est un élément essentiel pour faire avancer la transition énergétique, mais elle crée maintenant des risques financiers croissants qui constituent une menace fondamentale pour le secteur. Nous conseillons aux fabricants de se concentrer sur l’amélioration de la qualité et de la fiabilité d’un nombre réduit de produits pour se remettre sur la voie d’un développement durable. »

McLachlan a également appelé les développeurs de parc éolien off shore à soutenir les fabricants « en partageant plus équitablement le risque des machines plus grandes et en soutenant les entreprises de la chaîne d’approvisionnement ».

«“Les développeurs devraient investir dans les chaînes d’approvisionnement au profit de l’ensemble du secteur »,

Conclusion: Un nombre sans précédent de pannes mécaniques, de défaillances de composants et de défauts de série nuisent aux bénéfices des fabricants, et exercent une pression sur la chaîne d’approvisionnement pour suivre le rythme et entraînant des retards croissants dans les projets.

Les assureurs reconsidèrent maintenant les risques liés à la souscription d’éoliennes offshore plus grandes et plus récentes.

Nous devons prendre conscience de la réalité de ces défis. En raison des taux d’échec croissants, associés aux défis persistants de la chaîne d’approvisionnement, la participation au marché de l’éolien offshore est devenue une activité risquée, non seulement pour les assureurs, mais aussi pour les fabricants, les développeurs et les fournisseurs, certains étant désormais confrontés à un risque important pour leur survie. Avec autant d’enjeux, nous devons nous demander :  les éoliennes offshore sont-elles devenues trop grandes et trop puissantes ?

La ligne bleu représente le nombre des réclamations, la verte le nombre de paiements que les assureurs ont dû émettre. – Source GCube


mercredi 28 novembre 2018

Baisser le nucléaire : non tout le monde n‘est pas d’accord !


La production d’électricité ne va pas baisser !

Tiens, un calcul intéressant de l’Ademe ! L’ADEME estimait effectivement en 2014 qu’1 Mo envoyé (bon d’accord, c’est un assez gros message, mais enfin pas irréaliste) correspondait à 15 grammes de CO2 ! Imaginons que vous envoyiez 30 mails par jour à différents destinataires pendant un an, cela correspond à presque 330 kg de CO2, soit plusieurs milliers de km d’essence utilisés en voiture ! Ou bien encore, pour une entreprise de 100 personnes envoyant en moyenne 33 e-mails par jour, 220 jours par an, cela représente 13,6 tonnes eqCO2, soit 13 A/R en avion entre Paris et New York ! Une autre façon de se représenter l’ampleur du problème : Lorsque l'on envoie un e-mail avec une pièce jointe qui pèse environ 1 Mo, cela correspond à la consommation électrique d'une ampoule de 60 Watts pendant 25 minutes !

Et le CO2 n’est pas la seule émission causée par l’envoi d’e-mails. Traduit en données, 1 Mo en pièce jointe dans un e-mail est l’équivalent de 7,5 grammes de fer. Cela est dû aux serveurs des data centers qui requièrent des métaux et des ressources importants pour être fabriqués et entretenus. Enfin, il faut également parler des spams, ces mails intempestifs que l’on reçoit par centaines. Dans le monde entier, les spams utiliseraient autant d’énergie plus de 2 millions de foyers américains annuellement !

L’intérêt de cette étude est de rappeler au grand public que les e-mails, les recherches sur le web et le stockage de documents numériques n’ont rien d’immatériel. L’envoi et la réception d’un e-mail ou la recherche sur le web nécessitent en effet une lourde infrastructure technique : data centers, l’internet, et les équipements des utilisateurs finaux.

Et il n’y a pas que les emails, les recherches internet aussi consomment de l’énergie. Toujours selon l’Ademe, à l’échelle des 29 millions d’internautes français qui effectuent en moyenne 949 recherches par an, les émissions de gaz à effet de serre (GES) induites représenteraient 287 600 tonnes d’équivalent CO2 ! (soit environ 250.000 aller retours Paris New-York en avion !)

Et aussi, et encore plus, le développement du cloud, du « big data », qui vont multiplier les consultations à distances et les échanges de fichiers volumineux. Sans parler des techniques de validation en blockchain, qui sont à la base des divers bitcoin. L’utilisation pour l’instant folklorique (ou délictueuse et risquée) des bitcoins a déjà des conséquences faramineuses : sur les quelque 17 millions de bitcoins en circulation dans le monde, une bonne partie est « made in Islande ».  L’Islande offre des conditions uniques au monde pour la production de cryptomonnaies, en raison de son énergie géothermique bon marché et 100 % renouvelable. Le kWh hors taxes (0,065 euro) y est en moyenne deux fois moins cher que dans l’Union européenne (0,114 euro), selon les données d’Eurostat pour 2016,  Mais l’implantation de fermes de minage dans le paysage islandais a un véritable impact environnemental. Selon le fournisseur d’énergie islandais HS Orka, les data centers islandais spécialisés dans le minage devraient consommer 840 gigawatts/heure en 2018 soit  plus que toute l’électricité consommée par les 330.000 habitants de l’île pour leurs besoins domestiques (700 gigawatts/heure) ! Et hors de cette utilisation très particulière, la technologie des blockchain devraient se développer pour le stockage et la transmission d'informations très sécurisées !

Bon aller : d’autres chiffres ; en 1 heure, 8 à 10 milliards de mails échangés (hors spam), 180 millions de recherches Google.  50 milliards d’objets connectés (Prévision 2020), 15 000 km distance moyenne parcourue par une donnée numérique (mail, téléchargement, vidéo, requête web)…
Et si on ajoute à ça l’électrification des transports et probablement aussi en partie du chauffage, vous croyez vraiment que la consommation d’électricité va diminuer ? Non évidemment, elle va exploser ! Vous croyez que les éoliennes et le solaire vont nous en fournir près de la moitié ? En tous temps ?

N’importe quel idiot, sauf les écolos les plus butés et vivant très bien de l’écologie tels Pascal Canfin, sait bien que non ! Vous croyez qu’il est raisonnable de diminuer la production nucléaire ? N’importe quel idiot, sauf les écolos les plus butés et vivant très bien de l’écologie tels Pascal Canfin, sait bien que non ! Et même pour arriver à 50% de nucléaire ( ce qui est inenvisageable pour la sécurité d’approvisionnement, qui soit dit en passant, deviendra de plus en plus critique),  l’explosion de la demande d’électricité exigera la construction de réacteurs de nouvelle génération. Et beaucoup !

Une leçon taiwanaise : les Taïwanais se prononcent par référendum pour l'énergie nucléaire (24 novembre 2018).

 L'île chinoise de Taïwan forme un état séparé du régime de Pékin de 23 millions d'habitants, disposant d'une économie dynamique et moderne. Son premier partenaire commercial est la Chine.

La nouvelle présidente , Tsai Ing-wen élue en 2017, avait dans son programme la sortie du nucléaire pour 2025 et le développement des énergies renouvelables (solaire et éolien). Le nucléaire, en 2017, avait fourni 14% de l'électricité. Un réacteur , terminé depuis 2014 n'a pas encore démarré. Au début du mois d'août 2018, trois des six réacteurs en service étaient à l'arrêt pour maintenance. Le 11 août, une délégation patronale s'est rendue chez Mme Tsai pour lui faire part de son inquiétude quant à la stabilité du réseau électrique. Elle demanda le redémarrage de certains réacteurs. Refusé !  Un communiqué de la présidence indiqua que tout était en ordre de marche ; l'instabilité provenait d'un réseau trop centralisé et qu’il fallait continuer à investir dans les renouvelables.

Le 15 août, une  panne géante affecta la partie nord de l'île et toucha, durant plusieurs heures sept millions de foyers, soit un tiers de la population Taïwanaise !  Entre autres,le métro de la capitale fut plongé dans le noir. On imagine les répercussions dans un pays moderne, feux de signalisation, informatique, ascenseurs etc...

Le ministre de l'économie démissionna, mais le traumatisme fut profond. Des questions se posèrent quant à l'existence d'un réseau électrique solide indispensable à l'économie et à la défense nationale.
Un mouvement pro-nucléaire puissant se forma, qui, à travers maintes embûches juridiques, obtint finalement la tenue d'un référendum d'initiative populaire afin d'interdire la sortie du nucléaire.

Celui-ci a eu lieu  le 24 novembre. La sortie du nucléaire a été rejetée par 59% des électeurs contre 41% d'avis opposés. La participation et le nombre de votants pro-nucléaires sont conformes à la Constitution locale et rendent le verdict valable juridiquement.

Le gouvernement, après le vote, persiste dans son refus du nucléaire. Les élections locales avaient lieu le même jour et le parti au pouvoir a subi une lourde défaite. Mme Tsai, à la suite des élections locales a annoncé sa démission de la direction de son parti.

Tiens, un avertissement ? Demain, les gilets jaunes de l’électricité !

(Merci à M. Lionel Taccoen et à sa très précieuse Lettre Géopolitique de l'Electricité !)



samedi 13 janvier 2018

Electricité : vers le grand noir- Le contre exemple australien

Australie-la foudre s'abat sur les énergies renouvelables

C’est ce titre assez drôle qu’ont utilisé nombre de journaux pour relater des événements qui ne le sont pas du tout, des pannes gravissimes à répétition qui ont provoqué un effondrement du réseau en Australie du Sud. Pas une fois, pas deux fois, trois fois !
L'Australie du Sud (capitale Adélaïde,1,6 million d'habitants) a connu un premier  black-out général le 1er novembre 2015, suite à une panne de vent.  Le 30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne ; suite à un violent orage, la totalité des habitants d'Australie-Méridionale ont été privés d'électricité pendant plusieurs heures. Une nouvelle panne de vent a frappé l'Australie du Sud le premier décembre 2017 vers 22H et  200,000 foyers ont vu leur fourniture électrique coupée. Outre les dangers que cela représente, le coût de ces pannes est gigantesque ; ainsi, lors d’un incident en octobre 2016, les consommateurs d'électricité d'Australie du Sud ont été assommés par un surcoût de 4,5 millions de dollars pour une seule journée, pour stabiliser le réseau.

Pourquoi ? L'Australie du Sud est un des champions mondiaux des énergies renouvelables. Cet état dépend pour 45% de l'éolien, dont la production dispose d'une priorité et est subventionnée. Le reste de la production était assuré par des centrales classiques (charbon, fuel, gaz). Comme elles ne fonctionnent plus assez, elles ne sont plus rentables et ferment. Malheureusement, il semble difficile d'assurer la stabilité du système électrique avec des sources dont la production n'est pas contrôlable et au stade de plus de 40% d’énergie renouvelable, c’est mission impossible. Comme le montrent ces effondrements à répétition, L'Australie du Sud traverse une crise aiguë de stabilité de son réseau électrique. L’éolien, au moins jusqu'ici, n'est pas en mesure d'assurer la stabilisation d'un réseau électrique en fréquence. La disparition des producteurs conventionnels s'est donc traduit par des instabilités qui ont conduit le régulateur du réseau à des délestages de grande ampleur et à des frais ahurissants de stabilisation.

Plus de 30% d’énergie renouvelables (non pilotables), c’est l’effondrement du réseau

Le bilan de ces énergies renouvelables à plus de 40% pour la fourniture d’électricité :
-  des régions entières plongées dans le noir à plusieurs reprises.  La stabilisation du réseau électrique est devenue un cauchemar.
- Le prix de l'électricité facturé aux particuliers a quadruplé et les consommateurs pauvres ne peuvent plus payer leurs factures. Les consommateurs d’énergie d'Australie du Sud avaient la dette moyenne d’électricité la plus élevée du pays. Ils étaient plus susceptible qu'ailleurs en Australie d’être sur un programme d'aide aux nécessiteux et plus susceptible d’avoir leur électricité coupée pour cause de non paiement.
- Les emplois verts ne sont pas au rendez-vous. Le nombre d’Australiens du Sud employées dans le secteur des énergies renouvelables a chuté ces dernières années. Le secteur de l'énergie solaire est le principal contributeur à cette baisse, après un pic à 2010 personnes employées en 2011-12 puis une chute à 470 l'an dernier. Les emplois créés le sont principalement en Chine, ou baissent lorsque les subventions diminuent.
Résultat des courses : une réaction du gouvernement face à l’opinion publique qui s’indigne : « c'est un problème auquel nous sommes confrontés : la sécurité énergétique. C'est bien de débattre d'un avenir à faible émission de carbone et nous y sommes tous favorables, mais la priorité du gouvernement doit être que la lumière reste allumée. »
Donc, l’Australie a relancé ses centrales à charbon, pour pouvoir équilibrer son réseau !!!!! et tant pis pour le climat. Ou les énergies renouvelables, ou le climat, il faut choisir !

Selon des données EDF, le grand grand maximum d’énergies renouvelables non pilotables que peut supporter un réseau tout en gardant une chance raisonnable de ne pas s’effondrer, c’est 30%. C’est dire qu’avec 70 % de nucléaire pilotable quasi instantanément, la France bénéficie d’un avantage compétitif immense et qui permet d’atteindre les objectifs de protection du climat.
C’est dire aussi à quelle point la pseudo loi de transition énergétique qui veut faire descendre le nucléaire à 50% est stupide, dangereuse, économiquement suicidaire, et qu’elle va à l’encontre des objectifs qu’elle proclame en terme notamment de protection du climat.

A quand enfin une politique énergétique rationnelle, qui tienne compte des expériences étrangères catastrophiques , la libéralisation du marché de l’électricité en Californie, les énergies renouvelables en Australie ( effondrement du réseau) et en Allemagne ( relance du charbon)

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