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jeudi 2 juin 2022

Eoliennes en mer- Nouvelle Aquitaine (Oléron); Compte-rendu du débat organisé par la CNDP

 Projet de construction d’un parc éolien posé au large de l’île d’Oléron de 500 mégawatts à 1 GW, soit environ 70 éoliennes de 260 mètres sur une superficie de 120 km2.

La CNDP nous a gâté :  trois rapports : les Constatations de la Présidente de la CNDP ,  le Compte-rendu de la Commission particulière du débat public, Rapport aux maîtres d’ouvrage :

1) « Est-il pensable pour les publics de consentir à un tel projet dans un tel milieu ? » 

« Les alluvions continentales que déverse la Gironde forment dans l’Océan un panache que les courants diffusent vers le nord, alimentant une mosaïque de biotopes dûment reconnus, inventoriés et protégés. Ce milieu décide en quelque sorte de la ressource halieutique, des opportunités touristiques. Cette exceptionnelle richesse biologique a donné naissance à plusieurs aires marines protégées qui, en raison de leur justification scientifique, sont sacralisés dans l’esprit des îliens.

C’est dans ce milieu de vie écologique, économique et social que l’État, dans le cadre de la politique énergétique nationale et européenne, dessine une zone dite préférentielle pour y installer un parc éolien, voire deux, et la met en débat afin d’affiner la localisation de cet équipement de nature industrielle. Ainsi serré, dès son exposition, le noeud du débat public : est-il simplement pensable pour les publics de consentir à un tel projet dans un tel milieu ? » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)

« Les publics n’ont, ni compris, ni admis que la maîtrise d’ouvrage puisse seulement oser proposer une localisation dans un espace dont la richesse et la fragilité sont reconnues par sa classification en Zone Natura 2000 » (Constatations de la Présidente de la CNDP)



2) Une concertation « peu propice à créer les conditions de confiance » très suspecte de manipulation et à l’issue évidente 

« Une difficulté fut le contenu de la saisine portant sur un projet qui pouvait aller de 500 MW à 2 GW, donc potentiellement et caricaturalement de 35 éoliennes sur 60 km2 à 140 éoliennes sur 240 km2, alors que la zone d’étude proposée par l’État n’était que de 300 km2. Même si cette zone d’étude s’inscrivait dans une zone potentielle d’implantation beaucoup plus large, les publics ont pu comprendre, à tort ou à raison, que l’État avait déjà choisi la zone.

De fait, cette imprécision sur l’ampleur du projet, la restriction de la zone privilégiée par l’État et plus encore la proposition initiale d’une zone entièrement classée parl’État « Natura 2000 », c’est-à-dire stratégique pour la biodiversité, étaient peu propices à créer les conditions de confiance dans les responsables du projet »

« Comme pour le débat public en Méditerranée, et dans une moindre mesure en Normandie, la transparence des intentions de l’État est questionnée : « quel est le coup d’après ? ». Cette demande de visibilité, à 20 ou 30 ans, des projets de parcs éoliens par espace maritime est commune à tous les débats publics récents. Cette demande est exacerbée par l’annonce du Gouvernement d’un objectif de 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050 »

« Ce projet semble avoir hérité du cumul des erreurs passées. Comme en Sud Bretagne, la concertation préalable de l’État avec les acteur.rice.s locaux pour identifier une zone préférentielle a conduit le public à s’interroger sur l’utilité du débat public. La taille très limitée de la zone préférentielle au regard de l’ampleur des projets potentiels annoncés, son positionnement au sein d’une aire marine protégée, la faiblesse des études environnementales disponibles, la confusion quant au nombre de parcs éoliens envisagés et finalement l’absence de consensus entre acteur.rice.s autour de la zone initiale, ont abouti à une opposition des personnes qui se sont exprimées telle que la commission particulière ne considère pas faisable le projet envisagé dans la zone initiale » (Constatations de la Présidente de la CNDP)

« Les publics ont lu la saisine comme un imbroglio. En effet, celle-ci fait état d’une zone de 120 km2 issue des concertations de 2015 et 2017, elle-même située dans une zone d’étude spécifique à ce projet de 300 km2 qui est une partie de la zone potentielle d’installation de parcs éoliens définie par le Document stratégique de façade (DSF). La question soumise au débat consiste à demander aux publics de localiser plus précisément un parc éolien dont la puissance installée peut elle-même varier de 500 à 1 000 MW, autrement dit de « poser un confetti sur un grain de riz ».

Cette question est assortie « éventuellement » d’une autre : les publics peuvent se prononcer sur l’opportunité d’un deuxième parc d’éoliennes posées (« deuxième », pas second) d’une puissance installée cette fois fixée à 1 000 MW, dans la même zone d’étude ou en dehors. » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)

3) L’utilité même de l’éolien en mer et les sacrifices qu’il impose fortement questionnés

« Le débat public a fortement questionné l’opportunité du projet dans la zone envisagée. Il l’a questionné quant au choix de la zone mais également quant à sa capacité à atteindre les objectifs « zéro carbone » en 2050. Plus inquiétant est le questionnement de la crédibilité même de ces objectifs que certains ont qualifié d’irréalistes. Les termes employés dans le compte rendu sont significatifs :«Il ne restait rien de l’héritage prétendument consensuel » (Constatations de la Présidente de la CNDP)

« Par comparaison avec l’éolien, le nucléaire dont l’actualité a été ravivée par la prospective de l’énergie réalisée par RTE rendue publique en cours de débat est présenté comme une énergie abondante et pilotable par ses fervents défenseurs très actifs sur la plateforme participative »

4) Les pécheurs  non pris en compte et sacrifiés : « le choix de la zone préférentielle est vécu comme un casus belli »

« Le 2 décembre, en cours du débat, la ministre de la Transition écologique annonce un élargissement de la zone d’étude. Considérée comme trop limitée, elle passe de 300 à 743 km2…

Du côté des pêcheurs, réaction de rejet face à l’argument que cette extension « ouvre la possibilité de mieux concilier le projet avec les activités de pêche en recherchant des zones de moindre impact situées plus au large » (Communiqué de presse 03/12.). « Les pêcheurs n’ont jamais dit que c’était une zone de moindre contrainte » (Le représentant du Comité régional des pêches, Saint-Pierre d’Oléron 07/12). »

« Mal cernée également par la maîtrise d’ouvrage, l’intensité de l’activité halieutique. Les données de pêche qui alimentent le dossier du maître d’ouvrage sous-estiment grandement, dénoncent les pêcheurs, le niveau élevé de leur activité car elles ne prennent pas en compte les bateaux de petite dimension qui constituent la plus grande part de la flotte….

La position du Comité régional des pêches de Nouvelle-Aquitaine est tranchée « Il n’y a pas de zone de moindre contrainte au regard des activités de pêche dans la zone soumise au débat. »  (Compte-rendu de la Commission particulière du débat public)

« Le choix de la zone préférentielle est vécu comme un casus belli : c’est la zone où la pêche est la plus intense qui est concernée par la zone préférentielle. Celle-ci abrite un riche écosystème permettant une pêche artisanale à haute valeur ajoutée. Comme le font observer les comités des pêches de Nouvelle-Aquitaine et de Charente-Maritime (tant l’implantation du parc, voire de deux parcs, que les zones pressenties pour leur raccordement, au nord et au sud, mettent en péril des zones de frayère et de nourricerie…

La zone préférentielle serait aussi « le pire endroit » pour la pêche en Charente-Maritime, celle-ci étant entièrement comprise en-deçà des 20 miles nautiques (37 km), la limite règlementaire pour les bateaux de moins de 12 m qui constituent l’essentiel de la flotte locale.

Les zones de raccordement chevaucheront, pour celle du nord, une zone de frayère de seiche, et pour celle du sud, une zone de frayère de maigre. Cette zone est également à cheval sur des zones de nourriceries dont celle du merlu, du bar de la sole, du céteau (seule région française où il est exploité), de la dorade grise (...). » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)

5) Et en plus, on se moque d’eux : la parole de l’Etat n’inspire pas confiance !

On se moque d’eux en leur  promettant qu’ils pourront pêcher dans le parc éolien !

« Les pêcheurs ne croient pas à l’intérêt et à la possibilité de pêcher dans les parcs éoliens marins. Selon les pêcheurs, les retours d’expérience que nous avons montrent qu’il n’y a plus rien à pêcher ; que pêcher dans des parcs éoliens est dangereux et dissuade de s’y aventurer ; que les contraintes nouvelles qui en résulteraient, au nom de la sécurité, compliqueraient à l’excès les pratiques de pêche ; que la parole de l’État, de ses services, entendue au fil des différents débats publics, n’inspire pas confiance car elle ne garantit pas formellement les conditions dans lesquelles la pratique de la pêche et de quelle pêche serait imposée aux industrie.

Faut-il se réjouir de créer 300 emplois dus aux éoliennes si on détruit 10% des emplois (1000) d’une filière pêche qui pèse 10 000 emplois, soit 700 emplois nets détruits dans ce cas ? ! » (CA n°23, NEMO) »  (Compte-rendu de la Commission particulière du débat public) 

Une position originale en Europe ??? : « Un deuxième point de désaccord, récurrent d’un débat éolien à l’autre, concerne la compatibilité entre les parcs éoliens et les pratiques de pêche. Le maître d’ouvrage annonce une position presque originale en Europe, consistant à prévoir que la pêche, sous certaines conditions, sera possible dans les parcs éoliens qui devront s’y adapter techniquement (disposition des éoliennes, ensouillage des câbles de raccordement, etc.).

Mais les pêcheurs se montrent plus que dubitatifs. Au-delà des interrogations sur ce qu’il resterait à pêcher dans les parcs (des craintes étant exprimées sur l’évolution de la population de poissons), la profession ne croit pas que pêcher sera possible en raison de contraintes nouvelles dont le maître d’ouvrage ne dit rien, et de règles de sécurité qui pourraient être revues. Les retours d’expérience des pratiques de pêche dans des parcs éoliens sont rares, car la plupart des parcs existants en Europe du Nord sont interdits à la pêche. Les témoignages de pêcheurs anglais et écossais sollicités par la commission ne rassurent pas les pêcheurs français sur la possibilité de pêcher dans des parcs » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)

Commentaire : En effet, même lorsque c’est autorisé, les assurances refusent de les assurer…

6) La solution de l’éloignement

« La commission a acquis la conviction que l’espoir d’un « consentement sous conditions » rassemblant les publics ne peut s’imaginer sans le glissement plus loin en mer du projet actuel ». La CNDP a, sur proposition de la commission particulière, fait expertiser le scénario d’un parc posé à plus grande profondeur permettant ainsi d’éloigner le projet de parc des côtes » (Constatations de la Présidente de la CNDP)

« Auditionnés par la commission au cours d’un webinaire public le 22 février, les experts confirment la faisabilité technique d’un projet de parc posé à forte profondeur hors du Parc Naturel Marin. Du posé grande profondeur d’abord au flottant ultérieurement : une solution certes plus chère mais que viendraient compenser les bénéfices d’un plus grand consentement…

L’éloignement des côtes au-delà des 50 m de profondeur est une tendance actuelle de fond en Europe pour des raisons techniques (captation d’un vent de meilleure qualité) et politiques (insertion dans un espace moins anthropisé).« Ce qui est vraiment une tendance mondiale, c’est de s’éloigner des côtes pour des raisons d’acceptabilité sociale » (Expert, Webinaire 22/02)…

Le posé pourrait être complété à terme par du flottant, à partir d’une certaine limite, probablement située autour de 70 m. L’horizon d’atteinte d’un tel scénario pourrait se situer entre 2030 et 2035. L’électricité ainsi produite serait sûrement plus chère que les prix envisagés pour les projets actuels mais devrait rester dans le même ordre de grandeur. Surtout, elle offrirait une solution de stabilisation des prix, face à la très forte volatilité des énergies fossiles.

Ces différentes considérations incitent à penser que du point de vue technique un projet de parc posé à forte profondeur (entre 60 et 70 m pour certaines éoliennes) en dehors du Parc naturel marin est faisable

Ne pourrait-on pas considéré ce surcoût comme la condition de sa réalisation ? N’est-ce pas le « prix à payer pour limiter le risque de possibles retards ? « [ç]a va coûter plus cher, mais la chute de la biodiversité nous coûte encore plus cher » (Saint-Georges-d’Oléron, 24/01) » (Compte-rendu de la Commission particulière du débat public)

« La Commission a fait expertiser le scénario d’un parc posé à plus grande profondeur. Les experts consultés par la commission tiennent à rappeler qu’en matière d’éolien en mer, on parle d’une technologie qui n’aura cessé d’évoluer durant les six à huit années qui séparent le projet de sa réalisation. Il apparaît dès aujourd’hui que l’on ne peut repousser l’idée de réaliser un parc posé par des profondeurs de 60, 65 voire 70 mètres, ni pour les fondations des éoliennes ni pour la station de raccordement en mer, tout en restant dans des prix de production de l’électricité comparables à l’objectif issu de la PPE de 2019….

Au-delà, encore plus au large, le changement de technologie est indispensable : seul l’éolien flottant est envisageable. Mais ce dernier apparaît aux experts consultés comme une solution technique et économique viable dans des conditions de prix pas si éloignées de l’éolien posé de 2022 dès la décennie 2030-2040. Elle pourrait être envisagée pour un deuxième parc si les projets sont poursuivis (voir sur le site du débat public le compte rendu de l’expertise complémentaire

Sur la côte ouest-américaine qui comprend plutôt des champs à plus grande profondeur, on voit qu’il y a des spots qui commencent à apparaitre aux alentours de 60, 65, 70 mètres…La limite aujourd’hui pour l’éolien posé est plutôt en train de se décaler de 50 mètres en faisabilité à 70-80 mètres. (Un expert, réunion thématique du 22 février 2022) »

En conclusion « A émergé un scénario de compromis selon certains participants : un parc posé d’un GW situé en dehors du Parc naturel marin et en dehors de la zone de pêche côtière (au-delà des 20 miles dans la limite de 70 mètres de profondeur) et un deuxième plus à l’ouest dans une zone plus éloignée avec un raccordement mutualisé » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)

7) Et l’opposition des porteurs du projets : « faisant fi des argumentations développées »

Certains ont bien compris l’enjeu : « Il faut accepter de payer le prix d’une implantation plus au large pour gagner des zones de moindre conflictualité. Un industriel, La Rochelle, 14/01 » (Compte-rendu de la Commission particulière du débat public) 

Mais pas tous :

« Après cinq mois de débat public, faisant fi des argumentations développées sous toutes les formes par tous les publics pour démontrer à l’État maître d’ouvrage l’inopportunité de la zone géographique mise en débat, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et la Fédération des énergies éoliennes (FEE), entre autres, proposent dans leurs propres cahiers d’acteur de revenir au projet de 2015 : le premier parc dans la zone d’étude initiale (300 km2) avec un raccordement en courant alternatif « répondant à une nécessité de mise en service à plus brève échéance, et un second projet principalement ou en totalité au sein de la nouvelle zone d’étude (743 km2) » pouvant atteindre deux gigawatts. La commission s’étonne que les syndicats professionnels, en fin de débat, justifient cette position en « s’appuyant sur le soutien réitéré au projet historique des élus locaux et des collectivités territoriales » (Cahier d’acteur FEE).

La recherche d’alternatives potentielles a pourtant donné aux participants, et notamment à des industriels, l’occasion de dessiner deux espaces réellement hors zone d’étude de la maîtrise d’ouvrage. Au-delà des limites du Parc naturel marin et de la zone Natura 2000 « habitats », au-delà de la limite des 20 milles nautiques (37 km) mais pour l’un dans une profondeur d’eau inférieure à 70 mètres, pour l’autre bien plus au large, moyennant un changement de technologie, passant d’éoliennes posées à des éoliennes flottantes aptes aux grandes profondeurs » (Rapport aux maîtres d’ouvrage 

8) Autres problématiques

Biodiversité : « Une nouvelle fois, la faiblesse des études environnementales disponibles sur la zone proposée est soulignée, faiblesse d’autant plus critiquée que cette zone est identifiée depuis 2015. » (Constatations de la Présidente de la CNDP)

Nécessité de la planification : « la CNDP appelle à une planification spatiale à 20 ou 30 ans des projets envisagés, suffisamment précise pour offrir de la visibilité aux acteurs locaux sur les différents usages de la mer. Les Documents stratégiques de façade ne semblent pas répondre à ces objectifs » (Constatations de la Présidente de la CNDP)

Tourisme : Alors que les partisans du projet font valoir la possibilité de « développer une nouvelle offre autour des éoliennes (tourisme industriel, musée, balades en mer…), des impacts très négatifs sont anticipés par d’autres, habitants et élus locaux. L’évolution du paysage maritime entraînerait selon eux mécaniquement « une perte d’attractivité du territoire » (Avis 6) : « L’impact sur le tourisme sera désastreux, nos commerces, nos artisans d’art, les hôtels et restaurants, les campings, les gîtes et résidence de tourisme sont tous menacés. L’image sur l’ostréiculture aussi… » (Avis 148) » (Compte-rendu de la Commission particulière du débat public)

Commentaire : de fait, un certain nombre d’organismes comme les Gites de France ôtent leur label e cas de visibilité d’éolienne

9) Conclusion : pas de consensus

« La commission n’a pas recherché de consensus et, eu égard aux positions qui se sont affrontées, ne l’a pas non plus espéré. La commission a acquis la conviction que l’espoir d’un « consentement sous conditions » rassemblant les publics ne peut s’imaginer sans le glissement plus loin en mer du projet actuel. Il n’en demeure pas moins que de multiples questions soulevées par les contributeurs au débat public sont encore aujourd’hui sans réponses. » (Rapport aux maîtres d’ouvrage)



Addendum juillet 2022 : NB : Finalement, le Débat et le travail de la Commission n'auront pas été tout à fait inutiles puisque fin juillet 2022, le Minsitère de la Transition Ecologique annonçait que "face à un mélange d'incompréhension et de colère", le parc serait finalement déplacé à plus de 35 km des côtes"

Cette solution cependant se heurte toujours à la colère et à l'incompréhension des associations de protections des animaux, puisque le parc mord sur une zone Natura 2000 et se situe en plein dans un tracé migratoire intercontinental de nombreuses espèces d'oiseaux, "un des plus importants au monde! L’État a déterminé ces zones sans même achever les études environnementales et socio-économiques qui auraient pu l’aiguiller"(Dominique Chevillon,vice-président de la LPO qui envisage un contentieux.)

Et les pêcheurs trouvent que l'on se moque d'eux puisque le parc se situerait désormais dans l'une des zones les plus productives di Goilfe de Gascogne, qui attire des centaines de bateaux. Et l'on se moque effectivement d'eux, puisque le Préfet et l'Eta, contre toute évidence, "s’engage à autoriser les activités de pêche dans les parcs éoliens en mer, dans des conditions compatibles avec les règles de la sécurité maritime". C'est évidemment impossible, sutout s'il s'agit d éoliennes flottantes !

Pas dupe, le Président du Comité régional des Pêches, Johny Wahl, rappelle : le débat public a été clair, tout le monde a dit non, s'il le faut, on ira au contentieux !

Pour Oléron coimme pour Bretagne Sud, une seule solution, l'arrêt du projet !

samedi 6 mars 2021

Compte-rendu CNDP _Débat public « éoliennes flottantes au sud de la Bretagne »

 https://eolbretsud.debatpublic.fr/decouvrez-le-compte-rendu-et-le-bilan-du-debat/

Rappel : il s’agit d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Point de vue de M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

On parle de ça !




1) Bilan de la présidente, assez décoiffant !

Pour sa part, la Présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Madame Chantal Jouanno, dresse un bilan du débat marqué à la fois par le contexte de la loi pour un Etat au service d’une société de confiance, c’est-à-dire intervenant avant que le projet soit définitivement arrêté, et par la crise sanitaire consécutive au Covid.

Ce bilan pointe un certain nombre de contradictions entre le droit, les discours et les faits qui ont conduit une partie du public à utiliser les termes de « débat en trompe l’œil ».

Enfin, après 9 débats publics sur des projets de parcs éoliens, la CNDP ne peut que constater, pour le regretter, qu’une nouvelle fois, la carence des données environnementales n’a pas permis de faire de ce facteur un critère discriminant pour le zonage.

1a) Controverses et questionnements sur le fond et la PPE : la PPE n’est pas en débat ?? Ben si ! )

 Les controverses et questionnements soulevés lors de ce débat public ont été relativement classiques : opportunité et coût de l’éolien en mer, en particulier l’éolien flottant ; scepticisme sur les emplois et retombées économiques locales ; interrogations récurrentes sur le bilan carbone ; conflits d’usage et possibilités de pêcher au sein des parcs ; visibilité sur les projets de parcs futurs ; indisponibilité des données environnementales..

Le rapport revient plus loin sur cette question de la PPE :

 « La maîtrise d’ouvrage invoque la SNBC et la PPE à l’appui du projet présenté (dossier du maître d’ouvrage, page 12). La PPE prévoit notamment un projet d’éolien flottant en Bretagne sud (document de consultation du public, page 128). Comme la PPE a fait l’objet d’un débat public, il pourrait être argumenté que l’opportunité du projet n’était pas en débat. C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’exposé de la maîtrise d’ouvrage lors de la réunion de clôture le 17 décembre ; après avoir rappelé la PPE, , il est annoncé dans la partie « Ce que l’État va faire »

« Il est d’ailleurs à noter qu’en plusieurs occasions le public a mis en doute la sincérité du débat, estimant que la décision était de toute façon déjà prise »

Sur ce point, la position de la CNDP est claire et sans ambiguïté :

« Or il s’avère que l’opportunité des projets est bel et bien en débat lors des débats publics. Les textes comme la lettre de mission de la présidente de la CNDP le rappellent sans ambiguïté, et le public ne s’est pas privé de s’en saisir »

Commentaire sur la PPE : la PPE n’est pas gravée dans un marbre divin, elle résulte en fait d’un compromis bassement politicien, et en limitant la part du nucléaire à 50% dans le mix électrique, elle va à l’encontre des objectifs climatiques et des lois physiques. Il faudra vraiment envoyer la PPE à sa place naturelle, la poubelle.

Un certain nombre d’incohérences et, en conséquence, des doutes sur la sincérité  de l’Etat et des porteurs de projet : un parc, deux parcs, trois parcs ?

« Grâce à la Commission, le public a également mieux compris les procédures et parfois leurs incohérences : un projet de ferme pilote « Groix Belle-Île » dont le retour d’expérience n’est pas attendu pour lancer un parc « industriel » ; un zonage annoncé comme distinct de la ferme pilote mais qui en intègre une partie ; un débat public qui doit légalement questionner l’opportunité du projet et son zonage mais dont les maîtres d’ouvrage n’attendent pas le compte rendu pour annoncer la poursuite du projet et voter le maintien du zonage dans le cadre de la CRML. !!! ( NB Conférence Régionale de la Mer et du Littoral)

Ces contradictions entre le droit, les discours et les faits ont conduit une partie du public à utiliser les termes de « supercherie » ou de « débat en trompe l’œil ». Le temps du débat public est fondamental pour le décideur mais délicat. Il est fondamental dans la mesure où il lui permet de mesurer sa conflictualité potentielle et ses conditions sociales de faisabilité. Il est délicat car c’est un acte de confiance réciproque où chaque contradiction est source de défiance »

Commentaire : eh ben ça, pour un commentaire, c’est un commentaire ! Rendons hommage à la Commission, aux Commissaires et à son président, M. Laurent Pavard dont, pour ce je peux en constater le compte-rendu me parait honnête, et même courageux ; même si la conclusion logique n’en est pas tirée : il faut abandonner ce projet

Le rapport revient plus loin de façon plus précise sur ce point

«  Le débat ne serait que de principe, la décision serait de toute façon déjà prise….En outre, l’État cacherait ses intentions à long terme : le projet en débat ne serait qu’un « saucissonnage » d’un plan à long terme qui verra d’autres projets dans la zone. Certaines annonces ministérielles et le précédent du projet pilote des éoliennes de Groix Belle-Île ont pu conforter le public dans cette impression »

De fait, cette attitude de méfiance est parfaitement justifiée par l’attitude de l’Etat et les  confusions et mensonges sur le projet EFGBI (projet expérimental Groix Belle iles, 3 éoliennes flottantes ) : le discours tenu lors de la concertation EFGBI (en substance  : «  ce projet n’est pas la porte d’entrée vers un projet de plus grande ampleur, s’il y a un autre projet, ce sera autre chose et plus loin ») a été démenti par le projet mis en débat, dont la technologie est comparable et pour lequel la zone d’étude empiète partiellement sur l‘implantation des éoliennes EFBGI.

Au-delà, le public n’a pas compris que l’on n’attende pas les enseignements d’un projet présenté comme expérimental avant de lancer un projet commercial, qui plus est de grande ampleur. En fait, selon le calendrier, aucun enseignement ne sera tiré de la ferme pilote avant le lancement de ce nouveau parc. Donc la ferme pilote n’aura aucun intérêt.

Commentaire : moi non plus

Et il y a pire encore : lors du débat,  l’énergéticien Vattenfall a fait valoir qu’« il est crucial que le débat permette d’identifier un gisement total potentiel sur cette superficie de 1 300 km², c’est-à-dire non seulement les zones pouvant accueillir des projets de 250 MW et 500 MW mais également les zones pour des appels d’offres qui pourront être prévus pour la période au-delà de celle couverte par la PPE actuelle »

Ce qui donne raison à plusieurs intervenants et à l’association Holigroix :  « Le piège : accepter un parc, c’est accepter son extension ultérieure ;  « Jamais le projet éolien flottant n’est présenté dans sa globalité d’occupation de toute la façade maritime comme un seul projet mais comme plusieurs projets, il y a donc supercherie pour les habitants du littoral qui en découvrent peu à peu l’ampleur réelle »

2) Quelques autres points du rapport principal

2a)Les limites de la loi ESSOC 

la  loi ESSOC stipulant que le débat intervient avant le choix d’un opérateur et donc la définition précise d’un projet, le public n’a eu que peu d’éléments concrets sur les caractéristiques du projet. De même, les études de caractérisation de site n’ont pas été menées, la maîtrise d’ouvrage considérant qu’elles ne peuvent être conduites qu’à l’échelle de la zone de projet et non à l’échelle de la macrozone. Seules des études bibliographiques avaient été menées avant l’ouverture du débat.

Enfin, la sécurité et les contraintes de navigation à l’intérieur des futurs parcs ne seront précisément connues qu’une fois le projet étudié.

Pour résumer, on a demandé au public de débattre d’un projet de projets ou même d’un projet de programme portant sur deux projets de parcs et leur raccordement mutualisé. Ceci explique que les réponses aux questions du public en sont parfois restées au stade des généralités, alimentant un certain sentiment de frustration

Commentaire : Et on appelle ça la loi pour un Etat au service d’une société de confiance !

2b) Un projet controversé :

 « Si la majorité des élus qui se sont exprimés ont soutenu le projet, à l’exception notable du président du Conseil départemental du Morbihan, ont soutenu le projet, le public lui a réservé un accueil partagé : une majorité des contributions en ligne se déterminent sur l’opportunité du projet, et elles se répartissent de façon à peu près égale entre soutiens et opposants »

Commentaire :  Oh Monsieur Pavard ! à peu près égale entre opposant et partisans ??? on préférera cette formulation  « La proportion d’opposant clairement exprimés approche la moitié des expressions en ligne, sans que l'on puisse qualifier l'autre moitié de défenseurs du projet» (NB en raison des conditions ou restrictions qu’ils opposent au projet Bon, en fait, ça nous fait près de 70% d’opposants en fait.

2c) Les interrogations sur  le coût :

Le prix cible de rachat de l’électricité annoncé dans le dossier du maître d’ouvrage, d’un montant de 120 € /MWh, a suscité des interrogations de certains participants au débat, d’autant que les résultats de l’appel d’offres de Dunkerque (44 €/MWh) ont été fortement mis en avant durant le débat. Ce prix cible est inscrit dans la PPE sans plus de détail et les études de l’ADEME se bornent à le mentionner comme référence sans l’approfondir ; il paraît donc nécessaire de le justifier pour la bonne information du public. Cette question fait l’objet d’une recommandation, numérotée n°1, de la CPDP.

Par conséquent, en supposant un prix de l’électricité fixé par le lauréat à 120 €/MWh (tarif cible indiqué dans la programmation pluriannuelle de l’énergie) et des prix de marché de l’électricité de 40 €/MWh sur 20 ans, le coût de soutien s’élèverait à 80 M€ par an, soit 1,6 Mds d’€ sur 20 ans

Le coût du raccordement dépendant de l’éloignement de la station en mer, lui-même subordonné à la localisation du parc, il n’a pas été possible de le fixer.  Cependant le représentant de la CRE a tenté de donner une approximation en prenant l’exemple du parc de Saint-Nazaire : « Le budget cible pour le raccordement du parc de 500 MW était de 285 millions d’euros. Si on le ramène à l’énergie produite, ça représente 15 euros/MW.h à peu près, qu’il faut donc ajouter au niveau du coût de production de l’électricité »

Contribution :  « Que ce soit en mer ou sur terre, l’industrie éolienne est possible uniquement grâce aux subventions d’argent public. Elles sont non seulement dispendieuses, mais favorisent au travers de leur intermittence de production les émissions de CO2 . Et cerise sur le gâteau, elles détruisent l’environnement dans lequel elles sont construites. L’éolien est donc une technologie qui détruit en prétendant sauver. « 

Commentaire : pas mieux. Par ailleurs, Le résultat d’appel d’offres de Dunkerque (d‘ailleurs mal en point en raison de l’opposition motivée des Belges) ne saurait constituer un précédent : pour arriver à ce résultat,  la pression a été très forte sur EDF …Par ailleurs, la Commission européenne a accepté des tarifs de l’ordre de 120-130 € /MWh pour les parcs français (et pour de l’éolien posé, pas flottant !) en arguant des « vents plus faibles et d’une nature de sol plus complexe ». Si l’éolien n’est pas adapté aux côtes françaises, il faudra en tenir compte dans la politique énergétique.

2d)Bilan écologique et environnemental :

A) Bilan carbone : la technologie flottante étant encore en développement, les chiffres sont sujet à d’importantes variations : de 24 g/kWh à 47,3 g/kWh pour les projets de démonstration. « Le niveau pour les éoliennes flottantes de Groix et BelleÎle, c’est 36, et le projet, on sera aux alentours de 24 g de CO2 par kWh produit »

NB: le nucléaire, c'est 6gCO2/kw.h, jour et nuit, hiver et été. Et si l'on compte supplér l'intermittence de l'éolien par du gaz, le gaz c'est 420. Donc un système éolien offshore plus gaz, ça nous fait à la louche du 350gCO2/Kw.h. le moins qu'on puisse diure, c'est que lintérêt pour la décarbonation est douteux ! 

B) Bilan environnemental : « les données environnementales sont beaucoup trop parcellaires, quel que soit le segment étudié (avifaune, ichtyofaune, habitats benthiques…), pour pouvoir être utilisées comme critères de localisation des projets. »

L’association Holigroix confirme, ainsi que certains intervenants : « Comment peut-on lancer un projet aussi pharaonique, sans aucune étude d’impact sur l’environnement, avant d’avoir au moins le retour pilote des 3 éoliennes ? …  C’est donc un public peu averti qui participe à la concertation. Les vertus du parc éolien de Bretagne Sud lui sont vantées. Les vulnérabilités et incertitudes d’un projet si novateur et d’une telle envergure ne lui sont pourtant pas présentées. L’évaluation et la maîtrise des risques demeurent le territoire d’initiés, d’où le public est bien exclu.

Le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Belle-Îlel ance un avertissement : « la zone concernée par l’implantation des parcs est une aire de reproduction ou de nourricerie pour les juvéniles d’une dizaine d’espèces de poissons. La fonction biologique de cette aire est donc d’importance et tout particulièrement… pour ces premiers stades de vie qui s’avèrent être les plus fragiles » (Cahier d’acteur n° 4). Ainsi, alors que les zones fonctionnelles sont considérées comme d’intérêt essentiel, les frayères et nourriceries qui en font partie pour ce compartiment couvrent non seulement la totalité de la macro- zone mais vont aussi bien au-delà, jusque dans les estuaires et les habitats côtiers, ce qui est important pour le tracé du raccordement. ».

Avertissement confirmé par l’Ifremer : « Sur l’aspect localisation de la zone de projets, l’Ifremer, tout en réaffirmant sa bonne connaissance de ces espèces, note en réunion que les cartes descriptives des poissons, mollusques et crustacés montrent « une sensibilité très forte au niveau du sud de la zone, ce qui est finalement contraire à ce qui ressort des oiseaux »

On terminera sur cette note tragicomique de l’’OFB (Office Français de la Biodiversité ): « les sites Natura 2000, […], cela n’exclut pas un projet éolien ; il y a même des projets éoliens qui sont déjà autorisés dans des sites Natura 2000 en mer »

Commentaire : donc, on résume : impact majeur pour les poissons et pour les oiseaux mais pas dans la même zone ! ça va pas aider ! Et une confirmation : face aux très puissants lobbys de l’éolien, l’OFB se couche et envoie balader les Zones Natura 2000

Le problème du raccordement. Raccordement et zones protégées

« La zone d’étude terrestre du débat public est particulièrement vaste ; elle s’étend de Concarneau aux limites de Vannes, et du littoral jusqu’à la ligne 400 kV à une vingtaine de km à l’intérieur des terres. Ont été souvent évoqués : la nécessité d’éviter totalement ou non les zones Natura 2000 et ZNIEFF qui sont situées principalement sur la zone d’étude du raccordement, dans sa partie à terre ou en mer, proche du littoral. « Là, toute la plage en fait est protégée parce qu‘il y a des espèces d‘oiseaux, des gravelots à collier interrompu ou ininterrompu ; mais il est évident que là, si vous faites un raccordement sur ces zones qui sont hyper protégées, c‘est complètement contradictoire. La sagesse voudrait d‘éviter toutes les zones qui sont au moins des zones d‘habitats » « « Les rivages sont largement classés Natura 2000 ce qui semble incompatible avec le passage de gros câbles électriques »

« RTE et l’OFB ont précisé que les zones Natura 2000 ne présentaient pas de zone d‘exclusion et donc pas d’obligation d’évitement, mais qu’une étude d‘évaluation des incidences du projet sur le site Natura 2000 devra être menée. »… On a évité également une partie du Blavet et de la petite mer de Gâvres, puisqu‘en fait, la petite mer de Gâvres bénéficie d‘un arrêté de protection biotope. On a évité également les zones densément agglomérées de Lorient, Ploemeur et Caudan, et on a évité également une partie du Scorff, de la vallée du Scorff et donc de ses rives importantes. On évite aussi la Laïta, c‘est une zone Natura 2000. Bien que ce ne soit pas interdit de passer dans une zone Natura 2000, on se propose de l‘éviter.

Commentaire : L’empreinte au sol ou en mer des câbles de raccordement a été souvent négligée : pour les parc anglais, c’est 66% d’encombrement de l’espace maritime en plus qu’il faut considérer ! (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/vers-la-neutralite-climatique-de-lue.html)

2e) Impact majeur du facteur visuel : une révélation du débat !

« Les réactions vives et nombreuses du public sur l’impact visuel des parcs, très peu anticipées dans le DMO, ont été une des principales révélations du débat… Une partie du public a contesté la sincérité des photomontages, en mettant en avant le fait que certaines photos avaient été réalisées en contre-jour avec un soleil bas pour certaines : ils sous-estimeraient la visibilité des installations

Même imparfaits, ces photomontages réalisés par la maîtrise d’ouvrage nt contribué à mettre en évidence une forte sensibilité du public à l’impact visuel des parcs éoliens. De fait, toutes les associations de riverains et propriétaires de ces zones se sont en effet prononcées contre le projet, et ce très largement en raison de son impact visuel…. La maîtrise d’ouvrage ne saurait négliger ce facteur si elle donne suite au projet.

Commentaire : C’est quand même bizarre que cette sensibilité au facteur visuel soit  considérée par la Commission comme « une révélation du débat » ! Par ailleurs, la minimisation de l‘impact visuel par les organisateurs du débat ‘ pas été que contestée, elle a été sérieusement argumentée (cf. les arguments de l’association Gardiens du Large.

Par ailleurs cette minimisation systématique de l’impact éolien par les documents, illustrations, photomontages fournis par les porteurs de projets est une plainte récurrente des associations et des riverains. Les débats se déroulent sous la garantie de l’Eta, il faudra trouver un moyen pour qu’il assure la sincérité de ces documents extrêmement importants

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html?m=1



2f) La localisation du projet : l’accord impossible !

« la CPDP a constaté l’impossibilité d’aboutir en l’état à une zone consensuelle de projet d’une taille suffisante pour l’accueil des deux parcs éoliens » (en effet, entre le rejet par une grande majorité du public des zones les plus proches de Groix, Belle-Île-en-Mer et de la presqu’île de Quiberon, la préférence des promoteurs pour une zone « centreouest » et leur refus de considérer des fonds rocheux qui renchérirait l’ancrage, ; la préférence des pêcheurs bretons pour une zone à cheval sur la zone territoriale et la zone économique exclusive) ; la préférences des pêcheurs ligériens pour une autre zone complétement incompatible, c’est assez difficile !

Notons aussi ceci : La Région Bretagne s’est fortement investie dans la préparation comme dans la présentation du projet…le Conseil Général du Morbihan est farouchement contre !

Commentaire : Féroce :  ce n’est plus NIMBY (Not in my backyard), mais Oui, dans le backyard des autres ! ( je laisse totalement libre la traduction de backyard)

2g) Emploi et Fiscalité : des promesses qui n’engagent que ceux qui veulent bien les croire !

 «  À terme, la filière pourrait créer 15 000 emplois sur le territoire national » …

Commentaire : Ben, pas grand nombre n’y croit , et ii faudrait faire un bilan global…comprenant aussi les emplois détruits. Pour mémoire, La Cour des Comptes dans son rapport sur les ENR de 2018 corrige sévèrement les projections de l’Ademe chiffres d’emplois dans les ENR, rappelant que seulement 15% sont des emplois industriels pérennes..

« Cette capacité de l’économie locale à bénéficier des retombées du projet a été mise en doute à la lumière de l’expérience du parc de Saint-Brieuc : « J’ai l’impression de revivre le débat public de Saint-Brieuc… c’était Areva avec Iberdrola, aujourd’hui c’est Siemens-Gamesa avec Iberdrola, et la plupart des travaux sont faits ailleurs qu’en Bretagne. Une bonne partie en Espagne, 1000 emplois, 250 emplois à Brest temporaires, c’est-à-dire une fois que ce sera fini, s’il n’y a pas un relais pour un autre parc, ces emplois disparaissent, donc on est très loin des promesses qui avaient été faites » (CGT, réunion publique du 9/10/2020)

«  L’exemple du projet de Saint-Brieuc atteste en effet de l’écart entre les promesses de création d’emploi dans la phase de concertation préalable au projet et la faiblesse des retombées une fois le projet lancé. La Cour des Comptes a par ailleurs exprimé de fortes réserves sur la réalité du potentiel de développement de l’industrie française à l’export, considérant récemment que les objectifs industriels étaient devenus secondaires » (Cahier d’acteur n° 14 - Horizon groisillon).

Les conséquences possibles sur l’activité touristique, avec des retombées négatives sur l’emploi de ce secteur, sont également évoquées, le bilan net risquant en définitive d’être négatif : « Créer des emplois “éoliens” au détriment de ceux liés au tourisme sous toutes ses formes est un marché de dupe, le rapport est clairement sur ce point en défaveur de l’éolien »

Fiscalité : « Il est impératif que le territoire le plus impacté par l’implantation des éoliennes bénéficie à plein de cette base. Les élus(es) de Lorient Agglomération seront très attentifs à ce que ce point soit éclairé favorablement »

Commentaire : la course aux retombées fiscales, un sport hasardeux. Demandez aux communes déjà impactées par l’éolien…

2h) Les conflits d’usage : pêche, plaisance

Les usagers :  Au-delà de confirmer sa volonté de favoriser la cohabitation des usages, la maîtrise d’ouvrage n’a apporté que peu de réponses aux questions des usagers… Les représentants de l’État ont affiché tout au long du débat leur volonté de favoriser la cohabitation des usages à l’intérieur des futures installations. Mais cette position est restée de principe… Le retour d’expérience des parcs posés n’est en effet que peu transposable au flottant (à cause, entre autres, de l’incidence des dispositifs de mouillage et des câbles électriques)

Commentaire : ben encore une fois, le commentaire du compte-rendu est assez saignant !

Pêche : le problème n’est pas réglé  : Le CRPMEM estime le nombre de navires pêchant dans la zone entre 211 et 228 suivant les années dont 110 de longueur inférieure à 12 mètre. Les comités des pêches ne contestent pas les chiffres de fréquentation figurant dans l’étude CEREMA fournie par la maîtrise d’ouvrage mais ils en rappellent les limites : ces chiffres ne sont représentatifs ni de l’ensemble des flottilles de pêche, en raison des limites des méthodes de recensement, qui sont limitées aux navires dotés d’AIS, soit de plus de 12 mètres, ni de la valeur économique de l’activité.

«On pratique la pêche au filet et au casier, aux nasses principalement pour pêcher les congres. Toutes ces zones au niveau de ce qu’on appelle la barrière, toute cette zone représente un quart de mon chiffre d’affaires, et même plus, et on y passe entre trois et quatre mois par an en fonction du temps. On nous impose des éoliennes. De toute manière, on n’a pas le choix, on nous les impose. »

Les comités des deux régions ont rappelé le risque d’un Brexit qui fait planer la menace d’une concurrence accrue sur la ressource.

Les comités des pêches breton et ligérien ont défini des zones différentes, correspondant aux moindres conséquences pour l’activité de leurs pêcheurs. Le comité breton a présenté son zonage comme non négociable :Les comités bretons (CRPMEM et CDPMEM 56) ont présenté lors des réunions des 20 et 27 novembre consacrées aux usages une zone de moindres contraintes de 226 km² pour l’ensemble des 2 parcs projets (250 MW et jusqu’à 500 MW), à l’intérieur de laquelle la recherche de l’implantation du parc pourra être poursuivi…Le comité des Pays de Loire (COREPEM), tout en jugeant le projet inopportun, propose de son côté une localisation dans le coin nord-ouest de la macrozone, qui est la moins fréquentée par les pêcheurs des Pays de la Loire.

Par ailleurs, La proposition des pêcheurs bretons correspond grosso modo aux fonds de roche où les arts traînants, incompatibles avec l’existence d’un parc flottant, ne sont pas pratiqués (présentation du Comité des pêches le 20 novembre), mais que les développeurs souhaitent au contraire éviter en raison des travaux de fondation plus importants et des surcoûts associés !

Commentaire : c’est pas gagné ! les deux zones sont complètement différentes et exclusives

Plaisance : le grand flou « La région maritime (Finistère Sud, Morbihan, LoireAtlantique et Vendée) représente plus du tiers de la France métropolitaine. La zone est considérée comme « le berceau » ou aussi « le paradis de la voile » et reçoit de nombreux navigateurs étrangers ». «  On est très étonné de voir des cartes, des arguments extrêmement intéressants de la part des pêcheurs professionnels ou des énergies maritimes renouvelables, mais rien sur la plaisance en matière de chiffres ».

Sans être totalement affirmative, la préfecture maritime a précisé lors des réunions publiques que la traversée des parcs ne serait pas interdite à la plaisance (hors grands gabarits et hauteurs) mais que les manifestations nautiques y seraient, sauf exceptions, interdites. « il y aurait probablement des mesures d’exclusion, en tout cas ces distances d’exclusion minimales sont posées dans une des notes techniques, 50 mètres autour de chacune des éoliennes, 200 mètres autour de la station électrique. »

L’importance de la route de navigation allant des îles de Glénan à Belle-Île est également soulignée. Elle conduit la FNPAM à préconiser une installation des parcs à plus de 10 milles au large de cette ligne. Au total, une convergence des points de vue se dégage pour localiser des parcs au-delà des eaux territoriales, les plus pratiquées par le nautisme.

Conclusion : Désormais, le maître d’œuvre bénéficie de trois mois pour répondre ou rejeter les conclusions des débats. Le calendrier est déjà connu : premier résultat d’appel d’offre en 2021, le second en 2024. Les éoliennes devraient être en marche vers 2028

Commentaire …Compte-tenu de ce qui précède, il vaudrait peut-être mieux l’arrêter tout de suite ! 

dimanche 24 mars 2019

Jours de Colères Edouard Philippe_ Emmanuel Macron, les Gilets Jaunes, le Grand débat


Suite aux manifestations assez destructrices, notamment sur les Champs-Elysées de l’acte XVIII (quand même !) des gilets jaunes, une série de déclarations assez « martiales » (dixit Le Monde, 20 mars 2019) d’Edouard Philippe, visiblement sous pression de Macron.

Extraits, en commençant par le plus gratiné : les Lanceurs de Balles de Défense

« Les polémiques sur l’usage des LBD (lançeurs de balles de défense ont conduit à ce que des consignes inappropriées soient passés pour réduire leur usage », s’est plaint le chef du gouvernement, en référence aux cartouches moins puissantes qui auraient été confiées samedi aux policiers.

Rappelons quand même ceci : la répression policière (certes nécessaire), c’est une morte, plus de 140 blessés graves, plus de 2000 blessés, un bilan répressif inégalé depuis la guerre d’Algérie ! Selon même Laurent Nunez, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur : «  Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, plus de 13 000 tirs ont été enregistrés (83 enquêtes sont en cours) et 2 200 manifestants ont été blessés ».

Les LBD, interdits dans la quasi-totalité des pays européens, c’est l’appel du Conseil de l’Europe et celui du comité de l’ONU pour les droits de l’homme à enquêter sur ces pratiques policières en France e, matière de maintien de l’ordre !

C’est l’appel des ophtalmologistes français à un moratoire sur leur utilisation : « Le grand nombre de balles tirées avec une force cinétique conservée à longue distance et l'imprécision inhérente à cette arme devaient nécessairement entraîner un grand nombre de mutilations… Notre démarche est uniquement celle de médecins, purement humaniste, avec pour seul but d'éviter d'autres mutilations. Un appel d’abord adressé à Macron, puis, faute de réponse, publié dans le JDD du 11 mars.
Et le Préfet de Police de Paris, Michel Delpuech « un fusible idéal » est immédiatement débarqué ; et dans la foulée, son directeur de cabinet et le patron de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Et trois de chute. Pourquoi : il leur est reproché  de ne pas avoir été au courant d’une note de la DSPAP qui donnait comme instruction aux policiers de limiter leur usage du LBD. Les instructions demandaient aux forces de l'ordre de ne pas utiliser cette arme controversée "pour le maintien de l'ordre".

S’il n’y avait pas eu à Paris le préfet Grimaud, courageux et lucide qui sut et put résister aux jusqu’au boutistes du gouvernement, il y aurait eu des morts dans le Paris de mai 68. Alors, ce gouvernement ferait bien de garder ses nerfs !

Et déjà, dans la foulée, des dérapages bien inquiétants.

Sentinelle – les militaires responsables du maintien de l’ordre ?

Tiens, une nouveauté, l’appel aux militaires. Le gouvernement annonce martialement : « La mission antiterroriste militaire Sentinelle sera donc mobilisée de manière renforcée ce samedi pour une nouvelle journée potentiellement à hauts risques dans la crise des «gilets jaunes».

Panique, et le moins que l’on puisse dire c’est que les militaires n’apprécient pas –certains ou leurs proches vont jusqu’à envisager un refus d’obéissance. Car leur fonction n’est pas le maintien de l’ordre- que feront-ils si des manifestants viennent forcer leurs barrages ou s’en prendre à eux ? Tirer à balles réelles ou se laisser désarmer ? ils n’ont pas beaucoup d’autres options ! L(armée conre le peuple ?

Retropédalage du gouvernement : en fait, il n’y a rien de changé, les militaires, comme précédemment, auront  pour mission de protéger les bâtiments officiels et autres points fixes, ce qui permettra aux forces de l'ordre de se concentrer pleinement sur la manifestation…Bon, ben alors ?

Re Panique le vendredi  : « Le général Bruno Leray, gouverneur militaire de Paris, a affirmé ce vendredi 22 mars, que les soldats de l’opération Sentinelle, appelés en renfort lors de la 19e journée de mobilisation des Gilets jaunes, ont le droit de tirer avec leur arme, si leur vie ou celle des gens qu’ils protègent est menacée. »

Laurent Nunez, le Secrtéire d’Etat, devant l’Assemblée, le mardi 19 mars : « Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la décision des autorités de considérer toute personne participant aux manifestations des Gilets jaunes comme «émeutier», Pour l'avenir et dès samedi prochain, nous partons du principe que ces rassemblements sont des rassemblements d'émeutiers qui ne visent qu'à causer des troubles»,.

Mazette !

Certes, il parait que le gouvernement s’est pris une avoinée de Macron, contraint de rentrer prématurément de son séjour pyrénéen au ski, mais là ils perdent la tête ! 
En attendant, Parisiens, ou même provinciaux : si vous avez un gilet jaune dans votre sac, un simple gilet jaune, à un endroit où ça plait pas aux policiers, mais vous, vous le savez même pas), juste une promenade avec un gilet jaune dans le sac à dos, eh bien c’est 135 euros ! Premières amendes distribuées samedi 23 mars ! (mais ça, c’est parce les manifestants étaient paisibles ! Quand ils seront bien énervés, on verra !). Pour porter un pull avec un slogan « oui au RIC »( referendum d’initiative citoyenne : 135 euros !

Une insurrection rampante

Pour revenir sur les incidents du 16 mars sur les Champs, il est tout de même assez étrange que le gouvernement soit incapable d’agir contre le petit nombre d’éléments d’extrême gauche (black block) effectivement décidés à provoquer l’émeute. En est-il vraiment incapable ? Alors, il doit céder la place !
Ou bien laisse-t-il faire pour déconsidérer les vrais Gilets Jaunes ? Ce serait encore plus grave ! En attendant, ceux qui sont arrêtés et jugés immédiatement, ce ne sont pas eux, mais des manifestants beaucoup moins préparés- tous les juges le constatent.

Reste qu’effectivement, un certain nombre de Gilets Jaunes, qui se seraient (qui parfois se sont) opposés au début du mouvement à la violence semblent l’admettre plus facilement. On peut y voir le résultat d’une inquiétante mais assez logique acculturation à la violence, à force de LBD et de grenades de désencerclement, de tabassages, de brimades, comme ces CRS écrasant bien volontairement les lunettes d’un manifestant. Même se faire gazer lorsqu’on manifeste paisiblement n’a rien d’une expérience agréable et peut finir par énerver. De cette violence là, le gouvernement porte aussi sa part de responsabilité.

Tout comme il porte sa part de responsabilité de la violence initiale, ce gouvernement, cette présidence, qui n’a rien voulu voir, rien voulu entendre des manifestations contre les plus rétrogrades régressions des lois du travail depuis un siècle ; qui n’a rien voulu voir, rien voulu entendre d’une des plus longues grèves des services publics des transports, et qui a pris plaisir à humilier et déconsidérer les corps intermédiaires ( syndicats, mais aussi élus locaux), avec ce président , minable imitateur de Trump, signant avec ostentation et plaisir non dissimulé les ordonnances qui lui permettaient d’imposer sans concertation un programme ultra libéral pour lequel il n’avait pas été élu.

Il faudrait ressortir cette célèbre image de mai 68 : la chienlit, c’est lui ! avec Macron remplaçant De Gaulle (oui, je sais, ça fait bizarre). Car la chienlit, c’est lui et ses provocations incessantes, et sa volonté imbécile et maladive à appliquer un programme pour lequel il n’a pas été élu ! La répression, à un point inégalé jusqu’alors, c’est lui ! la justice tordue jusqu’ à infliger des interdictions préalables de manifester, c’est lui !  La volonté de contrôler l’information, en décidant ce qui est une fake news  c’est lui !, les attaques contre les corps intermédiaires, bases de la démocratie, et leur mise à l’écart systématique, c’est lui !

Les lanceurs de balles de défense, intérdits dans la quasi-totalité des pays européens, c’est lui,  c’est lui ! Les grenades de désencerclement, interdits partout ailleurs, c’est lui, une morte, plus de 140 blessés graves, plus de 400 blessés, un bilan répressif inégalé depuis longtemps c’est lui, l’appel du parlement européen contre les violences policières, l’appel du comité de l’ONU pour les droits de l’homme à une enquête sur ces violences c’est lui !

Les manifestations des Gilets Jaunes ? En réalité, le pays est en état d’insurrection rampante (cf. la grève du zèle très pénalisante mais peu médiatisée des douaniers) Et le gouvernement ferait bien de ne pas perdre ses nerfs et de rechercher une issue politique. Ou de partir !

La Farce du Grand Débat, opération de communication présidentielle

Et la solution ne viendra probablement pas du Grand Débat. Le gouvernement annonce fièrement un grand succès avec 1,9 million de contributions sur  le site dédié . Problème : Selon les chiffres du collège des "garants" du Grand Débat, mi-février, c’est en réalité 210.000 personnes qui ont contribué, quelques-uns étant visiblement des stakhanovistes de la contribution. C’est loin d’être le succès proclamé ! 10.452 réunions locales ? Avec combien de participants chacune? Et qui ? ça, on le sait  Surtout des retraités, très peu de jeunes, très peu d’actifs, et encore moins gilets jaunes…

D’où ce coup de gueule de l’un des garants, le plus averti des choses politiques, le politologue Pascal Perrineau, qui a regretté sur Europe 1 "la communication présidentielle et gouvernementale…On comprenait très bien qu’au début du processus, il y ait cette communication, puisque le 'grand débat' était quelque chose de nouveau. On aurait ensuite préféré que la communication présidentielle et gouvernementale baisse en intensité. Ça n’a pas été le cas » ,. Chargés de veiller à l'indépendance du débat, les "garants" avaient recommandé au départ du processus que l'exécutif se tienne en retrait."Un frein à une participation encore plus importante". "Il y a une grande méfiance dans le pays de tout ce qui vient d’en haut. Le 'grand débat' a été pris à l’initiative du président de la République. Le collège des garants considérait qu’en faisant cette recommandation de bien dissocier la communication gouvernementale et le 'grand débat', on protégeait le gouvernement et le président contre eux-mêmes", a poursuivi Pascal Perrineau. "Le gouvernement et le président, et c’est leur droit, n’ont pas choisi cette voie. Cela a peut-être été un frein à une participation encore plus importante »

Et cette critique de Chantal Jouanno : « Ce qu'Emmanuel Macron et le gouvernement ont organisé, ce n'est pas un débat public, mais une opération de communication politique». Parmi les réserves de Jouanno, rappelons que la CNDP ( Commission Nationale du Débat Public), soumise à des règles strictes en matière d'organisation d'une telle consultation, n'aurait jamais pu accepter que « l'Exécutif puisse relire et corriger le rapport final !

En fait de grands débat, on a vu Macron parler, et parler, et parler encore, passer et repasser des heures durant ce qui fut son seul succès étudiant, le grand oral de l’Ena. Fascinant, morbide, inquiétant.

Mais la CSA a justement décidé que ces interventions seraient décomptés sur le temps de parole audiovisuel du gouvernement…

Et Le Monde du 20 mars nous apprend que Macron était furieux que son grand débat soit ainsi confisqué par les émeutes des gilets jaunes. Folie de l’ego, immature, inquiétant !

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