Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Essoc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Essoc. Afficher tous les articles

dimanche 14 mars 2021

Projet d’éoliennes flottantes au sud de la Bretagne-Analyse du débat par la Fédération Gardiens du Large

 Le document intégral peut être trouvé sur https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2015/08/Gardiens-du-Large-Analyse-D%C3%A9bat-Public.pdf?fbclid=IwAR2WXDdn-hX8Jv7nYZYIjeYSWOvYdk4FwNx_RHd7CV6L6HPbmDHtpX0ZDX4

 NB : Rappel Ce blog fait suite au précédent…et à beaucoup d’autres

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Rappel : il s’agit d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Point de vue de M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

 Extraits

 Un avantage nettement en faveur des contre qui devrait conduire à l’abandon du projet

 « Après avoir classé les avis dans 4 catégories assez marquées : « Pour », « Contre », « Oui, mais si », « Ni oui ni non », nous avons choisi de faire une analyse des arguments utilisés par leurs auteurs. Les « Contre » représentent 50,4 % des avis, et utilisent 13 familles d’arguments, dont les majeurs concernent les aspects techniques, l’inefficacité en termes de stratégie bas-carbone, l’environnement. Les « Pour » représentent 29 % des avis, et utilisent 8 arguments, souvent peu étayés, dont les majeurs répètent à l’envi que l’éolien est une énergie propre, décarbonée, de substitution au nucléaire… sans jamais apporter de contre-arguments aux préoccupations des « Contre ». (

 Les « Oui, mais si » et les « Ni oui ni non » représentent plus de 20 % des avis. Ce grand nombre d’incertains, comme la pauvreté des arguments des « Pour », traduit une réelle carence d’information objective et contradictoire.

L’avantage est nettement en faveur des « Contre ». Si la pertinence des arguments « Contre » concernant l’inefficacité du procédé en termes de stratégie bas-carbone était validée à l’issue d’un véritable débat, ces arguments seraient tout à fait opposables aux décisions politiques à l’origine de ce projet, puisqu’ils démontreraient que ces décisions vont à l’encontre du but recherché : une énergie propre, et décarbonée. Il faut donc qu’ils soient soumis à une réelle expertise contradictoire, ce qui ne fut pas le cas au cours de ce débat…

Il est étonnant que l’on ne trouve pas, dans les avis « Pour », des contre-arguments qui annulent les arguments « Contre » : La teneur des arguments « Pour » dénote un grand manque d’information, et ils procèdent le plus souvent d’un choix purement émotionnel ou idéologique. L’argument du remplacement du nucléaire par l’éolien le montre bien : aucune information objective n’a été faite sur ce point. Pas plus que sur la question de l’intermittence et de ses conséquences, pourtant rédhibitoires.

D’ailleurs, il est étonnant qu’à l’issue du débat, beaucoup de questions soulevées par les « Contre » restent sans réponse des Maîtres d’Ouvrage. D’autant plus qu’elles concernent des problèmes visiblement méconnus des « Pour »...

 Il est important que ce débat apporte des conclusions qui éviteront de faire des erreurs à beaucoup plus grande échelle. Et ces conclusions doivent naturellement inclure la possibilité d’abandonner tout projet de ce type. »

Commentaire : les Pour représentent 29% des avis et pour une part sont guidés par une idéologie antinucléaire et leur argument sont faux. Les « oui mais si » et les » ni oui ni non » apportent de telles réserves….qu’elles rendent le projet non viable, et le compte rendu du débat par a CNDP devrait leur permettre de s’en rendre compte..

cf.  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Alors oui, la seule conclusion possible, c’est l’abandon de ce projet !

Un débat tronqué et très très partial : l’ampleur des sacrifices dissimulés, un parc en cache beaucoup d’autres

L’organisation de ce débat a failli sur trois premiers points  :

1) Une population mal informée,

2) Une question unique et restrictive (quel emplacement dans une zone fixée), indiquant que le reste était non négociable !

3)  Une présentation du projet partiale : des documents orientés présentés par le seul Maître d’Ouvrage, des animateurs représentant le seul Maître d’Ouvrage, une absence de contradicteur, une propagande cachée, Des réunions publiques confidentielles.

Signalons que l’association Sauvons Le Climat a été empêchée de participer au débat alors que sa présence avait été acceptée dans un premier temps : Le Télégramme du 18/09/2020 se fait l’écho d’une vive protestation de l’association « Sauvons le climat » invitée à intervenir puis écartée du débat : la raison officielle est un changement dans les modalités d’organisation, ce qui est bien peu convaincant…

L’annulation de notre participation a eu lieu dans des conditions « qui ne font que confirmer que ces débats ne sont ni contradictoires, ni ouverts. »

Il faut aussi signaler une atmosphère de culpabilisation malsaine sur le thème la Bretagne n’est pas indépendante énergétiquement, elle a refusé Plogoff, elle ne doit pas faire échouer la transition énergétique : Témoignage: « L’étiquette "Transition Ecologique" de ce projet place une partie de la population mal informée dans une quasi-obligation de s'y soumettre, alors que ce projet "Industriel" n'apporte aucune garantie et les habitants doivent en être informés ».  

Ajoutons, et cela est aussi souligné dans le rapport de la CNDP, que l’ampleur de l’agression contre les côtes est dissimulée, et que là où des zones éoliennes seront acceptées, d’autres viendront ensuite :  «  Les 62 machines du projet, ce sont quelques arbres qui cachent la forêt… Car si l’on en croit les décisions prises par Madame la Ministre de la Mer, au moins 4 500 éoliennes format « Tour Eiffel » seront plantées d’ici 2050 le long de nos côtes. »

Un peu plus loin, les Gardiens du Large citent la PPE et préviennent : « dispositions prises dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie qui prévoit, page 131 : « A partir de 2024, des appels d’offres seront notamment lancés sur des extensions de parcs éoliens en mer attribués précédemment avec raccordement mutualisées » et page 134 : « Lors du lancement d’un nouveau projet, l’État envisagera systématiquement la réalisation d’une extension… ».

Cela, on s’est bien gardé de l’expliquer aux riverains, aux pêcheurs et autres professionnels….

Les élus locaux oubliés du débat, c’est fâcheux

« Très peu d’élus se sont exprimés. Un très petit nombre seulement s’est exprimé, la plupart de ces derniers soutenait déjà sans réserve le projet bien avant l’ouverture du débat, tels les élus majoritaires de Lorient ou la Conseillère Régionale en charge de son suivi pour le compte de la Région Bretagne qui s’est déclarée partenaire officiel du projet… »

Il faut dire que lorsqu’un élu s’exprime contre le projet, son avis n’est guère répercuté ; ainsi  M. François Goulard

«Seul un élu, le Président du Conseil Départemental du Morbihan, Monsieur François GOULARD, a fait part au Préfet par un courrier du 1er septembre 2020 de « son opposition déterminée à ce projet ». Ce courrier, adressé au Préfet dans le contexte d’une réunion de présentation du projet avec le Président du Conseil régional, n’a pas été rendu public par la CPDP. Ce n’est que 3 mois plus tard, le 5 décembre 2021 qu’il a été publié par le Directeur de Cabinet du Département noyé dans la masse, passant quasiment inaperçu dans la seule rubrique « avis » du site du débat public. »

Commentaire : il s’agit quand même de M. François Goulard, président du Conseil Général du Morbihan. Est-ce un hasard si la région Bretagne appuie le projet…sauf le département le plus impacté ?

Mais la plupart des élus sont resté en dehors du débat, par désintérêt ou manque d’information, ce qui est dramatique pour la démocratie..

Ainsi « La commune de Névez a reçu tardivement l’information de ce projet. Et seul un débat public a été inopinément ajouté au planning le 3 novembre 2020 au CAC de Concarneau. Il n’aura pu finalement se tenir à cause du contexte sanitaire de confinement. La commune de Névez n’est actuellement que le spectateur de ce projet…Pourquoi ne pas avoir associé les communes susceptibles d’être choisies dès les secteurs identifiés ? »

Concernant le Grand Site de France « Les Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon », on relèvera qu’une question identique a été posée par un élu en fin de la réunion plénière du Conseil Syndical en charge de la gestion du GSF qui s’est tenue le 6 octobre 2020. Cette question est restée sans réponse, le Président ayant simplement déclaré qu’il venait d’apprendre l’existence de ce projet, confirmant le sentiment partagé par nombre d’élus interrogés…

A notre connaissance, aucune autre assemblée d’élus n’a débattu de ce projet ni même informé ses représentants de son existence. Nous citerons notamment la communauté de 24 communes « Auray Quiberon Terre Atlantique » dont les limites maritimes sont pourtant concernées par le projet et dont deux de ses compétences, au moins, auraient pu lui permettre d’en débattre légitimement, notamment celle relative à l’environnement et celle relative au tourisme. »

 Les oubliés du débat :  Nombre de personnes ont découvert l’existence du projet en toute fin de débat public, notamment les Finistériens. Certaines s’en sont formalisées par écrit : Un des tous derniers avis déposé le soir dudernier jour du débat public en témoigne avec force : « le Finistère Sud a pris connaissance de ce débat très tard, souvent par le bouche à oreille, ce qui est mon cas » (Avis A482 déposé le 21 décembre à 22 heures 13)

Des cahiers d’acteurs … et surtout des prospectus publicitaires !

« D’après la CPDP, dans les cahiers d’acteurs, « les personnes morales (institutions, associations, partis politiques, organismes…) ont pu détailler leur point de vue sur le projet d’éoliennes ».Résultat : Il y a 47 cahiers d’acteurs, dont 18 plaquettes commerciales : 18 acteurs qui se soumettent à un casting pour savoir qui jouera la partie (construction, exploitation, maintenance, conseils en tous genres), comme si nous en étions déjà à l’appel d’offre… Dans ces publicités, les « acteurs » flattent le Maitre d’Ouvrage en louant ses objectifs et en utilisant ses arguments, dont ils se font l’écho fidèle, considérant comme acquis tous les paramètres déjà fixés par lui. »

Ces cahiers d’acteurs  fournissent quand même l‘occasion d’apprendre certaines choses. Ainsi, pointés par Gardiens du Large :

Naval group et le brillant futur de l‘éolien offshore : « Dans la liste de ces « acteurs » inopportuns, on trouve Naval Energies, filiale à 100% de Naval Group, qui écrivait en décembre 2020 « Naval Energies développe une offre complète : conception des flotteurs et des ancrages, fabrication et installation en mer ». « Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export (Japon, Royaume-Uni, Corée, etc.) », Ajoutant avec force « Les perspectives de développement de cette filière sont immenses… ».

Patatras et boule de gomme !

« 2 mois plus tard, début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification dans le secteur des énergies marines renouvelables en s'apprêtant à cesser les activités de sa filiale Naval Energies, met en avant l'immaturité du marché des énergies marines renouvelables », et déclare « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »…

Comme le signalent les Gardiens du Large, ce communiqué n’est pas de nature à faciliter l’identification d’un repreneur…

Le cahier d’acteur n°37 ou explication de gravure entre promoteurs éoliens

Ce cahier d’acteur précédemment cité, a été déposé par la Société FEFGBI, sans doute pour le compte d’EOLFI, opérateur de la ferme pilote des 3 éoliennes à côté de Groix. Et leurs observations, ça vaut le détour !

« La première information est qu’il s’insurge légitimement contre le fait que le projet commercial qui doit se mettre en place va se faire sans attendre le retour d’expérience de la ferme pilote. Il rappelle les engagements de l’État quant au passage du « prototype » à la « ferme commerciale » en passant par la phase expérimentale de la « ferme pilote » validant les technologies d’un domaine aujourd’hui encore inconnu. Or, pour l’heure, le prototype n’est pas encore construit que l’État tente déjà de lancer la construction de la « ferme commerciale ».

Et un direct, un !

« La seconde information est qu’il s’inquiète des perturbations que le parc commercial va générer sur le fonctionnement de ses 3 éoliennes pilotes, dévoilant que « les travaux de modélisation ont également montré qu’une distance inférieure à 10 km entre la ferme pilote et le projet commercial entrainerait une perte de production pour la ferme pilote ». On découvre ainsi que des études poussées ont prouvé que les éoliennes se perturbaient significativement à moins de 10 km d’éloignement. Qu’en sera-t-il des perturbations entre les éoliennes commerciales que l’on nous dit être espacées de 1 à 1,5 km selon les sources ? »

Crochet du droit ?

« La troisième information est qu’il rappelle avec pertinence que « la société (porteuse du projet de ferme pilote) s’est engagée tout au long du processus de concertation à ne pas augmenter le nombre d’éoliennes sur la zone et que l’installation d’un projet commercial à proximité de la ferme pilote … serait perçu comme un agrandissement de celle-ci »

Crochet du gauche ?

« La quatrième et dernière information est la conclusion de leur cahier d’acteur où il rappelle par cette phrase chargée de sous-entendus : « la protection de ce site (le Grand Site de France, Les Dunes Sauvage de Gâvres à Quiberon) constitue un engagement fort qu’il est essentiel de préserver ».

Sous-entendu : notre projet pilote sauvegardait cette zone (7 communes littorales de Gâvres à Quiberon, labellisées  « Grand Site de France » ; il n’y a aucune garantie que le projet industriel Bretagne Sud le fasse…

KO !

En conclusion : « Le projet des 62 éoliennes contredit formellement les assurances données par l’État à l’époque et fausse substantiellement les conditions mêmes de la tenue de l’enquête publique relative au projet de ferme pilote aujourd’hui poursuivi par EOLFI. Force donc est de constater que l’État lui-même renie ses propres engagements, fait dénoncé par un opérateur éolien, ce qui nuit à la crédibilité de l’ensemble de la procédure actuelle »

Commentaire : les effets d’interaction et même de modification du climat d’une trop grande densité d’éoliennes commencent à faire l’objet d’études scientifiques en Allemagne (https://eifelon.de/umland/windsterben-durch-windkraft.html#q=emailzeitung&v=eo303)

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.



Remarques sur la loi ESSOC

« La loi ESSOC du 10 août 2018, dans le domaine des Energies Renouvelables en Mer (ERM), rend l’Etat Français garant du débat public. Se faisant, ce dernier se doit de saisir la Commission National du Débat Public (CNDP), en amont du projet, exonérant ainsi de cette obligation le lauréat, jusque-là tenu d’assurer la concertation avec les citoyens.

Les modalités de participation du public n’ont, quant à elles, pas été modifiées. Le public se voit donc convié au débat avant même que les conclusions de toute étude n’aient été rendues. N’étant pas invité à s’exprimer une seconde fois, c’est donc un public peu averti qui participe à la concertation.

Commentaire : la loi ESSOC dans le domaine de l’éolien offshore  (Loi de simplification et  pour une société de confiance !!!) vise essentiellement à simplifier… les procédures d’obtention d’autorisations de construction et les évolutions ultérieures des zones éoliennes…Prévu par l’article 58 de la loi du 10 août 2018 de cette fameuse loi Essoc, le permis enveloppe est un nouvel outil législatif destiné à faciliter le développement des projets d’énergies marines renouvelables en levant notamment certaines contraintes qui rallongent considérablement le temps de construction d’un projet… La loi ESSOC améliore le processus de consultation du public… … afin de rendre plus flexibles les démarches des porteurs de projets…

Une fois la consultation du public et le processus d’appel d’offres terminés, le lauréat pourra déposer des demandes de concession d’utilisation du domaine public maritime et d’autorisation environnementale selon les modalités du permis enveloppe. Grâce au décret n°2018-1204 publié le 23 décembre 2018 au Journal Officiel, ces autorisations peuvent désormais être variables et évolutives…. le porteur de projet pourra par exemple faire évoluer les technologies de son parc offshore ou changer le nombre d’éoliennes sans avoir à procéder à des demandes de modification des autorisations précédemment accordées…

Eh ben voilà : le lobby des margoulins de l‘éolien a bien travaillé…

Et il y a quand même un gros gros problème : l’Etat, donc le Préfet est garant du débat public... Or ceci est contradictoire avec les très fortes pressions du gouvernement sur les mêmes préfets pour accélérer la construction de zones éoliennes « Les préfets de région seront chargés de cartographier les zones propices à l'accueil de futurs parcs éoliens terrestres, a dit ce jeudi aux députés la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, affirmant la volonté gouvernementale d'accélérer le déploiement de cette énergie, sur terre comme en mer »

Parlant spécifiquement de Bretagne Sud, elle a ajouté : « «Au sud de la Bretagne, le débat public sur le projet d'éoliennes flottantes s'est terminé fin décembre. Je choisirai la zone d'implantation après la remise du rapport de la Commission du débat public prévue fin février, et il s'agira du premier parc commercial d'éoliennes flottantes en Europe», a-t-elle précisé lors d'un débat à l'Assemblée nationale. «En Méditerranée, le débat public devrait commencer au premier semestre et la localisation de deux futurs parcs d'éoliennes flottantes pourrait avoir lieu d'ici la fin 2021 »

Commentaire : ben, après cette consultation, c’est plutôt mal barré de manière démocratique. I va falloir envoyer les CRS…beaucoup 

samedi 6 mars 2021

Compte-rendu CNDP _Débat public « éoliennes flottantes au sud de la Bretagne »

 https://eolbretsud.debatpublic.fr/decouvrez-le-compte-rendu-et-le-bilan-du-debat/

Rappel : il s’agit d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Point de vue de M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

On parle de ça !




1) Bilan de la présidente, assez décoiffant !

Pour sa part, la Présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Madame Chantal Jouanno, dresse un bilan du débat marqué à la fois par le contexte de la loi pour un Etat au service d’une société de confiance, c’est-à-dire intervenant avant que le projet soit définitivement arrêté, et par la crise sanitaire consécutive au Covid.

Ce bilan pointe un certain nombre de contradictions entre le droit, les discours et les faits qui ont conduit une partie du public à utiliser les termes de « débat en trompe l’œil ».

Enfin, après 9 débats publics sur des projets de parcs éoliens, la CNDP ne peut que constater, pour le regretter, qu’une nouvelle fois, la carence des données environnementales n’a pas permis de faire de ce facteur un critère discriminant pour le zonage.

1a) Controverses et questionnements sur le fond et la PPE : la PPE n’est pas en débat ?? Ben si ! )

 Les controverses et questionnements soulevés lors de ce débat public ont été relativement classiques : opportunité et coût de l’éolien en mer, en particulier l’éolien flottant ; scepticisme sur les emplois et retombées économiques locales ; interrogations récurrentes sur le bilan carbone ; conflits d’usage et possibilités de pêcher au sein des parcs ; visibilité sur les projets de parcs futurs ; indisponibilité des données environnementales..

Le rapport revient plus loin sur cette question de la PPE :

 « La maîtrise d’ouvrage invoque la SNBC et la PPE à l’appui du projet présenté (dossier du maître d’ouvrage, page 12). La PPE prévoit notamment un projet d’éolien flottant en Bretagne sud (document de consultation du public, page 128). Comme la PPE a fait l’objet d’un débat public, il pourrait être argumenté que l’opportunité du projet n’était pas en débat. C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’exposé de la maîtrise d’ouvrage lors de la réunion de clôture le 17 décembre ; après avoir rappelé la PPE, , il est annoncé dans la partie « Ce que l’État va faire »

« Il est d’ailleurs à noter qu’en plusieurs occasions le public a mis en doute la sincérité du débat, estimant que la décision était de toute façon déjà prise »

Sur ce point, la position de la CNDP est claire et sans ambiguïté :

« Or il s’avère que l’opportunité des projets est bel et bien en débat lors des débats publics. Les textes comme la lettre de mission de la présidente de la CNDP le rappellent sans ambiguïté, et le public ne s’est pas privé de s’en saisir »

Commentaire sur la PPE : la PPE n’est pas gravée dans un marbre divin, elle résulte en fait d’un compromis bassement politicien, et en limitant la part du nucléaire à 50% dans le mix électrique, elle va à l’encontre des objectifs climatiques et des lois physiques. Il faudra vraiment envoyer la PPE à sa place naturelle, la poubelle.

Un certain nombre d’incohérences et, en conséquence, des doutes sur la sincérité  de l’Etat et des porteurs de projet : un parc, deux parcs, trois parcs ?

« Grâce à la Commission, le public a également mieux compris les procédures et parfois leurs incohérences : un projet de ferme pilote « Groix Belle-Île » dont le retour d’expérience n’est pas attendu pour lancer un parc « industriel » ; un zonage annoncé comme distinct de la ferme pilote mais qui en intègre une partie ; un débat public qui doit légalement questionner l’opportunité du projet et son zonage mais dont les maîtres d’ouvrage n’attendent pas le compte rendu pour annoncer la poursuite du projet et voter le maintien du zonage dans le cadre de la CRML. !!! ( NB Conférence Régionale de la Mer et du Littoral)

Ces contradictions entre le droit, les discours et les faits ont conduit une partie du public à utiliser les termes de « supercherie » ou de « débat en trompe l’œil ». Le temps du débat public est fondamental pour le décideur mais délicat. Il est fondamental dans la mesure où il lui permet de mesurer sa conflictualité potentielle et ses conditions sociales de faisabilité. Il est délicat car c’est un acte de confiance réciproque où chaque contradiction est source de défiance »

Commentaire : eh ben ça, pour un commentaire, c’est un commentaire ! Rendons hommage à la Commission, aux Commissaires et à son président, M. Laurent Pavard dont, pour ce je peux en constater le compte-rendu me parait honnête, et même courageux ; même si la conclusion logique n’en est pas tirée : il faut abandonner ce projet

Le rapport revient plus loin de façon plus précise sur ce point

«  Le débat ne serait que de principe, la décision serait de toute façon déjà prise….En outre, l’État cacherait ses intentions à long terme : le projet en débat ne serait qu’un « saucissonnage » d’un plan à long terme qui verra d’autres projets dans la zone. Certaines annonces ministérielles et le précédent du projet pilote des éoliennes de Groix Belle-Île ont pu conforter le public dans cette impression »

De fait, cette attitude de méfiance est parfaitement justifiée par l’attitude de l’Etat et les  confusions et mensonges sur le projet EFGBI (projet expérimental Groix Belle iles, 3 éoliennes flottantes ) : le discours tenu lors de la concertation EFGBI (en substance  : «  ce projet n’est pas la porte d’entrée vers un projet de plus grande ampleur, s’il y a un autre projet, ce sera autre chose et plus loin ») a été démenti par le projet mis en débat, dont la technologie est comparable et pour lequel la zone d’étude empiète partiellement sur l‘implantation des éoliennes EFBGI.

Au-delà, le public n’a pas compris que l’on n’attende pas les enseignements d’un projet présenté comme expérimental avant de lancer un projet commercial, qui plus est de grande ampleur. En fait, selon le calendrier, aucun enseignement ne sera tiré de la ferme pilote avant le lancement de ce nouveau parc. Donc la ferme pilote n’aura aucun intérêt.

Commentaire : moi non plus

Et il y a pire encore : lors du débat,  l’énergéticien Vattenfall a fait valoir qu’« il est crucial que le débat permette d’identifier un gisement total potentiel sur cette superficie de 1 300 km², c’est-à-dire non seulement les zones pouvant accueillir des projets de 250 MW et 500 MW mais également les zones pour des appels d’offres qui pourront être prévus pour la période au-delà de celle couverte par la PPE actuelle »

Ce qui donne raison à plusieurs intervenants et à l’association Holigroix :  « Le piège : accepter un parc, c’est accepter son extension ultérieure ;  « Jamais le projet éolien flottant n’est présenté dans sa globalité d’occupation de toute la façade maritime comme un seul projet mais comme plusieurs projets, il y a donc supercherie pour les habitants du littoral qui en découvrent peu à peu l’ampleur réelle »

2) Quelques autres points du rapport principal

2a)Les limites de la loi ESSOC 

la  loi ESSOC stipulant que le débat intervient avant le choix d’un opérateur et donc la définition précise d’un projet, le public n’a eu que peu d’éléments concrets sur les caractéristiques du projet. De même, les études de caractérisation de site n’ont pas été menées, la maîtrise d’ouvrage considérant qu’elles ne peuvent être conduites qu’à l’échelle de la zone de projet et non à l’échelle de la macrozone. Seules des études bibliographiques avaient été menées avant l’ouverture du débat.

Enfin, la sécurité et les contraintes de navigation à l’intérieur des futurs parcs ne seront précisément connues qu’une fois le projet étudié.

Pour résumer, on a demandé au public de débattre d’un projet de projets ou même d’un projet de programme portant sur deux projets de parcs et leur raccordement mutualisé. Ceci explique que les réponses aux questions du public en sont parfois restées au stade des généralités, alimentant un certain sentiment de frustration

Commentaire : Et on appelle ça la loi pour un Etat au service d’une société de confiance !

2b) Un projet controversé :

 « Si la majorité des élus qui se sont exprimés ont soutenu le projet, à l’exception notable du président du Conseil départemental du Morbihan, ont soutenu le projet, le public lui a réservé un accueil partagé : une majorité des contributions en ligne se déterminent sur l’opportunité du projet, et elles se répartissent de façon à peu près égale entre soutiens et opposants »

Commentaire :  Oh Monsieur Pavard ! à peu près égale entre opposant et partisans ??? on préférera cette formulation  « La proportion d’opposant clairement exprimés approche la moitié des expressions en ligne, sans que l'on puisse qualifier l'autre moitié de défenseurs du projet» (NB en raison des conditions ou restrictions qu’ils opposent au projet Bon, en fait, ça nous fait près de 70% d’opposants en fait.

2c) Les interrogations sur  le coût :

Le prix cible de rachat de l’électricité annoncé dans le dossier du maître d’ouvrage, d’un montant de 120 € /MWh, a suscité des interrogations de certains participants au débat, d’autant que les résultats de l’appel d’offres de Dunkerque (44 €/MWh) ont été fortement mis en avant durant le débat. Ce prix cible est inscrit dans la PPE sans plus de détail et les études de l’ADEME se bornent à le mentionner comme référence sans l’approfondir ; il paraît donc nécessaire de le justifier pour la bonne information du public. Cette question fait l’objet d’une recommandation, numérotée n°1, de la CPDP.

Par conséquent, en supposant un prix de l’électricité fixé par le lauréat à 120 €/MWh (tarif cible indiqué dans la programmation pluriannuelle de l’énergie) et des prix de marché de l’électricité de 40 €/MWh sur 20 ans, le coût de soutien s’élèverait à 80 M€ par an, soit 1,6 Mds d’€ sur 20 ans

Le coût du raccordement dépendant de l’éloignement de la station en mer, lui-même subordonné à la localisation du parc, il n’a pas été possible de le fixer.  Cependant le représentant de la CRE a tenté de donner une approximation en prenant l’exemple du parc de Saint-Nazaire : « Le budget cible pour le raccordement du parc de 500 MW était de 285 millions d’euros. Si on le ramène à l’énergie produite, ça représente 15 euros/MW.h à peu près, qu’il faut donc ajouter au niveau du coût de production de l’électricité »

Contribution :  « Que ce soit en mer ou sur terre, l’industrie éolienne est possible uniquement grâce aux subventions d’argent public. Elles sont non seulement dispendieuses, mais favorisent au travers de leur intermittence de production les émissions de CO2 . Et cerise sur le gâteau, elles détruisent l’environnement dans lequel elles sont construites. L’éolien est donc une technologie qui détruit en prétendant sauver. « 

Commentaire : pas mieux. Par ailleurs, Le résultat d’appel d’offres de Dunkerque (d‘ailleurs mal en point en raison de l’opposition motivée des Belges) ne saurait constituer un précédent : pour arriver à ce résultat,  la pression a été très forte sur EDF …Par ailleurs, la Commission européenne a accepté des tarifs de l’ordre de 120-130 € /MWh pour les parcs français (et pour de l’éolien posé, pas flottant !) en arguant des « vents plus faibles et d’une nature de sol plus complexe ». Si l’éolien n’est pas adapté aux côtes françaises, il faudra en tenir compte dans la politique énergétique.

2d)Bilan écologique et environnemental :

A) Bilan carbone : la technologie flottante étant encore en développement, les chiffres sont sujet à d’importantes variations : de 24 g/kWh à 47,3 g/kWh pour les projets de démonstration. « Le niveau pour les éoliennes flottantes de Groix et BelleÎle, c’est 36, et le projet, on sera aux alentours de 24 g de CO2 par kWh produit »

NB: le nucléaire, c'est 6gCO2/kw.h, jour et nuit, hiver et été. Et si l'on compte supplér l'intermittence de l'éolien par du gaz, le gaz c'est 420. Donc un système éolien offshore plus gaz, ça nous fait à la louche du 350gCO2/Kw.h. le moins qu'on puisse diure, c'est que lintérêt pour la décarbonation est douteux ! 

B) Bilan environnemental : « les données environnementales sont beaucoup trop parcellaires, quel que soit le segment étudié (avifaune, ichtyofaune, habitats benthiques…), pour pouvoir être utilisées comme critères de localisation des projets. »

L’association Holigroix confirme, ainsi que certains intervenants : « Comment peut-on lancer un projet aussi pharaonique, sans aucune étude d’impact sur l’environnement, avant d’avoir au moins le retour pilote des 3 éoliennes ? …  C’est donc un public peu averti qui participe à la concertation. Les vertus du parc éolien de Bretagne Sud lui sont vantées. Les vulnérabilités et incertitudes d’un projet si novateur et d’une telle envergure ne lui sont pourtant pas présentées. L’évaluation et la maîtrise des risques demeurent le territoire d’initiés, d’où le public est bien exclu.

Le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Belle-Îlel ance un avertissement : « la zone concernée par l’implantation des parcs est une aire de reproduction ou de nourricerie pour les juvéniles d’une dizaine d’espèces de poissons. La fonction biologique de cette aire est donc d’importance et tout particulièrement… pour ces premiers stades de vie qui s’avèrent être les plus fragiles » (Cahier d’acteur n° 4). Ainsi, alors que les zones fonctionnelles sont considérées comme d’intérêt essentiel, les frayères et nourriceries qui en font partie pour ce compartiment couvrent non seulement la totalité de la macro- zone mais vont aussi bien au-delà, jusque dans les estuaires et les habitats côtiers, ce qui est important pour le tracé du raccordement. ».

Avertissement confirmé par l’Ifremer : « Sur l’aspect localisation de la zone de projets, l’Ifremer, tout en réaffirmant sa bonne connaissance de ces espèces, note en réunion que les cartes descriptives des poissons, mollusques et crustacés montrent « une sensibilité très forte au niveau du sud de la zone, ce qui est finalement contraire à ce qui ressort des oiseaux »

On terminera sur cette note tragicomique de l’’OFB (Office Français de la Biodiversité ): « les sites Natura 2000, […], cela n’exclut pas un projet éolien ; il y a même des projets éoliens qui sont déjà autorisés dans des sites Natura 2000 en mer »

Commentaire : donc, on résume : impact majeur pour les poissons et pour les oiseaux mais pas dans la même zone ! ça va pas aider ! Et une confirmation : face aux très puissants lobbys de l’éolien, l’OFB se couche et envoie balader les Zones Natura 2000

Le problème du raccordement. Raccordement et zones protégées

« La zone d’étude terrestre du débat public est particulièrement vaste ; elle s’étend de Concarneau aux limites de Vannes, et du littoral jusqu’à la ligne 400 kV à une vingtaine de km à l’intérieur des terres. Ont été souvent évoqués : la nécessité d’éviter totalement ou non les zones Natura 2000 et ZNIEFF qui sont situées principalement sur la zone d’étude du raccordement, dans sa partie à terre ou en mer, proche du littoral. « Là, toute la plage en fait est protégée parce qu‘il y a des espèces d‘oiseaux, des gravelots à collier interrompu ou ininterrompu ; mais il est évident que là, si vous faites un raccordement sur ces zones qui sont hyper protégées, c‘est complètement contradictoire. La sagesse voudrait d‘éviter toutes les zones qui sont au moins des zones d‘habitats » « « Les rivages sont largement classés Natura 2000 ce qui semble incompatible avec le passage de gros câbles électriques »

« RTE et l’OFB ont précisé que les zones Natura 2000 ne présentaient pas de zone d‘exclusion et donc pas d’obligation d’évitement, mais qu’une étude d‘évaluation des incidences du projet sur le site Natura 2000 devra être menée. »… On a évité également une partie du Blavet et de la petite mer de Gâvres, puisqu‘en fait, la petite mer de Gâvres bénéficie d‘un arrêté de protection biotope. On a évité également les zones densément agglomérées de Lorient, Ploemeur et Caudan, et on a évité également une partie du Scorff, de la vallée du Scorff et donc de ses rives importantes. On évite aussi la Laïta, c‘est une zone Natura 2000. Bien que ce ne soit pas interdit de passer dans une zone Natura 2000, on se propose de l‘éviter.

Commentaire : L’empreinte au sol ou en mer des câbles de raccordement a été souvent négligée : pour les parc anglais, c’est 66% d’encombrement de l’espace maritime en plus qu’il faut considérer ! (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/vers-la-neutralite-climatique-de-lue.html)

2e) Impact majeur du facteur visuel : une révélation du débat !

« Les réactions vives et nombreuses du public sur l’impact visuel des parcs, très peu anticipées dans le DMO, ont été une des principales révélations du débat… Une partie du public a contesté la sincérité des photomontages, en mettant en avant le fait que certaines photos avaient été réalisées en contre-jour avec un soleil bas pour certaines : ils sous-estimeraient la visibilité des installations

Même imparfaits, ces photomontages réalisés par la maîtrise d’ouvrage nt contribué à mettre en évidence une forte sensibilité du public à l’impact visuel des parcs éoliens. De fait, toutes les associations de riverains et propriétaires de ces zones se sont en effet prononcées contre le projet, et ce très largement en raison de son impact visuel…. La maîtrise d’ouvrage ne saurait négliger ce facteur si elle donne suite au projet.

Commentaire : C’est quand même bizarre que cette sensibilité au facteur visuel soit  considérée par la Commission comme « une révélation du débat » ! Par ailleurs, la minimisation de l‘impact visuel par les organisateurs du débat ‘ pas été que contestée, elle a été sérieusement argumentée (cf. les arguments de l’association Gardiens du Large.

Par ailleurs cette minimisation systématique de l’impact éolien par les documents, illustrations, photomontages fournis par les porteurs de projets est une plainte récurrente des associations et des riverains. Les débats se déroulent sous la garantie de l’Eta, il faudra trouver un moyen pour qu’il assure la sincérité de ces documents extrêmement importants

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html?m=1



2f) La localisation du projet : l’accord impossible !

« la CPDP a constaté l’impossibilité d’aboutir en l’état à une zone consensuelle de projet d’une taille suffisante pour l’accueil des deux parcs éoliens » (en effet, entre le rejet par une grande majorité du public des zones les plus proches de Groix, Belle-Île-en-Mer et de la presqu’île de Quiberon, la préférence des promoteurs pour une zone « centreouest » et leur refus de considérer des fonds rocheux qui renchérirait l’ancrage, ; la préférence des pêcheurs bretons pour une zone à cheval sur la zone territoriale et la zone économique exclusive) ; la préférences des pêcheurs ligériens pour une autre zone complétement incompatible, c’est assez difficile !

Notons aussi ceci : La Région Bretagne s’est fortement investie dans la préparation comme dans la présentation du projet…le Conseil Général du Morbihan est farouchement contre !

Commentaire : Féroce :  ce n’est plus NIMBY (Not in my backyard), mais Oui, dans le backyard des autres ! ( je laisse totalement libre la traduction de backyard)

2g) Emploi et Fiscalité : des promesses qui n’engagent que ceux qui veulent bien les croire !

 «  À terme, la filière pourrait créer 15 000 emplois sur le territoire national » …

Commentaire : Ben, pas grand nombre n’y croit , et ii faudrait faire un bilan global…comprenant aussi les emplois détruits. Pour mémoire, La Cour des Comptes dans son rapport sur les ENR de 2018 corrige sévèrement les projections de l’Ademe chiffres d’emplois dans les ENR, rappelant que seulement 15% sont des emplois industriels pérennes..

« Cette capacité de l’économie locale à bénéficier des retombées du projet a été mise en doute à la lumière de l’expérience du parc de Saint-Brieuc : « J’ai l’impression de revivre le débat public de Saint-Brieuc… c’était Areva avec Iberdrola, aujourd’hui c’est Siemens-Gamesa avec Iberdrola, et la plupart des travaux sont faits ailleurs qu’en Bretagne. Une bonne partie en Espagne, 1000 emplois, 250 emplois à Brest temporaires, c’est-à-dire une fois que ce sera fini, s’il n’y a pas un relais pour un autre parc, ces emplois disparaissent, donc on est très loin des promesses qui avaient été faites » (CGT, réunion publique du 9/10/2020)

«  L’exemple du projet de Saint-Brieuc atteste en effet de l’écart entre les promesses de création d’emploi dans la phase de concertation préalable au projet et la faiblesse des retombées une fois le projet lancé. La Cour des Comptes a par ailleurs exprimé de fortes réserves sur la réalité du potentiel de développement de l’industrie française à l’export, considérant récemment que les objectifs industriels étaient devenus secondaires » (Cahier d’acteur n° 14 - Horizon groisillon).

Les conséquences possibles sur l’activité touristique, avec des retombées négatives sur l’emploi de ce secteur, sont également évoquées, le bilan net risquant en définitive d’être négatif : « Créer des emplois “éoliens” au détriment de ceux liés au tourisme sous toutes ses formes est un marché de dupe, le rapport est clairement sur ce point en défaveur de l’éolien »

Fiscalité : « Il est impératif que le territoire le plus impacté par l’implantation des éoliennes bénéficie à plein de cette base. Les élus(es) de Lorient Agglomération seront très attentifs à ce que ce point soit éclairé favorablement »

Commentaire : la course aux retombées fiscales, un sport hasardeux. Demandez aux communes déjà impactées par l’éolien…

2h) Les conflits d’usage : pêche, plaisance

Les usagers :  Au-delà de confirmer sa volonté de favoriser la cohabitation des usages, la maîtrise d’ouvrage n’a apporté que peu de réponses aux questions des usagers… Les représentants de l’État ont affiché tout au long du débat leur volonté de favoriser la cohabitation des usages à l’intérieur des futures installations. Mais cette position est restée de principe… Le retour d’expérience des parcs posés n’est en effet que peu transposable au flottant (à cause, entre autres, de l’incidence des dispositifs de mouillage et des câbles électriques)

Commentaire : ben encore une fois, le commentaire du compte-rendu est assez saignant !

Pêche : le problème n’est pas réglé  : Le CRPMEM estime le nombre de navires pêchant dans la zone entre 211 et 228 suivant les années dont 110 de longueur inférieure à 12 mètre. Les comités des pêches ne contestent pas les chiffres de fréquentation figurant dans l’étude CEREMA fournie par la maîtrise d’ouvrage mais ils en rappellent les limites : ces chiffres ne sont représentatifs ni de l’ensemble des flottilles de pêche, en raison des limites des méthodes de recensement, qui sont limitées aux navires dotés d’AIS, soit de plus de 12 mètres, ni de la valeur économique de l’activité.

«On pratique la pêche au filet et au casier, aux nasses principalement pour pêcher les congres. Toutes ces zones au niveau de ce qu’on appelle la barrière, toute cette zone représente un quart de mon chiffre d’affaires, et même plus, et on y passe entre trois et quatre mois par an en fonction du temps. On nous impose des éoliennes. De toute manière, on n’a pas le choix, on nous les impose. »

Les comités des deux régions ont rappelé le risque d’un Brexit qui fait planer la menace d’une concurrence accrue sur la ressource.

Les comités des pêches breton et ligérien ont défini des zones différentes, correspondant aux moindres conséquences pour l’activité de leurs pêcheurs. Le comité breton a présenté son zonage comme non négociable :Les comités bretons (CRPMEM et CDPMEM 56) ont présenté lors des réunions des 20 et 27 novembre consacrées aux usages une zone de moindres contraintes de 226 km² pour l’ensemble des 2 parcs projets (250 MW et jusqu’à 500 MW), à l’intérieur de laquelle la recherche de l’implantation du parc pourra être poursuivi…Le comité des Pays de Loire (COREPEM), tout en jugeant le projet inopportun, propose de son côté une localisation dans le coin nord-ouest de la macrozone, qui est la moins fréquentée par les pêcheurs des Pays de la Loire.

Par ailleurs, La proposition des pêcheurs bretons correspond grosso modo aux fonds de roche où les arts traînants, incompatibles avec l’existence d’un parc flottant, ne sont pas pratiqués (présentation du Comité des pêches le 20 novembre), mais que les développeurs souhaitent au contraire éviter en raison des travaux de fondation plus importants et des surcoûts associés !

Commentaire : c’est pas gagné ! les deux zones sont complètement différentes et exclusives

Plaisance : le grand flou « La région maritime (Finistère Sud, Morbihan, LoireAtlantique et Vendée) représente plus du tiers de la France métropolitaine. La zone est considérée comme « le berceau » ou aussi « le paradis de la voile » et reçoit de nombreux navigateurs étrangers ». «  On est très étonné de voir des cartes, des arguments extrêmement intéressants de la part des pêcheurs professionnels ou des énergies maritimes renouvelables, mais rien sur la plaisance en matière de chiffres ».

Sans être totalement affirmative, la préfecture maritime a précisé lors des réunions publiques que la traversée des parcs ne serait pas interdite à la plaisance (hors grands gabarits et hauteurs) mais que les manifestations nautiques y seraient, sauf exceptions, interdites. « il y aurait probablement des mesures d’exclusion, en tout cas ces distances d’exclusion minimales sont posées dans une des notes techniques, 50 mètres autour de chacune des éoliennes, 200 mètres autour de la station électrique. »

L’importance de la route de navigation allant des îles de Glénan à Belle-Île est également soulignée. Elle conduit la FNPAM à préconiser une installation des parcs à plus de 10 milles au large de cette ligne. Au total, une convergence des points de vue se dégage pour localiser des parcs au-delà des eaux territoriales, les plus pratiquées par le nautisme.

Conclusion : Désormais, le maître d’œuvre bénéficie de trois mois pour répondre ou rejeter les conclusions des débats. Le calendrier est déjà connu : premier résultat d’appel d’offre en 2021, le second en 2024. Les éoliennes devraient être en marche vers 2028

Commentaire …Compte-tenu de ce qui précède, il vaudrait peut-être mieux l’arrêter tout de suite !