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samedi 24 septembre 2022

Projet de Loi "Accélération des Energies Renouvelables" : - les Gardiens du Large écrivent aux députés et sénateurs

Inquiétés par les projets de loi éolien en Bretagne Sud, qui transforment les plus beaux paysages bretons en zones industrielles pour une bénéficle climatique illusoire, les Gardiens du Large ont écrit aux députés et sénateurs pour protester contre le projet de loi accélération des énergies renouvelables

voir aussi https://www.gardiensdularge.org/


Madame la Députée, Monsieur le Député,

Vous allez avoir à examiner un projet de loi portant sur des mesures d’urgences pour accélérer les projets d’énergie renouvelable.

Notre association, les Gardiens du Large, particulièrement implantée sur Quiberon, Belle-Île, Groix et la côte du Morbihan souhaite vous informer et vous alerter spécifiquement sur les dangers de ce texte en matière d‘éolien off-shore.

Ces mesures « temporaires », qui dureraient quatre ans, instaurent un véritable état d’exception au profit des promoteurs éoliens. Elles permettraient notamment, en soutenant que ces projets ENR répondent à un « intérêt public majeur », de déroger aux mesures de protection d’espèces protégées. Elles supprimeraient tout débat sur la disposition de chaque usine éolienne en instaurant un seul et unique débat public pour toute une façade maritime, le public ne pouvant alors s’exprimer que sur de grandes zones à vocation “éolien en mer” ! Elles limiteraient considérablement les possibilités pour les citoyens concernés et les associations de contester l’utilité d’un projet ou simplement de tenter d’en limiter les effets, et notamment les recours devant les tribunaux.

En bref, il ne resterait pas grand-chose de nos plus beaux rivages transformés en zones industrielles éoliennes, et plus rien de cinquante ans d’efforts de la protection des paysages et de la biodiversité du littoral. (Cf. lien avec un tract que nous avons massivement diffusé)

Pour mieux saisir les enjeux en termes de paysages, de biodiversité, d’activités économiques, notamment la pêche, et tout simplement de la vie de tous ceux qui aiment la mer, il faut entrer davantage dans les ordres de grandeurs et les pratiques.

Dans un exceptionnel avis conjoint de février 2022 (Quelle place pour les éoliennes dans le mix énergétique français ?), les trois Académies des sciences, des beaux-arts et des sciences morales et politiques ont dressé le constat suivant :

« Pour obtenir le permis de construire, les entreprises responsables de l'implantation des éoliennes terrestres et littorales sur une commune sont pourtant tenues de présenter une étude paysagère. Cette dernière n'est qu'un simulacre d'intégration plastique. Par conséquent, il n'est pas étonnant que se développe, chez les populations concernées, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié par une politique autoritaire dont le ressort leur apparaît avant tout idéologique.

Qui plus est, en parfaite contradiction avec la loi de protection de la Nature de 1976 et celle de la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, les études d’impact des éoliennes sur la biodiversité ont, dans le passé, démarré le plus souvent une fois l’implantation des projets décidée, négligeant la phase « évitement » de la séquence « éviter-réduire-compenser » telle que décrite dans la loi

Simulacre de concertation et tromperie sur les paysages

Un « parc » éolien est en vérité une gigantesque zone industrielle. En face des côtes du Morbihan, le parc dit de Saint-Nazaire (mais en fait plus proche de la péninsule de Guérande) comprendra 80 éoliennes hautes de 180 m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan - les deux tiers sont déjà en place.

Le parc de Bretagne-Sud comprendra d’abord 20 éoliennes sur 50 km² à 15 km de Belle-Île, 20 km de Groix, puis 40 sur 100 km2 plus au large. Soit 60 éoliennes de 260 m de haut (Tour Montparnasse 210 m).

Chacun de ces parcs occupera une superficie au moins équivalente à celle de Belle-Île (dont le point culminant s’élève à 70m !).

Enfin, en co-visibilité avec Saint-Nazaire, une troisième zone industrielle de 62 éoliennes de 210 mètres de haut est en cours d’aménagement à 11.7 km des côtes de l’Île d’Yeu et 17 km de celles de Noirmoutier !

Il est difficile de nier le gigantisme de ces installations industrielles et l’effet massif qu’elles auront sur nos paysages maritimes. Or c’est pourtant ce qui a été fait en présentant des photomontages minorant systématiquement l’impact des éoliennes par divers procédés dont la vision panoramique et des éclairages soigneusement choisis sont les plus courants.

Alors, quand malgré les simulations concoctées à leur intention, les habitants voient très nettement surgir dans leur horizon les éoliennes qu'ils n'étaient pas censés apercevoir, il y a de la sidération et beaucoup de colère. Et du désarroi de la part des maires trompés, qui ont à rendre compte- et qui au surplus toucheront une taxe éolienne bien plus faible qu’espérée. C’est ce qui se passe en ce moment pour le parc de Saint-Nazaire.

Michelle Quellard, Maire du Croisic : « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a, a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2.».

Cf. la lettre que nous avons adressée à ce sujet aux élus locaux.

Il faut encore sur ce sujet signaler une spécificité française dénoncée par le CNPN (Conseil National de Protection de la Nature): « Par facilité technique et financière, tous les parcs français actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles, entre 10 à 20 km des côtes, alors que la moyenne en Europe est de 41 km ». (Auto-saisine du CNPN sur le développement de l'énergie off-shore, juillet 2021)

Et ceci alors qu’on ne cesse de vanter la filière de l’éolien flottant, qui permet techniquement de s’éloigner des côtes !

Le projet de loi qui vous est présenté ne permettra tout simplement plus aux populations concernées de se faire entendre.

Simulacre de concertation et tromperie sur la biodiversité

Les études sur la biodiversité ont lieu après le choix des premières zones, et, pour certaines, leur résultat est attendu après la construction de la zone éolienne ! Or, comme le constate le CNPN, « les impacts potentiels sur la biodiversité́ représentés par le développement de l’éolien off-shore en France peuvent être très importants sur la biodiversité́ marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière… L’impact du bruit sous-marin continu généré par les turbines en fonctionnement est un exemple de domaine (...) dont nous ne pouvons pas encore rendre compte. Les effets à long terme sur les populations de poissons et la manière dont les changements de comportement observés affectent la condition, le succès de la reproduction et la survie des animaux, ne sont pas encore connus.» Il y a en effet beaucoup de questions qui se posent, en particulier sur la migration et l’orientation des grands dauphins et autres cétacés, très présents dans ces zones. Certains phénomènes inhabituels commencent à se répéter un peu trop souvent (cétacés remontant les fleuves ou s’échouant).

Nous n’avons aucune expérience de l’effet en milieu marin d’éoliennes géantes de 14 GW et de 250 mètres de haut, et encore moins de parcs géants d’éoliennes géantes. Des études préliminaires montrent des effets importants sur la stratification de la colonne d’eau, la turbidité, les courants et le régime local des vents.

Et là encore, une spécificité française également dénoncée par le CNPN : « La transgression de ce principe de non-installation de parcs éoliens en zones Natura 2000 (à notre connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en Allemagne) … Trois projets de parcs sont en infraction à ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône et le projet d’Oléron ».

Le projet de loi qui vous est présenté ne permettra tout simplement plus de prendre en compte la protection de la biodiversité.

Simulacre de concertation et tromperie sur la pêche

Sur aucun des parcs projetés, il n’a été possible d’obtenir un compromis jugé acceptable par les pêcheurs. A Saint-Brieuc, Erquy (pourtant exemples de pêche gérée durablement), Le Tréport, Noirmoutier, les pêcheurs n’ont pas été entendus et se mobilisent. Leur inquiétude est réelle, ils savent leur survie en cause, car leurs collègues étrangers de la Mer du Nord les ont prévenus :

Job Shott, président d’EMK (syndicat des pêcheurs néerlandais) : « Avec ce qui est construit ou décidé en Mer du Nord, 25% des zones traditionnelles de pêches sont déjà occupées…Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer. Il ne nous reste presque rien au sud de la mer du Nord. Ce sont des espaces où nous avons toujours pêché de génération en génération. Pendant combien de temps encore pourrons-nous déguster du poisson frais dans notre assiette ? »

Là encore, il y a simulacre de concertation et mensonge lorsque les plus hautes autorités de l’Etat laissent croire que la pêche sera possible dans les parcs. Et quant au fameux « effet récif », le CNPN a fait valoir qu’il n’avait été nullement démontré sur des fonds rocheux, et qu’au surplus, il favorisait surtout le développement d’espèces invasives indésirables.

La Commission pêche du Parlement Européen a souligné que les parcs éoliens ne devraient être construit qu’en l’absence d’incidences négatives sur la pêche, qu’il y avait un véritable risque sur « l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire », et appelé l’Union à légiférer davantage « si les États membres n’intègrent pas équitablement les pêcheries dans leur planification de l’espace maritime ».

Le projet de loi qui vous est présenté va exactement à l’inverse de ces préconisations et ne garantit nullement la compatibilité de la pêche et de l’éolien off-shore.

Madame, Monsieur le Député,

Dans ce courrier déjà long, nous n’avons pu aborder que quelques aspects d’un programme éolien off-shore massif qui représente « une menace imminente d’une ampleur telle qu’elle hypothèque l’avenir de la vie marine côtière » (Sea Shepherd) dans tous ses aspects.

Nous tenons aussi à rappeler que ce programme éolien massif est inutile à court terme car ne permettant pas de suppléer à un manque d’électricité pilotable ou de contribuer au problème des pointes électriques de consommations ; et que de façon générale, miser sur l’éolien pour décarboner l’électricité et sortir des fossiles est un peu l’équivalent de se jeter à l’eau pour éviter d’être mouillé, tant il est reconnu que dans la situation française la réponse à l’intermittence de l’éolien ne peut se trouver qu’en recourant massivement à des sources de production pilotables carbonées. Devant la Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables (Commission Aubert) formée par l’Assemblée précédente, l’un de nos meilleurs experts en matière de transition énergétique, M. Jean-Marc Jancovici déclarait à propos de l’éolien off-shore, de piètre efficacité dans la lutte contre le dérèglement climatique : « S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! ».

De par sa nature d’énergie très peu dense, l’éolien off-shore occupe de vastes étendues marines qui se trouvent ainsi privatisées au profit de quelques groupes très puissants et souvent étrangers. C’est ignorer que pour reprendre l’expression d’un Commissaire de la Commission Nationale du Débat Public, « la mer n’est pas vide et contrairement à l’apparence, elle n’est pas libre ».

Pour l’ensemble de ces raisons, et pour que nous puissions préserver un patrimoine naturel dont nous avons hérité et que nous devons transmettre, nous vous appelons, Madame la Députée, Monsieur le Député, à rejeter purement et simplement ce texte.

En vous remerciant de l’attention portée à ce courrier, nous vous prions d’accepter l’expression de notre considération ; et peut-être aurons-nous le plaisir de vous voir dans une Bretagne aux libres horizons !

Voir https://www.gardiensdularge.org/




vendredi 5 août 2022

Les éoliennes à moins de 20 km des côtes, ça se voit ! La Bretagne sacrifiée, les maires et les habitants dupés

 cf. également sur ce blog  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/02/eoliennes-flottantes-bretagne-sud.html etc, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/12/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html;

Deux gigantesques zones industrielles éoliennes sont en cours d’implantation en proximité des côtes du Morbihan.

Le « parc de Saint-Nazaire » (mais en fait plus proche du Croisic et de Hoëdic que de Saint Nazaire !) comprendra 80 éoliennes hautes de 180m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan. La zone occupée (accès interdit) correspond en gros à la surface de Belle-Île. Environ les 2/3 des éoliennes sont en place.

Le parc Bretagne-Sud sera attribué à la fin de l’été. La zone choisie pour installer 62 éoliennes (dite zone « ministre » - cela indique bien qui décide finalement malgré toutes les « concertations ») se situe à 16 km des côtes de Belle-Île et 18 km de celles de Groix et de Quiberon. L’occupation résultante sera équivalente à celle du projet de Saint-Nazaire et les éoliennes significativement plus hautes (260 mètres)

Pour mémoire, le point culminant de Belle-Île (Croix du Run à Borvran) s'élève à 70 mètres.!!

Et, non loin du parc de  « Saint-Nazaire » et en covisibilté avec lui, une  troisième zone industrielle de 62 éoliennes de 210 mètres de haut est en cours d’aménagement à 11.7  km des côtes de l’Île d’Yeu et  17km de celles de Noirmoutier ! Décidément, ce littoral est bien sacrifié !

Il est important d’avoir ces ordres de grandeur en tête pour saisir l’effet massif sur les paysages et l’environnement de sites maritimes parmi les plus beaux et emblématiques de la Bretagne.


Et pour comprendre les premières réactions des maires des principales communes concernées par la zone éolienne dite de Saint-Nazaire, avant-même que les installations soient terminées.

« Saint-Nazaire » : Des maires doublement dupés par l‘Etat et les porteurs de projets

L’Echo de la Presqu’île et de Saint- Nazaire a titré le 26 juillet : Eoliennes en Mer, le choc visuel . Les déclarations des maires témoignent d’une sorte de sidération.


Michelle Quellard, maire du Croisic: « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2 et celui du Pouliguen de 22 km2. »

Marie-Catherine Lehuede, maire de Batz-sur-Mer: « Il y a un sujet qui me met en colère, celui du parc éolien... Les éoliennes qui ne devaient être à peine perceptibles sont aujourd’hui trop visibles de la côte. En tant que citoyens batziens, nous sommes tristes de voir la ligne d’horizon dénaturée sur l’ensemble de notre littorale »

Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet: « À l’époque, on m’a toujours dit qu’elles seraient de la taille d’une allumette. Il y a un phénomène qui est dingue : comme pour le phare de la Banche, il y a des jours où on ne les voit pas même quand il fait beau et d’autres jours, on a l’impression qu’elles sont juste en face de nous »

Franck Louvrier, maire de La Baule: « L’aspect visuel, subjectivement, je ne l’apprécie pas... Ce que je regrette énormément dans ce dossier, c’est qu’on n’ait pas assez consulté la population. C’est vraiment l’erreur de départ ».

David Samzun, maire de Saint-Nazaire: « On n’imaginait pas que les éoliennes se verraient autant ».

Sidération et étonnements sont surprenants ; car enfin, il était assez facile de réaliser que les simulations et photomontages publiés lors des phases de concertation minimisaient grossièrement l’impact visuel des éoliennes, notamment par l’usage de vues panoramiques et d’éclairages particuliers (contre-jours… ). Une démonstration très explicite concernant Bretagne Sud et les côtes de Belle-Île, Quiberon et Groix peut être trouvée sur le site des Gardiens du Large ( https://www.gardiensdularge.org/page-vierge )

Et quant à ceux qui espéraient « compenser » ( !) cette mutilation de leur patrimoine naturel contre le plateau de lentilles de la taxe éolienne… là aussi, il y a eu duperie caractérisée et beaucoup de petits cailloux à la place des lentilles :

« Il m’appartient en revanche de regretter le mode de calcul de la compensation financière, qui s’appuie sur la population municipale et qui ne prend en compte ni les résidents secondaires ni le surclassement démographique. Or, pour une commune comme Batz-sur-Mer, cela change tout ! »( Marie-Catherine Lehuede) ; « Je ne connais pas le budget qui sera versé, mais il est calculé sur une population Insee de 4120 habitants au lieu des 7500 qui tient compte des résidents secondaires, …Cela ne nous va pas. Et nos résidents secondaires qui ne viennent pas seulement l’été sont tout autant pénalisés ! »( Michelle Quellard).

Alors, pour Bretagne-Sud, cette seconde zone éolienne autour de Belle-Île, Stop ou Encore ?

Les maires vont-ils  accepter ce projet qui « serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé » ( François Goulard, alors Président du Conseil Général du Morbihan) ?

En sachant au surplus que les parcs existants auront vocation à partir de 2024 à accueillir des extensions ?

Il est encore possible de s’opposer à cette folie qui ne présente qu’un intérêt nul ou très faible pour la transition énergétique.

Pour plus d’information sur l’action des Gardiens du Large , ci-joint un tract estival que nous diffusons massivement ; n’hésitez pas à le faire circuler !


N’hésitez pas non plus à vous renseigner sur le site internet, ou à contacter si vous avez des questions ou suggestions :

www.gardiensdularge.org

contacts@gardiensdularge.org

dimanche 14 mars 2021

Projet d’éoliennes flottantes au sud de la Bretagne-Analyse du débat par la Fédération Gardiens du Large

 Le document intégral peut être trouvé sur https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2015/08/Gardiens-du-Large-Analyse-D%C3%A9bat-Public.pdf?fbclid=IwAR2WXDdn-hX8Jv7nYZYIjeYSWOvYdk4FwNx_RHd7CV6L6HPbmDHtpX0ZDX4

 NB : Rappel Ce blog fait suite au précédent…et à beaucoup d’autres

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Rappel : il s’agit d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Point de vue de M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

 Extraits

 Un avantage nettement en faveur des contre qui devrait conduire à l’abandon du projet

 « Après avoir classé les avis dans 4 catégories assez marquées : « Pour », « Contre », « Oui, mais si », « Ni oui ni non », nous avons choisi de faire une analyse des arguments utilisés par leurs auteurs. Les « Contre » représentent 50,4 % des avis, et utilisent 13 familles d’arguments, dont les majeurs concernent les aspects techniques, l’inefficacité en termes de stratégie bas-carbone, l’environnement. Les « Pour » représentent 29 % des avis, et utilisent 8 arguments, souvent peu étayés, dont les majeurs répètent à l’envi que l’éolien est une énergie propre, décarbonée, de substitution au nucléaire… sans jamais apporter de contre-arguments aux préoccupations des « Contre ». (

 Les « Oui, mais si » et les « Ni oui ni non » représentent plus de 20 % des avis. Ce grand nombre d’incertains, comme la pauvreté des arguments des « Pour », traduit une réelle carence d’information objective et contradictoire.

L’avantage est nettement en faveur des « Contre ». Si la pertinence des arguments « Contre » concernant l’inefficacité du procédé en termes de stratégie bas-carbone était validée à l’issue d’un véritable débat, ces arguments seraient tout à fait opposables aux décisions politiques à l’origine de ce projet, puisqu’ils démontreraient que ces décisions vont à l’encontre du but recherché : une énergie propre, et décarbonée. Il faut donc qu’ils soient soumis à une réelle expertise contradictoire, ce qui ne fut pas le cas au cours de ce débat…

Il est étonnant que l’on ne trouve pas, dans les avis « Pour », des contre-arguments qui annulent les arguments « Contre » : La teneur des arguments « Pour » dénote un grand manque d’information, et ils procèdent le plus souvent d’un choix purement émotionnel ou idéologique. L’argument du remplacement du nucléaire par l’éolien le montre bien : aucune information objective n’a été faite sur ce point. Pas plus que sur la question de l’intermittence et de ses conséquences, pourtant rédhibitoires.

D’ailleurs, il est étonnant qu’à l’issue du débat, beaucoup de questions soulevées par les « Contre » restent sans réponse des Maîtres d’Ouvrage. D’autant plus qu’elles concernent des problèmes visiblement méconnus des « Pour »...

 Il est important que ce débat apporte des conclusions qui éviteront de faire des erreurs à beaucoup plus grande échelle. Et ces conclusions doivent naturellement inclure la possibilité d’abandonner tout projet de ce type. »

Commentaire : les Pour représentent 29% des avis et pour une part sont guidés par une idéologie antinucléaire et leur argument sont faux. Les « oui mais si » et les » ni oui ni non » apportent de telles réserves….qu’elles rendent le projet non viable, et le compte rendu du débat par a CNDP devrait leur permettre de s’en rendre compte..

cf.  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Alors oui, la seule conclusion possible, c’est l’abandon de ce projet !

Un débat tronqué et très très partial : l’ampleur des sacrifices dissimulés, un parc en cache beaucoup d’autres

L’organisation de ce débat a failli sur trois premiers points  :

1) Une population mal informée,

2) Une question unique et restrictive (quel emplacement dans une zone fixée), indiquant que le reste était non négociable !

3)  Une présentation du projet partiale : des documents orientés présentés par le seul Maître d’Ouvrage, des animateurs représentant le seul Maître d’Ouvrage, une absence de contradicteur, une propagande cachée, Des réunions publiques confidentielles.

Signalons que l’association Sauvons Le Climat a été empêchée de participer au débat alors que sa présence avait été acceptée dans un premier temps : Le Télégramme du 18/09/2020 se fait l’écho d’une vive protestation de l’association « Sauvons le climat » invitée à intervenir puis écartée du débat : la raison officielle est un changement dans les modalités d’organisation, ce qui est bien peu convaincant…

L’annulation de notre participation a eu lieu dans des conditions « qui ne font que confirmer que ces débats ne sont ni contradictoires, ni ouverts. »

Il faut aussi signaler une atmosphère de culpabilisation malsaine sur le thème la Bretagne n’est pas indépendante énergétiquement, elle a refusé Plogoff, elle ne doit pas faire échouer la transition énergétique : Témoignage: « L’étiquette "Transition Ecologique" de ce projet place une partie de la population mal informée dans une quasi-obligation de s'y soumettre, alors que ce projet "Industriel" n'apporte aucune garantie et les habitants doivent en être informés ».  

Ajoutons, et cela est aussi souligné dans le rapport de la CNDP, que l’ampleur de l’agression contre les côtes est dissimulée, et que là où des zones éoliennes seront acceptées, d’autres viendront ensuite :  «  Les 62 machines du projet, ce sont quelques arbres qui cachent la forêt… Car si l’on en croit les décisions prises par Madame la Ministre de la Mer, au moins 4 500 éoliennes format « Tour Eiffel » seront plantées d’ici 2050 le long de nos côtes. »

Un peu plus loin, les Gardiens du Large citent la PPE et préviennent : « dispositions prises dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie qui prévoit, page 131 : « A partir de 2024, des appels d’offres seront notamment lancés sur des extensions de parcs éoliens en mer attribués précédemment avec raccordement mutualisées » et page 134 : « Lors du lancement d’un nouveau projet, l’État envisagera systématiquement la réalisation d’une extension… ».

Cela, on s’est bien gardé de l’expliquer aux riverains, aux pêcheurs et autres professionnels….

Les élus locaux oubliés du débat, c’est fâcheux

« Très peu d’élus se sont exprimés. Un très petit nombre seulement s’est exprimé, la plupart de ces derniers soutenait déjà sans réserve le projet bien avant l’ouverture du débat, tels les élus majoritaires de Lorient ou la Conseillère Régionale en charge de son suivi pour le compte de la Région Bretagne qui s’est déclarée partenaire officiel du projet… »

Il faut dire que lorsqu’un élu s’exprime contre le projet, son avis n’est guère répercuté ; ainsi  M. François Goulard

«Seul un élu, le Président du Conseil Départemental du Morbihan, Monsieur François GOULARD, a fait part au Préfet par un courrier du 1er septembre 2020 de « son opposition déterminée à ce projet ». Ce courrier, adressé au Préfet dans le contexte d’une réunion de présentation du projet avec le Président du Conseil régional, n’a pas été rendu public par la CPDP. Ce n’est que 3 mois plus tard, le 5 décembre 2021 qu’il a été publié par le Directeur de Cabinet du Département noyé dans la masse, passant quasiment inaperçu dans la seule rubrique « avis » du site du débat public. »

Commentaire : il s’agit quand même de M. François Goulard, président du Conseil Général du Morbihan. Est-ce un hasard si la région Bretagne appuie le projet…sauf le département le plus impacté ?

Mais la plupart des élus sont resté en dehors du débat, par désintérêt ou manque d’information, ce qui est dramatique pour la démocratie..

Ainsi « La commune de Névez a reçu tardivement l’information de ce projet. Et seul un débat public a été inopinément ajouté au planning le 3 novembre 2020 au CAC de Concarneau. Il n’aura pu finalement se tenir à cause du contexte sanitaire de confinement. La commune de Névez n’est actuellement que le spectateur de ce projet…Pourquoi ne pas avoir associé les communes susceptibles d’être choisies dès les secteurs identifiés ? »

Concernant le Grand Site de France « Les Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon », on relèvera qu’une question identique a été posée par un élu en fin de la réunion plénière du Conseil Syndical en charge de la gestion du GSF qui s’est tenue le 6 octobre 2020. Cette question est restée sans réponse, le Président ayant simplement déclaré qu’il venait d’apprendre l’existence de ce projet, confirmant le sentiment partagé par nombre d’élus interrogés…

A notre connaissance, aucune autre assemblée d’élus n’a débattu de ce projet ni même informé ses représentants de son existence. Nous citerons notamment la communauté de 24 communes « Auray Quiberon Terre Atlantique » dont les limites maritimes sont pourtant concernées par le projet et dont deux de ses compétences, au moins, auraient pu lui permettre d’en débattre légitimement, notamment celle relative à l’environnement et celle relative au tourisme. »

 Les oubliés du débat :  Nombre de personnes ont découvert l’existence du projet en toute fin de débat public, notamment les Finistériens. Certaines s’en sont formalisées par écrit : Un des tous derniers avis déposé le soir dudernier jour du débat public en témoigne avec force : « le Finistère Sud a pris connaissance de ce débat très tard, souvent par le bouche à oreille, ce qui est mon cas » (Avis A482 déposé le 21 décembre à 22 heures 13)

Des cahiers d’acteurs … et surtout des prospectus publicitaires !

« D’après la CPDP, dans les cahiers d’acteurs, « les personnes morales (institutions, associations, partis politiques, organismes…) ont pu détailler leur point de vue sur le projet d’éoliennes ».Résultat : Il y a 47 cahiers d’acteurs, dont 18 plaquettes commerciales : 18 acteurs qui se soumettent à un casting pour savoir qui jouera la partie (construction, exploitation, maintenance, conseils en tous genres), comme si nous en étions déjà à l’appel d’offre… Dans ces publicités, les « acteurs » flattent le Maitre d’Ouvrage en louant ses objectifs et en utilisant ses arguments, dont ils se font l’écho fidèle, considérant comme acquis tous les paramètres déjà fixés par lui. »

Ces cahiers d’acteurs  fournissent quand même l‘occasion d’apprendre certaines choses. Ainsi, pointés par Gardiens du Large :

Naval group et le brillant futur de l‘éolien offshore : « Dans la liste de ces « acteurs » inopportuns, on trouve Naval Energies, filiale à 100% de Naval Group, qui écrivait en décembre 2020 « Naval Energies développe une offre complète : conception des flotteurs et des ancrages, fabrication et installation en mer ». « Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export (Japon, Royaume-Uni, Corée, etc.) », Ajoutant avec force « Les perspectives de développement de cette filière sont immenses… ».

Patatras et boule de gomme !

« 2 mois plus tard, début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification dans le secteur des énergies marines renouvelables en s'apprêtant à cesser les activités de sa filiale Naval Energies, met en avant l'immaturité du marché des énergies marines renouvelables », et déclare « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »…

Comme le signalent les Gardiens du Large, ce communiqué n’est pas de nature à faciliter l’identification d’un repreneur…

Le cahier d’acteur n°37 ou explication de gravure entre promoteurs éoliens

Ce cahier d’acteur précédemment cité, a été déposé par la Société FEFGBI, sans doute pour le compte d’EOLFI, opérateur de la ferme pilote des 3 éoliennes à côté de Groix. Et leurs observations, ça vaut le détour !

« La première information est qu’il s’insurge légitimement contre le fait que le projet commercial qui doit se mettre en place va se faire sans attendre le retour d’expérience de la ferme pilote. Il rappelle les engagements de l’État quant au passage du « prototype » à la « ferme commerciale » en passant par la phase expérimentale de la « ferme pilote » validant les technologies d’un domaine aujourd’hui encore inconnu. Or, pour l’heure, le prototype n’est pas encore construit que l’État tente déjà de lancer la construction de la « ferme commerciale ».

Et un direct, un !

« La seconde information est qu’il s’inquiète des perturbations que le parc commercial va générer sur le fonctionnement de ses 3 éoliennes pilotes, dévoilant que « les travaux de modélisation ont également montré qu’une distance inférieure à 10 km entre la ferme pilote et le projet commercial entrainerait une perte de production pour la ferme pilote ». On découvre ainsi que des études poussées ont prouvé que les éoliennes se perturbaient significativement à moins de 10 km d’éloignement. Qu’en sera-t-il des perturbations entre les éoliennes commerciales que l’on nous dit être espacées de 1 à 1,5 km selon les sources ? »

Crochet du droit ?

« La troisième information est qu’il rappelle avec pertinence que « la société (porteuse du projet de ferme pilote) s’est engagée tout au long du processus de concertation à ne pas augmenter le nombre d’éoliennes sur la zone et que l’installation d’un projet commercial à proximité de la ferme pilote … serait perçu comme un agrandissement de celle-ci »

Crochet du gauche ?

« La quatrième et dernière information est la conclusion de leur cahier d’acteur où il rappelle par cette phrase chargée de sous-entendus : « la protection de ce site (le Grand Site de France, Les Dunes Sauvage de Gâvres à Quiberon) constitue un engagement fort qu’il est essentiel de préserver ».

Sous-entendu : notre projet pilote sauvegardait cette zone (7 communes littorales de Gâvres à Quiberon, labellisées  « Grand Site de France » ; il n’y a aucune garantie que le projet industriel Bretagne Sud le fasse…

KO !

En conclusion : « Le projet des 62 éoliennes contredit formellement les assurances données par l’État à l’époque et fausse substantiellement les conditions mêmes de la tenue de l’enquête publique relative au projet de ferme pilote aujourd’hui poursuivi par EOLFI. Force donc est de constater que l’État lui-même renie ses propres engagements, fait dénoncé par un opérateur éolien, ce qui nuit à la crédibilité de l’ensemble de la procédure actuelle »

Commentaire : les effets d’interaction et même de modification du climat d’une trop grande densité d’éoliennes commencent à faire l’objet d’études scientifiques en Allemagne (https://eifelon.de/umland/windsterben-durch-windkraft.html#q=emailzeitung&v=eo303)

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.



Remarques sur la loi ESSOC

« La loi ESSOC du 10 août 2018, dans le domaine des Energies Renouvelables en Mer (ERM), rend l’Etat Français garant du débat public. Se faisant, ce dernier se doit de saisir la Commission National du Débat Public (CNDP), en amont du projet, exonérant ainsi de cette obligation le lauréat, jusque-là tenu d’assurer la concertation avec les citoyens.

Les modalités de participation du public n’ont, quant à elles, pas été modifiées. Le public se voit donc convié au débat avant même que les conclusions de toute étude n’aient été rendues. N’étant pas invité à s’exprimer une seconde fois, c’est donc un public peu averti qui participe à la concertation.

Commentaire : la loi ESSOC dans le domaine de l’éolien offshore  (Loi de simplification et  pour une société de confiance !!!) vise essentiellement à simplifier… les procédures d’obtention d’autorisations de construction et les évolutions ultérieures des zones éoliennes…Prévu par l’article 58 de la loi du 10 août 2018 de cette fameuse loi Essoc, le permis enveloppe est un nouvel outil législatif destiné à faciliter le développement des projets d’énergies marines renouvelables en levant notamment certaines contraintes qui rallongent considérablement le temps de construction d’un projet… La loi ESSOC améliore le processus de consultation du public… … afin de rendre plus flexibles les démarches des porteurs de projets…

Une fois la consultation du public et le processus d’appel d’offres terminés, le lauréat pourra déposer des demandes de concession d’utilisation du domaine public maritime et d’autorisation environnementale selon les modalités du permis enveloppe. Grâce au décret n°2018-1204 publié le 23 décembre 2018 au Journal Officiel, ces autorisations peuvent désormais être variables et évolutives…. le porteur de projet pourra par exemple faire évoluer les technologies de son parc offshore ou changer le nombre d’éoliennes sans avoir à procéder à des demandes de modification des autorisations précédemment accordées…

Eh ben voilà : le lobby des margoulins de l‘éolien a bien travaillé…

Et il y a quand même un gros gros problème : l’Etat, donc le Préfet est garant du débat public... Or ceci est contradictoire avec les très fortes pressions du gouvernement sur les mêmes préfets pour accélérer la construction de zones éoliennes « Les préfets de région seront chargés de cartographier les zones propices à l'accueil de futurs parcs éoliens terrestres, a dit ce jeudi aux députés la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, affirmant la volonté gouvernementale d'accélérer le déploiement de cette énergie, sur terre comme en mer »

Parlant spécifiquement de Bretagne Sud, elle a ajouté : « «Au sud de la Bretagne, le débat public sur le projet d'éoliennes flottantes s'est terminé fin décembre. Je choisirai la zone d'implantation après la remise du rapport de la Commission du débat public prévue fin février, et il s'agira du premier parc commercial d'éoliennes flottantes en Europe», a-t-elle précisé lors d'un débat à l'Assemblée nationale. «En Méditerranée, le débat public devrait commencer au premier semestre et la localisation de deux futurs parcs d'éoliennes flottantes pourrait avoir lieu d'ici la fin 2021 »

Commentaire : ben, après cette consultation, c’est plutôt mal barré de manière démocratique. I va falloir envoyer les CRS…beaucoup 

jeudi 14 janvier 2021

Eoliennes géantes de Bretagne Sud- Groix-Belle-Île : les margoulins de l’éolien dans leur oeuvres

 François Goulard : «  « Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé)

 Nous parlons d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

 Le débat public organisé par la CNDP  sur ce projet  d’une ampleur considérable au large de Groix et Belle-Île s’est achevé le jeudi 17 décembre 2020. Plus ça va, plus des voix opposées se font entendre. Et disons-le, sur le site du débat public organisé par la CNDP, les prises de position des anti sont autrement argumentées et informées que celles des pro, souvent la répétition psittacique d’éléments de langages assez pauvres- mais est-ce vraiment de leur faute ?

 Déjà consacrés à ce sujet : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/10/non-limplantation-des-60-eoliennes.html;https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/non-limplantation-des-60-eoliennes.html;https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/non-limplantation-des-60-eoliennes_22. html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/leolien-flottant-un-sacre-defi-qui-nen.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/eolien-en-mer-les-pecheurs-se-battent.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/10/eolien-maritime-la-mer-nest-pas-vide-et.html

 Et mea, mea maxima culpa, je suis peut-être encore trop naïf. J’ai diffusé un certain nombre de photomontages établis par Geophom et publiés sur le site de la consultation, préparés en accord avec les porteurs du projet. Les atteintes au paysage maritime autour de Groix, de Belle-Ile, de la côte sauvage de Quiberon me semblaient déjà considérables et insupportables, mais il est possible que la réalité soit encore bien pire !

 Des photomontages trompeurs et minorant l’impact des éoliennes

 Ces photomontages ont en effet été contestés par l’un des contributeurs à la plate-forme, M. Gildas Gouarin.  (https://participons.debatpublic.fr/processes/eolbretsud/f/98/questions/5018).

 Voici les critiques qu’il leur adresse, et les correctifs qu’il propose : certains photomontages sont surexposés et ne permettent pas de visualiser correctement les éoliennes. En outre, le gabarit des éoliennes présenté par GEOPHOM ne correspond pas à la réalité. Il est sous-estimé.

 « Les photomontages qui suivent ont été réalisés en reprenant les panoramas établis par la société unipersonnelle GEOPHOM pour le compte de son client, l’État, Maître d’Ouvrage. Nous avons recalculé les hauteurs des éoliennes à partir d’éléments visibles sur les panoramas de GEOPHOM dont les caractéristiques sont connues. (Les Birvideaux pour les photomontages vus de Belle-Île ou de Quiberon, la Pointe Saint Nicolas ou le château d’eau du Créhal pour ceux vus de Groix etc.)

 

Nous avons pris en compte les différents référentiels servant de base à l’établissement des cartes marines et des cartes IGN.

Nous avons tenu compte du niveau de la marée et avons recalculé les hauteurs en les rapportant toutes au niveau de la mer à l’instant de la prise de vue.

 

Nous avons également intégré la partie masquée derrière l’horizon du pied des éoliennes lorsque leur éloignement les plaçait au-delà de sa ligne.

 

Les résultats montrent que l’impact visuel des éoliennes avancé par l’État, Maître d’Ouvrage, dans ses photomontages, est très inférieur à la réalité.

 

Ajouté à cela, l’impact visuel de ces photomontages, même corrigé par nos soins, reste encore considérablement minoré, du fait de la technique du panorama employée par le Maître d’Ouvrage pour diluer les objets lointains. En effet, les panoramas à large champ visuel, tendent à écraser les objets lointains pourtant parfaitement visibles à l’œil nu, comme le feu des Birvideaux, jusqu’à les faire disparaitre complètement.

 

Ainsi, aucun de ces photomontages, même après corrections, ne saurait correspondre à la triste réalité de ce que l’œil humain sera en mesure de percevoir de ces odieuses installations industrielles qui agresseront notre vision en violant, jour et nuit, la splendeur de nos paysages aujourd’hui préservés.

Opposons-nous, avec toute notre détermination, au saccage de notre patrimoine paysager unique au monde. »

 

Et voilà ce que ça donne ! (voir le pdf intitulé de l’illusion à la réalité et attaché à (https://participons.debatpublic.fr/processes/eolbretsud/f/98/questions/5018).

Pointe du Château de Kervedan à Groix :  propagande et réalité !





Fort Sarah Bernard –Belle-Île : propagande et réalité





Groix  Pointe des Chats : Propagande et réalité




Parcs Nord : propagande et réalité





Voilà pour les  comparaisons. Et d’autres vues, que les porteurs du projets et le site se sont bien gardées de vous montrer :

 

Pour Quiberon !




Et pour Belle-Île, les aiguilles de Port Coton



Alors, là on arrête de déconner hein ! Il s’agit d’un plus beaux paysages bretons, un patrimoine, c’est-à-dire la propriété du peuple,  notamment magnifié par Monet dans l’un de ses tableaux les plus connus.  Un peu l’équivalent maritime vaut moins que la Montagne Sainte Victoire de Cézanne, elle aussi menacée par des éoliennes contre lesquelles a eu lieu une forte mobilisation



Voilà ce qui peut arriver sans forte mobilisation

François Goulard : «  « Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé)

Les conditions particulières dans lesquelles se sont déroulés les débats autour de ce projet ont déjà été dénoncées par plusieurs associations, notamment la Fédération d’Associations « Gardiens du Large (contact@gardiensdularge.org) : « La Commission Particulière du Débat Public, a failli dans sa mission d’information du public et d’organisation du débat, ne respectant pas l’esprit de la loi du 10 août 2018 pour un État au Service d’une Société de Confiance, la loi ESSOC. »

 

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/12/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html

 

S’il se confirme qu’il y a eu tromperie à ce point sur un élément extrêmement important pour  l’appréciation du projet que les simulations d’installations, alors toute la démarche doit être annulée et reprise à zéro !!!

 

Face à ce projet, l‘opposition monte en puissance et s’organise. Soutenez Gardiens du Large, collectif réunisssant  Horizon Libre de Groix (HOLIGx), Préserver l’identité environnementale de Belle-Île en Mer et Les Birvideaux gardiens du large, de Quiberon. (contact@gardiensdularge.org).