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vendredi 8 mars 2024

L’Eolien en mer en façade NAMO : le choc des cartes, les premières réactions

La CNDP vient de publier enfin la dernière carte des zones « propices » au développement de l’éolien en mer, celle de la façade NAMO  : la carte peut être trouvée au lien suivant (https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2024-03/Carte-de-propositions-de-l-Etat-zones-propices-eolien-en-mer-Bretagne%E2%80%93Pays-de-la-Loire.pdf) et la fiche explicative ici https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2024-03/Fiche-explicative-de-la-carte-de-proposition-zones-propices-eolien-en-mer-de-l-Etat-Bretagne-Pays-de-Loire.pdf

Réaction des élus :

Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire : « En prévoyant de publier, sans aucune consultation préalable, la cartographie des « zones favorables à l'éolien en mer » pour notre façade maritime, l’Etat exacerbe inutilement les oppositions locales et envenime un débat public déjà très mal engagé. ! »Pourtant de ^puis de longs mois, j’alerte le gouvernement sur la nécessité de bâtir un concertation approfondie avec les élus du littoral et les pêcheurs… En l'état, la cartographie soumise au débat public ne peut être reçue autrement que comme une provocation »

Yannick Moreau, maire des Sables d'Olonne : « Au vu des cartes présentées ce midi par le préfet maritime au nom de l’Etat, il apparaît que le gouvernement se moque clairement de l’avis des élues vendéens , comme il se moque manifestement du « Grand Debat » qu’il a initié sur la « planification maritime », puisqu’il choisit délibérément de dévoiler les cartes de projets éoliens dix jours après l’organisation publique du débat vendéen. …Positionner une nouvelle aire propice, synonyme d’un futur parc éolien posé d’ici à 2035, à 15 kilomètres des Sables-d’Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, et à 24 km de Talmont-Saint-Hilaire est pour nous parfaitement inacceptable ». Les élus du littoral vendéen ne se laisseront pas faire. Aucune politique publique maritime d’ampleur ne pourrait réussir contre l’avis des élus et populations littoraux. »

François Blanchet, maire de Saint-Gilles-Croix de Vie et Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et Conseiller régional des Pays de la Loire : « Depuis le 20 novembre 2023, soit il y a presque 4 mois, le débat public sur la planification maritime et l’éolien en mer se tient sans avoir la carte relative aux zones d’implantation des futurs parcs éoliens offshore sur notre façade maritime malgré nos nombreuses demandes.

Elle a enfin été présentée aujourd’hui à 13h dans une réunion convoquée 36 heures avant sa tenue… Nous dénonçons donc cette méthode !

L’Etat nous a indiqué continuer le débat avec ces nouveaux éléments, mais pour nous le débat est truqué et la confiance rompue. Pourquoi cette carte est-elle présentée seulement maintenant alors que des travaux sur ce sujet ont été réalisés ces derniers mois en sous-marin ?

Nous sommes donc très inquiets car le drame que nous pressentions pour notre territoire se confirme et la colère monte en Vendée… Nos pêcheurs notamment vont en subir les conséquences, eux qui subissent déjà les quotas et un mois sans activité.

Si nous devions entamer une discussion autour d’un nouveau parc en Vendée, il faudrait que les conditions suivantes soient remplies : une juste répartition de l’effort sur les autres territoires, un parc flottant et non visible sans aucun impact pour la pêche.»

Annick Billon, sénatrice de la Vendée : « Je ne comprends pas que cette carte ait pu nous être soumise tant certains zonages frôlent l’indécence. À la réalité technique d’une zone propice se confronte la capacité des élus du littoral, des professionnels de la mer, de citoyens qui y vivent et y travaillent à accepter de nouveaux parcs éoliens en mer dans leur quotidien ».Bien que consciente de l’urgence à développer les énergies renouvelables, la sénatrice insiste sur « l’impérieuse nécessité de soumettre des projets réalistes qui peuvent supposer l’acceptation d’une majorité. Nous n’avons pas de temps ni d’énergie à gaspiller pour nous opposer à des propositions vouées à l’échec ».

Sources : https://www.lereportersablais.com/les-sables-dolonne-vendee-pays-de-la-loire-projet-deoliennes-en-mer-vague-intense-de-reprobations/

Et en Bretagne ? A ce jour( 08 mars) la seule réaction est celle de M. Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne, d’une mollesse insigne :  Notre CRML (Conférence régionale de la mer et du littoral aura à se prononcer sur les zones d’implantation des futurs parcs, afin de respecter les attentes des différents acteurs. Cette concertation est la condition fondamentale de l’acceptabilité des énergies marines renouvelables en Bretagne… le développement des énergies marines, de la pêche professionnelle et la protection de la biodiversité doivent être mis au même niveau dans le cadre de la planification maritime en cours. Indigne

Pourtant, c’est vraiment Belle-Île avec une extension de Bretagne -Sud et une nouvelle zone industrielle éolienne gigantesque potentielle de 2200 km2 à moins de trente km au sud-ouest,  Belle-Île sacrifiée et dont le nom ne sera plus jamais qu’un mensonge ; C’est Saint-Nazaire- Guérande doublé ou triplé, c’est toute le Bretagne-Nord de Morlaix à Saint-Brieuc corsetée de la grande barrière d’éolienne à 30 km du littoral. Le littoral breton défiguré !

Par ailleurs, PIEBÎEM rappelle son opposition à ce programme éolien insensé de 45 GW d’intérêt climatique nul dans le contexte français, dangereux pour la sécurité d‘alimentation électrique, économiquement et socialement insoutenable, avec des promesses fallacieuses d’emploi et de fortes dépendances étrangères, mettant en péril des activités comme la pêche côtière artisanale, le nautisme, le tourisme et ravageur pour nos paysages littoraux et leur riche biodiversité.

https://lemarin.ouest-france.fr/energie/energies-marines/des-tensions-autour-de-la-carte-de-letat-pour-leolien-en-mer-en-bretagne-et-pays-de-la-loire-7b6d40be-dc69-11ee-97c7-e4301a9e69a2

Réactions des associations :

 Défense de la Mer lien http://www.prosimar.org/DLM.htm : « On remarque immédiatement les projets d’extension, dont celui de la Centrale éolienne du Banc de Guérande. DLM en son temps (2010-2011) avait dénoncé cette localisation sur ce riche banc rocheux, sans la moindre étude d’impact ! DLM, dans le contexte d’alors, avait demandé de reculer le projet dans la zone propice pour bénéficier de fonds moins riches en biodiversité, plus réguliers mais légèrement plus profonds : pour des raisons purement administratives, contre l’avis des experts, l’Etat s’y était refusé ! L’extension du projet était-elle déjà dans les esprits ? L’implantation de dizaines, voire d’une centaine d’éoliennes de plus de 250m de haut, derrière celles existantes de 180m, va multiplier les barreaux sur l’horizon depuis le littoral de St Gildas jusqu’à Piriac… Quand nos élus prendront-ils conscience que l’éolien en mer n’apporte rien à la France, sur les plans énergétique, économique et écologique ? »

NENY Non aux Eoliennes entre Noirmoutier et Yeu (https://www.neny-stop-offshore.com/) :b« Notre association vient de découvrir ce mercredi 6 mars 2024 avec une immense stupeur la cartographie des zones propice au développement de l’éolien en mer à l’horizon 10 ans et horizon 2050 pour le littoral vendéen. Cette carte a été dévoilée aux élus par le Préfet maritime au nom de l’Etat lors d’une réunion en Préfecture de Région.

Elle montre des scénarios de développement de l’éolien en mer absolument consternants qui ne peuvent que susciter qu’une immense colère de la part de tous les vendéens.

L’île d’Yeu, joyau du littoral vendéen dont l’exceptionnelle beauté de ses côtes classées au titre des sites est rappelée dans les fiches thématiques de la CNDP (4), se retrouverait ainsi cernée de toute part, au nord comme au sud par deux gigantesques parcs éoliens, à seulement 10-15 km .

Il est bien évident que de telles propositions sont absolument INACCEPTABLES.

Tout comme les élus nous dénonçons tout d’abord la méthode de l’Etat qui a choisi délibérément de dévoiler sa cartographie après l'organisation du débat public en Vendée. »









mercredi 29 novembre 2023

Rapport sur le soutien public aux parcs éoliens terrestres et maritimes, Cour des Comptes_ Oct 2023

 Résumé : Le rapport de la Cour des comptes d’octobre 2023 sur le soutien public aux parcs éoliens terrestres et maritimes suit celui de 2018, qui avait eu un certain retentissement et provoqué la Commission Parlementaire d'enquête sur les ENR (Commission Aubert) et ses révélations. Le cru 2023 met toujours en exergue un fort décalage entre les ambitions affichées et les politiques suivies, ainsi qu’un certain nombre d’aberrations, voire de scandales.


Extraits et commentaires de PIEBÏEM (Préserver l’Identité Environnementale de la Bretagne sud et des Îles contre l’Eolien en Mer) :

1. Fixation des objectifs ENR : de l’art de se tirer une balle dans le pied ! 2. Aucun contrôle des comptes des parcs éoliens depuis 2013. Et quelques magouilles 3. Des éoliennes à moins de 500mètres des habitations : pas de problèmes pour la Cour des Comptes (surtout en Bretagne) ! 4. Eolien en Mer : une bonne nouvelle : l’organisation actuelle ne saurait répondre au défi de développement des 50 parcs d’ici à 2050 5. La renégociation des tarifs de l’éolien en mer : « le bilan financier de la négociation ne peut toutefois être établi. » Sic ! 6. Eolien en mer et législation : toujours plus de facilités pour les promoteurs mais des actions restent possibles 7. Compensation des externalités négatives pour l’éolien en mer : le problème de la pêche 8. Fonds de développement territorial : avertissement de la Cour des Comptes 9. Quand la Cour des comptes appelle à renoncer à la compétitivité… 10. Eolien en mer : le soutien au raccordement au réseau : des charges croissantes à venir 11. Avertissement de le Cour des Comptes à propos de l’éolien flottant : l’éolien flottant ne constitue pas encore une technologie mature 12. Eolien en mer : attention aux niveaux de soutien et aux types de contrats.

Dans un rapport corrosif, la Cour des Comptes s'alarme du décalage entre les politiques mises en oeuvre et les ambitions affichées par le gouvernement. Elle passe au crible le résultat des politiques engagées depuis 2017 pour éliminer les freins au développement de l'énergie éolienne terrestre et maritime. Et elle s'inquiète de politiques publiques qui ne permettront pas, en l'état, de répondre aux objectifs que le gouvernement s'est lui-même fixés – soit parce qu'elles restent engluées dans un écheveau administratif « incompréhensible », soit par défaut de pilotage.

Commentaire : prendre du retard dans le développement de l’éolien, qui est climatiquement nul, inutile pour la production électrique, dangereux pour la stabilité du réseau, ravageur de nos paysages, de nos littoraux et de leur biodiversité, économiquement et socialement insoutenable, c’est prendre de l’avance dans la décarbonation efficace de nos sociétés. On ne peut que s’en réjouir !

Malgré son tropisme pro ENR, la Cour des comptes livre quelques aspects étonnants, réjouissants ou scandaleux de la politique énergétique pro-ENR

Extraits

1) Fixation des objectifs ENR : de l’art de se tirer une balle dans le pied !

« La France n’a pas atteint la cible fixée par la directive 2009/28/CE : la consommation finale d’énergies renouvelables (électriques et chaleur) s’est élevée en 2020 à 307 TWh. Sa part de 19,1 %

dans le total, en hausse de 10 % par rapport à 2005, se situe en dessous de l’objectif de 23 %. Il faut noter que la France avait accepté des objectifs d’implantation des ENR plus ambitieux que ceux de la plupart des autres pays, alors même que son mix électrique est fortement décarboné et que le retard dans l’atteinte de ses objectifs n’est pas imputable au seul mix électrique, et notamment pas au seul secteur éolien, mais aussi à la trop faible baisse de la consommation globale d’énergie, chauffage et transports inclus »

« À la fin de 2022, les capacités éoliennes développées en France représentaient au total 20,9 GW, soit environ 80 % de l’objectif visé pour 2023 dans la PPE, et avaient assuré 8,3 % de la production électrique nationale. Seul pays européen à ne pas avoir atteint les objectifs de la directive de 2018, la France doit acheter des « droits statistiques » pour des sommes importantes et encourt en outre des sanctions financières »

Commentaire : Il est temps d’en finir avec les objectifs en ENR (et surtout de surjouer les bons élèves de la classe européenne) pour s’en tenir à des objectifs de décarbonation, qui sont les seuls sensés pour répondre au défi climatique. Les objectifs ENR, c’est le résultat du travail des lobbys ENR !

2) Aucun contrôle des comptes des parcs éoliens depuis 2013… Et quelques magouilles

« Malgré les recommandations des rapports précédents de la Cour, l’économie des parcs éoliens reste mal connue : depuis l’étude réalisée par la CRE en 2014, ni cette dernière, ni la DGEC, ni EDF OA, ni l’Ademe n’ont conduit d’analyses sur des données réelles et comptables provenant d’un échantillon suffisant de parcs…. « Le dispositif de dépôt des comptes des installations n’a pas été mis en place ; depuis l’étude de la CRE, donc depuis 2013, ni la DGEC, ni EDF OA n’ont demandé une seule fois ses comptes à un parc éolien en exploitation » !

D’où la recommandation ferme de la Cour des Comptes : organiser un contrôle annuel des coûts et de la rentabilité des parcs !

Commentaire : on croit rêver ! Et évidemment sur cette absence de contrôle et les trous de la législation prospèrent les magouilles des margoulins de l’éolien. Ainsi :

« Certains parcs ont pu échapper à l’obligation de reverser le produit des ventes réalisé au-delà du tarif de soutien. D’une part, des résiliations de contrat anticipées ont permis à certains parcs de profiter de prix de marchés supérieurs au tarif garanti. D’autre part, une clause de plafonnement des avoirs a pu limiter le volume des compléments de rémunération négatifs à verser à l’État. Des modifications de la réglementation ont mis fin à ces effets d’aubaine en 2022 et 2023. Pour autant, le manque à gagner pour l’Etat qui en a résulté s’élèverait à 767 M€ pour le seul 1er trimestre 2022. »

« La délibération de la CRE du 13 juillet 2022 relative aux charges de service public pour 2023 relève : « sur la base des données remontées par des acheteurs obligés, il apparaît que certains producteurs ont choisi de résilier leur contrat d’achat ou de complément de rémunération avant sa date d’échéance pour bénéficier des hauts niveaux de prix de gros de l’électricité ». La délibération du 3 novembre 2022 estime le volume des installations concernées, , qui appartiennent principalement aux filières éoliennes et hydrauliques, à 3,7 GW. Dans la délibération précitée, la CRE a estimé le manque à gagner potentiel pour l’Etat, et donc l’effet d’aubaine pour les producteurs, entre 6 Mds€ et 7 Mds€. La CRE a dénoncé cet effet d’aubaine, alors que les installations concernées n’ont pu être développées que grâce à la garantie et au soutien financier de l’Etat »

Commentaire : La CRE a fait les gros yeux mais n’a pris aucune sanction. Elle n’avait apparemment aucun texte sur lequel s’appuyer pour le faire, c’est ballot !

3) Des éoliennes à moins de 500 mètres des habitations : pas de problèmes pour la Cour des Comptes !

« Jusqu’à la loi Grenelle II qui a soumis l’éolien terrestre au régime des installations classées et à l’obligation de respecter un éloignement de 500 mètres avec les habitations, les parcs éoliens terrestres n’étaient pas régis par une règle de distanciation particulière avec les habitations. Dans une région comme la Bretagne, la règle des 500 mètres constitue un défi pour le renouvellement des premiers parcs mis en service entre 2000 et 2011. Dans le département du Finistère, par exemple, 83 % des éoliennes sont en deçà de 500 mètres des habitations et 55 % dans l’ensemble de la région Bretagne. Cette situation n’étant pas la seule en France, d’autres régions sont exposées à un risque de diminution brutale de la capacité installée lors de l’arrivée en fin de vie des parcs actuels. En cohérence avec les objectifs de la politique énergétique, la réglementation devrait prévoir la possibilité, pour les seules installations déjà existantes avant 2011 et situées à une distance raisonnable des habitations, de déroger à la règle des 500 mètres, sous réserve d’une limitation de la dimension des équipements réimplantés »

« Recommandation : Pour le renouvellement des parcs éoliens installés avant 2011, permettre de déroger à la règle de 500 mètres des habitations »

Commentaire : Pour l’éolien terrestre comme pour l’éolien en mer, la Région Bretagne veut jouer aux bons élèves. Pas sûr que les Bretons apprécient. Une mesure tout simplement scandaleuse !

4) Eolien en Mer : une bonne nouvelle : l’organisation actuelle ne saurait répondre au défi de développement des 50 parcs d’ici à 2050

« La définition par l’État des espaces destinés à l’éolien maritime est soumise à des délais excessifs qui pèsent sur la capacité de l’administration à engager le processus des appels d’offres à un rythme compatible avec les objectifs ambitieux de la politique énergétique »

« Les documents stratégiques de façade (DSF) définissent des zones de vocation très larges reposant sur une logique de répartition des usages de la mer (pêche, tourisme, énergie) sans zonages géographique fins. Ces « macrozones » ont un périmètre si large qu’il est difficile d’en déduire des volumes d’une part et des localisations d’autre part. En outre, ces documents ne traitent pas de la planification des raccordements des parcs éoliens en mer alors qu’il s’agit d’une donnée majeure à articuler avec l’identification des zones et des capacités à installer »

« Le discours de Belfort de février 2022 ayant fixé un objectif de 40 GW d’ici 2050, l’État s’est engagé, dans le pacte éolien passé en mars 2022 avec la filière, à viser un volume minimal d’attribution d’appels d’offres de 2 GW/an dès 2025. Ce volume doit lui permettre d’atteindre 20 GW attribués en 2030, 18 GW en service en 2035 et 40 GW en 2050…Ces objectifs paraissent difficiles à atteindre. Le cumul des projets déjà attribués et ceux des projets en cours non attribués reste inférieur à 8 GW. »


Au regard de ce qui précède, l’organisation actuelle ne saurait répondre au défi de développement des 50 parcs d’ici à 2050 »

Commentaire : eh ben voilà une bonne nouvelle, pour une technologie de production aléatoire, à forte variabilité, à coût exorbitant, avec une menace majeure sur la biodiversité côtière et qui annihile cent ans d’effort de protection de nos littoraux et supprimerait une bonne partie de la pêche côtière artisanale, la plus respectueuse des ressources naturelles.

Les Documents Stratégiques de Façades révèlent un manque de connaissance détaillée des fonds marins, pourtant indispensable. . « À quoi rime, dans ce cas, le lancement prématuré d'appels d'offres, annoncés en grande pompe, alors qu'aucun répondant ne peut estimer, faute de cartographie détaillée, le coût réel de son projet ni celui de son raccordement au réseau ? » (https://www.lepoint.fr/politique/developpement-de-l-eolien-la-cour-des-comptes-decrit-un-paquebot-sans-pilote-17-10-2023-2539678_20.php)

5) La renégociation des tarifs de l’éolien en mer : « le bilan financier de la négociation ne peut toutefois être établi. » Sic !

« La renégociation des tarifs des six parcs éoliens en mer attribués en 2012 et 2014, qui s’est déroulée en 2018, a donné lieu de part et d’autre à des concessions dont, au profit des exploitants, la gratuité de l’implantation sur le domaine public et la prise en charge par la collectivité des coûts de raccordement au réseau de transport. Il reste que l’importance de l’enjeu financier nécessite une surveillance de l’économie de ces parcs organisée dans la durée. A cet égard, les appels d’offre pour l’éolien en mer devraient dans tous les cas prévoir un tarif de référence au-delà duquel les recettes reviennent à l’Etat. »

« Les nouveaux tarifs issus de la négociation s’étagent entre 131 € et 155 €, soit une baisse comprise entre 28,3 € et 65 € selon les parcs, s’élevant en moyenne à 45,55 €. Elle a eu pour contrepartie des concessions au profit des exploitants, dont les principales sont :

- La renonciation de l’Etat à percevoir des redevances d’occupation du domaine public ;

- La suppression de la part fixe dans la formule d’indexation du tarif, qui fait passer de 60 % à 100 % la part qui est indexée ;

- La prise en charge des coûts de raccordement par RTE ;

- La suppression dans les contrats de la clause de prévention d’une rentabilité excessive. »

« Il n’est pas possible d’apprécier si leur effet sur le LCOE est inférieur ou supérieur à la baisse du tarif, autrement dit si les producteurs ont réellement fait des concessions, et notamment répercuté sur le tarif la baisse des coûts de construction, celle des taux d’intérêts ou d’autres facteurs d’amélioration de la rentabilité. La question se pose notamment pour le transfert du coût du raccordement, qui représente une part de l’investissement total d’environ 10 % et se traduit pour RTE par une dépense nouvelle qui, pour les 6 parcs concernés, s’élève à 1 734 M€ .

Deux concessions sont de nature à déséquilibrer dans le temps le résultat de cette négociation. D’une part, l’indexation à 100 % du tarif, alors que plus de la moitié du LCOE résulte de l’investissement initial, lequel n’est plus exposé à l’inflation une fois le parc construit, pourrait entraîner des rentabilités élevées, à proportion de l’intensité et de la durée de la hausse des prix114, et en fonction de l’évolution, sous l’effet de l’inflation, ces coût de maintenance ; d’autre part, la suppression de la clause de prévention des surrentabilités (dites surcompensation) va être un obstacle à leur récupération par l’État.

Au total, la renégociation a fait passer la moyenne du tarif par MWh des six parcs de 185,55 € à 140 €. Cette baisse de 45,55 € a fait diminuer de 500 M€ par an, soit 10 Mds€ sur 20 ans le coût des soutiens publics. Le coût des concessions faites en contrepartie ne pouvant être déterminé par avance, le bilan financier de la négociation ne peut toutefois être établi…

Les tarifs issus de la négociation sont très supérieurs à ceux qu’on observait à la même époque dans d’autres pays européens. Par exemple, dès septembre 2017, une étude de l’Ademe faisait état de résultats d’appels d’offres à 72€/MWh et 64€/MWh aux Pays-Bas (Borssele) et au Danemark (Vesterhav) »

Commentaire : Il ressort des commentaires prudents de la Cour des Comptes que cette renégociation des tarifs initiaux de l’éolien en mer, présentée comme une grande victoire par le gouvernement de l’époque ( on allait voir ce qu’on allait voir, on ne va quand même pas se laisser voler par les promoteurs éoliens »….) était en fait un marché de dupes, et même pire ! Déjà dans l’immédiat, et de plus en plus au cours du temps ? Margoulins de l’éolien bat France par KO !

6) Eolien en mer et législation : toujours plus de facilités pour les promoteurs mais des actions restent possibles

Priorité d’installation en zone économique exclusive plutôt que dans le domaine public maritime : » Les projets éoliens en mer ne sont pas soumis au régime des ICPE. Ils sont situés dans le domaine public maritime ou en zone économique exclusive (ZEE). La loi AER (article 56) prévoit que désormais, les projets éoliens offshore doivent s’établir prioritairement dans la ZEE. »

Commentaire : c’est une simple recommandation, pas une obligation. Qui ne concerne pas les parcs en discussion, mais non débutés.

L’autorisation environnementale : encore plus d’accélération : « Il en résulte une simplification du régime des autorisations pour l’éolien maritime situé en ZEE et dans le domaine public maritime qui sera donc soumis au dispositif de l’autorisation environnementale qui, en outre, inclut dans son périmètre l’arrêté approuvant la convention d’occupation du domaine public. Outre la simplification de procédure qui résulte de ces nouvelles dispositions, le nouveau régime devrait permettre de réduire le nombre de contentieux relatifs à un même parc. Actuellement, les recours concernent, pour chaque parc, à la fois l’autorisation environnementale et la convention d’occupation du domaine public. »

« Jusqu’à la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance dite loi ESSOC, le titulaire d’une autorisation pour un parc éolien en mer (DPM et ZEE) devait déposer une nouvelle autorisation dès lors que son procédé technologique avait changé entre le moment où il avait été
désigné et celui où il engageait les travaux. Désormais, les diverses autorisations fixent et tiennent compte des caractéristiques variables dans lesquelles les projets pourront évoluer.
Recommandations de la Cour : « Dans le cadre de l’instruction des demandes d’autorisation environnementale sur les projets éoliens, supprimer le caractère suspensif des demandes complémentaires d’informations dans la computation des délais réglementaires applicables. »

Mais des actions toujours possibles :

« La question de l’insertion paysagère des projets cristallise les oppositions locales et motive près de 70 % des recours. La loi AER du 10 mars 2023 (article 2) introduit la notion d’effets de saturation visuelle parmi les éléments dont l’autorisation environnement doit tenir compte. La notion de paysage donne lieu à une appréhension floue, souvent subjective car non définie de façon précise dans le code de l’environnement »

Commentaire : il n’y a pas que ça. L’arrêt Combray/ Proust du Conseil d’Etat (4 octobre 2023) autorise la prise en compte du patrimoine immatériel dans les autorisations de parcs éoliens. Cette décision devrait pouvoir s’appliquer à des vues immortalisés par certains peintres, comme les aiguilles de Port Coton de Belle-Île, immortalisées par Manet, un paysage marin qui serait complètement saccagé par la zone industrielle éolienne Bretagne Sud.

« Si des espèces protégées ou des espèces d’intérêt patrimonial sont identifiées dans la zone d’étude et si l’atteinte aux espèces protégées est suffisamment caractérisée, les porteurs de projet doivent obtenir une dérogation à l’interdiction d’atteinte aux espèces protégées. Selon les informations données par la DGPR, un nombre croissant d’autorisations sont attaquées sur la dérogation des espèces protégées et sont in fine annulées.

Selon la direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN) environ 20 % des parcs autorisés sur la période 2016/2018 ont fait l’objet d’une dérogation « espèces protégées ».

Elle ajoute qu’il est vraisemblable qu’au vu du renforcement de la jurisprudence, et du fait que le développement éolien concerne désormais davantage de sites à enjeux de biodiversité, ce pourcentage « augmente très sensiblement ».

Commentaire : cela concerne au plus haut point la ceinture les parcs éoliens en Mer Bretagne Sud et la trentaine de zones industrielles éoliennes prévues le long des côtes bretonnes, situées dans un couloir majeur de migrations transcontinentales pour les oiseaux et les cétacés.

7) Compensation des externalités négatives pour l’éolien en mer : le problème de la pêche

« Les pêcheurs en mer voient leurs zones de pêche potentiellement perturbées par l’implantation de parcs éoliens maritimes. La compensation de cette externalité négative peut contribuer à l’acceptabilité des projets et donc à la réalisation des objectifs de la PPE. Elle prend la forme de contributions significatives des parcs aux organisations professionnelles de la pêche. Néanmoins, elle se heurte en général à la difficulté de chiffrer les externalités et d’identifier les ayants droits »

Commentaire : très timide progrès, ce chapitre n’était jamais abordé auparavant. La Cour des Comptes Européennes dans son dernier rapport a été plus directe : « Nous avons constaté que le conflit entre ces deux secteurs (les Energies Marines renouvelables et la Pêche) restait sans issue… Il existe un risque de perte d’emplois dans le secteur de la pêche en raison de la croissance de celui des EMR.. À notre connaissance, la Commission n’a encore jamais quantifié les principaux effets économiques qu’aurait le développement des Energies Marines Renouvelables sur la pêche »

Remarque très pertinente de la Cour des Comptes françaises : les « compensations » jusqu’à présent vont à des organismes professionnels pas toujours représentatifs et non pas vers ceux qui en auraient le plus besoin. Et cela entretient une très forte colère chez les pêcheurs concernés.

8) Fonds de développement territorial : avertissement de la Cour des Comptes

Des fonds dont une gestion et des critères rigoureux conditionnent l’efficacité : « Le cahier des charges de l’appel d’offres en mer « AO4 » (Centre-Manche) oblige les candidats à allouer 10 M€ à un « fonds de développement territorial » destiné à financer des « mesures de développement territorial ». Il s’agit en fait d’aides financières qui doivent bénéficier à des activités situées dans la région Normandie. Pour parer le risque de requalification en aide d’État, elles doivent être inférieures aux seuils « de minimis » ou viser des activités bénéficiant d’exemptions : éducation, recherche, culture, sport et même « plateformes d’information et de réseau visant à résoudre directement les problèmes de chômage et les conflits sociaux au sein de la région Normandie ». Ce fonds aux critères étendus coexiste avec un « fonds biodiversité » d’un montant plus important.

Il apparaît, au vu de ces exemples, qu’une vigilance doit accompagner la mise en oeuvre de tels dispositifs : d’une part, leur exécution doit respecter les règles qui régissent les dépenses publiques ; d’autre part, des objectifs et un ciblage pertinents conditionnent leur efficacité. Dans le cas des fonds décrits ci-dessus, l’aire géographique est vaste et les champs thématiques paraissent trop peu précis. Le MTECT souligne qu’il s’agit de projets « strictement liés au parc éolien en mer ». Le respect de ce critère ainsi que des stratégies de développement territorial bien structurées seront nécessaires pour prévenir le risque d’un impact faible ou mal ciblé. »

Commentaire : il s’agit de « bonnes oeuvres » (en fait du financement de la propagande) des promoteurs éoliens pour se concilier la société civile et le silence de ceux qui pourraient s’opposer à leurs projets : scientifiques, éducateurs, activités nautiques, sociétés de protection de la nature. La Cour rappelle qu’il y a des règles…

9) Quand la Cour des comptes appelle à renoncer à la compétitivité…

« Des clauses de compétitivité à l’utilité contestable. Dans le cadre des procédures de mise en concurrence, les pouvoirs publics doivent arbitrer entre obtenir le volume de puissance le plus important possible pour satisfaire les objectifs de développement des EnR et limiter les impacts sur les dépenses publiques en éliminant les offres les moins compétitives.

Les choix retenus révèlent des stratégies variables selon les périodes. À deux reprises au cours de l’appel d’offres CRE4, le ministre a privilégié le volume en ajoutant des lauréats supplémentaires à la liste proposée par la CRE, malgré l’impact de ce choix sur le tarif moyen pondéré (68,7 €/MWh au lieu de 66,9 €/MWh pour la deuxième période et 62,9 €/MWh au lieu de 62,2 €/MWh pour la cinquième période).

La logique des clauses de compétitivité introduites à partir de la quatrième période de l’appel d’offres CRE4 est inverse puisqu’elle privilégie l’élimination des offres les moins compétitives au détriment le cas échéant du volume attribué. Ces clauses sont actionnées de façon automatique lorsque la puissance cumulée des offres conformes représente moins que la puissance appelée. Elles conduisent à l’élimination des offres les moins bien notées dans la limite de 20 % de la puissance cumulée des offres conformes.

Par ailleurs, les critères de déclenchement de la règle de compétitivité apparaissent discutables dans un contexte de sous-souscription : l’application des clauses de compétitivité a un effet couperet conduisant à éliminer des offres proposant des prix proches des offres retenues. La Cour relève du reste que la CRE a renoncé à mettre en oeuvre la clause de compétitivité lors du dernier appel d’offres pour ne pas dégrader encore le faible volume de puissance attribuée (54 MW / 925 MW appelés). »
Commentaire : mais quel aveu ! Les producteurs éoliens (même en mentant sur les coûts réels) sont incapables de proposer suffisamment de projets compétitifs pour répondre aux appels d’offre. Alors, on renonce à la compétitivité, open bar pour les promoteurs, le contribuable et les consommateurs paieront pour cette folie idéologique !

10) Eolien en mer : le soutien au raccordement au réseau : des charges croissantes à venir

« Les dépenses de raccordement des parcs éoliens en mer ont été jusqu’à présent assez limitées du fait des délais de mise en service. Elles ont atteint 28,6 M€ en 2019 et 170,4 M€ en 2020 et 244 M€ en 2021. Elles devraient augmenter de façon importante dans les prochaines années. L’estimation totale des coûts de raccordement pour les projets en cours et futurs est située dans une fourchette de 7,7 Md€ à 10,1 Md€. Ils varient sensiblement d’un projet à l’autre selon de multiples facteurs liés à l’éloignement des côtes, la profondeur et la nature des fonds marins. »

Commentaire : un avertissement de la Cour à prendre très au sérieux ! Rappelons que justement, depuis la mirifique renégociation de 2018, le coût du raccordement en mer n’est plus à la charge des promoteurs éoliens, mais à celui de l’Etat. C’est ballot !

11) Avertissement de la Cour des Comptes à propos de l’éolien flottant : l’ éolien flottant ne constitue pas encore une technologie mature

« L’éolien flottant ne constitue pas encore une technologie mature et n’a pas été encore déployé de façon industrielle bien qu’il existe à ce jour deux fermes commerciales flottantes, en Ecosse (30 MW) et en Norvège (56 MW). Des expérimentations ont donc été jugées nécessaires. »

« Les fermes pilotes bénéficient à ce titre d’aides à l’investissement dans le Programme d’investissements d’avenir à hauteur de 300 M€ dont une partie sous forme d’avances remboursables et d’une aide au fonctionnement sous la forme d’un tarif d’achat garanti de l’électricité pendant 20 ans.

Le tarif a été fixé par l’arrêté du 9 avril 2020 à 240 €/MWh. L’article 4 de l’arrêté de 2020 prévoit que les conditions du tarif d’achat font l’objet d’un réexamen au bout de dix ans pouvant conduire, dans l’hypothèse d’un TRI projet supérieur à 8,5 % à un partage des bénéfices avec l’État. Ce dispositif de soutien est potentiellement très coûteux pour l’État. La CRE a estimé à 1,6 Md€ les charges de service public liées aux fermes éoliennes pilotes (100 MW), soit le triple des charges prévues pour le parc de Dunkerque de 600 MW (542 M€). »

« Parallèlement à la mise en place de ces fermes pilotes dont la mise en service est prévue en 2023, l’État a lancé deux dialogues concurrentiels pour des éoliennes flottantes en sud Bretagne (2021) et en Méditerranée (2022). À la différence des fermes expérimentales, ces procédures concernent des projets commerciaux. Le niveau de soutien ne sera pas fixé par arrêté ministériel mais, comme pour les autres parcs commerciaux depuis Dunkerque, par la procédure d’appel d’offres et sous forme de complément de rémunération »

Commentaire : l’éolien flottant n’est pas mature, les fermes pilotes coûteront bonbon… mais on se lance dans des projets industriels… ) Grégoire de Saivre, responsable du département éolien offshore de Total Energies devant l’OPECST ( 2 février 2023) , Estimer les coûts de construction d’une filière qui n’est pas mature sur une période de 8 à dix ans ; impossible c’est une boule de cristal.

12) Eolien en mer : attention aux niveaux de soutien et aux types de contrats

« Des niveaux de soutien en forte baisse pour l’éolien posé : Depuis les appels d’offres de 2011/2012, deux nouveaux parcs ont été attribués : celui de Dunkerque (AO3) pour 500 MW et celui de Centre-Manche 1 (AO4) pour 1000 MW. Les procédures se sont caractérisées par un niveau accru de concurrence (11 candidats recevables pour Dunkerque, six pour Centre-Manche et une baisse significative des niveaux de soutien. En effet, les offres retenues s’élèvent respectivement à 44 €/MWh (tarif de référence) pour Dunkerque (soit 53 €2022/MWh) et 44,9 €/MWh pour Centre-Manche 1, bien en deçà des tarifs plafond (respectivement 90 €/MWh et 75 €/MWh). S’agissant de Centre-Manche , la CRE a jugé qu’en dépit des risques de dégradation de la rentabilité pesant sur le projet, le tarif proposé par le lauréat n’était pas manifestement sous-évalué »

Commentaire : Quelle lucidité de la Cour des Comptes ( c’est ironique )! Celle-ci (le rapport a-t-il été rédigé avant) n’a visiblement pas vu venir les défaillances en série des industriels éoliens en Europe ( Siemens, Oersted, Vestas, GE), ni, spécifiquement pour l’éolien marin, la longue litanie des demandes de réévaluation des tarifs, des annulations de projets, des appels d’offres infructueux (USA, UK…). Donc, tout faux !

« Aux Pays-Bas, les appels d’offres imposent l’absence de soutien et ne prévoient que des critères qualitatifs pour départager les candidats. Les entreprises qui font ces offres espèrent profiter pleinement de la hausse des prix de l’électricité sur le marché européen. Ces contrats ne sont donc avantageux pour la collectivité que s’il existe un risque réel de voir les prix de marché redevenir durablement inférieurs au prix d’équilibre des installations. Dans tous les autres cas, il existe un risque d’accorder un droit d’exploiter une rente sur le domaine public. La Cour appelle donc à rester vigilent sur ce type de contrat et à privilégier le mécanisme du complément de rémunération qui permet à la collectivité de profiter aussi de la hausse des prix de marché »

Commentaire : là encore, quel aveu ! L’éolien marin ne sera rentable qu’en cas de très forte hausse des prix de l’électricité. Et la Cour appelle à se défier de mécanismes sans fonds de soutien réclamés par certains promoteurs éoliens mais veut que la collectivité profite aussi de l’élévation des coûts de l’électricité ! C’est qui la collectivité ? Visiblement pas les consommateurs d’électricité, ni les artisans, ni les industriels…

Pour un résumé

Florilège du rapport sur le soutien public aux parcs éoliens terrestres et maritimes de la Cour des Comptes



Eric Sartori pour PIEBÎEM

https://piebiem.webnode.fr/contact/

jeudi 22 juin 2023

Procès simulé Sea Shepherd Wild Legal contre le Document Stratégique de Façade Nord Atlantique Manche-Ouest (NAMO)

 Présentation : Les procès simulés Wild Legal sont un moyen de formation des élèves avocats au droit de l’environnement. Un but plus large est de faire reconnaitre des droits à la Nature, comme l’a fait l’Equateur dans sa constitution.  

La saison 2023-2024 porte sur “Droits des océans et éolien offshore en Bretagne”. Elle a été organisée en collaboration avec les Associations Sea Shepherd, Gardez les Caps et Défense des Milieux Aquatiques. De façon plus précise, il s’agit de proposer une action juridique visant à condamner l’Etat à abroger le document stratégique de façade Atlantique Nord Manche Ouest et à suspendre les projets de parcs éoliens offshore non encore attribués par appel d’offres, dans l’attente de la réalisation des études scientifiques nécessaires. Les reproches portent principalement sur l’incompatibilité de la planification de l’éolien offshore en Bretagne avec les obligations légales de protection de la biodiversité, le non respect de la séquence ERC (Eviter, Réduire, Compenser), le non respect du principe de précaution (concernant le bruit et les effets cumulés de plusieurs parcs) 


Pour autant, le statut juridique de ces documents de planification est indéfini et ne se prête pas facilement à des poursuites ; par contre les décsions à suivre, oui !  


A signaler que l’on n’a pas fini d’entendre parler de la façade NAMO (Nord Atlantique Manche Ouest), puisque sur au moins 40GW d’éolien en mer, elle est supposée en “accueillir” 25, soit près des deux tiers, soit plus d’une trentaine de zones industrielles éoliennes off shore, typiquement de 1,5 fois la taille de Belle-Île et de 3,5 à 4 fois sa hauteur. Et pour préciser, NAMO, c’est la Bretagne 



Les arguments juridiques principaux contre le document de façade NAMO  


1) Manquement aux obligations en terme d’évaluation environnementale stratégique : une évaluation environnementale fortement lacunaire  


-En premier lieu, tout projet de parc éolien en mer est soumis, de manière obligatoire et automatique, à une évaluation environnementale préalable, selon les dispositions de l’article R. 122-2 du Code de l’environnement Le rapport doit également, selon le même article, énoncer les mesures prises au titre de la séquence « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC) par le maître d’ouvrage. 


- Il ressort de l’avis de l’autorité environnementale (AE), l’évaluation environnementale réalisée est fortement lacunaire, ne permettant ainsi nullement de connaître les incidences du projet ni même de l’adapter aux fins de prendre en compte de telles conséquences. 


- l’évaluation environnementale en cause fait une description peu approfondie et sommaire de l’état environnemental initial, ne faisant aucunement l’objet d’un titre autonome reflétant l’insuffisance, voire l’absence d’effort du maître d’ouvrage, en contradiction totale avec les dispositions du code de l’environnement précité : « L’état initial de l’environnement ne fait pas l’objet d’un chapitre ainsi titré, il est analysé dans le chapitre : « 4.2. Les enjeux liés aux composantes du milieu marin » et le chapitre : « 4.3. Les enjeux liés aux pressions sur le milieu marin » et « 4.4. Les autres enjeux sociétaux » eux-mêmes découpés selon les enjeux listés sur le tableau de la figure 3 ». 


 L’AE énonce alors que « l’état initial est peu détaillé » concernant le DSF NAMO et qu’en conséquence, elle attend « disposer d’une profondeur d’analyse quantitative considérablement accrue lorsqu’il s’agira de l’évaluation environnementale de l’ensemble du DSF incluant notamment les mesures et le plan d’action » révélant ainsi l’insuffisance, voire l’absence d’analyse de l’état initial environnemental requise par l’étude d’impact. 


- Enfin, il ressort de la jurisprudence que l’évaluation environnementale a une portée juridique reconnue. Son absence ou insuffisance est de nature à entacher d’illégalité une procédure d’autorisation administrative… En outre, l’évaluation environnementale ainsi carencée a nécessairement un impact sur l’information de la population s’agissant d’un projet novateur en France relatif à la production d’EnR via des éoliennes offshores. Il en résulte, a fortiori, que l’illégalité de l’évaluation environnementale entraîne l’illégalité du DSF NAMO. 


2) Incompatibilité avec les directives européennes relatives à la protection de la biodiversité et du milieu marin 

 

2-1) Atteinte au bon état écologique : Le DSF fait état des interactions entre les objectifs socio-économiques avec les objectifs environnementaux dans son annexe 6 partie c. Or, s’agissant de l’interaction entre l’objectif socio-économique “développer d’ici à 2030 au sein des zones de vocation, la production d’énergies marines renouvelables en application de la programmation pluriannuelle de l’énergie” et les objectifs environnementaux, le DSF indique que celle-ci peut être potentiellement négative. (Pièce n°2, Annexe 6 partie C). .Ainsi, l'Autorité environnementale indique que “le DSF ne précise pas comment serait arbitrée une éventuelle distorsion entre l'atteinte du bon état écologique et celle des objectifs socio-économiques ». L’absence de déclaration en ce sens le rend contraire aux obligations de la directive de 2008, dont son objectif principal étant d’atteindre le Bon État Écologique des eaux. 


2-2) Non respect des obligations européennes en zone Natura 2000 : pour le CNPN « l’ évitement par principe de l’éolien industriel en ZPS est conforme à la décision de la CJUE du 21 juillet 2011 qui reconnaît le pouvoir d'un Etat membre à s'opposer à priori à l'éolien industriel en Natura 2000 sans avoir à se baser sur une étude d'incidence préalable”….Concernant spécifiquement Saint-Brieuc,  Le DSF n’a pas suffisamment encadré les modalités d’implantation de parcs éoliens offshore en zone Natura 2000 puisque le projet a pu voir le jour, alors que dès le départ, il n’y aurait pas dû y avoir d’autorisation. Le DSF NAMO est illégal en ce qu’il n’est pas, à ce jour, en mesure de démontrer que l’implantation d’un parc éolien dans une zone protégée ne porte aucune incidence négative significative sur l’état de conservation des espèces présentes dans cette zone. 


Il y a d’ailleurs incompatibilité avec les directives européennes sur les dérogations espèces protégées en zone Natura 2000 : Dans le cadre des futures installations éoliennes en Baie de Saint-Brieuc, 52 dérogations ont été émises et accordées. Or, à titre d’illustration, parmi l’ensemble des dérogations figure le Puffin des Baléares, une espèce d'oiseaux de mer en danger critique d’extinction. Celui-ci dispose d’une protection à l’échelle européenne. Le Puffin des Baléares n’est qu’un exemple topique des carences du DSF, censé pourtant être un document de contrôle de l’autorité administrative, qui est en l’état en incapacité de garantir le respect de la liste des oiseaux marins soumis à la demande de dérogation « Espèces protégées ». Le DSF n’encadre pas de façon précise les études d’impact sur les dérogations qui pourraient être émises au bénéfice d’un parc éolien en zone Natura 


2-3) Non respect aux obligations européennes de la séquence “Eviter, Réduire, Compenser” : L’AE revient sur le cas d’espèce en ce qui concerne la déclinaison de la séquence ERC de manière plus stricte et y constate des manquements notoires au sein du DSF de la manière suivante : « La séquence : éviter, réduire, compenser n’a pas formellement été mise en oeuvre pour l’élaboration du DSF et “à cet égard, une analyse fine des impacts, y compris cumulés sur chacun des enjeux environnementaux sera nécessaire” 


2-4) Non respect de la directive de la Directive-cadre sur l’eau 2000/60/CE : les Etats membres en ce qu’ils “sont tenus, sous réserve de l’octroi d’une dérogation, de refuser l’autorisation d’un projet particulier lorsqu'il est susceptible de provoquer une détérioration de l’état d’une masse d’eau de surface ou lorsqu’il compromet l’obtention d’un bon état des eaux de surface ou d’un bon potentiel écologique ou d’un bon état chimique de telles eaux à la date prévue par cette directive”. 


2-5) Incompatibilité avec l’objectif « zéro perte nette de biodiversité », défaillance à prendre en compte les impacts cumulés des parcs  

Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sons et odeurs qui les caractérisent, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, la qualité de l'eau, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. 

En application de l’ensemble des dispositions protégeant la biodiversité, le législateur, l’autorité administrative compétente ainsi que les maîtres d’ouvrages, directement ou par délégation ont l’obligation de poursuivre un objectif d’absence de perte nette de biodiversité, au titre d’une obligation de résultat. 


Il s’avère qu’aucune partie du DSF ne tend à garantir le respect de l’objectif “zéro perte nette biodiversité”. Dans aucune partie du DSF NAMO adopté (Volet stratégique avec la Stratégie de façade maritime, Volet opérationnel avec le Dispositif de suivi ou Plan d’action et compléments à la stratégie de façade), il n’est fait mention de dispositions propres à garantir la préservation de la biodiversité ou, a minima, en prévenir les atteintes. Il n’est encore moins fait mention d’éventuelles actions tendant à un objectif de “zéro perte nette biodiversité”, voire de gain de biodiversité, par exemple dans le cadre des mesures de compensation. 

Plus précisément, certes il est à noter que le DSF mentionne, dans les annexes à la stratégie de façade maritime, un inventaire des connaissances “environnement” sur la façade maritime NAMO, une liste des aires marines protégées dans cette zone ainsi que des sites Natura 2000.. Pour autant, d’une part, son annexe 5 sur la cartographie environnementale, si elle identifie les habitats pélagiques et benthiques, n’établit qu’une liste lacunaire des espèces marines présentes, sans mention d’un quelconque objectif de préservation ou de prévention des atteintes. D’autre part, la séquence ERC est insuffisamment détaillée, et par conséquent les mesures de compensation prévues dans le DSF ne permettent pas d’établir une quelconque poursuite de l’objectif “zéro perte nette biodiversité”. 

 

En deuxième lieu, dans le cas de l’éolien offshore, les avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) ont fait mention des probables carences du DSF s’agissant de l’objectif de “zéro perte nette biodiversité”. 


Selon l’avis du 6 juillet 2021 du CNPN, la description et l’évaluation de la démarche administrative de planification de l’éolien offshore jusqu’ici conduite en France dans le cadre de la PPE et des DSF, au titre des Directives DCSMM et DPEM, ont privilégié les activités socio-économiques sans prendre réellement en compte la biodiversité, pourtant prioritaire au titre des Directives Oiseaux et de la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 renforçant la démarche «Eviter, Réduire, Compenser» (ERC) dans l’objectif, notamment, de zéro perte de biodiversité… La capacité du milieu à accueillir des activités en mer toujours plus nombreuses en respectant l’objectif de zéro perte nette de biodiversité, n’est donc pas connue en France depuis le début du processus de désignation des zones de parcs éoliens offshore. L’Autorité environnementale tout comme la Commission Nationale du Débat Public ont constaté la défaillance à prendre en compte des impacts cumulés en mer, ce d’autant plus que les impacts évalués dans les DSF sont à l’échelle de chaque façade. 

 

Ces lacunes dans le cadre des futures installations éoliennes en Baie de Saint-Brieuc, qui vont assurément entraîner une perte de biodiversité supplémentaire, ne sont qu’un exemple topique des carences du DSF NAMO, en l’état en incapacité de garantir le respect de l’objectif “zéro perte nette de biodiversité” en méconnaissance des obligations constitutionnelles et légales. 



2-6) Absence de respect de la séquence « éviter, réduire, compenser » (ERC) 

 

Il ressort de l’avis rendu par l’autorité environnementale  qu’aucune mesure n’a été prise ni même envisagée, au titre de la séquence “Eviter Réduire Compenser” lors de l’élaboration du DSF attaqué. 

 

Pire encore, le maître d’ouvrage s’est contenté d’esquisser les seules mesures de “Réduction” en faisant le choix arbitraire de reporter la recherche d’autres mesures au titre de cette séquence “à plus tard”. 

 

L’AE dans l’avis précité (Pièce n°1), critique ce choix et rappelle les enjeux en présence et l’importance de la mise en oeuvre, dans l’ordre de principe, de cette séquence au vu du projet envisagé et des probables mesures irréversibles qui seront prises dès sa mise oeuvre : “le report total de l’application de cette séquence pose plusieurs problèmes : il conduit à un encadrement environnemental des projets extrêmement léger ce qui revient à renvoyer la gestion des conflits d’usage, voire des difficultés d’acceptation des usages ou des projets à une étape ultérieure, parfois au moment où des décisions irréversibles auront été prises 

 

3) La question  délicate du paysage maritime : absence de prise en compte de l'altération visuelle et de l’impact négatif sur le paysage côtiers des éoliennes 

 

Analyse juridique : Aux termes de l’article L. 350-1 du Code de l’environnement, le paysage “ désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels ou humains et de leurs interrelations dynamiques ».  S’agissant de l’obtention d’un permis de construire, l’article R. 111-27 permet de refuser le projet ou de l’assortir de prescriptions spéciales si : « les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, sont de nature à porter atteinte aux paysages naturels ou urbains ». Le juge raisonne en deux étapes. Premièrement, il doit déterminer si l’installation projetée est visible par l’Homme : « suffisamment visible ». Deuxièmement, le juge applique la règle selon laquelle il ne peut exister d’atteinte paysagère que si ce que l’on voit, ou ce que l’on serait censé voir en l’absence de l’ouvrage, possède une certaine valeur. 

 

Jurisprudence : CAA de Bordeaux, 18 février 2020, n°18BX00738  éoliennes sur une ligne de crête : les éoliennes étaient trop visibles auraient été « de nature à perturber la perception visuelle des lignes paysagères environnantes, caractéristiques de la campagne limousine » justifiant l’annulation de l’autorisation administrative en cause. CAA Marseille, 21 février 2020, massif de la Margeride rappelle l’importance de la préservation du paysage naturel et la nécessaire préservation du patrimoine mondial de l’Unesco. En refusant le projet, la Cour, rappelle, qu’en outre de sa localisation dans une zone tampon du bien « Causses et Cévennes », le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et que celui-ci serait “visible depuis plusieurs villages, points de vue remarquables et monuments historiques. 

 

Cas de l’éolien off shore : des éoliennes situées respectivement à quelques kilomètres des côtes, sont parfaitement visibles depuis le littoral. Celles déjà en place, elles sont déjà visibles provoquant un effet de saturation visuelle. 

 

Plus spécifiquement, sur la façade NAMO : « La façade NAMO présente une grande diversité de paysages côtiers, avec des côtes basses (plages, dunes, cordons de sable et de galets, marais littoraux), des côtes rocheuses, des en falaises entaillées de profondes estuaires, amers et rias, golfes. Le paysage littoral est également structuré par des archipels, de grandes îles et des plateaux rocheux affleurants qui leur sont associés. La Pointe du Raz est labellisée grand site national. Il existe plusieurs parcs naturels avec la mer : Armorique, Gorge du Morbihan, Briète, Marais Poitevin. (...) Les activités du littoral et maritimes sont également à l’origine d’un remarquable patrimoine culturel, bâti - phares, ports, pêcheries, etc…Le rapport évoque aussi une grande variété d’entités paysagères sous-marines, combinaison de caractères topographiques, géomorphologiques et biologiques : fonds sableux, fonds rocheux, vasières, herbiers de zostères, récifs d’hermelles, bancs de maerl, talus, etc. » 

 

La Baie de St Brieuc en Bretagne, est un lieu typique du paysage breton, apprécié pour son aspect authentique, son littoral et son front de mer. La Baie est un lieu réputé pour les locaux, attaché à sa vue face à l’océan et estimé par les touristes lors de balades, de randonnées. La nuit, les feux des éoliennes clignotent en permanence, ce qui les rend particulièrement visibles et dérangeants. Ainsi, la présence d'éoliennes off-shore dans la baie de St-Brieuc causera une altération visuelle sans précédent. Situé proche de la côte, il ne sera pas possible d’en faire abstraction. 

 

Le DSF ne prend pas en compte l'altération visuelle et l’impact négatif sur le paysage côtiers des éoliennes dans la Baie de St-Brieuc 

 

4) Bruit et nuisances sonores : le DSF n’a pas suffisamment transposé le principe de précaution 

 

Lors du forage : Selon une étude réalisée sur place par l’association Gardez Les Caps, rien que pendant la phase de travaux il y aura « 193 forages à 200 décibels dans l’eau : Le son se propage dans la mer cinq fois plus vite que dans l’air. Un bruit peut donc parcourir des distances considérables. Tout ce qui a une capacité natatoire de fuite va déserter la zone. »  

 

En fonctionnement : « En période de fonctionnement « en phase d’exploitation, les publications sur les émissions sonores des éoliennes en mer montrent qu’elles ont plusieurs sources, notamment l’onde de compression créer par le passage de la pale devant le mât qui produit une vibration acoustique d’autant plus importante que la pale est longue et l’éolienne haute, qui descend le long du mât et pénètre dans l’eau, ou encore le bruit des vibrations qui se transmet au sous-sol marin et s’émergera dans la colonne d’eau encore plus vite et plus loin que le sous-sol est plus dense ». 

 

Effet sur les cétacés : Dans la Baie de St-Brieuc, sont présents la plus grande population de dauphins d’Europe notamment le dauphin commun, espèce endémique et un phoque. On peut imaginer les conséquences que pourraient avoir ces nuisances sonores sur ces espèces à protéger. 

Au-delà de subir la source sonore, ces espèces risquent les échouages ou de ne plus fréquenter la Baie de St Brieuc, qui les accueillent depuis des millénairesLes éoliennes offshore en mer de la Baie de St Brieuc émettent de fortes nuisances sonores. Situées à quelques kilomètres des côtes, elles ne dérangeront pas les humains sur la terre ferme, mais bien les espèces marines et les oiseaux en mer. Les cétacés et les poissons utilisent les ultrasons comme manière de communication, de stimulation, de vigilance contre les prédateurs, d’agression, de défense, de demande de nourriture chez les jeunes etc…Une source de bruit forte et en continu affecterait la capacité de communication entre animaux  provoquant alors des effets négatifs tel que la reproduction, leur compliquerait leur orientation et pourrait aller jusqu’à remettre en cause leur survie (difficulté d’utiliser un signal sonore pour rechercher des proies) ; provoquer des échouages ou la collision avec les éoliennes et les navires ; 

 

Comme l’illustre ce projet d’éolien offshore, le DSF n’a donc pas suffisamment transposé le principe de précaution au sein de son projet dans le sens où il n’a pas essayé, au vue des connaissances limitées scientifiques que l’on a sur les nuisances sonores des espèces marines, de diminuer drastiquement l’impact du bruit sur les animaux ; obligation qui lui incombait cependant par l’article 5 de la Charte de l’Environnement. 

 

De plus, le DSF ne respecte pas la directive DCSMM de 2008 quant à la limitation des impacts sonores dans le milieu marin. Plus largement, le DSF n’a pas assez pris en compte le droit à la tranquillité en ce que le projet présente des nuisances sonores trop importantes omettant l’impact négatif des bruits sur les différentes populations marines. (DCSMM 2008 : Directive-cadre européenne de 2008 ou DCSMM dite Plan d’action pour le milieu marin de 2012 qui fixent les conditions à respecter en matière de protection aux impacts sonores, celle-ci impose aux États-membres de « prendre toutes les mesures nécessaires pour réaliser ou maintenir un bon état écologique du milieu marin au plus tard en 2020 »). Cela inclut les pollutions acoustiques qu’ils doivent prévenir et réduire.