Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles

jeudi 4 mai 2017

Emmanuel Macron est-il dangereux ?

C’est ce que Dupont-Aignan a prétendu, et là, on se dit que de toutes façons, il va falloir choisir le moins dangereux.

Mais oui, Emmanuel Macron parait dangereux, tant il parait persuadé que 24% des gens ont voté pour son projet, un projet auquel il croit tellement qu’il s’en égosille !
Il n’est pas besoin d’être grand politologue pour se rendre compte que le score du candidat socialiste est anormalement bas, et que son évolution même au cours de la campagne (le vote utile), montre qu’au moins 10%, au bas mot, des électeurs socialistes ont voté Macron de peur d’un second tour Le Pen Fillon.

Et que de même, le faible score de M. Fillon et son évolution au cours de la campagne montre qu’au bas mot un nombre important (allez au moins 8%) d’électeurs de droite ont voté Macron, non pour son programme mais par peur d’un second tour Le Pen Mélenchon, ou par déception dun candidat qu’ils pensaient plus irréprochable que Sarkozy ou Copé !

Et au second tout évidemment, Macron sera le candidat de la peur de Marine Le Pen.

Ceux qui votent pour M. Macron parce qu’ils soutiennent son projet ne représentent au plus, au vraiment mieux qu’environ 6%. Cela ne lui donne évidemment aucune légitimité pour son programme, en particulier en ce qui concerne l’explosion du droit du travail. Et s'il ne s'en rend pas compte, nous allons vers un désordre immense.

Maintenant, entre deux dangers, il va falloir choisir le moindre !

dimanche 19 février 2017

Perplexités politiques et présidentielles : 1) la nullité dangereuse des émissions politiques


Cette élection qui vient me rend de plus en plus perplexe et, à vrai dire, m’inquiète. Quelques raisons :

Marine Le Pen, l’euro et les journalistes et émissions politiques
                                                                                                   
L’Emission Politique de Marine Le Pen, le 10 février : catastrophique pour le débat politique, très inquiétante quant à ses résultats. Visiblement les journalistes de l’establishment médiatique, les Pujadas Salamé etc. ont décidé que les téléspectateurs sont incapables de s’intéresser à un vrai débat et de le suivre – comme si les primaires de la droite et de la gauche n’avaient pas démontré le contraire. Alors on s’efforce de mettre en scène un machin qui multiplie les distractions, reportages, invités mystères, mise en scènes de clash attendus, un truc haché de machins, à moins que ce ne soit l’inverse et qui ne permet aucun débat approfondis ou même quelques échanges un peu suivis. Et Pujadas qui s’est cru fin en invitant Buisson, réussissant une fois de plus à faire apparaître Marine Le Pen comme modérée et presque pas de droite ! Puis le chlash recherché avec une Najat Vallaud Belkacem tellement et bêtement agressive qu’elle en faisait apparaître Marine Le Pen comme responsable et pondérée ; puis les invités populaires, de la société civile, qui pose la question qui les intéresse et ne peuvent que se faire balader par des politiques tout de même un peu exercés.

Et surtout quel manque terrible et impardonnable de préparation ! Sur cette question centrale et tellement importante de la sorte de l’euro, Pujadas pose la question de la dévaluation lors du passage au nouveau franc, comme un argument massue, celui qui va tuer (médiatiquement s’entends) la candidate ou du moins son programme ! Décidément, à force de prendre les autres pour les imbéciles, il le devient lui-même et Marine Le Pen avait évidemment préparé son contre argument qui tue tout autant «  Oui, mais voyez-vous Monsieur Pujadas, l’euro depuis un an a baissé de près de 30% par rapport au dollar, et personne, dans la vraie vie courante, ne s’en est aperçu ! »

Et dans la bande des prestigieux journalistes, grands dépendeurs d’ andouilles, il ne s’en n’est pas trouvé un pour lui faire remarquer qu’elle venait ainsi de sortir l’un des meilleurs arguments… en faveur de l’euro ! Rien ! Nada ! Pujadas, tel un ara après un coup de chaleur, se contentant de répéter mécaniquement « et la dévaluation.. et la dévaluation »

L’un des meilleurs arguments… en faveur de l’euro pour au moins deux raisons. Car en effet, l’euro a bien perdu depuis un an près de 30% par rapport au dollar et cela n’a pas eu grand effet sur notre vie courante. Mais c’est que l’euro est la monnaie commune d’une zone économiquement intégrée dans laquelle, à la louche, chaque pays effectue 70% de ses échanges avec les autres ! Il en irait tout autrement si par malheur les projets de nouveau franc de Mme Le Pen se concrétisaient – car c’est la quasi-totalité des échanges de la France, avec les autres pays européens qui s’en trouveraient affectés et la quasi-totalité de nos importations qui se renchériraient d’un coup, provoquant inflation, perte de pouvoir d’achat, spoliation des épargnants…,

D’autre part, son argument montre qu’il est possible, pour peu que l’Europe le veuille, de jouer sur le cours de l’euro pour l’ajuster à nos besoins et aux circonstances économiques, en évitant les inconvénients d’une monnaie surévaluée sans que cela ait d’influence néfaste. Il suffirait qu’au lieu d’une dévaluation vis-à-vis du dollar qui s’est faite toute seule, il y ait une politique monétaire de la Banque Centrale pour piloter le cours de l’euro. Je ne vois là rien d’impossible.
Au lieu de cela, Marine Le Pen veut-elle en revenir aux fameuses dévaluations compétitives intra européennes, soit la lutte de toutes les monnaies européennes les unes contre les autres, ces dévaluations qui n’ont jamais amélioré la compétitivité de qui que ce soit ? Ce serait une catastrophe totale qui tirerait nos industries vers les productions de faibles valeurs à bas salaires, soit le contraire de ce qu’il faut faire !

Enfin, comment penser que le nouveau franc permettrait à la France, à la France seule, ô mânes de Maurras, de retrouver une souveraineté monétaire et économique ? Nous avons vu au contraire comment des firmes françaises et européennes ont été purement et simplement rackettées par le gouvernement américain en punition du non-respect d’embargo purement américains, sans légitimité internationale, contre certains pays…parce que ces échanges avaient  eu lieu en dollars ! Avec la politique néo isolationniste que semble prendre l’Amérique, la perte irrévocable de son statut d’hyper puissance,  il existe une vraie opportunité pour qu’un euro intelligemment géré devienne de plus en plus une véritable monnaie internationale qui permettra la fin d’un impérialisme américain brutal  et inacceptable. Il est possible et désirable de mettre fin à l’hégémonie du dollar tout en évitant de la remplacer par l’hégémonie d’une monnaie Asie pacifique que préparent lentement mais surement les Chinois. Le monde a besoin de plusieurs monnaies de référence, l’Europe a besoin de la sienne, et ce ne sera surement pas le nouveau franc de Mme Le Pen.


E il est bien regrettable que les journalistes bien établis méprisent à ce point le peuple français qu’ils s’obstinent à lui dénier le doit à de vrais débats au lieu d’émission informes où l’on peut juste opposer une « vérité alternative » à une autre, bien regrettable aussi que par paresse, par mépris, par désinvolture, ils ne se donnent pas la peine de travailler sur le programme et les arguments  de Marine Le Pen de façon à pouvoir les discuter et les contrer valablement. C’est regrettable et bien inquiétant. De plus en plus !

samedi 28 janvier 2017

Valse avec Hamon

Lire bien sûr Valls avec Hamon.

Manuel Valls, parce qu’une République forte et une France juste est un beau mot d’ordre, qui rappelle l’ordre juste de Ségolène Royal ; pour la défense de la laïcité ; pour une politique responsable de sécurité, pour une politique économique qui n’entraine pas la ruine de la France et des Français, pour la capacité à gouverner, pour la politique de la feuille de paix contre celle de la feuille d’impôt, parce que, non, le travail ne disparaît pas dans nos sociétés, Cré non ! ( ce serait plutôt le burn out qui menace !), mais que de nouvelles formes d’organisation apparaissent, et qu’il faudra lutter pour qu’elles respectent une indispensable justice sociale.

Manuel Valls, parce que le revenu universel est une aberration et une catastrophe économique, parce qu’il revient au partage de la misère et à la résignation face aux changements de l’ordre d’un monde que l’on renonce à comprendre et à organiser. A-t-on noté qu’il sera financé par des transferts du patrimoine des français ? Quel patrimoine ? Pas celui des plus riches, qui peut si facilement s’enfuir à la moindre menace ; non, bien évidemment, le patrimoine taxable, enraciné,  celui des classes moyennes. Oui, un partage de la misère et aussi l’effondrement des classes moyennes dont l’histoire enseigne ce qu’il produit : l’effondrement des classes moyennes produit des monstres politiques : fascisme, trumpisme.

Manuel Valls, parce qu’il est indispensable que la gauche, soit en capacité de gouverner ; parce que, compte-tenu du manque d’appétence des Français pour le  programme ultra libéral de Fillon et de l’effondrement de sa réputation de prétendue probité (lui qui condamnait tant les Tibéri !), il est même possible que la gauche gagne  l’élection présidentielle et qu’il ne faut pas qu’elle soit éliminée du premier tour- en cas de confrontation Fillon Le Pen, maintenant, nul ne sait ce qui pourrait se passer. Les Français méritent autre chose qu’un tel choix. Parce qu’il peut seul éviter un effondrement du PS.

Donc oui, Manuel Valls, mais avec un PS où Hamon a pleinement sa place. Car,  même si ses solutions sont catastrophiques et absurdes, il a bien senti à quel point le monde du travail est devenu toxique et barbare, à quel point la santé au travail devient un problème,  des caissières contraintes de rester à leur caisse pendant une fausse couche aux cadres désespérés par la parcellisations des tâches, le burn out causé tant par l’accumulation que par l’absurdité du travail.


Oui Valls, avec Hamon, oui à un PS où coexistent ces deux directions si nécessaires, la capacité à gouverner et la réflexion à long terme et l’utopie, qui indiquent un chemin, un espoir. Mais à chacun son rôle.

mercredi 5 octobre 2016

Juppé, Grand Cerveau Malade


Ce n’est pas le but de ce blog que de traiter de sujets directement politiques, mais j’avoue que je ne peux voir sans une réelle inquiétude Alain Juppé apparaitre comme le choix favori des français…y compris maintenant d’un certain nombre d’électeurs de gauche sans doute très désorientés. Alors, quelques rappels.

Le programme d’Alain Juppé (interview journal du dimanche, 2 octobre et  Cinq ans pour l'emploi)

- réforme du contrat de travail : « réhabiliter le CDI et le rendre plus attractif pour l'entreprise», notamment en y incluant «des motifs prédéterminés de rupture » - autrement dit, le CDI sans garantie ; plus même question de prudhommes !
- généralisation de la pratique du référendum d'entreprise», qui pourrait être organisé «avec l'accord du chef d'entreprise et d'au moins un syndicat représentatif». Son résultat aurait «force obligatoire» si les négociations avec les représentants du personnel n'aboutissaient pas
libéralisation du travail du dimanche, Alain Juppé est favorable à une «libéralisation» sur la base du volontariat des salariés et d'une majoration de leur rémunération. Selon lui, les blocages survenus par exemple aux Galeries Lafayette et au Printemps relèvent «d'une vision paléolithique de notre société »
passage au trente-neuf heures… éventuellement payées trente-cinq : « laisser la liberté de négociation dans l'entreprise. Mais la loi disposera : si dans deux ans la négociation n'a pas abouti, le temps de travail hebdomadaire passera à 39 heures »
- limitation des mandats syndicaux : les élus syndicaux devront  consacrer au moins 50 % de leur activité à leur métier dans l'entreprise et  ne pourront nt pas faire plus de deux mandats consécutifs. C’est tellement mieux pour négocier dans les entreprises d’avoir des délégués peu expérimentés !
- réduire la dépense publique de 100 milliards en cinq ans, le nombre de fonctionnaires de 250.000 (où ça ?) et ramener l'impôt sur les sociétés à la moyenne européenne (en comptant l’Irlande ?)

Et il y a aura pire que le 49-3
« J'élaborerai une loi d'habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances »,

Et ce ne sont pas des promesses en l’air :
« j'ai une certaine crédibilité : dans ma vie, j'ai fait ce que j'ai dit. »

Le passé d’Alain Juppé : Alain Juppé track record !

Pour ceux qui n’ont pas oublié les grèves de 1995, les embouteillages monstres, les marches interminables sous la neige, les poubelles non ramassées et l’armée se substituant aux très partiellement aux transports en commun et même aux éboueurs (mainteant, avec tout ce qu’ils ont à faire, ce serait même impossible !)
- une bonne connaissance du système judiciaire : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et à une peine de dix ans d'inéligibilité. Le 1er décembre 2004, la Cour d’appel réduit la condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. «  Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés »
- une connaissance approfondie des problèmes immobiliers : En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la ville de Paris, signé en janvier 1993 par Alain Juppé, qui donne l'ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville, rue Jacob. Par ailleurs, Alain Juppé est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Il attend deux semaines avant de se justifier et refuse de s'excuser, affirmant rester « droit dans ses bottes »
- Un sens sûr de l’économie : En 1996, le Premier ministre souhaite vendre au groupe Daewoo l’entreprise publique Thomson Multimédia, officiellement « très endettée », contre un franc symbolique après sa recapitalisation par l’État, à hauteur de 11 milliards de francs. Il faut noter que Thomson Multimédias détient à cette époque les brevets et licences de la totalité des supports numériques sur disque (CD, CD-Rom, LaserDisc, DVD, disques magnéto-optiques, disquettes…) qui génèrent des royalties dans le monde entier avec l’émergence de la télévision numérique.
- Le sens du dialogue social : Les grèves de 1995 en France contre le plan Juppé de 1995 furent à leur époque les plus importantes depuis celles de Mai 68. Lors des six grandes manifestations qui ont touché toutes les grandes villes du pays, 2 millions de personnes (selon les organisations syndicales) sont descendues dans la rue.  Du 24 novembre au 15 décembre, des grèves d'ampleur ont eu lieu dans la fonction publique et le secteur privé contre le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale. Le mouvement social de l'automne 1995, souvent réduit à la grève des transports publics, très visible et fortement médiatisée, a concerné également les grandes administrations (La Poste, France Télécom, EDF-GDF, Éducation nationale, secteur de la santé, administration des finances, etc.). Le 12 décembre marque le point culminant du mouvement, avec deux millions de manifestants. Le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF). France.
Selon la DARES, le service des études et des statistiques du ministère du travail, le nombre des jours de grève a été de 5 millions, dont environ 4 millions de jours de grève dans la fonction publique et 1 million dans les secteurs privé et semi-public.


Alors, Alain Juppé, stop ou bis ?