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dimanche 30 janvier 2022

Prolongation des 900 MW : les enquêtes publiques, c’est parti avec Tricastin

Contexte et importance des enquêtes publiques

L’enquête publique sur les modifications réalisées par Tricastin à l'occasion du quatrième réexamen de sûreté de la tranche 1 a débuté jeudi 13 janvier et se poursuivra jusqu’au lundi 14 janvier. Le grand public pourra donner son avis sur l’ensemble des dispositions d’amélioration mises en œuvre pour la prolongation de la durée de fonctionnement du réacteur N°1. Tous les citoyens, y compris les salariés, sont invités à y participer.

Cette première enquête publique concerne la perspective d’une poursuite de fonctionnement des réacteurs 900 MW pour les 10 ans qui suivent leur 4ème réexamen périodique. Tricastin ouvre la voie, il y aura une enquête pour chaque réacteur 900 MW.

Après dépouillement et analyse, la commission d’enquête remettra ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet et  cela constituera un des éléments pris en compte par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour élaborer sa Décision (attendue au 2ème semestre 2022) de poursuite d’exploitation de Tricastin 1. Ce serait une erreur de penser qu’il s’agit d’une « formalité » ou que cette enquête publique qui est « consultative » ne pèsera pas dans la décision de l’ASN. Les opposants au nucléaire, eux,  se sont organisés pour peser.

L’enquête publique porte sur « les dispositions proposées par EDF lors du 4ème réexamen périodique de Tricastin 1 ». Ce n’est pas une prise de position « pour » ou « contre » le nucléaire mais un avis sur l’ensemble des dispositions d’amélioration mises en œuvre pour la prolongation de la durée de fonctionnement du réacteur N°1.

Les contributions personnelles… doivent être personnelles. A chacun de les rédiger selon ses connaissances et sensibilités. Les envois de messages tous similaires en masse ne seront pas pris en compte.

Il est néanmoins possible de présenter quelques arguments assez standard. Tout le monde peut contribuer sur la plate-forme ci-dessous

https://www.registre-dematerialise.fr/2797

Principales remarques et conclusion :

1) La prolongation des réacteurs existants, lorsqu’elle est compatible avec la sécurité et validée par les Autorités de Sureté compétentes est reconnue par l’AIE et l’OCDE (NEA) comme la source la plus rentable d’électricité à faible teneur en carbone.

Rappelons qu’il n’y a pas de durée de vie fixée des centrales nucléaires, ni en France, ni dans les autres pays possédant une industrie nucléaire (sauf le Japon). En France, l’autorisation de créer une installation nucléaire est délivrée par le gouvernement, sur avis de l’ASN. Ce « feu vert » est délivré sans limitation de durée mais il est remis en question tous les 10 ans dans le cadre d’un réexamen approfondi de l’installation (réexamen périodique)

Aux USA, pays le plus avancé dans la prolongation des centrales nucléaires, les centrales nucléaires renouvellent leur autorisation de fonctionner tous les 20 ans. La plupart des centrales, qui sont assez similaires aux nôtres,  sont déjà autorisées à fonctionner 60 ans. La poursuite de fonctionnement jusque 80 ans est en cours de réflexion.

2) Lorsqu'on fait le bilan de 40 ans de fonctionnement du parc nucléaire, on doit constater qu'il a assuré la production d'énergie électrique de la nation avec une grande fiabilité et sans incident ou accident notable. C’est le résultat de bonnes interactions entre l’exploitant EDF, et l’Agence de Sureté Nucléaire, dont l’indépendance et la qualités sont reconnues internationalement.

L’accident survenu au Japon en 2011 (Fukushima)  a été pleinement pris en compte comme pour faire évoluer la sécurité des réacteurs 900MW face à des risques spécifiques (séisme, perte de source électrique, perte de source de refroidissement). Les demandes de l'ASN dans le cadre du 4ème réexamen périodique des centrales concernent une meilleure gestion des accidents potentiels avec ou sans fusion du coeur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...).Le but final est de protéger la population de tout accident nucléaire mais également de ne pas contaminer l'environnement en toute situation.

Cet objectif a été pleinement adopté par EDF dans le cadre des VD4. Bien qu’âgé de 40 ans, le réacteur N°1 de Tricastin avec l’ensemble des dispositions prises par EDF sera plus sûr qu’à sa mise en service et qu’à la sortie des précédents réexamens de sûreté et le niveau de sécurité sera très proche de celui des réacteurs de GENIII type EPR. Cette exigence est en fait assez unique dans les comparaisons internationales.

3) Etat de la cuve et fissures : l’existence de microfissures (ou plus exactement de microbulles entre l'acier noir de la cuve et son revêtement en inox) est un problème connu depuis l’origine et suivi donc depuis 40 ans. Le problème concerne huit cuves construites avant 1979, Tricastin 1 étant  le plus affecté avec 20 défauts détectés sur les viroles pour 37 sur l’ensemble du parc. Ces microfissures résultent d’un procédé de soudage du revêtement, qui a été modifié depuis. L‘ASN a rappelé que ces défauts isolés ne dépassent pas une dizaine de millimètres de hauteur dans une paroi épaisse de plus de 200 mm et ne sont, ni par leur dimension, ni par leur nombre comparables à ceux trouvés sur les cuves de Doel en Belgique.

Depuis quarante ans qu’elles sont suivies, ces fissures surveillées par l’IRSN et l’exploitant  n’ont pas évoluées. En conséquence, l’ASN a fait savoir au directeur de la production nucléaire d'EDF (3 janvier 2022) que «considérant les éléments communiqués […], l'ASN retient que la tenue en service de la zone de cœur des réacteurs numéro 1 du Tricastin et numéro 2 du Bugey est démontrée pour la période de dix ans suivant leur quatrième visite décennale.»

4) Les récupérateurs de corium : c’est un exemple de la façon dont le post Fukushima a été pris en compte, conduisant à une sécurité de niveau GEN III. 

L’ASN a imposé dans les réacteurs de 900 MWe « des dispositions nouvelles permettant la stabilisation du corium (y compris en cas de percement de la cuve) et la possibilité d'évacuer la chaleur hors de l'enceinte de confinement sans utiliser le dispositif d'éventage-filtration ». En accord avec l’IRSN¸ les dispositions retenues par EDF consistent  à réaliser un étalement sec du corium sur le radier dans le puits de cuve en l'étalant également dans un local voisin (local RIC). Elles permettent l'étalement sur une grande surface du corium afin de permettre le renoyage passif par l'injection d'eau. Cette solution ingénieuse permet d'assurer la  stabilisation et le refroidissement du corium à l’intérieur de l’enceinte de confinement.

Certains jettent le doute sur cette solution en affirmant qu’elle n’a pas fait l’objet d’études expérimentales ; c’est une évidence, il est impossible et dangereux d'expérimenter avec un vrai corium ! et il n’existe heureusement que très peu de retours d’expériences d’accidents. Les physiciens recourent à des modélisations et simulations expérimentales, il est ainsi possible d’étudier les effets de métaux fondus à très haute température, ou  ceux d'une très forte radioactivité sur les matériaux susceptibles d'être en contact avec un corium.

Les récupérateurs de corium ont fait l’objet d’expertises par l’IRSN et l‘AS qui ont validé le bien-fondé de ce concept et de son design. L’IRSN a ainsi proposé une couche de béton sacrificiel plus épaisse qu’initialement prévu afin que le corium n'atteigne pas trop tôt les plaques d’acier sous-jacentes. Par ailleurs, la quantité d’eau qui pourrait être présente dans le puits de cuve et dans la chambre d'étalement au moment de la percée de la cuve doit être limitée par conception afin d’éviter les risques d’explosion.

4b) un recombineur d'hydrogène, qui diminue conisdérablement tout risque d'explosion

5) Injection d’eau borée : dans la série des modifications post-Fukushima, l’ASN a demandé aux exploitants des réacteurs de 900 MWe de mettre en place un dispositif permettant d’injecter de l’eau borée dans le réacteur dans les situations de perte totale des alimentations électriques du site.

 

EDF a proposé l’installation sur chaque paire de  réacteurs d’une pompe supplémentaire aspirant l’eau borée de la bâche d’eau de refroidissement des piscines via le circuit d’aspersion de l’enceinte, et la refoulant dans le circuit primaire par les lignes basse pression du circuit d’injection de sécurité (RIS-BP).  Cette modification augmente la pression d'injection d'eau borée du circuit RIS et permet de réduire considérablement le risque de découvrement du cœur en situation de perte de réfrigérant primaire.

 

6) Diesels d’Ultimes Secours : Autre modification post-Fukushima, l’Autorité de Sureté Nucléaire Diesel d'Ultime Secours (DUS) avait en 2012 imposé à EDF d’installer, sur chacun de ses sites nucléaires, deux moteurs de secours autonomes.  Ils sont l'ultime rempart contre la fusion du cœur du réacteur en cas de perte de la source de refroidissement car ils permettent l'alimentation électrique en 220V de divers appareils utiles en gestion de crise (notamment: appareils de télécommunication, équipements de protection individuelle ou collective).

 

La presse s’est fait l’écho de problèmes (départs de feux au niveau du collecteur d’échappement) lors des premières installations et tests sur 6 DUS (sur 56).  L’Autorité de sûreté nucléaire a été informée de ces événements et a communiqué  : « L’ASN a veillé à ce que les causes en soient déterminées et à ce que des mesures correctives soient mises en œuvre, ce qui a été fait. ».  Tous les matériels en exploitation (52 DUS) ont passé des essais d’endurance et ont été qualifiés. Ils sont conformes et sûrs.

 

7) Piscines de refroidissement des combustibles usés : Un système d’appoint de refroidissement de l’eau des piscines d’entreposage des combustibles usés a été mis en place, notamment pour parer à la possibilité d’une chute d’un petit avion sur ces installations. La dalle de béton d’enceintes de confinement doit être épaissie pour éviter la pollution des nappes phréatiques en cas d’accident grave dans le cœur du réacteur. « L’objectif est de se rapprocher le plus possible des exigences de sûreté des réacteurs de troisième génération tels que l’EPR », a déclaré le Directeur de l’ASN. Une intervention de la FARN (Force d'Action Rapide Nucléaire) est également prévue en cas de problèmes.

 

 Un des reproches récurrents de la part des opposants du nucléaire est que les piscines « ne sont pas bunkerisées ». Pour sa part, l’ASN a souligné le travail réalisé par EDF en termes d’études de sûreté, qui a conduit à « la définition de dispositions supplémentaires qui permettront d’améliorer notablement la sûreté de l’entreposage du combustible et de répondre aux objectifs retenus pour le quatrième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe »

9) Force d’Action  Rapide du Nucléaire : autre mesure post Fukushima, la Force d’Action Rapide du Nucléaire compte 310 personnes qui s’entraînent toute l’année à l’intervention en situation de crise. Son but est d’ intervenir en moins de 24 heures en appui au site, si besoin, réinjecter de l’eau et de l’électricité dans l’installation, assurer les branchements « plug & play » et appuyer l’équipe de pilotage de la centrale. La Farn dispose de 40 équipements, dont un hélicoptère, des barges, des pick-up 4x4, des semi-remorques, des camions plateaux avec ou sans grue pour apporter et déplacer les groupes électrogènes, les tuyaux, les câbles, les pompes, le carburant… tout ce qui est nécessaire pour dégager une route, assurer une alimentation électrique et une "source froide" (eau permettant le refroidissement) pour le site nucléaire

La FARN s’entraine continument. Ainsi, un exercice a eu lieu du lundi 17 au jeudi 20 janvier 2022 au Tricastin et dans les communes alentours. Les moyens mobiles mis en œuvre par la Force d’Action Rapide du Nucléaire permettent de renforcer encore le niveau de sûreté avec une nouvelle ligne de défense pour faire face aux situations les plus critiques, permettant notamment d’assurer le refroidissement du combustible aussi bien celui présent dans la cuve du réacteur que celui qui peut être entreposé dans la piscine de refroidissement

 

10) Agressions externes au site : Les travaux de renforcement de la digue pour résister au Séisme Noyau Dur permettent d’élever le niveau de résistance à l’agression d’un séisme.

 

À la suite du séisme du Teil survenu le 11 novembre 2019 à proximité des centrales nucléaires de Cruas et du Tricastin, l’ASN a demandé à EDF  de déterminer si cet événement serait susceptible de conduire à une réévaluation du niveau des aléas sismiques retenus pour la démonstration de sûreté. En réponse, EDF considère que  le séisme du Teil est sans impact sur la définition du SMS du site du Tricastin. En effet, sur les sites des installations nucléaires du Sud-Est (Cruas, Tricastin, Marcoule et Cadarache), le séisme du Teil n’a engendré que des accélérations minimes, très inférieures à celles prises en compte dans leur dimensionnement, et n’a pas eu de conséquences sur les matériels. Du point de vue de la sûreté, le retour d’expérience porte en premier lieu sur les procédures d’inspection en cas de séisme, qui doivent être précisées et rendues plus directes et opérationnelles.

 

Lorsqu’en un lieu, la vitesse de propagation des ondes sismiques est inférieure à la vitesse des ondes en profondeur, on observe une amplification et un allongement du signal sismique. Le sol agit en quelque sorte comme un amplificateur et les ondes peuvent être « piégées » dans les terrains à plus faible vitesse de propagation. Tricastin, construit sur une zone sédimentaire est soumis à cet effet de site bien connu. Après le séisme du Teil, l’IRSN a comparé les signaux enregistrés par différents capteurs placés à proximité de Tricastin, les uns au rocher, sur le bord du canyon, les autres sur les sédiments. Ces signaux ont confirmé l’existence d’un effet de site : amplification et allongement du signal. Cet  effet de site est  pris en compte dans la définition du spectre de référence.

 

La FARN constitue une nouvelle ligne de défense face aux situations les plus critiques d’inondation ou séisme ; de même pour les Diesel d’Ultimes Secours.


Pour l’inondation d’origine externe, dont l’étude a été réalisée à ce stade pour les sites du Tricastin, du Bugey, de Gravelines et de Saint-Laurent-des-Eaux, les valeurs obtenues sont, pour le risque de fusion du cœur, compris entre 10-6 et 10-5 par an et par réacteur et sont négligeables pour le risque de découvrement des assemblages de combustible dans la piscine d’entreposage.

L’ASN considère que « l’ensemble des dispositions mises en œuvre à la suite de l’inondation du site du Blayais en décembre 1999 et dans le cadre de la prise en compte du retour d’expérience de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi permet de conférer aux centrales nucléaires de 900 MWe un haut niveau de protection contre le risque d’inondation d’origine externe »… Pour le site du Tricastin, les éléments transmis par EDF relatifs aux méthodes d’évaluation des situations de référence pour le risque d’inondation (crue, pluie, rupture d’ouvrage hydraulique…) sont  jugés globalement satisfaisants.

Concernant le risque de tornades, l’ASN a notamment considéré que la définition de la tornade de référence proposée alors par EDF (niveau de tornade EF340 sur l’échelle de Fujita) ainsi que les projectiles associés étaient globalement satisfaisants pour le quatrième réexamen périodique.

Concernant les vagues de chaleur, un référentiel « grands chauds » (température exceptionnelle supérieure ou égale à 45,7 °C et une température minimale supérieure ou égale à 27,3 °C pour le site du Tricastin) a fait l’objet d’une instruction dans le cadre du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe. L’ASN souligne l’ampleur des études réalisées et des modifications prévues par l’exploitant pour protéger ses installations. L’ASN considère que la déclinaison du référentiel « grands chauds » constitue une avancée majeure pour la démonstration de sûreté.

En résumé, les demandes de l'ASN dans le cadre du 4ème réexamen périodique des centrales REP 900 MW concernant une meilleure gestion des accidents avec ou sans fusion du cœur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...) ont été prises en compte. Elles permettent une meilleure gestion des accidents avec ou sans fusion du cœur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...), le but final étant de protéger la population de tout accident nucléaire mais également de ne pas contaminer l'environnement quelle que soit la situation. L’'accident survenu au japon (Fukushima) en 2011 a été pleinement pris en compte.

Le CNPE de Tricastin exploite et effectue la maintenance de ses réacteurs en toute transparence. Ce point a notamment été souligné par l'Autorité de Sûreté Nucléaire. A la suite du quatrième examen décennal, le réacteur N°1 de Tricastin est plus sûr qu’à sa mise en service et qu’à la sortie des précédents réexamens de sûreté.

Face à l’urgence climatique, à la crise énergétique et à ses conséquences économiques,  à l’épuisement des ressources fossiles, l’avis sur la prolongation de l’exploitation de  Tricastin ne peut être que très favorable. 



dimanche 4 juillet 2021

Etrange et inquiétante justice, pour rester poli

 Un procès à Valence et un procureur qui défend les inculpés

Trente-quatre militants de Greenpeace ont comparu le mardi 29 juin 2021 devant le tribunal de Valence pour s'être introduits (intrusion illégale, notamment en découpant un grillage) en février 2020, sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin, afin de réclamer sa fermeture.

Si les dépositions des témoins et les arguments des avocats de la défense fuirent sans surprises, ce ne fut pas le cas des réquisitions du procureur Michel Coste…qui prit carrément le parti des militants de Greenpeace avec des argument qu’eux-mêmes n’auraient pas osé utiliser.

Verbatim :

Témoin : Yves Marignac, Negawatt :  « l’ ASN rappelle régulièrement qu'une catastrophe nucléaire est possible sur chacune des installations nucléaires en France…."la démonstration de sûreté de la centrale nucléaire de Tricastin a été initialement projetée sur 40 ans. Le dépassement n'a pas été ni étudié ni évalué au départ »

Commentaire : C’est faux. L’ASN fait son métier d’agence indépendante pour que justement un accident nucléaire n’arrive pas.  Et quant au mensonge inlassablement répété des 40 ans, répétons inlassablement avec l‘ASN : « la France n'a pas prévu, dans sa législation, de limitation de la durée de vie des centrales nucléaires, comme cela peut être le cas parfois à l'étranger. Une fois que l'exploitant est autorisé à fonctionner, il n'y a pas de limite mais une obligation d'examen de sûreté tous les dix ans. »

Procureur: « Les méthodes de Greenpeacef n'ont jamais été violentes et n'ont jamais fait de victime. Par contre, il y a eu une victime de leur côté à la suite de l'attentat sur le Rainbow Warrior organisé par l'Etat français »

Commentaire : Quel est le rapport avec EDF ?  les méthodes de Greenpeace sont illégales et dangereuses. Elles mettent en péril les salariés des centres nucléaires et les militants de Greenpeace eux-mêmes le jour où ils seront confrontés à la réponse normale de la sécurité des CNPE.

Par ailleurs cette observation du Procureur tombe mal, juste après (16 juin) l’intrusion d’un ULM de Greenpeace dans le stade de Munich, juste avant  le match France Allemagne. Le pilote de l’ULM en a perdu le contrôle et a blessé plusieurs personnes dont une au moins a dû être hospitalisée. C’aurait pu être encore plus grave si l‘ULM s’était écrasé dans les tribunes, et, par ailleurs, il a failli être abattu par la police. Il est peut-être temps de siffler la fin de la récréation pour ce type d’action de Greenpeace.

Et rappelons que Greenpeace s’est vu retirer son statut d’organisme de bienfaisance par le gouvernement canadien en raison de son action pour obtenir la fermeture de certaines industries. Et qu’en Nouvelle-Zélande ( le pays du Rainbow warrior…), Greenpeace s’est longtemps fait contester le statut d’organisation charitable…

Procureur : » n'oublions pas que l’image d’EDF est écornée aussi par des échecs retentissants", a affirmé le représentant du parquet dans une allusion au projet d'EPR à Flamanville.

Commentaire : Quelle compétence du procureur sur ce sujet ? Quant à l’échec de l’EPR, on en reparlera dans vingt ans.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/01/un-nucleaire-nouveau-est-necessaire.htm

Procureur : «  3 accidents nucléaires majeurs ont rythmé l'histoire mondiale du nucléaire. C'est à la suite d'un de ces accidents qu'a été  créée la @CRIIRAD pour démêler le vrai du faux sur le nucléaire »

Commentaire : La CRIIRAD fondée par l’inénarrable Michèle Rivasi a depuis longtemps perdu toute crédibilité… et singulièrement depuis Tchernobyl et son nuage, et ses attaques indignes contre le PR Pellerin et le SCPRI

Sur la mortalité des différentes énergies, une information pour le proc…

Procureur: "Les sites nucléaires représentent un danger car il y a des matières dangereuses et ça se barrage hydroélectrique ça ne se surveille pas"surveille. Un

Commentaire : Oh, ben si que ça surveille et heureusement. Par exemple, c’est bardé de jauges de contraintes suivies en permanence pour voir que ça bouge pas trop. Parce que on rappelle : Morvi ; 15.000 morts ; Banquiao : 170.000 morts ; en France, Malpasset, 423 morts)

Nucléaire, démocratie et transparence

Et en ce qui concerne ces autres tartes à la crème de grenpeace, une remaquable tribune d'Alexis Quentin ( CFE-CGC) dans Marianne :

"le nucléaire est bel et bien un domaine sujet à la plus grande transparence. Votée en 2006, la loi Transparence et Sûreté Nucléaire précise que « toute personne a le droit d'être informée sur les risques liés aux activités nucléaires et leur impact sur la santé et la sécurité des personnes, ainsi que sur l'environnement et sur les rejets d'effluents des installations...Quelle autre industrie en fait autant ?"

"En 1981, quelques mois après l’élection de François Mitterrand, a eu lieu à l’Assemblée Nationale un débat, dont la lecture du compte-rendu est passionnante. Durant deux jours, il n’a été question que de politique énergétique, et principalement de la politique nucléaire qui serait mise en place durant ce septennat....Dix ans plus tard était votée la loi Bataille sur la gestion des déchets nucléaire, aussi un modèle démocratique. Après cette loi ont eu lieu 20 ans de travaux scientifiques, d’auditions devant une commission nationale d’évaluation et devant l’OPECST, l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques, plusieurs débats publics"

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/rejeter-le-nucleaire-pour-de-mauvaises-raisons-nest-pas-raisonnable

Bon bref, la justice, en l’occurrence le Procureur Michel Coste déconne à plein tubes..

Et ce n’est pas tout, la même semaine on a été gâté.

Quand le Conseil d’Etat veut résoudre le problème climatique

1er juillet 2021 : Saisi par la commune de Grande-Synthe, qui s'estime menacée par la montée du niveau de la mer, le Conseil d’Etat a relevé que les trajectoires actuelles de la France ne lui permettent pas de respecter ses engagements dans le cadre de l'accord de Paris et ordonne donc au Premier ministre de prendre toutes mesures utiles permettant d'infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre (...) afin d'assurer sa compatibilité avec les objectifs" de la France d'ici le 31 mars 2022, délai qui expirera donc en pleine campagne présidentielle »

Ben voyons, mes dignes ??? magistrats, il y a qu’à faut qu’on hein. Ce sont des objectifs totalement délirants dont aucun scientifique ou ingénieur n’a la moindre idée de la façon de les tenir, mais, bon, pas de problème, les magistrats savent…

Quand même une petite idée qui peut aider, on remet en route Fessenheim (bon, c’est pas trop possible, mais après tout pas plus impossible que le reste). Mais surtout on prolonge toutes les centrales existantes (donc on envoie balader la PPE) et on met illico presto en route 6 EPR…pour commencer.

Le tribunal administratif de Lyon plus compétent que l’ANSES sur le glyphosate

https://www.leprogres.fr/environnement/2021/06/30/glyphosate-la-justice-confirme-l-interdiction-du-roundup-pro-360

 En 2019, le tribunal administratif de Lyon avait annulé l’autorisation de mise sur le marché émise en mars 2017 par l’Anses (l‘Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, organisme chargé de distribuer les autorisations de mise sur le marché en France). Les juges estimaient que l‘herbicide devait « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé » et mettaient en cause l‘Anses, estimant qu’elle avait « commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution » en autorisant ce produit.

En rejetant l’appel de Bayer et de l’Anses ce 29 juin, la cour administrative d’appel confirme l’argumentation du tribunal. Considérant que le risque d’atteinte à l’environnement et de nuisance à la santé était connu à l’époque, il estime que l’Anses n’a pas évalué ce risque avant l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360 et que sa décision a été prise « en méconnaissance du principe de précaution »

Toutes les agences sanitaires du monde entier considèrent que malgré près de 40 ans d’utilisations et des centaines d’études, il n’y a aucune preuve de danger cancérogène ou sanitaire du glyphosate, une seule agence le qualifie de cancérogène probable dans une classification assez baroque, au même titre que la viande rouge ou le manque de sommeil, mais les dignes ??? magistrats se permettent de retoquer l’ANSES et d’affirmer que le principe de précaution impose son retrait

Eh bien, je dirais que le principe de précaution impose de ne surtout pas avoir affaire à la justice française. Depuis Outreau, c’est peu dire que je ne lui accorde aucune confiance, 


samedi 16 novembre 2019

Tremblements de Terre et Centrales Nucléaires


On avait dit : no Fake news, No fake science… et ben c’est pas gagné !

Un séisme s’est produit le 11 novembre 2019 au Teil à environ 10 km à l’ouest de Montélimar. La secousse a duré plusieurs secondes à proximité de l’épicentre et a été ressentie par la population du sud-est de la France, notamment jusqu’à Saint-Etienne, Grenoble, Lyon, Montpellier et Marseille. L’IRSN a rapidement publié que ce séisme avait  magnitude locale comprise entre 5,1 et 5,4 (soit le plus fort historique de la région). Les centrales nucléaires EDF de Cruas et du Tricastin, comprenant chacune quatre réacteurs de 900 MWe, sont situées respectivement à 15 km et à 25 km de l’épicentre, situé sur la commune du Teil.

A partir de là, les touilleurs de peur, les organisateurs de paniques, les fana antinucléaires, les retrogrades ignares, les bigots écolos se sont mis à délirer, trop souvent repris par une presse écervelée ou complice.

Florilège.

« Le Dauphiné libéré rappelle cependant que le tremblement de terre de ce lundi était « plus puissant que le séisme majoré de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de sûreté nucléaire », pour lequel les centrales du Tricastin et de Cruas ont été construites. » (Le Monde, 11 nov 2019)

Séisme : la peur d’un Fukushima à la centrale du Tricastin (Le Dauphiné Libéré et aussi Le progrès !)

« Dans un tweet, le réseau «Sortir du nucléaire» a souligné que la magnitude de ce séisme était supérieure au «séisme majoré de sécurité» de 5,2 pour lequel les centrales du Tricastin et Cruas ont été construites. Il est urgent d’arrêter ces centrales avant qu’un accident grave ne survienne», ajoute-t-il. » (Le Dauphiné Libéré, 11 nov 2019)

« Séisme : "J'ai cru que la centrale nucléaire de Cruas avait sauté, je me suis vue morte !" (Midi Libre)

« Fort #séisme en Rhone-Alpes: #EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire Le séisme d’hier de 5,4 était supérieur au séisme majoré de sécurité fixé à 5,2. L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant le danger. Stop! « (Michele Rivasi)

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes": le constat alarmant d'un expert (Nice Matin) (NB l'expert en question est un militant de la Criirad)

« La secousse a été ressentie dans la salle des machines de la centrale nucléaire de Cruas. A cette heure (14h45) aucune information n'a filtré sur les dégâts éventuels et la fragilisation des installations et matériels…Pourtant, quelques heures avant le séisme, à 23h51 le réacteur n°4 du Tricastin s'est mis en arrêt d'urgence, la puissance chutant de 950kWh à 0kwh . Concomitance d'évènements ou bien enchaînement annonciateur? » Coordination antinucléaire sud est)

Bon, j’arrête, parce que là, on s’approche de la sorcellerie…

Et maintenant la réalité :*

Grâce comme d’habitude aux tweets très informés de Tristan Kamin et Buchebuche (et bien d’autres, Boris Le Ngoc) ; Et surprise des surprises, peut-être que finalement, la campagne No Fake Science n’aura pas été inutile, le checknews de Libération qui a pris la peine de lire et  de rendre plus accessible la communication de l’IRSN (l’Institut de radioprotection de sûreté nucléaire (IRSN). Car communication, il y a eu) (https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/12/apres-le-seisme-en-ardeche-doit-on-s-inquieter-de-l-etat-des-centrales-nucleaires-de-cruas-et-tricas_1762771

Donc : « Les deux centrales  de Cruas et de Tricastin. auraient été construites pour résister à un séisme de magnitude 5,2 alors que le tremblement de terre du Teil affiche une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter. » 

Eh bien Fake, ultra Fake news

«Les normes de sécurité, pour chaque centrale, sont établies en fonction d’un "séisme de référence", c’est-à-dire le séisme le plus fort connu dans la région. C’est ce qu’on appelle le "Séisme maximal historique vraisemblable" (SMHV). En ce qui concerne la zone de Cruas et Tricastin, le séisme de référence a eu lieu en 1873, il était de magnitude 4,7. Ensuite, pour déterminer la résistance des centrales face aux tremblements de terre, on ajoute 0,5 point : on obtient alors le "séisme majoré de sécurité (SMS)".» Donc 5.2

« Tout d’abord, le SMS est déterminé dans l’hypothèse où l’épicentre du séisme est placé exactement sous la centrale. Ce qui n’était pas le cas lundi. »

Donc 5.2 au cul de la centrale, pas à dix ou 20km. Donc norme de sécurité pas dépassée !

Par ailleurs et surtout, il y a eu une confusion sur l’échelle de magnitude. «Il y a différentes échelles, poursuit Thierry Charles. Le séisme de lundi a été annoncé entre 5,1 et 5,4 en magnitude locale. Or, pour calculer le SMS, nous pensons en magnitude d’ondes de surface. Si on suit cette échelle, cela signifie que le séisme du Treil était d’une magnitude de 4,5 en son épicentre. Ce qui, on le voit, est inférieur au séisme de référence, à partir duquel ont été construites les centrales. Pour y arriver, il y a encore de la marge, donc.»

Ben oui, de la marge, il y en avait et pas qu’un peu ! Pour ceux qui veulent suivre un peu plus, le communiqué de l’IRSN est explicatif : « Un séisme peut être caractérisé par sa magnitude ainsi que sa profondeur. On distingueplusieurs échelles de magnitude : - la magnitude locale : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de volume, - la magnitude de moment : magnitude estimée à partir de l’énergie contenue dans le signal sismologique, - la magnitude des ondes de surface : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de surface.

Or ce sont ces ondes de surfaces qui sont à considérer pour les dégâts éventuels (il faut prendre en considération l’accélération du sol ressentie sur place, et pas la magnitude mesurée au niveau de l’épicentre !).  ; soit magnitude 4.5 à l’épicentrre, ; et pas au cul de la centrale.

Donc une très, très large marge ! Pour preuve, à Cruas un capteur a signalé une secousse cinq fois moins importante que le seuil de sûreté", a précisé à la presse le directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF, Régis Clément. NB : Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d'appuis parasismiques en élastomères, afin d'absorber de possibles secousses. "Aujourd'hui, clairement, aucun désordre n'a été observé sur les installations".

Dernier sujet de panique : le tsunami du Tricastin : Check new de Libération. « Enfin, certains commentateurs ont relevé une autre source d’inquiétude : celle-ci concerne une mise en garde réalisée par l’ASN au sujet de la centrale de Tricastin. Celle-ci avertissait, en 2017, de possibles dangers d’inondation en cas de séisme. En cause : le Rhône, situé juste à côté et une portion de digue fragilisée. D’où cette question : la centrale du Tricastin et sa digue étaient-elles équipées pour résister au séisme du Teil ?

Là encore, Thierry Charles, de l’IRSN, détaille : «En 2017, l’ASN a demandé l’arrêt des réacteurs à Tricastin, le temps qu’une portion de la digue le long du Rhône soit renforcée afin de résister au SMS, soit un séisme de magnitude de 5,2. Ce qui a été fait. Et puis, suite à l’incident nucléaire de Fukushima, il a été décidé de majorer encore davantage ce seuil de référence. C’est pourquoi une nouvelle demande de mise à jour a été formulée par l’ASN.» L’Autorité confirme, auprès de CheckNews : «L’idée sera de rendre les centrales résistantes à un séisme une fois et demie supérieure au SMS actuel. Au Tricastin, les travaux devront être effectués d’ici 2022.» Mais, à l’heure actuelle et après les contrôles de 2017 et les travaux qui ont suivi, il apparaît que la centrale du Tricastin, tout comme sa digue, étaient opérationnels pour résister à un séisme de 5,2 sur l’échelle de Richter.

Ben voilà, les journalistes, c’est pas si compliqué de bien faire son boulot. Ca implique seulement un peu de boulot et de renoncer  à des pratiques putassières et irresponsables.



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vendredi 2 août 2019

Les Français et le nucléaire- sondage Orano-BVA


Méthode : Enquête réalisée par téléphone auprès de 3 008 Français âgés de 18 ans et plus, interrogés du 4 au 27 avril 2019. Echantillon national représentatif : 2 405 répondants ; Echantillon représentatif de personnes habitant à proximité du site nucléaire de la Hague : 301 répondants ; Echantillon représentatif de personnes habitant à proximité des sites nucléaires du Tricastin et de Melox : 302 répondants.

Principaux points :

1) Bilan global : Le nucléaire constitue-t-il un atout (47%), un handicap (34%),  ni l’un, ni l’autre (17%)

Commentaire : Purée, que c’est faible :! Il y a des efforts à faire. Et la perception des atouts baisse chez les jeunes (atout : 57% chez 65% et plus)

2) Principaux avantages du nucléaire :

 Indépendance énergétique de la France : 46%,
 Un secteur qui crée des emplois en France : 39%, mais 54% chez les 18/24 ans- (c’est le seul item pour lequel le nucléaire entraine un assentiment majoritaire chez les jeunes). Autre résultat similaire, avec une question posée un peu différemment : le nucléaire est perçu comme un secteur qui crée des emplois (56%- dont 67% chez les 18-24 ans) contre 22% qui pensent qu’il en supprime.
Le faible coût de l’électricité : 35%

Commentaire : Finalement importante et généralement négligée, cette question des emplois ! D’autant que les Français sous-estiment plutôt le nombre d’emplois dans le nucléaire (21% moins de 100.000 emplois, 43% entre 100.000 et 200.000, la valeur étant 220.000 simplement en emplois directs !). Il faut insister sur le coût en termes d’emplois de la Programmation de Politique énergétique (PPE) et de ses absurdes fermetures de centrales nucléaires (14 centrales fermées d’ici 2035, quelle absurdité et quel gâchis honteux ! Comparer avec les ENR qui créent surtout de la valeur et des emplois en Chine. Comparer aussi la qualité des emplois en France dans le nucléaire ou l’hydraulique d’une part,  et les ENR d’autre part.
Insister davantage sur le faible coût de l’électricité nucléaire.

3) Principaux désavantages du  nucléaire :

Production de déchets non recyclables : 56%
Risque d’accident : 52%
Vieillissement des installations nucléaires : 45%
Impact négatif sur la santé : 43%
Impact négatif sur l’environnement : 39%

Commentaires :

Les déchets restent le problème principal. Mieux faire connaître le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, les débats en cours et  les solutions proposées et acceptées par le consensus des experts.

Risques d’accidents :  L'expérience acquise depuis plus d'un demi-siècle permet d'évaluer la probabilité d'accident mortel par kWh et de la comparer à celles des autres énergies : même en prenant en compte les évaluations les plus pessimistes sur les morts liées à Tchernobyl et Fukushima ainsi qu'aux mines d'uranium, la mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh contre 100 000 décès pour le charbon (10 000 décès aux États-Unis), 36 000 décès pour le pétrole, 4 000 décès pour le gaz naturel, 1 400 décès pour l'hydroélectricité, 440 décès pour le solaire photovoltaïque et 150 décès pour l'éolien (plusieurs techniciens se tuent chaque année en tombant lors de l'installation ou de la maintenance des éoliennes)

Ceci aussi, rappelé par Tristan Kamin : accident de Three Mile Islands (28 mars 1979) : n'a provoqué ni décès, ni blessures ou effets néfastes sur la santé. 4 mois après : barrage de Morvi en Inde : entre 2 000 et 15 000 victimes. Sans oublier Banquiao : en août 1975, lors du passage du typhon Nina , 62 barrages ont rompu de façon catastrophique ou ont été détruits intentionnellement. Selon le Département d'hydrologie de la Province de Henan, 26 000 personnes moururent directement à cause de l'inondation et 145 000 autres durant les épidémies et la famine qui suivirent…

Vieillissement des installations nucléaires :  Il n’y a pas  de limites de 40 ans, c’est une durée fixée au départ afin de démontrer que l'énergie nucléaire était viable sur une telle période. Cette durée de vie initiale n'est pas une limite en soi. Un  réexamen de sûreté est effectué tous les dix ans, en deux étapes : l'examen de conformité et la réévaluation de sûreté. En fait les centrales nucléaires sont continuellement améliorées, et, au rebours de ce que l’on pourrait craindre, la fréquence et la gravité des incidents diminuent au cours du temps ( amélioration technique et effet d’expérience) !

En fait les centrales n’ont pas de réelle date de péremption. On ne voit cette "hypothèse" que tous les 10 ans, lors du réexamen de sûreté. Actuellement, les experts espèrent faire fonctionner les centrales jusqu'à 60 ans. C'est leur horizon de réflexion.

Impact négatif sur la santé :( ????)
Vivre à côté d’une centrale nucléaire : 0.002 mSv
Dose reçue en dormant chaque nuit à côté d’un être humain : 0.05 mSv
Dose moyenne en France d’exposition naturelle au radon : 1.4 mSv
Exposition médicale moyenne en France : 1.6 mSv
Radioactivité des zones granitiques de Bretagne : 5 mSv
Dose reçue par le personnel des vols Paris Tokyo : 9 mSv

4)  A propos d’électricité, quels sont parmi les éléments suivants ceux qui sont les plus importants à vos yeux ?
Qu’elle ne coûte pas trop chère : 63% (mais 69% chez CSP-)
Qu’elle ait un impact limité sur l’environnement : 53% (mais 60% chez CSP+, 62% chez 16-34 ans)
Qu’elle soit disponible à tous moments sans interruption : 42%

Commentaire :

Pas trop chère : Compte-tenu du coût exorbitant  des ENR (partout, plus le pourcentage d’ENR est important, plus le prix augmente -cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/07/le-grand-malefice-pourquoi-plus-il-y-de.html), il y a dans l‘augmentation des tarifs de l’électricité tous les éléments d’une fracture et d’une crise sociale type gilets jaunes au carré – et les réactions aux récentes augmentations de juin 2019 le prouvent. Et aussi d’une fracture générationnelle !

Disponible : Seulement 42% pour juger la disponibilité (donc la pilotabilité) importante ????.  Oh, les jeunes, il vous manque une bonne grève d’EDF avec coupures de courant  (c’est devenu illégal) et impossibilité de recharger votre smart phone ! Ou un bon effondrement du réseau, comme en Australie ; mais si on continue avec la même PPE (loi de Programmation pluriannuelle de l'énergie) et ses fermetures absurdes de centrales nucléaires, ça viendra vite !

5) Coût du nucléaire : Le nucléaire est une énergie qui coûte cher à produire pour deux Français sur 3 (24% très cher, 44 % plutôt cher, 25% plutôt pas cher).
Moins d’un Français sur 3 (29%) pense que l’électricité produite en France est moins chère qu’en Europe et près de 4 sur 10 (38%) pensent qu’elle est plus chère !

Commentaire : alors là, il y a comme un sérieux défaut de perception !



Et ceci, Mesdames et Messieurs, grâce au nucléaire !

Ceci encore :
Coût de production du nucléaire historique : 49,50€ le MWh.
Coût de production du gaz : entre 70€ et 100€ le MWh
Coût de production d’une centrale solaire : 142,50€ le MWh.
Coût de production de l’éolien terrestre : 82€ le MW
Coût de production de l’éolien en mer : 180€ le MWh
Coût de production hydroélectrique  entre 15 et 20€ le MWh

Données CRE (https://prix-elec.com/energie/production#couts), sur un site qui, au surplus, fait la propagande des énergies renouvelables  et sous-estime le coût de l’éolien  (une énergie très déconcentrée qui exige beaucoup d’investissement en réseau, une production non pilotable à valeur économique nulle ou même négative quand toutes les éoliennes d’Europe produisent du courant dont personne n’a besoin…


Donc le nucléaire historique s’en sort très bien et l’on mesure à quel point la fermeture de centrales nucléaires pour des motifs purement politiques et non pas de sécurité représente un gaspillage gigantesque.

Et ceci encore :
Au total, les investissements dans les EnR-i se chiffrent donc autour de 120 milliards d’euros, soit déjà plus que la valeur historique de construction du parc nucléaire (96 milliards pour la construction des centrales-58 réacteurs !) et tout cela pour ne rien gagner en CO2 et détruire de l’emploi ! ( et pour produire 5% de l’électricité, et encore quand on n’en a pas besoin !)


5) Les Français pensent majoritairement que le nucléaire contribue à l’effet de serre (beaucoup 34% ; un peu, 35% ; pas vraiment ou pas du tout 30%)

Commentaires : oh purée, là aussi, il y a de la pédagogie à faire !


6) Avenir du nucléaire :

54% des Français pensent que le mix électrique du futur sera en partie nucléaire, en partie renouvelable, contre 26% uniquement renouvelable (Brune Poirson, on t’a reconnue) et 12% nucléaire, fossile et renouvelable.
61% des Français pensent  que la part du nucléaire va augmenter ou rester stable dans le monde, 52% en Europe, 54% en France.

Commentaire : tiens, c’est moins pire que ne le laissait prévoir les questions précédentes. Ceci dit :
1) On a bien fait entrer dans la tête des Français que les énergies fossiles c’est mal, mais de là à vouloir complètement s’en passer dans tous leurs usages, ça ne parait ni réaliste, ni même souhaitable.
2) Mais bon sang  les gars, vous avez pas lu la mirifique PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie !). La part du nucléaire dans l’électricité doit descendre à 50% en France en 2035 et 14 (14 !!!) centrales en parfait bon état doivent être fermées !! Ou alors, vous ne croyez pas un mot des discours des allumés, des fanatiques, des ignorants et des margoulins ? Ni des politiques ?

7) Acceptabilité du nucléaire

71% des riverains de La Hague et 62% des riverains du Tricastin considèrent le nucléaire comme un atout (contre 47% de l’ensemble des Français)
65 % des riverains de La Hague et 58% des riverains du Tricastin considèrent le nucléaire comme un atout pour leur région (création d’emplois, rentrées fiscales, dynamisme économique)
84% des riverains de La Hague et 78% des riverains du Tricastin pensent que leur site est bien entretenu
77% des riverains de La Hague et 68% des riverains du Tricastin pensent que leur site est sûr
55% des riverains de la Hague et 61% des riverains du Tricastin considèrent que le nucléaire contribue au réchauffement climatique (contre 69% de l’ensemble des Français) (M. Tristan Kamin, encore un effort !)

Commentaire : Le nucléaire, plus on en est proche, mieux on le connait, plus on l’apprécie. Pas sûr du tout que ce soit la même chose pour les éoliennes ! (et même c’est plutôt le contraire !)