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mardi 24 mars 2020

Le nucléaire et ses déchets (4) : l’enfouissement en couche profonde, une solution naturelle. Le cas d’Oklo


En juin 1972, à Pierrelatte où l’on enrichissait l’uranium pour les besoins de la « force nationale de dissuasion », une mesure de routine, par spectrométrie de masse, de la teneur isotopique d’un échantillon d’hexafluorure d’uranium naturel UF6 en tête d’usine a présenté une petite anomalie : il n’y avait que 0,7171 % de U235 au lieu de la valeur habituelle 0,7202 ! Une autre version implique une livraison du CEA à des clients soviétiques qui auraient protesté contre une teneur insuffisante en U235

Cet uranium naturel avait donc été appauvri, tout se passait comme si  une partie avait déjà participé à une réaction de fission nucléaire. Et c’est en fait exactement ce qui s’est passé !

Très vite, les scientifiques ont situé l’origine du problème dans les mines d’uranium d’Oklo au Gabon, et l’hypothèse incroyable a été confirmée : oui, des réacteurs nucléaires naturels ont bien fonctionné.

Et pas qu’un : seize sites ont été découverts à Oklo et un à Bangombé, à une trentaine de kilomètres avec des traces de réactions de fission datant de 1,95 milliard d'années !

Les réacteurs nucléaires naturels d’Oklo ont fonctionné il y a environ 2 milliards d'années, et la réaction la réaction s’est maintenue pendant plusieurs centaines de milliers d’années (entre 150 000 et 850 000 ans). Lorsque les réacteurs ont commencé à fonctionner, la part de l’isotope fissile 235U dans l’uranium naturel (proportion des noyaux) était de l’ordre de 3,66 %, valeur proche de celle de l’uranium enrichi utilisé dans les réacteurs nucléaires actuels ( en raison de la radioactivité naturelle, de tels taux d’enrichissements n’existent plus aujourd’hui sur la Terre). Au moins 500 tonnes d'uranium auraient participé aux réactions nucléaires qui ont dégagé une quantité d'énergie estimée à environ 100 milliards de kWh. L'intégrale du flux neutronique a dépassé en certains points 1,5 × 1021 n/cm2 et, dans certains échantillons, la teneur en U235 a chuté jusqu'à 0,29 % (contre 0,72 % dans l'uranium géologique normal)

Les réactions de fission en chaîne se sont produites au ralenti pendant près de 100 000 ans, comme un feu qui couve. Elles étaient régulées par la présence d’eau : au fur et à mesure que la réaction s’intensifiait, augmentant la température, l’eau s’évaporait et s’échappait, ce qui ralentissait la réaction (plus de neutrons rapides et moins de lents), empêchant un emballement du réacteur. Après la baisse de la température, l’eau affluait de nouveau et la réaction réaugmentait, et ainsi de suite. On pense désormais que les réacteurs de la zone nord d’Oklo ont fonctionné à une profondeur de plusieurs milliers de mètres sous leurs sédiments. A ces profondeurs, les conditions de température et de pression étaient proches de celles que l’on rencontre dans un réacteur à eau pressurisée d’aujourd’hui (350 à 450 °C, 15 à 20 Mpa), tandis que ceux du sud ont fonctionné plutôt sous 500 m de terrain, à des conditions (250 °C, 5 Mpa) voisines de celles des réacteurs à eau bouillante.


Pendant leur fonctionnement, les réacteurs naturels ont produit 5,4 tonnes de produits de fission, 1,5 tonne de plutonium et d’autres éléments transuraniens. Tous ces éléments sont restés confinés jusqu’à leur découverte, en dépit du fait que l’eau coule dedans et qu’ils ne se présentent pas sous des formes chimiquement inertes.

A Oklo, les éléments radioactifs n'ont subi  que quelques centimètres de déplacement dans la plupart des cas, quelques mètres au plus. Lors du fonctionnement du réacteur, l’eau chauffée sous pression a entrainé une dé-silicification des grès environnants, qui se sont  transformés en une gangue argileuse, qui a limité la migration des eaux et gardé l’uranium en place. Ainsi, de proche en proche, le réacteur a créé son propre environnement, la zone de réaction se déplaçant progressivement, un peu comme la zone fondue d’une bougie.

L'eau bouillante produite par le fonctionnement lessivait directement les matières radioactives, provoquant parfois des effondrements. Le moins qu’on puisse dire est que ce confinement était effectué sans grandes précautions ! Même dans le pire des scénarios, il est difficile d'imaginer de tels lessivages dans les sites de stockage envisagés. Or pourtant, les zones où ces réactions se sont produites sont restées confinées sur plusieurs centaines de mètres de profondeur dans une région qui n'a connu aucun bouleversement géologique important en deux milliards d'années.

Donc, le confinement géologique, ça fonctionne ! Il n’y a pas de raison de penser que ce qui s’est produit dix-sept fois au Gabon ne s’est pas également produit ailleurs sur Terre, notamment dans les vieux minerais riches du Canada ou d’Australie…



lundi 4 février 2019

Grand débat ou grand enfumage (2)- faut-il débattre ?


J’ai dans une première version de ce blog rapporté les révélations de Mediapart sur la préparation du grand débat macronien, et les manœuvres assez déloyales qui ont conduit à évincer Chantal Jouanno et la CNDP (Commission Nationale du Débat Public) d’une opération que le gouvernement et la présidence voulaient de toute évidence transformer en communication, pour ne pas dire propagande.

Alors, débattre ou ne pas débattre ? Au début, je reconnais que cela parait assez tentant. On nous donne la parole, prenons – là ! Enfin . Oui, mais !

Surprises de janvier : Il y eut d’abord les annonces de janvier sur l’indemnisation du chômage, et notamment  1) le remplacement de la suspension des indemnisations en cas de manquements divers (dont l’absence à un rendez-vous) par une suppression ; 2) pour plus d’efficacité répressive, ces sanctions aggravées seront prises par Pole Emploi, ainsi juge et partie et qui aura tout pouvoir en ce domaine, alors qu’auparavant les décisions de radiation de la liste des demandeurs d’emploi, de suppression du revenu de remplacement et d’application d’une pénalité administrative relevaient de la compétence du Préfet . Alors surtout n’indisposez pas votre gentil conseiller Pole Emploi !
Décision prise, décret passé (n° 2018-1335 du 28 décembre 2018) ! Tiens, et cela, on n’aurais pas pu en débattre avant ? C’était urgent à ce point là ? Ça aurait pas pu attendre la réforme de l‘assurance chômage, actuellement en cours, et dont le gouvernement semble décidé à prendre la direction après avoir écarté les syndicats de salariés et les organisations patronales pour imposer un plan drastique d’économie ?
Donc, on se fiche de nous. Et plutôt pas débattre !

Dans la suite logique des ordonnances Macron : un changement majeur de nos loi de travail, cinq ordonnances de 160 pages, avec notamment la très contestable limitation des indemnités prudhommales (qui protège par avance l’éventuel délinquant patronal davantage que le salarié victime de ses agissements et contraire aux loin internationales, la priorité donnée aux accords d’entreprises sur les accords de branche ( une mesure qui fait rétrograder de plus de 100 ans, et plaçant des élément essentiels du contrat de travail sous la dépendance de la concurrence), la possibilité de se passer de représentant syndical dans des accords dans les petites entreprises, la diminution du nombre de délégués syndicaux dans les instances représentatives etc..

Bref les mesures les plus rétrogrades depuis longtemps, prises sans débat, sans débat parlementaire, sans débats avec les syndicats, sans vote parlementaire,  par ordonnances, des ordonnances dont Macron était si fier qu’il mettait en scène leur signature, singeant ainsi Donald Trump. !

Donc après tout débattre oui, mais on débat aussi de cela ! Et pour commencer, on annule tout ! On annule toutes les mesures dans ce domaine social prises depuis le début de cette présidence ! On annule tout, et si dans ce fatras il y a quelque chose à sauver…eh bien, on en débattra !

Non ? On n’annule pas ? Alors, on débat pas !

La lettre de Macron sur le Grand débat : à première écoute, elle avait un certain souffle cette lettre, enfin un certain style. « La France n'est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu'ailleurs. L'exigence d'entraide et de solidarité plus forte… C'est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. »
Ça commençait plutôt bien, ça nous changeait de « Gaulois réfractaires au changement », une macronerie venu du froid, en l’occurrence d’un voyage officiel au Danemark.

Mais enfin, très vite, ça se gâte. « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle ». Ben non, justement, il a été élu par refus de Marine Le Pen, par pour un programme ultra libéral que les Français ont toujours massivement rejetés. Et qu’il ne le comprenne pas  est vraiment problèmatique. « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites ». Pour nous expliquer ensuite que le Grand Débat macronien serait bien encadré par le gouvernement ( et non la CNDP de Chantal Jouanno) et porterait sur des questions précises. Parmi les questions abordées, la laïcité, qui « est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix »( ben c’est pas tout à fait le but, c’est de permettre à tout le monde de vivre ensemble, libéré de toute intervention des religions dans le pouvoir temporel), et parmi ces questions : « Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ».
Eh ben, je pensais pas que la laïcité faisait partie des préoccupations principales des gilets jaunes. Par contre, on comprend bien qu’une des préoccupations principales de Macron est de défendre un multiculturalisme à l’américaine, de façon à se concilier une partie des votes communautaires religieux, dont il a bien besoin. Et pour cela, de modifier la loi de 1905, projet éminemment dangereux.

Enfin et surtout, bien planquée dans cette lettre melliflue, la petite perfidie, le coup politique bien tordu : « Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? » Entre les lignes, la question est posée : quel est l’avenir du Sénat ?
C’est tout de même étrange, cette volonté récurrente des présidents en grande difficulté, de remise en cause, voire de suppression du Sénat. C’est qu’il est très embêtant ce Sénat, qui entrave parfois, ou seulement freine un peu, les initiatives les plus folles d’une présidence ivre de pouvoir appuyée sur une Assemblée de godillots ultra-majoritaires, qui ne remplit pas son rôle et vote les projets comme des singes automates. Il est bien embêtant ce Sénat qui a un rôle d’équilibre dans les institutions, qui joue un rôle particulier pour porter la voix des territoires, pour lesquels Macron n’a visiblement que peu d’intérêt de l’aménagement du territoire… A la communication politique s’ajoute ici la basse manœuvre écœurante et dangereuse pour le pays et ses institutions.

Donc là, plutôt, Merde au débat !

Les question bien baisées, pardon biaisées : Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité? A l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer?
 Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d'autres trop cher en raison des cotisations qu'ils paient. L'efficacité de la formation comme des services de l'emploi est souvent critiquée… »
A aucun moment n’est mentionné, ni dans le texte ; ni dans les documents fournis les aides aux entreprises dont le CICE (40 milliards d’euros en 2019, cadeau bonus doublé puisque se superposent le crédit d’impôt de 2018 et la transformation en baisse de charge de 2019). A aucun moment n’est remise en cause l’efficacité de ce dispositif très couteux et très contesté. Ce doublement était-il si urgent ?

Débattre dans ces conditions ?

La stratégie de disqualification violente et continue des corps intermédiaires. Le Sénat, n’est qu’un de ces corps intermédiaires dont Macron veut la disparition. A travers notamment les ordonnances sociales et la mise en scène de leur signature, à travers les conflits sociaux qu’il a sciemment provoqué,  Macron n’a cessé de disqualifier les syndicats (qui selon lui n’ont aucun droit à représenter l’intérêt public) et a partiellement réussi à les discréditer. De même, sa pratique très centralisée et très autoritaire n’a cessé de disqualifier et discréditer les maires, les conseils généraux, les élus de proximité, sans compter l’insulte faite à la nouvelle majorité régionale autonomiste lors de sa visite en Corse. Dans toute cette première période de son mandat, le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas montré une appétence spéciale pour le débat.
Et maintenant, il se plaint qu’il n’a plus d’interlocuteurs pour débattre !!!!

Merci donc au Gilets Jaunes de l’avoir forcé à un débat. Par une certaine violence, puisqu’il ne restait plus que ce moyen-là. Tout comme ils ont montré que face à cette présidence là, là où les syndicats n’ont jamais pu rien obtenir par les moyens légaux, ils ont, eux et eux seuls, réussi à obtenir certaines avancées (sur la taxe carbone, sur les primes..). Par ce qu’il faut bien nommer un début d’insurrection !
Le non débat, c’est lui, Macron ; la chienlit, c’est lui ! ; et si ça tourne mal, la guerre civile, ce sera lui aussi ! 

« Il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. » C’est lui, Macron, qui l’a dit. Et c’est lui qui l’a fait. Jamais depuis la fin de la guerre d’Algérie un mouvement social s’est heurté à une telle répression policière. A aujourd’hui (3 février), le journaliste-documentariste David Dufresne, qui compile les vidéos et récits de violences policières sur son fil Twitter depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», recense quelque 337 signalements, 1 décès, 152 blessures à la tête, 17 personnes éborgnées, et 4 mains arrachées du fait de l’action policière. Même le peu gauchiste Alain Bauer, spécialiste des affaires de sécurité, a déclaré à propos des grenades de désencerclement : « Nous avons des armes inutiles et rarissimes que l'on devrait cesser d'utiliser, affirme-t-il, citant la grenade de désencerclement. C'est l'arme la plus dangereuse qui puisse exister et dont l'utilité en matière de maintien de l'ordre n'a jamais été démontrée, où que ce soit". La police française est la seule à les utiliser. De même pour les lanceurs de balles de défense, qui devraient être soit interdits, soit utilisés qu’en dernier recours par des forces expérimentées.

Et il y  a eu aussi ces arrestations massives : Le 8 décembre, 1 082 personnes ont été interpellées à Paris, un chiffre record, Dénonçant « des dommages collatéraux », Me Kempf rappelle alors la circulaire prise par la ministre de la justice, et envoyée à tous les procureurs, pour « les inciter à réaliser des contrôles préventifs massifs, voire industriels ». Et ce sont, cas mineur, cas anecdotique, mais cas révélateur de l’hystérie ambiante, ces deux jeunes bretons, Arthur et Theo, arrêtés dans leur voiture, qui n’ont pas mis le pied à une quelconque manifestation, qui n’avaient même pas l’intention d’y aller, dont la voiture a été arbitrairement fouillée, et dans laquelle il a été trouvé une biellette de direction qualifiée de barre de fer, mais ni masques, ni gilets jaunes- ce qui étaient d’ailleurs le seule infraction à leur reprocher. Garde à vue et passage en jugement !

Puis vient la suite : le projet de loi sur les interdictions préalables de manifester, qui n’appartient pas à l’arsenal ordinaire des démocraties, mais à celui des dictatures ! Merci au député très modéré, très centriste, très pilier du parlement en ce qui concerne le contrôle affuté des finances publiques, Merci à Monsieur Charles de Courson, d’avoir ce jour-là, un peu seul, cramé un fusible en pleine discussion parlementaire : «Une autorité administrative va priver un individu de sa liberté de circulation ou de manifester au motif qu'il y a une présomption, des raisons sérieuses de penser (...) que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public”. Mais où sommes-nous mes chers collègues? C'est la dérive complète! On se croit revenu sous le régime de Vichy!», s'est-il enflammé. Devant les huées des députés, notamment issus de la majorité, Charles de Courson a réitéré: «Oui, oui, je dis bien le régime de Vichy. »

Cette stratégie policière, je veux dire, gouvernementale, imposée à la police par le gouvernement, elle n’est pas née avec le mouvement des Gilets Jaunes. Déjà, les syndicats avaient noté, lors des grandes protestations contre les ordonnances travail, une montée en violence inhabituelle des opérations policières. Et l’on sait d’où venait l’inspiration : Tu as envie de t’amuser en allant casser du syndicaliste ? Va mon petit Benalla, va, fais-toi plaisir !

Une drôle de conception du débat. On a bien compris que ce débat tenait davantage de l’opération de communication (et de sauvetage que d’un vrai débat, raison de l’abandon de Chantal Jouanno.  Alors, on voit Macron débattre devant des assemblées de maires (choisi par qui ? les préfets ?), et ce qu’on voit est bien instructif. On voit Macron se saisir d’une question et y répondre, ma foi avec une grande aisance, avec une éloquence efficace, et ceci, et c’est admirable, quelle que soit la question, mais avec pas une seule vue originale, rien qui s’éloigne de la doxa libérale qui a envahi sciences Po et l’Ena.
Et s’impose une impression : de débat, il n’y a pas ! Macron passe et repasse, des heures durant, dans tous les coins de l’hexagone le seul examen qu’il ait brillamment réussi, le grand oral de l’ENA ! Un pur et brillant spectacle de sophistique, oui, nous avons devant nous un vrai sophiste, digne de ceux que dénonçaient Platon. Il n’entend rien, il ne vboit rien, il ne comprend rien, mais il cause !
Et encore, pas sans faire des dégats !

Les macroneries : Il y a eu les « gaulois réfractaires », le problème du chômage résolu si l’on veut bien se «  donner la peine de traverser la rue ».Il y a eu aussi le cadeau de Nouvel An, en pleine mobilisation des Gilets Jaunes, le 31 décembre, la dénonciation de ceux qui « prennent pour prétexte de parler au nom du peuple » mais qui ne sont « que les porte-voix d’une foule haineuse »… Il y a eu ensuite : « on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent » - soit toujours le renvoi de la responsabilité vers les plus pauvres. En passant, dans un article du Monde du 1er Février, cette remarque d’un gestionnaire de fortune : « les riches aussi déconnent, avec leur optimisation fiscale »…

Et puis encore  « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu'un ministre ou un député !"

Et surtout,  le premier février 2019, cet article du Point montrant un Macron, qui lui déconne vraiment,  en plein déliré complotiste, qui juge que la surmédiatisation  des Gilets Jaunes est une «manipulation», orchestrée notamment par la Russie et Russia Today France. Extraits :  « Dans l'affaire Benalla comme pour les Gilets jaunes, la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90% des mouvements sur internet… Selon le président, il serait donc évident que les Gilets jaunes radicalisés auraient été «conseillés» par l'étranger : «Les structures autoritaires nous regardent en se marrant. Il ne faut pas se tromper. On est d'une naïveté extraordinaire ». A propos du boxeur Christophe Dettinger, arrêté après avoir commis des violences à l'encontre de gendarmes lors de l'acte 8 des Gilets jaunes. «Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d'extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un Gitan. Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan.»

Alors là, oui, Macron, déconne vraiment ! il me semble qu’il faut vraiment commencer à s’inquiéter et envisager les moyens constitutionnels d’empêchement !

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dimanche 16 septembre 2018

Plus une seule éolienne en France ! 1 l’ éolien maritime


La grande escroquerie de l’éolien en mer-Floatgen

Mensonge sur le financement : La première éolienne flottante en mer (dite “off-shore“) en France a été inaugurée en grande pompe à Saint-Nazaire le 12 octobre 2017 par le secrétaire d’État à la Transition énergétique Sébastien Lecornu et quelques célébrités locales. Le coût total de l’aventure nommée “Floatgen” est estimé autour de 40 millions d’euros (M€), dont la moitié pour l’éolienne elle-même. L’autre moitié se répartit entre le flotteur en béton, les divers raccordements et les ancrages. Le projet bénéficie d’une subvention de 10 M€ apportés par l’Union européenne, et de 8 M€ par le Programme d’investissements d’avenir de l’État.

En clair, près de la moitié du coût prévisionnel de ce projet est financé par les impôts des Français alors que les principaux bénéficiaires sont étrangers (allemands et danois).

Mensonge sur les performances : Bien que cette éolienne de 140 mètres de haut en bout de pale soit censée alimenter de 2000 à 4000 foyers selon les sources, qu’en est-il exactement ? Tout d’abord, les jours sans vent, ce qui arrive aussi de temps à autre en mer au large de Saint-Nazaire, cette éolienne n’alimentera strictement personne. Ensuite, ses concepteurs annoncent un facteur de charge prévu de 32%. Donc cette éolienne est censée fonctionner un jour sur trois à sa puissance nominale. Et ce chiffre est optimiste puisque même en Écosse (où il y a beaucoup de vent…), les éoliennes atteignent à peine ce rendement (le parc de Robbin Ring atteint 30%). Mais admettons. La puissance de l’éolienne étant de 2 MW, la production annuelle serait d’environ 5600 MWh. Pour produire autant de MWh que le futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville (11 millions MWh par an, même s’il n’y a pas de vent ni de soleil), il faudra plus de 2000 éoliennes “Floatgen” pour un coût de 40 à 80 milliards d’euros ! Le coût pourrait être divisé par deux par un effet d’échelle. Mais même en divisant par deux… le prix du kilowatt-heure payé par le consommateur augmentera rapidement.

Mensonge sur les coûts : Enfin, cerise sur le gâteau, la production de cette machine sera officiellement achetée obligatoirement à 240 €/MWh (!)… quand elle produira, soit six fois le prix actuel du marché qui est d’environ 40 €/MWh. Là encore, la différence sera payée par le consommateur / contribuable via une taxe (la Contribution au Service Public de l’Electricité, CSPE) sur sa facture d’électricité. Avec ce prix d’achat préférentiel (et démentiel) de 240 €/MWh, pourquoi faut-il encore des subventions pour la construction ? 

L’EPR est prévu pour durer 60 ans. Quelle sera durée de vie pour cette éolienne en mer ? Faudra-t-il la changer dans 20 ans ou 30 ans, si elle a résisté jusque là aux assauts des tempêtes maritimes ?
Alors que l’économie de la France est dans une phase critique, des milliards d’euros vont être dilapidés pour fabriquer quelques pourcents d’une électricité intermittente, inappropriée à la demande de l’utilisateur, et donc de mauvaise qualité. De plus, elle est cinq à six fois plus chère que le prix du marché actuel (rappel : 240€/MWh contre 40 €/MWh). Ces sommes démentielles seront prélevées sur la facture d’électricité des Français pour être englouties en mer. Une hausse vertigineuse du tarif de l’électricité a déjà commencé via la CSPE, alors que 9 millions de consommateurs sont déjà en situation énergétique précaire et doivent être socialement assistés…. Ce qui contribue aussi à l’augmentation de la CSPE dont c’était l’objectif à l’origine !

Le naufrage du bon sens

Le coût complet de mise en place des moyens complémentaires (réseau électrique, aménagement d’infrastructure portuaire, subventions, construction de nouvelles centrales thermiques de production d’électricité pour compenser l’intermittence) est aujourd’hui encore mal identifié. Il représente cependant, à l’horizon 2030, plusieurs dizaines de milliards d’euros que devra supporter le contribuable français. La commission de régulation de l’énergie (CRE) a déjà prévu un surcoût de 8 milliards d’euros dû aux énergies renouvelables (incluant le solaire) pour la seule année 2018.
Le développement de ces éoliennes “off-shore“, encore moins compétitives que les éoliennes terrestres, est un non sens économique qui conduit à une destruction d’emplois par atteinte de la compétitivité des entreprises de notre pays. Comment des idéologues œuvrant habilement en coulisses (gouvernement, Commission européenne,…) sur le dos des citoyens contribuables ont-ils pu gangréner l’esprit de nos dirigeants à ce point ?
L’éolienne flottante “Floatgen” inaugurée à Saint-Nazaire représentera le premier totem en mer qui matérialise le naufrage du bon sens.
Cet article est repris quasi intégralement de Éolienne offshore : le naufrage du bon sens !" Par Michel Gay. (http://www.politique-actu.com/osons/eolienne-offshore-naufrage-sens-michel/1703297/)

On peut le compléter par cette remarque et cette question extraits du Grand débat sur la Politique de Transition énergétique :
« Pour l’heure, les seuls retours dont on dispose concernent les parcs éoliens en mer à l’étranger, notamment en Mer du Nord. Or les professionnels britanniques ont fait part aux pêcheurs français de retours inquiétants concernant certains parcs éoliens en mer.. »
« Pour le site de Paimpol, NAVAL GROUP avoue 300 M€ , mais il a été précédé sur le site par EDF. L’évaluation totale sera sans doute difficile à effectuer si on veut tenir compte des différentes aides reçues, régionales ou en provenance des collectivités, tant pour les machines que pour les infrastructure à terre : usine à Cherbourg, aménagements de terre-pleins, en particulier à Brest (220 M€). Pouvez-vous confirmer ces performances, très faibles : moins de 0,2 % de productivité pour NAVAL GROUP et à notre connaissance du même ordre pour SABELLA ? Ces résultat sont-ils suffisants pour engager un développement industriel ?
Commentaire des modérateurs du Débat : « L’absence de réponse du maître d’ouvrage dans le temps du débat et les déboires industriels récents de l’usine de Cherbourg semblent avoir d’une certaine façon répondu au questionnement du débat public ».

Pas d’autres commentaires !

M. Hulot ne manque pas de  culot ou  d’inconscience quand il dénonce les lobbys, lui qui a tant aidé l’un des plus absurdes et des plus néfastes, le lobby de l’éolien, au point de tordre la loi pour faciliter ses méfaits et limiter les recours possibles. Il était temps que s’arrête tant d’incompétence, un tel manque de connaissances scientifiques de base qui  rend incapable de remettre en cause ce qui doit l’être et de promouvoir une politique scientifiquement fondée de lutte contre le réchauffement climatique.
Bye bye M. Hulot, et plus une éolienne ni terrestre, ni maritime en France !

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