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dimanche 3 novembre 2019

Le coût du nouveau nucléaire : on peut faire beaucoup mieux !

Y a des jours, on en a un peu marre ! Encore les margoulins de l’éolien

Titre du Point , Michel Revol /03/11/2019 : Jean-Yves Grandidier : « L'éolien et le solaire sont imbattables » : Le patron de Valorem, acteur des énergies renouvelables, n'y va pas par 4 chemins : il entend accroître la part de ces énergies à 80 % du mix énergétique... »
Eh bien M. Jean-Yves Grandidier est le représentant typique des margoulins de l’éolien, menteurs et arnaqueurs. Mais peut-être sa réaction s’explique-t-elle par l’approche du rapport sur l’éolien. que doit rendre la Commission Parlementaire mise en place par M. Julien Aubert.

Donc on reprend les vrais chiffres

Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR: 110€/MWh  (mais ça peut descendre beaucoup plus bas, cf. ci-après)

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
éolien: 476 €/MWh
 photovoltaïque :+500 €/MWh

Et ceci encore : En 2003, par exemple, la CSPE presque totalement consacrée à la solidarité a coûté 1,5 milliards d'euros. En 2015, la CSPE coûtera 7 milliards, dont seulement 29 % iront à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération.
La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grassement les nécessiteux producteurs d’ENR.

Et pour le coup on y est d’abord allé avec des extraits d’une tribune libre du très précieux Michel Gay sur le coût du nucléaire sur le nucléaire) historique 

Et là on est parti sur le nouveau nucléaire avec toujours une tribune libre du toujours plus précieux Michel Gay : se reporter ici pour le texte entier (https://www.contrepoints.org/2019/10/28/356612-nouveau-nucleaire-francais-le-veritable-futur-cout-de-production)

Nouveau nucléaire français : le véritable futur coût de production. Extraits

L’enjeu économique, social et écologique

« L’État devrait avoir une vision à long terme en pariant sur les bénéfices environnementaux et socio-économiques des EPR. Continuera-t-il encore longtemps à vouloir réduire le parc nucléaire français ? »

« Aujourd’hui, deux EPR fonctionnent parfaitement en Chine depuis décembre 2018 et juin 2019 ce qui démontre la viabilité opérationnelle du concept.
Malgré les difficultés des deux premiers chantiers EPR en Finlande et à Flamanville, consécutifs à un réapprentissage après un arrêt de construction de plus de 10 ans, la filière nucléaire (troisième filière industrielle en France avec 220 000 professionnels hautement qualifiés) dispose aujourd’hui d’atouts. Elle risque de les perdre à nouveau si elle cesse de construire des réacteurs. »
« Dans ce cas, la France s’approvisionnera à l’étranger (Chine et Russie qui, eux, progressent rapidement) ce qui induira une perte économique accompagnée d’une perte de souveraineté technologique et énergétique. »

Commentaire : En plus, le nucléaire est l’énergie la plus décarbonée. (émission de CO2 r : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire, 10 g pour l'éolien, 32 g pour le solaire,  charbon : 1050 g,  fioul : 778 g, gaz : 443 g, chiffres maintenant reconnu par l’Ademe)

Financement et rôle de l’État « stratège » : comment le coût du nouveau nucléaire peut descendre à 37 eur/MWh !

Le coût du nucléaire résulte essentiellement des coûts de construction et de financement qui, en fonction du taux d’actualisation retenu (le coût du prêt), représentent entre 50 et 75 % du coût total de production de l’électricité. Un rapport de la Cour des comptes britannique montre que le coût du kilowattheure de l’EPR d’Hinkley Point double quand le taux d’actualisation passe de 3 % à 10 % (le taux retenu par EDF pour ce projet est de 9 %).

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a estimé en 2015, que, pour un coût de construction réaliste de 3800 euros/kW hors financement et avec un taux d’actualisation de 7 % (que pourrait consentir l’Etat), le futur coût de production d’un EPR serait de 62 euros/MWh, dont 45 euros/MWh pour le coût de construction (73 % du total).

Et ce coût de construction pourrait même descendre à  20 euros/MWh, selon l’OCDE, si ce taux d’actualisation était réduit à 3 %, ce qui conduirait à un coût de production de… 37 euros/MWh.

Les autres postes de coûts sont peu sensibles au taux d’actualisation. Les dépenses d’exploitation et de maintenance sont estimées à 10 euros/MWh, le combustible à 5,3 euros/MWh, le démantèlement et les déchets 1,7 euros/MWh.

Mais ce taux d’actualisation ne se décrète pas. Pour qu’il soit le plus bas possible, il faut limiter les risques du projet (remise en cause possible, mouvements d’opposition retardant le chantier, dépassements possibles de délai et de coût de construction) et du marché (variations imprévues de prix).

L’État stratège peut prendre en charge ces risques pour maintenir un prix modéré de l’électricité pour les Français. »


L’EPR, construit en série,  est compétitif !

La construction d’un EPR en Europe a coûté deux fois plus cher (6500 euros/kW installé) qu’en Chine et en Corée (3200 euros/kW pour un réacteur équivalent de l’EPR). Et avec « l’affaire des soudures » à reprendre, le prix de l’EPR en France grimpera à plus de 7000 euros/kW. Mais les deux EPR européens ont été les deux premiers chantiers à avoir été engagés (2005 en Finlande et 2007 en France)… et ce ne sont pas les plus chers. Les deux premiers réacteurs américains équivalents (AP-1000) à Vogtle aux États-Unis coûtent encore plus chers (11300 euros/kW).

Construire des réacteurs par paire sur un même site (moins 15% sur le deuxième réacteur), et à échéance régulière sur des sites différents permet de bénéficier de l’effet de série. Les études sont réalisées une seule fois, et la commande de matériels identiques ainsi qu’une bonne gestion des échéanciers permettent des gains de productivité et une charge de travail optimisée pour les industriels. Par exemple, EDF estime pouvoir réduire de 20 % le coût de la construction des deux prochains EPR à Sizewell C (Grande-Bretagne) en transposant des éléments du projet Hinkley Point.

Le prix consenti par la Grande-Bretagne sur 32 ans pour Hinkley Point, appelé  strike price résulte d’une procédure d’appel d’offres. Il est de 92 livres par mégawattheure (MWh), soit environ 112 euros/MWh. Le public comprend mal ce prix élevé quand le marché aujourd’hui se situe souvent autour de 50 euros/MWh, mais aucune entreprise à capitaux privés n’aurait pris le risque d’un investissement de 23 milliards d’euros (coût du projet Hinckley point C) si le prix de vente n’était pas protégé sur la durée d’exploitation par une telle disposition.

Les autorités britanniques ont intégré le service rendu pour justifier le strike price nécessaire à la rentabilité du projet de Hinkley Point, et elles ont considéré comme justifié le taux d’actualisation élevé de 9 % retenu par EDF Energy. Le statut privé de l’investisseur (consortium mené par EDF) et la nature des risques associés amènent à ce taux d’actualisation, et donc à ce prix. Il sécurise une future production d’électricité abondante, décarbonée et pilotable pendant 60 ans ainsi qu’une « valeur technologique » ouvrant la voie aux projets suivants.

La valeur économique : La « valeur économique » d’une nouvelle centrale nucléaire de troisième génération EPR est plus large que celle de la simple « rentabilité ». Elle justifie que l’État « stratège » s’engage et prenne en charge une part du risque. Elle doit être comparée à d’autres moyens rendant les mêmes services, et non à la rentabilité artificielle subventionnée des éoliennes et du photovoltaïque bénéficiant de mécanismes de soutien (tarifs d’achat) qui garantissent les prix et les volumes de vente. Ce n’est pas le cas du nucléaire en France ce qui entraîne une distorsion de la concurrence.

Commentaire : ben oui, d’autant plus que le nucléaire doit suppléer à l’intermittence des ENR, sans cela, quick, plus d’électricité, black out !

Huit EPR avant 2040

L’objectif principal de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) votée en 2015 est de diminuer les émissions nationales de gaz à effet de serre, notamment le CO2. Dans cette optique, le mix électrique français doit rester l’un des plus décarboné du monde (10 à 50 g CO2/kWh), grâce principalement au nucléaire (6 g CO2/kWh), afin qu’il puisse servir à la décarbonation de l’économie via une utilisation accrue de l’électricité.

Pour continuer à faire bénéficier les Français d’une électricité décarbonée pilotable et bon marché, l’État « stratège » doit prendre en charge une partie du risque en établissant des contrats de long terme (de type CFD) et structurer un programme nucléaire favorisant les baisses de coûts induites par un effet de série.
La construction d’une paire d’EPR sur un même site (espacée de 18 mois) devrait être initiée dès 2020 pour une mise en service vers 2030. Ensuite, dans les mêmes conditions, la construction de trois autres paires espacées de quatre ans semble un optimum pour aboutir à huit réacteurs EPR avant 2040. »

Ils succèderont alors à une quinzaine de réacteurs actuels de 900 mégawatts qui atteindront leur limite de durée de fonctionnement, soit environ 60 ans (peut-être davantage mais sans certitude).
L’État, garant des intérêts stratégiques, préserverait alors un socle d’approvisionnement flexible et compétitif au-delà de 2040…. »

Commentaire : le coût de production souvent mentionné pour le nouveau nucléaire EPR: 110€/MWh  est basé sur Hinckley Point et résulte principalement d’un taux d’actualisation particulièrement élevé 9% due à l’absence de garantie de l’Etat et 2) à l‘absence de l’effet série maximisant l’expérience des maitres d’œuvre et des sous-traitants programmation, qui a fait le succès des programmes nucélaires français passé et chinois actuel. Avec une garantie de l’Etat permettant un taux d’actualisation plus faible et des constructions par paires en série, le cout sera compris entre 62 €/MWh  (actualisation 7%) ou 37 €/MWh  ( taux d’actualisation 3%)

Alors, on y va ? Ben oui, évidemment !

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Pourquoi l’EPR est très rentable pour EDF et pour la France


EPR et EDF : inquiétude et vérité des chiffres. Ce n’est pas l’EPR qui met EDF en péril !

On entend beaucoup de chose sur le coût exorbitant de l’EPR, et même à l’intérieur de l’entreprise, certains s’inquiètent et voient déjà EDF en faillite à cause du coût de l’EPR et du nouveau nucléaire. Il n’est pas difficile d’ailleurs, comme dans beaucoup d’entreprises, d’y voir la marque de la prise du pouvoir des hommes gris de la finances et de leurs tableurs excel, peu au fait de ce qui gouverne vraiment la réalité (les lois physiques plutôt que les hasardeuses prévisions financières), au détriment des ingénieurs et entrepreneurs. Ces hommes qui toujours gèrent le déclin jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à gérer  et jamais n’inventent l’avenir ; avec eux, jamais le nucléaire français ne serait advenu. Bon, ce petit compte réglé, je me calme et j‘essaie de donner quelques éléments.

D’abord, l’EPR est un réacteur qui correspond aux besoins énergétiques futurs. Si l’on veut répondre au défi climatique sans provoquer l’effondrement de nos sociétés, c’est au niveau européen et mondial Il est plus puissant, plus sûr, utilise mieux le carburant nucléaire, c’est la source d’énergie la plus intensive, qui occupe le moins d’espace ( allez, approximativement, un seul EPR ça vous fait une double rangée d’éolienne tout le long de la côte méditerranéenne – et envore, à supposer qu(elles puissent fonctionner de manière optimale dans ces conditions)

Ensuite, L’EPR fonctionne. Deux EPR en Chine, à Taishan, construits en collaboration avec EDF crachent vaillamment tous leurs électrons depuis décembre 2018 et juin 2019. Le réacteur finlandais d’ Olkiluoto a été achevé, il est en train de charger son combustible. Deux autres sont en cosntruction à Hinkley Point en Angleterre.

Ensuite, ensuite l’EPR est rentable, beaucoup plus que toutes les ENR  ! L’EPR de Flamanville coutera 13 milliards d’euros. C’est beaucoup trop cher, et cela résulte du fait que 1) c’est le premier prototype ; 2) il a souffert de la désorganisation de la filière nucléaire française ( Areva et EDF séparés et concurrents !) et d’une certaine perte de compétence de la capacité d’équipementier d’EDF qui, grâce aux manœuvres des étrangleurs ottomans du nucléaire, antinucléaire par idéologie, décisionnaires lâches ou incompétents) n’a pas construit de réacteurs depuis près de 20 ans (Chooz, 2000)

Mais l’EPR  sur sa durée de vie de 60 ans rapportera au moins déjà le triple de son coût, assuré. Et sans doute beaucoup plus.  Parce que si l’on veut parler d’actualisation, qu’on me dise ce que vaudra une électricité abondante, décarbonée et surtout  pilotable dans trente ou quarante ans, si, comme il est important si l’on veut combattre efficacement le dérèglement climatique, la taxe carbone explose et si grâce aux pitreries des Allemands et de leur Energiewende, l’électricité devient rare et les black out se multiplient.


Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
 Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR:70-110€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
éolien: 476 €/MWh
 photovoltaïque :+500 €/MWh
Bon, par gentillesse, on a laissé l’éolien off shore qui enfonce tout ( voir qd même ci- après)

Rapport de la Cour des comptes 2018 :

Solaire : l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique.

Soit déjà 3 EPR tarifs Flamanville ( et on peut faire beaucoup moins !)

Eolien off shore !:Les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!!

Soit encore 3 EPR tarifs Flamanville (allez, même 4 tarif normal) !

Et l’on parle là de sommes déjà engagées, pas des derniers délires de promotion de l’éolien terrestre et surtout off shore !

C’est pas de l’EPR qu’EDF risque de mourir, mais de l’éolien !  En France, l’Iddri et Agora Energiewende estiment les financements publics en faveur des EnR électriques à près de 5 milliards d’euros par an pour les années 2018 à 2020 ( déjà engagés) et si l’ons uit la démente PPE, ce la va augmenter. l’Iddri et Agora Energiewende prévoient un pic entre 6,5 et 8,5 milliards d’euros par an à l’horizon 2025-2030 !!!

Donc, même à coût explosé ( et c’est vrai ça a pas été top top !), l’EPR de Flamanville équivaut  à environ 2 ans et demi de subventions aux énergies renouvelables (actuellement et un an et demi dans la prochaine décennie)

Donc  : 10 milliards d'euros, c'est la somme que nous payons tous, en deux ans et demi, sur nos factures d'électricité, en subvention aux énergies photovoltaïque et éolienne. 

Pour vous en convaincre, consultez donc sur votre dernière facture EDF la ligne « Contribution au service public de l'électricité », ou CSPE. Cette contribution était jadis consacrée à la solidarité, solidarité sociale avec ceux qui ne peuvent pas payer leur facture, et solidarité géographique avec les territoires où la production d'électricité coûte beaucoup plus cher (Corse, DOM-TOM, etc.).  En 2003, par exemple, la CSPE presque totalement consacrée à la solidarité a coûté 1,5 milliards d'euros. En 2015, la CSPE coûtera 7 milliards, dont seulement 29 % iront à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération.
La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grtassement les nécessiteux producteurs d’ENR.

Donc CQFD, ce qui met en péril EDF, ce n’est pas le coût du nucléaire, mais celui des ENR !

La politique aberrante de pillage d’EDF :

Plusieurs de ces thèmes ont déjà été abondamment traités dans ce blog, je n’y reviens ici qu’en résumé (cf. aussi  une enquête intéressante de Marianne, magazine numéro 1178, "EDF : le démantèlement a commencé" ,)

Loi NOME et ARENH: En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF… En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, Force Ouvrière avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement
EDF est obligé de subventionner des opérateurs alternatifs soi-disant vert, qui se gavent surtout de nucléaire historique (aux dépends du patrimoine des Français).

La pression politique sur les prix : EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010. De 1983 à 2014, l’indice général des prix a augmenté de 116 %, le salaire moyen des Français de 160 % mais le tarif de l’électricité de seulement 42 %.

Prix d’achat des ENR : j‘ai mentionné plus haut le coût réel des ENR plus subventions comparé au nucléaire plus subventions. Le fait est qu’une bonne partie de ces subventions a été effectué au détriment direct  d’EDF. En plus des manipulations de ses prix de vente, EDF a été contraint d’acheter aux producteurs, notamment solaires et éoliens, toute leur production à des prix administrés très supérieurs à ses propres coûts de production. Pour le solaire sur les toits des bâtiments, les prix imposés étaient de huit fois supérieurs au coût de revient EDF (420 euros/MWh contre 50). Et comme leur production est aléatoire et intermittente, toujours hors pics de consommation, elle est deux à trois fois moins utile que celle des centrales produisant à la demande, soit un coût réel de 16 à 24 fois supérieur aux prix de marché. Ce soi-disant « investissement » ne s’est traduit par la création d’aucune entreprise française du secteur, tous les panneaux photovoltaïques étant importés de Chine. Pour les éoliennes marines, les prix seront, à leur démarrage en 2022 et pour une durée de vingt ans, 4 à 5 fois supérieure aux prix actuels de marché (200-220 euros/MWh). Ces projets ont été lancés par les gouvernements français de façon improvisée et prématurée, sans tenir compte des réalités techniques et économiques.

Ponction sur les bénéfices : EDF verse chaque année environ 2 milliards d’euros de dividendes, principalement à l’État. Un montant exigé pour rapprocher le déficit public de l’engagement pris à Bruxelles par le gouvernement. En fin, celui-ci s’est rendu compte en 2016 qu’il avait quelque peu abusé et a recapitalisé EDF pour 4 milliards d’euros. De toute façon, largement insuffisant compte-tenu de la reprise de la Cogema. Où est la cohérence ? à part une politique de très court terme, ceci depuis des années…

Perturbations du marché de l’électricité : Les subventions massives aux énergies renouvelables et l’obligation d’achat mise en œuvre par les gouvernements français et étrangers ont bouleversé le marché européen de l’électricité : plus l’électricité est coûteuse à produire, plus son prix baisse sur le marché libre. Un paradoxe difficile pour EDF qui dispose d’une base de production efficace mais à coût fixe. Une situation qui n’a pas été anticipée par le gouvernement dans ses négociations à Bruxelles, une grande partie des perturbations provenant des productions aléatoires de pays voisins (Allemagne, Espagne). Autrement dit, le fait d’assurer  une production pilotable permettant de suivre la consommation n’est plus rémunéré à son juste coût…d’autant que plus il y a de renouvelables intermittentes, plus ce coût augmente en même temps qu’il est de plus en plus nécessaire.(puisqu’il faut bien garder les productions pilotables à un niveau équivalent à celui des intermittents)

C’est toute l’imbécillité de la PPE en France ! remplacer du nucléaire pilotable par de l’éolien non pilotable (plus du gaz) , c’est mauvais climatiquement, économiquement, socialement, écologiquemen

Bon, l’EPR sera le moindre des soucis d’EDF, une fois que les dirigeants politiques auront eu le courage de prendre la décision qui s’impose rationnellement… 6, 8, 10 EPR…. Maintenant !


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mercredi 20 février 2019

Les clowneries de l’Ademe


Donc, la dernière clownerie de l’Ademe  (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), c’est son évaluation de l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060 publiée en décembre 2018. Elle recommande en substance d’arrêter les centrales existantes avant leur fin de vie, les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes (multiplication par plus de dix des puissances installées actuelles), et développer une économie de l’hydrogène avec les surplus d’électricité des périodes favorablement ventées et ensoleillées.
En gros, mettez des éoliennes et des panneaux photovoltaïques partout et vous aurez un jus pas cher. Et surtout moins cher qu’avec du nucléaire. Et David Marchal, Directeur adjoint « Productions et énergies durables » assène : «la place très prépondérante des ENR dans le système électrique français est sans appel (…) et le nucléaire de nouvelle génération (type EPR) n’apparaît pas compétitif». Tel que . Et largement repris par la presse, on s’en doute.

Sauf que c’est du complet bullshit, une pure honte, une opération de propagande digne de la Pravda ou de la Propaganda Staffel. Et que s’il y avait une loi sur les fake news, il faudrait d ’urgence l’appliquer à la direction de l’Ademe.


Commentaire de l’Académie des technologies : « L’Académie des technologies, comme elle l’a déjà écrit, s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Elle considère que la réussite de cette politique suppose des hypothèses réalistes. C’est pourquoi elle estime que les conclusions de l’étude de l’ADEME doivent être prises avec une très grande prudence. Elles ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique »

En langage d’académicien, c’est assez saignant. Et les explications ne le sont pas moins :

1. « L’approche de l’ADEME se concentre sur le secteur Electrique. Cependant les hypothèses qu’elle prend impactent les autres secteurs énergétiques et particulièrement le Gaz. Il existe des interactions entre ces secteurs ; par exemple, l’ADEME propose le développement d’importantes quantités de biogaz, notamment à partir d’hydrogène produit par électrolyse. Cependant on peut douter que cette stratégie soit compatible avec les contraintes propres au stockage et au transport de l’Hydrogène dans le secteur Gaz ».

C’est gentiment dit. On pourrait dire autrement. L’électricité pour produire l’hydrogène par  électrolyse de l’hydrogène, elle vient d’où ? du biogaz ? Et les shadocks pompaient, pompaient…

2. L’ADEME envisage une quasi-stagnation de la demande d’électricité jusqu’en 2060, malgré de nouveaux usages. Cette hypothèse est plus basse que celle retenue par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) du Ministère de l’Environnement. Sur une aussi longue période, la prise en compte d’une croissance, ne serait-ce que de 1% par an, modifierait radicalement les résultats.
(Commentaire ; le rapport sur l’intelligence artificielle de Villani envisage un doublement de la consommation électrique. Lancer une recherche sur un moteur de recherche consomme autant qu'une ampoule basse consommation de 12 watts, allumée pendant une heure ! L’envoi  d’un mail consomme enre 4 et 50g de CO2, en cas de pièce jointe importante !)

Faudra que l’Ademe m’explique, surtout si en plus on remplace les diesel par des voitures électriques !

3. Malgré ces hypothèses basses sur la demande, les trajectoires de l’ADEME n’assurent pas la neutralité Carbone en 2050 – ce qui est pourtant un objectif gouvernemental - ni même en 2060. A cet horizon, les trajectoires de l’ADEME requièrent des importations significatives d’électricité, pour pallier les aléas du soleil et du vent. Mais les pays limitrophes seront soumis à des conditions météorologiques analogues, et ils ne seront pas en mesure de garantir les besoins français d’électricité… surtout ceux qui auront renoncé au nucléaire.

4. Les coûts induits sur le secteur Gaz par le Mix électrique envisagé ne sont pas présentés. L’ADEME fonde à tort ses conclusions sur la seule économie de l’Electricité, sans prendre en compte les nécessaires investissements et d’exploitation du secteur Gaz.

(et ajoute-t-on ne prend pas en compte ce qu’induit le fait de dépendre fortement de fournisseurs gaziers come la Russie ou l’Algérie, en terme de souveraineté et de marge de manœuvre !)

5. De nombreuses hypothèses économiques retenues par l’ADEME paraissent très discutables. Ainsi, le facteur de charge de la production éolienne terrestre adopté par l’ADEME est sensiblement supérieur au facteur de charge actuel ; cependant l’ADEME admet que les futurs sites seront moins bons que les sites présents, ce qui est inévitable.
Les installations de production d’hydrogène auront des facteurs de charge faibles, et les rendements attendus des processus de conversion (électrolyse d’électricité excédentaire, transport, stockage d’hydrogène, production d’électricité à partir de l’hydrogène) se heurtent à des limites physiques ; ils sont, in fine, très faibles.

Mais l’Ademe a visiblement décidé d’ignorer les bases de la physique, ou de les révolutionner !

6. Certaines perspectives d’évolution des coûts d’investissement des énergies renouvelables sont surestimées par l’ADEME ; par exemple des baisses encore très significatives de l’éolien terrestre – technologie mature – sont peu probables.

7. La valeur économique de l’électricité. Il est bizarre que dans toutes les autres simulations, sauf celle de l’Ademe, les ENR intermittentes ( solaire et éolien) ne parviennent pas à évincer le nucléaire. Bien plus, partout, on observe une corrélation négative avec le coût de l’électricité- plus il y a d’ENR variable dans le mix électrique, plus l’électricité est chère. C’est quand même bizarre !
Explication : l’Ademe néglige complètement la valeur réelle économique de l’électricité. Lorsque les ENR variables tournent à plein régime, et que le besoin d’électricité est faible, la valeur de l’électricité produite est très faible…Il est arrivé même qu’elle soit négative ; le 1er janvier 2018 ,en France ! EDF était obligé de payer pour que des clients achètent  le courant que les éoliennes produisaient à plein tube  – alors que toute le monde était sous la couette et que personne n’en avait besoin !
A l’inverse un moyen de production pilotable (comme le nucléaire…) qui permet  de répondre à la demande lorsqu’elle s’exprime … vous permet vendre votre électricité  très chere, en présence d’une forte demande et de l’absence de compétiteur renouvelable….
Bref, après avoir ignoré les lois élémentaires de la physique, l’Ademe s’assoit sur celles de l’économie ! Des clowns, vous dis-je !
9. Le communiqué de presse annonçant cette étude affirme dans son premier paragraphe que « le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif ». Cependant cette affirmation est contredite par l’étude présentée, comme cette note le démontre.  Ni l’étude, ni le communiqué de presse, ne relèvent une des importantes conclusions de l’étude elle-même : seul un renouvellement partiel du parc nucléaire permettrait la neutralité Carbone en 2050, qui est un objectif gouvernemental nécessaire pour contenir l’augmentation de température de l’atmosphère terrestre en-deçà de 1,5°C.

En ce qui concerne le nucléaire, historique, là, c’est carrément drôle : l’ Ademe recommande de fermer les réacteurs nucléaires actuels plus vite… car leur trop bas coût de production d’électricité gène le déploiement des ENR non pilotables, handicapées par ce concurrent trop efficace !!
Après s’être assis sur les lois de la physique, puis sur celles de l’économie, l’Ademe se fiche visiblement du prix que les consommateurs paient leur électricité. Ils aiment voir du monde dans les rond points ?
10. L’ADEME ne semble pas prendre en compte de manière réaliste deux difficultés d’un système électrique fondé sur une proportion importante d’énergies intermittentes : la garantie du synchronisme – clef de la stabilité du réseau - et l’ajustement aux variations rapides et fréquentes de la charge.

En fait, l’Ademe s’appuie sur des hypothèses qu’on peut qualifier d’ «héroïques» sur nombre d’éléments du système électrique. Par exemple, presque toutes les consommations sont supposées être asservies à la variabilité des productions des éoliennes et des installations photovoltaïques développées à grande échelle. Toutes les consommations d’eau chaude sanitaire, 75% du chauffage électrique, 38 à 56% des produits blancs (électroménager…), 50% des usages industriels (!), 80% des recharges des véhicules électriques sont « effaçables » selon ces hypothèses ! Cela conduirait à une puissance effaçable de 60 GW ! Alors que RTE et la société spécialisée E.Cube estiment le potentiel de demande pilotable grâce aux smart grids à 9,3 GW, et celui pilotable dans l’industrie de 4,5 à 6,5 GW ! Ca, c’est de l’héroïsme !
Cela veut dire en fait que particuliers et industriels seront priés d’utiliser l’énergie quand elle est produite et non quand ils en ont besoin ! Big Brother décidera quand on pourra consommer de l’électricité. Tiens, et si c’était ça le vrai intérêt du compteur Linky, qui permet au gestionnaire de vous effacer du réseau quand il veut ? Ca va pas aider à l’acceptabilité sociale des Linky ni calmer les résistances qui se manifestent déjà….
Ensuite, l’Ademe fait l’hypothèse d’un triplement des interconnexions (de 12 à 36 GW) avec des systèmes étrangers lesquels évoluent comme par magie pour servir les besoins français tant en exportations qu’en importations.  Nos voisins se dotent de capacités de stockage énormes, et leurs productions sont miraculeusement là en cas de besoin et pas là lorsque nous pouvons exporter. C’est assez arbitraire ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est plutôt l’inverse qui semble se produire, au vu des plans de transition de nos voisin ; ils comptent visiblement sur le nucléaire français pour les fournir  lors des pics de demande ou d’effondrement des énergie renouvelables non pilotables…
Comment dire ? Cela pourrait être drôle s’il ne s‘agissait pas d’énergie, c’est-à-dire la source de toute vie, et plus encore civilisée ! Là, c’est tragique, et plus encore si gouvernement et media (qui ont un grand rôle à jouer) accordent la moindre crédibilité à l Ademe et à son directeur. En tout état de cause, une mesure immédiate s’impose : l’équiper d’un gros nez rouge et de  pantoufles de 55. Comme ça, on saura qui parle !
Il y a au sein de l’Ademe un certain nombre de scientifiques et d’ingénieurs, dont je n’ose pas imaginer l’état mental. Il leur reviendra sans doute assez rapidement de choisir entre leur conscience et leur honneur professionnel, et le rôle qu’on leur fait jouer.
Bibliographie : Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060, Commentaires d’une étude ADEME publiée le 10 décembre 2018, Synthèse de l’avis de l’Académie des technologies ; Dominique Finon, directeur de recherche émérite au Cnrs, économiste (avec l’aide de Sylvestre Huet pour la rédaction). http://huet.blog.lemonde.fr/2019/01/31/le-plan-tout-renouvelable-de-lademe-conteste/