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dimanche 3 novembre 2019

Pourquoi l’EPR est très rentable pour EDF et pour la France


EPR et EDF : inquiétude et vérité des chiffres. Ce n’est pas l’EPR qui met EDF en péril !

On entend beaucoup de chose sur le coût exorbitant de l’EPR, et même à l’intérieur de l’entreprise, certains s’inquiètent et voient déjà EDF en faillite à cause du coût de l’EPR et du nouveau nucléaire. Il n’est pas difficile d’ailleurs, comme dans beaucoup d’entreprises, d’y voir la marque de la prise du pouvoir des hommes gris de la finances et de leurs tableurs excel, peu au fait de ce qui gouverne vraiment la réalité (les lois physiques plutôt que les hasardeuses prévisions financières), au détriment des ingénieurs et entrepreneurs. Ces hommes qui toujours gèrent le déclin jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à gérer  et jamais n’inventent l’avenir ; avec eux, jamais le nucléaire français ne serait advenu. Bon, ce petit compte réglé, je me calme et j‘essaie de donner quelques éléments.

D’abord, l’EPR est un réacteur qui correspond aux besoins énergétiques futurs. Si l’on veut répondre au défi climatique sans provoquer l’effondrement de nos sociétés, c’est au niveau européen et mondial Il est plus puissant, plus sûr, utilise mieux le carburant nucléaire, c’est la source d’énergie la plus intensive, qui occupe le moins d’espace ( allez, approximativement, un seul EPR ça vous fait une double rangée d’éolienne tout le long de la côte méditerranéenne – et envore, à supposer qu(elles puissent fonctionner de manière optimale dans ces conditions)

Ensuite, L’EPR fonctionne. Deux EPR en Chine, à Taishan, construits en collaboration avec EDF crachent vaillamment tous leurs électrons depuis décembre 2018 et juin 2019. Le réacteur finlandais d’ Olkiluoto a été achevé, il est en train de charger son combustible. Deux autres sont en cosntruction à Hinkley Point en Angleterre.

Ensuite, ensuite l’EPR est rentable, beaucoup plus que toutes les ENR  ! L’EPR de Flamanville coutera 13 milliards d’euros. C’est beaucoup trop cher, et cela résulte du fait que 1) c’est le premier prototype ; 2) il a souffert de la désorganisation de la filière nucléaire française ( Areva et EDF séparés et concurrents !) et d’une certaine perte de compétence de la capacité d’équipementier d’EDF qui, grâce aux manœuvres des étrangleurs ottomans du nucléaire, antinucléaire par idéologie, décisionnaires lâches ou incompétents) n’a pas construit de réacteurs depuis près de 20 ans (Chooz, 2000)

Mais l’EPR  sur sa durée de vie de 60 ans rapportera au moins déjà le triple de son coût, assuré. Et sans doute beaucoup plus.  Parce que si l’on veut parler d’actualisation, qu’on me dise ce que vaudra une électricité abondante, décarbonée et surtout  pilotable dans trente ou quarante ans, si, comme il est important si l’on veut combattre efficacement le dérèglement climatique, la taxe carbone explose et si grâce aux pitreries des Allemands et de leur Energiewende, l’électricité devient rare et les black out se multiplient.


Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
 Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR:70-110€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
éolien: 476 €/MWh
 photovoltaïque :+500 €/MWh
Bon, par gentillesse, on a laissé l’éolien off shore qui enfonce tout ( voir qd même ci- après)

Rapport de la Cour des comptes 2018 :

Solaire : l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique.

Soit déjà 3 EPR tarifs Flamanville ( et on peut faire beaucoup moins !)

Eolien off shore !:Les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!!

Soit encore 3 EPR tarifs Flamanville (allez, même 4 tarif normal) !

Et l’on parle là de sommes déjà engagées, pas des derniers délires de promotion de l’éolien terrestre et surtout off shore !

C’est pas de l’EPR qu’EDF risque de mourir, mais de l’éolien !  En France, l’Iddri et Agora Energiewende estiment les financements publics en faveur des EnR électriques à près de 5 milliards d’euros par an pour les années 2018 à 2020 ( déjà engagés) et si l’ons uit la démente PPE, ce la va augmenter. l’Iddri et Agora Energiewende prévoient un pic entre 6,5 et 8,5 milliards d’euros par an à l’horizon 2025-2030 !!!

Donc, même à coût explosé ( et c’est vrai ça a pas été top top !), l’EPR de Flamanville équivaut  à environ 2 ans et demi de subventions aux énergies renouvelables (actuellement et un an et demi dans la prochaine décennie)

Donc  : 10 milliards d'euros, c'est la somme que nous payons tous, en deux ans et demi, sur nos factures d'électricité, en subvention aux énergies photovoltaïque et éolienne. 

Pour vous en convaincre, consultez donc sur votre dernière facture EDF la ligne « Contribution au service public de l'électricité », ou CSPE. Cette contribution était jadis consacrée à la solidarité, solidarité sociale avec ceux qui ne peuvent pas payer leur facture, et solidarité géographique avec les territoires où la production d'électricité coûte beaucoup plus cher (Corse, DOM-TOM, etc.).  En 2003, par exemple, la CSPE presque totalement consacrée à la solidarité a coûté 1,5 milliards d'euros. En 2015, la CSPE coûtera 7 milliards, dont seulement 29 % iront à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération.
La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grtassement les nécessiteux producteurs d’ENR.

Donc CQFD, ce qui met en péril EDF, ce n’est pas le coût du nucléaire, mais celui des ENR !

La politique aberrante de pillage d’EDF :

Plusieurs de ces thèmes ont déjà été abondamment traités dans ce blog, je n’y reviens ici qu’en résumé (cf. aussi  une enquête intéressante de Marianne, magazine numéro 1178, "EDF : le démantèlement a commencé" ,)

Loi NOME et ARENH: En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF… En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, Force Ouvrière avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement
EDF est obligé de subventionner des opérateurs alternatifs soi-disant vert, qui se gavent surtout de nucléaire historique (aux dépends du patrimoine des Français).

La pression politique sur les prix : EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010EDF s’est vu imposer une évolution irréaliste des prix, même une baisse à partir de 1996 et une quasi-stabilité jusqu’en 2010. De 1983 à 2014, l’indice général des prix a augmenté de 116 %, le salaire moyen des Français de 160 % mais le tarif de l’électricité de seulement 42 %.

Prix d’achat des ENR : j‘ai mentionné plus haut le coût réel des ENR plus subventions comparé au nucléaire plus subventions. Le fait est qu’une bonne partie de ces subventions a été effectué au détriment direct  d’EDF. En plus des manipulations de ses prix de vente, EDF a été contraint d’acheter aux producteurs, notamment solaires et éoliens, toute leur production à des prix administrés très supérieurs à ses propres coûts de production. Pour le solaire sur les toits des bâtiments, les prix imposés étaient de huit fois supérieurs au coût de revient EDF (420 euros/MWh contre 50). Et comme leur production est aléatoire et intermittente, toujours hors pics de consommation, elle est deux à trois fois moins utile que celle des centrales produisant à la demande, soit un coût réel de 16 à 24 fois supérieur aux prix de marché. Ce soi-disant « investissement » ne s’est traduit par la création d’aucune entreprise française du secteur, tous les panneaux photovoltaïques étant importés de Chine. Pour les éoliennes marines, les prix seront, à leur démarrage en 2022 et pour une durée de vingt ans, 4 à 5 fois supérieure aux prix actuels de marché (200-220 euros/MWh). Ces projets ont été lancés par les gouvernements français de façon improvisée et prématurée, sans tenir compte des réalités techniques et économiques.

Ponction sur les bénéfices : EDF verse chaque année environ 2 milliards d’euros de dividendes, principalement à l’État. Un montant exigé pour rapprocher le déficit public de l’engagement pris à Bruxelles par le gouvernement. En fin, celui-ci s’est rendu compte en 2016 qu’il avait quelque peu abusé et a recapitalisé EDF pour 4 milliards d’euros. De toute façon, largement insuffisant compte-tenu de la reprise de la Cogema. Où est la cohérence ? à part une politique de très court terme, ceci depuis des années…

Perturbations du marché de l’électricité : Les subventions massives aux énergies renouvelables et l’obligation d’achat mise en œuvre par les gouvernements français et étrangers ont bouleversé le marché européen de l’électricité : plus l’électricité est coûteuse à produire, plus son prix baisse sur le marché libre. Un paradoxe difficile pour EDF qui dispose d’une base de production efficace mais à coût fixe. Une situation qui n’a pas été anticipée par le gouvernement dans ses négociations à Bruxelles, une grande partie des perturbations provenant des productions aléatoires de pays voisins (Allemagne, Espagne). Autrement dit, le fait d’assurer  une production pilotable permettant de suivre la consommation n’est plus rémunéré à son juste coût…d’autant que plus il y a de renouvelables intermittentes, plus ce coût augmente en même temps qu’il est de plus en plus nécessaire.(puisqu’il faut bien garder les productions pilotables à un niveau équivalent à celui des intermittents)

C’est toute l’imbécillité de la PPE en France ! remplacer du nucléaire pilotable par de l’éolien non pilotable (plus du gaz) , c’est mauvais climatiquement, économiquement, socialement, écologiquemen

Bon, l’EPR sera le moindre des soucis d’EDF, une fois que les dirigeants politiques auront eu le courage de prendre la décision qui s’impose rationnellement… 6, 8, 10 EPR…. Maintenant !


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mercredi 12 septembre 2018

Jours de colère


Une petite explication  sur ce blog.

Ce blog  naguère assez sage et visant à une vulgarisation intéressante  des sciences et techniques  et de leurs enjeux culturels, politiques, historiques, sociétaux est certainement en train de dériver. Les enjeux de politique énergétique et climatique y ont pris une place prépondérante, et cela me parait assez justifié en raison de l’urgence et de l’importance pour l’Humanité, et, pour répondre à cette urgence, de la nécessité d’effectuer les meilleurs choix politiques scientifiquement fondés. J’essaie depuis plusieurs années de m’informer honnêtement et je reporte ce que je trouve. Et je suis de plus en plus inquiet et, oui, en colère, de voir me semble-t-il la manipulation par de louches intérêts idéologiques et financier de l’urgence environnementale transformée en panique bien profitable pour certains. Ainsi, lorsqu’on voit un ministre de l’environnement peut-être sincère mais à coup sûr scientifiquement ignorant démissionner en dénonçant les lobbies alors qu’il a lui- même tordu les lois et limité les recours au profit du lobby des margoulins de l’éolien, catastrophique pour l’environnement et le changement climatique, alors qu’on voit des militants, des pays entiers prétendre lutter contre le changement climatique en menant une politique antinucléaire, il est difficile de rester calme. On voit d’ailleurs très bien, dans le cas du nucléaire à quelle étrange alliance on assiste entre l’ignorance scientifique et  le commerce de la peur et l’avidité des intérêts financiers – le nucléaire est le seul secteur énergétique dont même les plus extrêmes des libéraux n’envisagent pas, au moins en Europe, la privatisation. 

Aucune bonne politique énergétique et environnementale, pas plus que de santé, ni agricole, ne peut reposer sur une telle ignorance ou un tel déni des connaissances scientifiques, sur une telle haine de l’humanisme et du progrès. Il n’y a dans cette voie, que la régression la plus absurde et la plus sombre, et aucun solution.

De même, aucune bonne politique ne peut sortir de  la mise en concurrence de tous contre tous et l’affrontement débridé des intérêts, sur fonds de méthodes politiques de voyou consistant à désigner à la vindicte publique et à la chaine de prétendus privilégiés – les agents du service public, ceux de la Sncf, les cadres chômeurs, les « bénéficiaires » d’arrêts de travail…), à ignorer et disqualifier les corps intermédiaires, à vicier les pratiques politiques et contourner les méthodes délibératives, sans lesquelles il n’est pas de démocratie possible, pas de possibilité de fonder une opinion publique, pas d’opinion commune, « de doctrine sociale commune sans laquelle  il ne reste d’autre expédient, pour maintenir une harmonie quelconque, que la triste alternative de la force ou de la corruption » (Auguste Comte), pas de conciliation entre « la spécialisation des fonctions et la convergence des efforts (toujours Auguste).

Alors, de temps en temps,  ce blog cèdera à la tentation de la colère, passion non pas mauvaise, mais au pire inutile, au mieux soulageant et réveillant.. ;

Jour de colère n°1 :  Déclaration d’Edouard Philippe : «  En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C'est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire ».

Commentaire 1 : « Les plus de 55 ans ont le taux d'absentéisme le plus fort, en raison de la longueur de leurs arrêts de travail. En juin, les chiffres de l'Assurance Maladie montraient l'augmentation des arrêts maladies de longue durée, c'est-à-dire supérieurs à trois mois, une hausse attribuée au recul de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans ».

Commentaire 2 : « Un lien très clair entre l’absentéisme au travail/les arrêts maladie et les conditions de travail » : Sur la question des indemnités journalières (IJ), la CFE-CGC a rappelé en préambule qu’il existe, dans les entreprises, un lien très clair entre l’absentéisme au travail/les arrêts maladie et les conditions de travail. « Nous souhaitons donc prendre le temps d’examiner précisément ce sujet et attaquer également le problème sous l’angle de l’organisation du travail », explique François Hommeril.

Commentaire 3 : Non un jour de maladie n’est pas un jour de congé, et le très grande majorité des médecins se plaignent plutôt (et plaignent) de patients qui ne prennent pas leurs arrêts maladies, préférant, sous la pression, réelle ou intériorisée, mettre leur santé en danger et celle de leurs collègues. Et ce n‘est surement en organisant la disparition progressive des médecins du travail des entreprises que ça s’améliorera.

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Jour de colère n° 2 : Condamnation de la France dans l'affaire de la crèche Baby-Loup : le comité Théodule et le machin.

Excellente tribune de Guy Konopnicki dans Marianne du 02 septembre. Extraits ( mais SVP lire l’intégralité » : La France a donc été condamnée par le comité des droits de l'homme de l'ONU parce que la crèche Baby Loup, association disposant d'une délégation de service public, n'a pas permis qu'une employée arbore un signe religieux pour se transformer en panneau publicitaire de l'islam. La crèche a été créée à Chanteloup-les-Vignes en 1991, et les enfants qui l'ont fréquentée ont eu le temps de grandir dans une République laïque. Depuis le début de l'affaire, en 2008, un comité Théodule n'a eu de cesse de multiplier les procédures, avec l'objectif de faire reconnaître l'interdiction du port du voile comme une atteinte à la liberté religieuse.

Débouté par la Cour de cassation, ce comité Théodule est allé dénicher un organisme croupion de ce que de Gaulle appelait « le Machin ». Si bien que le Monde peut titrer : « L'ONU critique la France »
« Voici la France coupable de bafouer la liberté de voiler les femmes, et, pourquoi pas, celle de leur imposer le mariage dès l’âge de douze ans, conformément à la loi coranique ? La réaction d’une partie de la presse, répercutant la condamnation comme s’il s’agissait d’une résolution solennelle, plaçant la France au ban des nations, laisse songeur. La laïcité, cette vieillerie, ferait donc de nous d’affreux liberticides, interdisant les marques ostentatoires de discrimination sexiste. Tout se passe comme si certains journalistes se sentaient coupables d’appartenir à cette France qui ne s’aligne pas sur le modèle communautaire ».. « Le Machin onusien peut bien condamner la France, il y trouve des coupables volontaires pétris de contrition. »

Bravo et très bien écrit ! Mais Konopnicki, et d’autres qu’ils l’ont lu et suivi, a bien tort de traiter par le simple mépris le Machin Onusien qui a condamné la France à indemniser la provocatrice voilée de la crèche Baby- Loup. Ils ont expliqué que cette condamnation n’a aucune valeur en France.

Eh bien, ce n’est pas l’avis du Président de la Cour de Cassation : « la France peut néanmoins difficilement ignorer une telle décision qui lui reproche de ne pas respecter un pacte international qui l’engage. La Cour de cassation va tenir compte de cette interprétation divergente du droit. Le premier président de la plus haute juridiction du pays, Bertrand Louvel, en a officiellement averti les magistrats du siège et du parquet lundi 3 septembre… le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a constaté que notre assemblée plénière elle-même avait méconnu des droits fondamentaux reconnus par le Pacte international des droits civils et politiques dans l’affaire connue sous le nom de Baby Loup … Même si cette constatation n’a pas, en droit, de force contraignante, l’autorité qui s’y attache de fait constitue un facteur nouveau de déstabilisation de la jurisprudence »
Oui, le mépris ne suffit plus- jours de colère !

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Jour de colère n°3 : 700 ruches à Paris. La Maire de Paris a fixé comme objectif de renforcer la place de la nature à Paris, notamment à travers l’installation de ruches et la valorisation de leur miel, au cours de cette mandature.

 Paris compte au recensement de 2015 près de 700 ruches et un patrimoine municipal de 143 ruches réunies dans 23 ruchers, gérés par des associations ou des particuliers apiculteurs dans le cadre de conventions d’occupation du domaine public. Ces apiculteurs se sont engagés à développer des ruchers pédagogiques afin d’informer le public sur la question des abeilles domestiques et plus largement sur les insectes pollinisateurs.

Expérience vécue : Impossibilité de déguster une tarte aux framboises à certaines terrasses à Paris sans se voir entouré d’une dizaine d’abeille qui viennent vous disputer votre pâtisserie favorite jusqu’à la bouche, et une voisine affolée et finalement piquée.

Une autre qui est sérieusement piquée, mais ça on le sait depuis longtemps, c’est la maire de Paris. Merdre ; les abeilles c’est à la campagne, pas à Paris. Amateurs de miels parisiens, à qui on le vend sûrement très cher ( ch’sais pas, j’en ai jamais acheté), sachez- le : le miel que vous mangez, c’est ma tarte aux framboises ! Bon appétit.

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jeudi 7 décembre 2017

Glyphosate : la raison l’emporte en Europe, la démagogie en France

Etude épidémiologique : pas de confirmation de caractère  cancérigène du Glyphosate

Alors que l’Union européenne doit décider, le 27 novembre, du sort du glyphosate, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) publie quelques jours avant  dans sa dernière édition les données d’une grande recherche épidémiologique visant à mettre en évidence les effets des pesticides sur les travailleurs agricoles. Il s’agit de la plus grande étude épidémiologique à ce jour sur ce sujet. Débutée dans les années 90, l'Agricultural Health Study a suivi plus de 50.000 agriculteurs et épandeurs américains en Iowa et en Caroline du Nord et dont 80% utilisaient du glyphosate. Près de 6.000 cas de cancer ont été observés au cours de ce suivi. Verdict de l'analyse : le glyphosate n'est pas significativement associé à une augmentation du risque de cancer, quelle que soit sa localisation. Toutefois, parmi les épandeurs qui ont été le plus exposés au glyphosate, les chercheurs constatent un risque accru de leucémie aiguë myéloïde par rapport aux autres utilisateurs, qui augmente avec la durée d'exposition et devient statistiquement significatif au-delà de 20 ans.

En 2005 déjà, les premiers résultats issus de l'étude prospective Agricultural Health Study, incluant des hommes et des femmes suivis sur plusieurs années, ne montraient déjà pas d'association statistiquement significative entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer à l'exception d'un risqué augmenté mais non significatif de myélome multiple. Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm et spécialiste de l'effet des substances chimiques environnementales sur la santé commente, dans Science et Avenir  : " Peut-être que dans un avenir proche, ce suivi montrera un risque plus important mais ma conviction est qu'il sera modeste si cela était le cas ».
C’était plutôt une bonne nouvelle qui invitait à relativiser les déclarations d’un CIRC (Centre International de Recherche) sur le caractère cancérogène probable ( et seulement probable) du glyphosate spécialisé dans les alertes tonitruantes  confirmait ce que le Ministre M. Hulot reconnaissait déjà, à savoir que le glyphosate est certainement le plus efficace et le moins toxique des herbicides.

Le glyphosate est toxique : il rend fou…les écolos et les éditorialistes

Il est curieux, mais pas inattendu, que cette bonne nouvelle ait déclenché une véritable hystérie chez les écologistes fanatiques. Stéphane Foucart, dans Le Monde, d’habitude beaucoup mieux inspiré tenta d’expliquer  que l‘étude était douteuse puisque le glyphosate était tellement répandu qu’il était impossible de déterminer des groupes exposés et non exposés. Cette notion curieuse n’a pas eu grand succès mais Le Monde, suivit d’un certain nombre de journaux, dénonça alors un scandale incroyable : le rapport d’expertise de l’agence européenne, sous-traité aux allemands, reprenait des passages complets des études menées par Monsanto. Ben oui, si les industriels font des études, autant qu’elles servent à quelque chose, et je ne vois pas pour quels motifs elles ne devraient pas être prises en considération – si elles sont mal faites ou insuffisantes, que les autorités publiques le disent
Autre remarque, précisément en matière de cancer ; c’est la reproductibilité et la qualité  des résultats publiés par les laboratoires publics qui est maintenant davantage sujet à caution, puisque moins du tiers d’entre elles peuvent être reproduite ; les raison : pressions à la publication intégrité scientifique en baisse…

Commentant la décision finale européenne de prolonger l’autorisation du glyphosate pour cinq ans (au lieu de 10 ans comme initialement envisagé et de trois ans comme le souhaitait MM. Macron et Hulot, Marianne (1er décembre 2017)  rajoute plusieurs couches. C’est « une humiliation pour la France » ( enfin pour la démagogie de ses dirigeants, pas pour les agriculteurs ni la plupart des scientifiques) ! Le « Parlement européen est bafoué » (Quelle est sa compétence scientifique ?). « Où est la rigueur scientifique lorsque les experts recopient les travaux de Monsanto « ? ( Ben davantage dans les travaux de Monsanto que dans bien des équipes universitaires ou organes internationaux en manque de publicité et de crédits). » Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a affiché une position notoirement alignée sur celle de l’agrobusiness » (tiens donc, les agriculteurs, pourtant les premiers et à vrai dire les seuls exposés ne seraient pas d’accord pour l’interdiction ?). « La ministre de la santé, Mme Agnès Buzyn, cancérologue professionnelle, n’a pas daigné mobiliser ses homologues ? » (Ben justement, elle sait peut-être de quoi elle parle…)

Tiens, au fond ils ont raison, le glyphosate est dangereux, il rend fou.

Les alternatives au Glyphosate Un rapport pas très encourageant

Donc finalement le glyphosate reconduit pour cinq ans, fureur écologiste et  Macron cédant à la démagogie écologiste (curieusement, Hulot apparait presque modéré) pour annoncer qu’en France ce sera trois ans (difficile à faire, la FNSEA se chargera de lui expliquer) et le ministre de l’agriculture et le premier ministre disant trois ans, sauf si pas d’alternatives meilleures d’ici là.
Et des alternatives justement, un rapport de l’INRA (Usages et alternatives au glyphosate) sort au bon moment La bonne presse (Le Monde, …) triomphe. Sauf que les conclusions sont rien moins qu’encourageantes : « Sortir du glyphosate en particulier, des pesticides en général, passe et passera par des changements profonds ». Les solutions : désherbage mécanique et travail superficiel du sol, labour, couverts intermédiaires et gel hivernal ou hachage. Bref peu enthousiasmantes.  Impossibilité d’alternative pour l‘agriculture de conservation, pour les terrains difficiles, pour la production des semences, pour celles des légumes de frais et de conserve, la culture du lin, celle des fruits à coquescerise sur le gateau l’INRA prévient : utilisation ciblée d’autres herbicides homologués (mais qui peuvent avoir des profils tox/écotox plus défavorables que celui du glyphosate), pourra être nécessaire pendant une période de transition ( de combien ?)

Et ceci encore : « L’évaluation du surcoût économique est délicate… l’impact économique sera d’autant plus marqué que la diversification des cultures est faible, qu’il n’y a pas d’élevage, que le secteur concerné touche des marchés très concurrentiels au sein de l’Union Européenne. C’est-à-dire qu’on est en France dans le cas le plus défavorable ! : Les principaux blocages peuvent être de nature biotechnique ou résulter de notre trajectoire agricole ayant conduit i) à des exploitations de grande taille, ayant peu recours à la main d’œuvre, ii) à la spécialisation des territoires qui limitent les utilisations alternatives des terres et favorisent la sélection d’une flore adventice difficile, iii) à des standards de marché et des cahiers des charges ».

« La réflexion sur la transition vers la sortie du glyphosate doit donc se faire sur une échelle de temps qui prend en compte la mise en œuvre de ces techniques alternatives. ». Compte-tenu de la tonalité du rapport, à vue de nez,  c’est bien  plus de dix ans !
Bon autrement dit, si des journalistes et commentateurs ont trouvé ce rapport encourageant, moi, je veux bien, mais c’est tout de même le lire de manière assez curieuse.
Finalement, la seule solution, celle  du Président Mao, l’envoi massif à la campagne des écologistes pour désherber, sarcler etc. Why not ?

Face aux  professionnels de l’intimidation

On peut s’étonner du silence général d’une communauté scientifique et des experts et des  professionnels. Mais c’est qu’il y a  un lobby de gens  fanatisé, rétrograde, idéologues de l’anti-science, persuadés de lutter pour le bien contre le mal et les méchants, et devenus des professionnels de l’intimidation bien relayés par des medias qui ont renoncé à tout travail d’éducation, à toute liberté d’exposition, de discussion, d’appréciation. Un lobby grassement subventionné et devenus des professionnels de l‘intimidation.

Contre ces professionnels de l’intimidation et de la désinformation, il faudra réagir. Cela ne pourra se faire que par un effort de transparence et de discussion accrues : par exemple, (une solution que ne refuserait pas Stéphane Foucart) : comme en matière de santé, la publication obligatoire  de toutes les études de toxicité et d’écotoxicité menées par les industriels, soit dans des publications scientifique, soit dépôt  obligatoire auprès des agences réglementaires des données et d’un résumé.

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