Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Le Pen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Pen. Afficher tous les articles

samedi 24 juin 2017

Assistants parlementaires, Front National, Bayrou et démocratie

Nous ne comprenons plus la démocratie 

Qu’attendre maintenant de M. Bayrou ? Résumé des épisodes précédents : Le Front National se fait aligner sur des assistants parlementaires européens qui n’auraient pas vraiment travaillés pour l’Europe et, en attendant un éventuel procès, se voit forcé de rembourser des sommes importantes. Il y avait évidemment là comme un parfum de règlement de compte politique, car enfin, le Parlement Européen n’avait ciblé que deux partis eurosceptiques, l’UKIP et le Front National. On ne pouvait qu’être assez confondu par ces attaques extrêmement ciblées contre des partis hostiles à l’‘Europe institutionnelle actuelle (rien, nada, nichts, niente…  d’équivalent à reprocher à aucun autre parti, dans aucun autre pays ??). Nous avons maintenant la réponse, car enfin, le Front National de Marine Le Pen, même s’il est moins virulent que l’ancien, il ne faut tout de même pas trop le chauffer. D’où dénonciation assez efficace et argumentée du Modem, vite confirmée par les enquêtes des media, position impossible des ministres Modem et démission générale. Fin de carrière pour M. Bayrou !
Tant qu’à faire, encourageons le Parlement Européen à poursuivre une enquête générale, que tout le monde soit sur le même plan. De toute façon, il est clair que les Institutions Européennes ont un vrai problème de démocratie, et qu’elles ont visiblement du mal à comprendre que des députés élus par des électeurs qui contestent ces institutions remplissent leur mandat conformément au vœu de leurs électeurs. Il y a quelque paradoxe à reprocher aux élus Front national de ne pas se comporter en partisans de l’Europe.

Qu’attendre de M. Bayrou – qu’il explique la démocratie ! l’intoxication jacobine

Mais je pense que le problème est bien différent et bien plus grave, et qu’il vient du fait que nous ne comprenons plus ce qu’est la démocratie, que nous n’y sommes plus attachés. Les partis politiques concourent à l‘expression du suffrage universel. Ils reçoivent pour cela un financement, qui est lié à leur succès électoraux  (à la présidentielle, pourcentage de votant au premier tour, accès ou pas au second tour ; pour les législatives,  nombre de votants au premier tour – ce qui est très bien, et devrait même être renforcé,  car ce système tient compte de l’abstention : si les partis sont incapables d’intéresser les électeurs, ils sont sanctionnés-,  puis nombre d’élus). Une fois élus, partis et députés ont des moyens mis à disposition pour mener leur activité politique.
Eh bien, quitte à choquer,  je dis que les partis politiques et leurs élus doivent pouvoir  disposer de ces moyens comme ils l’entendent, sans aucun contrôle étatique ou judiciaire, avec pour seul contrôle l’opinion publique et celle de leurs électeurs, point ! (sauf si évidemment ils commettent des actes illégaux). Il semble que nous considérions comme presque normal que l’utilisation de leur financement  par les partis politiques (ou les syndicats) soit placé sous le contrôle du Parlement, de l’Etat, de la Cour des Comptes, ou que sais-je ? C’est je pense une hérésie totale, qui aurait fait lever d’horreur les cheveux ou les sourcils de ceux qui ont fondé la République en France. C’est une conception de la démocratie qui nous rapproche dangereusement de celle d’Erdogan ou de Poutine. Les partis, les syndicats ne doivent de compte qu’à leurs adhérents et à leur électorat, il ne peuvent pas fonctionner sous le contrôle des institutions qu’ils sont censées diriger ou contrôler. 
  
Il y a un livre – j’y reviendrais dans un prochain blog- , un livre important, Décoloniser les Provinces de Michel Onfray, qui identifie le triomphe général du jacobinisme comme l’un de nos principaux problèmes. Nous sommes tellement habitués à obéir que nous oublions que nous sommes le souverain. Nous ne comprenons même plus  la nécessité de l’indépendance des partis politiques, la nécessité des corps intermédiaires ( qui bien sûr n’ont rien à voir avec l’intérêt général, et même en sont des ennemis à combattre), et il n’est même pas sût que nous comprenions la nécessité d’une opposition ; s’opposer à une marche si bienveillante et si massive, c’est évidemment  être du côté du mal, non ? ; c’est du sabotage !)  
Ah oui, il va falloir sérieusement réfléchir à notre intoxication collective par le jacobinisme triomphant de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par l’extrême centre !  

Alors qu’attendre de M. Bayrou ? Eh bien, qu’au lieu de nier l’évidence dans l’affaire des assistants européens, qu’ il la revendique ! Et que ne pouvant plus exercer un ministère, il exerce un magistère, et explique aux Français ce qu’est la démocratie, et comment elle fonctionne nécessairement. Là, il sera vraiment utile !




mercredi 12 avril 2017

Nucléaire allemand, nucléaire chinois .. et français ? (Fessenheim2)

Allemagne : Sortie du nucléaire, dépendance au charbon, abandon des objectifs climatiques

Une fois n’est pas coutume, un long article assez critique dans le Monde du 15/03/2016 :Nucléaire : le défi coûteux d’Angela Merkel : La sortie de l’atome, promise après la catastrophe de Fuskushima, et le recours au charbon éloignent l’Allemagne de ses objectifs de réduction de ses émissions carbonées.

extraits :

« La conférence de presse du 15 mars 2011 restera comme un de ces tournants dans l’histoire du mandat d’Angela Merkel. Moins de trois jours après l’accident de Fukushima, au Japon, la chancelière confirmait la surprenante décision annoncée la veille au soir : les sept centrales nucléaires d’Allemagne les plus âgées plus une, victime de pannes, seront immédiatement arrêtées pour trois mois, et le tournant énergétique vers le renouvelable sera accéléré.
La mine déconfite, les six présidents des régions concernées par les fermetures de réacteurs, confirment sans enthousiasme ce tournant radical dans la politique énergétique sur laquelle ils avaient fait campagne. Berlin avait, quelques mois auparavant, prolongé la durée de vie des centrales les plus anciennes au motif de la sécurité de l’approvisionnement…
Etait-il seulement politique, ce revirement, dans le contexte d’une année électorale délicate pour elle ? Ou correspondait-il à une conviction profonde de la chancelière de saisir une chance historique, comparable à celle d’accueillir les réfugiés en août 2015 ?
Bilan contrasté
Le 30 mai 2011, c’est une Angela Merkel combative qui revient devant les journalistes pour parachever cette nouvelle stratégie : l’Allemagne sortira définitivement du nucléaire en 2022. L’objectif, annonce-t-elle, est de développer les énergies renouvelables afin qu’elles couvrent 35 % des besoins en électricité d’ici à 2020.
A cette date, ces besoins devront être réduits de 10 % par rapport à 2008 et les émissions de gaz à effet de serre être 40 % inférieurs à ce qu’ils étaient en 1990. Bien sûr, tout en garantissant une grande stabilité de l’approvisionnement, indispensable pour une nation industrielle comme l’Allemagne.
Six ans plus tard, le bilan de cette politique phare de la chancelière est pour le moins contrasté. Le programme d’arrêt des centrales nucléaires, plébiscité par une large partie de la population, suit bien son cours. Le nucléaire ne couvre plus que 13,1 % de la consommation d’électricité, contre 14,1 % en 2015.
L’Allemagne a par ailleurs si bien développé ses énergies renouvelables qu’elles représentent désormais la première source d’électricité du pays, et couvrent 32,3 % de la consommation d’énergie. Elles devraient donc atteindre sans problème les 35 % du mix énergétique d’ici à 2020, grâce à une politique d’encouragement très coûteuse pour les ménages et les entreprises.
En revanche, les autres objectifs sont considérés par les experts comme hors d’atteinte : ni l(efficacité énergétique, ni la réduction des gaz à effets de serre ne devraient pouvoir se situer aux niveaux annoncés. Pour la « chancelière du climat, c’est un échec patent ». .. Les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 20126 passant de 908 à 916 millions de tonnes équivalent CO2. Pour remplir ses objectifs, l’Allemagne devrait émissions de 41 à 82 millions de tonnes chaque année jusqu’en 2020, ce qui est considéré comme impossible.
Et surtout, la sortie du nucléaire a évidemment renforcé le charbon et la très polluante et très inefficiente lignite pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables – La production des centrale à houille couvre 17% du mix énergétique, et les centrales à lignite 23.1% !!
En fait l’Allemagne est sous une véritable dépendance au charbon encore renforcée par le programme de sortie du nucléaire, à ce point que l’Allemagne préfère encore continuer à produire et à vendre de l’électricité provenant du charbon, même à perte , plutôt que les arrêter- c’est aussi une conséquence de la déficience totale du marché européen des « droits à polluer ». Nous nous désolons souvent des blocages français, mais mes Allemands n’ont rien à nous envier en ce domaine. L’Allemagne est culturellement attachée au charbon, les syndicats allemands et le parti social –démocrate chantent encore lors de leur congrès des chants liés au charbon. Dans le nucléaire, il n’y a jamais eu autant d’emploi que dans le charbon, c’est l’inverse d’en France »- et la structure fédéral avec le poids des états charbonniers comme la Rhénanie du nord-Westphalie a abouti à un blocage non seulement économique, mais aussi politique.
Bref l’Allemagne, en renonçant au nucléaire a aussi renoncé à ses objectifs climatiques, au Traité de Paris, et à la lutte contre la pollution atmosphérique- et nous en savons quelque chose- bref Merckel serait pire que Trump.

La Chine prend au sérieux les objectifs climatiques : une politique ambitieuse et nucléaire

Pendant ce temps- là, la Chine a annoncé que Pékin fermait sa dernière centrale à charbon, le dernière des quatre qui ont été formées depuis 2013 La pollution aux particules fines a baissé d’environ 25% depuis 2014- même si la pollution reste catastrophique (dix fois supérieur aux recommandations de l’OMS) , le régime chinois s’engage résolument dans la lutte contre la pollution ( le Premier Ministre Li Kequian a pris pour slogan rendons le ciel de  nouveau bleu)  et lutte contre le réchauffement climatique et pour remplir ses engagements du traité de Paris.
Pour cela, la Chine essaye de développer rapidement des alternatives aux énergies carbonées et compte sur le nucléaire et sur le solaire pour y parvenir. Les objectifs sont de réduire à 62 % la part du charbon dans le mix énergétique (69 % en 2013), d’augmenter la part des combustibles non fossiles à 15 % (9,8 % en 2013), d’atteindre une puissance hydroélectrique installée de 350 GWe (280 GWe en 2013) ; d’atteindre une puissance éolienne installée de 200 GWe (77 GWe en 2013) ; d’atteindre une puissance photovoltaïque installée de 100 GWe (16 GWe en 2013) ;d’atteindre une puissance nucléaire installée de 58 GWe (18 GWe en 2013, ce qui représenterait jusqu’à 4 à 5 % de la production électrique).
 Les scénarios énergétiques officiels donnent donc une place de choix au nucléaire et confirment l’ambition du programme de développement associé tout en l’amplifiant : à moyen terme, tripler la capacité installée d’ici 2020 tout en maintenant une capacité en construction à 30 GWe, et à long terme, fermer le cycle du combustible en mettant en service une usine de traitement-recyclage et un réacteur expérimental à neutrons rapides avec un objectif de déploiement industriel rapide à moyen terme. La Chine, qui aujourd’hui représente 40 % des réacteurs en construction dans le monde, devrait dépasser, la Corée du Sud et la Russie en termes de production d’électricité d’origine nucléaire d’ici la fin de l’année de 2015, et les États-Unis en termes de nombre de réacteurs en exploitation d’ici 2030, tout un symbole. 

Ce nucléaire chinois représente de sérieux défis, que la France participera à résoudre. Et nous voyons qui est dans le camp du passé, du renoncement à combattre la pollution et le réchauffement climatique, et qui est dans le camp du futur, de la responsabilité climatique et environnementale et de futur. De ce point de vue, tous les candidats à l’élection présidentielle ne se valent pas- qui veut fermer Fessenheim ou pas ?


samedi 1 avril 2017

Perplexité présidentielles (3)- le cas Macron et le dialogue social

Mais que pense donc M. Macron ?

A M. Macron, je reconnais une intelligence hors du commun, et une capacité à faire des erreurs une fois et une seule fois et à ne pas les reproduire. Alors il faudra qu’il tire une leçon de l’échange qui l’a opposé à Marine Le Pen lors du débat des cinq principaux candidats.   Interrogé sur les questions de politique internationale, M. Macron, au terme d'une longue intervention assez déconstruite, a été tacjé par Mme Le Pen: « Vous avez un talent fou, vous arrivez à parler sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n'avez rien dit, c'est le vide absolu, sidéral », 

Et, en effet, en écoutant ses discours, beaucoup de grandes envolées assez creuses et aussi beaucoup de contradictions : une colonisation qualifiée de crime contre l’humanité suivi d’un « je vous aime » lancé à des pieds noirs révoltés ; un « il n’y a pas de culture française, mais des cultures en France » suivi d’un article dans la Figaro pour expliquer sa conception de la culture française dont le fondement serait une  « ouverture sans pareil ». Un service militaire « parce que ce n'est pas le rôle de l'école que de tenir un discours fort sur les valeurs de la République » ; oui, mais un service militaire d’un mois (!) et la défense d’une école républicaine (on en est heureux !)

Mais s’il semble y avoir une constante dans le discours et la pratique de Macron, c’est une tonalité très jacobine, centralisatrice, autoritaire et hostile aux pouvoirs intermédiaires et contre-pouvoirs. C’est plutôt dangereux, surtout dans un domaine particulier, celui du dialogue social.

Dialogue social : la CFDT déboussolée par M. Macron : "Tout ne peut pas être géré d’en haut par la loi »

Le Monde rapporte ainsi comment ce syndicat très gentil vis-à-vis de la contre-réforme sociale de la loi travail Macron Valls qu’est la CFDT a été douchée à froid par l’audition du candidat Macron ( La CFDT craint pour le dialogue social, du 25/03/2017). A son secrétaire général Laurent Berger qui affirmait  que « le syndicalisme est porteur de l’intérêt général », « Que nenni, répond M. Macron. « L’intérêt général, a-t-il expliqué le 16 mars, c’est le législateur. Quand on demande aux syndicats de le porter, on les décale car ce n’est pas leur mission. On ne peut pas demander à un syndicat de définir les frontières de la réforme. » Et m’auteur de l’article du Monde, M. Noblecourt, poursuit : « La République contractuelle » de M. Macron est aux antipodes de la démocratie sociale. L’Etat décide, notamment sur la gestion des grands risques, ce qui l’amène à nationaliser le régime paritaire d’assurance-chômage. Les syndicats négocient dans les entreprises et dans les branches, mais la négociation interprofessionnelle disparait.
Alors la CFDT, dans son questionnaire adressé aux principaux candidats s’alarme des candidats qui « remettent en cause le dialogue social » et rappelle que «  la nécessaire construction d’un contrat social nécessite du temps et des lieux de débat et de concertation…Tout ne peut pas être géré d’en haut par la loi »
C’est en effet une attaque sans précédent contre les syndicats et leur rôle que semble préparer Emmanuel Macron. Jean-Claude Mailly, pour Force Ouvrière (FO) a dénoncé un « danger d’abandon de la république sociale », république sociale qui, rappelons-le figure dans la constitution de la République ; il semble que, comme certains autres, M. Macron se soit donné comme rôle de « détricoter le programme du Conseil National de la Résistance ».

F.O : « la gestion par les partenaires sociaux ça fonctionne »,  « le libéralisme économique conduit à l'autoritarisme social 

Dans une remarquable interview à la Tribune (La Tribune, 30/03/2017, Jean-Claude Mailly (FO) : "Macron est prêt à tout pour plaire à l'Allemagne) ; M. Mailly défend le protocole d’accord interprofessionnel conclut le 28 mars sur l’assurance chomage et s’inquiète des conceptions étatistes de  M. Macron  : « Comme toujours dans ce genre de négociation, il faut parvenir à un compromis. Je pense que nous sommes parvenus à un équilibre, ce qui explique notre signature. Prenons les points les plus délicats. Les seniors d'abord, je rappelle que le patronat voulait mettre la barre très haut, en montant de 50 à 59 ans l'âge nécessaire pour percevoir un maximum de 36 mois d'indemnités. C'était inacceptable. Au final, les seniors de 50 à 52 ans seront indemnisés 24 mois, mais six mois supplémentaires s'ils suivent une formation. Ceux de 53 à et 54 ans auront droit à 30 mois, plus six mois en cas de formation. Et à compter de 55 ans, les 36 mois sont maintenus. Sur les contrats courts, nous avons obtenu le maintien de la surcotisation de 0,5% sur les CDD d'usage durant dix-huit mois. Et avec l'augmentation de 0,05% de la cotisation patronale d'assurance chômage, 270 millions d'euros vont entrer dans les caisses de l'Unedic chaque année. Surtout, d'un point de vue plus politique, nous avons montré que la gestion par les partenaires sociaux ça fonctionne, alors que, certains veulent remettre en cause le paritarisme. »
Justement, que pensez-vous du projet d'Emmanuel Macron de faire directement gérer l'assurance chômage par l'Etat ?
Je suis en désaccord complet avec Macron sur ce point. Il veut passer au-dessus de la démocratie sociale. En vérité, Macron ne s'intéresse pas à l'assurance chômage, ce qui le préoccupe, c'est la dette du régime. Macron a un calendrier calé sur les élections allemandes. Il veut montrer à l'Allemagne que la France va mener des réformes structurelles et budgétaires. La dette de l'Unedic étant prise en compte dans le déficit public, tel qu'il a été défini par le traité de Maastricht, il va sabrer dans l'assurance chômage pour que la France repasse sous la barre des 3% de déficit. Il trouve donc que, actuellement, les partenaires sociaux ne font pas assez d'efforts. Mais j'attends de voir. En tout cas, l'attitude de Macron me conforte dans mon idée que le libéralisme économique conduit à l'autoritarisme social.
Et alors ? Vous leur avez indiqué quelles étaient, pour FO, les lignes jaunes à ne pas franchir ?
Exactement, tant sur la méthode et le calendrier que sur le fond des dossiers. Il est insupportable que certains, tel François Fillon, voire Emmanuel Macron, envisagent de recourir aux ordonnances pour passer en force et vite sur les questions sociales.

CFE-CGC : « le dialogue social ça marche,  les dirigeants politiques ne respectent pas le partenariat avec les partenaires sociaux « 

Ajoutons à cela les fortes critiques de la CFE-CGC…contre le programme de M. Fillon, mais qui visent aussi M Macron. M. Hommeril (CFE-CGC)  a souligné que 30.000 accords étaient signés chaque année en entreprise entre les directions et les syndicats. "M. Fillon, allez réviser vos chiffres! Le dialogue social ça marche en entreprise!". Dans son programme, M. Fillon propose de "modifier les règles du dialogue social", notamment en donnant "le dernier mot aux salariés grâce au référendum d'entreprise"; en instituant la liberté de candidature au premier tour des élections professionnelles; en relevant les seuils sociaux et, pour les représentants du personnel, limiter le temps consacré à l'exercice des mandats à 50% du temps de travail : « M. Hommeril rétorque : « Pour développer l'activité syndicale, on ne peut pas se permettre d'être un amateur. On doit avoir un souci de professionnalisme, sinon on est à côté de la plaque et on n'est pas très utile » et il se montre très véhément quand il parle des « dirigeants politiques qui ne respectent pas le partenariat avec les partenaires sociaux ».




lundi 27 mars 2017

Du corporatisme judiciaire à la tyrannie (3)

L’interférence de la justice dans les affaires politiques

Dans deux blogs précédents, j’ai évoqué la qualité douteuse de la justice rendue en France,  le droit que les juges s’accordent de ne pas respecter les lois, en l’occurrence de bioéthique, leur refus d’être mis en cause et de rendre des comptes au peuple français, au nom duquel pourtant la justice est censément rendue. Et ceci, au nom bien sûr de l’indépendance de la justice, en réalité d’un corporatisme qui devient insupportable et tyrannique. Et la colère que suscite ainsi, d’Outreau à Jacqueline Sauvage, des jugements contradictoires à propos des salariés uberisés à la main que prête la justice à la politique de harcèlement d’organisations tels le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)

Je vais dans ce dernier blog évoquer le problème délicat de l’interférence  de la justice dans les affaires politiques. Pour commencer, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Georges Bensoussan poursuivi par le CCIF pour avoir dénoncé l’antisémitisme dans certains milieux musulmans français, désavouant ainsi un procureur complice des censeurs, de ce qu’Alain Finkielkraut avait appelé « une catastrophe intellectuelle et morale.» et qui avait requis 1500 € d'amende à l'encontre de l'historien- au nom du peuple français, donc du mien. Eh bien je dis et je maintiens que le pouvoir politique a le droit, et même le devoir d’assurer la liberté d’expression, et donc de donner des instructions pour refuser d’engager des poursuites dans des cas comme celui-ci. Et que ce procureur, digne successeur de Mornet, devrait être sanctionné.

La justice française contre la liberté d’expression

En décembre 2015, Marine le Pen, en réponse à des propos de Jean-Jacques Bourdin comparant le Front National et Daech (parlant de « liens » et de « communauté d’esprit ») avait diffusé trois photos d'exactions commises par Daech, dont celles sur le journaliste américain James Foley et un pilote de l'armée de l'air de Jordanie, sans avertissement et sans masquer certaines zones des images avec le commentaire suivant : «Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement, il est temps que cela cesse ». La justice française a décidé de la poursuivre et a demandé et obtenu la levée de son immunité au Parlement Européen- Dimitrios Papadimoulis (GUE, extrême gauche) présidait les débats au Parlement Européen.
Eh bien, je dis que cette inculpation et ces poursuites, quoi que l’on pense de Marine Le Pen, constituent une atteinte grave à la liberté d’expression et sont inacceptables et scélérates.
Pour en rester avec la famille Le Pen, je dois dire que j’ai même du mal à trouver acceptable la dernière condamnation de Jean-Marie Le Pen à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir déclaré : « En France du moins, l’Occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. »  La Cour Européenne des Droits de l’Homme a estimé que « la décision des tribunaux français s’est certes traduite par une ingérence dans la liberté d’expression » de M. Le Pen, mais celle-ci n’était pas « disproportionnée ». « Les juridictions nationales ont condamné le requérant à l’issue d’une analyse méthodique et approfondie des propos incriminés, en relevant que ceux-ci étaient loin de se limiter à une critique constructive mais tendaient en réalité à réhabiliter une organisation criminelle ».
Autrement dit, premièrement, la justice française oblige à considérer que « l’Occupation en France a été particulièrement inhumaine », sans doute plus qu’aux Pays-Bas, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Ukraine, en Russie… C’est non seulement faux, mais scandaleusement injurieux pour les victimes de ces pays. Et deuxièmement, on est condamné non pour ce qu’on dit réellement, mais pour ce que le tribunal suppose que l’on pense. Cette justice est dangereuse et inacceptable.
Passons à l’autre bout du spectre politique. Le tribunal de Boulogne sur Mer a, comme mesure provisoire, interdit à un certain Mathieu,  actif auprès des réfugiés de la «jungle» de Calais, qui aurait aidé des migrants à traverser la Manche en canot pneumatique une « interdiction d'entrer en contact avec «tous journalistes »
Le contrôle judiciaire permet au juge d'instruction d’imposer des obligations ou des restrictions aux mis en examen, par exemple, ne pas quitter une zone délimitée ou ne pas entrer en contact avec certaines personnes en lien avec la procédure. Que je sache, ce n’est pas le cas des journalistes !  Il s’agit donc là d’un abus de pouvoir, pour ne pas dire d’une forfaiture. Et pourtant, malgré la contestation de Mathieu, la décision du juge d’instruction a été confirmée. Et pourquoi pas, puisque nous sommes en tyrannie judicaire.

Affaire Fillon : quel est le pire danger pour la démocratie ?

Difficile évidemment de ne pas terminer par les affaires qui animent fâcheusement cette campagne politique.  Avec un peu de recul, on peut constater qu’on est loin des millions d’argent carrément très sale ( Chirac, Balladur) ou illégal (Sarkozy) qui ont déferlé sur les campagnes électorales précédentes. Quelle que soit la réalité des faits, j’ai du mal à croire que le Parquet Financier n’a pas de dossiers plus importants à traiter et l’on peut s’étonner d’une célérité assez inhabituelle. Tout cela ressemble quand même fortement à une volonté des magistrats de se payer des politiques.
Dans une tribune récente, Jean-Pierre Chevènement s’est déclaré «inquiet pour l'avenir de la démocratie» alors que la justice refuse de s'imposer une trêve électorale. Dénonçant la judiciarisation de  l’espace public, il affirme : « la république, c'est d'abord le suffrage universel et la sérénité avec laquelle les citoyens doivent pouvoir s'exprime ».
Disons-le autrement : la séparation  des pouvoirs, c’est aussi le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif non soumis pour leur mission propres au pouvoir judiciaire. Il serait temps de s’en souvenir.


La justice française à force de corporatisme, d’ arrogance  de refus de rendre des comptes devient inacceptable .  Deux solutions possibles :  1) que Le Conseil Supérieur de la Magistrature ne soient pas composés de magistrat mais de représentants désignés par l’Assemblée Nationale, le Sénat et la Présidence de la République pour un mandat donné, de façon à ce que les juges ne soient pas jugés par leurs pairs exclusivement 2) A défaut, ou peut-être en sus, que comme aux USA ou en Suisse, les juges soient élus.(cf  le blog d Aurane Reihanian sur Huffington Post)


mardi 21 février 2017

Perplexités politiques et présidentielles : 2) dangers imminents : l’écrasement des classes moyennes fait naître des monstres politiques.

Taxer l’immobilier- ISF, impôt sur le patrimoine et loyers fictifs

Dans un premier blog consacré à ce sujet je m’inquiétais de la mauvaise qualité des émission politiques, type la Grande Emission, qui ne permettent pas un vrai débat mais l’opposition de vérités alternatives, et qui par mépris, insuffisance ou manque de travail des journalistes ne permettent pas de mettre en évidence les immenses failles d’une Marine Le Pen bien rompue à l’exercice médiatique.
Je souhaiterais ici mentionner un autre sujet d’inquiétude qui est, me semble-t-il que des candidats comme Macron ou Hamon n’ont pas tiré les conséquences d’autres élections inquiétantes, qui est que l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques.

Ainsi, nous avons entendu Hamon dire qu’il allait financer son revenu universel par une fiscalité sur le patrimoine ; et Macron expliquer que, pour le salut de l’économie française, il fallait supprimer l’ISF sur les actions pour en faire un impôt portant uniquement  sur la « rente immobilière » – ce qui sous-tend son aggravation pour les propriétaires immobiliers. Ce ne devrait d’ailleurs pas être une surprise, car Macron s’était déjà déclaré intéressé par une invention diabolique de Bercy, celle d’un impôt taxant la propriété immobilière sur des revenus fictifs qu’elle pourrait générer ; ainsi, si vous êtres propriétaires habitant, vous serez imposé sur les loyers que vous pourriez toucher de la location de votre habitation, au motif que l’Etat n’a pas à favoriser la propriété par rapport à la location et que c’est un choix de vie individuel. Le genre de monstruosités qu‘on envoie comme ballon d’essai, et qui finit toujours par ressortir.

On comprend bien la logique derrière cela ; pour augmenter les impôts, on ne peut plus taxer la grande fortune et son patrimoine très mobile qui s’enfuit si facilement ; non il faut taxer le patrimoine qui ne peut pas fuir, celui des classes moyennes. Donc, les classes moyennes et leur aspiration à la propriété qui n’est pas, comme même l’avait compris Proudhon le vol, mais une des meilleurs garanties de liberté !

Et, effet,  pour Macron qui rêve de salariés ultra mobiles et précarisés, et pour Hamon qui surjoue l’animosité contre les propriétaires en pensant que ça fait de gauche ( au fait, n’est-il pas propriétaire lui-même ?), la taxation de l‘immobilier apparaît comme une bonne recette.  

Mais c’est aller contre les désirs de beaucoup de Français et c’est surtout oublier cette leçon politique très simple : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques. Qu’ils se méfient : les scores de Marine Le Pen au deuxième tour augmentent dangereusement. Macron par exemple serait sans doute un adversaire très à sa portée : le souvenir de la li travail et encore quelques déclarations comme « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. » et il se fera exploser.

Il y a pourtant besoin d’une forte politique d’investissement immobilier

Alors que tant de nos compatriotes sont mal ou pas du tout logés, que le droit au logement est une aimable plaisanterie, il y a un immense besoin d’encourager l’investissement immobilier. Ainsi, la différence entre les dépenses immobilières (emprunt ou location) contraintes des ménages en France et en Allemagne ont été longtemps signalées par les économistes comme un facteur très important et négatif pour l’économie française aux conséquences graves et multiples :  moins de croissance et de marge pour les autres dépenses, pression sur les salaires nominaux, éloignement des salariés de leur lieu de travail, augmentation des prix des loyers pour les entreprises…

Et il a aussi une incidence forte sur le chômage : selon une étude de Pôle Emploi de 2016, les difficultés d'accès au lieu de travail - et donc un trop grand éloignement du logement par rapport au site d'emploi - constituent un problème de recrutement dans 24% des cas ! Et aussi le prix des logements ou des locations celui des transactions immobilières en cas de déménagement.
Le mal logement résulte aussi du fait que les logements sociaux restent occupés par des salariés des classes moyennes qui ne parviennent plus à se loger de manière acceptable dans le parc privé.

Taxer et décourager la construction et l’investissement immobilier, décourager la propriété immobilière constitue non seulement un danger politique extrême, mais aussi une absurdité politique… d’autant que les emplois concernés sont largement locaux…

Donc ni Macron, ni Hamon !
Alors qui , Un Fillon bien affaibli qui sera dans l’incapacité- tant mieux ! – de réaliser son programme ultra libéral ?

Bayrou ?