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samedi 20 août 2022

L’éolien off shore : 2) les effets environnementaux : atteintes aux paysages marins et à la biodiversité, les littoraux transformés en zones industrielles, 50 ans de protection du littoral jetés en pâture aux requins des ENR

Résumé : Les avis très critiques de la CSSPP, de la CNPN et de Sea Shepherd sur les effets nocifs d’un développement massif de l’éolien off shore sur la préservation des paysages et de la biodiversité. Comment les débats sont nourris par les promoteurs de simulacres d’études d’insertion dans les paysages et des désillusions et de la colère qui s’ensuit lorsqu’apparaissent en plein champs des éoliennes censées rester invisible. « Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

1) Commission Supérieure des Sites, Perspectives et Paysages : le développement des projets éoliens offshore est disproportionné eu égard aux enjeux de préservation du patrimoine naturel et paysager

« La Commission supérieure des sites, perspectives et paysages s’inquiète du développement des projets éoliens offshore tels que proposés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, et du potentiel jusqu’à 57 GW suite aux propositions de la Commission Européenne pour 2050, qu’elle juge disproportionnés eu égard aux enjeux de préservation du patrimoine naturel et paysager….

La Commission estime que la transition énergétique ne doit pas conduire à porter gravement atteinte au littoral français dont la valeur paysagère, artistique, mémorielle et touristique est au premier plan en Europe, sous peine de remettre en cause plus d’un siècle d’efforts constants de protection du littoral par l’Etat…

La Commission estime que les paysages littoraux se caractérisent par un rapport unique entre un trait de côte fini et un horizon marin infini, une harmonie du mariage entre la terre et la mer. En s’imposant entre les deux, les éoliennes en mer modifient radicalement la nature et la valeur de ces paysages maritimes, jusqu’alors non industrialisés. Visibles depuis la côte, nos eaux territoriales participent pleinement à la qualité de nos paysages terrestres côtiers. Les paysages marins et leur littoral, peints par les plus grands artistes tels Monet, Maufra, Moret, Gauguin, Turner, ont une valeur artistique, touristique et mémorielle inestimable…

La Commission considère que le développement de l’éolien en mer a un impact important sur le paysage, en raison de la taille des éoliennes, de leur mouvement et de l’absence d’écrans végétaux ou de reliefs contrairement aux paysages terrestres, qui les rendent visibles parfois jusqu’à 70 km… L’ensemble de ces éléments, le clignotement des éoliennes et, dans certains cas, les effets de reflets sur l’eau, peuvent entrainer une pollution visuelle et lumineuse, notamment nocturne. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

2) Académie des sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie des Sciences Morales et Politiques : des simulacres d’intégration plastique

« Pour obtenir le permis de construire, les entreprises responsables de l'implantation des éoliennes terrestres et littorales sur une commune sont pourtant tenues de présenter une étude paysagère. Cette dernière n'est qu'un simulacre d'intégration plastique. Par conséquent, il n'est pas étonnant que se développe, chez les populations concernées, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié par une politique autoritaire dont le ressort leur apparaît avant tout idéologique. L'apparition de nombreuses associations de défense du paysage et l'intensité des débats en leur sein témoignent de cette résistance grandissante à l'implantation des éoliennes »

« L'implantation des éoliennes suppose un sacrifice considérable et généralisé à toute la population. Au vu des conséquences, la décision de leur implantation est d’une responsabilité énorme et ne peut être prise qu’avec la certitude absolue de son bien-fondé. Face au sacrifice consenti ce serait une faute impardonnable de la part de nos décideurs que de nous obliger dans quelques années à assister partout en France aux spectacles désolant de champs d’éoliennes abandonnés parce qu’inutiles ou non rentables. Tel risque d'être le paysage que nous laisserons aux générations futures. »

https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

De nombreuses associations ont appris à se méfier et travaillent sur cette question des « simulacres » d’intégration plastique, soit des photomontages trafiqués de manière à minimiser l’empreinte des éoliennes. Ainsi, l’association Les Gardiens du Large a fait un travail remarquable sur  les côtes de Belle-Île, Quiberon et Groix qui peut être retrouvé sur le site des Gardiens du Large (https://www.gardiensdularge.org/page-vierge)


Mais lorsque les gens ont été trompés, et qu’ils le découvrent, c’est trop tard !

Des éoliennes à 20km des côtes, on les voit… et c’est trop tard

La construction du parc de dit de Saint-Nazaire a constitué de ce point de vue un électrochoc pédagogique. Le parc  dit de Saint-Nazaire » (mais en fait plus proche du Croisic et de Hoëdic que de Saint Nazaire !) comprendra 80 éoliennes hautes de 180 m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan. La zone occupée (accès interdit) correspond en gros à la surface de Belle-Île. Pour mémoire, le point culminant de Belle-Île s'élève à 70 mètres !


Le 26 juillet, alors que les trois quarts des éoliennes étaient en place,  L’Echo de la Presqu’île et de Saint- Nazaire titrait : Eoliennes en Mer, le choc visuel !



Les déclarations des maires interrogés témoignaient d’une sorte de sidération et d’indignation :


Michelle Quellard, maire du Croisic: « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2 et celui du Pouliguen de 22 km2. Marie-Catherine Lehuede, maire de Batz-sur-Mer: « Il y a un sujet qui me met en colère, celui du parc éolien... Les éoliennes qui ne devaient être à peine perceptibles sont aujourd’hui trop visibles de la côte. En tant que citoyens batziens, nous sommes tristes de voir la ligne d’horizon dénaturée sur l’ensemble de notre littorale »

Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet: « À l’époque, on m’a toujours dit qu’elles seraient de la taille d’une allumette. Il y a un phénomène qui est dingue : comme pour le phare de la Banche, il y a des jours où on ne les voit pas même quand il fait beau et d’autres jours, on a l’impression qu’elles sont juste en face de nous »

Lorsque la tromperie a été érigée en système et appuyée par le autorités officielles, il sera vain ensuite de déplorer la colère qu’elle aura engendré !

 

3) Commission Nationale de Protection de la Nature : L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité  paraît difficile voire impossible à atteindre

«  La CNPN s’est interrogée  sur les conséquences sur la biodiversité et les paysages que pourrait représenter le fort développement de l’énergie offshore souhaité par la Commission Européenne dans sa Stratégie de l’Union Européenne sur les énergies renouvelables en mer annoncée le 19 novembre 2020. En effet, son objectif vise à multiplier considérablement l’énergie offshore dans la Communauté Européenne d’ici 2050 pour atteindre 300 GW en éolien (contre 12 GW actuellement) et 40 GW d’énergie océanique (ex. marémotrices, houle), soit une multiplication par cinq du parc éolien offshore européen actuel d’ici 2030 et par 25 d’ici 2050.

Ces projections vont bien au-delà de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) française révisée le 21 avril 2020. Celle-ci n’envisageait d’ici 2028 qu’environ 15 GW, soit au moins une trentaine de parcs éoliens offshore équivalant à celui de St-Brieuc..

L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »

Les impacts potentiels sur la biodiversité représentés par le développement de l’éolien offshore en France, tel que prévu par la PPE de 2020 (révisable en 2023) et de l’objectif fixé par la C.E. en 2020 pour l’horizon 2030 et 2050 pouvant aller jusqu’à 57 GW ou 62 GW, peuvent être très importants sur la biodiversité marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices ou locales par mortalité ou perte d’habitat (par évitement des parcs), sur les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur les habitats marins et espèces les composant, notamment les poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et chimiques… Nos connaissances des impacts potentiels restent très partielles et un volet d’études important est nécessaire pour mieux appréhender les particularités des trois façades maritimes françaises… 

La description et l’évaluation de la démarche administrative de planification de l’éolien offshore jusqu’ici conduite en France… ont privilégié les activités socio-économiques sans prendre réellement en compte la biodiversité, pourtant prioritaire au titre des Directives Oiseaux et Habitats, et de la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 renforçant la démarche « Eviter, Réduire, Compenser » (ERC) dans l’objectif, notamment, de zéro perte de biodiversité, que le CNPN est tenu d’apprécier dans ses avis sur les dossiers d’aménagement qui lui sont soumis….

Le  développement des EMR (Energies Marines Renouvelables) a jusqu'ici échoué à intégrer développement économique, transition énergétique et préservation de l'environnement dans une démarche vertueuse…

 Contrairement à certains pays européens où la biodiversité est prise en compte en amont dans le choix des localisations de parcs, comme l’Allemagne, ce n’est pas le cas jusqu’à présent en France où ce choix s’est fait en fonction des contraintes socio-économiques ou militaires, la démarche ERC (Eviter, Réduire, Compenser)  ne s’effectuant que trop tardivement lors des études d’impacts et de demande de dérogations espèces protégées intervenant in fine par les porteurs de projets éoliens privés. La possibilité de trouver les zones les moins impactantes se trouve fortement réduite au sein des macro-zones qui leur sont imposées, et la réduction des impacts sur la biodiversité n’est pas leur priorité. »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

4) Le caractère tardif et quelque peu subsidiaire des études de biodiversité a notamment été bien mis en évidence lors du débat  EOS  (Eoliennes Flottantes en Méditerranée) :

« La  Camargue est un haut lieu à la fois de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux .  Conscient de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la « caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres et l’avifaune marine. »

Ce programme est porté par l’Office Français de la Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels. Un seul problème : les résultats sont attendus en 2024-2025, et le choix de la localisation doit avoir lieu en 2023, le gouvernement ayant refusé toute idée de moratoire pourtant nettement plébiscitée par le  débat.

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

S’il fallait une preuve supplémentaire de la prise en compte de plus en plus légère de la biodiversité, on pourra le trouver dans l’article 24 des  recommandations de la Commission Européenne relatives à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables. La rédaction particulièrement alambiquée laisse peu de doute : tant pis pour les dégâts sur des espèces protégées, on compense autant que possible

« Les États membres devraient veiller à ce que la mise à mort ou la perturbation d’espèces données d’oiseaux sauvages et d’espèces protégées au titre de la directive 92/43/CEE du Conseil 12  ne fasse pas obstacle au développement de projets dans le domaine des énergies renouvelables, en exigeant que ces projets intègrent, le cas échéant, des mesures d’atténuation visant à prévenir efficacement et autant que possible la mise à mort ou la perturbation, en assurant le suivi de leur efficacité et, à la lumière des informations obtenues dans le cadre du suivi, en prenant les mesures supplémentaires qui s’imposent pour éviter toute incidence négative significative sur la population des espèces concernées. »

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=PI_COM:C(2022)3219&from=EN

5) Le cas des Zones Natura 2000 : une exception française !

« Si NATURA 2000 n’interdit pas les éoliennes et autres utilisations d’énergies renouvelables par principe, comme aucune activité socio-économique au demeurant, l’examen au cas par cas des projets d’éoliennes dans les zones NATURA 2000 doit prouver qu’elles n’ont pas d’effets contraires au principe de protection de la biodiversité qui a justifié leur classement…

La transgression de ce principe de non installation de parcs éoliens en zones NATURA 2000 par la France (à notre connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en Allemagne) et d’absence d’étude d’incidence préalable au niveau des macro-zones, contredisent toutes les positions ministérielles antérieures au ministère Ségolène Royal. Trois projets de parcs sont en infraction à ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône (face à la Camargue) et le projet d’Oléron »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

6) Méconnaissance des effets environnementaux des grands parcs éoliens, en particulier off shore

Effets sur les courants, les vents, la composition des eaux et le climat

« Il est nécessaire d’élaborer des programmes de grande ampleur, faisant appel aux nouvelles méthodes de suivi des déplacements des animaux aériens comme marins afin de mieux comprendre l’impact possible des parcs éoliens, en fonction de leur localisation, de leur envergure et des conditions environnementales. Une attention particulière devra être apportée aux modifications des courants marins et des mouvements d’air générées par l’implantation de parcs éoliens de grande envergure….

La modification de la force des vents en aval des éoliennes peut avoir des effets insoupçonnés sur les équilibres atmosphériques (en induisant des sécheresse locales) ou des modifications des courants marins sur plusieurs dizaines de kilomètres. »

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/22_02_24_eoliennes.pdf

« D’ores et déjà, la production d’énergie renouvelable en mer du Nord a des impacts substantiels sur les conditions atmosphériques locales , et ces effets continueront d’augmenter à l’avenir. Les données indiquent que les parcs offshore peuvent avoir un impact sur les animaux marins et peuvent soulever des préoccupations environnementales et climatiques. Étant donné que l’énergie éolienne est l’un des principaux facteurs modulant la productivité et la structure de l’écosystème, les parcs éoliens ont le potentiel de devenir des facteurs écosystémiques dominants et doivent être pris en compte pour la gestion de l’écosystème et l’évaluation des pêches….En outre, les sillages atmosphériques peuvent induire des réponses océaniques en modifiant la rugosité de la surface de la mer, la stabilité atmosphérique et les flux de chaleur, et ont donc un potentiel d’impact sur  le climat local qui nécessite des recherches  plus approfondies »

Accelerating deployment of offshore wind energy alter wind climate and reduce future power generation potentials, Helmholtz-Zentrum Hereon

https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3, Naveed Akhtar et al. 

« Un trop grand nombre de turbines placées trop près les unes des autres peut perturber de manière importante la marche naturelle du vent en l'affaiblissant de manière très sensible. Cet effet de freinage pourrait se faire ressentir jusqu'à 35 ou 40 kilomètres autour d'une ferme éolienne offshore –voire jusqu'à 100 kilomètres dans certaines configurations. »

(https://www.sciencedaily.com/releases/2021/06/210603171247.htm) 

Norcowe (Norwegian Centre for Offshore Wind Energy)  s’est particulièrement intéressé à l’effet de sillage dans les parcs éoliens offshore et la disposition des machines en mer. Selon l’étude menée par Unicomputing, les méga parcs éoliens auraient la même influence sur l’environnement et la trajectoire des vents que de petites montagnes. »

https://www.energiesdelamer.eu/2011/10/24/49norcowe-incidence-atmospherique-des-mega-parcs-eoliens-en-mer/

Effets électromagnétiques : 

« Les interférences électromagnétiques et l’augmentation de la température des parcs éoliens offshore  dépendent d’un réseau intensif de câbles électriques pour transférer l’énergie entre les appareils, aux transformateurs et au continent. Les champs électromagnétiques (CEM) qui en résulteront seront d’une intensité similaire à celle de la Terre à proximité des câbles, et pourraient donc affecter des espèces magnétosensibles telles que les poissons osseux, les élasmobranches, les mammifères marins et les tortues de mer ;

Les CEM (champs électromagnétiques) pourraient également affecter les animaux qui utilisent des indices géomagnétiques pendant la migration.  Par exemple, on a vu des anguilles réagir aux CEM en se détournant de leur route de migration . Les élasmobranches benthiques répondent également aux CEM émis par les câbles sous-marins. En ce qui concerne l’impact direct des CEM sur la santé animale, on sait peu de choses avec certitude à l’heure actuelle. Comme l’ont souligné Lovich et Ennen, les perceptions des différents évaluateurs vont de « mineur » à majeur »

De plus, on prévoit que la production d’électricité par les parcs éoliens offshore  augmentera la température dans les sédiments et l’eau environnants. Cet effet thermique se limitera peut-être à une augmentation de la température à quelques centimètres du câble et peut, en soi, ne pas être un facteur de stress majeur pour les communautés benthiques, mais en combinaison d’autres facteurs de stress pourrait prendre de l’importance »

Wind energy: Increasing deployment, rising environmental concerns.Renew. Sustain. Energy Rev. 31, 270–288 (2014). (Tabassum, A et al, Pondicherry University)

Enfin, rappelons que lorsque  mi aout 2022, un  beluga a été retrouvé piégé dans la Seine dans une écluse à 70 km de Paris, des scientifiques ont pointé la responsabilité possible de l’insdustrialisation de la mer et des éoliennes :

« Le trafic maritime ainsi que la construction d’un champ d’éoliennes offshore au large des côtes normandes ont été pointés du doigt par les associations. Ces activités provoquent une pollution sonore importante qui peut désorienter ces animaux se repérant beaucoup grâce à leur sonar. «C’est une hypothèse plausible, juge Fabrice Schnoller. Mais elle ne suffit pas. Car la première des questions est de savoir pourquoi il s’est retrouvé au large du Havre, loin des eaux du cercle arctique, dans lesquelles il a l’habitude d’évoluer.» «Ce béluga s’est perdu une première fois quand il est entré dans les eaux du nord de l’Europe, aux alentours du Danemark et de la Norvège, analyse Hervé Glotin, chercheur en bioacoustique marine à l’université de Toulon. C’est une zone où l’on trouve une forte activité sous-marine liée à l’extraction du gaz, et avec de nombreuses éoliennes offshore. Il est possible que le béluga ait subi une perte d’audition qui l’aurait désorienté »

https://www.lefigaro.fr/sciences/beaucoup-de-mysteres-autour-de-la-presence-du-beluga-dans-la-seine-20220809

7) Sea Shepherd- Vent de Colère : il est urgent d’établir un moratoire 

 « La France est le deuxième plus grand espace maritime mondial. Seul pays présent sur tous les océans de la planète, elle a en matière de protection de la biodiversité marine une responsabilité planétaire qui devrait l’inciter à être exemplaire. Déjà loin de l’être…, elle est sur le point de franchir un cap supplémentaire avec les 7 projets de centrales éoliennes autorisés le long de la façade Atlantique et Manche Mer du Nord. S’estimant en retard dans la course à l’armement éolien maritime, le gouvernement français a accordé à des promoteurs éoliens et des fonds de pension étrangers les plus beaux sites naturels de son littoral et a autorisé des projets d’usines dont l’impact va être colossal, impossible à compenser et irréversible pour la biodiversité marine, première régulatrice du climat, première productrice d’oxygène et premier puits de carbone de la planète….

La France, dont les 3 façades maritimes représentent un enjeu fondamental pour la survie des oiseaux et mammifères marins en Europe, est à la traine et n’a pas pris les mesures mises en place dans d’autres pays, pourtant d’importance moindre pour la biodiversité, afin de s’assurer que ses ambitions énergétiques ne mettent pas en péril les populations marines. C’est particulièrement inquiétant, car la politique gouvernementale est irresponsable et indigne de notre rang de grande puissance maritime mondiale qui voudrait que nous montrions l’exemple. Nous ne sommes pas à la hauteur des responsabilités qui nous incombent et les conséquences vont être cataclysmiques : elles vont s’étendre bien au-delà de nos frontières et nous devrons en répondre devant les générations futures. Il est urgent d’établir un moratoire sur tous ces projets mortifères pour leur imposer les limites nécessaires, car la lutte contre le changement climatique ne peut pas se faire au détriment de la protection de la biodiversité. »

https://newsletters.seashepherd.fr/images/septembre_2021/PROJET_FRANCAIS_D_USINES_EOLIENNES_EN_MER_-_UNE_BOMBE_A_RETARDEMENT_ECOLOGIQUE.pdf

8) S’ éloigner des côtes

La difficulté de l’éolien offshore en France a été reconnue par la Commission européenne  qui a validé les tarifs de rachat  élevés accordés aux parcs Française d’éolien posé (131- 155 MWh) les justifiant ainsi :

« Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises, des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux) ».

En fait, la structure particulière des côtes françaises impose dans la plupart des cas le passage à l’éolien off shore flottant, qui normalement permettrait de s’éloigner davantage des côtes :

« On ne comprend pas pourquoi tous les parcs actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles de la côte, à une distance de 10 à 20 km de celles-ci. S’éloigner des côtes (notamment avec l’éolien flottant) est une nécessité pour plusieurs raisons, dont l'impact majeur sur les oiseaux et les chauves-souris, mais seulement jusqu’à une certaine distance pour ne pas impacter les cétacés qui se trouvent surtout plus au large...la grande majorité des éoliennes offshore actuellement déployées en Europe sont dispersées sur de grandes surfaces en Mer du Nord avec une distance moyenne à la côte de 41 km »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

« Certains membres de la Commission remarquent que malheureusement le choix final de la « zone ministre » pour lancer l’appel d’offre notamment en Bretagne sud est encore trop près des côtes, alors que la technologie de l’appel d’offre concerne l’éolien flottant et que la macro-zone s’ouvrait bien plus au large. Pourtant dès les premiers débats publics, l’enjeu paysager a été au cœur des échanges, et a cristallisé les oppositions et les principaux recours juridiques. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

Lors du débat EOS un expert de la société Technip Energies  expliquait ainsi :

«  On a les techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités maritimes davantage concentrées sur la frange littorale… Nous avons au Mexique installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous considérons comme acquise » (Technip Energies)

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

Ce programme éolien massif est inutile à court terme car ne permettant pas de suppléer au manque d’électricité pilotable et de résoudre le problème des pointes électriques de consommations. Prétendre miser sur l’éolien à long terme pour décarboner l’électricité et sortir des fossiles est au niveau stratégique un peu l’équivalent de se jeter à l’eau pour éviter d’être mouillé, comme le prouve tragiquement l’Energiewende. Ce programme éolien off shore dégraderait définitivement les plus beaux sites naturels de notre littoral, avec des effets irréversibles, impossibles à compenser sur l’environnement marin et sa biodiversité.

Et, en ce qui concerne plus spécifiquement Bretagne Sud, rappelons cet avis exprimé par M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan : «Il s’agirait d’un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »


vendredi 25 février 2022

Eoliennes Flottantes Bretagne Sud : réunion publique d’information de Lorient (22 fev 2022)

1) Des réunions d’informations très descendantes et très cadrées, pas de débats

Compte-rendu  (à peu près objectif , en tous cas un peu moins favorable qu’on ne pouvait le craindre) dans Ouest France https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/morbihan-un-voile-se-leve-sur-l-eolien-flottant-en-bretagne-sud-40ba0098-93e5-11ec-a4ce-5df62ce0a652

NB : Deux autres réunions auront lieu À Belle-Île le 2 mars puis à Groix le 9 mars.

Ce dont ne rend pas compte  l’article de Ouest France, c’est l’atmosphère de bulldozer que donne l’aéropage d’officiels tous favorables au projet, Préfet, représentants de RTE,  du ministère dit de l’environnement , de la Région Bretagne, Maire de Lorient, des porteurs de projets qui déroulent leur argumentaire sans faillir, en donnant certes la parole à quelques questions, mais sans vraiment y répondre en balayant les objections,  laissant bien entendre que de toute façon le projet doit se faire.

L’animateur de la CNDP (Commission Nationale du Débat public)  se soucie surtout qu’il n’y ait pas trop de débat, ni de vagues, laisse les « officiels » dérouler leur argumentaire sans relever leurs mensonges ni les confronter aux objections exprimées lors du débat  public dans les réunions ou sur la plate-forme internet…et de publier et défendre la position maison de la CNDP sur la nécessité d‘organiser un grand débat sur l’ensemble de la politique énergétique.

Très désagréable également l’atmosphére de culpabilisation sur le thème mille fois entendu « la Bretagne (qui a refusé le nucléaire) doit être autonome énergétiquement », le chantage aux « emplois qu’on ne peut pas refuser », même si cela doit un peu enlaidir l’environnement,  avec un commentaire assez indécent sur le contexte de l’actualité Russie-Ukraine (alors que justement le développement de l’éolien implique, en raison de son intermittence, un recours accru au gaz, cf. l’Allemagne, et sans parler des problèmes géostratégiques que poses les terres rares des aimants permanents ou le cuivre dont la demande explose.

Et il y a plus désagréable encore, l’impression d’être pris pour des idiots parfaits sur certaines questions, comme lorsqu’il est affirmé par plusieurs des animateurs que tout sera fait pour que les pêcheurs puissent pêcher dans le parc.

Ou encore lorsqu’est répétée à satiété que la France, et la Bretagne tout particulièrement dispose d’un vaste et productif gisement éolien qui doit être exploité…

Pas en mer, en tous cas ;  la France a des systèmes côtiers plus compliqués et beaucoup moins propices  que les sites peu profonds et souvent sableux de la Mer du Nord et de la Baltique, ce qui contraint à recourir à de l’éolien flottant et non posé, beaucoup plus cher et technologiquement pas encore mature.  Ceci a été même reconnu par la Commission européenne.

Ou lorsque le représentant de la CNDP admet que les photomontages établis par Geophom et publiés sur le site de la consultation, préparés en accord avec les porteurs du projet n’avaient rien de réalistes, ce qu’avait déjà établi en y passant beaucoup de temps M. Gildas Gouarin ( Les Gardiens du Large) cf. https://participons.debatpublic.fr/processes/eolbretsud/f/98/questions/5018


Ou lorsque le Préfet dans une dernière envolée lyrique explique que Belle-Île deviendra un hot spot de la transition énergétique attirant sur ce thème des touristes du monde entier, que la Tour Eiffel aussi  en son temps avait été aussi décriée parce qu’elle abimait la perspective parisienne, et que les éoliennes de Bretagne sud connaitraient le même succès.

Oui, enfin, là c’est de 60 tours Eiffel dont on parle, qui plus est en pleine nature ( et dans l’une des plus belles natures maritimes) bruyantes, polluantes et empêchant toute activité sur la zone qu’elles occupent.

Puisqu’il ne le fait pas, on peut rappeler la position de M.François Goulard, l’ancien Président du Conseil Général du Morbihan : «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé ». Evidemment aucune allusion n’y a été faite, aucun représentant du Conseil Général du Morbihan n’était à la tribune.

Il a été rappelé que le débat organisé par la CNDP avait permis de mettre en évidence « trois révélations majeures : une forme de sous-estimation de l’opposition au projet et de son impact visuel, la difficulté, aussi, à définir une zone consensuelle suffisante pour accueillir des deux projets éoliens ».

Lors de cette seconde phase, il est clair que ces « révélations majeures » ne sont absolument pas prises en compte…

C’est de ça qu’on parle



2) Les points principaux abordés et quelques commentaires

2a) la localisation du projet : 15 et 18 km des côtes de Groix, Belle île et Quiberon »

Au moins la réunion a permis d’apporte à une question claire, une réponse claire : « Un premier parc de 15 à 20 éoliennes flottantes à l’horizon 2028-2030 ; un deuxième d’une capacité doublée (500 mégawatts) opérationnel dans la foulée dans cette même zone de 50 km², délimitée entre 15 et 18 km des côtes de Groix, Belle île et Quiberon »

Et en plus, à la réponse, pourquoi pas plus loin ?, cet aveu franc et cynique de Fabrice Loher, le maire de Lorient : « D’où l’importance d’une implantation à moins de douze miles nautiques du littoral morbihannais – au-delà, les plateformes sont considérées comme des navires – afin que nous bénéficiions de la taxe de l’éolien en mer. Et on nous a fait miroiter des sommes non négligeables  (NB apparemment, au-delà de 12 miles, c’est l’Etat qui touche les taxes…Et c’est ainsi que des maires sont disposés à sacrifier des paysages maritimes parmi les plus beaux !

Commentaire : Deux institutions se sont récemment penchées sur la localisation des parcs off shore français, la CNPN ( Commission Nationale de Protection de la Nature) et la CSSPP (Commission supérieure des sites, perspectives et paysages)

Commentaire de la CNPN : » On ne comprend pas pourquoi tous les parcs actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles de la côte, à une distance de 10 à 20 km de celles-ci. S’éloigner des côtes (notamment avec l’éolien flottant) est une nécessité pour plusieurs raisons, dont l'impact majeur sur les oiseaux et les chauves-souris, mais seulement jusqu’à une certaine distance pour ne pas impacter les cétacés qui se trouvent surtout plus au large...la grande majorité des éoliennes offshore actuellement déployées en Europe sont dispersées sur de grandes surfaces en Mer du Nord avec une distance moyenne à la côte de 41 km (et même 90 km pour le Hornsea park anglais)"

« Le  développement des EMR (Energies Marines Renouvelables) a jusqu'ici échoué à intégrer développement économique, transition énergétique et préservation de l'environnement dans une démarche vertueuse »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html

Commentaire de la CSSPP spécialement sur Bretagne Sud : « Certains membres de la Commission remarquent que malheureusement le choix final de la « zone ministre » pour lancer l’appel d’offre notamment en Bretagne sud est encore trop près des côtes, alors que la technologie de l’appel d’offre concerne l’éolien flottant et que la macro-zone s’ouvrait bien plus au large. Pourtant dès les premiers débats publics, l’enjeu paysager a été au cœur des échanges, et a cristallisé les oppositions et les principaux recours juridiques. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/des-environnementalistes-contre-leolien.html

NB1) : pour l’instant, le programme EOS d’éoliennes flottantes en Méditerranée prévoit encore la possibilité d’aller jusqu’à 60 km des côtes !

NB2) : Du débat sur les éoliennes flottantes en méditerranée, il semble que la loi sur les 12 miles soit en cours de modification plus favorable aux communes littorales. Il ya donc urgence à attendre !

Un point extrêmement important est celui de la connexion au réseau et de l’atterrage. La zone d’atterrage n’est pas encore défini, soit au nord de Lorient, soit au sud, entre Gavre et Etel. Le maire de Merlevenez s’est étonné avec beaucoup d’inquiétude de ce que les habitants et tout spécialement les agriculteurs n’avaient pas du tout été contactés et étaient peu informés ;  le représentant de RTE lui a répondu avec beaucoup de désinvolture que pour ce qui est des liaisons terrestres, RTE avait l‘habitude de traiter avec les agriculteurs…sauf que parfois, ça se passe très très mal…

2b) La question de la pêche : Pêcher au milieu des éoliennes !

Daniel Cueff, vice Président de la Région Bretagne, : « soucieux aussi de savoir comment la pêche sera partie prenante, il assure cependant que le parc n’aura aucun impact sur la ressource halieutique. »  Lors de la discussion il a été mentionné avec insistance l’effet réserve et l’effet récif, sans que cela fasse l’objet de la moindre contradiction. Les officiels à la tribune ont insisté sur le fait que tout serait fait pour que les pêcheurs puissent pêcher…dans le parc éolien (la zone industrielle éolienne)

Commentaire : là c’est se fiche carrément du monde. Il n’y a à ma connaissance aucun exemple de pêche dans un parc éolien au monde, aucun ! Pour ce qui est du chalutage, il est évident que la présence massive de câbles à haute tension l’empêche absolument !

Sur l’effet récif et l‘effet réserve, voici la conclusion de la CNDP qui exprime un cinsensus scientifique :

« Les structures immergées représentent un effet « récif », souvent mis en avant par les porteurs de projet, voire de concentration de poissons mais qui sont également des tremplins « relais spatialisés » pour le développement d’espèces exotiques invasives…

L’effet « récif « a été mis en avant en Mer du Nord,  relativement à la colonisation des structures immergées par des organismes filtreurs, qui attirent d’autres espèces en créant un milieu propre aux substrats durs. Mais la diversité baisse après une première phase d’installation, en raison de la compétition d’espèces invasives… L’effet récif ne peut pas être généralisé à des fonds marins rocheux. Ses effets sur les poissons, crustacés et mollusques peuvent être positifs en milieux sableux mais difficile à distinguer de l’effet réserve engendré simultanément par l’arrêt des prélèvements par la pêche. De plus, cet effet « réserve naturelle » est annulé par une pêche plus intensive autour des parcs ou contrainte de se reporter dans des zones sub-optimales auparavant peu utilisées »

Et enfin, la CNPN mentionne aussi la pollution locale générée notamment par les anodes sacrificielles: valeur typique : 39 tonnes de métaux divers dissous par an pour un parc de 60 éoliennes : pas sûr que quoi de comestible existe là-dedans !






2c) la question des emplois et des conflits d’usages de la mer

Tous les officiels ont insisté sur la création d’emplois… mais  sans la chiffrer. Pour Fabrice Loher,le maire de Lorient, les retombées économiques, fiscales et en emplois pour notre territoire justifieront ce déploiement​ et il pose » une ligne rouge : que la base de maintenance soit implantée au port de Lorient. »

Commentaire : toutes les questions sur les emplois perdus dans la pêche, le tourisme, le nautisme etc sont évacuées par les officiels

Les leçons d’un passé récent doivent être prises en compte, et notamment le fait que le promesses mirifiques d’emplois dans l’éolien se sont peu réalisées. « L’exemple du projet de Saint-Brieuc atteste en effet de l’écart entre les promesses de création d’emploi dans la phase de concertation préalable au projet et la faiblesse des retombées une fois le projet lancé. La Cour des Comptes a par ailleurs exprimé de fortes réserves sur la réalité du potentiel de développement de l’industrie française à l’export, considérant récemment que les objectifs industriels étaient devenus secondaires » (Cahier d’acteur n° 14 - Horizon Groisillon).

Et l’on ne parle pas des emplois perdus dans la pêche, le tourisme, les autres activités maritimes. Ni de la perte de valeur des propriétés en vue des éoliennes , du déclassement des gites, des sites, des hôtels, de la perte de fréquentation touristique : qui a envie de venir dans une zone naturelle superbe et protégée, comme entre Lorient, Groix et Belle-Île n’a pas envie de se retrouver face à une zone industrielle. Ces effets néfastes, qui vont jusqu’à le parte totale de valeur d’une propriété par impossibilité de la revendre sont bien connu pour l’éolien terrestre.

La question des emplois perdus dans la pêche est particulièrement cruciale : un emploi en mer génère trois emplois à terre. Sylvain Gallais, artisan pêcheur à Noirmoutier, confronté à la zone éolienne de Saint Nazaire devant la Commission Aubert : « Aujourd’hui nos zones de pêche diminuent toujours un peu plus, laissant place à l’industrialisation de la mer. Nous sommes aussi de plus en plus à partager un même espace de pêche. Nos zones de pêche se réduisent comme peau de chagrin avec la taille de nos bateaux et les quotas »

Enfin, l’effet des grands parc éoliens sur le climat local est totalement ignoré alors qu’il est de plus en plus documenté, notamment  en Allemagne. Ainsi, les scientifiques du Helmholtz-Zentrum Hereon ont montré qu’un  effet de freinage du vent  pouvait se faire ressentir jusqu'à 35 ou 40 kilomètres autour d'une ferme éolienne offshore –voire jusqu'à 100 kilomètres dans certaines configurations. Selon certaines études, un grand parc éolien serait l’équivalent d’une petite chaine de montagne !(Norcowe -Norwegian Centre for Offshore Wind Ennrgy). M Fabrice Loher, êtes-vous sûr que La Base de Lorient continuera à attirer les navigateurs du monde entier et même que l’activité nautique pourra y être maintenue.

2d) une technologie très chère et qui n’est pas mature ! Attendre le résulat des parcs pilotes !

La technologie de l’éolien off shore, n’est pas mature, c’est le constat que posait le Comité de Prospective de la  Cre dans un rapport récent : « à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ceci se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs »

En particulier, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. Les principaux architectes d’éolien offshore, Orsted et Vestas ont mis en garde contre les conditions difficiles dans les l’éolien  offshore après que les projets en Europe  ont souffert de la faible vitesse du vent, des retards de la chaîne d'approvisionnement et  des coûts. Oersted a récemment averti que ses 10 parcs offshore auront besoin de réparations urgentes, les câbles s’usant prématurément en raison du frottement contre le plancher rocheux…

On pourra aussi se reporter à un article récent du Monde (18 février 2022) : « Energie : « Tempête financière pour l’éolien en mer » : « Les leaders du secteur en Europe sont à la peine. Le métier est peu rentable, les prix explosent et les investisseurs sont méfiants »

Et en ce qui concerne plus spécifiquement la Bretagne, à cette déclaration de Naval group qui a mis fin à sa diversification dans les énergies marines renouvelables avec Naval Energies, « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »…

D’ailleurs la question du coût et du prix de l’ électricité générée  n’a pas été abordée. Voici ce que déclarait à ce sujet Eolfi, qui devait construire un parc pilote de trois éoliennes flottantes près de Groix : « Ce projet est un projet expérimental. C’est une première mondiale qui va bénéficier d’un tarif d’achat de l’électricité adapté à cette innovation et aux incertitudes. Ce tarif d’achat fera l’objet d’un arrêté lorsque les conditions de réalisation de l’appel à projet seront définies par l’ADEME et ses partenaires. Il se situera entre 200 et 250  € / kWh ». ( NB pour l’électricité conventionnelle, c’est plutôt entre 40 et 50, ce qui représente environ une multiplication par 5 du coût de l’électricité !!!)

Et encore, ce coût, grâce à un privilège spécial accordé à l’éolien flottant, n’intègre pas le coût du raccordement au réseau, qui peut être assez gigantesque ….

A quoi servent les projets pilotes ? Alors une question revient avec insistance dans tous les projets éoliens offshore, que ce soit dans le Nord, en Bretagne, en Méditerranée et que commente ainsi la CNDP : « Il a été demandé avec insistance de revenir au calendrier initialement prévu par l'État, à savoir construire d'abord les fermes pilotes et mener les programmes de recherche scientifique» afin de «prendre la meilleure décision à l'issue de ces travaux»

En effet, c’est le bon sens même…surtout quand on s’aperçoit que le projet pilote de Groix EOLFI de trois éoliennes s’est planté dans les grandes profondeurs et que l’on décide de foncer vers un projet de 60 éoliennes…

La martingale de l’hydrogène : Lorient transformé en Beyroutyh ou AZF

Trompetée par Fabrice Loher, décidément très en forme ! Lorient deviendra un gigantesque hub de l’hydrogène fabriqué à partir d’ENR.

La Cour des Comptes, la CRE, l’Académie des Sciences, l’Académie des technologies… ne cessent de mettre en garde contre l’enthousiasme tout à fait récent et démesuré sur l’hydrogène en raison de son coût, de ses difficultés d’emplois et de transport et de sa dangerosité qui en restreindront considérablement les usages.

Ainsi, la CRE et l’Académie des technologies préviennent que l’utilisation des ENR pour produire de l’hydrogène par électrolyse a un coût rédhibitoire…

« L’utilisation massive d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente (éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui obère considérablement les coûts »

La boucle power-to-hydrogen-to-power est caractérisée par un rendement de l’ordre de 40% au maximum ; un énergéticien parmi les plus respecté, Samuel Furfari, affirme que c’est l’équivalent de bruler des sacs Vuiton ! Dans son rapport Futurs Energétiques 2050, RTE a aussi douché considérablement l’enthousiasme :

« Des acteurs comme Agora Energiewende ou l’IDDRI suggèrent de concentrer dans un premier temps le développement de l’hydrogène sur des usages privilégiés dans l’industrie et indiquent par ailleurs que la construction d’un réseau d’hydrogène transeuropéen n’est pas la priorité. D’après ces acteurs, ce type d’infrastructures présente un risque de coûts échoués important, en l’absence de vision claire et consensuelle sur les projections de demande d’hydrogène… »

Et surtout sans vouloir remonter au Hindenburg, l’explosion récente (2019)  et spectaculaire d’une station service en Norvège a mis brutalement  fin à tout développement des véhicules légers à hydrogène ; idem pour l’explosion d’un laboratoire en Corée.

La plage d’explosivité se situe entre 4 et 75 % d’hydrogène dans l’air, un intervalle beaucoup plus large que pour le gaz naturel et qui peut être facilement atteint lors d’une fuite dans un milieu confiné.

Alors où M. Fabrice Loher entend-il place son hub à hydrogène ? Parce que, dans l’état actuel des techniques, c’est courir le risque très réel  de transformer Lorient en AZF ou pire, en Beyrouth . 

https://www.automobile-propre.com/explosion-dune-station-dhydrogene-en-norvege-premiers-resultats-de-lenquete/amp/

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20190523002800884