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mercredi 27 mars 2019

Chers amis allemands ; la défense européenne commune est mal partie


On se souvient des grands discours d’Emmanuel Macron sur la défense européenne, à l’occasion notamment de la commémoration du  11 novembre 1918 « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne […] Il faut nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis. » ; Et de leur réception plutôt froide : pour l’Allemagne et l’Espagne, « l’Otan reste pour l’Europe la première instance en matière de défense » ; pour la Suède et le Danemark…pas question d’Otan ni de défense européenne etc

Eh bien, même simplement dans le domaine du matériel militaire et de sa conception en commun, ça s’arrange pas du tout….

Pour relancer l’Europe de la défense, la France a choisi un partenaire privilégié, l’Allemagne, plutôt que le Royaume-Uni. Paris et Berlin lancent des programmes militaires structurants autant pour les armées que pour les industriels des deux pays : l’avion de combat successeur du Rafale et de l’Eurofighter, ainsi que le char lourd qui va remplacer les blindés Leclerc et Leopard.
Au vu des engagements financiers nécessaires, ces programmes ne pourront être viables sans l’exportation. C’est là que le bât blesse. Dès lors qu’un système d’armes contient un composant fabriqué sur son territoire, un pays peut s’opposer à son exportation. Et force est de constater que les positions des deux pays divergent. L’Allemagne se montre beaucoup plus restrictive, en particulier vers certaines destinations comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, depuis le conflit au Yémen.

Les industriels français en font les frais.

Comme l’a révélé le journal "La Tribune", Berlin bloque la vente des missiles air-air de MBDA, équipés d’un système de propulsion allemand. Selon le récent rapport de la commission des Affaires étrangères du Parlement, l’Allemagne a aussi interdit des exportations d’équipements français qui comportaient des composants allemands, y compris de nature "civile", comme des éléments de boîte de vitesses pour les blindés.
Et ceci au mépris de l’accord dit Debré-Schmidt signé en 1972, qui stipule qu’"aucun des deux gouvernements n’empêchera l’autre d’exporter ou de laisser exporter dans des pays tiers des matériels d’armement issus de développement ou de production menés en coopération".

Nicolas Industrie au bord de la faillite

Nicolas Industrie est au bord de la faillite. La PME située dans l'Yonne ne peut honorer une commande destinée à l'Arabie Saoudite en raison de la décision de l'Allemagne de ne plus exporter vers ce pays du Golfe. "Rien n'est trop grand ou trop difficile pour Nicolas Industrie" : une devise qui s'est heurtée durement à la realpolitik de l'Allemagne. Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de véhicules de transport lourd capables de tracter jusqu'à 15.000 tonnes dont les booster d'Ariane 5, est aujourd'hui au bord du gouffre. La direction de cette PME, située dans l'Yonne, a dû lancer un plan de restructuration supprimant 72 emplois sur 113. La production va s'arrêter et sera transférée vers l'Allemagne et l'Inde.

La double peine pour les employés de cette PME, qui ne peuvent honorer une commande vers l'Arabie Saoudite et dont la production est parallèlement délocalisée... en partie en Allemagne.
En effet ; et c’est très embêtant aussi pour l’indépendance de la France qui grâce à ces manœuvres allemandes perd des capacités industrielles critiques.

Comment en est-elle arrivée là ? Selon des sources concordantes, les graves difficultés de cette PME, dont l'actionnaire allemand est TII Group (Transporter Industry International), sont  emblématiques des conséquences de la politique de blocage par l'Allemagne des exportations de matériels militaires vers l'Arabie Saoudite. Nicolas Industrie avait décroché en tant que sous-traitant de Rheinmetall, un important marché de 120 porteurs de chars destinés au transport logistique de l'armée de terre saoudienne. Aujourd'hui, la PME française ne peut plus livrer ses matériels…

Les « difficultés logistiques » d’Arcuus

Arquus (ex-Renault Trucks Defense) rencontre des difficultés à l'exportation en raison des réticences de l'Allemagne à autoriser des exportations de composants civils en vue d'être militarisés dans certains pays : Arabie Saoudite, Egypte mais aussi Indonésie et Inde.
Comme d'autres industriels européens à l'image de MBDA, Arquus (ex-Renault Trucks Defense) rencontre quelques difficultés à l'exportation en raison des réticences de l'Allemagne à autoriser des exportations de composants civils en vue d'être militarisés dans certains pays. Arquus achète "des composants relativement difficiles à trouver ailleurs qu'en Allemagne", a expliqué calmement mardi son PDG, Emmanuel Levacher, lors de la présentation des résultats de 2018 du constructeur de blindés légers. Cela va de joints à des boites de vitesses automatiques ou encore des moteurs civils. "Un simple joint a bloqué" des affaires, a-t-il souligné. Et selon Emmanuel Levacher, cette liste s'est même allongée au-delà de l'Arabie Saoudite et de l'Egypte. Les autorités allemandes ont rajouté l'Indonésie et l'Inde, a-t-il précisé

Les autorités allemandes sembleraient avoir adopté une tactique, qui vise à décourager les demandes de licences d'exportation plutôt que de les interdire formellement. Le patron d'Arquus a d'ailleurs précisé qu'il n'y avait pas d'interdiction mais les autorités allemandes avaient des "délais d'instruction extrêmement longs" avant d'accorder ou pas leur autorisation. Résultat, a-t-il affirmé, "nos fournisseurs s'autocensurent" et finissent par ne plus adresser à l'administration allemande de demandes qui s'éternisent sur les bureaux. "Ça bloque", regrette-t-il. Ces "gros sujets sont évoqués avec les autorités françaises", a reconnu Emmanuel Levacher, qui va toutefois finir de livrer fin 2019, début 2020 ses blindés (VAB Mark 3 et Sherpa) à l'Arabie Saoudite dans le cadre du contrat Donas reconfiguré (ODAS).

Comment contourner la mauvaise foi des autorités allemandes? "On trouve des parades, on développe des solutions", a expliqué le PDG d'Arquus, qui a rappelé que cela avait un coût. Arquus cherche notamment de nouvelles sources d'approvisionnement autres qu'en Allemagne. Ainsi, le constructeur de blindés achète désormais des moteurs civils de Caterpillar aux Etats-Unis pour les militariser en vue de les intégrer aux célèbres blindés VAB Mark 3. Mais certains composants sont difficiles à trouver en dehors de l'Allemagne comme les boites de vitesses automatiques. Seuls l'allemand ZF et l'américain Allison en produisent pour Arquus. A plus long terme, Emmanuel Levacher compte sur les nouvelles technologies (moteurs électriques...) "pour sortir de ce cercle vicieux".

Le gouvernement français commence à s’énerver…sans aucun effet
Inévitablement, ces problèmes export entre la France et l'Allemagne sont d'autant plus cruciaux que Berlin et Paris sont en train de lancer en coopération deux des plus grands programmes européens : le système de combat aérien du futur (SCAF) et le char du futur (Main Ground Combat System). Les deux pays doivent absolument clarifier ce dossier qui est déjà explosif. Interrogées jeudi par La Tribune lors de leur visite de l'usine de Safran à Gennevilliers, la ministre des Armées Florence Parly a expliqué que ce dossier était évoqué entre la France et l'Allemagne :
« C'est un sujet évidemment dont on parle énormément puisque tout le monde sait que ce n'est pas possible de s'engager dans des programmes aussi importants et ambitieux si c'est pour la seule satisfaction de nos armées nationales, a convenu Florence Parly. Donc, on doit, d'entrée de jeu, intégrer la nécessité de pouvoir exporter ces équipements. Nous avons naturellement ces échanges et nous allons nécessairement trouver des solutions dont nous avons besoin »
Son homologue allemande, Ursula von der Leyen, n'a pas souhaité s'exprimer…
Bruno Le Maire : « Il ne sert à rien de produire des armes par le biais d'une coopération accrue entre la France et l'Allemagne si nous ne sommes pas en mesure de les exporter… Si l'on veut être concurrentiel et efficace, il faut que nous puissions exporter dans des pays hors de l'Europe »  (Interview Welt am Sonntag) .
Pour Bruno Le Maire, la France dispose déjà de règles strictes encadrant ses exportations. "Notre espoir est de parvenir à un accord avec l'Allemagne sur ce point crucial", a-t-il expliqué, à l'heure où Paris et Berlin œuvrent à l'élaboration d'une doctrine commune en matière d'exportation d'armements.
En janvier, la chancelière allemande Angela Merkel avait estimé au côté d'Emmanuel Macron à Aix-La-Chapelle, que la définition d'une doctrine commune était nécessaire mais supposait une évolution de la culture française en la matière…
Et voilà comment la coopération franco-allemande en matière de défense est en train de détruire notre industrie d’armement, précieux héritage de nos prédécesseurs, indispensable à l’indépendance nationale et au rôle international de la France, à notre sécurité, et l’une de nos grandes industries exportatrices.

Saint Brexit, rendez-nous les Anglais… 

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mercredi 9 janvier 2019

Raisons de détester l’Eurokom-21 : pas de défense européenne !


Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

La farce malheureuse de l’armée européenne !

Macron à deux jours de la commémoration du 11 novembre 1918 « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne […] Il faut nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis. »
Il y a déjà une certaine dose d’irresponsabilité à parler ainsi à la veille d’une prestigieuse et émouvante réunion internationale dans laquelle on aurait aimé entendre des paroles de paix plutôt que la mise en cause peu actuelle de pays qui ne nous menacent pas militairement. Nous n’avons jamais été en guerre avec les Etats-Unis et ceux-ci ont été des alliés précieux durant les deux guerres monstrueuses de ce demi-siècle de fer qui relie 1914 à 1945. S’ils font peser sur nous un impérialisme certain, celui-ci est de nature économique et politique, pas guerrier, et ce n’est pas avec des canons et des avions que nous pouvons y répondre…et d’ailleurs, nous n’y répondons pas. La Russie ne nous menace pas militairement, et elle aussi a payé un prix horrible, à nos côtés ; et la menace militaire russe ne sert guère plus qu’à justifier la sujétion à l’Otan.  La Chine ? Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour ressusciter le péril chinois, militaire s’entend… car sur le plan économique, l’Europe a déjà capitulé, renonçant à bâtir des  champions européens au nom de sa doctrine de la libre concurrence absolue et renonçant à toute protection contre une concurrence déloyale au nom de sa religion de la concurrence libre et non faussée…en Europe

Mais bon, il fallait bien, en vue de prochaines élections européennes, essayer de rallumer le feu européen des Français par n’importe quel moyen !

N’importe quoi, en effet, comme on eut en juger par les réactions très prévisibles des autres pays européens !

Allemagne : « La création d’une armée européenne commune, idée prônée par Emmanuel Macron, peut permettre à l’UE de réagir plus rapidement en cas de crise, a indiqué la ministre allemande de la Défense interrogée par un média national. Néanmoins, l’Otan reste pour l’Europe la première instance en matière de défense». La chancelière allemande a soutenu l’initiative du Président Français  e »n faisant remarquer que cette armée complètera de façon très utile l'Otan ». Verstanden, coco ? L’armée indépendante qui nous protègera même des USA, c’est l’OTAN,

Espagne : La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles estime que l'idée de créer «une vraie armée européenne» récemment avancée par Emmanuel Macron répond aux besoins des pays de l'UE.
 «C'est une bonne nouvelle et très positive, la création d'une armée européenne, mais il doit s'agir d'un espace de collaboration, d'intégration et de coopération maximale entre l'UE et l'Otan». Entendido !

Suède : Tiens un ton vraiment différent : « Stockholm ne soutient pas les projets d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne, a fait savoir le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist Pour nous, ce n’est pas d’actualité, nous ne pouvons pas le soutenir. Et d’ajouter qu’en Suède on percevait la question de la défense et de la composition des forces armées comme nationale. «Nous ne considérons pas que cela doit faire partie des tâches de l’UE». Le ministre a en outre rejeté la proposition de Merkel d’augmenter la flexibilité de l’UE par le biais de l’adoption de décisions dans le domaine de la défense votées à la majorité et non à l’unanimité. «La raison en est que ce n’est pas une fédération, mais une coopération entre pays. Tant que tel est le cas, il est nécessaire de coopérer sur la base du consensus », estime le ministre.
Pourquoi ? Ben c’est que contrairement aux autres pays, neutralité traditionnelle oblige, la Suède ne fait pas partie de l’Otan, n’entend absolument pas en faire partie et ne veut  pas que son armée puisse se trouver mobilisée au service de l’Otan via la communauté Européenne !

Danemark : là aussi, assez simple. Lors de son adhésion à la Communauté Européenne, le Danemark a obtenu un traitement spécial d’opt out concernant toute politique de sécurité et de défense commune. Punkt !

Alors, entre ceux qui n’imaginent une défense européenne que dans le cadre de l’Otan, et qui ne veulent que le matériel et l’engagement  américain ( pourtant assez peu sûr…), et ceux qui veulent une défense européenne indépendante (qui, à part la France ?), avec l’Angleterre, seul autre pays européen avec la France qui ait fait l’effort d’entretenir une puissance militaire et qui a fait le choix de quitter l’Europe institutionnelle, avec une brigade franco-allemande qui n’a jamais fonctionné, avec ceux qui refusent de payer l’impôt du sang, ou tout simplement tout impôt que ce soit pour une armée et pas même pour une défense européenne… les déclarations de Macron sur l’armée européenne ne sont que ce qu’elle sont, de mirifiques coups de com électoraux.
Au surplus, Macron n’a pas eu le courage de mentionner ce qui constitue pour l’instant le seul danger militaire, qui jour après jour provoque la mort de Français dans un vrai conflit militaire, l’intégrisme islamique et la déstabilisation des pays du sud, avec toutes ses conséquences.
Alors on a bien compris que si la nécessité d’empêcher la chute d’un pays comme le Mali et l’établissement d’un nouvel Etat islamique, eh bien la France, avec ses impôts et ses soldats, sera encore seule en ligne.

L’Otan, l’Otan, l’Otan !

« La France  se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ». De Gaulle.
Après l’effondrement du bloc communiste, on aurait pu se dire que l’Otan, ayant accompli son œuvre, allait disparaitre. C’est le contraire qui se produisit, et l’Otan connut une extension considérable, incorporant la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie l'Albanie,  la Croatie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque (Groupes de Visegrad et de Vilnius), au mépris des engagements des USA de Reagan envers Michael Gorbachev. Et c’est aujourd’hui l’Ukraine et la Georgie qui ont plus ou moins, selon les gouvernements, demandé leur intégration.

Mais où va l’Otan et pourquoi faire ?

L’OTAN a lancé en novembre 2018 en Norvège ses plus grandes manœuvres militaires depuis la Guerre froide. L’exercice Trident Juncture 18 rassemble des troupes des 29 pays membres, rejointes par celles de la Suède et de la Finlande soit 50.000 militaires, parmi lesquels 13.000 représentaient les pays d'Europe du Nord, dont la Finlande. Ces exercices ont également vu se déployer 250 aéronefs et 65 navires. Indépendamment de Trident Juncture 18, les États-Unis et la Grande-Bretagne intensifient les déploiements dans le pays scandinave pour acclimater leurs troupes au grand froid. À terme, 700 US Marines devraient se succéder par rotation sur le sol norvégien…

La menace vient du froid ? Des inuits ? Mais où va l’Otan et pour quoi faire ? Pendant ce temps, l’Otan a toujours en son sein la Turquie de M. Erdogan qui joue un jeu extrêmement suspect avec les mouvements islamistes terroristes.

Pas d’armée européenne, et même pas de défense européenne !

On a bien compris que l’armée européenne n’est qu’un gadget macronien fantaisiste et d’ailleurs assez dangereux. Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS démine ainsi les propos jupitèriens nacroniens :  Si Emmanuel Macron parle d’armée européenne, c’est qu’il n’y a pas de terme explicite et approprié  compréhensible par l’opinion publique pour mentionner la construction européenne en matière de défense. Il est évident que, pour le grand public, le terme d’armée européenne signifie quelque chose alors que ce ne peut être le cas pour « la coopération structurée permanente » ou « l’initiative européenne d’intervention ». Il faut un langage simple et compréhensible : l’Europe veut assurer sa défense elle-même.
Naturellement, nous n’allons pas créer une armée européenne avec des contingents intégrés. Toutes les armées des pays membres de l’Union européenne (UE) ne parlent pas la même langue d’une part, et ne fonctionnent pas de la même manière d’autre part. Ce n’est donc pas une armée européenne au sens technique du terme dont il est question ici. En revanche, ce que la France et la plupart des pays européens veulent développer c’est une plus grande autonomie de l’UE en matière de défense, afin que celle-ci puisse déjà assurer les missions inhérentes à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).
Et Macron, dans un entretien à CNN, revenait à une conception plus réaliste : « Je ne veux pas voir les pays européens augmenter le budget de la défense pour acheter des armes américaines ou autres, ou des matériels issus de votre industrie », affirme en anglais le président français dans un extrait de cet entretien enregistré samedi : « Si nous augmentons notre budget, c'est pour bâtir notre autonomie. »

Eh bien, même cela, il ne l’obtiendra pas !

Pologne, mars 2018 : Après les missiles antimissiles Patriot (10,5 milliards de dollars), la Pologne pourrait poursuivre ses emplettes d'armements auprès des Etats-Unis. Varsovie a demandé à Washington de lui vendre des services de soutien et de maintien pour sa flotte de F-16, dont les moteurs, pour un montant évalué à 200 millions de dollars. La Pologne souhaite à nouveau acheter des missiles air-air Advanced Medium Range Air-to-Air Missiles (AMRAAM) fabriqué par Raytheon. Varsovie pourraient acheter jusqu'à 150 missiles AIM-120C-7 AMRAAM pour un coût estimé à 250 millions de dollars… Lors d’un déplacement à Washington, le 18 septembre 2018, le président polonais, Andrzej Duda, a dit son souhait de voir les États-Unis implanter une base militaire permanente en Pologne, en plus de la présence d’un bataillon multinational sous commandement américain, déployé dans le cadre de l’Otan. Pour cela, Varsovie propose 2 milliards de dollars pour financer les coûts d’une telle installation.
Et le président de la Pologne de préciser : «  L’OTAN est indéniablement perçue comme la seule garantie véritable de notre sécurité militaire ».

Belgique, novembre 2018 : La décision du gouvernement belge d'acquérir le F-35 pour remplacer le F-16 vieillissant a suscité pas mal de vagues tant en Belgique qu'à l'étranger. Rarement un marché de l'armement aura provoqué une telle polémique. Ce gouvernement a lancé en mars 2017 une procédure par appel d'offres public adressée à cinq agences étatiques afin d'objectiver le choix d'un nouveau chasseur-bombardier permettant de classer les candidats selon des critères les plus transparents possibles. Seuls deux soumissionnaires ont finalement répondu intégralement aux 164 questions - publiques - du Request for Governmental Proposal (RfGP) : le Royaume-Uni (pour l'Eurofighter-Typhoon) et les États-Unis (pour le F-35). Après les retraits de Boeing et de Saab, la France décide de son côté de ne pas répondre au RfGP mais propose, en échange du Rafale, un "partenariat stratégique" dépassant largement le cadre du marché… la Belgique a décidé de ne pas prendre en compte l'offre française !
Et le gouvernement belge d’afficher fièrement « Un contrat du siècle transparent », et de préciser cruellement : « Pour couronner le tout, le F-35 affiche le prix le plus bas. Les retours sociétal et industriel vont pouvoir être maintenant négociés très concrètement entre l'avionneur et les acteurs institutionnels et industriels belges. Ils s'annoncent d'ores et déjà prometteurs ».

Alors question ? Dans le projet de budget communautaire 2021-2027, le Fonds européen de défense atteindra sa vitesse de croisière avec 13 milliards d’euros consacrés à la défense sur 7 ans.

Pour faire quoi ?

Il faut sortir de cet Eurokom-là.