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mercredi 6 mars 2024

Eolien en Mer et coût du réseau : l’avertissement de la CRE à RTE !

 Le dernier atelier du débat façades maritimes de la CNDP portait sur l’atterrage et sur les réseaux, avec des présentations quelques peu biaisées de RTE qui, en l’occurrence, n’est pas un représentant impartial de l’Etat et de l’intérêt général mais un maître d’ouvrage comme les autres Alors PIEBÎEM rappelle l‘avertissement récent de la CRE (Commission de Régulation de l’Electricité) spécifiquement sur l’éolien en mer

« Les dépenses prévisionnelles pour 2024 pour le développement du réseau en mer s’élèvent à 258,3 M€, en baisse de 22 % par rapport au programme révisé de l’année 2023. Cette baisse s’explique par l’achèvement prochain des projets de l’AO 1 (parcs de Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire), dont les raccordements ont été mis à disposition des clients. Près de 70 % des dépenses de l’année 2024 sont portées par les projets de l’AO 2 (parcs de Yeu-Noirmoutier et Dieppe – Le Tréport).

Le poste comprend également les études pour les projets des AO 3 à 8. RTE est en cours de passation des commandes pour les matériels des raccordements des AO 4 à 8 (postes et câbles).

Les résultats de ces appels d’offres ne sont pas encore connus, mais RTE constate de fortes tensions sur l’approvisionnement de ces composants, notamment pour les matériels à courant continu. Des tensions sur ces marchés spécialisés avaient notamment déjà été notées pour les passations des commandes des projets d’interconnexion Celtic et Golfe de Gascogne en 2023 et pourraient encore s’accentuer en raison de l’accroissement de la demande internationale.

 Plusieurs gestionnaires de réseau de transport européens ont fait état d’un besoin de sécurisation des approvisionnements pour ce type de matériels. Dans ces conditions, les coûts prévisionnels des raccordements des parcs éoliens en mer devraient être supérieurs aux niveaux anticipés.

RTE prépare actuellement la stratégie de contractualisation pour le raccordement des parcs éoliens en mer qui pourraient être décidés pour la prochaine décennie, en cohérence avec les objectifs affichés par le gouvernement au sein du Pacte éolien en mer (18 GW en service d’ici 2035). La CRE estime pertinent que RTE prépare de manière anticipée cette stratégie de contractualisation, en tirant le retour d’expérience des commandes en cours. La CRE considère également important que la programmation du futur programme éolien en mer, en particulier son cadencement par zones, intègre les contraintes liées au raccordement.

Rappelons enfin que Agnès Pannier-Runacher avait expliqué que  « les 100 milliards d’investissement dans le réseau ne sont pas pour le nucléaire, mais pour connecter les dizaines de milliers d’installations renouvelables que nous déployons »

Source : https://www.vie-publique.fr/discours/290546-bruno-le-maire-agnes-pannier-runacher-12072023-reacteurs-nucleaires

NB En fait, c’est 100 milliards pour RTE et 100 milliards pour Enedis !

Document de la CRE téléchargeable cf PIEBÏEM https://piebiem.webnode.fr/l/eolien-en-mer-et-cout-du-reseau-%3a-l%e2%80%99avertissement-de-la-cre-a-rte-%21/





mercredi 2 août 2023

Ce ne sont pas l’éolien et le solaire qui nous ferons passer le mur de 2030»

 Remarquable article de Bertille Bayart dans le Figaro_ excellent article de synthèse sur les défis et les atouts de la France pour son système électrique. 

https://www.lefigaro.fr/vox/economie/bertille-bayart-ce-ne-sont-pas-l-eolien-et-le-solaire-qui-nous-feront-passer-le-mur-de-2030-20230726

Extraits :

Quand la banque Lazard désinforme et se fait reprendre par JP Morgan

"En campagne pour la présidentielle de 2022, Yannick Jadot agitait un graphique dont les courbes en pente raide attestaient de la chute des coûts des énergies renouvelables tandis que ceux du nouveau nucléaire explosaient. Il tenait sa preuve, avec des calculs signés Lazard. Mais Lazard le menait droit dans le mur.

Depuis 2007, la banque produit une analyse comparée des coûts des différentes sources d’énergie (LCOE, Levelized Cost of Energy) à destination des investisseurs financiers. Mais ce travail qui fait référence ne reflète ni les besoins de stockage, ni les variations de prix à l’intérieur d’une journée ou d’une année, ni le besoin de surdimensionner la capacité installée d’un système renouvelable par rapport à un système électrique fossile ou nucléaire.

Il a fallu attendre avril 2023 pour que Lazard, conscient que trop de monde faisait dire à son étude ce qu’elle ne prouvait pas, y ajoute une page dédiée à la gestion de l’intermittence. «Je suis fasciné de voir combien de personnes ne réalisent toujours pas que le LCOE est une base fallacieuse pour estimer les coûts complets d’un système pour les gouvernements, les consommateurs, et les contribuables», écrivait au printemps Michael Cembalest, stratégiste de JP Morgan."

Les renouvelables coûtent très cher en réseau : l'aveu de la ministre !

Une partie du mythe du renouvelable pas cher est tombée. Une partie du mythe du nucléaire hors de prix aussi. En France, EDF et l’exécutif planchent sur le financement des six premiers EPR2 du nouveau programme, évalué entre 52 et 57 milliards hors coût du capital. Ruineux? C’est moitié moins que ce qui sera dépensé d’ici à 2040 dans le réseau. «L’investissement de 100 milliards d’euros dans celui-ci n’est pas fait pour le nucléaire, mais bien pour connecter les dizaines de milliers d’installations d’énergies renouvelables que nous sommes en train de déployer», a constaté la ministre Agnès Pannier-Runacher au Sénat le 12 juillet...

 «1 GW de nucléaire vaut 8 GW de solaire», a aussi rappelé Agnès Pannier-RunacherAux États-Unis, JP Morgan estime que le raccordement de 100 MW d’éolien ou de solaire ne permet de débrancher que 10 MW à 30 MW de thermique."

Le renouveau du nucléaire, s'il est réussi, change la donne, assure mieux la décarbonation et permet en grande partie de se passer de l'éolien off shore 

Comment franchir le «mur» que l’exécutif et les parlementaires de la commission d’enquête sur la perte de souveraineté énergétique redoutent dès 2030? À cette échéance, la consommation d’électricité en France devrait déjà atteindre jusqu’à 550 TWh contre 459 TWh en 2022. Ce chiffrage tient compte de la première des solutions, évidente: la sobriété.

Mais quid de la production d’électricité? À l’horizon 2035, RTE, le gestionnaire du réseau, fait des renouvelables le principal levier pour faire décoller la production. Mais d’ici à 2030, il n’y a rien à attendre de l’éolien offshore. Il faut tabler sur 35 TWh à 60 TWh de plus en solaire, et 25 TWh à 35 TWh d’éolien terrestre.

"En réalité, ce qui assurera, ou non, notre tranquillité énergétique à cette échéance existe déjà: il s’agit du parc nucléaire historique d’EDF et des barrages. Devant les députés le 19 juillet, le PDG d’EDF Luc Rémont a affiché ses objectifs. Après l’année 2022 catastrophique à 279 TWh de production nucléaire, il table sur 300 TWh à 330 TWh en 2023, 350 TWh en 2025.

Puis, il veut être «le plus proche possible de 400 TWh». Ramener d’ici à 2030, avec l’EPR de Flamanville, mais sans Fessenheim, le parc près de ses meilleures performances historiques (le record est à 420 TWh), est-ce possible? Une partie de la rémunération variable des dirigeants d’EDF y sera liée. Si cela marche, cela changerait la donne des scénarios officiels qui tablent sur 360 TWh de production nucléaire jusqu’en 2035.

Un autre levier s’appuie sur l’infrastructure hydroélectrique existante. L’exécutif veut clore cette année la bataille antédiluvienne avec Bruxelles sur le régime des concessions et relancer l’investissement. Selon EDF, il y a 2 GW de capacité supplémentaire à dégager d’ici à dix ans (et encore 2 GW de plus la décennie suivante) sur ce mode de production renouvelable, à la fois pilotable, compétitif et décarboné.

La sécurité d’approvisionnement électrique du pays dans la décennie qui vient dépend moins du développement de l’éolien et du solaire que de la capacité d’EDF à retrouver l’excellence opérationnelle"

vendredi 9 décembre 2022

Débat accélération des ENR : adresse à M. Pierre Cazeneuve, rapporteur du projet et Mme Pannier Runacher, aux ministres et aux députés qui prétendent qu’il n’y a pas d’enjeu sanitaire avec les éoliennes et ont refusé toute augmentation de la distance minimale des éoliennes aux habitations.

Pierre Cazeneuve, Mme Pannier Runacher, en rejetant tous les amendements appelant à augmenter la distance minimale entre les éoliennes et les habitations (500m datant de l'époque où les éoliennes faisaient 80m), vous avez menti doublement en affirmant l'absence d'effets sur la santé et de recommandations des autorités sanitaires.


L’Académie de médecine s’est saisie par deux fois du problème de santé publique que posent les éoliennes, en 2006 et en 2017.

Extraits du rapport de 2006 : le syndrome éolien : "On regroupe sous le nom de syndrome éolien un ensemble de symptômes très divers rapportés à la nuisance des éoliennes. On peut schématiquement les distinguer en : généraux : troubles du sommeil, fatigue, nausées, etc. ; neurologiques : céphalées, acouphènes, troubles de l’équilibre, vertiges, etc. ; psychologiques (stress, dépression, irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, etc.) ; endocriniens (perturbation de la sécrétion d’hormones stéroïdes, etc.) ; cardio-vasculaires (hypertension artérielle, maladies cardiaques ischémiques, tachycardie, etc.) ; socio-comportementaux (perte d’intérêt pour autrui, agressivité, baisse des performances professionnelles, accidents et arrêts de travail"

Dans ses conclusions, le rapport de 2006  recommandait :

1) la réalisation d’une enquête épidémiologique approfondie sur les dommages sanitaires, notamment auditifs, causés par les éoliennes ;

2) de suspendre à titre conservatoire la construction d’éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW A MOINS DE 1500 mètres des habitations ;

3)Mêmes règlementations acoustiques que pour les installations industrielles habituelles.

Le rapport de 2017 constatait que les gouvernements s'etaient assis sur toutes les recommandations:

1) distance minimale toujours 500m;  2) Aucune enquête épidémiologique  diligentée, « privant les présents rapporteurs de données sanitaires solides » : 3) pas de moratoire sur les éoliennes à moins de 500 m mais au contraire la législation  simplifiée  par la généralisation d’une procédure d’autorisation unique.

Conclusions et recommandations de 2017 :

Conclusion : "Si l’éolien terrestre ne semble pas induire directement des pathologies organiques, il affecte au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles la qualité de vie d’une partie des riverains et donc leur « état de complet bien-être physique, mental et social » lequel définit aujourd’hui le concept de santé. »

C'est clair non!

« S’assurer que lors de la procédure d’autorisation l’enquête publique soit conduite avec le souci d’informer pleinement les populations riveraines, de faciliter la concertation entre elles et les exploitants, et de faciliter la saisine du préfet par les plaignants »

Ben, c'est juste le contraire du projet de loi accélération des ENR

Les requêtes pour non-conformité aux critères d’émergence sonore doivent être davantage entendues et satisfaites. De nombreux riverains se plaignent de s’être heurtés à un « mur préfectoral »

N’autoriser l’implantation de nouvelles éoliennes que dans des zones ayant fait l’objet d’un consensus de la population concernée quant à leur impact visuel, sachant que l’augmentation de leur taille et leur extension programmée risquent d’altérer durablement le paysage du pays et de susciter de la part de la population riveraine – et générale – opposition et ressentiment avec leurs conséquences psychiques et somatiques. »

"Systématiser les contrôles de conformité acoustique dont la périodicité doit être précisée dans tous les arrêtés d’autorisation et non au cas par cas... ramener le seuil de déclenchement des mesures d’émergence à 30 dB  à l’extérieur des habitations et à 25 à l’intérieur."

Nuisances visuelles: " Il  est reconnu que l'effet stroboscopique provoque à certaines heures de la journée et dans certaines conditions une gêne assimilée par les plaignants à « une alternance d’éclairage et de pénombre » dans leurs lieux d’habitation.

Le clignotement des feux de signalisation, par son caractère répétitif et obsédant la nuit, est régulièrement dénoncé... "

Enfin, oui, l’affection

"La défiguration du paysage par des structures considérées comme inesthétiques voire franchement laides par les riverains plaignants doit être considéré comme relevant non d’un problème d’esthétique environnementale mais d’une réelle nuisance sanitaire…La« pollution visuelle» de l’environnement qu’occasionnent les fermes éoliennes génère des sentiments de contrariété, d’irritation, de stress, de révolte avec toutes les conséquences psychosomatiques qui en résultent »

Nuisances auditives : mal des transports et perturbation du sommeil

L'Académie considère comme probables des effets du type mal des transports "lequel est provoqué par des très basses fréquences inférieures à 1 Hz.  Ainsi, les infrasons produits par les éoliennes pourraient déclencher chez les riverains prédisposés des symptômes identiques à ceux du mal des transports... une étude menée sur trois familles ayant « déménagé » pour cause de nuisances met en cause une stimulation des otolithes"

"Les troubles du sommeil représentent sans doute la doléance la plus constante des riverains.. Ils sont d’ailleurs objectivés par les enregistrements somnographiques effectués par des cliniques du sommeil. Ces études concluent qu’à l’intérieur d’un périmètre de 1,5 km le bruit émis par les éoliennes perturberait la qualité du sommeil »

 "Ce qui parait le plus gênant.. c’est  le caractère intermittent, aléatoire, imprévisible, envahissant du bruit généré par la rotation des pales, survenant lorsque le vent se lève, variant avec son intensité, interdisant toute habituation, qui peut indubitablement perturber l’état psychologique... de ceux qui y sont exposés"

Le seuil de 35 dB est supérieur à celui pour les bruits perçus dans les autres types d’habitations (non concernées par les fermes éoliennes). Pour ces dernières, le seuil est fixé à 30 dB à l’extérieur des habitations et à 25 dB à l’intérieur."

Alors @PierreCazeneuve@AgnesRunacher et tous les responsables qui s'obstinent à refuser un éloignement raisonnable des éoliennes, vous aurez probablement à en rendre compte devant la justice !