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samedi 16 novembre 2019

Tremblements de Terre et Centrales Nucléaires (2)


Suite au tremblement de terre de magnitude locale le 11 novembre 2019 au Teil 5.4 (différente de la magnitude en onde de surface, la vraie important dans les dégâts, une partie de la presse a diffusé sans contrôle les élucubrations alarmistes des écolos bigots et marchands de peur, contribuant ainsi à la diffusion de Fake news et de Fake science.


Dans ce second blog plus général sur le thème tremblements de terre et centrales nucléaires, je souhaiterais me consacrer sur un grand mensonge et un immense et scandaleux gaspillage…

« Fort #séisme en Rhone-Alpes: #EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire. Le séisme d’hier de 5,4 était supérieur au séisme majoré de sécurité fixé à 5,2. L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant le danger. Stop! « (Michele Rivasi)

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes": le constat alarmant d'un expert (Nice Matin) (NB l’expert en question est un militant (le directeur du labo ?de la Criirad)

Bon, il y a longtemps qu’on a renoncé à trouver quelque vérité dans les communiqués de la Criirad, quelque honnêteté intellectuelle chez ces spécialistes de la manipulation des peurs, ces écolos bigots, et même, plus grave, quelque apparence de rationalité. C’est pas une raison pour ne pas tenter de régir à leurs propos.
Leurs affirmations ponctuelles sur le séisme du 11 novembre étaient factuellement fausses, c’était l’objet du blog précédent. Mais leurs affirmations sur la sécurité en général des centrales nucléaires face aux tremblements de terres sont aussi fausses…

Protection des centrales contre le risque sismique ; Principes de base ( IRSN, Wikipedia)

Un séisme peut être caractérisé par sa magnitude ainsi que sa profondeur. On distingue plusieurs échelles de magnitude : - la magnitude locale : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de volume, - la magnitude de moment : magnitude estimée à partir de l’énergie contenue dans le signal sismologique, - la magnitude des ondes de surface : magnitude estimée à partir de l’amplitude
maximale des ondes de surface.

La tenue au séisme des installations nucléaires est prise en compte dès leur conception et fait l’objet d’une réévaluation périodique, tous les dix ans afin de tenir compte d’une part de l’évolution des connaissances en matière de séismes et d’autre part de l’évolution des méthodes de dimensionnement des ouvrages. Les normes de références évoluent elles-mêmes. La méthode de définition du séisme maximum de sécurité (SMS) et de son spectre associé est décrite dans la règle RFS 2001-01. Il s’agit d’abord d’identifier le séisme maximum historique vraisemblable, à partir de la base historique de connaissances des séismes en France qui s’étend sur plus de mille ans, mais aussi en prenant en compte les paléoséismes qui ont pu être découverts à partir de traces géologiques. Le dimensionnement des ouvrages fait quant à lui l’objet d’un guide élaboré par l’ASN et diffusé en 2006, le guide ASN/2/01, sur la base du spectre d'accélération associé au séisme maximal, avec un minimum forfaitaire de 0,1 g.

Les bâtiments et les équipements des centrales nucléaires françaises sont conçus pour résister à un certain niveau de séisme caractérisé par un « spectre de réponse ». Un «spectre de réponse » permet de déterminer la sollicitation d’un bâtiment ou d’un équipement à différentes fréquences de vibrations produites par un séisme. On associe souvent à un « spectre de réponse » l’accélération correspondant aux fréquences élevées appelée « valeur de calage ». Chaque îlot nucléaire, qui réunit les bâtiments réacteurs et les bâtiments des auxiliaires nucléaires, est conçu pour résister à des accélérations sismiques jusqu'à 0,25g NRC (soit un quart de l'accélération de la pesanteur selon un critère d'évaluation défini par la "Nuclear Regulation Commission" aux États Unis).

Pour ce qui concerne la centrale nucléaire du Tricastin, le « spectre de réponse » en vigueur est celui utilisé pour le troisième réexamen de sûreté des réacteurs. Il est calé à 0,285 g
Pour ce qui concerne la centrale nucléaire de Cruas, le « spectre de réponse » en vigueur est celui utilisé pour le troisième réexamen de sûreté des réacteurs. Il est calé à 0,26 g.
.
La centrale nucléaire de Cruas présente des caractéristiques particulières en matière antisismique : des appuis parasismiques en élastomère ont été interposés lors de la construction entre les fondations et les principaux bâtiments. C’est un cas assez unique, qui a servi de modèle à une autre centrale nucléaire dans le monde, celle de Koeberg en Afrique du sud.

Bon, c’était une réponse à « EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire ». Mais continuons avec la manière dont a été géré l’après Fukushima, avec plis particulièrement, le cas de Fessenheim..

L’après Fukushima et Fessenheim- 10 milliards d'euros consacrés aux équipements post-Fukushima.

« Quatre ans après Fukushima, le souvenir du désastre japonais est encore très présent chez EDF. Rien d'étonnant à cela: après l'accident du 11 mars 2011, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à l'électricien des évaluations complémentaires de sûreté (ESC). Celles-ci ont donné lieu à un volumineux rapport qui se décline aujourd'hui en plusieurs phases opérationnelles…

La phase 1, jusqu'en 2017, se traduit par la mise en place de moyens provisoires de secours sur les différents sites nucléaires d'EDF. Cela débouche en particulier par l'implantation de plusieurs moteurs diesel, destinés à pallier à une éventuelle rupture de l'alimentation électrique. Sont prévus également des pompes supplémentaires et des compresseurs d'air. Cette première phase correspond aussi à la montée en puissance de la Force d'action rapide nucléaire (Farn), une entité qui dispose de quatre bases régionales en France et dont les effectifs comptent actuellement 260 personnes. À son pic, dans quelques mois, la Farn s'appuiera sur 300 éléments. «Tout est fait pour que cette unité (créée après Fukushima) soit en mesure d'intervenir fin 2015 sur une centrale comptant six réacteurs», souligne-t-on chez EDF. C'est précisément le périmètre de la centrale de Gravelines (Nord).

La phase 2, entre 2015 et 2020 (avec la poursuite de certains chantiers jusqu'en 2024), sera illustrée par l'ajout de moyens complémentaires en eau et électricité. Il s'agit de pouvoir répondre efficacement à des accidents impliquant des dommages sur certains éléments des noyaux durs des centrales. À noter que la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) est déjà dotée de ces équipements. Comme le fait régulièrement valoir EDF, son site alsacien est le plus sûr du parc (qui compte 58 réacteurs pour 19 centrales), celui qui a déjà intégré tous les équipements post-Fukushima. C'est pourtant Fessenheim que le gouvernement envisage de fermer dans le cadre de l'application du projet de loi d'orientation énergétique. Le président de la République a réaffirmé cette intention voici quelques jours, soulignant que la doyenne des installations nucléaires serait arrêtée avant la fin du quinquennat. »

Quant à la phase 3, elle prévoit d'installer des outils pour élargir les dispositifs de sécurité actuels. Par exemple, des systèmes de refroidissement ultime des générateurs de vapeur - selon la terminologie consacrée. Ou encore un système de refroidissement ultime de l'enceinte. À travers ces différents chantiers des phases 1, 2 et 3, on mesure à quel point l'eau et l'électricité sont deux éléments vitaux pour affronter efficacement un accident nucléaire. Les experts le rappellent volontiers: si le drame de Fukushima a été aussi difficile à maîtriser, cela tient notamment à la rupture totale d'alimentation qui rendait impossible la réalisation de plusieurs missions de secours.

Eh bien, malgré tous les efforts déjà accomplis, les modifications de la phase 3 n’ont pas été finalisés à Fessenheim. Les pressions allemandes (un porte-parole du ministère allemand de l'environnement avait déclaré au début de mars 2016 que des réacteurs « aussi vieux représentent un risque sécuritaire » et que Fessenheim « devrait être fermée le plus vite possible », Sophie Letournel, chef de la division de Strasbourg de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait répondu « Pour nous à l'ASN, aujourd'hui, du point de vue de la sûreté nucléaire, il n'y a pas de raison de fermer la centrale de Fessenheim), les pressions des bigots écolos et la démagogie ont eu raison de Fessenheim.  

L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a eu beau maintenir qu'il n'y avait pas de risques justifiant l'arrêt de l'exploitation de la centrale et a donné son accord à la poursuite de l'exploitation de la centrale pour dix ans supplémentaires, en 2011 pour la tranche 1103 et en 2013 pour la tranche 2, sous réserve que soient réalisés ses travaux post Fukushima restant à accomplir, malgré cela, la présidence Macron a décidé de fermer Fessenheim en 2020 (le premier réacteur sera arrêté définitivement le 22 février 2020, et le second le 30 juin).

Tiens, une dernière remarque sur Fessenheim

C’est un immense gâchis économique, social et écologique.  Un risque économique aussi, car, sous la présidence Hollande, Fessenheim ne devait fermer qu’après la mise en service de l’EPR de Flamanville, ce qui pouvait faire sens, et mettait au moins le système français à l’abri d’un black out hivernal- ce n’est plus le cas maintenant.

Un gâchis écologique aussi : le remplacement de Fessenheim par du renouvelable plus du gaz entrainera une augmentation des émissions de C02 représentant 14 vols Paris –New-York par jour. (la fermeture de Fessenheim entraînera donc un surcroît d’émission de gaz à effet de serre compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an)

Oh, la Convention citoyenne sur le climat, vous comprenez pourquoi, moi classe moyenne, je ne suis pas trop d’accord en ce qui concerne l’idée d’une taxe sur les transports en avion ?

Parce que la première des choses pour qu’une transition écologique soit acceptable, c’est qu’elle soit rationnellement, techniquement, scientifiquement fondée. Avec le minimum de conséquences négatives économiques et sociales.

Alors cela suppose qu’on arrête de mentir sur le nucléaire, ses prétendus dangers, ses déchets prétendument. Cela suppose qu’on prolonge autant que possible les centrales nucléaires existantes, pendant le temps que les autorités de sureté le permettent. Cela aurait supposé que l’on ne ferme pas Fessenheim. Cela suppose que l’on déchire cet immonde chiffon de papier qu’est la PPE, et son absurde décision, antiécologique, antiéconomique, antisociale de réduire la part du nucléaire en France.


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Tremblements de Terre et Centrales Nucléaires


On avait dit : no Fake news, No fake science… et ben c’est pas gagné !

Un séisme s’est produit le 11 novembre 2019 au Teil à environ 10 km à l’ouest de Montélimar. La secousse a duré plusieurs secondes à proximité de l’épicentre et a été ressentie par la population du sud-est de la France, notamment jusqu’à Saint-Etienne, Grenoble, Lyon, Montpellier et Marseille. L’IRSN a rapidement publié que ce séisme avait  magnitude locale comprise entre 5,1 et 5,4 (soit le plus fort historique de la région). Les centrales nucléaires EDF de Cruas et du Tricastin, comprenant chacune quatre réacteurs de 900 MWe, sont situées respectivement à 15 km et à 25 km de l’épicentre, situé sur la commune du Teil.

A partir de là, les touilleurs de peur, les organisateurs de paniques, les fana antinucléaires, les retrogrades ignares, les bigots écolos se sont mis à délirer, trop souvent repris par une presse écervelée ou complice.

Florilège.

« Le Dauphiné libéré rappelle cependant que le tremblement de terre de ce lundi était « plus puissant que le séisme majoré de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de sûreté nucléaire », pour lequel les centrales du Tricastin et de Cruas ont été construites. » (Le Monde, 11 nov 2019)

Séisme : la peur d’un Fukushima à la centrale du Tricastin (Le Dauphiné Libéré et aussi Le progrès !)

« Dans un tweet, le réseau «Sortir du nucléaire» a souligné que la magnitude de ce séisme était supérieure au «séisme majoré de sécurité» de 5,2 pour lequel les centrales du Tricastin et Cruas ont été construites. Il est urgent d’arrêter ces centrales avant qu’un accident grave ne survienne», ajoute-t-il. » (Le Dauphiné Libéré, 11 nov 2019)

« Séisme : "J'ai cru que la centrale nucléaire de Cruas avait sauté, je me suis vue morte !" (Midi Libre)

« Fort #séisme en Rhone-Alpes: #EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire Le séisme d’hier de 5,4 était supérieur au séisme majoré de sécurité fixé à 5,2. L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant le danger. Stop! « (Michele Rivasi)

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes": le constat alarmant d'un expert (Nice Matin) (NB l'expert en question est un militant de la Criirad)

« La secousse a été ressentie dans la salle des machines de la centrale nucléaire de Cruas. A cette heure (14h45) aucune information n'a filtré sur les dégâts éventuels et la fragilisation des installations et matériels…Pourtant, quelques heures avant le séisme, à 23h51 le réacteur n°4 du Tricastin s'est mis en arrêt d'urgence, la puissance chutant de 950kWh à 0kwh . Concomitance d'évènements ou bien enchaînement annonciateur? » Coordination antinucléaire sud est)

Bon, j’arrête, parce que là, on s’approche de la sorcellerie…

Et maintenant la réalité :*

Grâce comme d’habitude aux tweets très informés de Tristan Kamin et Buchebuche (et bien d’autres, Boris Le Ngoc) ; Et surprise des surprises, peut-être que finalement, la campagne No Fake Science n’aura pas été inutile, le checknews de Libération qui a pris la peine de lire et  de rendre plus accessible la communication de l’IRSN (l’Institut de radioprotection de sûreté nucléaire (IRSN). Car communication, il y a eu) (https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/12/apres-le-seisme-en-ardeche-doit-on-s-inquieter-de-l-etat-des-centrales-nucleaires-de-cruas-et-tricas_1762771

Donc : « Les deux centrales  de Cruas et de Tricastin. auraient été construites pour résister à un séisme de magnitude 5,2 alors que le tremblement de terre du Teil affiche une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter. » 

Eh bien Fake, ultra Fake news

«Les normes de sécurité, pour chaque centrale, sont établies en fonction d’un "séisme de référence", c’est-à-dire le séisme le plus fort connu dans la région. C’est ce qu’on appelle le "Séisme maximal historique vraisemblable" (SMHV). En ce qui concerne la zone de Cruas et Tricastin, le séisme de référence a eu lieu en 1873, il était de magnitude 4,7. Ensuite, pour déterminer la résistance des centrales face aux tremblements de terre, on ajoute 0,5 point : on obtient alors le "séisme majoré de sécurité (SMS)".» Donc 5.2

« Tout d’abord, le SMS est déterminé dans l’hypothèse où l’épicentre du séisme est placé exactement sous la centrale. Ce qui n’était pas le cas lundi. »

Donc 5.2 au cul de la centrale, pas à dix ou 20km. Donc norme de sécurité pas dépassée !

Par ailleurs et surtout, il y a eu une confusion sur l’échelle de magnitude. «Il y a différentes échelles, poursuit Thierry Charles. Le séisme de lundi a été annoncé entre 5,1 et 5,4 en magnitude locale. Or, pour calculer le SMS, nous pensons en magnitude d’ondes de surface. Si on suit cette échelle, cela signifie que le séisme du Treil était d’une magnitude de 4,5 en son épicentre. Ce qui, on le voit, est inférieur au séisme de référence, à partir duquel ont été construites les centrales. Pour y arriver, il y a encore de la marge, donc.»

Ben oui, de la marge, il y en avait et pas qu’un peu ! Pour ceux qui veulent suivre un peu plus, le communiqué de l’IRSN est explicatif : « Un séisme peut être caractérisé par sa magnitude ainsi que sa profondeur. On distingueplusieurs échelles de magnitude : - la magnitude locale : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de volume, - la magnitude de moment : magnitude estimée à partir de l’énergie contenue dans le signal sismologique, - la magnitude des ondes de surface : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de surface.

Or ce sont ces ondes de surfaces qui sont à considérer pour les dégâts éventuels (il faut prendre en considération l’accélération du sol ressentie sur place, et pas la magnitude mesurée au niveau de l’épicentre !).  ; soit magnitude 4.5 à l’épicentrre, ; et pas au cul de la centrale.

Donc une très, très large marge ! Pour preuve, à Cruas un capteur a signalé une secousse cinq fois moins importante que le seuil de sûreté", a précisé à la presse le directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF, Régis Clément. NB : Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d'appuis parasismiques en élastomères, afin d'absorber de possibles secousses. "Aujourd'hui, clairement, aucun désordre n'a été observé sur les installations".

Dernier sujet de panique : le tsunami du Tricastin : Check new de Libération. « Enfin, certains commentateurs ont relevé une autre source d’inquiétude : celle-ci concerne une mise en garde réalisée par l’ASN au sujet de la centrale de Tricastin. Celle-ci avertissait, en 2017, de possibles dangers d’inondation en cas de séisme. En cause : le Rhône, situé juste à côté et une portion de digue fragilisée. D’où cette question : la centrale du Tricastin et sa digue étaient-elles équipées pour résister au séisme du Teil ?

Là encore, Thierry Charles, de l’IRSN, détaille : «En 2017, l’ASN a demandé l’arrêt des réacteurs à Tricastin, le temps qu’une portion de la digue le long du Rhône soit renforcée afin de résister au SMS, soit un séisme de magnitude de 5,2. Ce qui a été fait. Et puis, suite à l’incident nucléaire de Fukushima, il a été décidé de majorer encore davantage ce seuil de référence. C’est pourquoi une nouvelle demande de mise à jour a été formulée par l’ASN.» L’Autorité confirme, auprès de CheckNews : «L’idée sera de rendre les centrales résistantes à un séisme une fois et demie supérieure au SMS actuel. Au Tricastin, les travaux devront être effectués d’ici 2022.» Mais, à l’heure actuelle et après les contrôles de 2017 et les travaux qui ont suivi, il apparaît que la centrale du Tricastin, tout comme sa digue, étaient opérationnels pour résister à un séisme de 5,2 sur l’échelle de Richter.

Ben voilà, les journalistes, c’est pas si compliqué de bien faire son boulot. Ca implique seulement un peu de boulot et de renoncer  à des pratiques putassières et irresponsables.



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jeudi 7 novembre 2019

Tchernobyl et Fukushima ; quand les Fake news peuvent tuer…


Le mythe du nuage de Tchernobyl : Bravo au Parisien et au Point !

Entre autres. Car l’accident industriel de Lumizol à Rouen a pour une fois été l’occasion pour une certaine partie de la presse de revenir sur ce mythe dangereux et manipulé à souhait par les écolos rétrogrades du nuage de Tchernobyl. Et de fait, certains journaux ont repris sans critique cette fake news : ainsi le Midi Libre qui évoque «  le nuage de Tchernobyl qui avait assombri toute l’Europe et s’était arrêté à nos frontières, comme pour mieux protéger nos salades de pleine terre » ou l’Union, qui rappelle « l’histoire du nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté pile à la douane ».
Tentative d‘humour mal placée de journalistes propagateurs de Fake news et de Fake science, et  qui mettent en fait en exergue leur ignorance ou leur mauvaise foi. Et titres et articles courageux du Point (Géraldine Woessner, L'increvable mythe du « nuage de Tchernobyl »et du Parisien ( Le nuage s’arrête à la frontière, de Tchernobyl à Rouen, itinéraire d’un mensonge qui n’en était pas un !), qui pour l’occasion, c’est à souligner, fait une belle et honnête autocritique de ses titres alarmistes de l’époque.


Résumé : 1) aucun scientifique, aucun ministre, aucun journaliste n’a jamais déclaré que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière ou n’avait pas survolé la France !

2) le seul élément en ce sens peut être trouvé dans un bulletin météo devenu célèbre dans lequel  une présentatrice explique qu'un anticyclone protège la France des vents en provenance de l'est jusqu'au 2 mai, le tout agrémenté d’un panneau stop du plus bel effet (c’était parfaitement exact au moment où elle parlait et elle précisait la date de validité de la prévision météo) ;

3) le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) est prévenu le 28 avril (l’accident a eu lieu le 26 avril 1986). Le  29 avril, le professeur Pellerin, patron du SCPRI, indique les valeurs mesurées en becquerels en Suède (de l'ordre de 10 Bq/m³, c'est-à-dire très proches de la radioactivité naturelle), et rassure logiquement : « C'est une activité notable, mesurable, mais qui ne présente aucun inconvénient sur le plan de la santé publique. (…) Je voudrais bien dire clairement que, même pour les Scandinaves, la santé n'est pas menacée. » Dès le 30 avril, un communiqué du SCPRI envoyé à la presse confirme l'arrivée du nuage radioactif et  signale « une légère hausse de la radioactivité atmosphérique sur certaines stations du Sud-Est, non significative pour la santé publique ». Autre communiqué, le 1er mai : « tendance pour l'ensemble des stations du territoire à un alignement de la radioactivité atmosphérique sur le niveau relevé le 30 avril dans le Sud-Est. Il est rappelé que ce niveau est sans aucune incidence sur l'hygiène publique. »Puis la radioactivité s'accroît dans l'Est. Dans le Nord-Est, région la plus touchée, l'activité atteindra 25 Bq/m3. C'est effectivement rassurant : dans certaines maisons, l'exposition naturelle au radon peut atteindre 1 000 Bq/m3 !

4) On sait aujourd'hui que, malgré la présence de plusieurs éléments radioactifs dans le nuage, seul le césium 137 a conduit à une contamination durable en France et que la contamination de surface n'a pas dépassé 1 000 Bq/m2 sur la majeure partie du territoire. Mais certaines zones ont été beaucoup plus touchées : sur les reliefs au sud des Alpes, en Franche-Comté, en Corse, les pluies ont amené des dépôts dont l'activité a dépassé 20 000, voire très localement 40 000 Bq/m2. Aucun effet sur la santé n'a jamais été mis en évidence, mais les polémiques, nourries par des études contradictoires, n'ont jamais cessé.

5) Donc le SCPRI et le Pr Pellerin n’ont jamais dit que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière et ont justement relativisé les risques. Aucun cancer, aucun effet biologique n’a pu être  en France attribué au fameux nuage. Le Pr Pellerin a gagné tous ses procès y compris celui que lui avait intenté la CRIIrad de Michèle Rivasi,  fondée pour l’occasion et qui depuis plus de trente ans prospère sur la culture industrielle des Fake news et l’exploitation des peurs (cf. encore cet été 2018 la grosse farce des contaminations au tritium)

Mais fake news et peurs ont eu de terribles conséquences à Fukushima. Ils ont tué !

Fukushima : ce n‘est pas l’accident nucléaire, c’est l’évacuation qui a tué !

Le vendredi 11 mars 2011 à 5 h 46 min 23 s UTC, soit 14 h 46 min 23 s heure locale, a lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, dans la région de Tōhoku, situé à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Cinquante-et-une minutes plus tard10, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits, parcourant jusqu'à 10 km12 à l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. Bilan : 15 689 morts

Quatre centrales nucléaires se situent sur la côte nord orientale et se sont arrêtées automatiquement à la suite des premières secousses : les centrales de Fukushima Daiichi, de Fukushima Daini, d’Onagawa et de Tokai. Les seules conséquences graves se sont produites à Fukushima où les diesels de secours n’étaient pas placés suffisamment en hauteur, le réacteur n’étant plus refroidi et ne pouvant être arrêté, cela même à la fusion des cœurs des réacteurs 1 à 3 avec le corium perçant les cuves des réacteurs pour au moins en partie s’épandre sur le socle en béton . (NB : pas possible avec un EPR grâce au récupérateur de Corium). Entre le 12 et le 15 mars, l’accumulation d’hydrogène mène à l’explosion des rois réacteurs. C’est l’accident nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl.)

Cependant, les émissions de radioactivité restent relativement faibles. Au-delà d'une dizaine de kilomètres de la centrale, le niveau de radiation moyen n'a pas dépassé 100 µGy h−1, débit de dose en dessous duquel aucune pathologie n'est plus observée en laboratoire même pour des expositions chroniques. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les conséquences sanitaires anticipées des doses d'irradiations reçues par les populations sont minimes en 2013. Pour l'UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants), les doses reçues par la population auront finalement été trop faibles pour entraîner un risque significatif de cancer ou un impact sanitaire quelconque, y compris pour les populations non évacuées qui n'auront été exposées qu'à quelques milli-sieverts.

Bilan final : 2 morts ( 2 ouvriers de la Centrale,  un d’épuisement sur le chantier , un autre d’un cancer probablement du à son exposition). Comme prévisible d’après les mesures de radioactivité, zéro cancer induit dans la population.

Par contre, l'épuisement mental et physique liée à l'évacuation forcée à la suite de l'évacuation de Fukushima a été la cause principale de la mort immédiate de 34 morts, principalement des personnes âgées troublées par la perturbation apportée à leur condition de vie ; sur les 300 000 personnes de la préfecture de Fukushima qui ont évacué la zone, jusqu'en août 2013, d'après les chiffres de la Croix-rouge, approximativement 1600 morts seraient liées aux conditions d'évacuation, comme l'hébergement en abris d'urgence ou en logement temporaire, l'épuisement dû aux déplacements, l'aggravation de maladies existantes consécutives à la fermeture d'hôpitaux, les suicides, etc. Bilan de l’évacuation : 1600 morts.

Or, la grande majorité de ces évacuations étaient inutiles, compte-tenu de la radioactivité dégagée ! Seule l’évacuation initiale du 11 mars dans un rayon de 2 km était justifiée, compte-tenu des incertitudes à ce moment là. Injustifiées et mortelles les évacuations du 12 mars (rayon de 10 km à 5 h 44 puis à 20 km à 18 h 25) ! Et encore plus injustifié et mortelle, le 11 avril, l’ évacuation volontaire allant au-delà des 30 km est instituée.
1600 morts contre 2 morts pour l’accident nucléaire ! Voilà l’effet des rumeurs et des Fake news sur le nucléaire, voilà l’oeuvre des marchands de peur ! 

Soma : « Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. »

Il faut lire le témoignage poignant, de maire de Soma, une petite ville de 37.000 habitants, à 45 km de Fukushima.  Dans cette communauté soudée, au mode de vie traditionnel, complètement dévastée par le tsunami,  la question de l’évacuation a été posée. Et grâce au sang-froid des édiles, qui ont réclamé des  moyens d’évaluer eux-mêmes  la radioactivité, décidé rationnellement et refusé de céder à la panique, aucun mort supplémentaire n’a été à déplorer.

« Mais nous ne nous rendions pas compte que nous serions assaillis par un deuxième « démon », cette fois du comté lointain de Futaba, à 45 km de là. Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. Alors que la catastrophe nucléaire s'intensifiait sans relâche, les reportages frénétiques qui ont duré toute la journée ont suscité la terreur, non seulement chez les personnes vivant près de la centrale, mais dans tout le pays. À partir du moment où le gouvernement national a ordonné aux habitants dans un rayon de 20 km autour de la centrale d'évacuer, les citoyens de Soma ont commencé à vouloir s'enfuir loin, et ce sentiment a commencé à se répandre…Pour ce qui est de la question nucléaire, nos concitoyens éprouvent maintenant beaucoup d'anxiété à cet égard, et j'aimerais l'envisager en fonction de deux objectifs distincts. L'une consiste à veiller à ce que nos concitoyens ne subissent aucun dommage à leur santé en raison des radiations de la centrale; l'autre est de s'assurer qu'ils ne finissent pas par changer la façon dont ils vivent leur vie quotidienne en raison de l'anxiété au sujet des radiations…C'est la voie que Soma suit. Le problème nucléaire ne change rien à cela. Nous continuerons à planter un pied fermement devant l'autre pour suivre le parcours que nous avons choisi »

(Dealing with Disasters of Unprecedented Magnitude: The Local Government’s Tribulations and the Road to Reconstruction, https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-4-431-55558-2_1)
(Excess mortality due to indirect health effects of the 2011 triple disaster in Fukushima, Japan: a retrospective observational study BMJ,https://jech.bmj.com/content/71/10/974) ; Mass evacuation and increases in long-term care benefits: Lessons from the Fukushima nuclear disaster, https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0218835)

Précision sur les cancers de la thyroïde : certains militants antinucléaires prétendent que plus de 100 diagnostics de cancer de la thyroïde ont été trouvés chez les enfants de Fukushima. Fake Science ; Fake news ! Le rayonnement ne peut pas être la cause, puisque la maladie prend quatre ou cinq ans à se développer après l'exposition. En fait, il a été démontré que les cas de thyroïde étaient le résultat du dépistage massif des enfants dans la préfecture à l'aide d'équipements ultrasensibles, détectant même de faibles anomalies sans significations cliniques Les taux de détection à Fukushima étaient similaires à ceux trouvés en utilisant le même équipement dans d'autres préfectures japonaises non irradiées. Comme en France après Tchernobyl, les irradiations constatées sont trop basses pour provoquer quelque cancer que ce soit, même de la fragile thyroïde, et c’est bien confirmé.



mercredi 31 juillet 2019

Tritium et boule de gomme : les marchands de peur


L’Acro frappe un grand coup…de propagande « écolo ». Le grand bluff

Il y avait déjà eu une première tentative de l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest), « association citoyenne d'information et de surveillance de la radioactivité » début juillet avec la dénonciation de la « présence de tritium » dans la Loire (cf. blog précédent https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/07/tritium-dans-la-loire-information-et.html)
.
Ca n’avait pas trop bien marché, petite reprise locale et rapidement un communiqué de l’ASN (autorité de Sureté Nucléaire) assez largement repris et remettant les choses (c’est-à-dire rien) au point.

Mais après ce coup d’essai qui n’était pas un coup de maître propagandiste, l’Acro a récidivé. En grand. Et le premier à se faire avoir fut le Canard Enchainé ( d’habitude mieux inspiré, qu’ils arrêtent l’eau et reviennent au julienas !)

 L’histoire commence le 16 juillet. En fin de journée circule en ligne un article de l’édition du lendemain du Canard Enchaîné intitulé «De l’eau potable assaisonnée à la radioactivité». Sur quatre colonnes, l’hebdomadaire évoque ces «6,4 millions de Français, dans 268 communes, [qui] boivent sans le savoir de la flotte au tritium, un radioélément recraché par les installations nucléaires». La source :
un rapport de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (Acro).

Ce document est également médiatisé par des élus écologistes des conseils régionaux des Pays-de-la-Loire, de la Nouvelle-Aquitaine et du Centre-Val-de-Loire, qui interpellent les autorités dans un texte commun, également publié le 16 juillet. Signalons un tweet depuis effacé de l’ineffable, l’immanquable Michèle Rivasi, appelons les mères à ne pas utiliser d’eau du robinet pour les biberons.
A la mi-journée, le 17, c’est l’Agence France-Presse qui consacre une dépêche à cette étude : «Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », titre l’AFP. S’ensuit une avalanche d’articles reprenant cette dépêche sur le mode anxiogène. «A force de titres alarmistes et d’infos copiées-collées sans mise en perspective scientifique, un rapport sur la présence à très faibles doses de tritium (hydrogène radioactif) dans l’eau potable en France a pris des airs de catastrophe nucléaire de grande ampleur», résume Arrêt sur images. Le Parisien reprend le communiqué de l’ACro et dénonce une « contamination » radioactive de l'eau alimentant 6,4 millions personnes en France. Selon elle, 268 communes sont concernées, dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France. Dans un second temps, Le Parisien, après un second titre alarmiste et devenu schizoprène,  titre  finalement « Gare aux fake news». C’est bien, c’eût été mieux avant !

Car entre temps, la panique s’est répandue. Sur les messages sociaux circule un enregistrement audio d’une femme se disant infirmière à Bichat : «Je vous fais ce message pour vous dire de ne surtout pas boire l’eau du robinet. Parce qu’étant infirmière […] au niveau des hôpitaux de Paris, à Bichat, on a reçu un arrêté préfectoral à l’instant disant que toute l’eau de l’Ile-de-France et de Paris a été contaminée au titanium donc est radioactive. […] A priori, ils n’ont pas trop l’intention de prévenir en fait au niveau national. Donc du coup à l’hôpital ben on prévient tous nos proches. Donc je vous fais ce petit message : ne buvez pas l’eau du robinet […] . L’Assistance publique de Paris reçoit de nombreux appels affolés des Samu et de particuliers. Une internaute témoigne : « A Rueil Malmaison la direction d’un foyer pour enfants a interdit la consommation d’eau du robinet car elle serait selon eux contaminée (4,2 Bq/L à Rueil) et de nombreuses personnes de mon entourage ont par peur acheté plusieurs packs d’eau minérale. »

Et maintenant la réalité :

« Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires », reconnaît l'association elle-même alors que la moyenne de ces relevés est de 9 Bq/L !!!!

Donc, il n’y a rien, rien à dire, absolument rien. Et au lieu de « Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », c’est bien plutôt :
« Une association confirme que 6 millions de français ont accès à une eau qui respecte le critère de qualité de 100 Bq/L (Becquerel par litre) » Point, Punkt, Punto…

Au passage, corrigeons en admirant la sophistique de l’ACRO : « le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires » n’a en fait rien de sanitaire. Ce seuil de 100 Bq/L, précise l’Autorité de Sureté nucléaire (ASN)  « ne représente pas une limite sanitaire » mais simplement une limite réglementaire qui doit entrainer une investigation pour vérifier l’origine de cette radioactivité, qui est sans danger pour la santé. En ce qui concerne la potabilité, l’OMS considére « une valeur guide de 10 000 Bq/L pour le tritium dans l'eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l'eau ». Soit cent fois plus !!!

Ne pas en rester là ! No fake science !

Donc, en pleine canicule, une véritable panique a été créée…à partir de rien. Les hôpitaux de Paris , la Préfecture, l’ASN ont dû multiplier les communiqués pour tenter de rassurer l’opinion et réparer ou éviter les dégâts possibles de la petite et méprisable manipulation de l’ACRO. Qui aurait pu avoir des conséquences graves si des personnes âgées ou des enfants avaient renoncé à s’hydrater sur la foi de ces fake news.

Plainte a été déposée contre l’auteur anonyme de l’enregistrement audio – la prétendue infirmière de Bichat. C’est bien le moins. Il serait aussi souhaitable que l’Acro ait à répondre de ses manipulations. Elle possède un agrément de l’ASN pour son laboratoire, sur son site, elle se dit « agréée de protection de l’environnement dans le cadre des régions de Basse-Normandie et de Haute-Normandie » et sans doute touche-t-elle des subventions. Il est peut-être temps d’y mettre fin.

Se pose aussi la question du traitement des informations scientifiques par les media. Et justement juste avant cette affaire venait de paraitre une pétition initiée par le groupement NoFakeScience, « collectif de citoyen·ne·s qui s'est réuni autour d'une préoccupation majeure : le traitement actuel de l'information scientifique dans les médias. Une pétition en ligne a été lancée, dont voici le début :

« Nous, scientifiques, journalistes et citoyen·ne·s préoccupé·e·s, lançons un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias, ainsi que sur la place qui lui est réservée dans les débats de société. À l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyen·ne·s. »

Bien que n’étant pas fan de l’écriture dite inclusive, à lire et à signer absolument, le sujet est trop important (https://nofake.science/tribune/)

Au-delà, nous savons bien quelles sont les causes de cette affaire et du comportement de l’ACRO : la haine irrationnelle, misologue, rétrograde, absolue, imbécile de certains écologistes contre le nucléaire civil. Eh bien qu’ils nous expliquent comment ils comptent sauver le climat sans nucléaire – tiens les Allemands, en cette période de canicule rejettent 8 fois plus de CO2 que nous !!! Oui, les manigances et mensonges de ces imbéciles malfaisants doivent être dénoncées sans relâche et sans compromis…car ils savent très bien ce qu’ils font : calomniez, mentez, terrorisez,  il en restera toujours quelque chose, un fond vague de nuage de tritium sur le nucléaire….

Complément sur la radioactivité du tritium – et les célèbres bananes !

Le tritium est un émetteur beta pur. En se désintégrant, avec une demi-vie d'environ 12 ans, il émet un rayonnement beta, un électron. En l'occurrence, un rayonnement de très faible énergie : 5,7 keV en moyenne. C'est 33 fois moins que l'énergie du beta du Césium 137 ! En plus de ça, vu qu'il est sous la forme d'eau, il est très vite métabolisé et évacué : il ne séjourne pas longtemps dans l'organisme s'il y pénètre. C'est à dire qu'il faut des niveaux de radioactivité (en becquerels) très très élevés pour avoir des doses (en sievert, qui permettent d'évaluer un impact sanitaire) significatives.

Les facteurs de dose  sont des coefficients qui permettent de passer, en cas de contamination interne, des activités (en Bq) aux doses (en Sv). Autrement dit, pour une quantité de radioactivité égale, ils donnent la radiotoxicité, le risque.
Pour l'eau tritiée, dans le pire cas (c'est à dire chez l'enfant d'un an), on est à 64 pSv/Bq. Oui, picosievert (1/1000000000000)
En comparaison, le potassium 40, il balance du 62 nSv/Bq, car sa désintégration beta est très énergétique.(1/1000000000).
Donc le tritium sous forme d'eau tritiée est 1000 fois moins radiotoxique que le potassium 40, à quantité de radioactivité égale.

Or, les très chères bananes contiennent chacune 20 Bq de potassium 40. Donc considérez qu'en termes de radiotoxicité chez le bébé, 20 000 Bq d'eau tritiée valent une dose équivalent banane.

Si on vous parle d'eau à 10 Bq/L, ce qui est le cas en moyenne selon les mesures de l’Acro, il faut en boire 2000 L pour prendre la même dose qu'en mangeant une banane.

Évitez de faire ça d'une traite. Sur le bébé, mais même sur vous. La radioactivité risque d'être un problème secondaire
(Pour ceux qui auraient pas reconnu, c’est l’humour de Tristan Kamin, rien de mieux ! j’ai repris ces données sur son indispensable thread twitter (https://twitter.com/TristanKamin)

Pour ceux qui aiment bien les bananes, ne manquez pas  veritasium : Most radioactive places on earth !!!  (https://www.youtube.com/watch?v=TRL7o2kPqw0)
                                  
Bon d’autres données :
Vivre à côté d’une centrale nucléaire : 0.002 mSv
Dose reçue en dormant chaque nuit à côté d’un être humain : 0.05 mSv
Dose moyenne en France d’exposition naturelle au radon : 1.4 mSv
Exposition médicale moyenne en France : 1.6 mSv
Radioactivité des zones granitiques de Bretagne : 5 mSv
Dose reçue par le personnel des vols Paris Tokyo : 9 mSv
Dose limite d’exposition pour les travailleurs du nucléaire : 20 mSv
Radioactivité naturelle au Kerala en Inde : 70 mSv
Niveau de référence pour l’exposition professionnelle d’urgence : 100 mSv
Eau tritiée de l’ACRO : 0.0000006 mSv/l