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mercredi 30 janvier 2019

Pacta sunt servanda (2) Le traité de Marakech


Pourquoi Pacta sunt servanda ? Parce que ça fait deux fois en moins d’un mois qu’on nous fait le coup, avec le Traité franco-allemand d’Aix la Chapelle, sujet d’un blog précédent  et avec le traité de Marrakech sur les migrations- sujet de ce blog. Quel coup ? Et bien celui-ci : C’est un traité que nous signons, bon d’accord, il n’a pas été vraiment discuté, ni au Parlement, ni devant l’opinion publique, mais c’est pas bien grave, c’est un traité pour rien, un traité qui ne change rien, un traité qui n’engage à rien ! Vraiment ?
Pacta sunt servanda, c’est l’ adage universel des relations internationales, les traités doivent être respectés. Alors, il est peut-être bon d’aller un peu voir ce qui se cache derrière – et rappeler qu’en tout état de cause, il est inadmissible de signer ainsi des traités engageant le pays en catimini- même Jupiter n’avait pas ce pouvoir !
Et il y a quand même des points assez inquiétants…
Le « grand remplacement » et le rapport des Nations Unies sur l’immigration de remplacement
Le fait que l’ONU veuille imposer aux pays européens un «  grand remplacement »  de leur population par l’immigration est-elle une fake news sans consistance relayée par les réseaux d’extrême droite, comme le clament à l’envie les hordes de chevaliers blancs de la contre désinformation au service des media main stream ?
Ben, faut voir ! Ce qui existe très officiellement, c’est un court rapport publié en 2000 de la division de la population des nations unies sur les migrations de remplacement.
Ce rapport, disons-le tout de suite, est purement scientifique.
Il indique que, entre 1995 et 2050, la population du Japon et celle de quasiment tous les pays d’Europe va diminuer. Dans de nombreux cas, dont ceux de l’Estonie, la Bulgarie et l’Italie, les pays vont perdre entre un quart et un tiers de leur population. Le vieillissement de la population sera généralisé et l’âge médian atteindra des niveaux sans précédents. Par exemple, en Italie, l’âge médian passera de 41 ans en 2000 à 53 ans en 2050. Le rapport de support potentiel, c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) par personne de plus de 65 ans, diminuera souvent de moitié, de 4 ou 5 à 2.

Dans les 50 prochaines années, les projections indiquent qu'en raison de la faible fécondité et de l’accroissement de la longévité, les populations de presque tous les pays développés seront moins nombreuses et plus âgées. En revanche, la population des Etats-Unis augmentera de près d’un quart. La variante moyenne des projections des Nations Unies indique que, parmi les pays étudiés, c’est l’Italie qui subira la plus grande perte relative de population, moins 28 pour cent entre 1995 et 2050. La population de l’Union européenne dépassait celle des Etats-Unis de 105 millions en 1995, mais lui sera inférieure de 18 millions en 2050.

Le rapport s‘efforce ensuite d’évaluer l’apport d’immigration qui serait nécessaire si l’on suite maintenir la population totale des pays européens, ou bien, pour maintenir la population en âge de travailler.
En ce qui concerne la population totale, pour l’Union européenne, une continuation des niveaux d’immigration observés dans les années 1990 suffirait presque à éviter une diminution de la population totale, tandis que pour l’Europe dans son ensemble, il faudrait deux fois le niveau d’immigration observé dans les années 1990. L’Italie et le Japon auraient besoin d’une forte augmentation de leur nombre d’immigrants. Par contre, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis pourraient maintenir leur nombre d’habitants en recevant moins d’immigrants que par le passé.

Le nombre d’immigrants nécessaires pour éviter le déclin de la population en âge de travailler est supérieur au nombre d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale. Dans quelques cas, notamment ceux de la République de Corée, de la France, du Royaume-Uni ou des Etats-Unis, ces chiffres sont de deux à quatre fois plus élevés. En proportion de la taille de leur population, l’Italie et l’Allemagne auraient besoin du plus grand nombre d’immigrants pour maintenir leur niveau de population active. Chaque année, l’Italie aurait besoin en moyenne de 6.500 immigrants par millions d’habitants et l’Allemagne de 6000
Si les flux d’immigration atteignaient ces niveaux, les immigrants d’après 1995 et leurs descendants formeraient une fraction impressionnante de la population totale en 2050, de 30 à 39 pour cent dans les cas du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie. ( Si ça, c’est pas du « grand remplacement » ?)

On le voit,  ce rapport purement scientifique vise à répondre à la question « les migrations de remplacement : s'agit-il d'une solution au déclin et au vieillissement des populations? » Et la réponse est plutôt que la migration de remplacement est plus utile en tant qu'outil analytique ou hypothétique et qu’elle «  est largement perçue comme une façon irréaliste de lutter contre le vieillissement de la population. »
En ce qui concerne l’effondrement de la population active, une solution efficace à privilégier serait le recul de l’âge de la retraite. En ce qui concerne la diminution de la population globale, dans une étude critique du rapport, le jeune démographe québécois Christophe Marois souligne la forte dépendance des chiffres en fonction de la fécondité : Pour le Québec, une simple hausse de la fécondité de 1.55 (tuax actuel) à 1.75 enfants par femme suffirait à maintenir la population totale sans augmentation de l’immigration, qui pourrait être maintenue à son niveau actuel ; une baisse à 1.4 devait par compte entrainer une forte augmentation du niveau d’immigration à 70 000 par ans.

On ne peut donc pas dire que la tonalité générale du rapport encourage ou  incite les pays à recourir à une « immigration de remplacement » - ce serait même plutôt le contraire ! Répétons-le, si l’on souhaite maintenir la population active en Allemagne ou en Italie par le seul moyen de l’immigration de remplacement, cela signifie qu’en 2050,  30 à 39 pour cent de la population sera d’origine immigrée.
Ce n’est certes pas une perspective encourageante, même si elle n’a naguère guère semblé effrayer Angela Merkel et le patronat allemand. !

Le pacte de Marrakech

Venons-en au pacte de Marrakech, ou « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Disons-le tout de suite, la lecture de ce genre de littérature est déprimante au plus haut point, tant est elle génère l’impression très prégnante que l’on cherche à vous rouler dans une farine diplomatique. Napoléon disait qu’une Constitution doit être courte et obscure- de façon à laisser la plus large interprétation possible au pouvoir en place- eh bien, c’est la même chose, en pire - long, obscur et surtout contradictoire.

Donc d’un côté, le Pacte de Marrakech ne remet pas en cause la souveraineté des États en matière de politique migratoire, qui est réaffirmée dès le Préambule, et même élevée au rang de « principe directeur » du texte. Il rappelle  (a) que les États ont la prérogative de déterminer qui ils admettent sur leur territoire. Il ne prescrit ainsi aucun objectif d’augmentation du nombre de migrants dans un pays donné. Il ne remet pas en cause (b) la capacité des États à distinguer entre migrants réguliers et irréguliers dans la mise en œuvre de leurs politiques, le cas échéant en réservant aux migrants réguliers le bénéfice de certaines prestations (merci !). (c) En ce qui concerne l’immigration irrégulière,  les États sont incités à coopérer en matière de contrôle des frontières « en prévenant la migration irrégulière » ; le pacte prévoit de renforcer l’information des migrants sur les risques liés à la migration irrégulière afin de la décourager et rappelle par ailleurs l’obligation des pays d’origine de réadmettre leurs ressortissants. Il appelle même, dans l’un de ses premiers articles, à (d)  « lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine ».

Dont acte ; continuons !

Ainsi, les États « sont encouragés à garantir des voies de migration régulière »  et s’engagent à  faciliter et à garantir des migrations sûres, ordonnées et régulières, (contradiction avec le point d ?). Ils s’engagent « à faire en sorte que tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire, puissent exercer leurs droits de l’homme en leur assurant un accès sûr aux services de base … et à renforcer les systèmes de prestation de services accessibles aux migrants, étant entendu que les nationaux et les migrants réguliers sont susceptibles de bénéficier d’une gamme de services plus étendue, tout en veillant à ce que toute différence de traitement soit fondée en droit  ( en droit de qui, de quoi ? contradiction avec  le point b ?). Ils s’engagent à« promouvoir le respect mutuel des cultures, des traditions et des coutumes entre les communautés d’accueil et les migrants » (contradiction avec la doctrine française de l’assimilation- rappelons que la France a été condamnée par l’ONU à propos de ces lois limitant le port du voile islamique.  A « permettre la participation des migrants à la vie politique de leur pays d’origine, y compris aux processus de paix et de réconciliation, aux élections et aux réformes politiques » (compte-tenu des situations politiques, ça risque parfois de poser des problèmes).

C’est déjà un peu plus inquiétant, bourré d’injonctions doublement ou triplement contradictoires, à se faire des nœuds dans le cerveau. Continuons.

Les Etats « s’engagent aussi « à encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues ». « Nous nous engageons également à encourager un débat public ouvert, fondé sur l’analyse des faits et associant l’ensemble de la société, le but étant que la question des migrants et des migrations soit abordée de façon plus réaliste, humaine et constructive. « 

Les Etats s‘engagent à « promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse »
Les Etats s’engagent à « favoriser les campagnes de sensibilisation à l’intention des communautés d’origine, de transit et de destination, le but étant d’amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières, sur la base d’éléments tangibles et de faits, et de mettre un terme au racisme, à la xénophobie et à la stigmatisation à l’égard de tous les migrants »
Oui, il y a ça dans le Pacte de Marrakech. Et cela peut je crois, tout à fait légitimement soulever des  inquiétudes quant à liberté d’opinion et d’expression et à la liberté de la presse, sans compter que ça commence à ressembler à un appel à organiser un lavage de cerveau en faveur du Grand Remplacement.

Malgré un flot de circonlocutions et de circonvolutions, l’idée générale du pacte est tout de même assez évidente : l’immigration va connaître un essor important et inéluctable, les Etats signataires sont invités à faire de leur mieux afin que cela se passe aussi bien que possible, et toute approche défensive envers le phénomène migratoire est blâmée et les pays signataires sont invités à renoncer à toute tentative en ce sens.

Alors reste cette remarque finie, mille fois répétée par les bons commentateurs autorisés, et qui me rend mille fois furieux :  « Le pacte n’est pas juridiquement contraignant. Rien dans le pacte ne permettra donc de contraindre un État à appliquer ces instruments s’il ne peut pas ou ne veut pas les appliquer au vu du contexte national »

Ah Oui ? Dans le Pacte de Marrakech figure 46 fois l’expression «  nous nous engageons » en 51 pages. Et ça n’engagerait à rien ? Moi, je sais pas, il y a peut-être là une incompréhension formidable entre le charabia diplomatique et le sens commun ; parce que (atavisme corse ?), si je dis à quelqu’un je m’engage à , et ben, pour moi, c’est beaucoup plus fort que n’importe quel pacte ….

Et pourquoi signer des pactes s’ils ne nous engagent à rien ? Peut-être la réponse est-elle dans Saint Augustin : « A force de tout voir on finit par tout supporter... A force de tout supporter on finit par tout tolérer... A force de tout tolérer on finit par tout accepter... A force de tout accepter on finit par tout approuver ! » Il s’agirait bien de nous faire entrer de force dans l’esprit et le cœur le caractère inéluctable et bénéfique du «Grand Remplacement ? ( ce que ne faisait pas le fameux rapport des Nations Unies)

Pacta sunt servanda, et l’on peut légitimement s’en inquiéter.

Mentionnons enfin que 13 officiers généraux opposés à l’adhésion de la France au pacte de Marrakech ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Réaction du ministère de la défense ;  « ils ne répondent pas à leurs obligations statutaires et s’exposent de ce fait à des sanctions disciplinaires, dont nous apprécierons l’opportunité dans les jours à venir ». Vive la démocratie Macronienne, 

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samedi 14 juillet 2018

Raisons de détester l’Eurokom 8 : A la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne

Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

Nous serons tous sacrifiés à l’Automobile Allemande

Volkswagen (avec Audi et Porsche), Mercedes et BMW représentent près de 80 % du marché mondial de l'automobile "premium". Mais cette industrie accumule les scandales dont l’emblématique Dieselgate aux multiples rebondissements : le groupe Volkswagen, de 2009 à 2015, a utilisé différentes techniques visant à réduire frauduleusement les émissions polluantes (de NOx et de CO2) de certains de ses moteurs diesel et essence lors des tests d'homologation. Plus de 11 millions de véhicules de ses marques Volkswagen, Audi, Seat, Škoda et Porsche sont concernés à travers le monde. L'affaire, sans équivalent dans l'histoire automobile, est révélée en septembre 2015 par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) et a entraîné la démission du président du directoire du groupe, Martin Winterkorn. James Liang, ancien haut responsable de Volkswagen USA, est aujourd’hui en prison. A cela s’ajoute le monkey gate- les singes utilisés pour démontrer l’innocuité des rejets.

Peut-on se fier à une industrie qui multiplie les scandales depuis deux ans ? A une technologie qui, malgré les progrès annoncés en matière de dépollution sur les moteurs les plus récents, accumule un si lourd bilan ? Le crépuscule du diesel est annoncé, en Allemagne, le pourcentage de véhicules diesel est en chute libre (38,8 % des nouvelles immatriculations) et certaines villes ont programmé l’interdiction du Diesel à court terme. Les Chinois sont de plus en plus exigeants en matière de pollution et de réchauffement climatique et développent des véhicules électriques et le président Trump, qui s’énerve de voir le déséquilibre entre important de véhicules allemands aux US et exportations de véhicules américains en Europe menace de yaxer ces importations. 

L’automobile allemande, deutsche qualitat ou pas, est menacée, et l’Allemagne avec. Alors, lorsqu’à Sofia le 30 avril 2018, les Européens se réunissent pour tenter de taxer enfin les Gafa sur leur chiffre d’affaire réel dans chaque pays afin de limiter leurs optimisations fiscales, eh bien l’Allemagne dit non !  Pas question de risquer d’irriter les USA et d erisquer de les voir taxer les précieuses voitures allemandes. Et lorsque les taxes US deviennent effectives, l’Allemagne propose, sans consulter la Commission de Bruxelles et es partenaires européens…une baisse générale et internationale des taxes sur les voitures.

Bravo, bien joué : les voitures allemandes de luxe pourront continuer à être exportées, tandis que les voitures françaises de moyenne gamme seront davantage soumises à la concurrence asiatique. Génial. Et c’est ainsi que les allemands font de la politique européenne !

Vive le charbon allemand et merde au climat !

La décision de Mme Merkel en 2011 de sortie du nucléaire a évidemment renforcé le charbon et la très polluante et très inefficiente lignite pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables – La production des centrale à houille couvre 17% du mix énergétique, et les centrales à lignite 23.1%. Bilan : les Allemands se moquent de leurs engagements climatiques et de ceux de l’Europe, leurs dégagements de gaz à effets de serre augmentent – il génèrent deux fois plus de GES par habitant que les Français et sont parmi les plus grands émetteurs mondiaux. Et, au gré des vents, les épisodes de pollutions s’accroissent, à l’est ou à l’ouest de l’Allemagne.

Vive non seulement le charbon, maos aussi la lignite ! L’Humanité du 6 juin 2018 raconte copmment, dans les trente dernières années, près de trente mille personnes ont dû quitter leurs villages et près de trois cent villages ont été détruits pour permettre l’extension de la mine géante de charbon de Garzweiler. Et ça ne s’arrête pas , bien au contraire :  l’électricien RWE, propriétaire de la mine accélère : le village de Keyenberg, ses fermes classées, ses mille habitants, ses églises historiques, tout va disparaitre et être sacrifié au charbon allemand. L’Allemagne s(est engagée à sortir du charbon en 2030 ? Les charbonniers allemands font comme s’ils n’avaient pas entendue, planifient leurs exploitations jusqu’en 2045 au moins, continuent à ouvrir de nouvelles mines- quitte à réclamer une indemnisation si l’Etat se décide un jour à arrêter leur exploitation. D’ailleurs, ils ont raison, puisque la ferlmeture du nucléaire a entriané une augmentation de la consommation de charbon.

Bref, l’Allemagne se moque dans les grandes largeurs du chaos climatique et de la pollution, et personne ne le lui reproche !

 L’immigration, c’est quand et comment ça arrange l’Allemagne

Dans un blog précédent (L’Eurokom, son immigration, sa démographie), je rappelais comment en 2015, Angela Merkel avait décidé d’ouvrir très grand « Wir Shaffen das » ! les portes de l’immigrations en proposant d’accueillir un million d’émigrés et de réfugiés- compte-tenu de la démographie allemande, le patronat était très demandeur d’immigrés dociles et travailleurs, qu’il espérait facile à former. Les agressions sexuelles en meute de la Noël 2016, la déception du patronat quant à la facilité d’adaptation et à la volonté de travail de leur recrues, la colère d’un peuple allemand qui n’avait guère était consulté, et la politique a changé. Plus question d’accepter en Allemagne des immigrés ayant d’abord traversé un autre pays européen – les « dublinés ». C’est facile, quand on est un pays central, et que du coup, on laisse l’Italie se débrouiller face à une vague migratoire inédite- et que même de généreux bateaux allemands vont récupérer auprès des passeurs libyens des immigrés qu’ils ramènent dans les ports italiens.

L’immigration, c’est quand et comment ça arrange l’Allemagne.

L’euro, c’est comment ça arrange l’Allemagne !

Pendant la réunification allemande entre 1990 et 2001, les pays européens, dont la France au premier chef, dans le cadre du serpent monétaire, ont accepté de payer des taux d’intérêts plus élevés que leur seule situation l’autorisait : ils ont ainsi participé au financement de cette réunification. La contrepartie, dans l’idée de Mitterrand avait une contrepartie, l’acceptation par l’Allemagne d’une monnaie commune et unique, l’euro, d’une unification monétaire prélude à une unification économique plus importante devant apporter puissance et prospérité.
De monnaie commune, il n’y eut pas : l’euro est une monnaie allemande, faite pour servir les intérêts allemands. L’euro n’est pas fait pour soutenir l’activité économique dans la zone euro, , il n’est pas fait pour faciliter les exportations françaises, italiennes, espagnoles – il est pile poil réglé pour les intérêts de l’industrie allemande. L’euro n’est pas là pour faciliter la convergence des économies européennes ; bien au contraire, faute de transferts massifs ( comme entre les différents états US), il en accentue la divergence ; l’euro renforce l’industrie allemande et participe à la désindustrialisation de la France, de l’Espagne, de l’Italie.

Faute de transferts budgétaires massifs d'un pays à l'autre, la divergence des économies est appelé à croître-et de transferts massifs, il semble désormais clair qu'il n'y aura pas.

Surtout l’euro sert d’abord à ce qui constitue l’objectif principal de l’Allemagne, compte-tenu du grand problème allemand, le problème démographique : la protection des avoirs des retraités allemands. L’euro est une monnaie de vieux épargnants soucieux de préserver leur capital-retraite. De retraités allemands ; car pour les retraites en France, en Espagne, en Italie, pour ne rien dire de cette boucherie économique absolue que fut le « plan d’aide » à la Grèce. Lequel plan fut d’abord un plan d’aide à l’euro : pour un temps, les Allemands eurent vraiment peur pour l’euro, pour un euro qui sert si bien leurs intérêts.

En fait l’Allemagne a voulu exercer une domination monétaire sur l’ensemble de la zone euro, parce qu’elle n’a confiance en personne pour gérer « sa » monnaie. Fréderic Lordon a parlé de cet hégémon monétaire qui, pour fonctionner exige différentes conditions : 1) veiller à ne pas laisser sa balance courante devenir par trop excédentaire, voire la maintenir déficitaire, pour soutenir l’activité dans la zone, équilibrer les autres balances et éviter les crises de change (ou bien, en régime de monnaie unique, les ajustements meurtriers de la « dévaluation interne ») ; 2) assurer la fonction névralgique de fournisseur en dernier ressort de la liquidité internationale. S’établir confortablement dans la position du prêteur international en dernier ressort suppose en effet une « complexion monétaire » telle que celle des Etats-Unis, entièrement décontractés avec l’idée de création monétaire, aisance et coudées larges auxquelles le système financier mondial doit d’avoir été sauvé du désastre à plusieurs reprises depuis 1987, et encore depuis 2007-2008.

Or l’Allemagne a une phobie furieuse de la création monétaire - une majorité d’Allemands désire que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe impose l’arrêt du programme de rachat de dettes souveraines de la BCE (OMT) lors de la crise des dettes souveraines de 2010-2013.- le premier opposant étant le président de la Bundesbank !

Bref l’Allemagne a voulu tous les avantages de la direction de l’euro sans en assumer aucun des devoirs. « C’est avec cette force lancée droit devant elle, sans but ni raison autre que le maintien à tout prix de sa raison monétaire à elle, avec cette force dont on se demande alors ce qu’elle fait embarquée dans cette aventure collective qui fondamentalement ne lui convient en rien, puisque le partage de la souveraineté monétaire était dès le début voué à lui être une plaie vive, c’est avec cette force aveugle et sans projet au-delà d’elle-même, donc, que les Européens s’obstinent à vouloir une monnaie partagée » (Frédéric Lordon)



vendredi 29 juin 2018

Raisons de détester l’Eurokom 7 : L’Eurokom, son immigration, sa démographie


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

L’Europe stupide - La crise des réfugiés de 2015- la désunion européenne

Dans les années 2010, un grand  nombre de migrants — certains étant des réfugiés — arrivent dans l'Union européenne via la mer Méditerranée et les Balkans, depuis l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud. L'Europe fait alors face à l'une des plus importantes crises migratoires de son histoire contemporaine. En 2015, la chancelière allemande, Mme Merkel, annonce fièrement qu’elle compte accueillir de 800 000 à 1 millions de migrants – Wir shaffen das- nous y arriverons ! (31 août 2015). 

Cette démarche semble obéir à deux motifs principaux : 1) l’effondrement démographique de l’Allemagne[ : si rien n'est fait, la population allemande va décliner passant de 81,1 millions d'habitants mi-2015 à 76 millions d'habitants en 2050. À cette date, la population française devrait atteindre 77 millions. La baisse de la population aurait, selon Jean-Louis Thiériot, deux grandes conséquences économiques : des problèmes de financement des retraites et un moindre dynamisme économique ; un motif économique : d’ores et déjà, le patronat allemand estime manquer de main d’œuvre- entendre de main d’œuvre bien corvéable, qui ne réclame pas d’augmentation de salaire.

Rapidement, l’Allemagne se trouve submergée. Puisque Merkel veut des réfugiés, l’Autriche et la Hongrie, qui sont débordés par les migrants arrivés via la route des Balkans, vont lui en donner. Dans les gares centrales de Vienne et de Budapest, où ils s’entassent, ils sont encouragés à prendre le train pour l’Allemagne. Merkel, courageusement laisse à son ministre de l’intérieur le soin d’annoncer le rétablissement provisoire des contrôles à ses frontières avec l’Autriche- l’Autriche et la Hongrie se débrouilleront avec les migrants dont ils ne voulaient pas.

Et Angela Merkel, qui avait violemment critiqué les pays de l’Est, la Hongrie pour avoir établi  une barrière avec la Serbie, la Bulgarie pour avoir établi une barrière avec la Turquie, qui avait répété plusieurs fois dans son discours devant le Parlement Européen Wir schaffen das- eh bien non l’Allemagne n’ y arrive pas.  L’Allemagne, l’Allemagne seule  avait décidé pour toute l’Europe d’accueillir massivement les migrants, en fonction de ses seuls intérêts- c’est une catastrophe.
 Et  quand l’Allemagne, l’Allemagne seule voudra décider pour les autres pays de leur fixer des quotas de migrants… eh bien peut-on s’étonner qu’un certain nombre d’entre eux l’envoient promener, et  pas très poliment

L’Europe indigne -La catastrophe politique devient une catastrophe humanitaire

 La route des Balkans étant efficacement  fermée grâce aux barrières bulgares, hongroises, autrichiennes et grecques avec la Turquie ( comme quoi, les barrières frontalières sont efficaces, pour peu qu’on ait la volonté de les tenir) et à un accord avec le peu agréable sultan turc qui n’hésite pas à nous faire chanter, la brillante aventure lybienne de Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Levy ayant laissé ce pays dans l’état que l’on sait, c‘est la route mortelle de la méditerranée que les migrants prennent en masse.

D'après l'Organisation internationale pour les migrations, environ 3 072 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Méditerranée en 2014 en tentant d'immigrer en Europe24. Le 3 octobre 2013, une embarcation transportant quelque 500 migrants clandestins africains fait naufrage près de Lampedusa. Cette catastrophe fait 366 morts. Les accidents les plus graves ont lieu en avril 2015, avec la mort d'environ 1 200 personnes. Le premier naufrage se produit le 13 avril, suivi de plusieurs autres naufrages les 16, 19 (le plus meurtrier) et 20 avril. Beaucoup de ces navires de migrants voyageaient depuis la Libye vers l'île de Lampedusa, ou le port d'Augusta (Italie) bien que les incidents du 20 avril se produisirent au large de l'île de Rhodes, dans l'est de la Méditerranée

Le Wir Shaffen das, de bêtise politique est devenu bêtise criminelle, en encourageant les pauvres de toute l’Afrique à tenter leur chance à travers la Méditerranée. De généreuses initiatives de sauvetage en mer se sont transformée en complicité d’immigration clandestine et même de meurtre…puisqu’en fait elles entretiennent l‘immonde trafic des passeurs auxquelles elles sont censées remédier- tant et si bien qu’il est à peu près certain que davantage de migrants meurent en mer que si elles n‘existaient pas, et que bien des rafiots précaires des trafiquants d’hommes ne se risqueraient pas en mer, si les bateaux dits humanitaires n’étaient pas là. Des bateaux humanitaires allemands (et français) qui viennent débarquer leur triste cargaison, pas en Allemagne, pas en France, mais en Italie.

L’Italie, confrontée à une immigration massive inédite qu’elle est seule à supporter, au moins en première ligne, devant faire face à l’irresponsabilité de l’Allemagne, au cynisme, aux leçons de morale et maintenant aux injures de l’Allemagne et de la France, s’accrochant à l‘hypocrisie du traité de Dublin, l’Italie refuse maintenant de jouer le jeu dont elle est la seule perdante ; et c’est la triste odyssée  de l’Aquarius et autres bateaux errants à travers la Méditerranée (juin 2018). Une Italie souffrant aussi de la crise économique qui s’éternise, avec une explosion de la pauvreté
 Il est temps de mettre fin à ce cirque tragique par l’égoïsme et l’irresponsabilité des Allemands et l’impuissance une fois de plus amplement démontrée de l’Europe.

L’Europe qui ment et trompe : Junker  a menti !

Au beau milieu de la crise migratoire, les institutions européennes ont tenté de minimiser la situation et ont sciemment menti. Selon le site Politico, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, a falsifié dans un mail adressé aux dirigeants de l'UE les chiffres du nombre de migrants illégaux entrés dans l'UE par la Turquie en décembre 2015, parlant d'une baisse de 52249 migrants à fin octobre, contre 9 093 à mi-décembre. Le chiffre réel serait du triple, soit 27 069 migrants. Selon Politico, le but de cette communication, s'appuyant sur des documents inexacts fournis par Frontex, est de donner une image efficace du rôle d'État-tampon que joue la Turquie dans l'arrêt des migrations illégales, en vue de convaincre les États membres d’adopter le plan Juncker pour accueillir les migrants au sein de l'Union européenne. Comment les pays européens, en particulier de l’Est pourraient-ils avoir confiance et se laisser dicter leur politique en matière d’immigration ?

 Le  grand remplacement, ça ne marche pas !

Le Wir Schaffen das s’avère aussi une catastrophe économique, sociale et nationale. Si l’Allemagne était tentée d’encourager l’immigration pour remédier à sa démographie catastrophique, c’est raté. Les Allemands auraient dû déjà être échaudés par les difficultés grandissantes de l’assimilation des Turcs, et surtout de la deuxième génération, très efficacement organisée par les réseaux du néo-sultan turc.

Le 21 septembre 2015, le quotidien allemand de gauche Die Tageszeitung écrit : « Étant donné l’afflux massif de réfugiés, la société allemande arrive à sa limite maximale d’accueil ». Après les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne, dont les assauts sont coordonnés et commis par des groupes de 2 à 40 hommes, décrits comme nord-africains ou arabes et dont les suspects sont principalement des demandeurs d’asile ou des immigrés en situation illégale selon la police, Angela Merkel annonce vouloir faciliter les expulsions d'immigrés coupables d'agression.

Après une période de déclarations euphoriques des représentants du grand patronat allemand concernant les avantages économiques que représenteraient l'arrivée en masse de nouvelles forces de travail, ceux-ci commencent à reconnaître en 2016 que l'intégration des migrants sera beaucoup plus longue et difficile que prévu : ainsi 80 % d'entre eux n'ont pas le niveau d'un simple ouvrier spécialisé allemand. Ils ne parlent pas la langue locale, ni ne connaissent l'alphabet latin et un nombre non négligeable d'entre eux sont analphabètes. Selon un institut de recherche économique allemand, « il faut cinq à sept ans à un réfugié pour produire plus qu'il ne coûte à l'État ».

En février 2016, un sondage réalisé auprès de 220 économistes en Allemagne révèle qu'une majorité des professeurs allemands d'économie voit l'afflux actuel des demandeurs d'asile de manière critique. 40 % attendent de la venue des immigrés plutôt des inconvénients pour l'Allemagne, contre 23 % des avantages, le reste demeurant indécis. Dans l'ensemble, la plupart des économistes jugent de façon critique la politique d'asile allemande, à la différence de celle du Canada et de l'Australie, ces deux pays ayant une forte sélection selon le niveau de qualification des immigrants. D'une manière générale, il existe un consensus chez les économistes allemands concernant « la piètre employabilité des "réfugiés" », ce qui se traduit par un sous-emploi qui devrait perdurer un certain nombre d’années

L’Europe, un continent d’immigration malgré ses peuples

L’Europe est devenue l’une des premières destinations migratoires du monde depuis ces vingt dernières années. La demande d’asile a explosé dans les années 1990, dans des proportions inconues jusque-là (Afrique des grands lacs, Balkans, Proche et Moyen-Orient, Amérique caraïbe), atteignant plus de 500 000 demandes par an avant de connaître une relative décrue depuis les années 2000. Quant aux installés, dans l’Europe des 27, sur 450 millions d’habitants, on compte environ 25 millions d’étrangers, dont un quart d’Européens communautaires. Ces étrangers sont inégalement répartis dans les pays d’accueil : ainsi l’Allemagne est le premier pays d’immigration, avec 7,5 millions d’étrangers, 9 % de sa population totale, suivie par la France (3,5 millions, 6 % de la population totale), l’Espagne (passée d’1,5 million en 2002 à plus de 4 millions aujourd’hui) et le Royaume-Uni (2,8 millions, 4 % de la population totale), la Suisse (1,4 million, près de 20 % de la population), l’Italie (1,5 million d’étrangers, 2,4 % de la population) et la Grèce (800 000 étrangers, 8 % de la population totale). Mais la proportion d’étrangers n’est pas toujours liée à leur poids numérique (Luxembourg, 30 % d’étrangers, Autriche 10 %, Finlande 2 %). Malgré la mondialisation, chaque pays a un peu « ses » étrangers. Et surtout, ces chiffres ne tiennent pas comppte des naturalisations.

Avec Schengen, la maitrise des frontières est devenue une compétence européenne. A l’évidence, c’est un échec total. Au surplus, c’est un déni de démocratie de plus. Qui et comment a-t-il été décidé que l’Europe devait devenir une terre d’immigration majeure ? Et au nom de quoi ? Les peuples ont-ils été consultés, ont-ils donné leur accord  ? Et l’immigration selon quelles modalités ? Au Canada, en Australie, terres d’immigrations il existe une véritable politique, par nationalité, par degré de formation, par compétences. En Europe rien, c’est l’arbitraire et le harcèlement administratif  pour les immigrés qui tentent de suivre les règles et quasiment aucun risque d’expulsion pour les illégaux.

En matière d’immigration l’Europe est littéralement folle, avec une personnalité hautement dissociée entre le culte ultra libéral qui exige un nouveau prolétariat plus corvéable et nos traditions de protection sociale, entre les impératifs étatiques devenus européens de maî­trise des frontières et les lois du marché, entre l’affichage des droits de l’homme et les difficultés de la lutte contre l’immigration clandestine ; tout ceci étant entretenu par un pervertissement du vocabulaire, ainsi que l’a fait remarquer Hubert Vedrine la confusion entre les termes réfugiés, migrants, clandestins, a pour finalité d'éviter de reconnaître la spécificité du droit d'asile et est entretenue  par ceux qui pensent qu'il faut accueillir tout le monde. A ce jeu, là, c’est le vrai droit d’asile qui risque d’être perdant.
Les idéologues du grand remplacement feraient bien de réfléchir : et disons que des articles comme ceux du Monde du 27.06.2018 s’indignant de découvrir une plage polonaise uniquement peuplée de blancs, eh bien ce racisme à rebours me fait vomir, et pas seulement moi.

Démographie européenne : une pente suicidaire

 Au 1er janvier 2017, la population de l'Union européenne (UE) est estimée à 511,8 millions d'habitants par Eurostat1. Elle se classe derrière la Chine (1 384 millions) et l'Inde (1 318 millions) mais devant les États-Unis (325 millions). L'État membre le plus peuplé est l'Allemagne (82 millions) et le moins peuplé est Malte (0,4 million). Le taux de croissance de la population européenne est l'un des plus faibles du monde mais c'est aussi dans l'UE que les habitants vivent le plus longtemps (mis à part dans quelques régions d'Asie : Japon, Singapour et Hong Kong).

Aucun des pays européens n’atteint le taux de remplacement de ses générations. La France, avec 1.96 en est le plus proche, suivie par l’Irlande (1.92), la Suède (1.85), le Royaume Uni (1.8), la Belgique (1.70). Après , ça plonge carrément pour arriver à ce qu’il faut bien appeler un quasi-suicide démographique : l’Italie, l’Espagne et la Pologne sont autours de 1.30, l’Allemagne à 1.5 !

En 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991.

En 2018, un rapport français s’est inquiété de la situation démographique européenne, pas d’un point de vue culturel, ethnique, social, non, cela est tabou, mais, puisque c’est le seul langage que l’Eurokom comprenne d’un point de vue économique.

Citations : « L'Europe va voir décliner sa population d'ici 2050 avec un impact direct sur sa productivité et sa croissance, ce qui devrait alerter les responsables politiques, selon une étude économique. L'Europe se dépeuple dans l'indifférence de sa classe politique perdant ainsi en croissance, en influence et en débouchés commerciaux, tandis que d'autres continents, comme le continent américain, maintiennent leur prospérité grâce à la croissance de leur population. Le constat qualifié de « suicide démographique " par les deux économistes qui en souligne les dangers se base sur les projections de l'ONU. 

 Contrairement à l'Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d'habitants d'ici 2050, l'Europe pourrait stagner autour de 500 millions d'habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans ", écrivent Jean-Michel Boussemart de l'institut COE-Rexecode et Michel Godet, ancien professeur au CNAM. Comme pour convaincre les décideurs européens de s'atteler sérieusement à cette question démographique et à « investir dans une politique familiale ", l'étude met en lien direct la hausse de la démographie dans l'histoire récente et celle de la croissance économique. Au cours des décennies 80 et 90, « la croissance du PIB des Etats-Unis est supérieure d'environ un point à celle de l'Europe. L'explication est pour plus de la moitié démographique », assurent les auteurs qui rappellent que la progression de la population est « de l'ordre de 1 % par an aux Etats-Unis, soit deux à trois fois plus élevée qu'en Europe ».

L’Europe est incapable de résister à une immigration envahissante et coûteuse, elle a été incapable de mettre en place une politique familiale qui évite sa transformation en  une zone de dépeuplement, de basse pression démographique – une politique familiale qui aujourd’hui passe évidemment par une plus grande égalité homme-femmes – le redressement de la natalité en Suède est à cet égard encourageant. L’Europe meurt de ses institutions.

Oui, il est vraiment temps de quitter cette Europe-là, cet Eurokom !



mercredi 21 juin 2017

Dear German friends (2) a problematic relationship

A few things we do not bear anymore

The previous blog was intended to resume the lessons of french last elections, namely that the European Union and the Euro are likely to explode in the absence of radical change in European policy, if our German friends do not cease to want a Europe that is a Bigger Germany, to dominate it, to run it their way.. 

Let’s just compare  Dear Mutti, a lowbrow grocer, to those great German Statesmen, the two Helmut Kohl, recently deceased, and Schmidt!

A few examples of what went wrong

The Greek crisis: the subprime crisis (Hey, by the way, what about Deutsche Bank) has turned into the debt crisis of states, hitting heavily the European weak link that was Greece. Indeed, the systematic cheating of the public accounts in Greece (with the complicity of whom?), the inexistence of  a state worthy of the name in Greece, that  could not last and was threatening the European area – explosion was possible. Okay, had to hit fast and hard, and you did it.
But, as good protestant, you could grant no absolution and had to punish the sinner until he cries tears of blood. The  best evidence of this will to punish is that it led to decisions that were detrimental, not only for Grece, but for all of Europe. Your delays, your concerns in the implementation of the European stability mechanism, in the buying of national  state debts by the Central Bank have cost billions. Today, even while the IMF insists on the necessary cancellation of part of the Greek debt, you ‘re still delaying this measure, indispensable to a dying Greece... for the cause of German elections. It's shameful, it is contrary to the purpose – for god sake, how the Greeks could rebuild a State in those conditions?

Deficits: of course, a current account deficit, unreasonable and renewed year after year, is not tolerable, nor sustainable for a State. But finally, intra European trade is such that the deficit of your partners contributes heavily to the surplus which you are so proud of. In the end, if we are a European Community, the deficit of these European countries towards Germany ihas no more importance than that of Wyoming towards California, right? It's across Europe that we must judge the deficit-Are we a community or not ?
And then, in times of crisis and moreover, when  interest rates are at their lowest, deficit  is better than recession, right?
Finally, there are also political considerations. Can you remember ? , The reunification of Germany with parity between East and West marks was economically wrong, but politically inevitable. Kohl did it, we understood it, a good  German reunification was necessary for Europe And, due to convergence towards euro, we had to endure interest rates greater than we might have had.  Instead of defending foot to foot your immediate interests., you should think of political agenda. Kohl and Schmitt did !

Abandon of nuclear power, for purely demagogic reasons, with the reactivation of coal or even lignite plants: this  was a crime against the economy (a more expensive energy), against global warming, against public health (thanks for the episodes of pollution). You have done much worse than this poor Trump, with its coal mines in Wyoming which no sound industrialist would  operate ! You did much worse, but no one seems to notice. Bravo ! Let’s agonize Trump !

Immigration : one day, you encouraged all refugees to immigrate and to come to Germany. Orban then decided to let all migrants who were piling up in the Hungarian stations, oddly, you were not pleased at all. Then you wanted to decide which country will host refugees and how many ( who gave you the power to do this ?).  Finally, sheepishly, you entered into an agreement of sequestering refugees with the Turkish neo-sultan, and now we depend on him, threatening to open the valves whenever he dislikes something (an article, a song, a sermon). Brilliant !
But who gave you a mandate to lead all  European Nations immigration policy? We understand that your catastrophic demography (by the way, why in a  so well governed country?)  incites you to encourage immigration, but this isn't the choice of everyone.

Your policy of competitiveness by low cost: the average hourly wage in France and Germany is about the same. But inequalities are much stronger in Germany. While some high technology sectors remained protected, in many others,  you ‘ve given up your strong industrial traditions for a policy of low quality, low wages. You have 22.5% of “working poors” against 8.8% in France (21.3% in England, 3.8% in Belgium). Your policy has not done miracles, it has simply turned unemployed into poor workers. You have even invented reverse auction -  work assignments at least asking. This is a policy that values work! You have completely unbalanced markets, french pork producers facing your giant abattoirs populated by overexploited Polish workers know something about.
This policy of competitiveness by cost, it's really the reverse of a model who could rally the majority of Europeans, the Rhine Capitalism Model- it’s the opposite of what made the reputation of your industry. You also had to cheat, and as you don't do things by halves, it gives Volkswagen. Focusing on competitiveness by cost instead of innovation, you  are now scandalized to see the Chinese taking the jewels of your industry, your robot manufacturers  and you want to limit their investments. But now, they are the  real industrialists!
And this policy of social crush,  of competitiveness by cost, and especially wage costs, you want to impose it on all over Europe !

And let’s speak of your  bulldozer way, the way you perverted the European Institutions, to impose your interests. Thus, for the catastrophic "liberalization" of the electricity market, while EDF was exploding, you managed to sell the idea that there was no monopoly in Germany, since there was a public distributor by Länder. Bravo! And it's just a small example.

No, that cannot and will not last for long !  It's five to midnight, five years before the explosion of the Euro and the European Community. You really have to  change, quickly and deeply. To change of Merkel and of policy

Good  election year !


Chers amis allemands (2) une relation problématique

De quelques choses qui ne vont pas

Le blog précédent visait à tirer une leçon qui me parait évidente des élections françaises, savoir que  l’Union Européenne  et l’Euro risquent fort d’exploser s’il ne s’opère pas un changement radical de politique européenne, si nos chers amis allemands ne cessent pas de vouloir une Europe qui soit une Grande Germanie, et dominée par eux, fonctionnant comme eux.  Que l’on compare ce qu’est la politique de Mutti, épicière base de plafond, à celle des grands hommes d’Etat que furent les deux Helmut,  Kohl, récemment décédé, et Schmidt !
Quelques exemples de ce qui ne va pas

La crise grecque : la crise des subprimes (tiens, au fait, où en est la Deutsche Bank) s’est transformée en crise des dettes d’Etat, s’acharnant sur le maillon faible européen qu’était la Grèce. Effectivement, le truandage systématique des comptes publics grecs (avec la complicité de qui ?), l’absence même d’un Etat digne de ce nom en Grèce ne pouvait plus durer et menaçait la zone européenne d’explosion. D’accord, il fallait frapper vite et fort, et vous l’avez fait.
Mais au-delà il semble bien qu’en bon protestant, vous ne pouviez accorder aucune absolution et qu’il fallait punir le pêcheur jusqu’à ce qu’il pleure des larmes de sang. La meillee preuve de cette volonté de punir est qu’elle a conduit à des décisions qui ont été néfastes, non seulement pour la Grès, mais pour toute l’Europe. Vos lenteurs, vos réticences dans la mise en place du mécanisme européen de stabilité et de rachat de dette étatique par la banque centrale ont coûté des milliards. Aujourd’hui, alors même que le FMI insiste sur la nécessaire annulation d’une partie de la dette grecque, vous repoussez encore cette mesure, indispensable à une Grêce ecsangue…pour cause d’élection allemande. C’est honteux, c’est contraire même au but- comment les Grecs pourraient-ils reconstruire un Etat dans ces conditions.

Les déficits : certes, un déficit courant irraisonnable et reconduit d’années en années n’est pas supportable pour un Etat. Mais enfin, le commerce intra européen est tel que le déficit de vos partenaires contribue pour beaucoup à l’excédent dont vous êtes si fiers ; et, à la fin des fins, si nous formons une communauté européenne, le déficit de tels ou tels pays européen vis-à-vis de l’Allemagne n’a guère plus d’importance que celui du Wyoming vis-à-vis de la Californie , non ? C’est à l’échelle de l’Europe qu’il faut juger du déficit
Et puis, en période de crise et lorsqu’en plus les taux d’intérêt sont au plus bas, il vaut mieux le déficit que la récession, non ?
Enfin, il faut aussi faire de politique, la réunification de l’Allemagne au taux de parité des marks est et ouest était économiquement condamnable, mais politiquement inévitable. Kohl l’a fait, nous l’avons bien compris, il fallait pour toute l’Europe que cette réunification se fasse au mieux. Et nous avons alors supporté, pour cause de convergence vers l’euro des taux d’intérêts supérieurs à ceux que nous aurions pu avoir. Vous pourriez un peu vous en souvenir au lieu dé defendre pied à pied vos intérêts immédiats.

La sortie du nucléaire, pour des raisons purement démagogiques, avec la réactivation des centrales à charbon voire à lignite, est un crime contre l’économie ( une énergie plus chère), contre le réchauffement climatique, contre la santé publique (merci pour les épisodes de pollution). Vous avez fait bien pire que ce pauvre Trump, avec ses mines de charbon du Wyoming que de toutes façon aucun industriel n’exploitera autrement que symboliquement. Et personne ne vous en veut !

L’immigration : un beau jour, vous encouragez tous les réfugiès à immigrer et à venir en Allemagne. Orban décide alors de laisser passer  tous les migrants qui s’accumulaient dans les gares hongroises, bizarrement, ça vous plait déjà moins. Puis vous voulez décider quel pays accueillera qui (ça va, les chevilles), et finalement, tout contrits, vous concluez un accord de blocage avec le néo-sultan turc, qui nous place dans sa dépendance, celui-ci  ne se gênant pour menacer d’ouvrir les vannes chaque fois que quelque chose ( un article, une chanson, un prêche) lui déplait. Génial.
Mais qui vous a donné mandat de diriger la politique d‘immigration de tous les pays ? Nous comprenons bien que votre démographie catastrophique (au fait pourquoi donc, dans ce pays si bien gouverné ?) vous incité à favoriser l’immigration, mais ce n’est pas le choix de tout le monde.

Votre politique de compétitivité par les coûts : le salaire horaire moyen en France et en Allemagne est sensiblement le même. Mais les inégalités sont beaucoup plus fortes en Allemagne. Pendant que certains secteurs de haute technologie sont restés protégés, dans bien d’autres vous vous êtes lancés au rebours de vos traditions industrielles et de ce qui faisait votre force, dans une politique de basse qualité, bas salaires. Vous en êtes à 22.5% de travailleurs pauvres contre 8.8% en France (21.3 en Angleterre, 3.8 en Belgique). Votre politique n’a pas fait de miracles, elle a transformé des chômeurs en travailleurs pauvres. Vous avez même un moment  inventé les enchères inversées- des tâches attribuées au  moins demandant. Que voilà une politique qui valorise le travail !! Vous avez déséquilibré complètement certains marchés, les producteurs de porcs français devant faire face à vos abattoirs géants peuplés de polonais surexploités en savent quelque chose.
Cette politique de compétitivité par les coûts, c’est vraiment l’inverse d’un modèle qui aurait pu rallier la plus grande partie des européens, le feu modèle rhénan, le contraire de ce qui a fait la réputation de votre industrie. Vous vous êtes aussi mis à tricher, et comme vous ne faites pas les choses à moitié, ça donne Volkswagen. Privilégiant la compétitivité par les coûts au lieu de l’innovation, vous vous scandalisez maintenant de voir les Chinois rafler des fleurons de votre industrie et vous voulez maintenant limiter leurs investissements . Mais ce sont maintenant euxc, les vrais industriels.
Et cette politique de casse sociale, de compétitivité par les coûts, et surtout par les coûts salariaux, vous voulez l’imposer à toute l’Europe !

Ajoutons à la barque vos façons de bulldozer, votre manière en faisant bloc, d’imposer vos intérêts dans les institutions européennes. Ainsi, pour la catastrophique « libéralisation » du marché électrique, alors qu’EDF se faisait exploser, vous avez réussi à vendre l’idée qu’il n’y avait pas de monopole national en Allemagne, puisqu’il y avait un distributeur public par Lander. Bravo ! Et ce n’est qu’un tout petit exemple.   

Non, ça ne va pas du tout ! ça le fait pas !   Il est minuit moins cinq, cinq années avant l’explosion de l’Euro et de la Communauté Européenne. Il faut vraiment que vous changiez, que vous changiez rapidement et profondément.  De politique et de Merkel


Bonnes élections !