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jeudi 25 mai 2023

Quelques petits problèmes sur la consultation CNDP Débat Penly

 Certaines voix (et certaines vraiment inattendues) semblent mettre en cause l’attitude des pronucléaires dans  le debat Penly de la CNDP, à propos de la programmation de 6 EPR2. Alors, on refait, non pas le match ( c’est fichu et bien saboté !), mais le point.



1) Les déclarations de Chantal  Jouanno  avant et au début du débat

Le Monde , 18 octobre

« Faut-il blâmer le public qui a constaté que les enseignements du débat de 2005 avaient été ignorés dans la loi du 28 juin 2006 sur la gestion des matières et déchets radioactifs, qui écartait toute autre solution que l’enfouissement en couches géologiques profondes ? Ou ne faudrait-il pas plutôt pointer du doigt les responsables politiques qui sont restés sourds aux enseignements du débat public ? »

« Le débat public de 2005 sur la gestion des déchets radioactifs a démontré que le seul compromis possible pour traiter les déchets radioactifs était de maintenir ouvertes toutes les solutions possibles, et pas uniquement l’enfouissement en couches géologiques

« Le débat public n’est plus une succession de grandes réunions où la parole est séquestrée par les plus forts »

Or, le débat public sur les déchets (PNMGDR)  a été un échec. De multiples réunions ont été profondément perturbées, celle de Lille, la plus centrale,  a dû être annulée . Et les affirmations ci-dessus sont essentiellement fausses

Interview  dans le très antinucléaire Reporterre, 17 janvier 2023

 « En raison de frais financiers plus lourds sur l’investissement nucléaire, les sources renouvelables sont beaucoup plus intéressantes que les EPR. »

Le moins qu’on puisse dire est que ces déclarations pouvaient inquiéter sur l’impartialité de la CNDP et la qualité du débat qu’elle organisait. Les militants du Voix du Nucléaire qui ont alerté sur les réseaux sociaux étaient parfaitement fondés à le faire. Pour ma part, je considère que Mme  Jouanno aurait dû démissionner. 

Et déjà se met en évidence un défaut majeur de la CNDP, sur laquelle elle ne veut rien entendre : la connaissance scientifique n’est qu’une opinion parmi d’autres.

2) Pour la CNDP, seules les organisations militantes antinucléaires sont légitimes ?

Comme organisations militantes, seules les organisations militantes antinucléaires (Negawatt, Greenpeace, Sortir du nucléaire, RAC , Global Chance), étaient invités par la CNPD. Ni Les Voix du Nucléaire, ni Patrimoine nucléaire et climat, ni Sauvons le climat, ni le Cérémé, ni Ecologistes pour le Nucléaire, etc.  n’étaient  invités. Ni d’ailleurs des autorités scientifiques indépendantes comme l’Académie des Sciences et l’Académie des Technologies qui se sont exprimées clairement sur le sujet.

Il a fallu beaucoup insister, mais de manière très officielle et très correcte, pour que les Voix du Nucléaire puissent intervenir, et en  "portion » très  congrue par rapport aux organisations anti nuc. (on doit pouvoir trouver des décomptes)

Ceci pose d'ailleurs un vrai problème :  alors que l'opinion française est majoritairement favorable au nucléaire, n’est-ce pas accorder un poids excessif à un point de vue minoritaire mais très militant, ce qui fausse le débat ?

De façon plus générale, au sein de beaucoup d’instances officielles, cette visibilité, cette surreprésentation accordée à certaines ONG au détriment d’autres ou de partenaires plus institutionnels a  été critiquée par certains syndicats lors de la Commission Schellenberger ( réunion n°30, 25 janvier 2023)

Le caractère déséquilibré  des invités et des interventions au profit d'organisations antinucléaires a pour effet que le débat devient une source  de  fake news ahurissantes comme l'eau de refroidissement des centrales restituée "dans des conditions de dégradation impossibles" qui ne sont pas démenties en direct.

3) Et après la partialité, la malhonnêteté

Lors d’un débat ( 12 janvier 2023) organisé en zoom uniquement (compte-tenu de la dégradation des conditions du débat) sur les conséquences sur le travail et l’emploi, l’intervenant expert  chargé des emplois était M. Quirion présenté comme expert CNRS/CIRAD.  Il a fallu s’y reprendre à trois fois sur le chat ( et être menacé de déconnexion)  en demandant que soit également précisée sa qualité de président du très anti-nucléaire Rassemblement Action Climat. L’organisateur a bien pris la parole pour indiquer que M. Quirion était également président du RAC  (Rassemblement Action Climat)  sans indiquer qu'il s'agissait d'une organisation anti-nucléaire et a précisé qu’il parlait en tant qu’expert CNRS. Vu la divergence de ce qu’il présentait avec d’autres données, on peut en douter…mais rappelons que la CNDP a mordicus refusé tout idée de fact checking, que ce soit en ligne ni  a posteiori.

Rebelotte quelques jours plus tard avec une réunion consacrée au financement. L’organisation  Global Chance, dont l'une des vedettes est l'inénarrable B. Laponche) a été présentée comme experte sur les problèmes de financement sans préciser qu’elle est une organisation militante anti nucléaire revendiquée. Global Chance  a pu aligner ses allégations présentées comme des expertises  sans aucun avertissement (cette fois, les interventions sur le chat n’ont été suivies d’aucun effet).

Est-ce cela que la CNDP juge comme des incorrections ? Nous n’en aurions alors pas vraiment la même définition.

4) Des conditions du débat

A Paris, par exemple, le 8 novembre, il fallait, pour pénétrer dans la salle, franchir un comité d’accueil aimablement composé par les collectifs anti-Bure, anti- Piscine La Hague, Sortir du Nucléaire. Les mêmes ont pénétré dans la salle et exigé un temps de parole au début de la réunion qui leur a été accordé. Lors de la réunion, certains se promenaient dans la salle et plaquaient violemment sur les tables des paquets de tracts. Au moins, la réunion a-t-elle pu se tenir .

Ca ne semble pas beaucoup gêner M Michel Badré qui a déclaré : « Le chahut au cours de réunions, comme lors du débat sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR), dont j’ai été membre de la CPDP, ça fait partie du droit de manifester, tant qu’on n’en vient pas aux mains. »

https://www.lagazettedescommunes.com/831161/nucleaire-ou-pas-il-y-a-toujours-plusieurs-reponses-possibles-a-une-question/

Pour le PNGMDR, lors des réunions les plus importantes, aucune présentation n’a pu avoir lieu normalement, aucun partisan du nucléaire n’a pu avoir droit à la parole sans craindre pour sa sécurité.

Cette  conception du débat est assez curieuse et problématique, tout le monde n’est pas à l’aise pour s’exprimer dans ces conditions. Il me semble qu’au contraire les organisations qui se livrent à ces agissements devraient a minima être bannies de débats futurs…

 Est-il utile de mentionner que c’est toujours le même côté ( antinucléaire) qui est en cause, et que je mets quiconque au défi de trouver une réunion de la CNDP qui ait été si peu que ce soit perturbée par des militants pronucléaires, ou a fortiori empêchée ?

5) Le dérapage complet : quand la CNDP sabote son propre débat

Le 18 janvier 2023, le Sénat introduisait un article dans la loi accélération du nucléaire supprimant le plafond de 50% de nucléaire dans le mix électrique. La CNDP réagissait par un communiqué très vif signé de Chantal Jouanno et Michel Badré :

« Une telle mesure, anticipant de quelques mois un débat relevant du projet de loi de programmation énergétique, ne change rien aux délais de réalisation éventuelle d’un programme de relance du nucléaire: les enjeux d’ingénierie, de formation et d’emploi ou de mise en place du financement, sans aucun doute les plus déterminants sur le calendrier de réalisation, ne relèvent en rien de cette anticipation mineure. Elle revient en revanche à considérer comme sans intérêt pour définir la stratégie énergétique les interrogations, les remarques et les propositions faites lors du débat public en cours. »

https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2023-01/230118-CP-PJL-CNDP.pdf

Une telle réaction a été évidemment comprise par tous les groupements antinucléaires comme une légitimation de leurs actions et de leurs méthodes pour s’opposer au débat ou s’en retirer pour ceux qui l’avaient accepté et voyaient, séances après séances, que leurs arguments ne portaient pas.  A signaler que le vice- président EELV de la communauté urbaine de Lyon, M.  Philippe Guelpa-Bonaro, appelait à manifester contre le débat prévu à Lyon le 2 février.  Etrange attitude pour un élu face à un débat public institutionnel, non ?https://twitter.com/FilGB/status/1620707270228348928.

De fait, aucune des réunions programmées ensuite n’a pu se tenir, à commencer par celle de Lille du 26 janvier. A noter l’étrange passivité de Mme Jouanno et M Badré, qui n’ont pas dénoncé ce qui constituait quand même des atteintes aux libertés fondamentales d'information, d'expression et de consultation des citoyens et ont réservé leur ire aux Sénateurs ; ce qui interroge sur leur conception de la démocratie et de l’organisation des  pouvoirs (Auguste Comte, Comte, « pour conseiller, il faut ne pouvoir jamais commander »)

6) Le bilan interdit et pourtant indispensable

Le 27 février 2023, la CNDP clôturait le débat par en quelque sorte, un débat sur le débat, ce qui était plutôt intelligent et aurait pu être utile.

Aurait pu, si1) curieusement, il n’avait pas  été annoncé à tous les participants par vidéo qu’aucune mise en cause de la présidente de la CNDP ne serait toléré (ce qui limitait  quelque peu les débats et si 2)   l’on n’avait pas assisté à un déni de la Présidente Mme  Jouanno , voire à des mensonges caractérisés sur le thème  le débat se déroulait sans problème majeur jusqu’au 24 janvier, après c‘est la responsablité du Sénat s’il a dérapé.

« je le répète, le débat public n’a été ni interrompu, ni suspendu ».

Et ceci : « certaines personnes ont souhaité que le débat soit arrêté. Elles ont argumenté qu’il ne servait à rien, que manifestement le public n’avait pas les compétences pour traiter un sujet aussi technique, que seuls les contestataires s’exprimaient et qu’il aurait fallu utiliser la force pour les évacuer. Il n’a jamais été question d’interrompre le débat. Il n’a jamais été question de laisser la force, quelle qu’elle soit, confisquer le débat. »

Non Madame Jouanno, ce ne sont pas les pronucléaires que vous semblez viser qui ont empêché la poursuite du débat, ce ne sont pas eux qui ont perturbé, puis empêché les réunions, ce ne sont pas eux qui ont employé la force, la violence verbale et parfois physique pour intimider leurs opposants, ce ne sont pas eux qui ont mis fin aux débat ! Et il est regrettable que vous ne vous soyez pas interrogée sur votre propre responsabilité

Il est dommage que non seulement vous ayez été incapable de tenir ce débat sur les six nouveaux réacteurs, mais que vous ayez été aussi en quelque sorte interdit ce débat sur le débat qui aurait pu être utile.

A votre décharge, ce n’était pas facile, et, contrairement à ce que vous avez pu laissez penser, le problème n’est pas spécifique au nucléaire. Il est impossible actuellement de tenir un débat utile et informé sur les nanosciences, sur les OGM, sur le glyphosate, sur la politique de l’eau et les bassines, sur les phytosanitaires et plus généralement la politique agricole.

Il y a fondamentalement un problème d’ignorance de la science, de la démarche scientifique même, de ses méthodes et de ses  résultats, des statuts respectifs de la connaissance scientifique et de l’opinion  ( et la fameuse méthode des controverses du très relativiste Latour  que vous vous vantez d’utiliser est quelque peu problématique). D’interaction aussi entre la science et la société, de vulgarisation des connaissances scientifiques, du rôle et de la formation des journalistes scientifiques, de l’information des décideurs .

 Aller, deux pistes de réflexions

 « Le public ne sait pas ce qu’il lui faut, mais il sait parfaitement ce qu’il veut, et personne ne doit s’aviser de le vouloir pour lui » ( Auguste Comte )

« L’air du temps, en accusant la science de n’être qu’un récit parmi d’autres, l’invite à davantage de modestie. On la prie de bien vouloir gentiment "rentrer dans le rang" en acceptant de se mettre sous la coupe de l’opinion…

La philosophie des Lumières défendait l’idée que la souveraineté d’un peuple libre se heurte à une limite, celle de la vérité, sur laquelle elle ne saurait avoir de prise : les « vérités scientifiques », en particulier, ne relèvent pas d’un vote. La crise sanitaire a toutefois montré avec éclat que nous n’avons guère retenu la leçon, révélant l'ambivalence de notre rapport à la science et le peu de crédit que nous accordons à la rationalité qu’il lui revient d’établir. » (Etienne Klein, le goût du Vrai)



jeudi 10 novembre 2022

Contribution au Debat CNDP sur Penly : Il est urgent de relancer un programme nucléaire important

 Nous sommes aujourd’hui dans une crise énergétique grave, qui touche particulièrement, mais pas exclusivement, l’électricité. Des industriels électro-intensifs (verre, aluminium) arrêtent leur production- temporairement, pour l’instant, des PME n’arrivent plus à se fournir en électricité . Cette crise a des causes conjoncturelles (la guerre en Ukraine), mais aussi des causes structurelles qui la rendaient assez prévisible.

La cause la plus grave, la plus fondamentale  et la plus prévisible de la crise que nous connaissons est tout simplement physique, c’est le manque de sources d’électricité pilotable et décarbonée. Décarbonée, parce que nous ne pouvons ignorer la menace existentielle que le réchauffement climatique fait peser sur l’humanité. Pilotable, parce que notre économie, notre société et nos vies ne peuvent dépendre d’énergies variables intermittentes générant une électricité décorrélée de nos besoins.

La pénurie énergétique était prévisible : nous avons fermé  depuis 2007 20 GW de pilotable sur 140 GW fossile au prétexte qu’on a installé 30 GW d’énergies dites renouvelables. Or les uns ne remplacent pas les autres.  Ce n’est pas qu’une tendance française, c’est une tendance européenne contre laquelle prévenait France Stratégie dans une note de janvier 2021 ([1]) : « D’ici à 2030-2035… ce seront plus de 110 GW de puissance pilotable qui seront retirés du réseau européen...

Nous n’avons pas pris assez de marge sur la production nucléaire, comme l’ont mis en évidence les arrêts supplémentaires de réacteurs en raison des phénomènes de corrosion sur un circuit de refroidissement de sécurité. Là encore, il y a déjà  quinze ans, le président de l’ASN (A. Lacoste) avertissait : «  Il importe donc que le renouvellement des moyens de production électrique, quel que soit le mode de production, soit convenablement préparé afin d’éviter l’apparition d’une situation où les impératifs de sûreté nucléaire et d’approvisionnement énergétique seraient en concurrence. »

La seule solution à moyen long terme pour éviter l’effondrement de nos sociétés, c’est un investissement rapide et massif dans le nucléaire de façon à éviter l’effet falaise qui résulterait immanquablement de l’arrêt des centrales historique et à répondre à l’augmentation de la demande électrique qu’implique la décarbonation de l’ensemble de nos activités pour répondre au défi climatique.

Enfin, Il est anormal que dans le cadre de ce débat, la CNDP  n’ait pas pas considéré des scénario qui permettent de rester à 75-80% de nucléaire dans la production électrique. Pour citer au moins trois exemples  ceux du Cérémé ( Cercle  d’Etude réalité écologique et Mix énergétique) qui supposer la prolongation des centrales existantes à jusqu'à 70 ans et  la construction de 24 nouveaux réacteurs de type EPR 2 d'ici 2050, pour obtenir 900 TWh  ( et très peu d’éolien)

ou Negatep ( de Sauvons Le Climat) : 690 TWh avec des Les nouvelles tranches EPR de 1650 MW se substituant aux tranches actuelles  et un rythme de construction de 2 EPR par an à partir de 2030.

Ou encore le  Scenario Terrawater ( Les Voix du nucléaire) qui préconise un développement  raisonnable du nucléaire (22 EPR2 d’ici 2050) et en même temps un développement massif de l’hydroélectricité, qui est la 1ère source d’énergie renouvelable dans le monde (multiplication par 9 des capacités de STEP),

Ces scénarios permettraient de disposer d’une énergie nucléaire décarbonée, abondante, pilotable, présente jour et nuit qu’il pleuve ou vente ou vente pas,  bon marché , économique, qui permettent la réindustrialisation. De plus et surtout , ils sont  construit sur des technologies éprouvées et maîtrisées aujourd’hui , contrairement aux scénarios à forte proportion d’ENR proposés par des adversaires dogmatiques du nucléaire 

Il est dommage que la CPDP n’ait pas considéré ces scénarios et  invité les ONG qui les défendent, cela jette une suspicion de partialité et d’information baisée sur le débat et c’est très regrettable

Lien vers le débat 

https://participer-debat-penly.cndp.fr/projects



[1]) Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?, France Stratégie, 15 janvier 2021

dimanche 29 août 2021

EOS (Eoliennes flottantes en Méditerranée) : les pêcheurs se mobilisent et ils ont raison !

 Le projet EOS (EOliennes flottanteS en Méditerranée) consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, leurs systèmes d’ancrage, un poste électrique en mer et le raccordement au réseau. Avec des éoliennes probablement plus puissantes, leur extension représentera une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine pour chaque parc (extension attribuée à partir de 2024)

Situations des zones éoliennes  et des  zones de pêche

Bon déjà on voit un gros problème et les pêcheurs ont été les premiers à réagir par un cahier d’acteur déposé par la Sa.Tho.An qui  regroupe environ  100 navires de pêche sur une trentaine de ports en Méditerranée française et représente 350 marins embarqués et un CA de 30 millions d’euros par an,

https://sathoan.fr/wp-content/uploads/2021/08/CAHIER-DACTEURS-VF-OP-SATHOAN.pdf

Les points principaux :

- Une implantation hors des macro-zones B et C et au-delà de la limite des 20 milles nautiques, étant donné le caractère indispensable de ces zones dans l'économie de la pêche. Ces zones représentent des secteurs de forte dépendance pour les pêcheurs de la Sa.Tho.An. Une implantation dans un de ces secteurs de forte dépendance serait donc très préjudiciable pour eux.

-  Aucune suppression de zones de pêche sans récupération équivalente dans un autre secteur ;

- L'élaboration d'un retour d'expérience complet des fermes pilotes avant le lancement d'un projet de plus grande envergure dans un milieu fragile ;

Remarque : c’est la sagesse même : il s’agit du projet Eoliennes flottantes du golfe du Lion (EFGL : 3 éoliennes de 10 MW chacune à 16 km au large de Leucate et du Barcarès)

- la nomination d'un garant de la concertation par la CNDP qui soit au fait autant de tous les enjeux induits par le vaste jeu d'acteurs dont le golfe du Lion est le terrain que des enjeux particuliers de la pêche

-  la constitution d'un GIS pour mesurer les impacts cumulatifs environnementaux et socio-économiques du projet avec le contexte du golfe du Lion…

En passant, une autre partie de la zone est incluse dans un Parc Naturel Marin…sans que ça fasse trop réagir les associations écologistes.

Et les pêcheurs ont raison de s’inquiéter !

Voire notamment le colloque qui a eu lieu au Parlement européen le 22 janvier 2020 « Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ? » et ce qui s’en est ensuivi, le projet de rapport sur les effets des parcs éoliens en mer et des autres systèmes d’énergie renouvelable sur le secteur de la pêche. Parlement Européen, Commission Pêche, Rapporteur : Peter van Dalen

Cf sur ce blog https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/eolien-en-mer-les-pecheurs-se-battent.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/05/parlement-europeen-commission-peche.html; https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/PECH-PR-681090_FR.pdf

Extraits :

- on ne sait pas grand chose des effets de gigantesques parc éoliens sur la pêche et sur l’environnement végétal et animal ;  les premiers retours des pêcheurs sont catastrophiques. 

La Commission :

- S’inquiète de l’impact négatif à long terme des éoliennes en mer sur les écosystèmes, les stocks de poissons et la biodiversité, et par conséquent sur l’ensemble des pêcheries, et ce tout au long du cycle de vie des éoliennes, de leur construction jusqu’à leur déclassement, en passant par leur exploitation;

- Souligne que le déploiement à grande échelle de parcs éoliens en mer risque de nuire au fonctionnement physique des bassins maritimes, en particulier des courants marins et aériens, ce qui pourrait contribuer au mélange des couches de la colonne d’eau, et, par conséquent, influer sur le cycle des nutriments, la génération des vagues, 

- Insiste sur le fait que toute restriction d’accès aux zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et que l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromis;

- Met en exergue que l’analyse des chevauchements entre les énergies renouvelables en mer et les pêcheries laisse présager une forte hausse des conflits spécifiques potentiels dans les eaux européennes dans les années à venir;

Et les mensonges habituels des maîtres d’œuvres ! la synthèse du dossier de la maîtrise d’ouvrage de EOS :

Qqs extraits

« Ces projets de parcs éoliens flottants commerciaux seraient parmi les premiers au monde, en dehors des fermes pilotes ou des démonstrateurs. »

Remarque :  justement alors, pourquoi ne pas attendre les résultats et l’expérience du projet pilote Eoliennes flottantes du golfe du Lion (EFGL  3 éoliennes de 10 MW chacune à 16 km au large de Leucate et du Barcarès ? Voilà qui serait logique et intelligent.

« Ainsi les éoliennes reçoivent des vents à la fois plus forts et plus réguliers, ce qui améliore leur capacité de production.

Remarque :  laquelle reste intermittente 30%-35% au mieux, exige donc toujours une autre source et  si comme souvent, cette autre source c’est du gaz, eh ben, ça ne la fait pas du tout. L’éolien off shore, c’est de 24 g/kWh à 47 g CO2/kWh. C’est déjà beaucoup plus que le nucléaire (6gCO2/kw.h), jour et nuit, hiver et été. Alors, si, comme souvent, on supplémente l’intermittence par du gaz (420g/CO2/kw.h), ça nous fait à la louche du 350gCO2/Kw.h. le moins qu'on puisse dire,  pour la décarbonation, ça le fait plus du tout !

Par ailleurs, même avec une capacité de production améliorée…l’éolien off shore  constitue toujours le moyen le plus cher de produire de l’électricité (170 € -360 € /MWh -éolien flottant)

« Pour répondre à une ambition française de diminution des émissions de gaz à effet de serre et de diversification du bouquet énergétique pour le rendre plus robuste, l’implantation de deux parcs éoliens flottants et de leurs extensions est étudié…  nécessaires pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici à 2050…  crucial pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre »

Remarque : je ne vois pas en quoi l’énergie variable intermittente de l’éolien rend plus robuste notre bouquet énergétique. Quant à l’argument mille fois entendu de la diversification, Jancovici lui a fait un sort : Si on coupe une de mes jambes pour la remplacer par une jambe de bois, j’ai diversifié mes appuis mais je ne suis pas sûr que ma situation globale soit améliorée.

Ces projets éoliens offshore ne contribuent pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en France ; ils ne serviront pas non plus à lutter contre le réchauffement climatique. »

« Les deux parcs de 250 MW produiront un total cumulé d’environ 2,2 TWh d’électricité, l’équivalent de la consommation annuelle de 950 000 habitants, ce qui représente plus de la population de Toulouse, Montpellier et Nîmes réunies. Avec les extensions de 500 MW, l’ensemble du projet pourra fournir près de 6,6 TWh d’électricité, ce qui représente la consommation annuelle de près de 2,9 millions d’habitants, soit environ 50 % de la population de la région Occitanie ou 60 % de la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur. »

Remarque : Assez fatigant d’entendre cette propagande éhontée,  toujours la même. Les deux parcs ne fourniront aux habitants de l’électricité que 30% du temps, et pas du tout nécessairement quand ils en ont besoin, mais quand le vent voudra bien.

Dites, la CNPD, ça serait bien quand même que vous réagissuez un peu lorsque la présentation de la ma^trise 'ouvrage est aussi caricaturale ! 

« Le projet ouvrirait la possibilité de développer et moderniser des ports comme celui de Port-La-Nouvelle, ou celui du Grand port maritime de Marseille-Fos, mais aussi de créer localement des emplois au sein de la porteuse filière de production d’énergies renouvelables. »

Remarque : Ah, le coup de l’emploi, bien rebattu lui aussi. On n’a jamais vu  les  600 000 emplois entre 2009 et 2020» promis par le Grenelle de l'environnement. Et pour le fun, ces déclarations de Naval Group à deux mois d’intervalle.

Quand Naval Group candidatait pour l’éolien offshore de la zone Bretagne ouest :  Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export (Japon, Royaume-Uni, Corée, etc.)…Les perspectives de développement de cette filière sont immenses… ».

Deux mois plus tard, début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification dans le secteur des énergies marines renouvelables :  « le marché des énergies marines renouvelables est immature…L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »…

« Les  enjeux en présence dans la zone d’étude du projet : en phase de construction, les principaux effets potentiels sont liés aux bruits sous-marins et à la modification d’habitat pour certains animaux marins »

Remarque : en effet. A Saint-Brieuc, Sea Shepherd a enregistré le bruit des travaux sous-marins (ne pas oublier que le propagation du son dans l’eau est beaucoup plus importante que dans l’air) C’est terrifiant !

« Durant l’exploitation, les principaux effets potentiels en mer sont la modification d’habitat, le changement de nature des fonds marins ou l’effet récif artificiel »

Remarque : l’effet récif est fortement contesté ! Par contre ce qui est certain, c’est que la zone totale occupée par les éoliennes et les raccordements devient inaccessibles aux pêcheurs. D’ores et déjà, les pêcheurs se sont mobilisés et ont fait savoir que leurs principales zones de pêche se trouvaient dans les zones impactées et que, sauf à voir disparaitre leur activité, l’implantation ne pouvait se faire qu’au delà de 20 milles nautiques (voir cahier d’acteur Sa.Tho.An ci-dessus)

Par contre, l’effet chaine lui est de plus en plus mis en évidence.  Pour  les perturbations, ce n’est pas du tout la même chose d’avoir une éolienne isolée ou d’immenses parcs à proximité les uns des autres. Les turbulences importantes produites par les éoliennes entraînent des changements de vent provoquant des modifications dans la vitesse et la direction des vagues, les colonnes d’eau, le brassage des sédiments..)

« Les enjeux de la consultation selon RTE et l’Etat :  Identifier  l’ensemble des enjeux de la zone d’étude du projet à terre comme en mer, à partir des données aujourd’hui disponibles et de l’expertise citoyenne. L’objectif est notamment d’améliorer le potentiel de réalisation du projet ; déterminer un minimum de trois zones préférentielles pour l’installation de deux parcs éoliens flottants et leurs extensions, dont au moins une en région Occitanie et au moins une en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ;   Affiner les aires d’études à terre et en mer pour les raccordements au réseau public de transport d’électricité, mutualisés pour chacun des premiers parcs et de leur extension, afin d’engager ultérieurement la concertation sur cette base « 

Remarque : Autrement dit, selon RTE, l’Etat et leur léger forcing, le projet est plié, ne reste qu’à discuter certaines modalités.

Heureusement la Commission Nationale du Débat Public ne l’entends pas ainsi et l’a à plusieurs reprises rappelé :

Sont donc soumis à consultation :

L’opportunité, les objectifs et les caractéristiques principales du projet ;

- Les enjeux socio-économiques ;

- Les impacts significatifs sur l’environnement et l’aménagement du territoire ;

- Les éventuelles solutions alternatives, y compris l’absence de mise en œuvre ;

- La localisation des zones potentielles d’implantation des parcs et de leur raccordement

A bon entendeur !

Et on rajoutera cet incipit du rapport de la CNDP en Normandie :

« La mer n’est pas vide et contrairement à l’apparence, elle n’est pas libre »

 Là encore, à bon entendeur !

dimanche 14 mars 2021

Projet d’éoliennes flottantes au sud de la Bretagne-Analyse du débat par la Fédération Gardiens du Large

 Le document intégral peut être trouvé sur https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2015/08/Gardiens-du-Large-Analyse-D%C3%A9bat-Public.pdf?fbclid=IwAR2WXDdn-hX8Jv7nYZYIjeYSWOvYdk4FwNx_RHd7CV6L6HPbmDHtpX0ZDX4

 NB : Rappel Ce blog fait suite au précédent…et à beaucoup d’autres

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Rappel : il s’agit d’une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix ! L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 600 km2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Point de vue de M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan «Il s’agirait d’ un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

 Extraits

 Un avantage nettement en faveur des contre qui devrait conduire à l’abandon du projet

 « Après avoir classé les avis dans 4 catégories assez marquées : « Pour », « Contre », « Oui, mais si », « Ni oui ni non », nous avons choisi de faire une analyse des arguments utilisés par leurs auteurs. Les « Contre » représentent 50,4 % des avis, et utilisent 13 familles d’arguments, dont les majeurs concernent les aspects techniques, l’inefficacité en termes de stratégie bas-carbone, l’environnement. Les « Pour » représentent 29 % des avis, et utilisent 8 arguments, souvent peu étayés, dont les majeurs répètent à l’envi que l’éolien est une énergie propre, décarbonée, de substitution au nucléaire… sans jamais apporter de contre-arguments aux préoccupations des « Contre ». (

 Les « Oui, mais si » et les « Ni oui ni non » représentent plus de 20 % des avis. Ce grand nombre d’incertains, comme la pauvreté des arguments des « Pour », traduit une réelle carence d’information objective et contradictoire.

L’avantage est nettement en faveur des « Contre ». Si la pertinence des arguments « Contre » concernant l’inefficacité du procédé en termes de stratégie bas-carbone était validée à l’issue d’un véritable débat, ces arguments seraient tout à fait opposables aux décisions politiques à l’origine de ce projet, puisqu’ils démontreraient que ces décisions vont à l’encontre du but recherché : une énergie propre, et décarbonée. Il faut donc qu’ils soient soumis à une réelle expertise contradictoire, ce qui ne fut pas le cas au cours de ce débat…

Il est étonnant que l’on ne trouve pas, dans les avis « Pour », des contre-arguments qui annulent les arguments « Contre » : La teneur des arguments « Pour » dénote un grand manque d’information, et ils procèdent le plus souvent d’un choix purement émotionnel ou idéologique. L’argument du remplacement du nucléaire par l’éolien le montre bien : aucune information objective n’a été faite sur ce point. Pas plus que sur la question de l’intermittence et de ses conséquences, pourtant rédhibitoires.

D’ailleurs, il est étonnant qu’à l’issue du débat, beaucoup de questions soulevées par les « Contre » restent sans réponse des Maîtres d’Ouvrage. D’autant plus qu’elles concernent des problèmes visiblement méconnus des « Pour »...

 Il est important que ce débat apporte des conclusions qui éviteront de faire des erreurs à beaucoup plus grande échelle. Et ces conclusions doivent naturellement inclure la possibilité d’abandonner tout projet de ce type. »

Commentaire : les Pour représentent 29% des avis et pour une part sont guidés par une idéologie antinucléaire et leur argument sont faux. Les « oui mais si » et les » ni oui ni non » apportent de telles réserves….qu’elles rendent le projet non viable, et le compte rendu du débat par a CNDP devrait leur permettre de s’en rendre compte..

cf.  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/compte-rendu-cndp-debat-public.html

Alors oui, la seule conclusion possible, c’est l’abandon de ce projet !

Un débat tronqué et très très partial : l’ampleur des sacrifices dissimulés, un parc en cache beaucoup d’autres

L’organisation de ce débat a failli sur trois premiers points  :

1) Une population mal informée,

2) Une question unique et restrictive (quel emplacement dans une zone fixée), indiquant que le reste était non négociable !

3)  Une présentation du projet partiale : des documents orientés présentés par le seul Maître d’Ouvrage, des animateurs représentant le seul Maître d’Ouvrage, une absence de contradicteur, une propagande cachée, Des réunions publiques confidentielles.

Signalons que l’association Sauvons Le Climat a été empêchée de participer au débat alors que sa présence avait été acceptée dans un premier temps : Le Télégramme du 18/09/2020 se fait l’écho d’une vive protestation de l’association « Sauvons le climat » invitée à intervenir puis écartée du débat : la raison officielle est un changement dans les modalités d’organisation, ce qui est bien peu convaincant…

L’annulation de notre participation a eu lieu dans des conditions « qui ne font que confirmer que ces débats ne sont ni contradictoires, ni ouverts. »

Il faut aussi signaler une atmosphère de culpabilisation malsaine sur le thème la Bretagne n’est pas indépendante énergétiquement, elle a refusé Plogoff, elle ne doit pas faire échouer la transition énergétique : Témoignage: « L’étiquette "Transition Ecologique" de ce projet place une partie de la population mal informée dans une quasi-obligation de s'y soumettre, alors que ce projet "Industriel" n'apporte aucune garantie et les habitants doivent en être informés ».  

Ajoutons, et cela est aussi souligné dans le rapport de la CNDP, que l’ampleur de l’agression contre les côtes est dissimulée, et que là où des zones éoliennes seront acceptées, d’autres viendront ensuite :  «  Les 62 machines du projet, ce sont quelques arbres qui cachent la forêt… Car si l’on en croit les décisions prises par Madame la Ministre de la Mer, au moins 4 500 éoliennes format « Tour Eiffel » seront plantées d’ici 2050 le long de nos côtes. »

Un peu plus loin, les Gardiens du Large citent la PPE et préviennent : « dispositions prises dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie qui prévoit, page 131 : « A partir de 2024, des appels d’offres seront notamment lancés sur des extensions de parcs éoliens en mer attribués précédemment avec raccordement mutualisées » et page 134 : « Lors du lancement d’un nouveau projet, l’État envisagera systématiquement la réalisation d’une extension… ».

Cela, on s’est bien gardé de l’expliquer aux riverains, aux pêcheurs et autres professionnels….

Les élus locaux oubliés du débat, c’est fâcheux

« Très peu d’élus se sont exprimés. Un très petit nombre seulement s’est exprimé, la plupart de ces derniers soutenait déjà sans réserve le projet bien avant l’ouverture du débat, tels les élus majoritaires de Lorient ou la Conseillère Régionale en charge de son suivi pour le compte de la Région Bretagne qui s’est déclarée partenaire officiel du projet… »

Il faut dire que lorsqu’un élu s’exprime contre le projet, son avis n’est guère répercuté ; ainsi  M. François Goulard

«Seul un élu, le Président du Conseil Départemental du Morbihan, Monsieur François GOULARD, a fait part au Préfet par un courrier du 1er septembre 2020 de « son opposition déterminée à ce projet ». Ce courrier, adressé au Préfet dans le contexte d’une réunion de présentation du projet avec le Président du Conseil régional, n’a pas été rendu public par la CPDP. Ce n’est que 3 mois plus tard, le 5 décembre 2021 qu’il a été publié par le Directeur de Cabinet du Département noyé dans la masse, passant quasiment inaperçu dans la seule rubrique « avis » du site du débat public. »

Commentaire : il s’agit quand même de M. François Goulard, président du Conseil Général du Morbihan. Est-ce un hasard si la région Bretagne appuie le projet…sauf le département le plus impacté ?

Mais la plupart des élus sont resté en dehors du débat, par désintérêt ou manque d’information, ce qui est dramatique pour la démocratie..

Ainsi « La commune de Névez a reçu tardivement l’information de ce projet. Et seul un débat public a été inopinément ajouté au planning le 3 novembre 2020 au CAC de Concarneau. Il n’aura pu finalement se tenir à cause du contexte sanitaire de confinement. La commune de Névez n’est actuellement que le spectateur de ce projet…Pourquoi ne pas avoir associé les communes susceptibles d’être choisies dès les secteurs identifiés ? »

Concernant le Grand Site de France « Les Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon », on relèvera qu’une question identique a été posée par un élu en fin de la réunion plénière du Conseil Syndical en charge de la gestion du GSF qui s’est tenue le 6 octobre 2020. Cette question est restée sans réponse, le Président ayant simplement déclaré qu’il venait d’apprendre l’existence de ce projet, confirmant le sentiment partagé par nombre d’élus interrogés…

A notre connaissance, aucune autre assemblée d’élus n’a débattu de ce projet ni même informé ses représentants de son existence. Nous citerons notamment la communauté de 24 communes « Auray Quiberon Terre Atlantique » dont les limites maritimes sont pourtant concernées par le projet et dont deux de ses compétences, au moins, auraient pu lui permettre d’en débattre légitimement, notamment celle relative à l’environnement et celle relative au tourisme. »

 Les oubliés du débat :  Nombre de personnes ont découvert l’existence du projet en toute fin de débat public, notamment les Finistériens. Certaines s’en sont formalisées par écrit : Un des tous derniers avis déposé le soir dudernier jour du débat public en témoigne avec force : « le Finistère Sud a pris connaissance de ce débat très tard, souvent par le bouche à oreille, ce qui est mon cas » (Avis A482 déposé le 21 décembre à 22 heures 13)

Des cahiers d’acteurs … et surtout des prospectus publicitaires !

« D’après la CPDP, dans les cahiers d’acteurs, « les personnes morales (institutions, associations, partis politiques, organismes…) ont pu détailler leur point de vue sur le projet d’éoliennes ».Résultat : Il y a 47 cahiers d’acteurs, dont 18 plaquettes commerciales : 18 acteurs qui se soumettent à un casting pour savoir qui jouera la partie (construction, exploitation, maintenance, conseils en tous genres), comme si nous en étions déjà à l’appel d’offre… Dans ces publicités, les « acteurs » flattent le Maitre d’Ouvrage en louant ses objectifs et en utilisant ses arguments, dont ils se font l’écho fidèle, considérant comme acquis tous les paramètres déjà fixés par lui. »

Ces cahiers d’acteurs  fournissent quand même l‘occasion d’apprendre certaines choses. Ainsi, pointés par Gardiens du Large :

Naval group et le brillant futur de l‘éolien offshore : « Dans la liste de ces « acteurs » inopportuns, on trouve Naval Energies, filiale à 100% de Naval Group, qui écrivait en décembre 2020 « Naval Energies développe une offre complète : conception des flotteurs et des ancrages, fabrication et installation en mer ». « Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export (Japon, Royaume-Uni, Corée, etc.) », Ajoutant avec force « Les perspectives de développement de cette filière sont immenses… ».

Patatras et boule de gomme !

« 2 mois plus tard, début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification dans le secteur des énergies marines renouvelables en s'apprêtant à cesser les activités de sa filiale Naval Energies, met en avant l'immaturité du marché des énergies marines renouvelables », et déclare « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »…

Comme le signalent les Gardiens du Large, ce communiqué n’est pas de nature à faciliter l’identification d’un repreneur…

Le cahier d’acteur n°37 ou explication de gravure entre promoteurs éoliens

Ce cahier d’acteur précédemment cité, a été déposé par la Société FEFGBI, sans doute pour le compte d’EOLFI, opérateur de la ferme pilote des 3 éoliennes à côté de Groix. Et leurs observations, ça vaut le détour !

« La première information est qu’il s’insurge légitimement contre le fait que le projet commercial qui doit se mettre en place va se faire sans attendre le retour d’expérience de la ferme pilote. Il rappelle les engagements de l’État quant au passage du « prototype » à la « ferme commerciale » en passant par la phase expérimentale de la « ferme pilote » validant les technologies d’un domaine aujourd’hui encore inconnu. Or, pour l’heure, le prototype n’est pas encore construit que l’État tente déjà de lancer la construction de la « ferme commerciale ».

Et un direct, un !

« La seconde information est qu’il s’inquiète des perturbations que le parc commercial va générer sur le fonctionnement de ses 3 éoliennes pilotes, dévoilant que « les travaux de modélisation ont également montré qu’une distance inférieure à 10 km entre la ferme pilote et le projet commercial entrainerait une perte de production pour la ferme pilote ». On découvre ainsi que des études poussées ont prouvé que les éoliennes se perturbaient significativement à moins de 10 km d’éloignement. Qu’en sera-t-il des perturbations entre les éoliennes commerciales que l’on nous dit être espacées de 1 à 1,5 km selon les sources ? »

Crochet du droit ?

« La troisième information est qu’il rappelle avec pertinence que « la société (porteuse du projet de ferme pilote) s’est engagée tout au long du processus de concertation à ne pas augmenter le nombre d’éoliennes sur la zone et que l’installation d’un projet commercial à proximité de la ferme pilote … serait perçu comme un agrandissement de celle-ci »

Crochet du gauche ?

« La quatrième et dernière information est la conclusion de leur cahier d’acteur où il rappelle par cette phrase chargée de sous-entendus : « la protection de ce site (le Grand Site de France, Les Dunes Sauvage de Gâvres à Quiberon) constitue un engagement fort qu’il est essentiel de préserver ».

Sous-entendu : notre projet pilote sauvegardait cette zone (7 communes littorales de Gâvres à Quiberon, labellisées  « Grand Site de France » ; il n’y a aucune garantie que le projet industriel Bretagne Sud le fasse…

KO !

En conclusion : « Le projet des 62 éoliennes contredit formellement les assurances données par l’État à l’époque et fausse substantiellement les conditions mêmes de la tenue de l’enquête publique relative au projet de ferme pilote aujourd’hui poursuivi par EOLFI. Force donc est de constater que l’État lui-même renie ses propres engagements, fait dénoncé par un opérateur éolien, ce qui nuit à la crédibilité de l’ensemble de la procédure actuelle »

Commentaire : les effets d’interaction et même de modification du climat d’une trop grande densité d’éoliennes commencent à faire l’objet d’études scientifiques en Allemagne (https://eifelon.de/umland/windsterben-durch-windkraft.html#q=emailzeitung&v=eo303)

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.

Des photomontages qui manquent d’impartialité.

« Le maître d’Ouvrage a confié à la société GEOPHOM la réalisation d’une douzaine de photomontages censés montrer l’impact visuel des éoliennes selon 4 implantations différentes….

Qui est la société GEOPHOM ? La réponse est donnée par le Maître d’Ouvrage, toujours dans la réponse à la question 232 :« La société GEOPHOM est spécialiste dans la réalisation de photomontages pour des projets éoliens et solaires »

En fait, c’est son seul et unique marché, ses seuls clients étant les opérateurs éoliens publics ou privés, ainsi que cette société le revendique d’ailleurs dans son site internet…

On peut donc légitimement se poser la question de l’impartialité du travail de cette société dont les seuls clients sont les promoteurs éoliens. D’autant que dans les faits, les photomontages utilisent des photos panoramiques qui écrasent la vision lointaine et n’est pas conforme à la perception de l’œil. En outre, les conditions d’éclairage n’ont absolument pas été prises en compte. La désignation des lieux choisis est parfois erronée…

Par ailleurs, si les photomontages semblent être le fruit de calculs précis rien n’est précisé quant au dimensionnement relatif des éoliennes sur l’horizon. Pourtant nombre d’objets dont les caractéristiques sont connues auraient pu permettre de les dimensionner de façon incontestable, le feu des Birvideaux, le phare de la pointe des Poulains, la pointe de Kervedan, le château d’eau de Groix etc. Cette méthode infaillible n’a pas été employée. Pourquoi ?

A contrario, certaines des photos sont d’une qualité déplorable. Il en est ainsi de celle utilisée pour le photomontage de la pointe de Kervedan, laquelle très surexposée, permet à GEOPHOM de cacher la plupart des éoliennes.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des photomontages, sur le choix de leur localisation, sur l’effet contre-jour totalement éludé, sur l’absence de la prise en compte de nombreux paramètres comme la réfraction atmosphérique etc.



Remarques sur la loi ESSOC

« La loi ESSOC du 10 août 2018, dans le domaine des Energies Renouvelables en Mer (ERM), rend l’Etat Français garant du débat public. Se faisant, ce dernier se doit de saisir la Commission National du Débat Public (CNDP), en amont du projet, exonérant ainsi de cette obligation le lauréat, jusque-là tenu d’assurer la concertation avec les citoyens.

Les modalités de participation du public n’ont, quant à elles, pas été modifiées. Le public se voit donc convié au débat avant même que les conclusions de toute étude n’aient été rendues. N’étant pas invité à s’exprimer une seconde fois, c’est donc un public peu averti qui participe à la concertation.

Commentaire : la loi ESSOC dans le domaine de l’éolien offshore  (Loi de simplification et  pour une société de confiance !!!) vise essentiellement à simplifier… les procédures d’obtention d’autorisations de construction et les évolutions ultérieures des zones éoliennes…Prévu par l’article 58 de la loi du 10 août 2018 de cette fameuse loi Essoc, le permis enveloppe est un nouvel outil législatif destiné à faciliter le développement des projets d’énergies marines renouvelables en levant notamment certaines contraintes qui rallongent considérablement le temps de construction d’un projet… La loi ESSOC améliore le processus de consultation du public… … afin de rendre plus flexibles les démarches des porteurs de projets…

Une fois la consultation du public et le processus d’appel d’offres terminés, le lauréat pourra déposer des demandes de concession d’utilisation du domaine public maritime et d’autorisation environnementale selon les modalités du permis enveloppe. Grâce au décret n°2018-1204 publié le 23 décembre 2018 au Journal Officiel, ces autorisations peuvent désormais être variables et évolutives…. le porteur de projet pourra par exemple faire évoluer les technologies de son parc offshore ou changer le nombre d’éoliennes sans avoir à procéder à des demandes de modification des autorisations précédemment accordées…

Eh ben voilà : le lobby des margoulins de l‘éolien a bien travaillé…

Et il y a quand même un gros gros problème : l’Etat, donc le Préfet est garant du débat public... Or ceci est contradictoire avec les très fortes pressions du gouvernement sur les mêmes préfets pour accélérer la construction de zones éoliennes « Les préfets de région seront chargés de cartographier les zones propices à l'accueil de futurs parcs éoliens terrestres, a dit ce jeudi aux députés la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, affirmant la volonté gouvernementale d'accélérer le déploiement de cette énergie, sur terre comme en mer »

Parlant spécifiquement de Bretagne Sud, elle a ajouté : « «Au sud de la Bretagne, le débat public sur le projet d'éoliennes flottantes s'est terminé fin décembre. Je choisirai la zone d'implantation après la remise du rapport de la Commission du débat public prévue fin février, et il s'agira du premier parc commercial d'éoliennes flottantes en Europe», a-t-elle précisé lors d'un débat à l'Assemblée nationale. «En Méditerranée, le débat public devrait commencer au premier semestre et la localisation de deux futurs parcs d'éoliennes flottantes pourrait avoir lieu d'ici la fin 2021 »

Commentaire : ben, après cette consultation, c’est plutôt mal barré de manière démocratique. I va falloir envoyer les CRS…beaucoup