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mardi 26 mars 2024

Premier Parc éolien offshore norvégien : intoxication et vérité éolienne dans la presse française !

 L’intoxication, c’est dans les Echos, la vérité c’est dans les agences financières étrangères

Pour les Echos : tout va bien !  : La Norvége confirme son parc éolien en mer… La Norvège a rassuré lundi sur le bon déroulement de son appel d’offres pour un premier parc éolien en mer de 1,5 GW maximum. Les enchères sont en cours,, a déclaré le ministère de l’énergie alors que les faibles prix actuels de l’électricité faisaient craindre un désintérêt des opérateurs éoliens »

Donc tout va bien !

Lien article https://investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/la-norvege-lance-un-appel-doffres-pour-son-parc-eolien-offshore-commercial-2083343

L’avis de Reuters est un peu différent !

Reuters : Soerlige Nordjoe II se trouve à proximité de la frontière norvégienne avec le Danemark en mer du Nord et à environ 200 km des côtes norvégiennes. L’offre proposée inclut une aide de l’Etat plafonnée à un total de 23 milliards de couronnes norvégiennes (2 milliards d’euros)

Cin1q groupes se sont préqualifiés en février, mais la société allemande EnBW a depuis confirmé qu’elle n’y participerait pas, citant l’obligation pour le promoteur de construire et posséder le connecteur de courant continu à haute tension et la limitation de l’aide de l’Etat.

Les quatre autres candidats sont les norvégiens Equinor et Aker Offshore Wind en partenariat avec Statkraft, l’allemand RWE et le britannique BP-Alors que Shell et d’autres ont soulevé des questions sur la rentabilité du projet, les quatre autres candidats interrogés par Reuters ont refusé de dire s’ils feraient  une offre.

 Le secteur de l’éolien en mer est confronté à des augmentations de coûts liées à la hausse des taux d’intérêts et à des goulets d’étranglements dans la chaine d’approvisionnement
. De grands ,noms comme Orsted, Vatenfall, Total Energies et Iberdrola ont renoncé à participer à la vente aux enchères - ! »

Avis : l’information sur l‘éolien en mer est sérieusement biaisée par certains média français - !

https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-la-norvege-lance-un-appel-d-offres-pour-son-parc-eolien-offshore-commercial-1110183.html



jeudi 25 janvier 2024

L’éolien en mer, nouveau dilemme chinois de l’Europe/ le coût extravagant de l’éolien offshore

 Remarquable article des Echos sur l’économie flageolante et les risques de dépendance de l’éolien offshore (24 janvier 2023)

Extraits :  600 milliards d’euros d’ici 2030 et le syndrome du déferlement chinois

« Fini l'eldorado : l'éolien offshore traverse une passe délicate. Dix ans après les panneaux solaires, l'Europe reste soumise à la tentation du « made in China ».

Pourtant, le secteur de l’éolien offshore a enchaîné, depuis deux ans, les déconvenues. Difficultés industrielles, explosion des coûts et effondrement des investissements font planer sur toute une filière d’excellence européenne un risque nouveau.

Un risque énergétique, d’abord…Un risque stratégique aussi, au parfum de déjà-vu : à l’image de ce qui est arrivé aux panneaux solaires il y a une décennie, un lointain géant asiatique dispose d’un savoir-faire défiant toute concurrence.

« La Chine est en embuscade. Elle représente déjà 60 % de la capacité mondiale de fabrication d’éoliennes (contre 19 % pour l’Europe, et 9 % pour les Etats-Unis). …Dans un récent rapport pour l’Institut français des relations internationales, Etienne Beeker constate, en outre, que les éoliennes en mer de Chine sont positionnées dans des zones modérément ventées. A quoi bon, si ce n’est pour s’entraîner avant d’aller vendre son savoir-faire ailleurs ? Ce scénario est « fortement à craindre », estime l’analyste, « la Chine ayant par le passé et pour d’autres technologies déjà appliqué un apprentissage sur son propre sol […] à des fins de conquête de marchés étrangers par la suite ».« Les industriels chinois sont là, et ils gravissent les échelons petit à petit »

François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR : « ll faut de l’énergie pas trop chère, et pour avoir de l’énergie pas trop chère, il va peut-être falloir acheter chinois. »

« Le nerf de la guerre, toutefois, sera financier. Usines, ports, navires : toute une chaîne de valeur doit changer de dimension. A la Banque européenne d'investissement (BEI), on estime qu’il faudra, pour l’éolien dans son ensemble, environ 600 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030 ! « 

« Reste à savoir si les opinions publiques suivront. Dans un article, les juges administratifs chargés de ces dossiers soulignent, en France, le « caractère exceptionnel » du pourcentage de pourvois en cassation après des recours juridiques sur des projets éoliens en mer. »

600 milliards d’euros d’ici 2035 ! Avec ça, on paie pompes à chaleurs à tous ceux qui en ont besoin , et large !

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/leolien-en-mer-nouveau-dilemme-chinois-de-leurope-2071021

Plus 400 milliards pour les réseaux !

l’association des gestionnaires de réseaux d’électricité européens (Entsoe)  a publié le 23 janvier 2024 son premier plan « de développement du réseau en mer » Selon ce document, l’UE devra installer 15 gigawatts de capacités d’énergie renouvelable en mer par an pour atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques d’ici à 2030. L’Entsoe évalue en outre qu’entre 48 000 km et 54 000 km de câbles seront nécessaires pour acheminer l’électricité sur le continent, « un défi pour la chaîne d’approvisionnement ». Concernant les coûts, le rapport souligne qu’environ 400 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires pour intégrer au système énergétique les 496,4 GW de capacités d’énergies renouvelables offshore requis d’ici à 2050 dans l’UE (383,4 GW), en Norvège (environ 15 GW) et au Royaume-Uni (environ 97 GW).

Lien vers le rapport : file:///C:/Users/sarto/Downloads/entsoe-plan-de-developpement-du-reseau-en-mer.pdf


#PIEBÎEM
https://piebiem.webnode.fr/piebiem/

samedi 13 janvier 2024

L'illusion hydrogène : les opérateurs allemands de stockage de gaz mettent en garde contre les plans exagérés des réseaux d’hydrogène / Transition énergétique : le gros coup de blues de l’hydrogène verte

 Note de Reuters : https://www.reuters.com/business/energy/german-gas-storage-operators-warn-overblown-plans-hydrogen-grids-2024-01-04/

Résume : Les opérateurs allemands de stockage de gaz mettent en garde contre les plans exagérés des réseaux d’hydrogène

Le groupe de stockage INES présente une étude d’Aurora Energy qui affirme que les prévisions de réseaux d’hydrogène allemands prévus pourraient être trop coûteux et surdimensionnés

Les hypothèses de demande et  les besoins d’importation sont jugés trop élevés

Il y a une grande marge de manœuvre géographique pour le stockage à l’intérieur de l’Allemagne

- La demande future d’hydrogène de l’Allemagne pourrait être bien en deçà du niveau de référence que le pays suppose dans ses plans d’extension de son réseau gazier pour transporter le carburant, selon une étude commandée jeudi par un groupe d’opérateurs de stockage.

Le rapport, qui préconise de stocker plus d’hydrogène à domicile, intervient alors que la plus grande économie d’Europe est sur le point de décider comment placer des milliards d’euros pour développer l’hydrogène vert pour la décarbonisation dans les décennies à venir. L’une des pierres angulaires de la stratégie de Berlin en matière d’hydrogène est un réseau central d’hydrogène de 20 milliards d’euros et de 9 700 km (6 000 miles) décrit dans les plans du caucus des opérateurs de gazoducs FNB Gas en novembre dernier, qui envisageaient une utilisation de l’hydrogène de 279 térawattheures (TWh) par an d’ici 2032.

Mais une étude présentée jeudi par le groupe de stockage INES et préparée par le cabinet de conseil en énergie Aurora prévoit que la demande d’hydrogène ne se situerait qu’entre 73 et 123 TWh jusqu’en 2030. Des points d’échange frontaliers de moins de 10 gigawattheures par heure (GWh/h) d’importations pourraient suffire à répondre à cette demande, selon l’étude d’Aurora, par rapport aux 59 GWh/h envisagés dans le cadre du plan FNB.

Un très gros risque d'actifs échoués 

« La brève analyse d’Aurora illustre à quel point les incertitudes dans la planification du réseau sont encore importantes et à quel point il est grand que des surcapacités puissent être développées qui ne seraient jamais utilisées », a déclaré Sebastian Heinermann, directeur de l’INES.

Le plan de la FNB s’appuie sur la conversion de 60 % des gazoducs existants.

Alors que la montée en puissance du marché de l’hydrogène n’en est qu’à ses débuts, un examen du potentiel géologique prometteur pour le stockage domestique de l’hydrogène offrirait un potentiel d’économies d’investissement, a recommandé Aurora. 

(Parmi les membres de l’INES figurent la société Astora au sein du groupe SEFE, VNG Gasspeicher, Uniper (UN0k.DE) et RWE (RWEG.DE).

 


Sur le même sujet, remarquable article de La Tribune : Transition énergétique : le gros coup de blues de l’hydrogène vert
https://www.latribune.fr/climat/energie-environnement/transition-energetique-le-gros-coup-de-blues-de-l-hydrogene-vert-987956.html

Extraits : 

"On ne va pas pas se mentir, il y  eu une phase de communication trés importante qui a permis d’installer l’hydrogène dans les têtes. Désormais, on entre dans la réalité qui, elle, est plus complexe" ( Philippe Boucly, France hydrogène)

Faiblesse de la demande ...et de la production : "Plusieurs éléments expliquent ce coup de frein. La qualité des électrolyseurs qui ne semble pas être au rendez-vous est souvent évoquée. Mais le grand blocage réside surtout du côté de la demande... ou plutôt de l’absence de demande.... De fait, les industriels restent très frileux à s’engager dans la durée sur des volumes conséquents d’hydrogène vert, dont le prix reste 2 à 3 fois supérieur à l’hydrogène gris, fabriqué à partir d’énergies fossiles.

Marche arrière sur les bus et trains à hydrogène : "Cette faiblesse de la demande se matérialise aussi dans la les promesses de cette minuscule molécule pour décarboner la mobilité lourde terrestre. En France, les villes de Pau et de Montpellier  pour les bus et, en Allemagne,  la Basse-Saxe, qui avait pourtant été la première au monde à lancer une ligne commerciale de train à hydrogène, tournent aussi le dos à ce gaz pour lui préférer la propulsion à batterie"
"De plus en plus de régions en France s’intéressent aux trains à batterie. Sur l’hydrogène, on freine avant même d’avoir démarré car cela ne tient pas la route"... "Je ne vois pas l’hydrogène se développer de manière significative dans la mobilité terrestre. Et dans l’industrie, l’hydrogène va être utilisé comme matière première ou comme agent de procédé, beaucoup moins comme vecteur énergétique "( Cédric Philibert, IFRI)

"Malgré les difficultés du marché de l'hydrogène et  les doutes qui planent sur certains de ses débouchés, plusieurs observateurs s’accordent sur un point : son utilisation pour la production d’ammoniac, dont les procédés reposent déjà sur de l’hydrogène gris, apparaît comme viable à court terme." OK

"L’hydrogène demeure également pertinent pour le transport aérien et maritime, justement sous forme d’ammoniac ou de kérosène de synthèse. Dans un horizon plus lointain, l’hydrogène devrait être utilisé comme outil de flexibilité pour le réseau électrique afin de répondre aux pointes de consommations sans recourir à des combustible fossiles" 

Et voilà, décidément l'hydrogène fait délirer : car enfin le rendement de la transfomation électricité- hydrogène- électricité est tout simplement catastrophique., ce serait comme brûler des sacs Louis Vuitton pour se chauffer ( Samuele Furfari)Pour avis à @Bruno Le Maire

On rappelle cette conclusion de l'Académie des technologies  : 

« L’utilisation massive d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente (éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui obère considérablement les coûts… »

« Dans tous les cas, le stockage d’une électricité renouvelable variable sous forme d’hydrogène entraine des pertes de conversion de 70 %, à terme peut-être seulement 40 ou 50 %. Dans un environnement disposant de larges réseaux de gaz ou d’électricité les perspectives de rentabilité pour ces solutions semblent très lointaines, à des niveaux de coût carbone bien supérieurs à ce qu’ils sont actuellement. "

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/07/comite-de-prospective-de-la-cre-le.html

3ème article -:  Le rêve de l’Allemagne de construire un parc de centrales à hydrogène s’éloigne...et la solution sera le charbon !

https://www.euractiv.com/section/electricity/news/germanys-dream-of-building-a-fleet-of-hydrogen-fired-power-plants-is-faltering/

Extraits 

"Les projets de construction d’une flotte de centrales électriques à hydrogène pour compléter les éoliennes et les panneaux solaires sont menacés , dans un contexte de compressions budgétaires et d’exigences de réduction des coûts de la part de l’industrie"

"Début août 2023, le gouvernement allemand a annoncé triomphalement que la Commission européenne avait essentiellement donné son feu vert à son projet de centrales électriques de secours subventionnées.

Cela signifiait 8,8 GW de centrales électriques dédiées à l'hydrogène, ainsi que 15 GW de centrales alimentées au gaz naturel, qui devraient passer à l'hydrogène d'ici 2035 au plus tard, ce qui représente au total environ un tiers de la demande électrique de pointe allemande de 2023. 

Étant donné que ces centrales ne produiraient probablement de l’électricité que pendant les périodes de faible vent et d’ensoleillement – ​​connues sous le nom de « kalte Dunkelflaute » – il est peu probable qu’elles réalisent des bénéfices sans le soutien de l’État.

Et surtout, les 7 milliards d'euros annuels prévus à cet effet se sont « évaporés » à la suite d'une décision du plus haut tribunal allemand, qui a restreint l'utilisation par le gouvernement des lignes de crédit approuvées pendant la crise du COVID-19.

En l’absence de centrales à hydrogène disponibles en secours, l’énergie au charbon sera probablement nécessaire pour combler le vide, a prévenu le chef du BDI (NB les electrointensifs allemands)

« Tant que la perspective de nouvelles centrales électriques de secours basées sur l’hydrogène ne se concrétisera pas […] la solution en Allemagne sera la poursuite de l’exploitation des centrales électriques au charbon », a déclaré Russwurm à la presse mardi 16 janvier. .

Commencer tôt était crucial pour lancer la construction, mais avec des modèles économiques et des financements « totalement flous », les centrales électriques à hydrogène ne verront tout simplement pas le jour, a ajouté le chef du BDI."

"Les groupes industriels exhortent désormais le gouvernement à agir. « Le gouvernement fédéral doit maintenant se ressaisir : nous avons besoin d'une stratégie en matière de centrales électriques avec des conditions-cadres claires », a déclaré le 11 janvier l'association du secteur de l'énergie BDEW.

"Au moins 15 gigawatts (GW) de nouvelle capacité de production sécurisée seront nécessaires en Allemagne d'ici 2030", a ajouté l'association. 

Oubliez l’hydrogène, concentrez-vous sur le gaz ou hydrogen ready pas la peine !

Compte tenu des contraintes budgétaires, les deux associations industrielles exhortent le gouvernement à faire des économies et à abandonner les projets de centrales électriques alimentées à l’hydrogène.

« Pour réduire considérablement la complexité et les coûts », le BDEW souligne la nécessité de « réévaluer » le rôle accordé aux centrales de pointe à hydrogène et aux centrales électriques hybrides, en raison de leurs composants coûteux et de leurs impacts limités sur la sécurité d’approvisionnement.

Les centrales électriques existantes ne peuvent pas fonctionner avec de l'hydrogène « pur », car « les brûleurs fondraient tout simplement », a-t-il expliqué. Pour résoudre ce problème, il faudrait équiper les usines de céramiques, ce qui les ferait ressembler au nez d'un vaisseau spatial replié vers l'intérieur – un processus qui peut être réalisé mais qui est coûteux, a déclaré le chef du BDI.  

« Si ces centrales sont censées fonctionner uniquement lorsque le soleil ne brille pas et que le vent ne souffle pas, elles seront extrêmement coûteuses », a-t-il ajouté.

"Je ne parle même pas du coût de l'hydrogène, que nous n'avons pas, mais seulement des coûts d'investissement de ces nouvelles turbines à gaz et de leurs nouveaux périphériques."

En fin de compte, cela signifie que le projet allemand d’abandonner complètement l’énergie au charbon d’ici 2030 semble peu susceptible de se concrétiser. Et  l’Allemagne devra continuer à s’appuyer sur des centrales électriques au gaz pour répondre à la demande croissante d’électricité.

Sur l'hydrogène, voire également sur ce blogN


https://vivrelarecherche.blogspot.com/2023/03/securite-du-developpement-de-la-filiere.html
https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/les-enjeux-de-lhydrogene-le-rapport-de.html
https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/les-enjeux-de-lhydrogene-le-rapport-de_9.html

vendredi 8 décembre 2023

Relocaliser en décarbonant grâce à l'énergie nucléaire

 w.fondapol.org/etud/relocaliser-en-decarbonant-grace-a-lenergie-nucleaire/

Remarquable article de Valérie Faudon de la SFEN ( janvier 2021) :

Extraits

Le nucléaire est en France un outil de souveraineté permettant de résister aux chocs énergétiques, un facteur de compétitivité-coût favorisant l’attractivité internationale du pays pour les industriels et un vecteur de compétences, terreau d’une possible réindustrialisation au cœur des territoires. Finalement, la filière nucléaire française est un opérateur clé de la décarbonation en France et présente des atouts certains, non seulement parce que l’empreinte carbone des produits et services est amenée à devenir un nouveau facteur de compétitivité mais aussi parce qu’elle permet à notre pays de se placer dans la course au carburant vert (l’hydrogène) et de se positionner dans les secteurs de demain gros consommateurs d’électricité, tels celui des data centers.

Avec son électricité décarbonée nucléaire et renouvelable, la France dispose d’un avantage compétitif exceptionnel pour produire de l’hydrogène bas carbone moins cher sur son propre sol

Le nucléaire, en tant qu’énergie bas carbone et en tant que troisième secteur industriel français, est source d’avantages comparatifs clés sur lesquels le pays peut s’appuyer dans ses stratégies de relocalisation et de réindustrialisation.

1)Le nucléaire a permis de répondre au premier choc pétrolier


2)La France doit se préparer à de nouveaux chocs énergétiques


3) Le socle nucléaire français doit être sécurisé sur le long terme

Dans les années qui viennent, la sécurité d’approvisionnement française pourra être assurée par la rénovation et la prolongation des réacteurs nucléaires existants pour cinquante ou soixante ans d’exploitation… Au-delà, à l’horizon 2040, la France peut être confrontée à un important « effet-falaise » lié au calendrier historique extrêmement rapide de construction des réacteurs dans les années 1980.

Face aux enjeux et dans le contexte d’incertitude actuel, il est nécessaire d’anticiper le renouvellement du parc nucléaire en préparant la mise en service de nouveaux moyens de production nucléaires dès le début de la décennie 2030. Ne pas prendre la décision de renouveler le parc nucléaire en temps et en heure peut exposer notre pays à des risques très importants. Ainsi, en Belgique, début octobre 2020, le nouveau gouvernement a confirmé, dans un accord de coalition avec le parti écologiste, la fermeture de ses centrales nucléaires pour 2025, alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’électricité du pays. Le gestionnaire du réseau a souligné le risque que le pays ne puisse alors s’approvisionner chez ses voisins, comme la France ou l’Allemagne, qui n’auront pas nécessairement la capacité excédentaire disponible au moment elle en aura besoin. Alors que les seuls moyens de remplacement susceptibles d’être construits rapidement ne pourront être que des centrales à gaz, très émettrices de CO2, on voit que la fermeture du parc nucléaire représenterait une régression à la fois en matière de sécurité d’approvisionnement et en matière climatique.

4)Un facteur de compétitivité

La production et la distribution d’électricité sont, d’une manière générale, l’une des infrastructures clés d’une économie. C’est un facteur différenciant pour attirer les investisseurs étrangers : une étude de 2017, réalisée dans 81 pays, a ainsi montré que la disponibilité de l’électricité était le premier facteur en termes d’impact pour attirer les investisseurs, devant la liberté économique.

Les principaux clients : il s’agit des plus gros sites industriels français regroupant la quasi- totalité des électro-intensifs des secteurs historiques (sidérurgie, métaux non ferreux, chimie lourde, papier, automobile ou encore transport ferroviaire)

5)La France est internationalement reconnue pour la qualité de son électricité

Aujourd’hui, grâce à son parc nucléaire, son parc hydroélectrique et son réseau de transport d’électricité, la France bénéficie d’une excellente réputation internationale. Selon le Choiseul Energy Index : « En termes de qualité, de disponibilité et d’accès à l’électricité, la France arrive en tête du classement, ex æquo avec la Corée du Sud. Cela s’explique notamment en raison d’un parc nucléaire important. » Par qualité de la fourniture d’électricité, on entend en général deux facteurs : la continuité de l’alimentation électrique et la qualité de l’onde de tension (absence de perturbations sur la tension et la fréquence)

6) Les prix de l’électricité industrielle en France sont parmi les plus bas

Malgré des progrès très importants en termes d’efficacité énergétique, les industriels restent de grands consommateurs d’électricité. Pour certains, la question du prix de l’électricité comme facteur de production est même un point clé de leur compétitivité, donc de leur décision d’investir, ou de rester en France. Aujourd’hui, la France fait partie des pays d’Europe où le prix de l’électricité industrielle est le plus bas, avec les pays scandinaves, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Slovénie.

Ces industries se sont développées en s’appuyant sur le parc hydroélectrique et nucléaire, qui garantissait une électricité avec des prix à la fois prédictibles et bon marché…Ainsi, le site Aluminium Dunkerque, implanté historiquement par le groupe Pechiney dans les Hauts-de-France, sur le site même de la centrale nucléaire de Gravelines, n’a jamais fait l’objet d’une délocalisation, et il est aujourd’hui le plus grand producteur européen d’aluminium primaire

7) Un vecteur de compétences : Avec le nucléaire, la France dispose d’une filière de haute technologie encore complète

La filière nucléaire est la troisième filière industrielle française, derrière l’aéronautique et l’automobile, avec plus de 3.000 entreprises, dont 63,8% de PME et 12,5% d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) ; elle représente 6,7% de l’emploi industriel en France avec plus de 220.000 emplois (directs et indirects) : Les activités du secteur nucléaire ont un effet d’entraînement important sur le reste de l’économie : une étude récente estime que, d’ici à 2050, en Europe, chaque euro issu des taxes payées par l’industrie nucléaire générera 2,50 euros de recettes publiques




8) Un opérateur clé de la décarbonation

Grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, la France dispose d’un mix décarboné à plus de 90%, soit une des électricités les moins carbonées du monde. Les émissions moyennes de CO2 en France sont inférieures à 50 g/kWh, bien en dessous de celles des pays voisins (environ 400 g/kWh pour l’Allemagne et 260 g/kWh pour l’Italie, par exemple) 54. Alors que la neutralité carbone devient un impératif pour les entreprises, la France dispose, avec son électricité décarbonée, d’un nouveau facteur d’attractivité essentiel.



Une étude de Deloitte pour l’Uniden  sur plusieurs secteurs (acier, aluminium, ciment, papier, PVC, sucre et verre plat) montre que le décrochage français de 1995 à 2015 dans ces industries s’est traduit non seulement par une perte de 13.000 emplois, mais aussi par une augmentation de 50% de l’empreinte carbone associées à ces productions substituées. L’Uniden parle d’un effet « double peine » et met en valeur que la localisation industrielle est à la fois une donnée économique et environnementale : ces deux dimensions ne sont plus autonomes. La même étude présente un scénario de reconquête industrielle dans ces secteurs, avec la création de 9.600 emplois et une baisse des émissions de 5 millions de tonnes de CO2 équivalent, avec une contribution positive de toutes les filières.

 9)Un atout pour le développement de l’industrie 4.0

La transformation numérique de l’industrie est reconnue comme l’un des leviers pour changer le modèle industriel et économique de nombreux secteurs. Dans l’industrie 4.0, les nouvelles technologies de l’information (robotique, impression 3D, big data…) permettront, selon Olivier Scalabre, directeur associé au bureau de Paris du Boston Consulting Group, le développement de « petites usines dites intelligentes, automatisées, capables d’une grande flexibilité dans la production et situées au plus près des clients ou consommateurs

10) Un avantage dans la course au nouveau carburant vert : l’hydrogène bas carbone

Aujourd’hui, de nombreuses institutions estiment que l’hydrogène bas carbone pourrait jouer un rôle important pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. À court terme, il s’agira de décarboner l’hydrogène utilisé actuellement dans l’industrie, produit à base d’énergies fossiles très émettrices de CO2.

Surtout, il pourra être un vecteur de décarbonation pour d’autres usages existants, difficiles à décarboner par l’électricité, comme le transport lourd (de manière très complémentaire aux solutions électriques). À terme, certains voient le vecteur hydrogène contribuer à des solutions de stockage intersaisonnier dans des mix électriques comportant une part importante d’énergies renouvelables variable

Le fonctionnement en période d’excédent (prix bas de l’électricité) conduit à des facteurs de charge faibles pour les électrolyseurs et nécessite de déployer rapidement une très grande capacité d’électrolyseurs, au point de poser une question de faisabilité. Ce fonctionnement constitue donc un enjeu important pour l’aval de la chaîne qui doit trouver les solutions afin d’assurer la continuité de son approvisionnement en dehors des périodes de production (le stockage, par exemple).

La solution avec électricité en base permet d’atteindre des facteurs de charge significatifs pour les électrolyseurs (entre 3.000 et 6.000 heures/an). Elle permet ainsi de répartir les électrolyseurs près des lieux de consommation industrielle, Du fait de la disponibilité de l’électricité sur tout le territoire. Il est de cette façon possible d’économiser sur la chaîne logistique associée à l’hydrogène vaporeformé. Enfin, elle offre des possibilités de services systèmes (effacement) lors des périodes de tension.

samedi 20 août 2022

L’éolien off shore : 1) une équation économique incertaine, une technologie non mature, un coût très élevé de l’électricité pour une décarbonation très peu efficace, voire contestable.

Résumé : Coût  extrêmement  élevé, technologie non mature,  forte dépendance en matériaux stratégiques, occupation extravagante de l’espace maritime, des projets à risque aggravé et des problèmes en séries. L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent. En conséquence, la seule urgence qui s’impose est celle d’un moratoire

1) « S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! « 

 Jean Marc Jancovici, ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Témoignage devant la Commission Aubert, 16 mai 2019

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »

« Les conditions de l’éolien en mer expliquent des coûts particulièrement élevés. Une éolienne en mer doit résister non seulement au vent (ça il vaut mieux !) mais aussi aux vagues, à la corrosion du sel, et donc il faut utiliser plus de matériaux et plus de traitements à puissance installée égale, sans parler du support immergé.»

« A cause de ces raisons, et aussi de la zone d’implantation, la construction en mer augmente la dépense en carburant par rapport à la construction à terre, et augmente aussi la dépense en carburant pour la maintenance.» 

 «  Il résulte de ces « surcoûts » à la construction que l’éolien off-shore, malgré un taux de charge augmenté (Vesta annonce de 30% à 50%, ce qui soit dit en passant correspond peut-être au cas du Danemark mais pas au cas de la France, où les meilleurs sites dépassent tout juste 35% de facteur de charge), fournit certes une énergie plus importante par éolienne installée, mais avec un « contenu en carbone par kWh » qui reste à peu près identique. Les éoliennes soient off-shore ou à terre, elles produisent toujours de l’électricité intermittente. De ce fait, dès qu’il y a 1 MW d’éolien installé quelque part, il faut obligatoirement, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, installer un peu moins de 1 MW « d’autre chose » ailleurs. Installer 24 GW d’éolien suppose donc d’avoir « ailleurs » pas loin de 20 GW de puissance de pointe provenant d’une autre source pour pallier les variations du vent, et au surplus cette « autre source » devra fonctionner 70% à 80% du temps pendant que l’éolien assurera sur 20% à 30% du temps. »

2) L’éolien flottant, c’est cher !

La Cour des Comptes estimait en 2018 (Rapport sur le coût des ENR)  que les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !»

Le Président Macron a annoncé le 20 juin 2018 que, après négociations avec les promoteurs, leur coût a été ramené de 40 Md€ à 25 Md€

Un miracle qui laisse songeur sur les méthodes …Sauf que, changement : les raccordements des éoliennes off-shore au réseau d’électricité seront à la charge de RTE, alors que ces opérations coûteuses sont normalement à la charge du producteur.  Ce qui arrange bien les producteurs,  d’autant que ces coûts de raccordements sont assez peu prédictibles, et que la France a des systèmes côtiers plus compliqués que les sites peu profonds et sableux de la Mer du Nord et de la Baltique. ..

Selon l’Ademe, le coût de production de l’électricité éolienne en mer est estimé entre 123 € et 227 € le MWh pour des machines posées et entre 165 € et 364 € le MWh pour l’éolien flottant (Étude « Coûts des énergies renouvelables en France », Ademe, janvier 2017)

La CRE donne en 2022 les premiers Megawatt offshore ( plutôt posé donc)  à 178,2  €/

Rappelons que l’Arenh ( côut estimé du nucléaire historique) était de 42 et  passera à 49.5 €/MWh en janvier 2023.

La zone éolienne  de Groix & Belle-Île bénéficiera d’un tarif d’achat de 240 €/MWh de la totalité de sa production (même si elle est inutile et ne vaut rien, voire si cela se produit régulièrement en Allemagne a une valeur négative) sur vingt ans.

Se basant sur des courbes d’institutions internationales, l’Ademe estime que le coût va fortement diminuer.

C’est en fait très peu probable en raison du renchérissement des matières premières dont les éoliennes sont très gourmandes. Ainsi, le Department of Energy US  donne 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien (sans précision) contre  800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, soit  en gros un facteur 10 pour le béton et  pour l’acier… à l’avantage, très marqué, du nucléaire.

Et si l’on considère les métaux critiques, c’est encore pire :l’éolien off shore tout particulièrement nous expose à des dépendances fortes pour le cuivre, le cobalt, certians métaux rares (néodyme, dysprosium…). L’intensité cuivre de l’éolien off shore, avec en plus toutes les connections nécessaires constitue un véritable risque économique et géostratégique  (et un scandale écologique) pour un métal très demandé dans toutes les techniques  nécessaires à la transition énergétiques et dont la production risque fort de ne pouvoir suivre la demande.


Cela signifie donc d’une part, que les ENR nous entrainent dans une nouvelle dépendance géostratégique qui peut devenir  équivalente voire pire que celle du pétrole ; et d’autre part, qu’ils sont extrêmement sensible à des hausses de prix, avec là aussi une forte dépendance étrangère :

« Le PDG d'un grand groupe de développement d’éolien terrestre se plaint que son entreprise a déjà abandonné deux projets éoliens (30 MW) attribués en 2018 car « la rentabilité initialement prévue n’est plus là » et a placé 60 MW « sous cloche » depuis l’automne…

Il nous faudrait un complément de rémunération à EUR 87-90/MWh pour que ces projets soient rentables », a-t-il affirmé, alors que les appels d’offres éoliens et solaires se situent dans les EUR 60-80/MWh…. Jusqu'à 13 GW de capacité solaire (5-6 GW) et éolienne (6-7 GW) sont menacés à cause de « la hausse des coûts des matériaux de construction (…), leurs coûts réels n’étant plus couverts par le prix d’achat garanti par l’État », a récemment dit le ministère de la Transition énergétique. »

https://www.montelnews.com/fr/news/1342348/la-hausse-des-cots-de-30-40-freine-la-croissance-des-enr, 11 Aug 2022

3) Une technologie qui n’est pas mature : « « Les assureurs considèrent les projets d’Energies Maritimes Renouvelables »comme des projets à « risques aggravés »

Si les prix sont élevés, c’est que la technologie de l’éolien flottant n’est pas considérée comme mature. Et c’est d’ailleurs une remarque reprise dans tous les débats publics organisés par la CNDP sur les projets d’éoliens flottant : pourquoi ne pas commencer par des parcs test comme c’était prévu à Groix (Eolfi) ou en Méditerranée plutôt que de se lancer d’emblée dans des zones industrielles d’ampleur sans véritables précédents ?

Comité de prospective de la CRE,  Rapport sur les énergies marines, juin 2021

« L’éolien en mer flottant est en pleine expansion, mais pose encore certaines questions. Le premier parc d’éoliennes flottantes en mer, le projet Hywind, a été inauguré en Ecosse en 2017 par les sociétés Statoil et Masdar. Sa capacité de production est de 30 MW. Un autre parc éolien flottant, WindFloat Atlantic, a été mis en service fin juillet 2020 au Portugal. « 

« Trois principales raisons expliquent le niveau élevé de risque des projets d’EMR : - à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ; - le retour sur expérience est encore faible ce qui limite les possibilités de modélisation et se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs…Les assureurs considèrent les projets d’EMR comme des projets à « risques aggravés ».

RTE,  scenarios futur énergétique 2050 :

« Le développement de l’éolien en mer en France ne pourra pas suivre le même chemin que celui des pays riverains de la mer du Nord. En effet, les caractéristiques de profondeur au large de certaines côtes françaises conduisent à privilégier l’éolien flottant notamment sur les façades maritimes bretonnes et méditerranéennes (caractérisées par des profondeurs chutant rapidement au large des côtes) »

« À ce stade, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. "

« D’une façon générale, les coûts de raccordement des énergies marines sont soumis à de fortes incertitudes, supérieures à celles rencontrées pour des types de réseaux plus conventionnels.»

Le coût exorbitant des éoliennes flottantes, Books n° 0105, mars 2020. Par Jean-Pierre Le Gorgeu, Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès

« Pour les banques et investisseurs, ces projets apparaissent comme nouveaux et ils demandent de fortes primes de risque :

- Cette technologie ne bénéficie pas encore de la fabrication en série qui diminue le coût de l’éolien posé.

-Plus grave, la technologie de référence n’est pas fixée et il existe plusieurs modèles sur lesquels on manque de recul. Hywind, en Ecosse, utilise un  flotteur vertical, mais bien d'autres solutions sont encore à l'étude.

Pour illustrer l’absence de maturité de la technologie, sur 4 projets prévus en France, ce seront 4 technologies différentes qui seront employées !

 Or le choix technologique est loin d’être indifférent ! Flotteur en bèton (moins cher) ou en acier, vertical, horizontal, plusieurs colonnes,  semi immergé ou non, les choix techniques ne sont pas indifférents : le coût du flotteur compte pour près de 60%.

-Les dispositifs de suivi sur sites restent expérimentaux (camera, jauges de contraintes) A ce stade, il est impossible de mutualiser les moyens de surveillance et de diminuer le coût »


Exemples de défis technologiques propres aux éoliennes flottantes

- les fortes contraintes et vibrations sur l’axe de rotation des pâles, déjà problématiques sur des éoliennes fixes sont amplifiées par les mouvements du socle, ce qui entraine une fatigue plus  prononcée.

- les oscillations au gré de la houle provoquent des successions de tractions et de relâchement  sur les dispositifs d’ancrage déjà complexes et sur les composants qui le relient à la terre entrainant une fatigue et  une dégradation des matériaux très rapide.

C’est déjà pas simple, mais c’est en plus beaucoup demander à un câble d’être dynamique !


- le flotteur joue un grand  rôle dans le coût et la résistance de l’éolienne, et il subsiste de nombreuses incertitudes sur les solutions les mieux adaptées. (dans l'ordre Eoliennes flottantes du Golfe du Lion, Eolmed;  Provence Grand Large,  EOlfi


4 projets, 4 technologies, sans compter des design plus exploratoires mais intéressants, comme des éoliennes  à axe vertical (Sea Twirl)


4) Des projets vraiment problématiques

Naval Group : une rentabilité inatteignable

Début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification (Naval Energies) dans le secteur des énergies marines renouvelables qu’il estime immature  : «Malgré les efforts de toutes et de tous, ces projets, engagés depuis près de 12 ans ne présentent pas aujourd'hui suffisamment d'assurance de succès économique à court, moyen ou long terme. L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

Orsted : vitesse des vents et usure des câbles

« Orsted, le plus grand développeur de parcs éoliens offshore au monde, a déclaré qu’il avait perdu. 2,5 milliards de DKr (389 millions de dollars) en raison de vitesses de vent plus faibles au cours des neuf premiers mois de cette année par rapport à 2020… L'intermittence des énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne a attiré l'attention en Europe ces derniers mois car certaines des vitesses de vent les plus lentes depuis des décennies ont exacerbé la dépendance au gaz et au charbon pour l'électricité, y compris au Royaume-Uni, le plus grand marché éolien offshore au monde. »

Très confraternel, Orstedt  a mis en cause l’ensemble de l’industrie

«  La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base »

https://ft.com/content/b03713d6-5e87-414e-8da3-506163f6497e

« Revenant sur un précédent rapport très optimiste, le Ministère de l’Energie américain (DOE) a réduit l’estimation du potentiel de développement de l’éolien offshore de 2,000 GW à 54 GW, du fait des contraintes géologiques, océanographiques et légales….. Fin 2019, les cours du géant danois Orsted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. »

https://www.forbes.fr/environnement/leolienne-en-mer-le-nouvel-eldorado-des-energies-renouvelables/

« La société éolienne danoise Ørsted a averti que jusqu’à 10 de ses parcs éoliens offshore géants au Royaume-Uni et en Europe auront besoin de réparations urgentes car leurs câbles sous-marins ont été érodés par des roches sur le fond marin. Ørsted a constaté que les roches placées à la base des fondations des éoliennes pour empêcher l’érosion des fonds marins étaient responsables de l’usure du système de protection des câbles qui, dans le pire des cas, pourrait provoquer la défaillance des câbles. Le problème a été découvert pour la première fois plus tôt cette année après que son parc éolien offshore Race Bank au large de la côte de Norfolk, qui peut générer suffisamment d’électricité pour alimenter 500 000 foyers, a subi une panne en raison de dommages aux câbles causés par les roches du fond marin. »

https://www.theguardian.com/business/2021/apr/29/rsted-says-offshore-uk-windfarms-need-urgent-repairs

La perte de rentabilité de l’éolien off shore en raison de l’affaiblissement des vents est une réalité inquiétante et préoccupante, sur le court terme et aussi sur le long terme. Deux facteurs peuvent être évoqués : 1) un effet de cannibalisation des éoliennes et des parcs entre eux, pour le coup déjà bien connu et documenté par les fabricants eux-mêmes et les universitaires ; 2) une diminution générale des vents en Europe du Nord avec le réchauffement climatique,

 « La grande taille des parcs éoliens et leur proximité affectent non seulement la performance des turbines sous le vent, mais aussi celle des fermes voisines, réduisant le facteur de capacité de 20% ou plus, ce qui augmente les coûts de production d’énergie et les pertes économiques. Nous concluons que l’énergie éolienne peut être une ressource limitée en mer du Nord »

Hereon Research Center, https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3

Selon le dernier rapport du programme Copernicus, les vitesses du vent ont été particulièrement faibles dans certains pays européens en 2021. Notamment en Europe du Nord, où sont installées un grand nombre d'éoliennes. En 2021, dans certaines parties du Vieux continent, les vitesses du vent ont été les plus faibles enregistrées depuis au moins quarante ans…

Dans une région s'étendant de l'Irlande et du Royaume-Uni au Danemark, à l'Allemagne et la Tchéquie, en passant par la mer du Nord, la moyenne annuelle de la vitesse du vent dans certains endroits a été jusqu'à 10% inférieure à la moyenne enregistrée sur la période de référence 1991-2020…

Selon le rapport de Copernicus, une réduction de 10% de la vitesse du vent entraîne une baisse de 27% de la puissance d'une éolienne - qui, par ailleurs, a besoin d'une vitesse minimale pour produire de l'électricité. »

https://climate.copernicus.eu/esotc/2021/low-winds#

Selon les projections du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la vitesse du vent au-dessus de l'Europe occidentale, centrale et septentrionale pourrait chuter jusqu'à 10% au cours des mois d'été d'ici à 2100, sur la base d'un réchauffement de 1,5°C.

Cela dit avec, les précautions d’usage : les observations actuelles sont sujettes à de nombreuses variations, et il est difficile de les relier au changement climatique

5) Et le bilan carbone ?

« La production d’électricité éolienne et photovoltaïque se caractérise par une intermittence qui, dans l’état actuel des capacités de stockage de l’électricité, empêche de s’affranchir des combustibles fossiles. Ces derniers, quand ils sont importés, pèsent sur la balance commerciale du pays et alourdissent sa dépendance énergétique. »

 https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

Des données internationales situent le bilan carbone de l’éolien offshore entre de 24 à 47 g CO2/kWh. En ce qui concerne Groix, les porteurs du projet EOLFI  annonçaient 36 g CO2/kWh. pour le projet pilote, et  24 CO2/kWh pour le parc définitif.

Considérant l’absence de consensus à ce sujet, la CDPD chargée du débat public sur le projet EOS Méditerranée a commandé une expertise complémentaire réalisée par un expert indépendant. Les résultats indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. soit un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh). 

Rappelons que le nucléaire est aux environs de 4,  jour et nuit, hiver et été. Alors, si, comme souvent, on supplémente l’intermittence par du gaz (400g/CO2/kw.h), ça nous fait à la louche du 330g CO2/Kw.h. Le moins qu'on puisse dire est que le bilan  pour la décarbonation de l’électricité  n’est pas excellent

L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; que par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent.