REPower EU : La réponse de la Commission au défi russe…
est une réponse allemande aux problèmes allemands qui aggraverait et
généraliserait à toute l’Europe la catastrophe de l’Energiewende. Une course aveugle derrière l’EnergieWende allemande : gaz ( et encore charbon) au
mépris des engagement climatiques, marche forcée aux Energies Variables
Intermittentes malgré les échecs et les réticences de plus en plus fortes des
opinions), absence du nucléaire (le
mot ne figure pas dans le document REpower
EU, aucune allusion à la solution évidente de la prolongation des centrales), biométhane à gogo (mais quid des
cultures alimentaires )…et le miracle hydrogène !
Beaucoup
de généralités et de vœux pieux
« REPowerEU vise à réduire rapidement notre
dépendance aux combustibles fossiles russes en accélérant la transition propre
et en unissant nos forces pour parvenir à un système électrique plus résilient
et à une véritable union de l’énergie... Nous pouvons réduire considérablement
notre dépendance aux combustibles fossiles russes dès cette année, tout en
veillant à ce que toutes nos politiques et tous nos investissements soient
adaptés à l’avenir et accélèrent la transition énergétique. Le paquet Fit for
55 apportera une partie de la réponse, mais l’Europe doit faire plus.
Alors que certains États membres ont déjà annoncé leur
intention de mettre fin aux importations de fossiles en provenance de Russie,
aucun État membre ne peut relever ce défi isolément. Grâce à l’évaluation et à
la planification conjointes des besoins, aux achats conjoints et à une
coordination renforcée, nous pouvons faire en sorte que l’ambition de mettre
fin à la dépendance de la Russie à l’égard des combustibles fossiles soit à la
fois réalisable et abordable pour tous les États membres. C’est pourquoi la
Commission présente un plan SAVE de l’UE, avec une approche à deux volets:
réaliser des économies d’énergie à court terme grâce à un changement de
comportement et accélérer et renforcer le changement structurel grâce à des
mesures d’efficacité énergétique à moyen et à long terme. D’après les
commentaires des intervenants, on estime que ces types de mesures à court terme
pourraient permettre de réduire de 5 % la demande de gaz et de pétrole.
Le moment est venu de réduire la dépendance énergétique
stratégique de l’Europe. REPowerEU accélère la diversification et davantage de
gaz renouvelables, utilise les économies d’énergie et l’électrification avec le
potentiel de fournir d’ici 2027 au moins l’équivalent des combustibles fossiles
que l’Europe importe actuellement de Russie chaque année. Elle le fait avec une
planification coordonnée, dans l’intérêt commun et avec une forte solidarité
européenne. L’urgence de parvenir à réduire la dépendance énergétique de
l’Europe est double. Alors que la crise climatique a été gravement aggravée par
une crise de sécurité dans le voisinage immédiat de l’UE, l’UE ne peut pas
permettre que sa demande d’énergie soit utilisée comme une arme économique ou
politique. »
Commentaire : Bien,
bien…mais ce n’est pas en poursuivant la politique énergétique allemande qu’on
y arrivera ! (voir ci après)
Une
plateforme commune pour le gaz.
« À la suite du mandat du Conseil européen, la
Commission et les États membres ont mis en place une plateforme énergétique
volontaire de l’UE pour l’achat groupé de gaz, de GNL et d’hydrogène. La
plateforme est également ouverte à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Géorgie et
aux Balkans occidentaux. »
Commentaire :
Plutôt une bonne idée, à voir comment cela va fonctionner en cas de crise
sévère?
Des
objectifs affichés …qui seront tenus ?
« À moyen et à long terme, la mise en œuvre
intégrale des propositions Fit for 55 présentées en juillet dernier réduirait
notre consommation de gaz de 30 % d’ici 2030, plus d’un tiers de ces économies
provenant de la réalisation de l’objectif de l’UE en matière d’efficacité
énergétique proposé dans la proposition de refonte de la directive sur
l’efficacité énergétique…
La modélisation du
scénario REPowerEU montre qu’une réduction de 13 % de la consommation d’énergie
d’ici à 2030, contre 9 % dans la précédente proposition de directive sur
l’efficacité énergétique, serait rentable et contribuerait de manière
substantielle à la réalisation de l’objectif REPowerEU au niveau de l’Union. La
Commission invite donc les colégislateurs à modifier la proposition de refonte
de 2021 afin de porter l’objectif contraignant de la directive sur l’efficacité
énergétique à au moins 13 %. »
Commentaire :
Bon, pourquoi pas ? Mais on est tellement habitué à l’affichage d’objectifs
que ne sont jamais tenus ?
Repower
EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est
l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?
« Remplacer la dépendance de l’UE à l’égard des
combustibles fossiles russes nécessitera une augmentation massive de
l’électricité, des gaz et des combustibles renouvelables dans la production
d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les transports… Le temps presse.
Afin de garantir que les objectifs en matière d’énergies renouvelables à
l’échelle de l’UE soient accélérés conformément au plan REPowerEU et sur la
base de sa modélisation des incidences et de la faisabilité, la Commission
propose de porter l’objectif fixé dans
la directive sur les énergies renouvelables de 40 % actuellement à 45 % d’ici
2030 et d’accélérer le déploiement
des énergies renouvelables. »
Commentaire :
Alors là on rentre dans le cœur du problème : repower EU c’est du gaz et
du renouvelable, c’est l’Energiewende en
plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?
« Le
développement des énergies renouvelables est très rapide en Allemagne. En 2021,
la puissance installée des parcs éoliens (63 GW) et solaires (56 GW) est, pour
chacun, équivalente à celle du parc nucléaire français (61 GW) et a plus que
doublé en une dizaine d’années. Mais la puissance d’une installation de
production d’énergie est un indicateur incomplet, voire trompeur
Le solaire et l’éolien sont des sources d’énergie dont la
production est variable et ce de manière non pilotable. Elles ne peuvent donc
pas, seules, faire face à la demande. C’est pourquoi l’Allemagne a, malgré
l’énorme augmentation des énergies renouvelables, conservé un parc de
production pilotable qui lui permet d’assurer la production pendant les
périodes de vent faible ou d’ensoleillement limité. La sollicitation de ces
différents moyens de production est très variable en fonction de la demande en
énergie, mais aussi de la météorologie. La production du solaire photovoltaïque
est bien sûr nulle pendant la nuit, mais peut monter au-delà de 40 GW au milieu
d’une belle journée d’été. De même, la production éolienne peut descendre à
moins de 1 GW, mais aussi dépasser les 45 GW. Ces variations considérables sont
compensées en petite partie par l’hydraulique, mais surtout par les productions
fossiles (charbon et gaz).
Ainsi,
entre les années 2000 et 2020, la puissance installée des centrales à
combustibles fossiles (charbon ou gaz) a augmenté , passant de 71 GW à 74 GW,
pendant que le nucléaire diminuait, passant de 22 GW à 8 GW. Le développement
des renouvelables n’a pas permis de sortir des énergies fossiles.
En 2020, il y a eu une
forte diminution de la consommation électrique en Allemagne, comme dans
l’immense majorité des pays, du fait de l’épidémie de Covid-19. Cette
diminution s’est répercutée pour l’essentiel sur la production d’électricité
d’origine fossile puisque les énergies renouvelables sont prioritaires, avec
donc une baisse des émissions de CO2 . Cet événement fortuit a
permis à l’Allemagne de respecter l’objectif qu’elle s’était donné d’une
diminution de 40 % des émissions sur la période 1990-2020. Avec la fin des
contraintes liées à la gestion de l’épidémie, mais aussi du fait de la flambée
des prix du gaz qui ont favorisé l’usage du charbon, les émissions ont
fortement réaugmenté en 2021 (par rapport à leur niveau de 2020) et l’objectif
sur les émissions de CO2 ne sera plus tenu. »
F-M Bréon, https://www.afis.org/La-transition-du-secteur-electrique-en-Allemagne
Commentaire : Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne
n’a en valeur absolue pas baissé d’un pouce ses émissions de CO2 par
habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux
émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 6 à 8 fois
supérieures à celles de la France !
Le
plan Repower EU ,c’est d’abord du gaz ( et encore du charbon)
Le plan REPowerEU
comprend une substitution du gaz russe par du GNL.
1)
Climatiquement, c’est tout simplement catastrophique. Les
émissions carbone du GNL américain sont près 1.4 fois plus élevés que celles du
gaz russe délivré par gazoduc !
2) Du point de vue
géostatégique, c’est remplacer une dépendance russe par une dépendance
américaine. Dans l’immédiat, c’est peu discutable ? Mais qui sait ce
que réserve le futur ? On aura pas la cruauté de rappeler les déclarations
des dirigeants allemands qualifiant Poutine de démocrate sans faille (Schröder)
, le soutien à l’élection ukrainienne douteuse de Viktor Ianoukovitch, et leurs
illusions sur l’évolution de la Russie.
3) L’un des
principaux obstacles au développement renforcé des ENR , c’est aussi l’un des
grands échecs de l’Energiewende, le réseau ;
En 2020, l’estimation du coût de l’adaptation du réseau
aux ENR était estimée à 110 milliards
d’euros pour 2050, soit un quintuplement de l’estimation initiale ; et
cette valeur est elle-même déjà caduque. Et le principal problème est que ce
réseau ne se fait pas : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus
pour 2015, seuls 17% étaient réalisés en
2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km.
Les éoliennes de
la mer du nord ne sont toujours pas reliées aux centres industrielles du sud,
et les surplus éoliens, lorsqu’ils existent se déversent chez les Tchèques et
les Polonais, qui n’en ont nul besoin et doivent s’en protéger
Le fait est que cette
extension du réseau se heurte à un immense problème d’acceptabilité ; et
l’on ne voit pas comment cela serait compatible avec une accélération des ENR
4)
Stabilité du réseau : graves conséquences
A supposer même que les ENR puissent se substituer
davantage aux pilotables à rythme accéléré (« remplacer le gaz
russe) ; c’est la quasi-certitude de risques énormes d’effondrement du
réseau. Ceci a été pointé en termes assez peu diplomatiques par la Cour des
Comptes Fédérale Allemande (« Les hypothèses du ministère des Affaires
économiques concernant la sécurité d'approvisionnement en électricité sont
"en partie trop optimistes et en partie invraisemblables »)et en
France par un rapport de France Stratégie qui a eu un certain écho (Quelle sécurité d’approvisionnement
électrique en Europe à horizon 2030 ?:
«La fermeture
programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte
pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030… dès
2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances
actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure
de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »
Et pour terminer, un ordre de
grandeur : le redémarrage d'un seul réacteur nucléaire existant aurait le
même effet que la fourniture d'un million de tonnes de #GNL (gaz naturel
liquéfié) supplémentaire par an sur le marché mondial.
5) Enjeux
matières premières : très critique !
Que ce soit l’Ademe (Les
réseaux électriques choix technologiques, enjeux matières et opportunités
industrielles, 2020), l’AIE (Clean
energy progress after the Covid-19 crisis will need reliable supplies of
critical minerals, RTE (« Futurs
énergétiques 2050 », 12.3 Les ressources : des tensions possibles sur
l’approvisionnement en ressources minérales,l’IFP (Les métaux dans la transition énergétique) et plus récemment
l’université de Leuwen (Europe’s Green
Deal requires massive amounts of battery metals, 2022), tous pointent sur
des problémes massifs et critiques d’approvisionnement en métaux et minéraux (cuivre, aluminium ,
lithium, platinoides, silicium, cobalt, nickel, terres rares).
L’accélération massive de la transition vers les ENR ne fera disparaitre le
problème bien au contraire !


https://www.iea.org/articles/clean-energy-progress-after-the-covid-19-crisis-will-need-reliable-supplies-of-critical-minerals
6)
Un coût qui doit être économiquement soutenable et socialement acceptable
La solution allemande et vers laquelle la Commission
Européenne veut orienter l’Europe consiste à doubler un parc pilotable par un
parc ENR est l’une des plus couteuses qui soit, et de fait l’Allemagne a
structurellement le coût le plus élevé d’Europe pour l’électricité.
7)
Une certaine hypocrisie et toujours un antinucléarisme dogmatique et
intransigeant.
Quelques nouvelles
glanées dans l’actualité :
6a) A aucun moment, le mot nucléaire ne figure dans le document
REPowerEU. Ni pour le court terme ( prolongation des centrales
existantes), ni pour le moyen terme, ni pour le long terme.
6b)
Visite d’Urusla Van Der Leyen en Inde : “Energy security is one of the
most pressing topics for India and Europe. The EU will diversify away from
Russian fossil fuels and will invest heavily in clean renewable energy. So 🇪🇺
🇮🇳 cooperation on
solar and green hydrogen is key”
Pas
un mot sur les projets d’EPR en Inde où pourtant la France a remis
une "offre engageante » en vue de la construction de six (réacteurs)
EPR sur le site de Jaitapur qui deviendrait alors la plus puissante centrale
nucléaire au monde. Clairement, il ne faut attendre aucun soutien de cette
Commision sous influence allemande pour ce type de projet.
6c)
Ce que ne dit pas Repower EU, c’est que c’est aussi un plan procharbon !
Ainsi, on apprend : « Le Botswana a été inondé
de requêtes pour fournir du charbon à l’Europe et estime que la demande des
pays occidentaux pourrait dépasser un million de tonnes par an, a déclaré mardi
le président Mokgweetsi Masisi, alors que la guerre en Ukraine oblige l’Europe
à se tourner davantage vers l’Afrique pour les ressources énergétiques. »
Et quasi simultanément, on apprend :
« Le ministre ougandais en charge de l’énergie a
annoncé le 11 mai l'acquisition d'un terrain en vue de la construction de la
première centrale nucléaire d’Afrique de l’Est (2000 MW).
Quelle ironie !https://www.reuters.com/business/energy/europe-seeks-million-tonnes-per-year-botswana-coal-says-president-2022-05-10/?s=09 ; https://www.connaissancedesenergies.org/louganda-prevoit-de-construire-la-premiere-centrale-nucleaire-dafrique-de-lest-220513
Le
Miracle hydrogène : ne peut pas pallier les défauts des énergies variables
intermittentes !
Le miracle hydrogène a été
suscité parce qu’au fond, les dirigeants allemands savent bien que les énergies
variables et intermittentes (éolien et solaire) ne leur permettront jamais de
se passer à la fois du charbon et du nucléaire. C’est toujours la course
aveugle derrière l’EnergieWende,
avec un problème non résolu : l’hydrogène est un vecteur énergétique, pas
une source. Donc, il faut le produire !
« L’hydrogène jouera un rôle clé pour remplacer le
gaz naturel, le charbon et le pétrole dans les applications difficiles à
décarboniser dans l’industrie et les transports. REPowerEU propose un
« accélérateur d’hydrogène » fixant un objectif de 10 millions de
tonnes de production nationale d’hydrogène renouvelable et de 10 millions de
tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030. Afin d’atteindre cet
objectif, il est proposé d’accélérer les efforts conjoints au niveau de l’UE et
des États membres pour finaliser les cadres réglementaires et les projets
relatifs à l’hydrogène, stimuler le déploiement de l’électricité renouvelable
et les capacités de fabrication d’électrolyseurs dans l’UE, et faciliter la
transition vers l’hydrogène… Des cadres réglementaires sont nécessaires de
toute urgence pour permettre au développement de l’économie de l’hydrogène dans
l’UE. Conjointement avec cette communication, la Commission a publié pour
réaction du public deux actes délégués sur la définition et la production
d’hydrogène renouvelable Il est également urgent d’accélérer les travaux sur
les normes manquantes en matière d’hydrogène, en particulier pour la
production, les infrastructures et l’utilisation finale de l’hydrogène
... »
Commentaire :
sur la question de l’hydrogène renouvelable, la Commission ignore visiblement
toutes les études démontrant que la production d’hydrogène à partie d’énergies
renouvelables se fait à un coût prohibitif… ou avec beaucoup de gaz puisque le
coût de structure des hydrogénateurs est archidominant et que ceux-ci doivent
être utilisés de façon continue. On restera discret par charité sur les délires
de classification taxonomique de la Commission sur les différentes types
hydrogènes (gris, bleu, vert, jaune , rose _l’hydrogène produit à partir du nucléaire,
considéré évidemment comme non renouvelable).
L’absence de cadres pour
les normes n’est pas qu’un obstacle bureaucratique, c’est un problème technique
fondamental lié à la dangerosité spécifiques de l’hydrogène (explosibilité,
diffusibilité) A
part les usages industriels de l’hydrogène, le dangers sont loin d’être
négligeables, identifiés et maitrisés. Ainsi, en Norvège, l’explosion en juin 2019 d’une station-service en
Norvège a mis fin à la vente de véhicules à hydrogène par Toyota et Hyundai…
« « L’utilisation massive
d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente
(éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à
des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages
d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et
piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui
obère considérablement les coûts… Dans tous les cas, le stockage d’une
électricité renouvelable variable sous forme d’hydrogène entraine des pertes de
conversion de 70 %, à terme peut-être seulement 40 ou 50 %. Dans un
environnement disposant de larges réseaux de gaz ou d’électricité les
perspectives de rentabilité pour ces solutions semblent très lointaines, à
des niveaux de coût carbone bien supérieurs à ce qu’ils sont
actuellement. »
(Comité de prospective de la CRE_ Le vecteur
hydrogène ; Les enjeux de l’Hydrogène,
rapport de l’Académie des Technologies)
Très clairement,
selon la vision allemande, une grande partie de l’hydrogène européen serait
produit dans des pays tiers. Les plans allemands de giga production au Sahel,
basés sur le solaire, ont fait chou
blanc, ils sont remplacés par d’autre gros projets en Namibie, au Congo, etc.
Outre les nouvelles dépendances qui en résultent, on peut s’interroger sur ce
que l’ancien expert de la Commission Samuele Furfari a qualifié d’ « écocolonialisme au pays du surréalisme »
Autres
remarques
Ouverture
vers le gaz de schiste en Europe ?
« L’un des principaux objectifs de REPowerEU est
d’assurer un approvisionnement en gaz alternatif adéquat pour couvrir la
demande de gaz de l’Europe en diversifiant les approvisionnements extérieurs.
La production nationale de gaz naturel au sein de l’UE pourrait compenser dans
une certaine mesure la réduction des importations en provenance de Russie à
court terme »
Commentaire : Intéressant :l’un des objectifs
est-il d’autoriser la production de gaz de schiste en Europe ?
Le
biogaz et les conflits d’usages : concurrence avec les cultures
alimentaires, c’est pas réglé du tout !
« Porter la production de biométhane à 35 milliards
de mètres cubes d’ici 2030 [objectif de 2028] est une voie rentable pour
réaliser notre ambition de réduire les importations de gaz naturel en
provenance de Russie. Afin d’accroître la capacité de production de biogaz dans
l’UE et de promouvoir sa conversion en biométhane, les besoins d’investissement estimés s’élèvent à 36 milliards d’euros
sur la période, qui peuvent être cofinancés par la politique agricole commune
à condition que les États membres incluent les projets dans leurs plans stratégiques. »
Commentaire :
Le détournement de la politique agricole commune vers les besoins énergétiques
surprend : c’est assez maladroit et angoissant à un moment où la guerre en Ukraine révèle des
fragilités et dépendances alimentaires plutôt inquiétantes.
Déjà en Allemagne la lutte pour la terre entre production
alimentaire et production énergétique a provoqué un net ralentissement du
biogaz. En France, France Stratégie (Quelle
place pour le gaz dans la transition énergétique ?, 2020 ; Biomasse agricole : quelles ressources pour
quel potentiel ? (2022) a pulvérisé les
prévisions très optimistes de l’Ademe :
« Le remplacement du gaz fossile par du gaz renouvelable
relève encore largement du pari...Même pour l’industrie seulement, « il n’est pas certain qu’une offre de gaz
renouvelable puisse répondre à ces besoins spécifiques en gaz, aussi limités
soient-ils in fine. De
fait, les trois technologies disponibles pour produire du gaz renouvelable
n’ont pas encore fait la preuve de leur rentabilité dans une perspective de
développement à grande échelle. »
« Le potentiel énergétique maximal identifié de
la biomasse agricole pourrait, en théorie, atteindre 120 TWh. Or, la Stratégie
nationale bas-carbone (SNBC) estime un potentiel de production de biomasse
agricole proche de 250 TWh. »
« La SAU (superficie
agricole utilisée) consacrée à la production de biomasse non alimentaire est
estimée actuellement à environ 1,7 Mha (soit 6 % de la SAU totale). Pour
couvrir les besoins en biomasse projetés à long terme, il sera nécessaire de
recourir massivement aux résidus de cultures, aux surplus d’herbes et aux
cultures intermédiaires ne nécessitant pas de nouvelles surfaces spécifiques et
récoltables sur un minimum de 15 Mha (plus de 50 % de la SAU estimée en 2050). »
On fait comment ?