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lundi 5 août 2024

What if Germany had invested in nuclear power?

 Publication séminale :  What if Germany had invested in nuclear power? A comparison between the German energy policy the last 20 years and an alternative policy of investing in nuclear power

Jan Emblemsvåg, INTERNATIONAL JOURNAL OF SUSTAINABLE ENERGY2024, VOL. 43, NO. 1, 2355642 ; https://doi.org/10.1080/14786451.2024.2355642

Résultat d:  

- De 2002 à 2022, l'Energiewende a coûté 696 milliards € pour une baisse de 25% de ses émissions de GES

Alternativement, lAllemagne aurait pu conserver la puissance nucléaire existante en 2002 et éventuellement investir dans de nouvelles capacités nucléaires. Lanalyse de ces alternatives montre que lAllemagne aurait pu atteindre son objectif climatique avec une réduction de 73 % des émissions  et pour une dépense réduite de moitié par rapport à celle de l' Energiewende. 

- Ainsi, lAllemagne aurait adopter une Une politique énergétique basée sur le maintien et lexpansion de lénergie nucléaire

Le coût de l'Energiewende : 


La décarbonation de l'Energiewende



- Garder les centrales nucléaires de 2002 aurait entraîné des dépenses beaucoup moins élevées par rapport à la politique actuelle en termes nominaux- près de la moitié.  Le résultat en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, serait presque le même quaujourdhui, puisque la production annuelle dERV (181,8 TWh/an) et la production annuelle de centrales nucléaires en 2002 (185,6 TWh/an) sont à peu près les mêmes

- L'Allemagne aurait pu consacrer dès 2002 600 milliards € à la construction de nouveaux réacteurs nucléaire. En prenant une estimation basée sur les retours d'expériences d'Olkiluoto, de Barakah ( un exemple de vision devenue réalité selon le président de l'Agence Atomique Internationale (R. Grossi) et de programme chinois adapté à la taille de l 'Allemagne, L'Allemagne aurait pu batir 38 réacteurs pour 104 GW.
Il ne fait aucun doute que si lAllemagne avait investi dans des centrales nucléaires, au lieu des énergies variables renouvelables, lAllemagne se serait davantage décarbonée avec beaucoup moins de dépenses nominales. Bref, lAllemagne aurait atteint ses objectifs climatiques avec une marge substantielle pour la moitié des dépenses de lEnergiewende.



jeudi 14 mars 2024

Le rapport accablant de la Cour Fédérale des Comptes 2024 sur la transition énergétique allemande ou un exemple à ne pas suivre

 Résume La Cour des Comptes allemande  très sévère contre l'Energiewende : sérieux risques pour la sécurité d’approvisionnement et besoin de davantage de centrales à gaz,  gigantesque retard dans le déploiement du réseau et explosion des coûts,  prix de l’électricité non soutenable et une image erronée des coûts réels de la transformation énergétique¸ sérieux risques pour les objectifs climatiques

1) Sécurité d’approvisionnement en électricité en danger  : il faut du gaz !

L’approvisionnement en énergies renouvelables variables nécessite un effort particulier, car, contrairement aux centrales conventionnelles, elles sont soumises à des variations journalières et saisonnières ainsi qu’aux conditions météorologiques. Elles ne fournissent pas de puissance garantie (photovoltaïque) ou seulement dans une faible mesure (éolien), cf. figure 2.


La puissance installée des énergies renouvelables n’a cessé d’augmenter, tandis que la puissance des centrales conventionnelles pilotables a diminué. Toutefois, un approvisionnement sûr en électricité avec un système électrique reposant en majorité sur des énergies renouvelables variables exige en parallèle des moyens de production fournissant une puissance garantie et pilotable.

La Cour des Comptes a constaté que le calendrier de construction de moyens pilotables en backup ne pourra probablement pas être respecté. De plus, la Cour fédérale des comptes Allemande alerte sur le fait que les dix centrales électriques au gaz prévues ne suffiront pas à garantir la sécurité d’approvisionnement.

La Cour des Comptes se montre extrêmement sévère envers le régulateur (l’équivalent de RTE). Elle estime que « les hypothèses utilisées pour évaluer la sécurité d’approvisionnement sont irréalistes car le régulateur se base sur un « best case » improbable. Les auditeurs reprochent au Ministère Fédéral de l’Économie et au régulateur (l’Agence Fédérale des Réseaux) de faire preuve d’une irresponsabilité sans précédent. Selon la Cour des Comptes, le ministère accepterait que les risques pour la sécurité d’approvisionnement ne soient pas détectés à temps ».

2) Les objectifs éolien terrestres  non atteints…de moitié

Il a toutefois été constaté que la trajectoire de développement de l´éolien terrestre, en particulier, n’est pas conforme à la Loi sur les énergies renouvelables. La Loi a stipulé pour 2023 la mise en adjudication d’un volume de 12.840 MW mais seule environ la moitié de ce volume a été attribuée.

En outre, l’objectif intermédiaire de 2023 pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables n’a pas été atteint, soit 272 TWh bruts au lieu de l’objectif de 287 TWh visés par la Loi .

3) Développement du réseau de transport : retard catastrophique et explosion des coûts

Sept ans et 7000 km de retard. Le besoin en réseau de transport (nouvelles lignes, renforcement des lignes existantes) nécessité en particulier par le développement des ENR a été évalué à environ 14.000 km à l´horizon de 2035. À la fin du troisième trimestre 2023, 2.695 km de lignes, soit seulement 19,3%, avaient été réalisés.

Selon la Cour des Comptes, le développement du réseau de transport accuse donc un retard considérable par rapport à la planification, soit environ sept ans et presque 6.000 km de lignes,


Les coûts de développement des réseaux seront encore plus élevés à l’avenir :

« De plus, d’autres coûts du système électrique sont à prendre en compte à l’avenir. Ainsi, des investissements massifs de plus de 460 Mds€ seront nécessaires d’ici 2045 pour le développement des réseaux électriques, cf. figure 5. Selon les estimations des acteurs du marché, les coûts pourraient être encore plus élevés. S’y ajoutent les coûts d´intervention pour éviter la congestion du réseau de transport. En 2022 ces coûts ont dépassé les 4,2 Mds€, soit presque deux fois plus qu’en 2021, Selon la Cour des Comptes, les coûts d´équilibrage du réseau de transport pourraient atteindre 6,5 Mds€/an jusqu’à 2026."

4) Abordabilité financière (prix de l’électricité) : une image erronée des coûts réels de la transformation énergétique.

Un autre objectif du Code de l’énergie est d’assurer un approvisionnement en électricité abordable pour tout le monde. Des prix élevés de l’électricité constituent un risque considérable pour l’économie allemande et l’acceptation sociétale du tournant énergétique.

Aujourd’hui déjà, l’abordabilité du prix de l’électricité est remise en question... Les prix de l’électricité en Allemagne ont continuellement augmenté au cours des dernières années et comptent aujourd’hui parmi les plus élevés de l’Union Européenne : les clients résidentiels ont payé en moyenne 45,19 ct/kWh au premier semestre 2023.

Les tarifs de l’électricité ont déjà augmenté de 43 % pour les clients résidentiels,  de plus de 32 % pour les clients commerciaux et 80 % pour les clients industriels



Face à des prix très élevés, le gouvernement a subventionné à plusieurs reprises les coûts du système électrique. Il reconnaît ainsi que le prix de l’électricité serait trop élevé sans intervention de l’État.

Le Ministre allemand de l’Économie et de la Protection du Climat, Robert Habeck, a récemment affirmé que le développement de l’éolien et du solaire permettrait bientôt de faire baisser les prix de l’électricité.  Par le passé, la Cour des Comptes avait déjà critiqué le fait que le ministère ne tienne pas compte d’autres coûts considérables liés à la transition énergétique. Il s’agit par exemple des coûts de distribution de l’électricité (y compris le développement des réseaux et les services système) et la construction de moyens pilotables supplémentaires. Il en résulte, en dehors du public spécialisé, une image erronée des coûts réels de la transformation énergétique.

Sources : https://atlantico.fr/article/rdv/la-cour-des-comptes-allemande-dresse-un-tableau-apocalyptique-de-la-transition-energetique-deployee-par-berlin-samuel-furfari?s=09 ; https://allemagne-energies.com/tag/rapport-de-la-cour-des-comptes/; https://www.bundesrechnungshof.de/SharedDocs/Kurzmeldungen/DE/2024/energiewende/kurzmeldung.html

 

mercredi 18 mai 2022

Repower EU : la réponse de la Commission au défi russe.

 REPower EU : La réponse de la Commission au défi russe… est une réponse allemande aux problèmes allemands qui aggraverait et généraliserait à toute l’Europe la catastrophe de l’Energiewende. Une  course aveugle derrière l’EnergieWende allemande : gaz ( et encore charbon) au mépris des engagement climatiques, marche forcée aux Energies Variables Intermittentes malgré les échecs et les réticences de plus en plus fortes des opinions), absence du nucléaire (le mot ne figure pas dans le document  REpower EU, aucune allusion à la solution évidente de la prolongation des centrales), biométhane à gogo (mais quid des cultures alimentaires )…et le miracle hydrogène !

 Beaucoup de généralités et de  vœux pieux

 « REPowerEU vise à réduire rapidement notre dépendance aux combustibles fossiles russes en accélérant la transition propre et en unissant nos forces pour parvenir à un système électrique plus résilient et à une véritable union de l’énergie... Nous pouvons réduire considérablement notre dépendance aux combustibles fossiles russes dès cette année, tout en veillant à ce que toutes nos politiques et tous nos investissements soient adaptés à l’avenir et accélèrent la transition énergétique. Le paquet Fit for 55 apportera une partie de la réponse, mais l’Europe doit faire plus.

Alors que certains États membres ont déjà annoncé leur intention de mettre fin aux importations de fossiles en provenance de Russie, aucun État membre ne peut relever ce défi isolément. Grâce à l’évaluation et à la planification conjointes des besoins, aux achats conjoints et à une coordination renforcée, nous pouvons faire en sorte que l’ambition de mettre fin à la dépendance de la Russie à l’égard des combustibles fossiles soit à la fois réalisable et abordable pour tous les États membres. C’est pourquoi la Commission présente un plan SAVE de l’UE, avec une approche à deux volets: réaliser des économies d’énergie à court terme grâce à un changement de comportement et accélérer et renforcer le changement structurel grâce à des mesures d’efficacité énergétique à moyen et à long terme. D’après les commentaires des intervenants, on estime que ces types de mesures à court terme pourraient permettre de réduire de 5 % la demande de gaz et de pétrole.

Le moment est venu de réduire la dépendance énergétique stratégique de l’Europe. REPowerEU accélère la diversification et davantage de gaz renouvelables, utilise les économies d’énergie et l’électrification avec le potentiel de fournir d’ici 2027 au moins l’équivalent des combustibles fossiles que l’Europe importe actuellement de Russie chaque année. Elle le fait avec une planification coordonnée, dans l’intérêt commun et avec une forte solidarité européenne. L’urgence de parvenir à réduire la dépendance énergétique de l’Europe est double. Alors que la crise climatique a été gravement aggravée par une crise de sécurité dans le voisinage immédiat de l’UE, l’UE ne peut pas permettre que sa demande d’énergie soit utilisée comme une arme économique ou politique. »

 Commentaire : Bien, bien…mais ce n’est pas en poursuivant la politique énergétique allemande qu’on y arrivera ! (voir ci après)

 Une plateforme commune pour le gaz.

 « À la suite du mandat du Conseil européen, la Commission et les États membres ont mis en place une plateforme énergétique volontaire de l’UE pour l’achat groupé de gaz, de GNL et d’hydrogène. La plateforme est également ouverte à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Géorgie et aux Balkans occidentaux. »

 Commentaire : Plutôt une bonne idée, à voir comment cela va fonctionner en cas de crise sévère?

 Des objectifs affichés …qui seront tenus ?

 « À moyen et à long terme, la mise en œuvre intégrale des propositions Fit for 55 présentées en juillet dernier réduirait notre consommation de gaz de 30 % d’ici 2030, plus d’un tiers de ces économies provenant de la réalisation de l’objectif de l’UE en matière d’efficacité énergétique proposé dans la proposition de refonte de la directive sur l’efficacité énergétique…

 La modélisation du scénario REPowerEU montre qu’une réduction de 13 % de la consommation d’énergie d’ici à 2030, contre 9 % dans la précédente proposition de directive sur l’efficacité énergétique, serait rentable et contribuerait de manière substantielle à la réalisation de l’objectif REPowerEU au niveau de l’Union. La Commission invite donc les colégislateurs à modifier la proposition de refonte de 2021 afin de porter l’objectif contraignant de la directive sur l’efficacité énergétique à au moins 13 %. »

 Commentaire : Bon, pourquoi pas ? Mais on est tellement habitué à l’affichage d’objectifs que ne sont jamais tenus ?

 Repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Remplacer la dépendance de l’UE à l’égard des combustibles fossiles russes nécessitera une augmentation massive de l’électricité, des gaz et des combustibles renouvelables dans la production d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les transports… Le temps presse. Afin de garantir que les objectifs en matière d’énergies renouvelables à l’échelle de l’UE soient accélérés conformément au plan REPowerEU et sur la base de sa modélisation des incidences et de la faisabilité, la Commission propose de porter l’objectif fixé dans la directive sur les énergies renouvelables de 40 % actuellement à 45 % d’ici 2030 et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables. »

 Commentaire : Alors là on rentre dans le cœur du problème : repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Le développement des énergies renouvelables est très rapide en Allemagne. En 2021, la puissance installée des parcs éoliens (63 GW) et solaires (56 GW) est, pour chacun, équivalente à celle du parc nucléaire français (61 GW) et a plus que doublé en une dizaine d’années. Mais la puissance d’une installation de production d’énergie est un indicateur incomplet, voire trompeur

Le solaire et l’éolien sont des sources d’énergie dont la production est variable et ce de manière non pilotable. Elles ne peuvent donc pas, seules, faire face à la demande. C’est pourquoi l’Allemagne a, malgré l’énorme augmentation des énergies renouvelables, conservé un parc de production pilotable qui lui permet d’assurer la production pendant les périodes de vent faible ou d’ensoleillement limité. La sollicitation de ces différents moyens de production est très variable en fonction de la demande en énergie, mais aussi de la météorologie. La production du solaire photovoltaïque est bien sûr nulle pendant la nuit, mais peut monter au-delà de 40 GW au milieu d’une belle journée d’été. De même, la production éolienne peut descendre à moins de 1 GW, mais aussi dépasser les 45 GW. Ces variations considérables sont compensées en petite partie par l’hydraulique, mais surtout par les productions fossiles (charbon et gaz).

 Ainsi, entre les années 2000 et 2020, la puissance installée des centrales à combustibles fossiles (charbon ou gaz) a augmenté , passant de 71 GW à 74 GW, pendant que le nucléaire diminuait, passant de 22 GW à 8 GW. Le développement des renouvelables n’a pas permis de sortir des énergies fossiles.

En 2020, il y a eu une forte diminution de la consommation électrique en Allemagne, comme dans l’immense majorité des pays, du fait de l’épidémie de Covid-19. Cette diminution s’est répercutée pour l’essentiel sur la production d’électricité d’origine fossile puisque les énergies renouvelables sont prioritaires, avec donc une baisse des émissions de CO2 . Cet événement fortuit a permis à l’Allemagne de respecter l’objectif qu’elle s’était donné d’une diminution de 40 % des émissions sur la période 1990-2020. Avec la fin des contraintes liées à la gestion de l’épidémie, mais aussi du fait de la flambée des prix du gaz qui ont favorisé l’usage du charbon, les émissions ont fortement réaugmenté en 2021 (par rapport à leur niveau de 2020) et l’objectif sur les émissions de CO2 ne sera plus tenu. »

F-M Bréon, https://www.afis.org/La-transition-du-secteur-electrique-en-Allemagne

Commentaire :  Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne n’a en valeur absolue pas  baissé d’un pouce ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 6 à 8 fois supérieures à celles de la France !

 Le plan Repower EU ,c’est d’abord du gaz ( et encore du charbon)

 Le plan REPowerEU  comprend une substitution du gaz russe par du GNL.

 1) Climatiquement, c’est tout simplement catastrophique. Les émissions carbone du GNL américain sont près 1.4 fois plus élevés que celles du gaz russe délivré par gazoduc !

2) Du point de vue géostatégique, c’est remplacer une dépendance russe par une dépendance américaine. Dans l’immédiat, c’est peu discutable ? Mais qui sait ce que réserve le futur ? On aura pas la cruauté de rappeler les déclarations des dirigeants allemands qualifiant Poutine de démocrate sans faille (Schröder) , le soutien à l’élection ukrainienne douteuse de Viktor Ianoukovitch, et leurs illusions sur l’évolution de la Russie.

3) L’un des principaux obstacles au développement renforcé des ENR , c’est aussi l’un des grands échecs de l’Energiewende, le réseau ;

En 2020, l’estimation du coût de l’adaptation du réseau aux ENR  était estimée à 110 milliards d’euros pour 2050, soit un quintuplement de l’estimation initiale ; et cette valeur est elle-même déjà caduque. Et le principal problème est que ce réseau ne se fait pas : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km.

 Les éoliennes de la mer du nord ne sont toujours pas reliées aux centres industrielles du sud, et les surplus éoliens, lorsqu’ils existent se déversent chez les Tchèques et les Polonais, qui n’en ont nul besoin et doivent s’en protéger

Le fait est que cette extension du réseau se heurte à un immense problème d’acceptabilité ; et l’on ne voit pas comment cela serait compatible avec une accélération des ENR

4) Stabilité du réseau : graves conséquences

A supposer même que les ENR puissent se substituer davantage aux pilotables à rythme accéléré (« remplacer le gaz russe) ; c’est la quasi-certitude de risques énormes d’effondrement du réseau. Ceci a été pointé en termes assez peu diplomatiques par la Cour des Comptes Fédérale Allemande (« Les hypothèses du ministère des Affaires économiques concernant la sécurité d'approvisionnement en électricité sont "en partie trop optimistes et en partie invraisemblables »)et en France par un rapport de France Stratégie qui a eu un certain écho (Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?:

«La fermeture programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030… dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »

Et pour terminer, un ordre de grandeur : le redémarrage d'un seul réacteur nucléaire existant aurait le même effet que la fourniture d'un million de tonnes de #GNL (gaz naturel liquéfié) supplémentaire par an sur le marché mondial.

5) Enjeux matières premières : très critique !

Que ce soit l’Ademe (Les réseaux électriques choix technologiques, enjeux matières et opportunités industrielles, 2020), l’AIE (Clean energy progress after the Covid-19 crisis will need reliable supplies of critical minerals, RTE (« Futurs énergétiques 2050 », 12.3 Les ressources : des tensions possibles sur l’approvisionnement en ressources minérales,l’IFP (Les métaux dans la transition énergétique) et plus récemment l’université de Leuwen (Europe’s Green Deal requires massive amounts of battery metals, 2022), tous pointent sur des problémes massifs et critiques d’approvisionnement en métaux et minéraux (cuivre, aluminium , lithium, platinoides, silicium, cobalt, nickel, terres rares). L’accélération massive de la transition vers les ENR ne fera disparaitre le problème bien au contraire !




https://www.iea.org/articles/clean-energy-progress-after-the-covid-19-crisis-will-need-reliable-supplies-of-critical-minerals

6) Un coût qui doit être économiquement soutenable et socialement acceptable

La solution allemande et vers laquelle la Commission Européenne veut orienter l’Europe consiste à doubler un parc pilotable par un parc ENR est l’une des plus couteuses qui soit, et de fait l’Allemagne a structurellement le coût le plus élevé d’Europe pour l’électricité.


7) Une certaine hypocrisie et toujours un antinucléarisme dogmatique et intransigeant.

Quelques nouvelles glanées dans l’actualité :

6a) A aucun moment, le mot nucléaire ne figure dans le document REPowerEU. Ni pour le court terme ( prolongation des centrales existantes), ni pour le moyen terme, ni pour le long terme.

6b) Visite d’Urusla Van Der Leyen en Inde : “Energy security is one of the most pressing topics for India and Europe. The EU will diversify away from Russian fossil fuels and will invest heavily in clean renewable energy. So 🇪🇺 🇮🇳 cooperation on solar and green hydrogen is key

Pas un mot sur les projets d’EPR en Inde où pourtant la France a remis une "offre engageante » en vue de la construction de six (réacteurs) EPR sur le site de Jaitapur qui deviendrait alors la plus puissante centrale nucléaire au monde. Clairement, il ne faut attendre aucun soutien de cette Commision sous influence allemande pour ce type de projet.

6c) Ce que ne dit pas Repower EU, c’est que c’est aussi un plan procharbon !

Ainsi, on apprend : « Le Botswana a été inondé de requêtes pour fournir du charbon à l’Europe et estime que la demande des pays occidentaux pourrait dépasser un million de tonnes par an, a déclaré mardi le président Mokgweetsi Masisi, alors que la guerre en Ukraine oblige l’Europe à se tourner davantage vers l’Afrique pour les ressources énergétiques. »

Et quasi simultanément, on apprend :

« Le ministre ougandais en charge de l’énergie a annoncé le 11 mai l'acquisition d'un terrain en vue de la construction de la première centrale nucléaire d’Afrique de l’Est (2000 MW).

Quelle ironie !https://www.reuters.com/business/energy/europe-seeks-million-tonnes-per-year-botswana-coal-says-president-2022-05-10/?s=09 ; https://www.connaissancedesenergies.org/louganda-prevoit-de-construire-la-premiere-centrale-nucleaire-dafrique-de-lest-220513

Le Miracle hydrogène : ne peut pas pallier les défauts des énergies variables intermittentes !

Le miracle hydrogène a été suscité parce qu’au fond, les dirigeants allemands savent bien que les énergies variables et intermittentes (éolien et solaire) ne leur permettront jamais de se passer à la fois du charbon et du nucléaire. C’est toujours la course aveugle derrière l’EnergieWende, avec un problème non résolu : l’hydrogène est un vecteur énergétique, pas une source. Donc, il faut le produire !

« L’hydrogène jouera un rôle clé pour remplacer le gaz naturel, le charbon et le pétrole dans les applications difficiles à décarboniser dans l’industrie et les transports. REPowerEU propose un « accélérateur d’hydrogène » fixant un objectif de 10 millions de tonnes de production nationale d’hydrogène renouvelable et de 10 millions de tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030. Afin d’atteindre cet objectif, il est proposé d’accélérer les efforts conjoints au niveau de l’UE et des États membres pour finaliser les cadres réglementaires et les projets relatifs à l’hydrogène, stimuler le déploiement de l’électricité renouvelable et les capacités de fabrication d’électrolyseurs dans l’UE, et faciliter la transition vers l’hydrogène… Des cadres réglementaires sont nécessaires de toute urgence pour permettre au développement de l’économie de l’hydrogène dans l’UE. Conjointement avec cette communication, la Commission a publié pour réaction du public deux actes délégués sur la définition et la production d’hydrogène renouvelable Il est également urgent d’accélérer les travaux sur les normes manquantes en matière d’hydrogène, en particulier pour la production, les infrastructures et l’utilisation finale de l’hydrogène ... »

Commentaire : sur la question de l’hydrogène renouvelable, la Commission ignore visiblement toutes les études démontrant que la production d’hydrogène à partie d’énergies renouvelables se fait à un coût prohibitif… ou avec beaucoup de gaz puisque le coût de structure des hydrogénateurs est archidominant et que ceux-ci doivent être utilisés de façon continue. On restera discret par charité sur les délires de classification taxonomique de la Commission sur les différentes types hydrogènes (gris, bleu, vert, jaune , rose _l’hydrogène produit à partir du nucléaire, considéré évidemment comme non renouvelable).

L’absence de cadres pour les normes n’est pas qu’un obstacle bureaucratique, c’est un problème technique fondamental lié à la dangerosité spécifiques de l’hydrogène (explosibilité, diffusibilité) A part les usages industriels de l’hydrogène, le dangers sont loin d’être négligeables, identifiés et maitrisés. Ainsi, en Norvège, l’explosion en juin 2019 d’une station-service en Norvège a mis fin à la vente de véhicules à hydrogène par Toyota et Hyundai…

« « L’utilisation massive d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente (éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui obère considérablement les coûts… Dans tous les cas, le stockage d’une électricité renouvelable variable sous forme d’hydrogène entraine des pertes de conversion de 70 %, à terme peut-être seulement 40 ou 50 %. Dans un environnement disposant de larges réseaux de gaz ou d’électricité les perspectives de rentabilité pour ces solutions semblent très lointaines, à des niveaux de coût carbone bien supérieurs à ce qu’ils sont actuellement. »

(Comité de prospective de la CRE_ Le vecteur hydrogène ; Les enjeux de l’Hydrogène,  rapport de l’Académie des Technologies)

Très clairement, selon la vision allemande, une grande partie de l’hydrogène européen serait produit dans des pays tiers. Les plans allemands de giga production au Sahel, basés sur le solaire,  ont fait chou blanc, ils sont remplacés par d’autre gros projets en Namibie, au Congo, etc. Outre les nouvelles dépendances qui en résultent, on peut s’interroger sur ce que l’ancien expert de la Commission Samuele Furfari a qualifié d’ « écocolonialisme au pays du surréalisme »

Autres remarques

Ouverture vers le gaz de schiste en Europe ?

« L’un des principaux objectifs de REPowerEU est d’assurer un approvisionnement en gaz alternatif adéquat pour couvrir la demande de gaz de l’Europe en diversifiant les approvisionnements extérieurs. La production nationale de gaz naturel au sein de l’UE pourrait compenser dans une certaine mesure la réduction des importations en provenance de Russie à court terme »

Commentaire : Intéressant :l’un des objectifs est-il d’autoriser la production de gaz de schiste en Europe ?

Le biogaz et les conflits d’usages : concurrence avec les cultures alimentaires, c’est pas réglé du tout !

« Porter la production de biométhane à 35 milliards de mètres cubes d’ici 2030 [objectif de 2028] est une voie rentable pour réaliser notre ambition de réduire les importations de gaz naturel en provenance de Russie. Afin d’accroître la capacité de production de biogaz dans l’UE et de promouvoir sa conversion en biométhane, les besoins d’investissement estimés s’élèvent à 36 milliards d’euros sur la période, qui peuvent être cofinancés par la politique agricole commune à condition que les États membres incluent les projets dans leurs plans stratégiques. »

Commentaire : Le détournement de la politique agricole commune vers les besoins énergétiques surprend : c’est assez maladroit et angoissant à un moment où la guerre en Ukraine révèle des fragilités et dépendances alimentaires plutôt inquiétantes.

Déjà en Allemagne la lutte pour la terre entre production alimentaire et production énergétique a provoqué un net ralentissement du biogaz. En France, France Stratégie (Quelle place pour le gaz dans la transition énergétique ?, 2020 ; Biomasse agricole : quelles ressources pour quel potentiel ? (2022)  a pulvérisé les prévisions très optimistes de l’Ademe :

« Le remplacement du gaz fossile par du gaz renouvelable relève encore largement du pari...Même pour l’industrie seulement, « il n’est pas certain qu’une offre de gaz renouvelable puisse répondre à ces besoins spécifiques en gaz, aussi limités soient-ils in fine. De fait, les trois technologies disponibles pour produire du gaz renouvelable n’ont pas encore fait la preuve de leur rentabilité dans une perspective de développement à grande échelle. »

« Le potentiel énergétique maximal identifié de la biomasse agricole pourrait, en théorie, atteindre 120 TWh. Or, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) estime un potentiel de production de biomasse agricole proche de 250 TWh. »

« La SAU (superficie agricole utilisée) consacrée à la production de biomasse non alimentaire est estimée actuellement à environ 1,7 Mha (soit 6 % de la SAU totale). Pour couvrir les besoins en biomasse projetés à long terme, il sera nécessaire de recourir massivement aux résidus de cultures, aux surplus d’herbes et aux cultures intermédiaires ne nécessitant pas de nouvelles surfaces spécifiques et récoltables sur un minimum de 15 Mha (plus de 50 % de la SAU estimée en 2050). »

 On fait comment ?

dimanche 23 mai 2021

Dear German friends : your Energiewende is threatening Germany and whole Europe

The German Federal  Court of Auditors and The Energiewende. When Germany puts herself and Europe at risk !

! this is election year in Germany and the failure of the Energiewende is of utmost importance and should really be debated. The report of the federal court of auditors (Bundesrechnungshof) is an importance piece of information and it is really, really  worrying that is practically not publicized and not debated !

As one German reaction satted : “"The power of the press also lies in not reporting certain things. So there is no problem. »

See also : Energiewende : Our dear German friends are starting to seriously break our balls; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_21.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_55.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_25.html

 Article Die Welt, 31/03/2021

https://www.welt.de/wirtschaft/article229449033/Energieversorgung-Bundesrechnungshof-warnt-vor-Stromluecke.html?mc_cid=64a4535f40&mc_eid=0c2b52148d

Costs are out of control - and there is a serious risk of electricity shortages! 

Now Energywende is putting Germany at risk! The federal government accepts too high electricity prices and the risk of supply disruptions in order to continue its energy transition.   Today, the Federal Court of Auditors warns that if things continue in this way, Germany and its economy will be in danger! Costs are out of control - and there is a risk of electricity shortages.

The Federal Court of Auditors accused the Federal Ministry of Economy of "failure to control Energywende and mismanagement". These criticisms were already included in a previous report three years ago, and auditors are not only renewing them, but have added an explosive security analysis.

"Since our last review in 2018, too little has been done to master and succeed in the energy transition," said Court President Kay Scheller during the presentation of the second special report: "It makes you think."  In the previous report, the main focus was on controlling the costs of Energiewende, now auditors are also analysing the security of Germany's electricity supply, and the result is alarming!

According to their findings, the federal government does not consider "real and emerging dangers to security of supply" and monitoring the energy transition is "incomplete".

If we continue to follow the current trend, electricity prices will continue to rise. The Federal Court of Auditors mentions a study that the Energiewende will require an additional 525 billion euros between 2020 and 2025 to ensure the supply of electricity, including extension of the grid. However, electricity prices for private households are already 43 per cent above the European average !

Comment: the article is not very clear: forecasts 500 billion more probably on the whole note, already estimated between 1000 and 1500 billion euros over the whole period 2000-2050


The Federal Court of Auditors warns that "the energy transition in this form endangers Germany's economic competitiveness and its international position, and threatens the financial strength of electricity-consuming companies and private households," warned Kay Scheller during the presentation of the special report: "This may ultimately compromise the social acceptance of the energy transition."

 

Population, electricity demand, reserves, weather: nothing is going right: "the key assumptions on which the current assessment of security of supply in the electricity market is based are unrealistic or outdated»

 

The explosive nature of the report is further amplified by the fact that the auditors submitted their criticism to the Federal Ministry responsible for the economy. The answers, explanations and justifications of the minister headed by CDU Minister Peter Altmaier were included in the auditor's report - and they do not, to say the least, reassure the auditors and mitigate their conclusions..

 

Specifically, auditors accuse the federal government of not properly considering the consequences of the phase-out of coal. Earlier this year, 11 coal-fired power plants were closed. Overall, the phase-out under the Coal-Fired Electricity End Act is now being implemented more quickly than anticipated in the Security of Supply Reports.

 

The Federal Ministry of economy last expressed on security of supply in 2019, that is, before the decision to phase out coal. In this document, the phasing out of coal was "indirectly reviewed" - and deemed "harmless" explains the ministry.


Comment: well, just believe it when you see what coal was like in Germany?. So far, the Germans have almost doubled their park. The real problems will begin with the elimination of fossils and nuclear power capable of ensuring baseload production and replacement by intermittent energies

In examining these statements, the Federal Court of Audit found inconsistencies. A comparison with the legal timetable for the decommissioning of coal-fired power plants shows instead that the study assumes a higher secure production from 2022 onwards than can actually be expected after the coal phase-out. There is a "planning gap" of 4.5 gigawatts between the two, which corresponds to the capacity of four large conventional power plants. 

But according to the Department of Economic Affairs, there is a "probability of grid balance" of nearly 100 percent despite the phasing out of coal. The probability that electricity demand could still be covered by electricity supply would be exactly 99.94%. This is questioned by the reviewers. The government's report's calculation of the probability of network balancing "is based on assumptions that sometimes seem unrealistic or are overtaken by current political and economic developments."

 

The auditors state: It is "not realistic to assume that the renewable energy expansion targets will be met under the currently difficult acceptance conditions, especially for wind projects".

 

It is also risky for the federal government to simply base its wind and solar energy forecasts on "historical weather conditions from 2009 to 2013. It is "inappropriate that this simulation does not take into account a year with low energy yields from wind and solar," the Federal Court auditors criticize..

 

Auditors also doubt that the need for reserve power plants has been properly identified. For example, the federal government had planned on October 1, 2020 to create a 2 gigawatt "capacity reserve" to secure the electricity market. However, with the blessing of the Federal Systems Agency, transmission system managers have acquired only half of this power plant reserve. The Federal Audit Office "doubts that the Federal Ministry of Economy has fulfilled its legal obligation to verify the size of the capacity reserve".

 

In the event of a power outage, industrial companies are already expected to voluntarily stop production temporarily - in exchange for compensation. The Ministry of Economic Affairs assumes a potential of 16 gigawatts, which will be fully developed by 2030. However, a study by the Federal Environment Agency suggests a potential of only 6 gigawatts, according to the Court of Audit. Apparently, there is no consensus within the federal government on the extent to which voluntary "load shedding" can help stabilize the power grid.


It is also questionable why the federal government expects to have more than 4.5 gigawatts of "emergency electrical systems" to address the disruption to the electrical balance. In the so-called market basic data registry, only 9.4 megawatts of backup power with it are currently registered, which corresponds to only 0.2% of the potential estimated by the federal government. The examiners are surprised by this slight discrepancy!

 

The Bonn auditors also seriously question other assumptions made by the federal government that do not seem to be more (or more) in line with reality. By predicting energy demand, the federal government is basing its forecasts on a population that fell below 75 million by 2050. On the other hand, the Federal Statistical Office predicts, "in the three most important variants examined with a high probability" a population of between 77.6 and 83.6 million people in 2050".

 

The Ministry of Economic Affairs' assumptions about the security of electricity supply are "partly overly optimistic and partly implausible," the auditors criticise. The Department also did not investigate a scenario in which several predictable factors coincide that could compromise security of supply.

 

Thus, network expansion may be delayed and cross-border transmission capacity may be limited at the same time. The Federal Ministry of Economics argues that "a stacking of various disadvantageous scenarios does not make sense according to the current technical discussion". However, the reviewers found this objection "not convincing ».

 

Comment: well, the delay in terms of the network, for sure!

Other uncertainties arise from the growing demand for electricity for the electrification of transportation and for the production of energy-bearing hydrogen in electrolysis plants. The auditors therefore do not share the federal government's assumption that electricity demand will remain more or less stable until 2030.

 

The Federal Ministry of Economy rejected this criticism: Germany has a coherent system for assessing security of supply. Hydrogen production also does not represent a charge on the grid, as electrolysis systems can be controlled in a "network-friendly" way.

 

However, the ministry as a whole fails to convince the auditors: "The Federal Court of Audit maintains that the key assumptions on which the current assessment of security of supply in the electricity market is based are unrealistic or outdated," states the conclusion of the special report.

 

Some reactions in France and Germany :


Comment: What is disappointing and really worrying  is the lack of reactions in the press and in political debates  to such  profound and fundamental criticisms of a policy that seriously threatens stability and prosperity in Germany, but not only, throughout Europe ...This is election year in Germany, and this topic ( is the energiewende the right way), which is of utmost importance should really be debated…   well, it is above all a deafening silence that seems to be the rule, in the press and among politicians, we hear only silence

 

German reactions: comments on Die Welt's website: "The power of the press also lies in not reporting certain things. So there is no problem. »

The tone of the comments (>600, rather favourable, however, shows that those who reacted already knew the magnitude of the disaster. Obviously the others, all the others, including the politicians have chosen to ignore the serious warning of the Federal Court of Auditors


"In this situation, it is totally irresponsible to close other power plants. In particular, the 6 nuclear power plants still in operation must continue to operate, especially since they do not emit CO2 in operation. »

 

« No one should say during or after the first power outage that they could not have guessed. I wonder when Mr. Scheller, as President of the Federal Court of Auditors, will retire early. Many people will want to push for its replacement. But I hope that there will be more critical voices and that they will be heard. »

 

"Which party to choose for the next election? Unfortunately, this boils down to the fact that Germany must first have a very big blackout before politicians and the majority of the population wake up. »

 

"Which party to choose for the next election? Unfortunately, this boils down to the fact that Germany must first have a very big blackout before politicians and the majority of the population wake up. »»

 

"The Federal Finance Control will certainly be given new tasks after the Greens take power. For example, they can calculate how often the wrong sex has been used or how many marginalized groups are offended."

 

Some French reactions

Gérard Grundblatt ;  https://twitter.com/grunblatt/status/1377592501872234500


"Germans are starting to open their eyes: The German Federal Court of Auditors is warning about the security of electricity supply. Three years ago, the CdCf issued a very critical report on Energiewende, which it considered to be out of control. It reiterates its criticism but with an analysis on the security of electricity supply. It is interesting that it addresses technical issues and challenges the BMWi in a rather alarmist mode. The points raised are exactly the same as in France: what future demand, what flexibility to deal with the intermittency of ENRs, what acceptability of ENRs, network, high electricity prices, ..."


Tristan Kamin ; https://twitter.com/TristanKamin/status/1393892381230043138?s=20


I could not identify the most important information in this article that presents the assessment made by the German federal equivalent of the Court of Audit, about the electricity component of the energy transition.

Is it the fact that, since the previous study in 2018, there has been little effort made to stem the loss of control over electricity costs? 31 cents per kWh for households, Denmark dethroned.


Or the new indication that there is a real risk to the country's electricity supply security?


It is mentioned that at the beginning of the year, 11 coal-fired power plants were shut down. That's good, that's a good thing, in every respect. And so we are ahead of schedule in our plan to get out of coal.

On the other hand, this advance has been achieved at the cost of assumptions that sometimes seem unrealistic or that are outdated by current political and economic developments.


This includes the development of wind power, where reaching the objectives is not considered a realistic assumption. Or on solar energy, whose production forecasts exclude the possibility of a bad year with excessively little sunshine.


Even the population assumptions diverge between the federal government, which is counting on 75 million inhabitants in 2050 against 78 to 84 for the Federal Office of Statistics. "


Michel Gay; https://www.contrepoints.org/2021/05/16/397534-transition-energetique-lallemagne-sinquiete-enfin


"Energy transition: Germany is worried (finally!) ... And the report concludes sternly that "essential assumptions on which the current assessment of the security of supply of the electricity market is based are unrealistic or outdated."  In France, the "ambitious" work of ADEME providing 100% renewable energy in 2050 in France is also totally unrealistic and the French should also be worried!