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mardi 14 mars 2023

Campagne EELV contre le nucléaire : le baroud de déshonneur

Le contexte : l’ensemble des Français s’affirme de plus en plus favorables à l’énergie nucléaire. Selon certains sondages, ce serait même le cas de plus de 50% des électeurs EELV, de plus en plus influencés par une approche plus scientifique des problèmes climatiques et écologiques notamment exemplifiée par M.Jancovici. Or, pour l’establishment EELV, l’anti-nucléaire semble une caractéristique existentielle : « les écologistes entendent réinvestir la bataille culturelle et appellent à l'organisation d'une Convention citoyenne sur le nucléaire… On repart au combat, affirme la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier. On va faire cette proposition de Convention citoyenne. »

https://www.france24.com/fr/france/20230311-face-%C3%A0-l-adh%C3%A9sion-croissante-au-nucl%C3%A9aire-en-france-les-%C3%A9cologistes-contre-attaquent

Dans cette nouvelle bataille « culturelle », les écologistes mobilisent principalement trois fake news qu’ils martellent dans les media

I)La consommation d’eau par le nucléaire

"Nous entendons toutes sortes de mensonges ou de contrevérités sur la consommation d'eau du nucléaire", regrette-t-elle, avant d'assurer que dans notre pays, « près d’un tiers de l'eau consommée" sert au refroidissement des centrales. (Marine Tondelier)…. Mais c'est aussi, avec les quelques centrales thermiques restantes et selon EELV: 31% de l'eau CONSOMMÉE dans tout le pays soit le 2ème poste de consommation après l'agriculture

Alors une fois pour toutes disons-le, simplement et fermement : à ce rythme il n’y aura bientôt plus assez d’eau dans nos fleuves pour refroidir les centrales nucléaires !

https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/le-nucleaire-un-tiers-de-l-eau-consommee-en-france-2250492.html

https://twitter.com/marinetondelier/status/1633171620129849345?t=gG-WLXMqoAqYBK1YRQALyw&s=09

https://twitter.com/marinetondelier/status/1633171622193426434

Réponse : c’est une confusion soigneusement entretenue entre consommation et prélèvement : Le #nucléaire PRÉLÈVE l’#eau d’un fleuve ou de la mer pour son refroidissement. 

➡️ 98% de cette eau est restituée à la source

➡️ 2% sont « consommés « par évaporation atmosphérique. ( donc restituée un peu plus trad sous forme de pluie.

Contrairement à ce que certains écolos semblent croire, l’eau n’est pas consommée et transformée, en quoi ? en tritium ?

II) La compatibilité du nucléaire avec le réchauffement climatique

"La compatibilité du nucléaire avec le réchauffement climatique est une vraie interrogation", souligne @laernoes, "aujourd'hui, 50% de l'eau en France, 26 milliards de mètres cubes d'eau sont nécessaires pour refroidir le parc actuel".

Laernoes, https://twitter.com/LCP/status/1631014782366109705

La question du refroidissement des centrales nucléaires par temps de canicule ou réchauffement climatique n‘est pas un problème de sécurité, mais de préservation de la biodiversité : l’eau rejetée ne doit pas dépasser soit une certaine valeurs absolue ( qui changera avec le réchauffement climatique), soit une certaine différence  (3°C généralement) avec l’eau puisée

Quel impact du réchauffement climatique sur le nucléaire? Pas grand chose sauf pour Chooz, même dans un scénario de réchauffement à +4°C : cela joue surtout sur le production mais pas sur la sûreté, qui plus est dans des périodes de chaud où le besoin en électricité est faible

En bord de mer, les réacteurs nucléaires n'ont pas besoin d'aéroréfrigérant et les canicules ne sont pas un sujet. Vous avez ici par exemple une photo des 6 réacteurs de Gravelines (sans aéro). A noter qu'un pays comme la Chine n'a pour le moment que des réacteurs en bord de mer

Pour les réacteurs en bord de fleuve, les effets de la centrale sur le débit et la température du fleuve sont contrôlés, principalement pour des raisons d'environnement et de biodiversité. C'est très différent pour chaque réacteur selon le fleuve et son emplacement sur le fleuve. ( Par exemple, au Blayais, avec la proximité de l’estuaire de la Garonne, c’est plus souple.)

Dans son rapport sur 2050, Rte avait simulé et chiffré les indisponibilités du nucléaire avec plusieurs scénarios de réchauffement climatique. L'impact existe mais il est limité (et là encore, c'est une question de réglementation et d'environnement, pas de sûreté) : conclusion : il y a une possibilité de perte de qqs % de production dans des périodes où généralement la demande n’est pas forte.


Donc : pas d'impact sur la sûreté et des effets qui peuvent s'anticiper à la conception. Flamanville, Penly et Gravelines étant en bord de mer, la question ne se posera pas pour les 1er EPR là-bas.

Et rappelons qu’on peut faire parfaitement fonctionner une centrale nucléaire en plein désert, comme celle de Pheonix en Atrzone, refroidie par les eaux usées de la ville…

III) Centrales nucléaires et leucémies

"Habiter à côté d'une centrale nucléaire, ça ne fait pas rêver", a déclaré Aymeric Caron en commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale jeudi 2 mars. "Ça se comprend", continue le député Révolution écologique pour le vivant (REV) en donnant plusieurs raisons dont celle-ci : "Si on a lu cette étude de l'Inserm de 2012 qui évoque un nombre de leucémies infantiles supérieur à la moyenne nationale dans un rayon de 5 km autour des centrales."

Ceci repose sur une publication de l’INSERM (Geocap studies) de 2012 qui a trouvé entre 2002 et 2007, 14 enfants avec une leucémie vivaient à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire, alors qu'il aurait dû y en avoir sept, selon leurs estimations.

1) Ce sont des chiffres extrêmement faibles et un cluster dû au hasard n’est pas improbable ( faible significativité). Il y a de plus des biais d’études, il est très facile de créer ce genre de fausses corrélations.

Comme l’a noté un commentaire tweeter, “voila comment on crée ce genre de corrélations: j'affirme qu'habiter dans une zone de 15 km autour de la maison d'Aymeric Caron cause des problèmes de santé. Je vais donc recenser les cancers de différents types, les naissances avec malformation, l'espérance de vie de différentes catégories de la population,...les troubles psy . Et toute déviation à la moyenne nationale, je vais l'attribuer à cette proximité. Ah tiens? Vivre dans cette zone double le cancer des poumons chez les hommes et les troubles cardio-vasculaires chez les femmes enceintes? Boum, j'ai ma corrélation.
 
On taiera au passage les "bienfaits" (tout aussi spécieux) que pourraient révéler une corrélation inverse. "Ah tiens, moins de dépression chez les ados? et moins d'obésité chez les femmes de plus de 65 ans", ça doit être ça aussi! “

2) Selon les auteurs de l’étude, le lien avec les très faibles radiations ionisantes émises par les centrales en fonctionnement normal ne peut pas être établi

De fait, en 2021, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publiait un rapport à ce sujet, portant sur les années 2014 à 2019 et ses observations sont claires : on est bien davantage exposé à des rayonnements ionisants en passant une radio ou un scanner qu'en vivant à côté d'une centrale.

"La dose reçue peut varier d’environ 0,1 millisievert (mSv) pour une radio pulmonaire à 15 mSv pour un scanner abdomino-pelvien ou un TEP-scanner", peut-on y lire, alors que "pour les personnes résidant dans un rayon de 10 km autour [d'une installation nucléaire], une dose de 1 à 10 µSv/an (soit 0,001 à 0,01 mSv/an) est retenue suivant le site". Une simple radio des poumons équivaut à dix ans de vie à côté d'une centrale nucléaire, si on prend les estimations maximales (0,01 mSv/an), une radio des lombaires équivaut à 100 ans, un scanner du thorax à 1 000 ans.”

3) Dès 2013, cette étude était contredite 

En France

“Les enquêtes sanitaires effectuées auprès des populations habitant à proximité des installations nucléaires se suivent et se ressemblent : elles ne montrent, parmi ces populations riveraines, aucun excès de cancers ou de leucémies attribuables à la centrale nucléaire ou à l’usine située dans le voisinage. La dernière en date de ces études a été menée en 2013, à l’initiative des Commissions Locales d’Information du département de la Manche – qui compte sur son territoire l’usine de retraitement de La Hague, la centrale nucléaire de Flamanville, le centre de stockage de déchets radioactifs CSM et l’arsenal de Cherbourg spécialisé dans la construction et la maintenance des sous–marins nucléaires. … Publiés et diffusés fin 2013, les résultats de cette étude sont résumés ainsi dans le document de synthèse : « l’incidence des cancers masculins dans la Manche est équivalente à celle estimée en France » tandis que « l’incidence des cancers chez la femme est inférieure de 1,5% à celle estimée en France ».   En d’autres termes, les installations nucléaires du Cotentin ne causent pas de dommages à la santé des populations riveraines.”

Et à l’étranger

 “Au plan international, l’étude la plus récente venant corroborer ces constats a été réalisée en 2013 au Royaume-Uni sur 10 000 enfants de moins de 5 ans diagnostiqués avec la leucémie ou d’autres cancers entre 1962 et 2007. Elle a été conduite par le Centre de recherche britannique sur les cancers de l’enfance, se demandant si les tout jeunes enfants vivant à proximité immédiate des centrales nucléaires n’ont pas un risque accru de développer une leucémie ou un cancer. La réponse est négative. Le Dr John Bithell, qui a dirigé l’étude, a apporté sur ce point les précisions suivantes : « notre étude cas-témoins a examiné les dossiers de naissance pour presque tous les cas de leucémie infantile nés en Grande- Bretagne et les conclusions de ces analyses sont rassurantes. Nous n’avons pas trouvé de corrélation entre le développement de cette maladie et la proximité des installations nucléaires ». Notons que cette conclusion apporte un nouveau démenti aux rumeurs complaisamment entretenues par certains militants anti-nucléaires attribuant à l’usine de Sellafield un taux de leucémies infantiles plus élevé dans la région que dans le reste du pays.

En fait, personne ne peut sérieusement remettre en cause ce constat fondamental vérifié depuis des années autour de 200 sites nucléaires en France et dans le monde : les installations nucléaires correctement exploitées ne sont pas un problème de santé publique. La raison en est simple : leurs rejets radioactifs sont limités à des niveaux très faibles, se confondant avec le bruit de fond de la radioactivité naturelle.”

https://www.sfen.org/rgn/manche-impact-installations-nucleaires-sante/

Leukaemia in young children in the vicinity of British nuclear power plants: a case–control study,

https://www.nature.com/articles/bjc2013560.pdf

L’industrie nucléaire et le risque de cancers dans le département de la Manche ».

https://inis.iaea.org/search/search.aspx?orig_q=RN:45086097


samedi 22 septembre 2018

Politique climatique et énergétique : retour au sérieux ?


La démission de Nicolas Hulot aura eu au moins un effet heureux (en fait même) plusieurs, dont celui de libérer un certain nombre de paroles sur la politique énergétique (cf. aussi mon blog précédent à propos du grand débat sur la loi de programmation de la politique énergétique, finalement  assez instructif). Deux exemples récents du Monde :

Julien Aubert (30 août 2018) : « Le départ de Nicolas Hulot est une chance pour revenir à un développement raisonnable » Extraits :

Caution libérale et zig-zag permanents

« Plutôt que de protéger la planète, la politique engagée par Nicolas Hulot servait de paravent pour faire oublier la politique néolibérale d’Emmanuel Macron… Emmanuel Macron, en maître funambule, avait choisi l’écologie pour faire contrepoids à ses penchants néolibéraux. L’opération était doublement bénéfique : premièrement, elle permettait de rallier à son panache Nicolas Hulot, un homme engagé et respecté pour son parcours loin des sirènes politiciennes ; deuxièmement, Emmanuel Macron endossait le rôle de leader de la communauté internationale sur le sujet du réchauffement, imitant le style de Barack Obama. »

Sur le fond, en prônant des taxes sur les émissions de CO2, Macron ne faisait pas violence à ses convictions profondes. Il ne faisait que défendre une politique écologique fondée sur un raisonnement néolibéral d’incitation à la modification des comportements individuels pour sauver la planète. Les mêmes recettes vantées depuis vingt ans par le G7 et qui n’ont, au passage, strictement rien enrayé dans la progression des émissions. Une fois sur la route, l’attelage Macron-Hulot a cependant abouti à des zigzags permanents. »

Des choix technologiques absurdes  et la filière nucléaire dénigrée :

Loin de se voir offrir une visibilité industrielle, la filière nucléaire a été dénigrée avec la complicité de certains membres du gouvernement, en laissant entendre que la réduction du nombre de centrales se poursuivrait, comme cela avait été voté sous le mandat Hollande, ou en publiant au Parlement des rapports alarmistes sur la sûreté et la sécurité nucléaires. Le gouvernement a tordu le bras d’EDF pour que l’entreprise annonce des investissements massifs dans l’énergie solaire alors qu’elle peine à faire face à ses projets nucléaires actuels et aux défis futurs. Si nous voulons sécuriser notre avenir énergétique, lors nous devons amorcer le remplacement du parc nucléaire par la troisième génération et donner de la visibilité aux sites pour éviter une catastrophe sociale ».

« Dans le même temps, Emmanuel Macron a fait tout son possible pour faciliter  les projets éoliens terrestres, levant texte après texte tous les obstacles juridiques, les recours et abaissant les coûts de raccordement. Pour l’éolien posé en mer, il a validé des concessions qui coûteront aux contribuables des dizaines de milliards d’euros, sur vingt ans avec le rachat de l’électricité produite. Là encore, personne n’a pris le temps de regarder la catastrophe allemande qui, en faisant le pari de l’éolien, a fait exploser nos gaz à effet de serre. »

« Si l’on veut vraiment réduire les émissions de CO2, alors redéployons les financements actuels des énergies renouvelables vers le nucléaire et l’hydroélectrique. Si l’on veut vraiment protéger les paysages, interdisons l’éolien terrestre, maritime posé et luttons contre l’artificialisation des terres victimes du bétonnage marchand. (NB : un socle d’éolienne terrestre est fabriqué en coulant dans le sol 1 500 !!! tonnes de béton sur une armature composée d’un treillis de ferraille mise dans une cavité creusée par des bulldozers et des pelleteuses)

Conclusion : «  le départ de Nicolas Hulot est salutaire, car l’écologie est une idéologie »

Autre tribune : Marc Fontecave, Professeur au Collège de France, Le Monde (4 septembre 2018) N’attendons pas de révolution écologique, avançons à petits pas. Extraits :

Ecologie : « Il n’y a aucune chance de voir une révolution se réaliser »

« Nicolas Hulot a quitté son poste en déplorant la faiblesse des moyens engagés pour l’écologie, mais la sauvegarde de l’environnement exige des avancées technologiques et politiques qui ne se décrètent pas »

« La preuve est faite à nouveau. Un militant « vert » ne peut pas être ministre de l’écologie. Tout simplement parce que l’idéologie environnementale sur laquelle est construit son engagement s’accommode difficilement des contraintes non seulement économiques, politiques et sociales, mais également scientifiques et technologiques dans lesquelles le monde réel peut effectivement évoluer. Cette idéologie semble en effet partir de trois principes fondamentaux, à la fois profondément faux et inopérants.

Le premier, c’est que la catastrophe, dont l’homme par essence poison pour la nature serait le seul responsable, est imminente et qu’il faut agir dans une urgence extrême pour à la fois transformer en profondeur le système économique mondial, redonner sa chance à la biodiversité et changer les modes de vie des 7 milliards d’habitants de la planète.
Le second, c’est que chacun de ces habitants serait déjà convaincu de la nécessité de ce changement, convaincu que la seule question digne d’intérêt serait celle de l’écologie, ce qui est malheureusement inexact.
Le troisième, c’est que toutes les solutions technologiques appropriées, notamment pour décarboner l’énergie (remplacement des énergies fossiles et du nucléaire par les énergies renouvelables ; stockage des énergies intermittentes ; mobilité électrique ; etc..), condition supposée unique pour limiter le réchauffement climatique, seraient déjà disponibles et qu’il n’y aurait plus qu’à les exploiter. »

« De sorte que, si après un an ou deux en responsabilité, ce ministre « vert » ne constate que des « petits pas », comme l’a déploré Nicolas Hulot en annonçant sa démission, il ne peut en effet que désespérer, accuser son adversaire préféré, les lobbys, sans qu’on sache vraiment ce qui est lobby et ce qui ne l’est pas, et finalement démissionner »
(NB : et en effet, consciemment ou bien manipulé, Nicolas Hulot a bien servi le lobby des margoulins de l’éolien ! »)
« La réalité, disons-la clairement, car il vaut mieux que le citoyen la connaisse au lieu de croire à la possibilité d’un grand soir écologique. En matière de système énergétique et de comportement humain, les changements possibles ne sont pas de nature révolutionnaire. La tâche est colossale et les transformations souhaitées occuperont plusieurs générations. L’éveil des consciences à ces enjeux énergétiques, climatiques et environnementaux, compliqué par la très grande diversité  des situations économiques, sociales et culturelles de chacun , demande une pédagogie ouverte et un très grand optimisme dans l’homme, pour essentiel absent des discours des représentants de cette idéologie environnementale. Le temps du progrès scientifique et technologique, celui des transitions énergétiques est un temps long… Aucune révolution technologique dans l’histoire de l’humanité ne fur le produit d’une décision politique ou d’un décret. »
«  Enfin, l’impact de la France sur le dérèglement climatique est si faible, si on le compare à celui des Etats- Unis, de la Chine ou de l’Inde qu’on ne cesse d’être étonné par l’importance données aux mesures que pourraient prendre nos gouvernements seuls. La France ne compte environ que pour 1 % du CO2 produit par l’ensemble des activités humaines de la planète ( cette situation particulièrement vertueuse s’explique par notre choix historique et qu’une politique de lutte contre le gaz à effet de serre ne peut pas, comme c’est le cas aujourd’hui, être une politique antinucléaire, l’exemple de l’Allemagne illustre cette contradiction ».

Il n’y a en réalité qu’une seule politique, c’est celle, réaliste, pragmatique et optimiste des « petits pas » Cette somme de petits pas pendant des dizaines d’années constituera « un bond de géant pour l’humanité » pour reprendre ce message merveilleux de Neil Armstrong sur la Lune »

Commentaire : 

Le changement climatique et la transition énergétique, également rendue obligatoire par la raréfaction des ressources non renouvelables, doivent être pris très au sérieux, et pour cela reposer sur des bases scientifiques et technologiques solides – et cela est tout simplement incompatible avec l’idéologie verte et la présence des représentants de cette idéologie en responsabilité  à l’environnement et à l’énergie, incompatible avec des politiques antinucléaires.  
Reconnaissance de l’urgence oui, mobilisation nécessaire, oui, besoins de recherche et d’innovation technologiques majeures, oui. Mais pas la panique,  dont savent très bien profiter de très louches intérêts idéologiques et financiers.
Si l’on prend au sérieux le changement climatique, dont la réalité a été établie par les scientifiques du GIEC, il serait peut-être temps de confier aussi la responsabilité de sa conduite aux scientifiques et non aux idéologues, ou, en tous cas, de les écouter davantage.



samedi 7 juillet 2018

Fukushima et la campagne de la peur

Nous avons assisté ces derniers temps à des attaques déchaînées d’un certain nombre d’écologistes contre le nucléaire français, notamment avec le rapport de la Commission présidée par Mme Pompili ( dont le compte-rendu a été dénoncé par les élus républicains) et le chantage à la démission quasi-permanent de Hulot- alors que le nucléaire constitue pourtant l’un de nos principaux atouts en terme de lutte contre le chaos climatique et la précarité énergétique, pour notre économie, pour la sécurité et la continuité de l’approvisionnement électrique, et pour l’indépendance nationale.

Dans cette campagne de la peur, Fukushima est utilisé comme l’argument massue. Revenons donc sur ce qui s’est passé et sur le bilan, 7 ans après.

Les faits : le plus important séisme mesuré au Japon

Le vendredi 11 mars 2011 à 14 h 46 min 23 s heure locale, a eu lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Cinquante-et-une minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits, parcourant jusqu'à 10 km  l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires.

La centrale nucléaire de Fukushima Daini est située à 145 km de l’épicentre. L'installation, ayant été bâtie pour résister à un séisme de magnitude 8 et à un tsunami de 5,7 mètres de haut, est entièrement inondée. Le tsunami a eu pour conséquences une dégradation des prises d’eau en mer conduisant à la perte de la source froide, puis à la perte des Diesels de secours des réacteurs 1 à 4. Ceux-ci, à la suite de la perte d’autres systèmes de sécurités ne sont plus refroidis et les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 fondent et le « corium » formé perce la cuve et s’épand sur le socle en bêton (non, il ne traverse pas la terre comme dans le syndrome chinois !).

Entre le 11 et le 15 mars, les toits des réacteurs 1,2 et 3 explosent  les uns après les autres, ces explosions sont provoquées par de l’hydrogène rejeté volontairement pour faire baisser la pression malgré la charge du nuage engendré en radionucléides. Le 15 mars, les travailleurs du site sont évacués, seuls 50 restent sur place pour stabiliser la situation. En même temps, un ordre d’évacuation initialement de 2km, puis très rapidement de 20 km autour de la centrale est donné.

A noter : A Fukushima même, les réacteurs 5 et 6, construits postérieurement aux quatre premiers réacteurs, sur une plate-forme située à une dizaine de mètres plus haut, n'ont quant à eux pas été atteints. Une autre centrale nucléaire Onagawa, plus proche de l’épicentre que Fukushima (80 km) n’a subi aucun dommage.

Bilan et conclusion : le nucléaire japonais redémarre

Depuis 2011, la situation à Fukushima est suivi par l’ UNSCEAR, Comité Scientifique des Nations Unies pour l’Etudes des Rayonnements Ionisants créé en 1955 par l’Assemblée Générale des Nations Unies et composé d’experts scientifiques nommés par les Etats Membres- son rôle est un peu comparable à celui du GIEC pour le climat. Bilan : 7 ans après :
Hormis six décès dus à des accidents de chantier survenus sur le site de la centrale, l’accident de Fukushima n’a  fait aucun mort..  Alors quand les media annoncent, comme ils le font souvent, que le séusme, le tusnami et Fukushima ont fait 18.400 morts environ, nous ne sommes pas loin de la Fake news et de la manipulation. C’est le tremblement de terre et le tsunami qui sont responsables des morts.

L’accident de Fukushima n’ a pas a eu des conséquences sanitaires importantes.

 C’est ce qu’établissent les enquêtes sanitaires conduites dans la région et notamment la grande enquête initiée par l’ONU et à laquelle participent des laboratoires d’universités japonaises, dont celle de la Préfecture de Fukushima. Les premières conclusions, publiées en février 2016 (et disponibles en français sur Internet) indiquent que les contaminations ont été dans l’ensemble très limitées et que l’on ne s’attend pas (dans les années à venir, au cours desquelles la surveillance sanitaire sera maintenue ) à une augmentation observable des maladies, ni auprès des travailleurs ayant reçu les plus fortes doses de radioactivité, ni, a fortiori, auprès des populations riveraines qui ont été rapidement évacuées des régions contaminées. Rappelons que l’enquête a porté sur les 2 millions de personnes habitant la Préfecture de Fukushima au moment de l’accident avec des évaluations particulières sur près de 565 000 d’entre elles, ainsi que des bilans thyroïdiens effectués sur 368 000 enfants. Les statistiques sanitaires sont en tout point comparables à celles des autres régions du Japon non touchées par les retombées de l’accident. Concernant les femmes enceintes, les mêmes constats sont portés sur les fausses couches, les naissances prématurées et les malformations qui ne traduisent, dans la région étudiée, aucune recrudescence par rapport aux moyennes nationales

L’accident de Fukushima a eu des conséquences environnementales limitées.

L’accident a dispersé l'équivalent d'environ 10 % de l'accident de Tchernobyl. La pollution maritime a été importante les premiers jours dans un rayon de 30 km mais a considérablement décru au bout d’un mois. Dès début 2012, les poulpes et mollusques étaient jugés consommables. Pour les poissons au sommet des chaines alimentaires, ce fut un peu plus long, mais la situation est aujourd’hui rétablie. L’ UNSCEAR conclut   « De manière générale, les expositions des écosystèmes terrestres et aquatiques (eaudouce et eau de mer) ont été trop faibles pour que l’on observe des effets aigus. Les éventuels effets seront transitoires par nature, du fait de leur faible durée »

 Les villages évacués ont été rouverts à la population et 95 % du site de Fukushima lui-même est accessible sans combinaison spéciale.

Encore une confusion souvent entretenue : les cent vingt mille déplacés, ce sont aussi pour la plus grande partie des déplacement dus aux conséquences du plus terrible tsunami que le Japon ait connu.

Avant l’accident de Fukushima, le pays comptait 54 réacteurs disponibles, tous ont été arrêtés et très peu ont été remis en route-. Cela a eu une conséquence, : l’électricité nucléaire (29% de l’ensemble en 2010) a été remplacée, en 2014, par le gaz (+17,2%), le charbon (+6%), le pétrole (+2,6%) et les renouvelables non hydrauliques (+2,2%).
En conséquence de quoi, remplaçant essentiellement le nucléaire par du gaz et du charbon, le Japon a complètement renoncé à ses engagements climatiques : au lieu de diminuer, les émission de gaz à effets de serre ont augmenté : le Japon est avec l’Allemagne l’un des pays industrialisés les plus émetteurs de CO2, à 9 tonnes par habitant, soir le double de la France. Et l‘augmentation du charbon au lieu de sa diminution prévue a augmenté la pollution-

Si bien que l’arrêt du nucléaire a fait plus de morts que Fukushima ;

L’absurdité n’ayant qu’un temps, et compte-tenu du coût de l’énergie essentiel pour l’économie du  Japon et son indépendance énergétique, le Japon a décidé de relancer son nucléaire -39 réacteurs sont considérés comme satisfaisant aux nouvelles dispositions de sûreté.. Seize sont prêts à redémarrer.

C’est une bonne nouvelle pour la lutte contre le dérangement climatique et la pollution, et pour l’économie mondiale

voir le très intéressant site de Lionel Taccoen www.geopolitique-electricite.fr/


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jeudi 7 décembre 2017

Glyphosate : la raison l’emporte en Europe, la démagogie en France

Etude épidémiologique : pas de confirmation de caractère  cancérigène du Glyphosate

Alors que l’Union européenne doit décider, le 27 novembre, du sort du glyphosate, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) publie quelques jours avant  dans sa dernière édition les données d’une grande recherche épidémiologique visant à mettre en évidence les effets des pesticides sur les travailleurs agricoles. Il s’agit de la plus grande étude épidémiologique à ce jour sur ce sujet. Débutée dans les années 90, l'Agricultural Health Study a suivi plus de 50.000 agriculteurs et épandeurs américains en Iowa et en Caroline du Nord et dont 80% utilisaient du glyphosate. Près de 6.000 cas de cancer ont été observés au cours de ce suivi. Verdict de l'analyse : le glyphosate n'est pas significativement associé à une augmentation du risque de cancer, quelle que soit sa localisation. Toutefois, parmi les épandeurs qui ont été le plus exposés au glyphosate, les chercheurs constatent un risque accru de leucémie aiguë myéloïde par rapport aux autres utilisateurs, qui augmente avec la durée d'exposition et devient statistiquement significatif au-delà de 20 ans.

En 2005 déjà, les premiers résultats issus de l'étude prospective Agricultural Health Study, incluant des hommes et des femmes suivis sur plusieurs années, ne montraient déjà pas d'association statistiquement significative entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer à l'exception d'un risqué augmenté mais non significatif de myélome multiple. Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm et spécialiste de l'effet des substances chimiques environnementales sur la santé commente, dans Science et Avenir  : " Peut-être que dans un avenir proche, ce suivi montrera un risque plus important mais ma conviction est qu'il sera modeste si cela était le cas ».
C’était plutôt une bonne nouvelle qui invitait à relativiser les déclarations d’un CIRC (Centre International de Recherche) sur le caractère cancérogène probable ( et seulement probable) du glyphosate spécialisé dans les alertes tonitruantes  confirmait ce que le Ministre M. Hulot reconnaissait déjà, à savoir que le glyphosate est certainement le plus efficace et le moins toxique des herbicides.

Le glyphosate est toxique : il rend fou…les écolos et les éditorialistes

Il est curieux, mais pas inattendu, que cette bonne nouvelle ait déclenché une véritable hystérie chez les écologistes fanatiques. Stéphane Foucart, dans Le Monde, d’habitude beaucoup mieux inspiré tenta d’expliquer  que l‘étude était douteuse puisque le glyphosate était tellement répandu qu’il était impossible de déterminer des groupes exposés et non exposés. Cette notion curieuse n’a pas eu grand succès mais Le Monde, suivit d’un certain nombre de journaux, dénonça alors un scandale incroyable : le rapport d’expertise de l’agence européenne, sous-traité aux allemands, reprenait des passages complets des études menées par Monsanto. Ben oui, si les industriels font des études, autant qu’elles servent à quelque chose, et je ne vois pas pour quels motifs elles ne devraient pas être prises en considération – si elles sont mal faites ou insuffisantes, que les autorités publiques le disent
Autre remarque, précisément en matière de cancer ; c’est la reproductibilité et la qualité  des résultats publiés par les laboratoires publics qui est maintenant davantage sujet à caution, puisque moins du tiers d’entre elles peuvent être reproduite ; les raison : pressions à la publication intégrité scientifique en baisse…

Commentant la décision finale européenne de prolonger l’autorisation du glyphosate pour cinq ans (au lieu de 10 ans comme initialement envisagé et de trois ans comme le souhaitait MM. Macron et Hulot, Marianne (1er décembre 2017)  rajoute plusieurs couches. C’est « une humiliation pour la France » ( enfin pour la démagogie de ses dirigeants, pas pour les agriculteurs ni la plupart des scientifiques) ! Le « Parlement européen est bafoué » (Quelle est sa compétence scientifique ?). « Où est la rigueur scientifique lorsque les experts recopient les travaux de Monsanto « ? ( Ben davantage dans les travaux de Monsanto que dans bien des équipes universitaires ou organes internationaux en manque de publicité et de crédits). » Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a affiché une position notoirement alignée sur celle de l’agrobusiness » (tiens donc, les agriculteurs, pourtant les premiers et à vrai dire les seuls exposés ne seraient pas d’accord pour l’interdiction ?). « La ministre de la santé, Mme Agnès Buzyn, cancérologue professionnelle, n’a pas daigné mobiliser ses homologues ? » (Ben justement, elle sait peut-être de quoi elle parle…)

Tiens, au fond ils ont raison, le glyphosate est dangereux, il rend fou.

Les alternatives au Glyphosate Un rapport pas très encourageant

Donc finalement le glyphosate reconduit pour cinq ans, fureur écologiste et  Macron cédant à la démagogie écologiste (curieusement, Hulot apparait presque modéré) pour annoncer qu’en France ce sera trois ans (difficile à faire, la FNSEA se chargera de lui expliquer) et le ministre de l’agriculture et le premier ministre disant trois ans, sauf si pas d’alternatives meilleures d’ici là.
Et des alternatives justement, un rapport de l’INRA (Usages et alternatives au glyphosate) sort au bon moment La bonne presse (Le Monde, …) triomphe. Sauf que les conclusions sont rien moins qu’encourageantes : « Sortir du glyphosate en particulier, des pesticides en général, passe et passera par des changements profonds ». Les solutions : désherbage mécanique et travail superficiel du sol, labour, couverts intermédiaires et gel hivernal ou hachage. Bref peu enthousiasmantes.  Impossibilité d’alternative pour l‘agriculture de conservation, pour les terrains difficiles, pour la production des semences, pour celles des légumes de frais et de conserve, la culture du lin, celle des fruits à coquescerise sur le gateau l’INRA prévient : utilisation ciblée d’autres herbicides homologués (mais qui peuvent avoir des profils tox/écotox plus défavorables que celui du glyphosate), pourra être nécessaire pendant une période de transition ( de combien ?)

Et ceci encore : « L’évaluation du surcoût économique est délicate… l’impact économique sera d’autant plus marqué que la diversification des cultures est faible, qu’il n’y a pas d’élevage, que le secteur concerné touche des marchés très concurrentiels au sein de l’Union Européenne. C’est-à-dire qu’on est en France dans le cas le plus défavorable ! : Les principaux blocages peuvent être de nature biotechnique ou résulter de notre trajectoire agricole ayant conduit i) à des exploitations de grande taille, ayant peu recours à la main d’œuvre, ii) à la spécialisation des territoires qui limitent les utilisations alternatives des terres et favorisent la sélection d’une flore adventice difficile, iii) à des standards de marché et des cahiers des charges ».

« La réflexion sur la transition vers la sortie du glyphosate doit donc se faire sur une échelle de temps qui prend en compte la mise en œuvre de ces techniques alternatives. ». Compte-tenu de la tonalité du rapport, à vue de nez,  c’est bien  plus de dix ans !
Bon autrement dit, si des journalistes et commentateurs ont trouvé ce rapport encourageant, moi, je veux bien, mais c’est tout de même le lire de manière assez curieuse.
Finalement, la seule solution, celle  du Président Mao, l’envoi massif à la campagne des écologistes pour désherber, sarcler etc. Why not ?

Face aux  professionnels de l’intimidation

On peut s’étonner du silence général d’une communauté scientifique et des experts et des  professionnels. Mais c’est qu’il y a  un lobby de gens  fanatisé, rétrograde, idéologues de l’anti-science, persuadés de lutter pour le bien contre le mal et les méchants, et devenus des professionnels de l’intimidation bien relayés par des medias qui ont renoncé à tout travail d’éducation, à toute liberté d’exposition, de discussion, d’appréciation. Un lobby grassement subventionné et devenus des professionnels de l‘intimidation.

Contre ces professionnels de l’intimidation et de la désinformation, il faudra réagir. Cela ne pourra se faire que par un effort de transparence et de discussion accrues : par exemple, (une solution que ne refuserait pas Stéphane Foucart) : comme en matière de santé, la publication obligatoire  de toutes les études de toxicité et d’écotoxicité menées par les industriels, soit dans des publications scientifique, soit dépôt  obligatoire auprès des agences réglementaires des données et d’un résumé.

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