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lundi 19 juin 2023

RTE, la sobriété et les Français : une certaine hypocrisie...et des refus clairs

Très intéressant sondage sur la sobriété présentée lors de la conférence de presse RTE, 7 juin 2023, réalisé avec l’aide de la société IPSOS 

https://www.rte-france.com/actualites/comprendre-piloter-electrification-ici-2035-conditions-cles-relever-defis-transition 

 

Généralités  

 

- Les Français sont conscients du changement climatique et reconnaissent dans la grande majorité son origine humaine  

- La majorité d’entre eux estiment que des changements dans les modes de vie vont être nécessaires et y sont favorables sur le principe. 

- Ils estiment également que des mesures rapides et énergiques sont nécessaires quitte à ce que cela demande des sacrifices financiers. Cette déclaration de principe ne se confirme pas pleinement dans les questions thématiques au niveau individuel… 

 

Alors, voyons de plus prêt 

 

Certaines transformations sociétales paraissent acceptables : économies domestiques, électrification des véhicules privés, électrification du chauffage. 

 

-Assez clair pour les économies domestiques : le bilan de l’hiver 2022-2023 a mis en évidence une baisse de consommation des Français de l’ordre de 9%, à partir de l’automne. Ces efforts ont été semble-t-il assez bien accepté et pourraient être reproduit. 

Attention tout de même à la baisse de température des habitations : elle est clairement incompatible avec l’extension du télétravail. 

 




- C’est mitigé, mais considéré comme suffisant par RTE pour l’électrification de la voiture : s’ils devaient remplacer leur voiture, 59% des Français choisiraient un véhicule thermique, 37% un véhicule hybride ou 100% électrique, 4% GPL ou hydrogène. Attention cependant aux coûts et à la nécessité de développer les infrastructures de recharge.  

 

- Plutôt bon aussi pour l’électrification du chauffage avec une acceptation du développement du chauffage électrique





Certaines transformations sociétales paraissent très problématiques et sont largement refusées : usage de la voiture, taille des voitures, taille des logements  Le potentiel de réduction de l’usage de la voiture apparait limité, même si de nombreux Français seraient prêts à se tourner vers les mobilités douces et les transports collectifs à condition que l’offre de transports en commun et de pistes cyclables soit adaptée et enrichie. Cependant, 68% des Français considèrent qu’ils ont déjà réduits leur déplacement et trouveraient difficile de le faire davantage .




 

Réduction de la taille des voitures : massivement non ! Les Français ont dimensionné la taille de leur voiture à leurs besoins et ne semblent pas prêts à se tourner massivement vers des modèles plus petits malgré la vision négative répandue associée aux véhicules de grande taille. 



 

Réduction de la taille des logements : massivement non !  


Rénovation des habitations : beaucoup d’incertitudes, beaucoup de freins, insuffisants par rapport au nombre de rénovations annuelles espérées.  

 



94% des répondants mentionnent des freins économiques, 58% citent des freins liées au montant ou à ’obtention d’aides : coût, rentabilité incertaine de l’investissement, complexité des solutions et des aides, incertitude techniques… 

  

Certaines transformations sociétales sont en nette contradiction avec les aspirations des Français : renoncement au véhicule individuel, à la maison individuelle, partage des espaces collectifs...  

 

Renoncement total au véhicule individuel, diminution des distances parcourues : massivement non 



Bascule vers le logement collectif : massivement non, au contraire, l’aspiration à la maison individuelle reste très fort 

 

Partage des espaces de vie : très peu attractif : 63% des Français tiennent à leur intimité qu’ils jugeraient compromise, 33% ne font pas confiance à des inconnus, 21% n’ont pas envie de sympathiser avec des gens qu’ils ne connaissent pas. 

 


Conclusion : Les Français sont conscients du changement climatique et de ce qu’il implique en théorie sur leurs comportements mais ne voient pas les solutions techniques. E leur adhésion à des mesures de sobriété contraignantes  reste très faible.  

 

Pour la sobriété, fort contrastes des réponses selon le revenu et le lieu d’habitation, en particulier pour la rénovation thermique dont le coût, la complexité et le manque de clarté sur les mesures reste un frein. 

 

L’appétence pour la voiture et de la maison individuelles restent des marqueurs sociétaux forts. Elles ne diminuent pas, cela doit être considéré comme un fait. Pour Ipsos, cela n'a pas vraiment été une surprise, sauf pour son caractère massif de refus. A signaler également que la réduction de la taille des habitations entre en conflit avec l’aspiration au télétravail.  

 

Pour la production électrique, l’éolien terrestre et le solaire sont les seuls moyens d’accélérer l’électrification d’ici 2030.  L’éolien off shore, si on le décide aujourd’hui ne rentrera pas en service avant 2030. Accélération de l’éolien terrestre et PV d’ici 2030, de l’éolien off shore à partir de 2030 puis le nucléaire 

 

Chauffage électrique et pointe de puissance en 2030 : études en cours, pas de résultat de RTE avant septembre.  

 

Il faut maintenir les objectifs d'électrification du chauffage des bâtiments, c'est un levier important. Néanmoins, ce n'est pas la même chose d’électrifier un appartement de bonne qualité, ou une passoire thermique ( d’où l’importance d’une rénovation...qu’on ne sait pas bien faire. Le biogaz peut aussi jouer un rôle important, la répartition des rôles électricité/biogaz n'est pas claire. 

 

Pas de problème anticipé quant à la climatisation pour une pointe estivale. Entre 5 et 10 TWH,  même avec une augmentation de 50% . on est loin des ordres de grandeur de la pointe hivernale. 

 

Pas de problèmes anticipés non plus avec les data center ; dans le passé, il y a  eu peu d'influence observée sur la demande électrique. 

 

Enfin, le classement des sources d'énergie par les Français : il  reste quand même bien du travail à faire pour informer davantage sur les avantages et les inconvénients respectifs des sources d’énergie de base décarbonnées comme le nucléaire d'une part, et des énergies variables intermittentes comme l’éolien.  



samedi 10 juin 2023

Aides d'État pour le projet éolien Bretagne Sud : 2.08 milliards d'euros pour les producteurs éoliens

 La Commission autorise une mesure française d'un montant de 2,08 milliards d'euros destinée à soutenir la production d'énergie éolienne en mer

Décision SA.100269 Parc éolien flottant en mer dans une zone au large du sud de la Bretagne

NB : 2 milliards d’euros pour des projets supposés rentables, c’est pas rien ! Les pêcheurs dont l’activité sera empêchée oar ce parc n’en toucheront pas autant !

1) Note sur l’évitement des gaz à effets de serres

A plusieurs  reprises il est affirmé que le parc permettrait « d’économiser 0,43 Mt eq CO2 par année de production ». Ce chiffre est donné sans aucune justification autre que « selon les autorités françaises ». D’après le considérant 11 (le parc  se substituera au fonctionnement de centrales thermiques), on peut en déduire que le parc est considéré comme se substituant à des importations et qu’en fait l’éolien en mer français sert à décarboner le mix d’autres pays voisins... regardez vers l’Est !

(11) La mesure contribuera principalement à la réalisation de l’objectif à long terme de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 (par rapport au niveau de 1990) et d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 20505 en divisant les émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six entre 1990 et 2050. Selon les autorités françaises, le développement de l’éolien en mer est nécessaire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre conformément aux engagements internationaux pour la lutte contre le changement climatique. Les autorités françaises ont estimé que la production du parc éolien flottant devrait permettre d’économiser 0,43 Mt eq CO2 par année de production. La mesure contribuera également à réduire les émissions de polluants atmosphériques (NOx, SO2, etc.) car le parc éolien se substituera au fonctionnement de centrales thermiques, notamment à charbon ou fioul, qui émettent de tels polluants

NB : probablement impossible à contester juridiquement, mais politiquement explosif !

2) Note sur les prix négatifs.

On en peut qu’être frappé par la complexité assez grande des articles sur les prix négatifs (quand l’éolien off shore produit en situation de surcapacité) qui montre que la Commission est tout particulièrement est gênée aux entournures de son ADN ultra libéral.  Il semble y avoir là un sujet de distorsion de concurrence (vente en dessous des coûts marginaux).

Or ces périodes de production à prix négatif sont amenées à devenir plus fréquentes avec le développement considérable des énergies fatales prévu par la politique énergétique. En gros, le producteur n’est pas rémunéré en période de prix négatif, mais les autorités françaises proposent un seuil de 40 h, au-delà duquel le producteur touchera un complément de rémunération même s’il produit à prix négatif. La référence historique donnée (historiquement, les autorités françaises ont précisé qu’il y a eu 214 heures en totale de prix négatifs entre 2010 et juillet 2021 sur le marché spot français) n’a aucune valeur pour le futur, lorsque le pourcentage d’énergies fatales dans le mix sera beaucoup plus élevé.

En Allemagne en 2022, il y a eu 69 heures de prix négatifs (valeur historiquement basse) et un record en 2020 de 300 pas horaires. En tout état de cause le fonctionnement anticoncurrentiel en situation de prix négatifs avec complément de rémunération est appelé à augmenter avec l’augmentation dans le mix des Energies Variables Intermittentes.

NB : Une action juridique serait peut-être possible sur la base des lois européennes régissant la concurrence et la protection des consommateurs ?

https://allemagne-energies.com/2023/01/07/allemagne-les-chiffres-cles-de-lenergie-en-2022/#:~:text=En%202022%2C%20il%20n%C2%B4,%2FMWh%20(FFE%202023).

https://allemagne-energies.com/bilans-energetiques/#prixelec


Épisodes de prix négatifs

Les prix négatifs sont des épisodes rares mais qui peuvent notamment survenir lors des creux de consommation (nuit, jour férié, week-end etc.), en raison de capacités de production difficilement modulables ou intermittentes (éolien, solaire). En effet, il peut être plus coûteux pour un producteur d´arrêter puis de redémarrer une production peu flexible que d’accepter des prix négatifs pendant un certain temps. On observe principalement des prix négatifs lorsque les productions renouvelables intermittentes couvrent une part importante de la consommation, ce qui est plus souvent observé en Allemagne. 

La figure 11 compare le nombre de pas horaires avec des prix négatifs entre l´Allemagne et la France dans la période de 2011 à 2021.

nombre de pas horaires avec des prix négatifs en France et en Allemagne

Depuis 2011 le nombre de pas horaires avec des prix négatifs tend à la hausse, avec un record en 2020 avec près de 300 pas horaires en Allemagne (Allemagne Energies 2023) et 102 pas horaires en France (RTE 1). La situation atypique en 2020 du fait de la crise sanitaire a entraîné cette hausse.

 

A partir de 2021 le nombre de pas horaires a diminué de plus de la moitié en Allemagne. Une tendance similaire est constatée en France – avec un nombre de pas horaires nettement plus bas (RTE 1).

En 2022, la baisse se poursuit en Allemagne. Le nombre de pas horaires avec des prix négatifs a reculé à nouveau de moitié par rapport à 2021 (Allemagne Energies 2023).

Il convient toutefois de noter que la valeur du marché des prix négatifs est dérisoire par rapport au montant global négocié à la bourse

(277) Le point 123 des Lignes directrices, expose que : « Les aides doivent être conçues de manière à éviter toute distorsion non désirée du fonctionnement efficient des marchés, et en particulier préserver l’efficacité des incitations et des signaux de prix. Par exemple, les bénéficiaires devraient rester exposés aux variations de prix et au risque de marché, à moins que cela ne compromette la réalisation de l’objectif de l’aide. En particulier, les bénéficiaires ne devraient pas être incités à vendre leur production en dessous de leurs coûts marginaux et ne doivent pas bénéficier d’aides à la production au cours de périodes où la valeur marchande de cette production est négative. »

(281) La Commission note que les autorités françaises ont mis en œuvre un mécanisme destiné à éviter que le producteur ne soit incité à produire de l'électricité à des prix négatifs. En effet, le calcul du prix du marché de référence utilisé pour le calcul de la prime ne tient pas compte des heures durant lesquelles les prix étaient négatifs, ce qui donne une incitation à ne pas produire à des heures de prix négatifs étant donné que dans ces cas-là, la prime obtenue sera inférieure à la différence entre le tarif de référence (lequel reflète les coûts de production du secteur) et le prix de marché. En outre, il est explicitement prévu que le complément de rémunération ne sera versé que pour les volumes d’électricité affectée par le gestionnaire de réseau pendant des heures à prix spot positifs ou nuls sur la plateforme de marché organisé français de l’électricité (voir considérant (61)).

(282) La Commission note qu’une rémunération est néanmoins prévue si les épisodes de prix négatifs représentent plus de 40 h durant une année civile (seuil jamais atteint à ce jour - crise sanitaire Covid-19 mise à part) (voir considérant (62)). Ce mécanisme permet de compenser une partie de la perte de rémunération liée à une très faible production. La Commission constate que ce mécanisme réduit l'incertitude liée au nombre d'heures de prix négatifs dans les prochaines années et vise à ne pas faire peser un risque trop important sur le projet (ce qui aurait pour effet d’augmenter les tarifs de référence proposés par les candidats d’une prime de risque). Étant donné que ce mécanisme de compensation est connu à l'avance, les candidats en tiendront tous compte pour établir le prix proposé dans leur offre.

 (283) La Commission note que le seuil de 40 heures a été fixé comme le double du seuil appliqué à l'éolien terrestre (20 heures), de sorte à introduire une franchise équivalente pour les deux technologies, étant donné qu'en moyenne, l'éolien en mer a un productible double de celui du terrestre.

(284) Au-delà du seuil de 40 heures sur une année civile, consécutives ou non, la Commission note que l'installation de production percevra une prime dont les paramètres sont présentés aux considérants (62) et (63). Cette prime n’est versée que si le producteur n’a pas produit durant les épisodes de prix négatifs. La Commission conclut qu’elle renforce donc l’incitation à ne pas produire durant ces épisodes.

(285) La Commission conclut que ces dispositions sont conformes au point 123 des Lignes directrices étant donné que le lauréat n'aura pas d'incitation à produire en heures de prix négatifs.

3) Note sur les entreprises en difficulté. Aucune entreprise en difficulté ne doit recevoir une aide au titre de la mesure justifiée.

 (294) Comme expliqué au considérant (40), la Commission note que la France s’engage, sur la base de la déclaration effectuée par les candidats et incluse dans le formulaire de candidature, à ce qu’aucune entreprise en difficulté au moment du dépôt de l’offre, au sens des lignes directrices concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration d’entreprises en difficulté, ne reçoive une aide au titre de la mesure notifiée

NB : Compte-tenu de l’état général du secteur, ça parait difficile. Il y a peut-être là quelque chose à exploiter juridiquement

4) Note sur l’encouragement à l’emploi de fonds destinés à influencer les acteurs locaux (éducation, recherche, culture, patrimoine, tourisme, protection de la nature, partenaires sociaux) en Morbihan, Finistère, Loire Atlantique .

Le producteur s'engage à allouer un montant d'au moins EUR 5 millions aux mesures de développement territorial

Probablement pas utilisable juridiquement, mais politiquement très très contestable : une tratégie d’influence proche de la corruption !

(141) Le producteur s'engage à allouer un montant d'au moins EUR 5 millions aux mesures de développement territorial, telles qu'indiquées ci-après, étant précisé que les sommes prises en compte sont les dépenses directes relatives aux mesures qui permettront de financer des actions territoriales en vue d’accroitre l’acceptabilité publique du projet auprès de la population locale.

(142) Les dépenses concernées devront avoir été effectuées au plus tard à la date intervenant 15 années après la désignation du lauréat, dont au moins 30 % avant la date effective de mise en service.

(143) Le périmètre géographique des actions concernées est composé des départements du Morbihan, du Finistère et de la Loire-Atlantique. Les actions territoriales devront être en lien avec les enjeux socio-économiques du projet. Elles ne devront pas générer de bénéfice économique au producteur, à ses actionnaires ou aux sociétés affiliées à ces derniers. Les autorités françaises ont expliqué que les bénéficiaires attendus de ces actions ne sont en principe pas des « entreprises ».

(144) Les autorités françaises précisent que les dépenses au titre du développement territorial (mentionnées au considérant (141)) financeront des actions ne relevant pas des règles en matière d’aide d’État, au sens de la communication 2016/C 262/01 de la Commission européenne, relative à la notion « d'aide d'État »35 (en particulier en ses paragraphes 31 et34). Ces actions seront menées dans les secteurs d'activité suivants :

1)  Éducation et recherche – les activités d'universités et d'organismes de recherche suivantes :

a. les activités de formation en vue de ressources humaines accrues et plus qualifiées ;

b. les activités de recherche et développement indépendantes en vue de connaissances plus étendues et d'une meilleure compréhension, y compris la recherche et développement en collaboration ; et

c. la diffusion des résultats de recherche.

NB : on imagine assez bien que les recherches ainsi financées et leurs résultats ne seront pas tr-=ès défavorables à l’éolien

2) Culture, patrimoine, tourisme, protection de la nature – les activités suivantes :

a. l'organisation de certaines activités ayant trait à la culture, au patrimoine et à la protection de la nature, à la condition que les activités culturelles ou de conservation du patrimoine (y compris de protection de la nature) ne soient pas essentiellement financées par les contributions des visiteurs ou des utilisateurs ou par d'autres moyens commerciaux (par exemple des expositions commerciales, des cinémas, des concerts et des festivals commerciaux ou des écoles d'arts essentiellement financées par les frais de scolarité) ;

b. certaines activités culturelles ou de conservation du patrimoine qui sont objectivement non substituables (la gestion d'archives publiques détenant des documents uniques, par exemple) ;

c. les installations sportives et de loisirs destinées principalement à un public local et peu susceptibles d'attirer des clients ou des investissements d'autres États membres de l’Union Européenne ;

d. les médias d’information et/ou produits culturels qui, pour des raisons linguistiques et géographiques, ont un public potentiel limité à la population locale ;

e. les centres de conférence, pour lesquels la situation géographique et l'effet potentiel du montant alloué par le producteur sur les prix sont réellement peu susceptibles de détourner des utilisateurs d'autres centres situés dans d'autres États membres de l’Union Européenne ;

f. les plateformes d’information et de réseau visant à résoudre directement les problèmes de chômage et les conflits sociaux au sein des régions Bretagne et Pays de la Loire.

NB : Donc, open bar pour une belle stratégie d’influence et de propagande. Vous vous étonnez pourquoi les milieux de la course au large et du nautisme ne se font pas plus entendre, eux qui devraient être les premiers à protester  de leur attachement à une mer libre ? Regardez les financements des écoles de voile et des courses au large. Ainsi, Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier a apporté 500.000  Eurs au Vendée Globe Challenge en 2016 et participé pour un montant non divulgué en 2020…

https://www.tipandshaft.com/vendee-globe/financement-2020/

jeudi 8 juin 2023

Eoliennes en mer : une rentabilité très très compromise …

 Etude The toxic wings : Damage and casualty of wind turbine blades, “THE TURBINE GROUP”  mai 2023

https://docs.wind-watch.org/Toxic-wings-Damage-and-casualty-of-wind-turbine-blades_English_090523.pdf

 

https://ventdebout59.fr/wp-content/uploads/2023/05/The-toxic-wings-Damage-and-casualty-of-wind-turbine-blades-_First-English-edition_070523.pdf

 

Une meta revue très utile sur un sujet sur lequel il existe très peu de données

Extraits généraux

Nous avions espéré pouvoir contribuer avec des connaissances et des chiffres solides, mais nous avons dû constater qu’il n’existe pas de connaissances fiables et valides utilisables pour la prévision de l’impact des programmes éoliens sur l’environnement et la santé

L’ensemble du monde occidental a adopté des objectifs de développement gigantesques avec une technologie éolienne non éprouvée, et cela sans disposer d’aucune base scientifique pour estimer l’ampleur globale des conséquences dans les domaines de la santé, de la sécurité et de l’environnement. C’est presque incroyable, et nous ne connaissons aucune autre industrie qui ait jamais été autorisée à de telles conditions de « Far West »..

L’industrie éolienne « garantit la confidentialité » des incidents signalés. Aucune autre industrie de l’énergie ne travaille avec un tel secret en ce qui concerne ses incidents. L’industrie éolienne bénéficie d’un traitement privilégié sans raisons et plus tôt Renewable UK mettra sa base de données à la disposition des experts et du public, mieux ce sera..

Selon notre opinion, la recherche sur les éoliennes ne peut pas suivre le rythme du développement des éoliennes. Cela signifie que nos décideurs et de notre administration ne dispose pas d’une base de connaissances pertinente en termes d’évaluations et de décisions concernant l’avenir de l’industrie éolienne et les conséquences qu’elle pourrait avoir.

Erik Solheim, Ancien Ministre du Climat et de l'Environnement de la Norvège, universitaire, 50 ans d’expérience dans le développement énergétique norvégien :  « Les réalités physiques de base sont complètement ignorées  dans cette course folle à  l’investissement dans l’énergie éolienne dans notre pays et dans plusieurs autres. Les conséquences écologiques ne sont jamais prises en compte. Après 50 ans d’expérience dans le développement énergétique, je n’ai jamais vu pire ! Un vrai western

 Extraits concernant plus spécifiquement l’éolien en mer

Les éoliennes offshore flottantes, qui représentent la prochaine étape sur le marché de l’énergie éolienne, sont de nouveaux concepts avec un nombre d’installations limitées. Les données sur les défaillances, les risques, la fiabilité, la disponibilité et la maintenance de ces équipements sont limitées ou indisponibles.

Li et. Al (2022) s’est risqué  à prédire un taux de défaillance des éoliennes offshore flottantes de 28,6% plus élevé que celui des éoliennes terrestres, soit 8,37 défaillances par an avec un temps moyen de fonctionnement sans défaillance de 1046 heures.,. Mais il s’agit d’une évaluation incertaine et faiblement documentée. Le taux de défaillance moyen d’une éolienne offshore se stabilise à environ 10 défaillances par éolienne par an au cours de la troisième année d’exploitation d’un parc éolien. Avec ~80% de réparations mineures, ~17,5% de réparations majeures et ~2,5% de remplacements majeurs (Carroll et collègues (2016)

La recherche montre que les dépenses d’entretien, d’exploitation et de réparations planifiées augmentent à la fois sur les turbines terrestres et surtout sur les turbines marines. Si les coûts d’investissement réels par MW au Royaume-Uni augmentent depuis 15 ans, il n’y a aucune raison de croire que la tendance changera brusquement.

Il est plausible de supposer que les coûts d’investissement et d’exploitation augmenteront d’au moins 20% et probablement de plus de 50% au-dessus des coûts déjà élevés que nous observons dans les comptes audités ». Les éoliennes offshore posées, supérieures à 2 MW, présentent statistiquement 40 % de défauts avant deux ans d’exploitation, et 80 % après 10 ans.

Données danoises : dégradation rapide et durée de vie sous-estimées des éoliennes en mer

Gordon Hughes (Edindburg Univ.) est peut-être la personne qui a le plus étudié les coûts et les temps d’arrêt des éoliennes au monde. Dans une étude portant sur 6 400 éoliennes danoises, il a constaté que 80% des grandes éoliennes offshore seront hors service d’ici 7 ans.

Hughes constate que les arrêts opérationnels inattendus augmentent les coûts d’exploitation (OPEX = coûts d’exploitation). Il constate que les éoliennes subissent une perte d’effet annuelle. Pour les éoliennes danoises,  la capacité de production annuelle diminue d’environ 3 % par an pour les turbines terrestres et de 4,5 % par an pour les turbines marines.

Ceci entraine une perte de 10 points de pourcentage de capacité de production pour les turbines terrestres et 20 points pour les turbines offshore sur une période de 12 ans.  « Si le prix du marché de l’électricité ne devient pas plus élevé financièrement qu’aujourd’hui, il ne sera pas rentable de maintenir les turbines après 12 à 15 ans. Ces résultats invalident radicalement les calculs d’investissement effectués sur des durée de vie de 25 à 30 ans.

NB données sur les éoliennes existantes, donc encore relativement de petites tailles par rapport aux éoliennes qui devraient entrer en service. Cependant si les chiffrs du Pr. Hughes sont transférables aux  gigantesques éoliennes de 10 à 15 MW qui sont destinées à être déployées en mer du Nord et en mer de Norvège dans quelques années, cela signifie un désastre financier imminent pour tous les investisseurs et ceux qui doivent couvrir les pertes. En réalité, comme d’habitude, la facture sera envoyée aux consommateurs.


Données Suédoises : des chiffres dissimulés mais qui affectent les résultats des exploitants éoliens (Jan Blogren, Uppsala Univ.) 

Les risques de défaillance d’exploitation et d’entretien continuent d’être un sujet de forte préocupation pour les fabricants d’éoliennes. Réparations et remplacements sont devenus des passifs majeurs, ce qui a une incidence sur les revenus..

S’exprimant lors de ses résultats trimestriels, Henrik Andersen, PDG de Vestas, a clairement indiqué que les provisions de garantie étaient trop élevées pour être durables. Vestas n’avait affecté que 2 à 3% aux réparations et à l’entretien, mais l’année dernière, ce chiffre a dépassé les 4%. Les compagnies d’assurance cherchent à obtenir des primes plus élevées, les éoliennes vache à lait c’est une période terminée »

Il y a un grand écart entre les chiffres de l’industrie éolienne et les chiffres réels. L’astuce consiste à construire la salle d’opération et de contrôle à l’extérieur de la zone industrielle. Ensuite, la centrale évite l’obligation de déclarer les incidents d’exploitation  : lorsque personne n’est présent sur le site, il n’y a pas obligation de signaler les accidents aux autorités responsables de la sécurité au travail ; aucune enquête n’est effectuée, l’exploitant éolien est en charge de son propre contrôle

« La cause la plus importante des dommages d’usure est le développement de contraintes importantes dues à des fluctations intenses du vent,  en particulier dans le cas d’installations de parcs éoliens dans des zones de vent fort et turbulent. Afin d’éviter des contraintes inutiles et néfastes, en particlier sur les pales, il est important d’avoir une distance suffisante entre les éoliennes. « L’effet de sillage  constitue également une autre source de d’usure due aux charges mécaniques instables imposées par l’écoulement turbulent du vent et l’effet de cisaillement. Pour en diminuer les effets,  les éoliennes devraient être placées correctement, avec des distances adéquates entre elles, en tenant compte également de la direction du vent dominant, de manière à assurer une efficacité maximale et un impact minimal sur la couche limite atmosphérique normale. Une distance trop faible augmente le risque  de bris d’une, voire de plusieurs pales et de défaillance complète de toute l’éolienne.

Les avertissements des assureurs : les grandes éoliennes off shore seront-elles assurables  ?

GCube Assurance, l’un des principaux assureurs des exploitations éoliennnes a émis en 2023 une série d’avertissements;

L’augmentation de taille des éoliennes offshore crée des « risques de marché insoutenables » alors que les assureurs sont déjà aux prises avec une multiplication par sept des mise hors d’état des éoliennes offshore depuis 2012

Le nouveau rapport de GCube intitulé Vertical Limit: When is bigger not better in offshore wind’s race to scale?”,résulte de la compilation  de dix années de données sur les sinistres des exploitations éoliennes  et s’appuie sur des preuves provenant d’experts du secteur éolien offshore pour montrer comment le paysage des risques de l’éolien offshore a considérablement changé, alors que les fabricants s’efforcent de développer des machines plus grandes, plus rapidement.

Au cours des cinq dernières années, la course aux turbines à grande échelle a vu le passage de turbines de 8 MW à 18 MW en une fraction du temps nécessaire pour passer de 3 MW à 8 MW. Bien qu’il s’agisse d’une réalisation technologique fantastique, une telle commercialisation rapide de technologies « prototypiques » entraîne maintenant un nombre inquiétant de pertes et, par conséquent, exerce une pression financière sur les fabricants, la chaîne d’approvisionnement et le marché de l’assurance, selon GCube.

Parmi les conclusions marquantes du rapport, les rédacteurs soulignent le  fait que 55 % de toutes les réclamations proviennent de défaillances de composants concernant des machines de plus de 8 MW, lesquelles  représentent maintenant une plus grande part des valeurs assurées totales (VTI).

Ceci, combiné à une augmentation des pertes éoliennes offshore moyennes passant de 1 million de livres sterling en 2012 à plus de 7 millions de livres sterling en 2021, crée un risque financier insoutenable, au moment même où l’éolien est de plus en plus sollicité pour la transition énergétique.

Une autre conclusion majeure est que les machines de plus de 8 MW engendrent davantage  de réclamations en assurance pendant leur construction, et  souffrent de défaillances de composants au cours des deux premières années d’exploitation, selon GCube contre 5 ans pour les turbines de 4 à 8 MW. Ceci provient  très probablement  de la difficulté de manier des composants de plus en plus imposants, qui  deviennent aussi plus compliquées à stocker du fait de leurs dimensions, ce qui réduit la disponibilité de pièces de rechange.

Le rapport souligne le besoin urgent de surveiller et augmenter la qualité et la fiabilité de la fabrication - une recommandation clé. Le risque de défaillance technique s’ajoute à la complexité de la chaîne d’approvisionnement globale et au marché tendu des services maritime qui constutyuent des goulots d’étranglements  importants  dans la construction de projets offshore,” Ainsi, seulement trois navires dans le monde sont capables d’installer les dernières turbines de 15 MW et ils sont réservées des années à l’avance pour des tarifs pouvant atteindre les 2 M$ par jour »,

La situation est de nature à créer des problèmes pour le marché de l’assurance, qui fonctionne jusqu’à présent avec des primes peu élevées et des clauses très génériques.

Le coup de semonce intervient à un moment où le marché de l’assurance pour les énergies renouvelables continue de se durcir après une série de pertes coûteuses dues aux assurances contre les catastrophes naturelles  et à des problèmes de chaîne d’approvisionnement. Le rapport souligne également d’autres sources importantes de pertes, telles que les défaillances de câbles. 

 Fraser McLachlan, CEO, GCube Insurance : “La pression pour développer rapidement des machines de plus en plus  puissantes exerce une pression sur les fabricants, la chaîne d’approvisionnement et le marché de l’assurance.

«L’augmentation de taille est un élément essentiel pour faire avancer la transition énergétique, mais elle crée maintenant des risques financiers croissants qui constituent une menace fondamentale pour le secteur. Nous conseillons aux fabricants de se concentrer sur l’amélioration de la qualité et de la fiabilité d’un nombre réduit de produits pour se remettre sur la voie d’un développement durable. »

McLachlan a également appelé les développeurs de parc éolien off shore à soutenir les fabricants « en partageant plus équitablement le risque des machines plus grandes et en soutenant les entreprises de la chaîne d’approvisionnement ».

«“Les développeurs devraient investir dans les chaînes d’approvisionnement au profit de l’ensemble du secteur »,

Conclusion: Un nombre sans précédent de pannes mécaniques, de défaillances de composants et de défauts de série nuisent aux bénéfices des fabricants, et exercent une pression sur la chaîne d’approvisionnement pour suivre le rythme et entraînant des retards croissants dans les projets.

Les assureurs reconsidèrent maintenant les risques liés à la souscription d’éoliennes offshore plus grandes et plus récentes.

Nous devons prendre conscience de la réalité de ces défis. En raison des taux d’échec croissants, associés aux défis persistants de la chaîne d’approvisionnement, la participation au marché de l’éolien offshore est devenue une activité risquée, non seulement pour les assureurs, mais aussi pour les fabricants, les développeurs et les fournisseurs, certains étant désormais confrontés à un risque important pour leur survie. Avec autant d’enjeux, nous devons nous demander :  les éoliennes offshore sont-elles devenues trop grandes et trop puissantes ?

La ligne bleu représente le nombre des réclamations, la verte le nombre de paiements que les assureurs ont dû émettre. – Source GCube