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mercredi 18 mai 2022

Repower EU : la réponse de la Commission au défi russe.

 REPower EU : La réponse de la Commission au défi russe… est une réponse allemande aux problèmes allemands qui aggraverait et généraliserait à toute l’Europe la catastrophe de l’Energiewende. Une  course aveugle derrière l’EnergieWende allemande : gaz ( et encore charbon) au mépris des engagement climatiques, marche forcée aux Energies Variables Intermittentes malgré les échecs et les réticences de plus en plus fortes des opinions), absence du nucléaire (le mot ne figure pas dans le document  REpower EU, aucune allusion à la solution évidente de la prolongation des centrales), biométhane à gogo (mais quid des cultures alimentaires )…et le miracle hydrogène !

 Beaucoup de généralités et de  vœux pieux

 « REPowerEU vise à réduire rapidement notre dépendance aux combustibles fossiles russes en accélérant la transition propre et en unissant nos forces pour parvenir à un système électrique plus résilient et à une véritable union de l’énergie... Nous pouvons réduire considérablement notre dépendance aux combustibles fossiles russes dès cette année, tout en veillant à ce que toutes nos politiques et tous nos investissements soient adaptés à l’avenir et accélèrent la transition énergétique. Le paquet Fit for 55 apportera une partie de la réponse, mais l’Europe doit faire plus.

Alors que certains États membres ont déjà annoncé leur intention de mettre fin aux importations de fossiles en provenance de Russie, aucun État membre ne peut relever ce défi isolément. Grâce à l’évaluation et à la planification conjointes des besoins, aux achats conjoints et à une coordination renforcée, nous pouvons faire en sorte que l’ambition de mettre fin à la dépendance de la Russie à l’égard des combustibles fossiles soit à la fois réalisable et abordable pour tous les États membres. C’est pourquoi la Commission présente un plan SAVE de l’UE, avec une approche à deux volets: réaliser des économies d’énergie à court terme grâce à un changement de comportement et accélérer et renforcer le changement structurel grâce à des mesures d’efficacité énergétique à moyen et à long terme. D’après les commentaires des intervenants, on estime que ces types de mesures à court terme pourraient permettre de réduire de 5 % la demande de gaz et de pétrole.

Le moment est venu de réduire la dépendance énergétique stratégique de l’Europe. REPowerEU accélère la diversification et davantage de gaz renouvelables, utilise les économies d’énergie et l’électrification avec le potentiel de fournir d’ici 2027 au moins l’équivalent des combustibles fossiles que l’Europe importe actuellement de Russie chaque année. Elle le fait avec une planification coordonnée, dans l’intérêt commun et avec une forte solidarité européenne. L’urgence de parvenir à réduire la dépendance énergétique de l’Europe est double. Alors que la crise climatique a été gravement aggravée par une crise de sécurité dans le voisinage immédiat de l’UE, l’UE ne peut pas permettre que sa demande d’énergie soit utilisée comme une arme économique ou politique. »

 Commentaire : Bien, bien…mais ce n’est pas en poursuivant la politique énergétique allemande qu’on y arrivera ! (voir ci après)

 Une plateforme commune pour le gaz.

 « À la suite du mandat du Conseil européen, la Commission et les États membres ont mis en place une plateforme énergétique volontaire de l’UE pour l’achat groupé de gaz, de GNL et d’hydrogène. La plateforme est également ouverte à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Géorgie et aux Balkans occidentaux. »

 Commentaire : Plutôt une bonne idée, à voir comment cela va fonctionner en cas de crise sévère?

 Des objectifs affichés …qui seront tenus ?

 « À moyen et à long terme, la mise en œuvre intégrale des propositions Fit for 55 présentées en juillet dernier réduirait notre consommation de gaz de 30 % d’ici 2030, plus d’un tiers de ces économies provenant de la réalisation de l’objectif de l’UE en matière d’efficacité énergétique proposé dans la proposition de refonte de la directive sur l’efficacité énergétique…

 La modélisation du scénario REPowerEU montre qu’une réduction de 13 % de la consommation d’énergie d’ici à 2030, contre 9 % dans la précédente proposition de directive sur l’efficacité énergétique, serait rentable et contribuerait de manière substantielle à la réalisation de l’objectif REPowerEU au niveau de l’Union. La Commission invite donc les colégislateurs à modifier la proposition de refonte de 2021 afin de porter l’objectif contraignant de la directive sur l’efficacité énergétique à au moins 13 %. »

 Commentaire : Bon, pourquoi pas ? Mais on est tellement habitué à l’affichage d’objectifs que ne sont jamais tenus ?

 Repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Remplacer la dépendance de l’UE à l’égard des combustibles fossiles russes nécessitera une augmentation massive de l’électricité, des gaz et des combustibles renouvelables dans la production d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les transports… Le temps presse. Afin de garantir que les objectifs en matière d’énergies renouvelables à l’échelle de l’UE soient accélérés conformément au plan REPowerEU et sur la base de sa modélisation des incidences et de la faisabilité, la Commission propose de porter l’objectif fixé dans la directive sur les énergies renouvelables de 40 % actuellement à 45 % d’ici 2030 et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables. »

 Commentaire : Alors là on rentre dans le cœur du problème : repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Le développement des énergies renouvelables est très rapide en Allemagne. En 2021, la puissance installée des parcs éoliens (63 GW) et solaires (56 GW) est, pour chacun, équivalente à celle du parc nucléaire français (61 GW) et a plus que doublé en une dizaine d’années. Mais la puissance d’une installation de production d’énergie est un indicateur incomplet, voire trompeur

Le solaire et l’éolien sont des sources d’énergie dont la production est variable et ce de manière non pilotable. Elles ne peuvent donc pas, seules, faire face à la demande. C’est pourquoi l’Allemagne a, malgré l’énorme augmentation des énergies renouvelables, conservé un parc de production pilotable qui lui permet d’assurer la production pendant les périodes de vent faible ou d’ensoleillement limité. La sollicitation de ces différents moyens de production est très variable en fonction de la demande en énergie, mais aussi de la météorologie. La production du solaire photovoltaïque est bien sûr nulle pendant la nuit, mais peut monter au-delà de 40 GW au milieu d’une belle journée d’été. De même, la production éolienne peut descendre à moins de 1 GW, mais aussi dépasser les 45 GW. Ces variations considérables sont compensées en petite partie par l’hydraulique, mais surtout par les productions fossiles (charbon et gaz).

 Ainsi, entre les années 2000 et 2020, la puissance installée des centrales à combustibles fossiles (charbon ou gaz) a augmenté , passant de 71 GW à 74 GW, pendant que le nucléaire diminuait, passant de 22 GW à 8 GW. Le développement des renouvelables n’a pas permis de sortir des énergies fossiles.

En 2020, il y a eu une forte diminution de la consommation électrique en Allemagne, comme dans l’immense majorité des pays, du fait de l’épidémie de Covid-19. Cette diminution s’est répercutée pour l’essentiel sur la production d’électricité d’origine fossile puisque les énergies renouvelables sont prioritaires, avec donc une baisse des émissions de CO2 . Cet événement fortuit a permis à l’Allemagne de respecter l’objectif qu’elle s’était donné d’une diminution de 40 % des émissions sur la période 1990-2020. Avec la fin des contraintes liées à la gestion de l’épidémie, mais aussi du fait de la flambée des prix du gaz qui ont favorisé l’usage du charbon, les émissions ont fortement réaugmenté en 2021 (par rapport à leur niveau de 2020) et l’objectif sur les émissions de CO2 ne sera plus tenu. »

F-M Bréon, https://www.afis.org/La-transition-du-secteur-electrique-en-Allemagne

Commentaire :  Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne n’a en valeur absolue pas  baissé d’un pouce ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 6 à 8 fois supérieures à celles de la France !

 Le plan Repower EU ,c’est d’abord du gaz ( et encore du charbon)

 Le plan REPowerEU  comprend une substitution du gaz russe par du GNL.

 1) Climatiquement, c’est tout simplement catastrophique. Les émissions carbone du GNL américain sont près 1.4 fois plus élevés que celles du gaz russe délivré par gazoduc !

2) Du point de vue géostatégique, c’est remplacer une dépendance russe par une dépendance américaine. Dans l’immédiat, c’est peu discutable ? Mais qui sait ce que réserve le futur ? On aura pas la cruauté de rappeler les déclarations des dirigeants allemands qualifiant Poutine de démocrate sans faille (Schröder) , le soutien à l’élection ukrainienne douteuse de Viktor Ianoukovitch, et leurs illusions sur l’évolution de la Russie.

3) L’un des principaux obstacles au développement renforcé des ENR , c’est aussi l’un des grands échecs de l’Energiewende, le réseau ;

En 2020, l’estimation du coût de l’adaptation du réseau aux ENR  était estimée à 110 milliards d’euros pour 2050, soit un quintuplement de l’estimation initiale ; et cette valeur est elle-même déjà caduque. Et le principal problème est que ce réseau ne se fait pas : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km.

 Les éoliennes de la mer du nord ne sont toujours pas reliées aux centres industrielles du sud, et les surplus éoliens, lorsqu’ils existent se déversent chez les Tchèques et les Polonais, qui n’en ont nul besoin et doivent s’en protéger

Le fait est que cette extension du réseau se heurte à un immense problème d’acceptabilité ; et l’on ne voit pas comment cela serait compatible avec une accélération des ENR

4) Stabilité du réseau : graves conséquences

A supposer même que les ENR puissent se substituer davantage aux pilotables à rythme accéléré (« remplacer le gaz russe) ; c’est la quasi-certitude de risques énormes d’effondrement du réseau. Ceci a été pointé en termes assez peu diplomatiques par la Cour des Comptes Fédérale Allemande (« Les hypothèses du ministère des Affaires économiques concernant la sécurité d'approvisionnement en électricité sont "en partie trop optimistes et en partie invraisemblables »)et en France par un rapport de France Stratégie qui a eu un certain écho (Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?:

«La fermeture programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030… dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »

Et pour terminer, un ordre de grandeur : le redémarrage d'un seul réacteur nucléaire existant aurait le même effet que la fourniture d'un million de tonnes de #GNL (gaz naturel liquéfié) supplémentaire par an sur le marché mondial.

5) Enjeux matières premières : très critique !

Que ce soit l’Ademe (Les réseaux électriques choix technologiques, enjeux matières et opportunités industrielles, 2020), l’AIE (Clean energy progress after the Covid-19 crisis will need reliable supplies of critical minerals, RTE (« Futurs énergétiques 2050 », 12.3 Les ressources : des tensions possibles sur l’approvisionnement en ressources minérales,l’IFP (Les métaux dans la transition énergétique) et plus récemment l’université de Leuwen (Europe’s Green Deal requires massive amounts of battery metals, 2022), tous pointent sur des problémes massifs et critiques d’approvisionnement en métaux et minéraux (cuivre, aluminium , lithium, platinoides, silicium, cobalt, nickel, terres rares). L’accélération massive de la transition vers les ENR ne fera disparaitre le problème bien au contraire !




https://www.iea.org/articles/clean-energy-progress-after-the-covid-19-crisis-will-need-reliable-supplies-of-critical-minerals

6) Un coût qui doit être économiquement soutenable et socialement acceptable

La solution allemande et vers laquelle la Commission Européenne veut orienter l’Europe consiste à doubler un parc pilotable par un parc ENR est l’une des plus couteuses qui soit, et de fait l’Allemagne a structurellement le coût le plus élevé d’Europe pour l’électricité.


7) Une certaine hypocrisie et toujours un antinucléarisme dogmatique et intransigeant.

Quelques nouvelles glanées dans l’actualité :

6a) A aucun moment, le mot nucléaire ne figure dans le document REPowerEU. Ni pour le court terme ( prolongation des centrales existantes), ni pour le moyen terme, ni pour le long terme.

6b) Visite d’Urusla Van Der Leyen en Inde : “Energy security is one of the most pressing topics for India and Europe. The EU will diversify away from Russian fossil fuels and will invest heavily in clean renewable energy. So 🇪🇺 🇮🇳 cooperation on solar and green hydrogen is key”

Pas un mot sur les projets d’EPR en Inde où pourtant la France a remis une "offre engageante » en vue de la construction de six (réacteurs) EPR sur le site de Jaitapur qui deviendrait alors la plus puissante centrale nucléaire au monde. Clairement, il ne faut attendre aucun soutien de cette Commision sous influence allemande pour ce type de projet.

6c) Ce que ne dit pas Repower EU, c’est que c’est aussi un plan procharbon !

Ainsi, on apprend : « Le Botswana a été inondé de requêtes pour fournir du charbon à l’Europe et estime que la demande des pays occidentaux pourrait dépasser un million de tonnes par an, a déclaré mardi le président Mokgweetsi Masisi, alors que la guerre en Ukraine oblige l’Europe à se tourner davantage vers l’Afrique pour les ressources énergétiques. »

Et quasi simultanément, on apprend :

« Le ministre ougandais en charge de l’énergie a annoncé le 11 mai l'acquisition d'un terrain en vue de la construction de la première centrale nucléaire d’Afrique de l’Est (2000 MW).

Quelle ironie !https://www.reuters.com/business/energy/europe-seeks-million-tonnes-per-year-botswana-coal-says-president-2022-05-10/?s=09 ; https://www.connaissancedesenergies.org/louganda-prevoit-de-construire-la-premiere-centrale-nucleaire-dafrique-de-lest-220513

Le Miracle hydrogène : ne peut pas pallier les défauts des énergies variables intermittentes !

Le miracle hydrogène a été suscité parce qu’au fond, les dirigeants allemands savent bien que les énergies variables et intermittentes (éolien et solaire) ne leur permettront jamais de se passer à la fois du charbon et du nucléaire. C’est toujours la course aveugle derrière l’EnergieWende, avec un problème non résolu : l’hydrogène est un vecteur énergétique, pas une source. Donc, il faut le produire !

« L’hydrogène jouera un rôle clé pour remplacer le gaz naturel, le charbon et le pétrole dans les applications difficiles à décarboniser dans l’industrie et les transports. REPowerEU propose un « accélérateur d’hydrogène » fixant un objectif de 10 millions de tonnes de production nationale d’hydrogène renouvelable et de 10 millions de tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030. Afin d’atteindre cet objectif, il est proposé d’accélérer les efforts conjoints au niveau de l’UE et des États membres pour finaliser les cadres réglementaires et les projets relatifs à l’hydrogène, stimuler le déploiement de l’électricité renouvelable et les capacités de fabrication d’électrolyseurs dans l’UE, et faciliter la transition vers l’hydrogène… Des cadres réglementaires sont nécessaires de toute urgence pour permettre au développement de l’économie de l’hydrogène dans l’UE. Conjointement avec cette communication, la Commission a publié pour réaction du public deux actes délégués sur la définition et la production d’hydrogène renouvelable Il est également urgent d’accélérer les travaux sur les normes manquantes en matière d’hydrogène, en particulier pour la production, les infrastructures et l’utilisation finale de l’hydrogène ... »

Commentaire : sur la question de l’hydrogène renouvelable, la Commission ignore visiblement toutes les études démontrant que la production d’hydrogène à partie d’énergies renouvelables se fait à un coût prohibitif… ou avec beaucoup de gaz puisque le coût de structure des hydrogénateurs est archidominant et que ceux-ci doivent être utilisés de façon continue. On restera discret par charité sur les délires de classification taxonomique de la Commission sur les différentes types hydrogènes (gris, bleu, vert, jaune , rose _l’hydrogène produit à partir du nucléaire, considéré évidemment comme non renouvelable).

L’absence de cadres pour les normes n’est pas qu’un obstacle bureaucratique, c’est un problème technique fondamental lié à la dangerosité spécifiques de l’hydrogène (explosibilité, diffusibilité) A part les usages industriels de l’hydrogène, le dangers sont loin d’être négligeables, identifiés et maitrisés. Ainsi, en Norvège, l’explosion en juin 2019 d’une station-service en Norvège a mis fin à la vente de véhicules à hydrogène par Toyota et Hyundai…

« « L’utilisation massive d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente (éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui obère considérablement les coûts… Dans tous les cas, le stockage d’une électricité renouvelable variable sous forme d’hydrogène entraine des pertes de conversion de 70 %, à terme peut-être seulement 40 ou 50 %. Dans un environnement disposant de larges réseaux de gaz ou d’électricité les perspectives de rentabilité pour ces solutions semblent très lointaines, à des niveaux de coût carbone bien supérieurs à ce qu’ils sont actuellement. »

(Comité de prospective de la CRE_ Le vecteur hydrogène ; Les enjeux de l’Hydrogène,  rapport de l’Académie des Technologies)

Très clairement, selon la vision allemande, une grande partie de l’hydrogène européen serait produit dans des pays tiers. Les plans allemands de giga production au Sahel, basés sur le solaire,  ont fait chou blanc, ils sont remplacés par d’autre gros projets en Namibie, au Congo, etc. Outre les nouvelles dépendances qui en résultent, on peut s’interroger sur ce que l’ancien expert de la Commission Samuele Furfari a qualifié d’ « écocolonialisme au pays du surréalisme »

Autres remarques

Ouverture vers le gaz de schiste en Europe ?

« L’un des principaux objectifs de REPowerEU est d’assurer un approvisionnement en gaz alternatif adéquat pour couvrir la demande de gaz de l’Europe en diversifiant les approvisionnements extérieurs. La production nationale de gaz naturel au sein de l’UE pourrait compenser dans une certaine mesure la réduction des importations en provenance de Russie à court terme »

Commentaire : Intéressant :l’un des objectifs est-il d’autoriser la production de gaz de schiste en Europe ?

Le biogaz et les conflits d’usages : concurrence avec les cultures alimentaires, c’est pas réglé du tout !

« Porter la production de biométhane à 35 milliards de mètres cubes d’ici 2030 [objectif de 2028] est une voie rentable pour réaliser notre ambition de réduire les importations de gaz naturel en provenance de Russie. Afin d’accroître la capacité de production de biogaz dans l’UE et de promouvoir sa conversion en biométhane, les besoins d’investissement estimés s’élèvent à 36 milliards d’euros sur la période, qui peuvent être cofinancés par la politique agricole commune à condition que les États membres incluent les projets dans leurs plans stratégiques. »

Commentaire : Le détournement de la politique agricole commune vers les besoins énergétiques surprend : c’est assez maladroit et angoissant à un moment où la guerre en Ukraine révèle des fragilités et dépendances alimentaires plutôt inquiétantes.

Déjà en Allemagne la lutte pour la terre entre production alimentaire et production énergétique a provoqué un net ralentissement du biogaz. En France, France Stratégie (Quelle place pour le gaz dans la transition énergétique ?, 2020 ; Biomasse agricole : quelles ressources pour quel potentiel ? (2022)  a pulvérisé les prévisions très optimistes de l’Ademe :

« Le remplacement du gaz fossile par du gaz renouvelable relève encore largement du pari...Même pour l’industrie seulement, « il n’est pas certain qu’une offre de gaz renouvelable puisse répondre à ces besoins spécifiques en gaz, aussi limités soient-ils in fine. De fait, les trois technologies disponibles pour produire du gaz renouvelable n’ont pas encore fait la preuve de leur rentabilité dans une perspective de développement à grande échelle. »

« Le potentiel énergétique maximal identifié de la biomasse agricole pourrait, en théorie, atteindre 120 TWh. Or, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) estime un potentiel de production de biomasse agricole proche de 250 TWh. »

« La SAU (superficie agricole utilisée) consacrée à la production de biomasse non alimentaire est estimée actuellement à environ 1,7 Mha (soit 6 % de la SAU totale). Pour couvrir les besoins en biomasse projetés à long terme, il sera nécessaire de recourir massivement aux résidus de cultures, aux surplus d’herbes et aux cultures intermédiaires ne nécessitant pas de nouvelles surfaces spécifiques et récoltables sur un minimum de 15 Mha (plus de 50 % de la SAU estimée en 2050). »

 On fait comment ?

mercredi 11 mai 2022

Greenfin, ou le coup de poignard dans le dos….et mauvais coup de B. Pompili. Le dernier ?

Un peu marre de ce  petit jeu de certains financiers (la finance verte) avec les écolos bigots antinuc, échange de greenwashing bidon contre crédibilité bidon, on l'a déjà vu à l'œuvre à la plate-forme finance durable de l'UE.

Cf.https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/la-finance-le-nucleaire-et-des.html

Et ça continue avec le label Greenfin

Greenfin exclut le nucléaire : Présentation du ministère de la transition énergétique, mai 2022 :

 Créé par le ministère de la Transition énergétique, le label Greenfin garantit la qualité verte des fonds d’investissement et s’adresse aux acteurs financiers qui agissent au service du bien commun grâce à des pratiques transparentes et durables. Le label a la particularité d’exclure les fonds qui investissent dans des entreprises opérant dans le secteur nucléaire et les énergies fossiles...

"il agit comme l’outil de référence pour investir dans l’économie verte. »

Novethic, EY France et Afnor certification ont été désignés comme organismes chargés de délivrer le label Greenfin : Avantages pour les investisseurs :, Certifié par des experts., Résolument vert. Éligible aux obligations Pacte pour l’assurance-vie., Conforme aux préférences environnementales des épargnants.

Greenfin (anciennement label « Transition énergétique et écologique pour le climat ») est le Premier label d’État dédié à la finance verte.

Et il est redit plus loin : Le référentiel du label Greenfin exclut certaines activités économiques du périmètre d’investissement des fonds labellisés. Il s’agit des activités relevant de l’ensemble de la chaine de valeur des combustibles fossiles ; l’ensemble de la filière nucléaire.

Les critères d'exclusion seront réévalués en cohérence avec ceux fixés dans le cadre de la taxonomie européenne des activités durables sur le plan environnemental, une fois cette dernière aboutie. »

A noter que les sociétés réalisant plus de 33% de leur chiffre d’affaires dans le nucléaire ( ou les fossiles) sont également exclues du label Greenfin

https://twitter.com/fmomboisse/status/1518881131151699969?t=CTc1z_MNd2GZUuCyx82KIg&s=09

Un coup de poignard dans le dos pour la taxonomie

Donc, après que la France s’est battue à Bruxelles pour inclure le nucléaire dans la "finance verte" européenne ou taxonomie, après l’action résolue et répétée des syndicats français et européens pour obtenir l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne…

(cf.https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/nouvelle-initiative-de-syndicats.html )(

…le ministère de l’Ecologie et de la transition énergétique a actualisé un label Greenfin, crée en 2016, qui continue d’exclure le nucléaire, ce qui est quand même une bonne façon de se tirer une balle dans le pied et d’agir contre les intérêts de la France.

Très bon commentaire de Kako Nait Ali dans Atlantico : « si on ne met pas le nucléaire dans nos propres labels verts c’est un peu contradictoire par rapport à ce que l’on défend à l’échelle européenne. On peut craindre que certains nous reprochent de ne pas inclure le nucléaire dans notre label national. Il faut de la cohérence sur ces sujets. Si l’on veut passer aux actes, il faut regarder concrètement les solutions qui nous permettent d’atteindre nos objectifs. Tant le GIEC que l’AIE incluent le nucléaire dans ces solutions. »

https://atlantico.fr/article/decryptage/nucleaire-le-masochisme-francais-et-voila-qui-en-est-le-promoteur-le-plus-actif-energie-industrie-economie-environnement-entreprises-france-europe-allemagne-taxonomie-epr-greenfin-kako-nait-ali

Mentionnons aussi la réaction des Voix du Nucléaire :

« Alors que la Commission Européenne a reconnu la pertinence de l’intégration de l’énergie nucléaire dans la #taxonomie des investissements durables sur la base des arguments scientifiques du #JRC et suivant les mêmes critères environnementaux que les énergies renouvelables, alors que l’#AIE et le #GIEC incluent le nucléaire dans la liste des moyens de lutte contre le réchauffement climatique, le Ministère de la Transition écologique fait réapparaître sur son site le label « Greenfin », qui entretient l’amalgame entre l’énergie nucléaire, bas-carbone, et les énergies fossiles nuisibles pour le climat….

A l’heure de la montée du péril climatique, et des appels à la mobilisation de tous les leviers disponibles pour s’affranchir des combustibles fossiles, pour décarboner les usages tout en préservant l’accès à l’énergie pour tous, ce label chargé de vieille idéologie anti-nucléaire semble sorti d’un autre âge, et a manifestement besoin d’un sérieux coup de frais. »

https://www.linkedin.com/posts/voix-du-nucleaire_bug-taxonomie-jrc-activity-6924945307893977088-2uhi/?utm_source=linkedin_share&utm_medium=member_desktop_web

Réactions politiques :  De nombreux sénateurs se sont manifestés par exemple

Yves Hemedinger (Les Républicains - Haut-Rhin )

« Une fois de plus le nucléaire, énergie durable et non émettrice de gaz à effet de serre, est assimilé aux énergies carbonées, contre toute logique. Cette nouvelle offensive insidieuse du ministère contre le nucléaire est d'autant plus incompréhensible qu'elle s'oppose au combat mené par le Président de la République au niveau européen pour faire reconnaître le nucléaire dans la taxonomie européenne en tant qu'activité nécessaire à l'atteinte de la neutralité climatique. Il lui demande donc si elle envisage de suspendre l'application du label en l'état dans l'attente d'une rédaction incluant le nucléaire, en conformité avec les orientations du Président de la République. »

M. Charles de la Verpillière (Les Républicains - Ain )

« Cependant, ce label « Greenfin » exclut les fonds qui investissent dans les entreprises du secteur nucléaire, alors même que le nucléaire est une énergie propre et non-émettrice de gaz à effet de serre. La création de ce label, avec cette exclusion, apparaît en parfaite opposition avec la politique menée en parallèle et soutenue par le Président de la République en vue de faire reconnaître au niveau européen le rôle indispensable du nucléaire pour atteindre une neutralité climatique. Aussi, il lui demande si le Gouvernement envisage de modifier ou de supprimer ce nouveau label « Greenfin ».

Christian Klinger (Haut-Rhin - Les Républicains)

« À nouveau et contre toute logique, le nucléaire, énergie durable et non émettrice de gaz à effet de serre, est assimilée aux énergies carbonées.

La création en catimini de ce label intervient alors même que, d'une part, le Président de la République a souligné à Belfort la nécessité de relancer vigoureusement notre programme nucléaire, et d'autre part, la France essaie de faire reconnaitre par ses partenaires européens le nucléaire dans la taxonomie en tant qu'activité nécessaire à l'atteinte de la neutralité climatique.

Il lui demande donc de suspendre immédiatement l'application de ce label, dans l'attente d'une rédaction incluant le nucléaire, en conformité avec les orientations affichées du Président et du Gouvernement. »

Même les financiers ont des doutes :

« L’exclusion des activités liées au nucléaire du label Greenfin pose quelques questions. En effet, selon les travaux du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), lorsqu’il est associé au développement accru des énergies renouvelables, le recours à l’énergie nucléaire est nécessaire pour parvenir à réduire les émissions de carbone et pour limiter le réchauffement climatique.

Cette approche scientifique se heurte au tabou historique de la plupart des partis écologistes concernant le rejet de l’atome. On s’interroge également de l’exclusion de certaines techniques financières modernes dans la pratique de gestion des fonds Greenfin. »

https://www.boursorama.com/patrimoine/fiches-pratiques/assurance-vie-et-isr-quels-labels-regarder-aed948c0690872d8d03e83c5a0eab36b



lundi 2 mai 2022

Rapport GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires et 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

 Rapport  GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires et 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

Pour la 1ére partie, voire https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/05/giec-2022-quelles-solutions-face-au.html

 affirmations validées par le Giec sur le nucléaire

Cf. thread Clément Jaffrelot :  

https://twitter.com/synth_ethics/status/1513976505298300945?t=QLoTpR-ORFDzAOkZl4vdPw&s=09

Intérêt climatique du nucléaire : confirmé : » Le nucléaire est, comme l'hydraulique, une technologie à l’efficacité prouvée . La production nucléaire a augmenté de 9% entre 2015 et 2019, pour représenter 10% de la production d'électricité mondiale en 2019 (2790 TWh).

Le nucléaire est en capacité de produire de l'énergie bas carbone à grande échelle. Pour ce faire, il faudra améliorer la gestion des constructions de conceptions de réacteurs qui promettent des coûts plus bas et des utilisations plus larges »

Autres utilisations : « La chaleur requise par le captage direct du carbone et son stockage (DCCAS) pourrait être efficacement fournie par l’énergie thermique des centrales nucléaires, améliorant ainsi l’efficacité globale du système. Flexibilité de la production : il y a déjà des développements importants dans l’augmentation de la flexibilité des centrales nucléaires, par exemple en France (Office de l’énergie nucléaire 2021) et le développement de petits réacteurs modulaires pourrait soutenir l’équilibrage du système.  Hydrogène : L’énergie nucléaire pourrait également fournir de l’hydrogène propre par électrolyse ou fractionnement thermochimique de l’eau. »

Ressources en uranium : pas un problème : « Il existe des ressources substantielles pour augmenter considérablement le déploiement nucléaire. Les estimations des ressources d’uranium identifiées n’ont cessé d’augmenter au fil des ans. Les ressources conventionnelles en uranium ont été estimées suffisantes pour plus de 130 ans d’approvisionnement au niveau d’utilisation actuel (contre  100 en 2009). Dans le cas d’une pénurie future d’uranium, le thorium ou le recyclage du combustible usé pourraient être utilisés comme solutions de rechange. L’intérêt pour ces solutions de rechange a diminué avec une meilleure compréhension des gisements d’uranium, de leur disponibilité et des prix bas. »

Plusieurs options technologiques pour 2030-2050 :

Gros réacteurs : « l’industrie est entrée dans une nouvelle phase de construction de réacteurs basée sur des conceptions évolutives. Ces réacteurs apportent des améliorations par rapport aux conceptions précédentes grâce à des modifications petites à modérées, y compris une redondance améliorée, une application accrue des fonctions de sécurité passive et des améliorations importantes à la conception du confinement afin de réduire le risque d’accidents majeurs. Les exemples incluent l’EPR européen, le APR1400 coréen, l’AP1000 américain, le HPR1000 chinois ou le VVER1200 russe »

Exploitation à long terme (LTO) de la flotte actuelle : « la poursuite de la production à partir de l’énergie nucléaire dépendra en partie de la prolongation de la durée de vie du parc existant. D’ici la fin de 2020, les deux tiers des réacteurs nucléaires seront opérationnels depuis plus de 30 ans. ... Les évaluations techniques ont établi que les réacteurs peuvent fonctionner en toute sécurité plus longtemps si des composants de remplacement clés (par exemple, générateur de vapeur, équipement mécanique et électrique, instrumentation et pièces de contrôle) sont changés ou remis à neuf. La première prolongation de la durée de vie envisagée dans la plupart des pays est généralement de 10 à 20 ans. »

Petits réacteurs nucléaires (SMR) : « Il existe plus de 70 conceptions de SMR à différents stades d’examen et de développement, de la phase conceptuelle à l’autorisation et à la construction d’installations uniques en leur genre. En raison de la plus petite taille des unités, les coûts totaux d’investissement des PRM devraient être inférieurs, bien que le coût par unité de production puisse être plus élevé que celui des grands réacteurs conventionnels. La modularité et la pré-production hors site peuvent permettre une plus grande efficacité dans la construction, des délais de livraison plus courts et une optimisation globale des coûts. Les conceptions SMR visent à offrir une capacité accrue de suivi de charge qui les rend aptes à fonctionner dans des systèmes plus petits et dans des systèmes avec des parts croissantes de sources d’ERV. Le développement du marché d’ici le début des années 2030 dépendra fortement du déploiement réussi des prototypes au cours des années 2020. »

Coût du nucléaire : « Les coûts de l’énergie nucléaire varient considérablement d’un pays à l’autre. Les projets en construction, des prototypes, en Amérique du Nord et en Europe ont été marqués par des retards et des dépassements de coûts. Les délais de construction ont dépassé 13 à 15 ans et les coûts ont dépassé 3 à 4 fois les prévisions budgétaires initiales. En revanche, la plupart des projets récents en Asie de l’Est (dont la construction a commencé à partir de 2012) ont été mis en œuvre dans un délai de 5 à 6 ans. »

« Outre les facteurs propres à chaque région, les coûts nucléaires futurs dépendront de la capacité de bénéficier de l’expérience accumulée dans le contrôle des principaux facteurs de coûts. Les facteurs de coûts se répartissent en quatre catégories : la maturité de la conception, la gestion de projet, la stabilité et la prévisibilité réglementaires, et les effets multi-unités et séries. Avec les leçons tirées de projets uniques en leur genre, le coût de l’électricité provenant des nouvelles constructions devrait se situer entre 42 et 102 USD / MWh selon la région. »

« Les prolongations de durée de vie sont nettement moins chères que les nouvelles constructions et compétitives par rapport aux autres technologies à faible émission de carbone. Les coûts au jour le jour des prolongations de la durée de vie sont estimés entre 390 et 630 USD / kWe pour l’Europe et l’Amérique du Nord, et le LCOE entre 30 et 36 / MWh pour les extensions de 10 à 20 ans. « 

« Les possibilités de réduction des coûts, telles que la normalisation de la conception et les innovations dans les approches de construction, devraient rendre les SMR compétitifs par rapport aux grands réacteurs d’ici 2040. Comme les SMR sont en cours d’élaboration, il existe des incertitudes importantes concernant les coûts de construction. Les fournisseurs ont estimé le LCOE prototype à USD 131-190/MWh. Les effets de l’apprentissage... devraient réduire le LCOE prototype de 19 à 32 %. »

Les déchets nucléaires : « L’activité normale d’un réacteur nucléaire se traduit par un faible volume de déchets radioactifs, ce qui nécessite un stockage strictement contrôlé et réglementé. À l’échelle mondiale, environ 421 kilotonnes de combustible nucléaire irradié ont été produites depuis 1971. Sur ce volume, 2 à 3% sont des déchets radioactifs de haute activité, qui présentent des défis en termes de radiotoxicité et de longueur de vie et impliquent finalement un stockage permanent »

« La viabilité à long terme de l’énergie nucléaire peut dépendre de la démonstration au public et aux investisseurs qu’il existe une solution à long terme au combustible nucléaire irradié. Les données provenant de pays qui progressent régulièrement vers les premiers rejets définitifs (Finlande, Suède et France) suggèrent qu’un large soutien politique, des politiques cohérentes en matière de déchets nucléaires et un processus décisionnel bien géré et consensuel sont essentiels pour accélérer ce processus. »

La prolifération :  « Les préoccupations en matière de prolifération entourant l’énergie nucléaire sont liées aux cycles du combustible (enrichissement de l’uranium et traitement du combustible usé). Ces processus sont mis en œuvre dans un nombre très limité de pays en suivant des normes et des règles nationales et internationales strictes telles que les lignes directrices, les traités et les conventions de l’AIEA. La plupart des pays qui pourraient introduire l’énergie nucléaire à l’avenir pour leurs avantages en matière d’atténuation du changement climatique n’envisagent pas de développer leur propre cycle du combustible, ce qui réduirait considérablement les risques qui pourraient être liés à la prolifération. »

L’énergie nucléaire est écologique : « L’énergie nucléaire s’avère favorable en ce qui concerne l’occupation des terres (Cheng et Hammond 2017, Luderer 2019) et les impacts écologiques (Brook et Bradshaw 2015, Gibon et al, 2017). De même, les besoins en matériaux par unité d’énergie produite sont faibles (par exemple, aluminium, cuivre, fer, métaux des terres rares (Ludere et al 2019). Les centrales nucléaires intérieures à forte intensité d’eau peuvent contribuer au stress hydrique localisé et à la concurrence pour les utilisations de l’eau. Le choix des systèmes de refroidissement (en boucle fermée plutôt qu’une fois) peut réduire considérablement les taux de prélèvement de l’eau douce (Jin et al, 2019). Les réacteurs situés au bord de la mer ne sont pas touchés par les problèmes de pénurie d’eau. Les études d’analyse du cycle de vie suggèrent que les impacts globaux sur la santé humaine (en termes d’années ajustées en fonction de l’incapacité -DALY) de l’exploitation normale des centrales nucléaires sont considérablement inférieurs à ceux causés par les technologies des combustibles fossiles et sont comparables aux sources d’énergie renouvelables (Gibon, 2017) »

Impact du réchauffement climatique sur les diverses sources d’énergie : ce n’est pas forcément le nucléaire le plus impacté :


Mais quelques avertissements :

Acceptation publique : « Dans le même temps, l’énergie nucléaire continue d’être affectée par des dépassements de coûts, des besoins élevés en investissements initiaux, des défis liés au stockage définitif des déchets radioactifs et des niveaux variables d’acceptation du public et de soutien politique. »

« L’énergie nucléaire continue de bénéficier d’un soutien public et politique limité dans certains pays. Le soutien public à l’énergie nucléaire est systématiquement inférieur à celui des énergies renouvelables et du gaz naturel et, dans de nombreux pays, aussi faible que le soutien à l’énergie produite à partir du charbon et du pétrole... »

 « Dans le même temps, certains groupes considèrent le nucléaire comme une source d’énergie fiable, bénéfique pour l’économie et utile pour l’atténuation du changement climatique. Le soutien du public à l’énergie nucléaire est plus élevé lorsque les gens sont préoccupés par la sécurité énergétique, y compris les préoccupations concernant la disponibilité de l’énergie et les prix élevés de l’énergie (Gupta, 2019) et lorsqu’ils s’attendent à des avantages locaux. Le soutien du public augmente également lorsque la confiance dans les organes de gestion est plus élevée. De même, des processus décisionnels transparents et participatifs améliorent l’équité procédurale perçue et le soutien du public. »

Commentaire : bon, ben on sait ce qu’il reste à faire ! Au travail Patrimoine Nucléaire et Climat, Voix du nucléaire, Sauvons le Climat, Cérémé, Ecologistes pour le nucléaire…pardon pour ceux que j’oublie.

Investissements et rôle de l’Etat : En raison de l’ampleur des investissements requis..., près de 90% des centrales nucléaires en construction sont gérées par des entreprises appartenant à l’État ou contrôlées par des gouvernements assumant une part importante des risques et des coûts. Pour les pays qui choisissent l’énergie nucléaire dans leur portefeuille énergétique, des conditions politiques stables et un soutien, des régimes réglementaires clairs et un cadre de financement adéquat sont essentiels pour une mise en œuvre réussie et efficace

Une idée : signer la pétition : https://www.change.org/ingénieurspourlenucléaire

Des mesures mal conçues en faveur des ENR déstabilisent le nucléaire : « De nombreux pays ont adopté des politiques spécifiques à la technologie pour des cours d’énergie à faible émission de carbone, et ces politiques influencent la compétitivité de l’énergie nucléaire. Par exemple, les tarifs de rachat et la prime de rachat pour les énergies renouvelables largement appliqués dans l’UE ou les normes relatives aux portefeuilles d’énergies renouvelables aux États-Unis ont une incidence sur le prix de gros de l’électricité (conduisant parfois à des prix bas, voire négatifs), qui affectent les revenus des centrales nucléaires et autres existantes. (Lesser 2019) »

Background : les investissement mondiaux : « Le total des investissements mondiaux dans l’énergie était d’environ 1940 milliards USD par an en 2019. Ce total peut être divisé en catégories suivantes : approvisionnement en énergie fossile (pétrole, gaz, charbon) 990 milliards USD, énergies renouvelables (principalement solaire et éolienne) : 340 milliards USD ; énergie nucléaire : 40 milliards USD et efficacité énergétique au stade de l’utilisation finale : 270 milliards USD »

Commentaire : il reste une  sérieuse marge pour financer davantage le nucléaire compte-tenu de ses avantages.

Bilan proposé par https://twitter.com/synth_ethics/status/1513976505298300945?t=QLoTpR-ORFDzAOkZl4vdPw&s=09

Dans un thread très complet



GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires suivi de 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

 Un collage malheureux de l’AFP : "trois ans pour conserver un monde vivable" ?

Ce rapport a été malheuseusement annoncé par l’AFP avec un titre accrocheur : « Il ne nous reste que trois ans pour conserver un monde vivable » ou « L'humanité dispose de moins de trois années pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre » ou  « Climat : les émissions doivent plafonner d'ici trois ans pour que le monde reste "vivable"  lequel a été repris par nombre de journalistes et d’hommes politiques qui se complaisent dans le catastrophisme ou sont de sincères partisans de l’heuristique de la peur chère à Hans Jonas et aux extrémistes écolos. Ce que ça prouve surtout, c’est qu’ils ne lisent pas les rapports du GIEC alors qu’ils prétendent en faire leur bible. Car cette phrase n’y figure pas. Elle résulte d’un collage entre une interview d’un membre individuel du GIEC et une phrase du rapport sur les scenarios maintenant l’évolution de la température à moins de 1°.5°C par rapport à l’ère industrielle.

1) Réaction de François-Marie Bréon  concernant la situation française : « En France, ça fait plus  de 10 ans que les émissions baissent. Il est évident que la France doit faire plus, mais ce critère de 3 ans n’est pas à propos ».

https://twitter.com/fmbreon/status/1513362439659823109?t=amnBEJkua09vTuCAIqoZsw&s=09

2) Une affirmation pas cohérente avec les conclusions du rapport : Réponse en forme de mise au point dans une Tribune au Monde de climatologues, signée en en particulier par Valérie Masson-Delmotte 

« Avons­-nous, pour autant, « trois ans seulement pour garantir un monde vivable », comme on a pu l’entendre dans les médias ? Cette affirmation... en forme de compte à rebours particulièrement alarmiste ne figure pas dans le rap­port. C’est pourtant ce qu’affir­mait, dans son titre, la première dépêche de l’Agence France ­Presse nsur le sujet, publiée à l’instant même où le rapport était rendu public [le 4 avril] : peak before 2025 for “liveable fu­ ture” » (« Les émissions doivent at­ teindre un sommet avant 2025 pour qu’un “avenir vivable” soit envisageable »). Abondamment reprise dans les médias nationaux et internationaux, elle sonne comme un nouvel avertissement dressé par la communauté scien­tifique à l’humanité, assorti d’une date butoir encore plus proche. Cette affirmation n’est, cepen­dant, pas cohérente avec les conclusions du rapport, et elle contribue même à en obscurcir les principaux messages…. le rapport identifie un ensemble d’« actions [qui] peuvent être prises dès à présent » pour « changer les trajectoires de développement, accélérer la réduction des émissions et les transitions dans tous les secteurs ».

Ces options existent, dans tous les secteurs (énergie, bâtiments, industrie, transports, agriculture, services, villes), au niveau de la demande comme de l’offre. Les actions à mener pour en faciliter la mise en œuvre sont connues, par exemple réorienter les investissements et financements sous-jacents. Les mettre en œuvre rapidement et simultanément constitue en revanche un immense défi. Il n’est pas utile d’y ajouter, en plus, une date butoir artificielle. »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/27/il-n-est-jamais-trop-tard-pour-agir-en-faveur-du-climat_6123859_3232.html

S. Foucart : le GIEC est responsable…des difficulté de l’écologie politique en France

Réaction surprenante (quoique) de l’inénarrable et néanmoins dangereux Stéphane Foucart qui rend le GIEC…responsable des difficultés de l’écologie politique en France

«  La popularisation des travaux d'organes d'expertise comme le  Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), n’est peut­-être pas non plus étrangère à la disparition de  la question climatique du débat  politique. En particulier, dans son dernier opus publié début avril.. où le GIEC présente des scénarios  de développement susceptibles d’atténuer le réchauffement en  cours."

Alors bon c'est bien ennuyeux ces experts qui expertisent, surtout lorsqu'ils proposent des solutions et empêchent de catastropher en rond...

Aboutissement logique d'une dérive irrationnelle, anti scientifique et sectaire.

 

Que l’excellent Gorce a justement excellement illustré :



https://twitter.com/EricSartori3/status/1515358537039458316

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/17/la-ligne-editoriale-des-grands-medias-audiovisuels-a-rendu-presque-impossible-l-affirmation-d-un-debat-politique-sur-l-environnement_6122502_3232.html

François Marie Bréon :Video très pédagogique sur le fonctionnement du GIEC : Interview de François-Marie Bréon, climatologue: "Pourquoi le GIEC publie-t-il des scénarios 100 % renouvelables, peu plausibles ?"

https://twitter.com/pnc_france/status/1407288640074661892?t=Ta9pMhkU3J0cmTPoUSLVAQ&s=09


Commentaire : Comme expliqué, la propagande type « trois ans pour conserver un monde vivable » est contreproductive et inacceptable d’autant qu’elle conduit facilement à de mauvaises décisions …mais qui servent très bien l’intérêt de quelques-uns. Comme par exemple investir dans des zones industrielles éoliennes sans quasiment aucun intérêt climatique et en détruisant des dizaines d’ années de protection de l’environnement terrestre et marin plutôt que d’investir dans la construction et la recherche de nouveau nucléaire, ou de capture du carbone, ou de biocarburants à partir d’algues ETC ;, investissements à plus long terme mais beaucoup plus efficaces .