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mercredi 11 mai 2022

Greenfin, ou le coup de poignard dans le dos….et mauvais coup de B. Pompili. Le dernier ?

Un peu marre de ce  petit jeu de certains financiers (la finance verte) avec les écolos bigots antinuc, échange de greenwashing bidon contre crédibilité bidon, on l'a déjà vu à l'œuvre à la plate-forme finance durable de l'UE.

Cf.https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/la-finance-le-nucleaire-et-des.html

Et ça continue avec le label Greenfin

Greenfin exclut le nucléaire : Présentation du ministère de la transition énergétique, mai 2022 :

 Créé par le ministère de la Transition énergétique, le label Greenfin garantit la qualité verte des fonds d’investissement et s’adresse aux acteurs financiers qui agissent au service du bien commun grâce à des pratiques transparentes et durables. Le label a la particularité d’exclure les fonds qui investissent dans des entreprises opérant dans le secteur nucléaire et les énergies fossiles...

"il agit comme l’outil de référence pour investir dans l’économie verte. »

Novethic, EY France et Afnor certification ont été désignés comme organismes chargés de délivrer le label Greenfin : Avantages pour les investisseurs :, Certifié par des experts., Résolument vert. Éligible aux obligations Pacte pour l’assurance-vie., Conforme aux préférences environnementales des épargnants.

Greenfin (anciennement label « Transition énergétique et écologique pour le climat ») est le Premier label d’État dédié à la finance verte.

Et il est redit plus loin : Le référentiel du label Greenfin exclut certaines activités économiques du périmètre d’investissement des fonds labellisés. Il s’agit des activités relevant de l’ensemble de la chaine de valeur des combustibles fossiles ; l’ensemble de la filière nucléaire.

Les critères d'exclusion seront réévalués en cohérence avec ceux fixés dans le cadre de la taxonomie européenne des activités durables sur le plan environnemental, une fois cette dernière aboutie. »

A noter que les sociétés réalisant plus de 33% de leur chiffre d’affaires dans le nucléaire ( ou les fossiles) sont également exclues du label Greenfin

https://twitter.com/fmomboisse/status/1518881131151699969?t=CTc1z_MNd2GZUuCyx82KIg&s=09

Un coup de poignard dans le dos pour la taxonomie

Donc, après que la France s’est battue à Bruxelles pour inclure le nucléaire dans la "finance verte" européenne ou taxonomie, après l’action résolue et répétée des syndicats français et européens pour obtenir l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne…

(cf.https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/nouvelle-initiative-de-syndicats.html )(

…le ministère de l’Ecologie et de la transition énergétique a actualisé un label Greenfin, crée en 2016, qui continue d’exclure le nucléaire, ce qui est quand même une bonne façon de se tirer une balle dans le pied et d’agir contre les intérêts de la France.

Très bon commentaire de Kako Nait Ali dans Atlantico : « si on ne met pas le nucléaire dans nos propres labels verts c’est un peu contradictoire par rapport à ce que l’on défend à l’échelle européenne. On peut craindre que certains nous reprochent de ne pas inclure le nucléaire dans notre label national. Il faut de la cohérence sur ces sujets. Si l’on veut passer aux actes, il faut regarder concrètement les solutions qui nous permettent d’atteindre nos objectifs. Tant le GIEC que l’AIE incluent le nucléaire dans ces solutions. »

https://atlantico.fr/article/decryptage/nucleaire-le-masochisme-francais-et-voila-qui-en-est-le-promoteur-le-plus-actif-energie-industrie-economie-environnement-entreprises-france-europe-allemagne-taxonomie-epr-greenfin-kako-nait-ali

Mentionnons aussi la réaction des Voix du Nucléaire :

« Alors que la Commission Européenne a reconnu la pertinence de l’intégration de l’énergie nucléaire dans la #taxonomie des investissements durables sur la base des arguments scientifiques du #JRC et suivant les mêmes critères environnementaux que les énergies renouvelables, alors que l’#AIE et le #GIEC incluent le nucléaire dans la liste des moyens de lutte contre le réchauffement climatique, le Ministère de la Transition écologique fait réapparaître sur son site le label « Greenfin », qui entretient l’amalgame entre l’énergie nucléaire, bas-carbone, et les énergies fossiles nuisibles pour le climat….

A l’heure de la montée du péril climatique, et des appels à la mobilisation de tous les leviers disponibles pour s’affranchir des combustibles fossiles, pour décarboner les usages tout en préservant l’accès à l’énergie pour tous, ce label chargé de vieille idéologie anti-nucléaire semble sorti d’un autre âge, et a manifestement besoin d’un sérieux coup de frais. »

https://www.linkedin.com/posts/voix-du-nucleaire_bug-taxonomie-jrc-activity-6924945307893977088-2uhi/?utm_source=linkedin_share&utm_medium=member_desktop_web

Réactions politiques :  De nombreux sénateurs se sont manifestés par exemple

Yves Hemedinger (Les Républicains - Haut-Rhin )

« Une fois de plus le nucléaire, énergie durable et non émettrice de gaz à effet de serre, est assimilé aux énergies carbonées, contre toute logique. Cette nouvelle offensive insidieuse du ministère contre le nucléaire est d'autant plus incompréhensible qu'elle s'oppose au combat mené par le Président de la République au niveau européen pour faire reconnaître le nucléaire dans la taxonomie européenne en tant qu'activité nécessaire à l'atteinte de la neutralité climatique. Il lui demande donc si elle envisage de suspendre l'application du label en l'état dans l'attente d'une rédaction incluant le nucléaire, en conformité avec les orientations du Président de la République. »

M. Charles de la Verpillière (Les Républicains - Ain )

« Cependant, ce label « Greenfin » exclut les fonds qui investissent dans les entreprises du secteur nucléaire, alors même que le nucléaire est une énergie propre et non-émettrice de gaz à effet de serre. La création de ce label, avec cette exclusion, apparaît en parfaite opposition avec la politique menée en parallèle et soutenue par le Président de la République en vue de faire reconnaître au niveau européen le rôle indispensable du nucléaire pour atteindre une neutralité climatique. Aussi, il lui demande si le Gouvernement envisage de modifier ou de supprimer ce nouveau label « Greenfin ».

Christian Klinger (Haut-Rhin - Les Républicains)

« À nouveau et contre toute logique, le nucléaire, énergie durable et non émettrice de gaz à effet de serre, est assimilée aux énergies carbonées.

La création en catimini de ce label intervient alors même que, d'une part, le Président de la République a souligné à Belfort la nécessité de relancer vigoureusement notre programme nucléaire, et d'autre part, la France essaie de faire reconnaitre par ses partenaires européens le nucléaire dans la taxonomie en tant qu'activité nécessaire à l'atteinte de la neutralité climatique.

Il lui demande donc de suspendre immédiatement l'application de ce label, dans l'attente d'une rédaction incluant le nucléaire, en conformité avec les orientations affichées du Président et du Gouvernement. »

Même les financiers ont des doutes :

« L’exclusion des activités liées au nucléaire du label Greenfin pose quelques questions. En effet, selon les travaux du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), lorsqu’il est associé au développement accru des énergies renouvelables, le recours à l’énergie nucléaire est nécessaire pour parvenir à réduire les émissions de carbone et pour limiter le réchauffement climatique.

Cette approche scientifique se heurte au tabou historique de la plupart des partis écologistes concernant le rejet de l’atome. On s’interroge également de l’exclusion de certaines techniques financières modernes dans la pratique de gestion des fonds Greenfin. »

https://www.boursorama.com/patrimoine/fiches-pratiques/assurance-vie-et-isr-quels-labels-regarder-aed948c0690872d8d03e83c5a0eab36b



lundi 2 mai 2022

Rapport GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires et 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

 Rapport  GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires et 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

Pour la 1ére partie, voire https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/05/giec-2022-quelles-solutions-face-au.html

 affirmations validées par le Giec sur le nucléaire

Cf. thread Clément Jaffrelot :  

https://twitter.com/synth_ethics/status/1513976505298300945?t=QLoTpR-ORFDzAOkZl4vdPw&s=09

Intérêt climatique du nucléaire : confirmé : » Le nucléaire est, comme l'hydraulique, une technologie à l’efficacité prouvée . La production nucléaire a augmenté de 9% entre 2015 et 2019, pour représenter 10% de la production d'électricité mondiale en 2019 (2790 TWh).

Le nucléaire est en capacité de produire de l'énergie bas carbone à grande échelle. Pour ce faire, il faudra améliorer la gestion des constructions de conceptions de réacteurs qui promettent des coûts plus bas et des utilisations plus larges »

Autres utilisations : « La chaleur requise par le captage direct du carbone et son stockage (DCCAS) pourrait être efficacement fournie par l’énergie thermique des centrales nucléaires, améliorant ainsi l’efficacité globale du système. Flexibilité de la production : il y a déjà des développements importants dans l’augmentation de la flexibilité des centrales nucléaires, par exemple en France (Office de l’énergie nucléaire 2021) et le développement de petits réacteurs modulaires pourrait soutenir l’équilibrage du système.  Hydrogène : L’énergie nucléaire pourrait également fournir de l’hydrogène propre par électrolyse ou fractionnement thermochimique de l’eau. »

Ressources en uranium : pas un problème : « Il existe des ressources substantielles pour augmenter considérablement le déploiement nucléaire. Les estimations des ressources d’uranium identifiées n’ont cessé d’augmenter au fil des ans. Les ressources conventionnelles en uranium ont été estimées suffisantes pour plus de 130 ans d’approvisionnement au niveau d’utilisation actuel (contre  100 en 2009). Dans le cas d’une pénurie future d’uranium, le thorium ou le recyclage du combustible usé pourraient être utilisés comme solutions de rechange. L’intérêt pour ces solutions de rechange a diminué avec une meilleure compréhension des gisements d’uranium, de leur disponibilité et des prix bas. »

Plusieurs options technologiques pour 2030-2050 :

Gros réacteurs : « l’industrie est entrée dans une nouvelle phase de construction de réacteurs basée sur des conceptions évolutives. Ces réacteurs apportent des améliorations par rapport aux conceptions précédentes grâce à des modifications petites à modérées, y compris une redondance améliorée, une application accrue des fonctions de sécurité passive et des améliorations importantes à la conception du confinement afin de réduire le risque d’accidents majeurs. Les exemples incluent l’EPR européen, le APR1400 coréen, l’AP1000 américain, le HPR1000 chinois ou le VVER1200 russe »

Exploitation à long terme (LTO) de la flotte actuelle : « la poursuite de la production à partir de l’énergie nucléaire dépendra en partie de la prolongation de la durée de vie du parc existant. D’ici la fin de 2020, les deux tiers des réacteurs nucléaires seront opérationnels depuis plus de 30 ans. ... Les évaluations techniques ont établi que les réacteurs peuvent fonctionner en toute sécurité plus longtemps si des composants de remplacement clés (par exemple, générateur de vapeur, équipement mécanique et électrique, instrumentation et pièces de contrôle) sont changés ou remis à neuf. La première prolongation de la durée de vie envisagée dans la plupart des pays est généralement de 10 à 20 ans. »

Petits réacteurs nucléaires (SMR) : « Il existe plus de 70 conceptions de SMR à différents stades d’examen et de développement, de la phase conceptuelle à l’autorisation et à la construction d’installations uniques en leur genre. En raison de la plus petite taille des unités, les coûts totaux d’investissement des PRM devraient être inférieurs, bien que le coût par unité de production puisse être plus élevé que celui des grands réacteurs conventionnels. La modularité et la pré-production hors site peuvent permettre une plus grande efficacité dans la construction, des délais de livraison plus courts et une optimisation globale des coûts. Les conceptions SMR visent à offrir une capacité accrue de suivi de charge qui les rend aptes à fonctionner dans des systèmes plus petits et dans des systèmes avec des parts croissantes de sources d’ERV. Le développement du marché d’ici le début des années 2030 dépendra fortement du déploiement réussi des prototypes au cours des années 2020. »

Coût du nucléaire : « Les coûts de l’énergie nucléaire varient considérablement d’un pays à l’autre. Les projets en construction, des prototypes, en Amérique du Nord et en Europe ont été marqués par des retards et des dépassements de coûts. Les délais de construction ont dépassé 13 à 15 ans et les coûts ont dépassé 3 à 4 fois les prévisions budgétaires initiales. En revanche, la plupart des projets récents en Asie de l’Est (dont la construction a commencé à partir de 2012) ont été mis en œuvre dans un délai de 5 à 6 ans. »

« Outre les facteurs propres à chaque région, les coûts nucléaires futurs dépendront de la capacité de bénéficier de l’expérience accumulée dans le contrôle des principaux facteurs de coûts. Les facteurs de coûts se répartissent en quatre catégories : la maturité de la conception, la gestion de projet, la stabilité et la prévisibilité réglementaires, et les effets multi-unités et séries. Avec les leçons tirées de projets uniques en leur genre, le coût de l’électricité provenant des nouvelles constructions devrait se situer entre 42 et 102 USD / MWh selon la région. »

« Les prolongations de durée de vie sont nettement moins chères que les nouvelles constructions et compétitives par rapport aux autres technologies à faible émission de carbone. Les coûts au jour le jour des prolongations de la durée de vie sont estimés entre 390 et 630 USD / kWe pour l’Europe et l’Amérique du Nord, et le LCOE entre 30 et 36 / MWh pour les extensions de 10 à 20 ans. « 

« Les possibilités de réduction des coûts, telles que la normalisation de la conception et les innovations dans les approches de construction, devraient rendre les SMR compétitifs par rapport aux grands réacteurs d’ici 2040. Comme les SMR sont en cours d’élaboration, il existe des incertitudes importantes concernant les coûts de construction. Les fournisseurs ont estimé le LCOE prototype à USD 131-190/MWh. Les effets de l’apprentissage... devraient réduire le LCOE prototype de 19 à 32 %. »

Les déchets nucléaires : « L’activité normale d’un réacteur nucléaire se traduit par un faible volume de déchets radioactifs, ce qui nécessite un stockage strictement contrôlé et réglementé. À l’échelle mondiale, environ 421 kilotonnes de combustible nucléaire irradié ont été produites depuis 1971. Sur ce volume, 2 à 3% sont des déchets radioactifs de haute activité, qui présentent des défis en termes de radiotoxicité et de longueur de vie et impliquent finalement un stockage permanent »

« La viabilité à long terme de l’énergie nucléaire peut dépendre de la démonstration au public et aux investisseurs qu’il existe une solution à long terme au combustible nucléaire irradié. Les données provenant de pays qui progressent régulièrement vers les premiers rejets définitifs (Finlande, Suède et France) suggèrent qu’un large soutien politique, des politiques cohérentes en matière de déchets nucléaires et un processus décisionnel bien géré et consensuel sont essentiels pour accélérer ce processus. »

La prolifération :  « Les préoccupations en matière de prolifération entourant l’énergie nucléaire sont liées aux cycles du combustible (enrichissement de l’uranium et traitement du combustible usé). Ces processus sont mis en œuvre dans un nombre très limité de pays en suivant des normes et des règles nationales et internationales strictes telles que les lignes directrices, les traités et les conventions de l’AIEA. La plupart des pays qui pourraient introduire l’énergie nucléaire à l’avenir pour leurs avantages en matière d’atténuation du changement climatique n’envisagent pas de développer leur propre cycle du combustible, ce qui réduirait considérablement les risques qui pourraient être liés à la prolifération. »

L’énergie nucléaire est écologique : « L’énergie nucléaire s’avère favorable en ce qui concerne l’occupation des terres (Cheng et Hammond 2017, Luderer 2019) et les impacts écologiques (Brook et Bradshaw 2015, Gibon et al, 2017). De même, les besoins en matériaux par unité d’énergie produite sont faibles (par exemple, aluminium, cuivre, fer, métaux des terres rares (Ludere et al 2019). Les centrales nucléaires intérieures à forte intensité d’eau peuvent contribuer au stress hydrique localisé et à la concurrence pour les utilisations de l’eau. Le choix des systèmes de refroidissement (en boucle fermée plutôt qu’une fois) peut réduire considérablement les taux de prélèvement de l’eau douce (Jin et al, 2019). Les réacteurs situés au bord de la mer ne sont pas touchés par les problèmes de pénurie d’eau. Les études d’analyse du cycle de vie suggèrent que les impacts globaux sur la santé humaine (en termes d’années ajustées en fonction de l’incapacité -DALY) de l’exploitation normale des centrales nucléaires sont considérablement inférieurs à ceux causés par les technologies des combustibles fossiles et sont comparables aux sources d’énergie renouvelables (Gibon, 2017) »

Impact du réchauffement climatique sur les diverses sources d’énergie : ce n’est pas forcément le nucléaire le plus impacté :


Mais quelques avertissements :

Acceptation publique : « Dans le même temps, l’énergie nucléaire continue d’être affectée par des dépassements de coûts, des besoins élevés en investissements initiaux, des défis liés au stockage définitif des déchets radioactifs et des niveaux variables d’acceptation du public et de soutien politique. »

« L’énergie nucléaire continue de bénéficier d’un soutien public et politique limité dans certains pays. Le soutien public à l’énergie nucléaire est systématiquement inférieur à celui des énergies renouvelables et du gaz naturel et, dans de nombreux pays, aussi faible que le soutien à l’énergie produite à partir du charbon et du pétrole... »

 « Dans le même temps, certains groupes considèrent le nucléaire comme une source d’énergie fiable, bénéfique pour l’économie et utile pour l’atténuation du changement climatique. Le soutien du public à l’énergie nucléaire est plus élevé lorsque les gens sont préoccupés par la sécurité énergétique, y compris les préoccupations concernant la disponibilité de l’énergie et les prix élevés de l’énergie (Gupta, 2019) et lorsqu’ils s’attendent à des avantages locaux. Le soutien du public augmente également lorsque la confiance dans les organes de gestion est plus élevée. De même, des processus décisionnels transparents et participatifs améliorent l’équité procédurale perçue et le soutien du public. »

Commentaire : bon, ben on sait ce qu’il reste à faire ! Au travail Patrimoine Nucléaire et Climat, Voix du nucléaire, Sauvons le Climat, Cérémé, Ecologistes pour le nucléaire…pardon pour ceux que j’oublie.

Investissements et rôle de l’Etat : En raison de l’ampleur des investissements requis..., près de 90% des centrales nucléaires en construction sont gérées par des entreprises appartenant à l’État ou contrôlées par des gouvernements assumant une part importante des risques et des coûts. Pour les pays qui choisissent l’énergie nucléaire dans leur portefeuille énergétique, des conditions politiques stables et un soutien, des régimes réglementaires clairs et un cadre de financement adéquat sont essentiels pour une mise en œuvre réussie et efficace

Une idée : signer la pétition : https://www.change.org/ingénieurspourlenucléaire

Des mesures mal conçues en faveur des ENR déstabilisent le nucléaire : « De nombreux pays ont adopté des politiques spécifiques à la technologie pour des cours d’énergie à faible émission de carbone, et ces politiques influencent la compétitivité de l’énergie nucléaire. Par exemple, les tarifs de rachat et la prime de rachat pour les énergies renouvelables largement appliqués dans l’UE ou les normes relatives aux portefeuilles d’énergies renouvelables aux États-Unis ont une incidence sur le prix de gros de l’électricité (conduisant parfois à des prix bas, voire négatifs), qui affectent les revenus des centrales nucléaires et autres existantes. (Lesser 2019) »

Background : les investissement mondiaux : « Le total des investissements mondiaux dans l’énergie était d’environ 1940 milliards USD par an en 2019. Ce total peut être divisé en catégories suivantes : approvisionnement en énergie fossile (pétrole, gaz, charbon) 990 milliards USD, énergies renouvelables (principalement solaire et éolienne) : 340 milliards USD ; énergie nucléaire : 40 milliards USD et efficacité énergétique au stade de l’utilisation finale : 270 milliards USD »

Commentaire : il reste une  sérieuse marge pour financer davantage le nucléaire compte-tenu de ses avantages.

Bilan proposé par https://twitter.com/synth_ethics/status/1513976505298300945?t=QLoTpR-ORFDzAOkZl4vdPw&s=09

Dans un thread très complet



GIEC 2022 : Quelles solutions face au réchauffement climatique ? 1) Quelques commentaires suivi de 2) Que dit le Giec sur le nucléaire ?

 Un collage malheureux de l’AFP : "trois ans pour conserver un monde vivable" ?

Ce rapport a été malheuseusement annoncé par l’AFP avec un titre accrocheur : « Il ne nous reste que trois ans pour conserver un monde vivable » ou « L'humanité dispose de moins de trois années pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre » ou  « Climat : les émissions doivent plafonner d'ici trois ans pour que le monde reste "vivable"  lequel a été repris par nombre de journalistes et d’hommes politiques qui se complaisent dans le catastrophisme ou sont de sincères partisans de l’heuristique de la peur chère à Hans Jonas et aux extrémistes écolos. Ce que ça prouve surtout, c’est qu’ils ne lisent pas les rapports du GIEC alors qu’ils prétendent en faire leur bible. Car cette phrase n’y figure pas. Elle résulte d’un collage entre une interview d’un membre individuel du GIEC et une phrase du rapport sur les scenarios maintenant l’évolution de la température à moins de 1°.5°C par rapport à l’ère industrielle.

1) Réaction de François-Marie Bréon  concernant la situation française : « En France, ça fait plus  de 10 ans que les émissions baissent. Il est évident que la France doit faire plus, mais ce critère de 3 ans n’est pas à propos ».

https://twitter.com/fmbreon/status/1513362439659823109?t=amnBEJkua09vTuCAIqoZsw&s=09

2) Une affirmation pas cohérente avec les conclusions du rapport : Réponse en forme de mise au point dans une Tribune au Monde de climatologues, signée en en particulier par Valérie Masson-Delmotte 

« Avons­-nous, pour autant, « trois ans seulement pour garantir un monde vivable », comme on a pu l’entendre dans les médias ? Cette affirmation... en forme de compte à rebours particulièrement alarmiste ne figure pas dans le rap­port. C’est pourtant ce qu’affir­mait, dans son titre, la première dépêche de l’Agence France ­Presse nsur le sujet, publiée à l’instant même où le rapport était rendu public [le 4 avril] : peak before 2025 for “liveable fu­ ture” » (« Les émissions doivent at­ teindre un sommet avant 2025 pour qu’un “avenir vivable” soit envisageable »). Abondamment reprise dans les médias nationaux et internationaux, elle sonne comme un nouvel avertissement dressé par la communauté scien­tifique à l’humanité, assorti d’une date butoir encore plus proche. Cette affirmation n’est, cepen­dant, pas cohérente avec les conclusions du rapport, et elle contribue même à en obscurcir les principaux messages…. le rapport identifie un ensemble d’« actions [qui] peuvent être prises dès à présent » pour « changer les trajectoires de développement, accélérer la réduction des émissions et les transitions dans tous les secteurs ».

Ces options existent, dans tous les secteurs (énergie, bâtiments, industrie, transports, agriculture, services, villes), au niveau de la demande comme de l’offre. Les actions à mener pour en faciliter la mise en œuvre sont connues, par exemple réorienter les investissements et financements sous-jacents. Les mettre en œuvre rapidement et simultanément constitue en revanche un immense défi. Il n’est pas utile d’y ajouter, en plus, une date butoir artificielle. »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/27/il-n-est-jamais-trop-tard-pour-agir-en-faveur-du-climat_6123859_3232.html

S. Foucart : le GIEC est responsable…des difficulté de l’écologie politique en France

Réaction surprenante (quoique) de l’inénarrable et néanmoins dangereux Stéphane Foucart qui rend le GIEC…responsable des difficultés de l’écologie politique en France

«  La popularisation des travaux d'organes d'expertise comme le  Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), n’est peut­-être pas non plus étrangère à la disparition de  la question climatique du débat  politique. En particulier, dans son dernier opus publié début avril.. où le GIEC présente des scénarios  de développement susceptibles d’atténuer le réchauffement en  cours."

Alors bon c'est bien ennuyeux ces experts qui expertisent, surtout lorsqu'ils proposent des solutions et empêchent de catastropher en rond...

Aboutissement logique d'une dérive irrationnelle, anti scientifique et sectaire.

 

Que l’excellent Gorce a justement excellement illustré :



https://twitter.com/EricSartori3/status/1515358537039458316

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/17/la-ligne-editoriale-des-grands-medias-audiovisuels-a-rendu-presque-impossible-l-affirmation-d-un-debat-politique-sur-l-environnement_6122502_3232.html

François Marie Bréon :Video très pédagogique sur le fonctionnement du GIEC : Interview de François-Marie Bréon, climatologue: "Pourquoi le GIEC publie-t-il des scénarios 100 % renouvelables, peu plausibles ?"

https://twitter.com/pnc_france/status/1407288640074661892?t=Ta9pMhkU3J0cmTPoUSLVAQ&s=09


Commentaire : Comme expliqué, la propagande type « trois ans pour conserver un monde vivable » est contreproductive et inacceptable d’autant qu’elle conduit facilement à de mauvaises décisions …mais qui servent très bien l’intérêt de quelques-uns. Comme par exemple investir dans des zones industrielles éoliennes sans quasiment aucun intérêt climatique et en détruisant des dizaines d’ années de protection de l’environnement terrestre et marin plutôt que d’investir dans la construction et la recherche de nouveau nucléaire, ou de capture du carbone, ou de biocarburants à partir d’algues ETC ;, investissements à plus long terme mais beaucoup plus efficaces .


lundi 18 avril 2022

EOS Eoliennes en Méditerranée : Avis de la CNDP sur la décision des responsables du projet

 Rappel : Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Pour le débat CNDP, cf. sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/compte-rendu-du-debat-eos-eoliennes.html


En fait lorsque le CNDP estime que les responsables du projet ont bien abordé tous les sujets soulevés dans le compte-rendu et le bilan du débat public et qu’il y a eu des avancées importantes du ministère de la transition énergétique…elle se fiche un peu du monde. En fait la vraie satisfaction qu’a obtenue la CNDP et à laquelle elle semble beaucoup tenir, c’est  que l’Etat s’engage à mener une large consultation des Françaises et des Français sur la politique énergétique nationale.

 Parce que pour le reste, selon la CNDP elle-même :

Etude des impacts environnementaux : satisfaction très partielle : 1 zone/3

La CNDP constate que «  le débat a permis de soumettre le choix définitif d’une zone d’implantation des éoliennes (la zone 2, située au large du Golfe de Fos-sur-Mer) aux résultats à venir d’études permettant d’en évaluer les impacts environnementaux.

Pour autant, les commissaires de la CNDP « relèvent l’absence d’explications sur la non prise en considération des résultats de ces études environnementales pour le choix des deux autres zones d’implantation, qui est présenté comme définitif (la zone 1 au large de Port-la-Nouvelle et la zone 3, la plus au sud, au large des Pyrénées-Orientales

 Possibilité d’éloigner davantage les éoliennes des côtes : c’est non !

« il n’a pas été donné de suite à la demande d’études pour évaluer la possibilité d’éloigner plus encore des côtes ces projets de parcs éoliens. »

Moratoire en attendant le retour des fermes pilotes c’est non !

« Si les responsables du projet ont décidé de maintenir le calendrier envisagé du projet, ils n’expliquent pas pourquoi les choix des zones et des grandes caractéristiques du projet sont effectués sans attendre le retour d’expérience des fermes pilotes et les résultats des études environnementales. »

Des concertations sur la pêche et le tourisme… à venir oui, peut-être, enfin on verra

« Les responsables du projet  -ne suivent pas la recommandation de la CPDP de créer un comité citoyen de rédaction du cahier des charges. ; -s’engagent à un dialogue constant avec le monde de la pêche ; les modalités de ce dialogue devront être définies avec les garant.e.s ; - s’engagent à mener une étude précise sur les impacts potentiels du projet sur l’économie touristique du littoral ; « 

Pas trop dupe, la CNDP note : ces différentes évolutions devront être consolidées par des engagements précis et transparents.

Et la CNDP enfonce le clou sur la concertation : les responsables du projet se déclarent ouverts à une concertation à toutes les étapes de l’évolution du projet, or le rapport retient principalement le site internet d’information et les instances de pilotage existantes à travers le Conseil maritime de façade (CMF)… qui n’est pas ouvert au public !

 Remarque :  un des grands griefs adressé au débat avait été un calendrier judicieusement ajusté pour éviter toute discussion vive sur l’impact sur l’économie touristique..

Respect des zones Natura 2000, c’est non !

« Leur objectif de protection peut être compatible avec un développement économique raisonné, ..Dans les sites Natura 2000 et du Parc naturel marin du golfe du Lion dans lesquels le développement d’éoliennes flottantes peut être compatible avec les objectifs de protection de ces espaces »

Remarque : le non respect des zones Natura 2000, en Europe, c’est quasi une exclusivité française, cf. le rapport du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sur le développement de l’énergie offshore en France (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html)

Réduction de la taille des éoliennes pour les rendre moins visibles de la côte, c’est non !

« La réduction de la taille des éoliennes, et donc de leur puissance unitaire, conduirait à augmenter significativement le nombre d’éoliennes à installer, avec pour corollaire un impact environnemental, un impact sur les usages (pêche, navigation) et un coût plus important…. »

 Rendre public le processus de sélection des candidats, à toutes ses étapes, c’est non

« Certaines étapes de cette procédure doivent, pour assurer son bon déroulement et garantir sa sincérité et l’effectivité de la concurrence, rester confidentielles »

«Enfin, signalons un tout petit problème : « Comme l’a souligné la CPDP, aucune zone consensuelle ne se dégage nettement »

 Les éoliennes, tout le monde en veut bien, mais chez les autres.

Enfin, la CNDP appelle  les responsables du projet à apporter des précisions sur le calendrier des études environnementales sur les quatre zones, destinées à « caractériser précisément l’état actuel de l’environnement ».

 En effet, ce serait une bonne idée…

Rapport de la CNDP : https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2022-04/AVIS_2022_42_EOL_MED_9-et-annexes.pdf

dimanche 17 avril 2022

Vers une transition énergétique juste : c’est l’énergie nucléaire qui fournit les emplois les mieux rémunérés dans le secteur de l’énergie décarbonée.

 Colloque AIEA : Towards a Just Energy Transition: Nuclear Power Boasts Best Paid Jobs in Clean Energy Sector

https://www.iaea.org/newscenter/news/towards-a-just-energy-transition-nuclear-power-boasts-best-paid-jobs-in-clean-energy-sector

 - Le passage à l’énergie décarbonée créera plus d’emplois que ce qui est perdu avec l’abandon des combustibles fossiles et les mieux payés continueront d’être dans l’énergie nucléaire, qui fournit des emplois importants et durables bénéficiant aux économies locales et régionales.

- Les investissements dans les sources d’énergie propres telles que l’énergie solaire, éolienne et nucléaire ont un impact positif sur le produit intérieur brut (PIB) qui est deux à sept fois plus élevé que les dépenses en sources fossiles telles que le gaz, le charbon et le pétrole

 - « le secteur des énergies renouvelables pourrait passer de 12 millions à 38 millions d’emplois d’ici 2030. D’autres emplois liés à la transition énergétique – tels que l’efficacité énergétique, les réseaux électriques, la flexibilité des systèmes énergétiques – pourraient passer de 16 millions à 74 millions au cours de la même période » (Michael Renner, IRENA). En revanche, les emplois dans le secteur de l’énergie conventionnelle passeraient de 39 millions à 27 millions

 - Selon le document du FMI, les investissements dans l’énergie nucléaire produisent le plus grand effet multiplicateur économique de toutes les sources d’énergie propres. L’énergie nucléaire crée environ 25% plus d’emplois par unité d’électricité que l’énergie éolienne, tandis que les travailleurs de l’industrie nucléaire gagnent un tiers de plus que ceux du secteur des énergies renouvelables.

- Des résultats similaires ont été présentés par Philippe Costes, conseiller principal à l’Association nucléaire mondiale (WNA). « Le nucléaire offre des emplois avec des salaires plus élevés que toute autre technologie énergétique, environ 25 à 30 % plus élevés. Mais surtout, alors que le nucléaire fournit des emplois localement autour de la centrale et dans les économies régionales pendant la construction similaire à l’éolien, pendant l’exploitation, seul le nucléaire fournit des emplois importants et durables aux économies locales et régionales »,

- Une étude de la WNA a révélé que l’énergie nucléaire fournit environ 25% plus d’emplois par unité d’électricité en France et aux États-Unis que l’énergie éolienne, et que ces emplois sont bien rémunérés, à long terme et principalement locaux.

Les avantages économiques à long terme du nucléaire se reflètent également dans le niveau croissant de localisation pour les pays nouveaux arrivants, soulignant l’exemple de la Corée du Sud, dont la montée en puissance de l’énergie nucléaire a coïncidé avec le fait de devenir la 11ème plus grande économie du monde au milieu des années 1990. Le nucléaire produit près d’un tiers de l’électricité de la Corée du Sud

« Quand vous regardez le développement de la Corée du Sud, vous avez une belle corrélation entre la croissance de l’industrie nucléaire et la croissance du pays, alors que l’énorme parc de réacteurs est devenu de plus en plus indigène – ils ont développé leur propre infrastructure, industrie et approvisionnement » (Philippe Costes, WNA)

Donc, il est possible d’avoir une transition énergétique juste, économiquement soutenable et socialement acceptable, et ceci d’autant plus facilement que le développement du nucléaire sera important

Ce que montre aussi l’analyse de RTE des scenario 2050 : le scenario le plus nucléarisé est de loin le moins couteux ( 20 milliards par an de différence avec un scenario 100%ENR, à supposer que celui-ci soit techniquement possible .


NB : l’analyse de l’effet comparé sur l’emploi du nucléaire et des ENR a déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/12/emplois-nucleaire-et-energie.html

 Il en ressortait les principaux résultats suivants :

- Sur l’ensemble du cycle de vie du projet de l’infrastructure en moyenne par an, par capacité installée, la filière nucléaire génère non pas 2 mais 3 fois plus d’emplois directs que les filières éoliennes terrestres ou solaires.

- L'intensité en emploi du scénario RTE  N03 ( le plus nucléarisé)  est le plus élevé : de l’ordre de 1,18 ETP/MW ; à consommation fixée, cela traduit d’une plus grande efficacité de ce mix.

Maintenant, si l’on fait une analyse complète par scénario sur le long terme, le nombre d’emplois toutes filières électrogène confondues ne varie pas significativement entre les différents scénarios de mix électrique.

Sauf que ces résultats restent largement tributaires des hypothèses faites sur la filière de l’éolien en mer. L’ importance prise par l’éolien offshore invite à d’autant plus de précautions que la filière industrielle n’est pas mature à date ;

 Les multiplicateurs verts : Building Back Better: How Big Are Green Spending Multipliers?

Etude FMI : https://www.imf.org/en/Publications/WP/Issues/2021/03/19/Building-Back-Better-How-Big-Are-Green-Spending-Multipliers-50264

Principe de l’étude : « il s’agit de la première étude estimant directement l’effet sur le PIB de l’argent dépensé pour favoriser la transition vers un monde zéro carbone et respectueux de la nature pour une variété de typologies de dépenses vertes. Bien que les dépenses « vertes » aient toujours eu tendance à être définies comme des dépenses qui aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous élargissons la définition pour inclure des exemples de technologies d’émissions négatives basées sur la nature (« solutions basées sur la nature » ou NBS) sous la forme de dépenses pour la conservation et le réensauvagement de la biodiversité. »

Commentaire : « La production d’électricité exclusivement avec des sources renouvelables dans le cadre des technologies actuelles présente plusieurs défis technologiques importants, car ces sources sont intermittentes, variables et imprévisibles, en fonction des conditions météorologiques et ayant par conséquent des facteurs de capacité limités (AIE, 2021). À l’échelle nécessaire, le stockage de l’énergie renouvelable n’est pas non plus une option viable à l’heure actuelle, car la technologie nécessaire est coûteuse et continue de se développer, bien que les prix baissent rapidement (voir Goldstein et Qvist, 2019; et, pour les estimations récentes des coûts de stockage, Lazard Asset Management, 2020). De même, produire et adapter l’énergie à partir de l’hydrogène en utilisant des énergies renouvelables n’est pas une option immédiate. Bien que l’idée d’un avenir plein d’hydrogène propre connaisse un élan politique et commercial sans précédent, l’hydrogène continue d’être utilisé dans la production d’énergie en brûlant des combustibles fossiles avec des émissions équivalentes aux émissions de CO2 du Royaume-Uni et de l’Indonésie réunis. »

Résultats : le multiplicateur est ~3.5 fois plus important pour le nucléaire que pour les ENR



Utilisation écologique des terres. Conformément aux conclusions rapportées ici, l’évaluation mondiale la plus complète jamais réalisée des impacts financiers et économiques de la conservation examine les impacts de six scénarios terrestres et marins combinés différents avec des compromis variables entre la protection de la biodiversité et les utilisations extractives. Il a été constaté que la protection de 30% des terres et des océans du monde offre de plus grands avantages que le statu quo, à la fois en termes de résultats financiers et de mesures non monétaires telles que les services écosystémiques.

Conclusions :

1) Investir dans l’énergie propre, comme l’énergie solaire, éolienne ou nucléaire, finit par produire plus de PIB que consommé ( multiplicateur keynesien). Ce multiplicateurs est notablement puls élevé ( 3.78 contre 1.11) pour le nucléaire que pour les ENR  En revanche, les dépenses consacrées à la production d’énergie non respectueuse de l’environnement consomment du PIB (multiplicateur inférieur à 1)

2) Protéger l’environnement et la biodiversité est extrèmement rentable ( Fort multiplicateur 6.67) NB : c’est en fait beaucoup plus que les ENR , d’où une conclusion possible et personnelle : on n’a pas trop intérêt à sacrifier la protection de l’environnement et de la  biodiversité à l’extension indéfinie des ENR.

3) L’orientation des stimuli économiques vers des investissements qui favorisent la décarbonation et la capture du carbone grâce à des solutions basées sur la nature n’est pas seulement bonne pour la planète: elle promet également d’être le chemin le moins cher et le plus court vers une économie mondiale prospère.

samedi 16 avril 2022

Un programme nucléaire anglais ambitieux

8 nouveaux grands réacteurs nucléaires : En mars 2022 le gouvernement britannique a annoncé une nouvelle stratégie énergétique, misant sur le  nucléaire et les  ENR pour réduire la consommation  de fossiles. En ce qui concerne le nucléaire,  construction de 8 nouveaux réacteurs nucléaires ;  un projet de nouveau réacteur devrait être lancé chaque année jusqu'en 2030. (au lieu d’un tous les 10 ans)

D'ici 2050, le Royaume-Uni  projette 24 GW de capacité de production nucléaire, représentant 25 % de la demande d'électricité estimée. Un nouvel organisme appelé Great British Nuclear sera créé pour piloter la mise en oeuvre du plan.

Par ailleurs, selon la SFEN, le process est en cours au Parlement pour approuver les deux nouveaux EPR à Sizewell C dans le Suffolk



Pour  Boris Johnson,  « une énergie plus propre et plus abordable sera fabriquée en Grande-Bretagne dans le cadre de plans audacieux visant à renforcer l’indépendance énergétique, la sécurité et la prospérité à long terme »

« Un nouvel organisme gouvernemental, Great British Nuclear, sera mis en place immédiatement pour prendre en charge les nouveaux projets nucléaires, soutenu par un financement substantiel, et nous lancerons le Future Nuclear Enabling Fund de 120 millions de livres sterling ce mois-ci »

« Sous réserve de l’état de préparation technologique de l’industrie, les petits réacteurs modulaires constitueront un élément clé du pipeline du projet nucléaire. »

Selon le nouveau plan de Johnson, le nucléaire fournira 25% de l’énergie du pays dans trois décennies, contre 16% actuellement. Le gouvernement « travaillera pour faire avancer une série de projets dès que possible cette décennie », y compris le site de Wylfa au Pays de Galles,

La renaissance planifiée de l’industrie nucléaire a cafouillé pendant plus d’une décennie, plusieurs projets n’ayant pas réussi à démarrer et le seul en cours de construction ayant subi des retards répétés. Cette renaissance est d’autant plus nécessaire  et urgente qu’ à l’heure actuelle, tous les 11 réacteurs du Royaume-Uni, sauf un, sur cinq sites devraient fermer d’ici la fin de la décennie.

En ce qui concerne EDF, celui-ci  construit une nouvelle centrale à Hinkley Point dans le sud-ouest de l’Angleterre, et avant mercredi, le plan du gouvernement était d’accepter d’ici 2024 de construire une autre centrale nucléaire de grande puissance d’EDF (EPR2), probablement à Sizewell C. L’entreprise Française envisage également de prolonger la durée de vie de sa station Sizewell B de 20 ans, jusqu’en 2055.

Le problème CCNC : Pour Sizewell, le gouvernement tente  de revenir sur  la participation de 20% que la société chinoise China General Nuclear Power Corp. détient dans le développement du projet aved EDF. Et sur la centrale de Bradley, que CCNC est censée construire seule .

https://www.gov.uk/government/news/major-acceleration-of-homegrown-power-in-britains-plan-for-greater-energy-independenc 

Quels investissements et quels investisseurs ?

Pour Bloomberg et il faut bien le dire, un grand nombre d’agences financières, il risque d’y avoir un problème de financement : « Les ministres veulent des capitaux privés pour 60% des coûts de construction de Sizewell C sur la côte du Suffolk, l’État et EDF prenant tous deux une part de 20%. »

 « Les investisseurs privés n’ont pas encore été convaincus que les rendements de l’énergie nucléaire sont suffisamment attrayants pour investir des milliards de livres dans un nouveau parc de réacteurs poussé par le gouvernement britannique. Une politique peu claire, la concurrence des énergies renouvelables et des préoccupations quant à l’attrait des rendements financiers font tous l’investissement…

Or des solutions existent et notamment le RAB  cf l’étude de KPMG sur le programme nucléaire des Pays-Bas).  Le Regulated Asset Based permet de répondre aux besoins des financiers privés avec des revenus assurés dès la phase de construction ; un degré élevé de certitude quant au rendement en fournissant une redevance fixe à un niveau de coût raisonnable qui comprend l’amortissement des investissements, les coûts d’exploitation et les coûts de déclassement ;  la possibilité d’introduire un « plafond de financement », un maximum du montant d’investissement à apporter par les financiers au-delà duquel les augmentations de coûts supplémentaires sont supportées par le gouvernement.

cf. https://www.blogger.com/blog/post/edit/7992602882194696168/7561501469603589037

Et pour terminer le refrain de la finance verte :

« Pour les investisseurs, le manque d’expertise en matière d’investissement dans l’énergie nucléaire et les conflits potentiels avec leurs politiques environnementales, sociales et de gouvernance existantes sont des préoccupations supplémentaires, ont déclaré des personnes proches du dossier. Les technologies renouvelables comme l’éolien offshore - qui sera un autre objectif du nouveau plan national - sont en concurrence pour le capital des investisseurs et le cas est beaucoup plus clair, »

Ah oui vraiment ? Très clair pour l’efficacité climatique, pour une transition climatiquement efficace économiquement et socialement soutenable ?

Là je dois dire que j’en ai un peu assez de ce compagnonnage très greenwashing entre la finance et des organisions environnementales toujours antinucléaire où chacun tire la barbe de l’autre et en tire profit, la finance en apparaissant verte à bon ( ou plutôt à mauvais compte), les ONG en acquérant un vernis de crédibilité. Cf. l’exemple parfait de la plate forme finace durable européenne et de son avis sur la taxonomie…

https://www.blogger.com/blog/post/edit/7992602882194696168/7597131390557434219

https://www.bloomberg.com/news/articles/2022-03-29/johnson-s-big-push-on-u-k-nuclear-power-leaves-investors-wary

Autres aspects du  plan : éolien off shore, on shore, pompes à chaleurs

« Nos plans ambitieux incluent également : l’éolien offshore : une nouvelle ambition allant jusqu’à 50 GW d’ici 2030 – plus que suffisant pour alimenter chaque foyer au Royaume-Uni – dont nous aimerions voir jusqu’à 5 GW provenant de l’éolien offshore de grande profondeur. Cela sera étayé par de nouvelles réformes de planification visant à réduire les délais d’approbation des nouveaux parcs éoliens offshore de 4 ans à 1 an »

éolien terrestre :prudence :  « nous mènerons des consultations sur le développement de partenariats avec un nombre limité de communautés solidaires qui souhaitent accueillir de nouvelles infrastructures éoliennes terrestres en échange de factures d’énergie moins élevée. »

Pompes à chaleur : « nous organiserons un concours d’accélérateur d’investissement dans les pompes à chaleur en 2022 d’une valeur maximale de 30 millions de livres sterling pour fabriquer des pompes à chaleur britanniques, qui réduisent la demande de gaz. »

Solaire : « Nous chercherons également à augmenter la capacité solaire actuelle de 14 GW du Royaume-Uni, qui pourrait être multipliée par 5 d’ici 2035, en modifiant les règles applicables aux projets solaires, en particulier sur les toits domestiques et commerciaux. »