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samedi 13 octobre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-10 : la politique européenne de la pêche


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.


Après 1) la campagne Européenne commence bien ! Macron à Epinal, 2) la politique étrangère, une certaine odeur d’affairisme, 3) grands problèmes avec l’euro, 4) petits arrangements avec la démocratie, 6) l’Eurokom, son immigration, sa démographie ; 7) A la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne 8) Des dizaines de milliers de normes !  continuation de la série sur une compétence européenne : la politique de la pêche, ou quel bilan quand on donne le pouvoir à l’Eurokom.

Rapport au vitriol  de la Cour des Comptes.

Voyons donc comment l’Europe s’en tire quand on lui confie une compétence. Et bonheur des bonheur, pour une fois, il y a eu une évaluation de cette politique par la Cour des Comptes Européenne (Rapport spécial n° 08/2017). Ladite Cour commence bravement par rappeler que « la politique commune de la pêche (PCP) vise à garantir la viabilité à long terme du secteur de la pêche et des stocks halieutiques. Et la conclusion est claire : l’ « Union européenne ne disposait pas encore d'un système de contrôle des pêches suffisamment efficace pour contribuer à la réussite de la PCP ». En fait, aucun des pays controlés n’est en mesure de vérifier jusqu’à la capacité exacte de sa flotte de pêche (pour la jauge notamment). Même chose pour les informations sur les navires figurant dans son fichier de flotte. Le rapport souligne également un décalage important  (euphémisme eurocratique :  des incohérences !) entre les informations contenues dans le fichier de flotte et les pièces justificatives, entre les débarquements déclarés et les relevés effectués lors de la première vente, entre le total des captures enregistrées par les Etats membres et les données dont dispose la Commission. Incohérences à tous niveaux. Et encore : « La surveillance par satellite ne couvre quant à elle qu’un bateau sur 10. Finalement, 89% des navires de la flotte de l’Union européenne ne sont pas contrôlés, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses infractions. Et quand contrôle il y a, les sanctions ne sont généralement pas dissuasives. ». .

La Cour conclue que tout ceci  « est de mauvais augure pour le respect effectif des quotas et pour la survie des espèces les plus menacées par la surpêche » Fermez le ban !

Pêche électrique, pêche profonde. Des aberrations trop longtemps tolérées, voir encouragées.

La pêche électrique a été interdite en Europe en 1998 mais la Commission européenne l’a autorisée, avec l’accord du Conseil, à partir de 2006 dans le cadre d’un régime dérogatoire exceptionnel. Cette décision inique, qui allait à l’encontre de l’avis scientifique explicite fourni à la Commission, n’en finit pas de semer le désordre dans le secteur de la pêche : toute une flotte chalutière aux Pays-Bas a été convertie à l’électricité, c’est-à-dire une méthode de pêche interdite et destructrice, sous couvert de licences expérimentales et scientifiques.

Bien pire : pour sauver la flotte de chalutiers à perche néerlandais au bord de la faillite, la pêche électrique, jusqu’alors considérée « destructrice » a été rebaptisée comme « innovante ». Ce tour de passe-passe a non seulement permis aux industriels de pratiquer cette méthode de pêche interdite, mais aussi d’obtenir des millions d’euros de subventions pour équiper les chalutiers en électrodes, la note étant payée par l’argent public des contribuables et des citoyens européens.
Réaction de l’Association Bloom : « ce qui nous indigne, c’est de voir que les politiques publiques sont sciemment complices de la destruction de l’emploi. Soutenir les méthodes de pêche les plus violentes pour l’environnement est déjà inacceptable, mais que les pouvoirs publics persistent à encourager, et même financer, les méthodes de pêche qui détruisent les métiers les plus vertueux, ça nous ulcère ». Il faut savoir que les chalutiers électriques rejettent entre 50 et 70% des poissons capturés, contre 6% pour  les filets maillants.

Le Parlement européen s’est prononcé en janvier 2018 pour l’interdiction totale et définitive de la pêche électrique en Europe. L’issue du vote est demeurée incertaine jusqu’au dernier moment, les pêcheurs industriels néerlandais se déchaînant auprès du Parlement qui a été inondé de « fake news » de la part des lobbies… Reste maintenant à mettre la mesure en application, et c’est pas encore fait….après autant d’encouragements donnés aux néerlandais.

De même, Bloom et Deep Sea Conservation Coalition après une pétition lancée en 2013 (900 000 signatures) ont fini par obtenir fin 2016 l’interdiction du chalutage profond à plus de 800 mètres dans les eaux européennes, technique extrêmement destructrice d’éspèces frgiles se renouvelant lentement. Encore Bloom a-t-il pointé « les nombreux reculs du texte par rapport à la version du Parlement européen que la rapporteure du texte aurait dû défendre mais qu’elle a bradée en raison de conflits d’intérêts et d’une prise de position ouvertement favorable aux industriels de la pêche. Les deux principales pertes sont la zone d’application du règlement qui ne concerne que les eaux européennes mais ne s’appliquera pas en eaux internationales de tout l’Atlantique Nord-Est, et l’ensemble des mesures contraignantes qui visaient à assurer une gestion durable des poissons d’eau profonde ».

Et pourtant, il y a urgence : Au fil des ans, l’épuisement du poisson le long des côtes de la mer du Nord a amené les pêcheurs traditionnels au bord du gouffre économique. A titre d’exemple, entre 2014 et 2018, les fileyeurs des Hauts-de-France ont perdu en moyenne 50% de leurs captures de soles. Les lobbies industriels, année après année, ont pris le contrôle des flottes, des organisations de producteurs (qui allouent les quotas de pêche), des organes de représentation politique et des structures de gestion portuaire. Lentement mais sûrement, les petits pêcheurs ont été réduits au silence. Ils savent que s’ils osent dénoncer les acteurs dominants, les représailles sont immédiates et féroces (quotas, droits de pêche, licences, etc.)

Des solutions qui marchent mais ne sont pas défendues par l’Europe : l’exemple vertueux de la coquille Saint Jacques.

Et pourtant aussi, les solutions sont connues : le contrôle de la pêche par des associations locales, par exemple  les groupes d’action locale pêche (Flags, en euranglais) qui permettent de mettre en place des stratégies et des mesures en faveur de la pêche durable. Elles permettent le renforcement de la compétitivité des zones de pêche, la  restructuration, le
redéploiement et la diversification des activités économiques, la valorisation des produits
de la pêche, la  protection de l’environnement ; restauration d’une production endommagée par une calamité…

Un très bon exemple est la gestion de la pêche de la coquille Saint-Jacques en Manche. À la fin des années 80, son équilibre fut en effet menacé par de mauvaises reproductions et le secteur entier a failli  disparaître. Les pêcheurs se sont alors d’eux même imposé un certain nombre de restrictions. Tout d’abord avec une limitation des jours de pêches, l’établissement d’un système de licence ou encore une réglementation accrue sur la taille des navires et la largeur des mailles des filets. Un quota est fixé chaque année par les pêcheurs eux même et évolue au fil de la campagne. Les captures sont comptabilisées au jour le jour pour suivre les évolutions du stock. C’est l’institut Français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) qui se charge de fournir les données scientifiques et c’est sur ses recommandations que le comité des pêcheurs fixe le quota annuel. Typiquement, la pêche se pratique d’octobre à avril, 2 jours par semaine, 45 minutes par jour. Les coquilles Saint-Jacques ne correspondant pas aux critères sont rejetées en mer.
« Chaque pêcheur est responsable de sa production et agit en conséquence » affirme Christophe Halary, chargé de mission du secteur pêche des Côtes d’Armor. Depuis la mise en place de ces mesures, les résultats sont concluants. Un vrais succès : le stock de coquilles Saint Jacques  s’est rapidement renouvelé et stabilisé, et les pêcheurs en v très bien.

Rappel : La coquille n’est pas une espèce régie par des quotas de l’Union européenne ! Ah ben voilà, c’est pour ça que la pêche durable pu s’imposer. A un petit problème près : les britanniques ne s’estiment pas tenus par les décisions des pêcheurs français et viennent piller les stocks que ceux si ont si heureusement reconstitués, et l’Europe ne fait rien pour les protéger. Alors en aout 2018, une trentaine de bateaux français et anglais se sont affrontés dans une véritable bataille navale, allant même jusqu’à l’abordage- tiens, un problème que le brexit devrait résoudre !

Bref, cette politique de la pêche confiée à l’Europe est du propre aveu des instances européennes, un échec qui n’a pas permis l’instauration d’une pêche durable ; elle n’a pas empêché la détérioration des stocks de poissons, elle a trop longtemps autorisé, et même encouragé, et même financé  des pratiques néfastes ( pêche électrique, pêche à grande profondeur), elle n’a pas permis à de nombreux pêcheurs de vivre de leur activité, bien au contraire, elle a favorisé une pêche ultra industrielle, ravageuse, dans des conditions totalement obscures, sans contrôle réel des quota ; il est quand même étrange que tant d’armements espagnols se soient imposés sur nos côtes bretonnes au détriment des pêcheurs locaux. Elle n’a même pas épargné les vexations inutiles aux littoraux, limitant leurs prises à 3 bars par jours au sud de Quimper et l’interdisant totalement au nord. !!! alors que pendant des années, nul n’a pu empêcher l’industrie de la pêche de piller les frayères en toutes saisons.

Et ceci alors que les solutions sont connues, la gestion par des communautés de pêche locales, avec le respect de zones et de périodes de reproduction…mais qu’elles vont à l’encontre de la doxa libérale de Bruxelles.

Oui, vraiment, il faut sortir de cette Europe-là




mercredi 10 octobre 2018

Politique énergétique : mensonges et enfumage!


Gros Mensonge de Greenpeace sur le CO2, le solaire et le nucléaire.

L'association a publié en septembre 2018 un classement des fournisseurs d'électricité « verte » dans lequel sont diffamés comme d’habitude les services publics ( EDF comme fournisseur d’électricité au tarif réglementé, Engie pour le gaz) et dans lequel ne sont reconnus comme  véritablement verts que des acteurs marginaux (Energie d’ici, Enercoop et Ilek.).

Cette action de Greenpeace  a au moins un mérite : dénoncer un enfumage total et même une escroquerie caractérisée : « un fournisseur d’offres vertes peut se contenter d’acheter de l’électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu’il achète aussi un certificat “vert” ».

Il met aussi en évidence qu’il est tout simplement impossible d’assurer l’approvisionnement en électricité  et de lutter contre le dérèglement climatique si, par idéologie, on refuse de considérer comme « verte » l’énergie nucléaire, la plus décarbonnée et la plus économique qui soit.

 Enfin, il démontre une étrange alliance entre les écologistes antiprogressistes, les ultra libéraux et de grands intérêts privés, qui, constatant que la privatisation du nucléaire électrique ne sera jamais acceptée, veulent en réduire la part pour s’octroyer un immense gâteau dont profitent déjà  les margoulins des énergies nouvelles (notamment  éoliennes)

Et en passant Greenpeace commet un petit mensonge dans sa note où  le nucléaire est considéré émettant plus de CO2 que le photovoltaïque, ce qui est faux. Pour Greenpeace, le nucléaire est classé +/- en émission de CO2 alors que le photovoltaïque est classé ++. Un résultat surprenant au premier abord. En effet, les chiffres du Giec (cohérents avec les estimations internationales)  évaluent les émissions de CO2 autour de 50 g/kWh pour le photovoltaïque et autour de 12 g/kWh pour le nucléaire (contre plus de 700 pour pétrole et autour de 1000 pour le charbon)- soit tout de même, pour ce qui nous intéresse, quatre fois plus pour le solaire que pour le nucléaire !

Un peu embarrassé (et faisant preuve d’un petit reste d’honnêteté),  Greenpeace a avoué la manipulation : « Nous avons voulu marquer le fait que, en raison des défaillances du parc nucléaire existant en France et en Belgique, les centrales sont de plus en plus souvent arrêtées et, pour compenser, les exploitants font appel à des énergies très carbonées»… » «La France est très en retard sur le développement des énergies renouvelables. Ainsi, quand le nucléaire ne peut pas produire, c’est le charbon ou le gaz qui le prend en charge »

Oh les gars et les filles  ! Vous vous fichez un peu du monde. Et vous êtes incorrigibles : car lorsque le nucléaire tombe en panne, on ne peut le remplacer que par une énergie pilotable, qui produit de l’électricité quand on en a besoin, et pas quand il fait beau et qu’il vente !- donc, ni du solaire, ni de l’éolien !

Donc, si l’on veut lutter contre le réchauffement climatique, il faut plus de nucléaire et du plus puissant - des EPR. 
Réclamez tous à EDF le contrat citoyen et responsable nucléaire : « Parce que je suis conscient des périls climatiques et que je veux lutter contre eux, je veux que vous me garantissiez une électricité à 80% nucléaire ( et un peu hydraulique) »

 Gros mensonges sur les coûts : Le débat sur la transition énergétique doit prendre en compte tous les coûts.

C’est sous ce titre que deux experts de l’économie de l’énergie Jacques Percebois (Professeur émérite à l’université de Montpellier) et Stanislas Pommeret (Président de la division énergie de la SCF) ont publié une tribune intéressante dans Le Monde du 3 octobre 2018. Extraits :

Le débat parlementaire sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) va relancer les discussions sur la place relative du nucléaire et des renouvelables. Le mix électrique français est très largement « décarboné », ce qui est un atout dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, mais se trouve être largement le produit de l’histoire et des diverses transitions impulsées par les pouvoirs publics depuis des décennies, et non pour des raisons environnementales.
Lors des chocs pétroliers (1974 et 1979), la France s’est tournée vers le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique. En 1974, le nucléaire ne représentait que 8 % de la production d’électricité ; il en couvre aujourd’hui 72 à 75 %. Comme l’hydraulique permet de satisfaire 12 % environ des besoins et que les autres renouvelables (éolien et photovoltaïque) en fournissent 6 %, l’électricité produite en France est à 93 % « décarbonée ».

Le nucléaire de 2e génération (les 58 réacteurs en fonctionnement), largement amorti, est aujourd’hui compétitif puisque, malgré le bas prix de l’électricité sur le marché de gros (40 à 50 euros le MWh, soit 4 à 5 centimes d’euro par kWh), son coût est de l’ordre de 33 euros le MWh (soit 3,3 centimes d’euro par kWh).

(Et voilà pourquoi fermer Fessenheim est un gaspillage éhonté du patrimoine français, et une aberration climatique, industrielle, économique et sociale !)

Pour l’EPR de Flamanville, le montant annoncé de 10,9 milliards d’euros porte le coût du MWh à près de 100 euros, soit 10 centimes d’euro par kWh. La décision récente d’Edf de reporter à fin 2019 la mise en service de l’Epr de Flamanville, prévue au départ fin 2012 montre que l’industrie française a un peu perdu la mqin dans un domaine où elle excellait. .. Ainsi, la Russie, grâce à Rosatom, et la Chine, qui a mis en service il y a quelques semaines le premier réacteur EPR grâce à la collaboration française, deviennent aujourd’hui des leaders d’un secteur dont les perspectives demeures prometteuses.
« Les énergies renouvelables dont on vante la compétitivité croissante ne sont pas non plus exemptes de dérives. La promotion des énergies renouvelables du type solaire et éolien se justifie car elles sont décarbonées, mais à condition qu’elle se substituent à des énergies carbonées, et non au nucléaire (décarboné)…

Un rapport de la Cour des Comptes d’avril qui montre que les engagement déjà pris du fait de ces tarifs (promotionnels et subventionnés) des énergies renouvelables vont conduire à un surcoût cumulé de 121 milliards d’euros pour le consommateur d’électricité (jusqu’en 2044 !!, avec un pic vers 2022) surcoût financé par des taxes ( la CSPE- contribution au service public de l’électricité),soit de l’ordre de 4 à 5 milliards d’euros par an.

Ce coûteux système mis en place engendre deux effets pervers qui ne doivent pas être sous-estimés dans le calcul économique : l’injection sur le marché de gros de ces énergies rémunérées hors marché exerce un effet d’éviction sur le parc nucléaire et thermique, et cela risque fort de coûter cher en stockage ( NB qu’au surplus, on ne sait pas réaliser). Au-delà de 30 % environ de pénétration du renouvelable intermittent dans le mix électrique français,… le coût du stockage et du déstockage de cette électricité risque d’être élevé... Si l’on suppose que la part du nucléaire est plafonnée à 50% de la production d’électricité et que ce sont les renouvelables solaires et éoliens qui compensent cette réduction, le coût du stockage et du déstockage peut représenter à lui seul entre 4 et 20 centimes d’euros par kwh….
Conclusion : En d’autre termes, le débat doit prendre en compte tous les coûts directs et indirects des diverses solutions en compétition….

Coûts comparés de l’éolien et de l’EPR. Les margoulins de l’éolien et l’Ecolo Business.

En effet, donc petite remarque sur le site très utile du grand débat sur la transition énergétique : si l’électricité renouvelable est si intéressante, comment se fait-il que le prix de l’électricité augmente de façon très bien corrélée à l’augmentation des productions renouvelable dans tous, absolument tous les pays ?
Et réponse plus argumentée : Avis n°478 Comparaison des coûts de production éoliennes et EPR en Europe en 2017.

Eolien on et off-shore : 103 MW de puissance installée. Ces installations ont un productible de 26 GWh/an pour un facteur de charge moyen de 30 %. Leur durée d’exploitation est prévue pour 20 ans. Au MW installé, ces éoliennes coutent 4 600 k€ par MW. Ramené au MWh produit, cela donne une production de 520 TWh sur 20 ans soit 88 €/MWh d’amortissement p
EPR : Sur 60 ans, l’EPR coute 11 Mds d’€ pour 1,65 GW installé ; donc au MW installé cela donne 6400 M€/MW. Le productible de l’EPR est 13 TWh par an sur la base d’une puissance installée de 1650 MW et d'une disponibilité de 90 %. Donc sur 60 ans, l’EPR aura produit 780 TWh.
Comparaison finale : Eolien : 106 €/MWh pour une électricité non pilotable sans back-up et stockage. EPR : 72,5 €/MWh pour une électricité pilotable.
Et encore : l’éolien est maintenant une technologie mature pour laquelle le coût ne diminuera plus significativement. L’EPR est une tête de série (qui a connu certains problèmes…) ; compte-tenu du retour d’expérience, le coût des futurs EPR diminuera considérablement.

Autres éléments, que l’on trouve sur le site de la CGT, qui mène une campagne exemplaire (avec FO et la CFE-CGC pour sauver le service public de l’électricité (voir https://www.mainbassesurlenergie.com). Extraits :

Il existe un Ecolo business qui vise à  casser le service public pour favoriser le privé. Les heureux profiteurs de l’Ecolo business ont été gavés par un flot d’aide d’Etat : le prix de l’électricité produite par le éoliennes est fixé à plus de 8 centimes d’euros le kw heur soit le double du prix de l’électricité classique (mesure prise par le vert Yves Cochet !).

S’en est suivi une ruée vers le nord : en une dizaine d’années, 5000 turbines le département de l’Aisne.  Les communes se lancèrent dans une compétition échevelée,  c’était la ruée vers les éoliennes, c’était véritablement la manne. On promettait des emplois, de la taxe professionnelle, du tourisme, des cars entiers de touristes devaient venir admirer les éoliennes. Et puis quoi : des installations qui changent de main à haute fréquence, en trois ans, quatre exploitants et des montages de plus en plus opaques ; des fonds de pension qui viennent d’Australie pour ramasser la manne des contribuables français. Et pour les riverains, au leu de la manne promise, des bruit continus, les nuisances visuelles, effets stroboscopiques, perte de valeur des habitations. Même Ségolène Royal s’en était émue : «  il y a tout un système spéculatif qui se met en place, on a eu des expériences assez désastreuses par le passé. Et Xavier Bertand reprenant pour sa région le cri de Marine Le Pen : Plus une seule éolienne.

En 2018, le surcoût des énergies renouvelables s’est élevé à pas moins de 8 milliards d’euros. Il s’agit d’un véritable hold up.
Ce fait significatif, repris aussi dans les video de la CGT. Le premier janvier 2018, il faisait relativement bon, il y avait du vent. Production très importante éolienne en France et en Europe, sauf qu’il n’ y avait aucun besoin industriel et peu de vesoin domestique. Résultat sur le marché  l’électricité était achetée à 82 euros le MW par EDF (prix garantis Cochet oblige) et vendue à -15 euros ! le MW, ce qui coûte aux Français 97 euros le Mw ! Le lobby de l’éolien remercie les Verts !

L’article de M. Percebois, article d’expert semble arriver au maximum de critique que peut exprimer un expert reconnu sans se mettre en péril. Mais enfin Mrs, s’il faut vous remercier pour votre lucidité, peut-on vous demandez un peu plus de courage. Si vous ne dites pas haut et fort ce qu’il en est qui le dira ?

Baisser la part du nucléaire à 50% est une absurdité injustifiable, c’est aller au rebours de nos engagement climatique et de la lutte contre la précarité énergétique, c’est catastrophique pour le climat, c’est catastrophique pour l’environnement, c’est catastrophique pour les consommateurs, c’est catastrophiques pour la compétitivité de l’industrie, c’est catastrophique pour la sureté d’approvisionnement aujourd’hui encore plus qu’hier indispensable tant nous sommes devenus dépendant, pour notre santé, pour notre vie même de l’électronique, c’est catastrophique socialement pour les salariés et pour les usagers.

Prétendre lutter contre le dérèglement climatique en baissant la part du nucléaire, c’est une hypocrisie ou une imbécillité. Il faut au contraire maintenir la part du nucléaire en France et l’augmenter dans tous les autres pays :

La production nucléaire d’électricité a encore un grand avenir devant elle, si nous voulons que l’Humanité et la Terre en ait un !

vendredi 5 octobre 2018

Dégressivité des allocations chômage des cadres : un pas de plus vers le démantèlement du modèle social français et une agression de plus contre les classes moyennes


L’idée circule en boucle, repart, revient. C’est Aurélien Taché (LREM), rapporteur sur le volet assurance chômage de la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel !!!!, (on peut difficilement se moquer davantage des gens !) est « d’instaurer une dégressivité à partir de six mois ou forfaitiser le revenu », car selon lui, « la justice sociale ce n’est pas de couvrir pendant deux ans des gens qui ont de très hauts revenus et pourraient retrouver un emploi ». C’est ensuite Edouard Philippe qui lors de son passage dans "L'Emission politique", sur France 2 a confirmé « La mise en œuvre de la dégressivité des indemnités de chômage pourrait être envisagée dans certains cas, pour les salaires très élevés, alors que les partenaires sociaux doivent négocier la nouvelle convention Unedic. »

Clairement il s’agit de monter l’opinion publique contre des cadres qui seraient profiteur du chômage afin de préparer la dégressivité des allocations chômages…alors même que la gestion paritaire de l’Unedic a été un succès qui a permis de retrouver l’équilibre financier, malgré la crise.

Qui ne voit et ne comprend qu’il s’agit aussi d’un pas vers la réalisation du programme libéral de destruction du principe même de l’assurance chômage pour la remplacer par un système minimal de solidarité permettant juste aux chômeurs de survivre complété éventuellement, pour ceux qui le pourront, par des assurances privées.

Ces gens (les macronistes) pensent, parlent, agissent gouvernent comme des porcs !

Gros mensonges et quelques chiffres

Ah ce fantasme du cadre chomeur aux Baléares ! Seulement 900 personnes touchent l’allocation maximale (7 454 € brut par mois soit 6560€ net), cela représente 0,03 % des bénéficiaires en 2017 ;
Le taux de chômage des cadres était de 3,3 % en 2017 ;
Les cadres ne représentaient que 7 % des allocataires indemnisés en 2016 ;
95 % des allocataires perçoivent une allocation de moins de 2 275 € brut par mois ;
En 2015, les cotisations des cadres apportent 42 % des cotisations chômage (33,4 milliards en tout) soit 14,1 milliards et perçoivent 15 % des allocations c’est-à-dire 4,7 milliards. Ce qui veut dire qu’il y a environ 10 milliards des contributions des cadres qui financent la solidarité ;
Selon le président de la CFE-CGC, les cotisations des cadres représentent 42 % des ressources de l’assurance-chômage, alors que les allocations qu’ils perçoivent n’en représentent que 15 % . « 

Que les cadres participent à la solidarité, c’est très bien ! Mais il est inadmissible de les en exclure », s’indigne M. Hommeril, qui juge « stupéfiant » de voir le premier ministre « tomber dans la stigmatisation des cadres ».

 Enfin, il est important de préciser que même si les contributions salariales au régime d’assurance chômage ont récemment été supprimées et remplacées par la contribution sociale généralisée (CSG), l’encadrement reste la population qui participe le plus au financement du régime, car la ou les contributions salariales étaient plafonnées, la CSG (assise aussi sur le salaire) ne l’est pas.
Et puis, si on baisse le plafond d’indemnisation des cadres, il faudrait baisser de la même façon toutes leurs cotisations, mais dans ce cas, l'Unédic perdrait beaucoup d'argent…

La conséquence : « Si les conditions sont dégradées pour les cadres, le risque est grand que leurs représentants ne renversent la table et décident de s'assurer tous seuls et sortent de l'assurance-chômage » Eric Heyer (Sciences Po, Directeur - département analyse et prévision. Et c’est bien ce que veulent provoquer les libéraux, la fin de l’assurance chômage remplacée par une prestation minimale « universelle » ; c’était même plus ou moins à mots cachés dans la programme du candidat Macron.

Et c’est l’exact contraire de la philosophie social démocrate du modèle suédois (voir mon blog Le modèle suédois, une protection sociale inclusive) qui repose sur le développement de services publics universel non pas en focalisant l’aide sur les plus démunis, mais en s’assurant le soutien des classes moyennes et aisées en les incluant dans des programmes d’assurance et des services publics universels et de qualité.

La dégressivité est inefficace

En 2015, un rapport de la Cour des comptes avait cité plusieurs études relatives au sujet, concluant que « la mise en œuvre d'une allocation dégressive engendre des économies, mais n'améliore pas globalement l'efficacité du système d'assurance chômage, qui dépend du niveau de contrainte que le marché du travail exerce sur la reprise d'activité des chômeurs ». En outre, comme l'a montré Le Monde, la comparaison des courbes du chômage des pays de l'Union européenne sur une décennie ne permet pas de tirer de conclusion relative à la mise en place ou non de la dégressivité. Un comparatif de l'Institut Montaigne a également montré que l'introduction de cette mesure dans ces pays s'est inscrite dans le cadre de réformes globales des systèmes d'assurance chômage, et qu'il était difficile d'évaluer son impact… Si même l’Institut Montaigne le dit !

Pour autant, la proposition de l'exécutif de cibler exclusivement les cadres à haut niveau de revenu ne vient pas de nulle part. Dans une étude de référence de l'Insee remontant à 2001, analysant la période où la France a pratiqué la dégressivité (1986-2001), les auteurs ont émis l'hypothèse que la dégressivité, peu efficace sur les salariés à bas revenus, avait un impact probable sur les cadres à hauts revenus. Ils ont observé une hausse "spectaculaire" du taux de retour à l'emploi lorsque ces derniers basculaient dans l'ancienne allocation de fin de droits (AFD), d'autant que la chute du niveau d'indemnisation était plus brutale pour eux.

Ah oui, mais qu’est-ce que cela signifie ? Pressés par la baisse de leurs allocations, les cadres privés d’emploi devraient accepter des postes qui colleraient moins à leurs compétences. « Ce qui serait injuste, défend Gilbert Cette (membre du Conseil d'analyse économique (CAE) on punirait les cadres quand ils se retrouvent au chômage. Réaction de François Hommeril, patron de la CFE-CGC : «  D'ailleurs, cette dégressivité existait avant et elle a été supprimée car elle ouvrait des trappes à la précarité. Voyant leurs allocations décroître, les gens acceptaient n'importe quel emploi qui se trouvait être sous-qualifié par rapport à leur qualification d'origine, à nouveau le perdaient (...) et basculaient de plus en plus dans la précarité ». Cela signifie aussi que les cadres sont alors réduit à prendre des emplois qui devraient normalement être pourvus par d’autres moins qualifiés, et cet effet d’éviction peut difficilement être considéré comme positif. Ajoutons que l’allongement des durées de cotisation pour la retraite frappe spécialement les cadres qui commencent plus tardivement leur carrière. « Les gens indemnisés de plus de 50 ans, souvent arrivés au chômage après une rupture conventionnelle, ne sont pas les plus désirables sur le marché du travail » (J-F. Foucard, CFE-CGC)
Réactions syndicales fortes
Si la CFE-CGC a réagi de façon extrêmement vive (« Nous considérons que ceux qui se sont exprimés sur le sujet ont fait du populisme au sens propre du terme: ils désignent à la vindicte des autres catégories une catégorie particulière pour éviter que chacun regarde les vrais problèmes", a accusé François Hommeril, pour qui la dégressivité "n'a pas d'impact économique positif », elle n’a heureusement pas été la  seule et il y a même un front syndical impeccable contre cette mesure. « La proposition de dégressivité pour les cadres est proprement scandaleuse » (Martinez, CGT). « Nous avons compris la logique du président, d'ailleurs détaillée lors de la campagne, de supprimer toute cotisation pour créer un droit individuel au chômage,. Mais nous n'avons pas renoncé au principe du droit collectif. » (Pascal Pavageau, FO). Et même la CFDT, qui parle de ligne rouge : « L'assurance-chômage est un système assuranciel. Il y a un consentement à payer, à cotiser selon son niveau de salaire parce qu'on va recevoir, si l'on se retrouve au chômage, selon ce niveau de salaire. Si vous mettez fin à cette logique assurancielle, vous allez avoir, du côté des cadres, une baisse du consentement à la solidarité interprofessionnelle qu'est l'assurance chômage. Donc je ne pense pas que ce soit une bonne idée ». (Laurent Berger).
C’est qu’ils ont bien compris ce qui est en cause, et qu’après les cadres viendront les autres : destruction du principe même de l’assurance chômage pour la remplacer par un système minimal de solidarité permettant juste aux chômeurs de survivre complété éventuellement, pour ceux qui le pourront, par des assurances privées.
Oui décidément, ces gens-là, ce gouvernement-là, cette majorité-là pensent, parlent, agissent gouvernent comme des porcs ! Mais qu’ils prennent garde : « l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques » !

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mercredi 3 octobre 2018

Le 300ème vol d’Ariane

Trois cents vols, un superbe anniversaire et un grand succès…ignorés

Le mardi 25 septembre à 19 h 38 en heure locale de Guyane, soit le mercredi  26 à 0 h 38 en Métropole, le vol VA243 a pris le chemin de l'espace, avec deux satellites à bord, destinés à l'orbite géostationnaire et représentant 10,8 tonnes. Le lanceur lourd a envoyé Horizons 3e sur son orbite de transfert 28 minutes plus tard et largué le second, Azerspace-2/Intelsat 38, 42 minutes après le décollage.
Cette mission qui s’est superbement déroulé présentait un caractère particulier : elle était la centième mission pour Ariane 5 et, en même temps, la 300ème pour l’ensemble de la famille Ariane, qui se compose du lanceur lourd Ariane 5, du lanceur moyen Soyouz et du lanceur léger Vega.

Tiens, à propos de en même temps, pas un président, pas un premier ministre, pas un ministre, pas même un ministricule envoyé à Kourou pour féliciter les équipes d’Ariane Space et se réjouir avec elles de son succès, pour rappeler la mémoire des ingénieurs et techniciens qui ont permis l’existence de ce programme, et même pourquoi pas, celle des dirigeants politiques qui ont voulu ce programme français et européen, au temps où la France et l’Europe avaient encore des ambitions ( c’était le monde d’avant, d’avant la Commission Européenne, l’Eurokom des boutiquiers bas de plafonds, avant une présidence actuelle qui n’a de considération que pour les financiers et les petites frappes (ce seraient pas les mêmes ?). Pas même un communiqué, pas même un tweet élyséen ! Même pas un petit commissaire européen.

Et ça, je le met à la rubrique jours de colères, qui s’enfle démesurément depuis l’arrivée au pouvoir de Macron !

Une grande aventure française et européenne

Ariane est en grande partie une initiative française, initialement issue des travaux du  CNES. La politique spatiale française, pour des raisons à la fois politiques et industrielles, a de tout temps été plus attachée au développement d'un lanceur européen que ses partenaires au sein de l'Agence spatiale européenne. Le programme Ariane est lancé en 1973 par l'Agence spatiale européenne afin de donner les moyens à l'Europe de mettre en orbite ses satellites sans dépendre des autres puissances spatiales. Ce projet avait été précédé d'un échec avec la fusée Europa. La première version, Ariane 1, effectue son vol inaugural depuis la base de Kourou (Guyane française) le 24 décembre 1979. Elle est rapidement remplacée par des versions plus puissantes, Ariane 2, Ariane 3 et Ariane 4 qui effectuent leur premier vol respectivement en 1984, 1986 et 1988. Pour faire face à l'augmentation de la masse des satellites, le lanceur est complètement refondu, donnant naissance à la version Ariane 5 capable de placer maintenant plus de 10,7 t en orbite de transfert géostationnaire. Son premier vol a eu lieu en 1996.
Malgré les échecs des deux premiers vols inauguraux, Ariane 5 a depuis fait taire ses détracteurs. Sur désormais 100 lancements, 95 ont réussi. C’est d’ailleurs cette constance à toute épreuve qu’Arianespace (filiale créée en 1980 par le CNES et les principaux industriels impliqués dans le programme) vend à ses clients. Car outre les missions scientifiques comme Rosetta et le ravitaillement de la station spatiale internationale, Ariane 5 a mis en orbite plus de 240 satellites, dont 152 pour les telecoms.

Un succès technique, scientifique, commercial

Le but d’Ariane au départ est de se rendre indépendant des technologies américaines et russes, et de pouvoir lancer un ou deux satellites gouvernementaux par an ;  il n'était pas prévu de développer une activité commerciale. Mais Ariane a été de plus un succès commercial majeur favorisé par  le  pas de tir de Kourou, inauguré en 1968 et sa localisation près de l'équateur, l'augmentation de la masse des satellites géostationnaires, les errements de la politique spatiale américaine autour de sa navette spatiale (les américains sont désormais dépendant des fusées russes pour rejoindre la station spatiale internationale ! ), des choix techniques et de dimensionnement pertinents  qui vont transformer la fusée Ariane en un acteur majeur sur le marché du lancement de satellites commerciaux.
Ariane 5 est solidement installé, avec plus de 50 % de part de marché, sur le créneau des satellites géostationnaires lourds. Dans le créneau des satellites plus légers (généralement militaire), l’alliance avec le lanceur russe Soyouz, qui utilise également les installations de Kourou constitue une offre complémentaire.

Une vitrine de l’industrie aéronautique française

ArianeSpace est une vitrine plus large de l’industrie française. Le premier étage cryotechnique est assemblé par EADS Astrium Space Transportation dans l'usine des Mureaux en région parisienne à partir du réservoir isolé et équipé, fabriqué par Cryospace, filiale à 55 % d'Air liquide et à 45 % d'Astrium installée sur le même site des Mureaux et de composants produits entre autres par Snecma (moteur Vulcain) sur le site de Vernon dans l'Eure, MAN sur le site d'Augsburg (Allemagne), Astrium Allemagne (ex Dornier) à Brême et Dutch Space aux Pays-Bas. premier étage cryotechnique EPC est assemblé par EADS Astrium Space Transportation dans l'usine des Mureaux en région parisienne à partir du réservoir isolé et équipé, fabriqué par Cryospace, filiale à 55 % d'Air liquide et à 45 % d'Astrium installée sur le même site des Mureaux et de composants produits entre autres par Snecma (moteur Vulcain) sur le site de Vernon dans l'Eure, MAN sur le site d'Augsburg (Allemagne), Astrium Allemagne (ex Dornier) à Brême et Dutch Space aux Pays-Bas. Snecma, groupe Safran est responsable de la conception et de l’intégration des moteurs cryogéniques Vulcain. EADS Astrium Allemagne fournit les chambres de combustion des moteurs (site d'Ottobrun) ainsi que l'étage à propergol stockable Aestus pour la version générique. Par ailleurs, pour le moteur Vulcain, Volvo (Suède) fournit le divergent de la tuyère, Avio SpA (Italie) la turbopompe oxygène et MAN le cardan. La motorisation des premières versions d'Ariane était conçue par la Société européenne de propulsion (SEP) qui fut par la suite intégrée à la Snecma. Les deux gros propulseurs à poudre (EAP) sont fabriqués par la société Europropulsion détenue à parts égales par Snecma et la société italienne Avio SpA. La tuyère est réalisée par Snecma, le corps du propulseur par MAN en Allemagne tandis que les ergols sont préparés et coulés par Regulus une société détenue à 60 % par l'italien Avio et à 40 % par Snecma. L'assemblage des propulseurs est réalisé sur le site de Kourou en Guyane. Enfin, la coiffe est réalisée par la société suisse Contraves. : l’Europe ne se limite pas à  Bruxelles !

Exemple prestigieux de ce que peut une politique industrielle bien menée, qui doit ici beaucoup à la volonté française d’indépendance, au savoir-faire de divers pays européen riches de traditions aéronautiques, à une coopération exemplaire avec ce pays européen qu’est la Russie ( et rien à la Commission européenne) 
Ariane mérite mieux que cette indifférence incompréhensible, idiote, vexante de nos dirigeants politiques.

De nouveaux défis pour continuer !

Et surtout Ariane doit  continuer et doit continuer à évoluer pour s’adapter au marché des satellites - ce sera le rôle d’Ariane 6. La compétition sera plus vive, puisque les américains font d’immenses efforts pour revenir dans la course avec des lanceurs réutilisables. Après l’arrêt des navettes spatiales, la Nasa a lancé un programme pour s’équiper de nouveaux lanceurs réutilisables. Si le See Launch piloté par Boeing a connu un échec humiliant, la société Space X du mirobolant Elon Musk connait un certain succès. En mars 2006, à la tribune d’un congrès spatial,  il lançait : « Salut à tous, je m’appelle Elon Musk. Je suis le fondateur de SpaceX et dans cinq ans vous êtes tous morts». D’accord, mais il a quand même fallut attendre 2015 pour une  première récupération réussie du premier étage ; le 8 avril 2016 pour l’appontage du premier étage du lanceur sur une barge océanique (que Space X semble maintenant bien maitriser) ; et le 30 mars 2017 à l'occasion de la mission SES-10, pour la première réutilisation d’un un premier étage ayant précédemment servi. Space X semble prêt du but, après un nombre conséquent d’échec, dont l’un a failli le couler : le 1er septembre 2016, un essai de mise à feu des moteurs du lanceur Falcon 9 FT a provoqué la destruction de la fusée, de son chargement et du pas de tir causant un retard considérable au programme de satellite géostationnaire iridium.

La perte de rendement due à la nécessité de garder des réserves de carburant pour l'atterrissage, la réduction des économies d'échelles liée à la baisse du volume de production de lanceurs neufs, les coûts de remise en état du lanceur ;la commercialisation plus difficile de lanceurs usagés (fiabilité à déterminer) font que le choix d’un lanceur réutilisable n’ a rien d’évident – l’échec de la navette spatiale le prouve.  Space X réussit, en particulier avec le Falcon heavy, à concurrencer Ariane5, mais la messe est –elle dite ? Quant aux coûts et à la stratégie, la  fiabilité d’Elon Musk est… ce qu’elle est, contrepartie de son audace et de son caractère visionnaire. Space X est très très largement financeé par le contribuable américain, notamment par des lancements militaires facturés au prix fort (quatre fois celui des lancements commerciaux). Dans ce domaine spatial stratégique, la concurrence libre et non faussée…il n’y a que les gnomes de la Commissions de Bruxelles pour y croire- malheureusement  !
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L’Amérique revient dans l’espace, la Chine annonce une politique industrielle à long terme en se fixant des priorités ambitieuses. En sus de son programme mondial des « routes de la soie » ( one belt, one road) destinée à renforcer ses exportations, accroitre ses investissement à l’ étranger et renforcer son influence géostratègique, la Chine a un programme (Made in China 2025) affirmant ses ambitions dans dix secteurs stratègiques dans lequel elle investit lourdement et en se préparant à une longue marche : informatique, robotique, aéronautique, mobilité décarbonnée, pharmacie, mtériel électrique, matériaux avancés, équipements agricoles, construction navale, équipements ferroviaires.

Et l’Europe, et la France ? Même pas capable de reconnaître ses succès et ses atouts et de capitaliser sur eux, et de leur donner un avenir. Pour le spatial comme pour le nucléaire

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